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mardi, 02 juin 2009

Airbus 330, Icare brisé

Je n'ai pas renoncé à m'exprimer sur la catastrophe de l'Airbus 330 en provenance du Brésil, en dépit des très déplaisants commentaires d'hier. Je ne vois pas en effet, pourquoi je me tairais sur la foi d'un procès d'intention indigne. Je veux m'exprimer sur ce drame, parce que je veux essayer de comprendre pourquoi il nous touche, moi y compris, avec une telle intensité, avec une telle violence. J'ai pris plusieurs fois l'avion, et surtout, il m'est arrivé à plusieurs reprises d'attendre quelqu'un à la sortie d'un avion. Cette nuit, j'ai été pris de sueurs glaciales  en repensant à cet accident. L'évènement n'est pas neutre pour moi, et sans doute pour d'autres. Jeune, j'aimais passer d'un continent à un autre par la voie des airs. Mais, au fil du temps, avec la conscience des accidents, j'ai commencé à avoir peur, et aujourd'hui, quand je boucle ma ceinture de sécurité et que l'avion commence à décoller, ou encore lors des atterissages, a fortiori quand il y a des turbulences, j'ai une sourde appréhension qui m'étreint. Et pourtant, l'avion est infiniment plus sûr que mon automobile que je prends tous les jours ! Aussi bien en proportion qu'en quantité, en comparaison des morts sur les routes, le nombre de morts dans les airs est infime. Mais dans mon automobile, je me sens en sécurité.

La catastrophe aérienne, quand elle survient, fait le tour du monde : radios, chaînes télévisées, journaux, et même blogs, en parlent sur toute la planète. Cette catastrophe a fait 240 morts. Le Rwanda, le Darfour, ont généré des centaines de milliers de morts sans générer la même attention ni même la même intensité dans l'émotion. Mon intention n'est absolument pas de donner une leçon de morale, je laisse cela aux concupiscents, comme dirait Nietzsche. Non, je m'étonne simplement de la force de cette émotion. Au moment où j'entends ces nouvelles terribles, mon empathie avec les familles des victimes est très forte. Ce n'est pas une question de distance ni de nationalité : l'avion était loin et il transportait des hommes et des femmes d'origines diverses.

J'écoutais France Info, ce matin, et notamment, comme Bayrou était justement là, on lui a demandé ce que lui inspirait cette catastrophe. Comme toute la classe politique, il a bien sûr déploré un drame terrible, mais ce qui m'a intéressé, c'est ce qu'il disait du transport aérien : «ça donne au transport aérien une dimension qu'il n'a pas habituellement, on finit par s'habituer à cette incroyable aventure, et puis tout le monde voit bien qu'elle conserve une dimension de risque ». C'est cette réaction qui m'a frappé, et qui m'a rappelé qu'au fond, nous sommes tous les héritiers d'Icare. Dans la mythologie grecque, Icare est le fils d'un inventeur de génie, Dédale. Ils ont été enfermés par le roi Minos dans le labyrhinte dont Dédale a lui-même réalisé les plans. Pour s'évader, Dédale, après avoir observé des oiseaux, parvient à confectionner avec de la cire et des plumes des ailes. Il recommande toutefois à Icare de ne pas trop s'approcher du soleil car la cire fondrait et il pourrait tomber. En dépit des sages recommandations de son père, Icare veut voler trop haut et il chute finalement dans la mer. Mer qui prendra son nom, puisque c'est la Mer d'Icare aujoud'hui.

Je crois que l'émotion très forte qui nous étreint à chaque catastrophe aérienne fait de nous les enfants d'Icare. Parce que notre rapport à l'air et au ciel demeure mystérieux et empreint d'étonnement, nous continuons à avoir du mal à admettre la chute.

Je voulais dire aussi autre chose : on va de conjectures en conjectures pour tenter de comprendre ce qui a pu arriver à cet aéronef. Moi-même, hier, j'ai espéré qu'il pouvait avoir amerri (sans doute en vain, hélas).

Il existe en mathématiques une théorie que l'on appelle théorie du Chaos : l'effet papillon en est le phénomène physique le plus saillant. L'idée est qu'un battement d'aile à l'autre bout du monde peut provoquer une tornade de l'autre côté. Le mathématicien Edward Lorenz, qui est à l'origine de cette citation fameuse a travaillé justement sur les phénomènes météorologiques. Constatant que des variations infimes entre deux situations initiales pouvaient conduire à des situations finales sans aucun rapport entre elles, il a jugé qu'il n'était pas possible de faire de prévisions météorologiques à long terme. Il a calculé, par exemple, qu'une incertitude de 1 sur 106 lors de la saisie de données, pouvait conduire à des conclusions totalement erronées.

Je voudrais comparer cela à un autre témoignage. J'ai eu comme premières automobiles deux XM fonctionnant au GPL. La première s'est enflammée sur l'autoroute à grande vitesse. Le réservoir était le vieux système à bouchon. On l'a abandonné car on sait depuis qu'en cas de dilatation du gaz (c'est le cas d'un incendie) si le bouchon ne sort pas, l'explosion est terriblement meurtrière. Je suis resté à moins de 50 mètres de mon automobile qui brûlait sur le bord de l'autoroute, sans savoir qu'en cas d'explosion, tout ce qui se trouvrait sur un rayon de 200 mètres aurait été soufflé par l'explosion. Coup de chance, le réservoir s'est mis à fuire. Avec ma seconde XM, un soir que j'étais fatigué, j'ai percuté un trottoir assez haut par le côté à une vitesse d'environ 60 km/h. Il s'en est ensuivi une vibration qui a complètement désaxé et démoli la boîte de vitesse. L'expert qui a examiné le véhicule par la suite m'a dit qu'il n'avait jamais vu ni entendu parler d'une vibration d'une telle ampleur avec un accident de ce genre. Un cas unique dans sa carrière. Même son de cloche au garage citroën où un tel évènement ne figurait même pas dans la base de données de la marque.

Ce à quoi je veux en venir, c'est que nous ne connaîtrons peut-être jamais exactement les causes de l'accident, et ce, en dépit des mesures de sécurité, pourtant nombreuses. Quand des causes multiples, incluant des facteurs humains, de surcroît, se superposent les uns aux autres, comment savoir s'il y en a une qui est première parmi elles. Et si toutes ces causes sont infimes, mais que leur résultat final est une catastrophe, c'est imprévisible. Tous les classements de sécurité n'y pourront rien. Je sais que Toréador voudrait donner un nom à la mort et à la foudre, et je le comprends très bien, car il a tout à fait raison d'estimer que c'est absolument nécessaire pour pouvoir commencer un deuil. Mais si la cause est la résultante d'une cascade d'incertitudes, il sera bien difficile de la nommer.

vendredi, 29 mai 2009

Fofana, la manipulation...

Je reviens du blog de Rubin qui a souhaité s'exprimer sur l'affaire Fofana et l'antisémitisme. Je ne sais pas ce qu'a voulu dire exactement Rubin. Il semble souhaiter la publicité des débats d'une part et quelque peu sceptique devant l'arsenal juridique destiné à lutter contre l'antisémitisme et le racisme. Quand je dis sceptique, je pense qu'il est réservé sur son utilité, en tout cas, c'est ce que je comprends de son article.

Les commentateurs de mon blog ne me suffisent plus, je vais chercher ceux des autres. Enfin, ce n'est pas tout à fait exact : l'auteur du commentaire que je vais citer s'est parfois exprimé ici. Je ne sais pas si je suis entièrement d'accord avec lui, mais, j'ai trouvé le point de vue de Chitah intéressant, et je le reproduis tel quel ici :

Au risque de m'attirer le foudres du peuple, je ne crois pas une seule seconde à l'alibi antisémite. Pas plus que je crois à la plupart des argumentations racistes qui sous-tendent à nombre de crimes.

Ce Fofana est un fou, probablement déséquilibré, avec beaucoup de problèmes personnels. Ce mongolito a cru que parce qu'une de ses cibles est juive, une solidarité naturelle allait émerger et finirait par lui permettre d'atteindre ses sombres desseins. Une sorte de cliché de merde, en somme.

Il faut traiter Youssouf Fofana pour ce qu'il est : un petit, un wannabe gangster de merde, qui a complètement foiré son coup et qui va se prendre perpète. Il cherche, maintenant, à raccrocher son action à une sorte de grand dessein visant à lutter contre les juifs ou je ne sais quoi mais il ne faut pas y prêter attention. Ce type est tout simplement un criminel de droit commun, qui va ramasser une peine digne de ce qu'il a fait.

Ne lui laissons pas la possibilité d'inscrire son crime dans une sorte d'antisémitisme : il n'était pas animé par l'idéologie, uniquement par l'appât du gain, uniquement par l'argent. Et en cela, il n'est qu'une petite frappe de banlieue qui n'aura que ce qu'il mérite
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Fofana est un petite frappe tarée et rien d'autre. Il ne peut prétendre à aucun autre titre de "gloire". Il y a là un raisonnement qui se tient, et qui me paraît assez proche de la réalité. Toutefois, il y a bien de la part de Fofana un préjugé antisémite qui a favorisé non l'accomplissement du crime, qu'il aurait de toutes façons commis, mais le choix de la victime. In fine, l'antisémitisme n'est pas la cause principale. Dans un schéma actantiel, on le qualifierait simplement d'adjuvant. La motivation principale est bien l'argent, c'est à dire la cupidité. A cela s'ajoute une absence de limites dans l'esprit taré de Fofana. C'est en priorité ce qu'il faudrait retenir de ce procès, je pense.

Fofana, Chitah l'a bien compris, essaie de manipuler l'opinion afin de passer pour le martyr d'une cause (peu importe qu'elle fût ignoble ou non, tout effort de rationnisation du crime de Fofana ne doit pas lui être permis). C'est cela que Chitah ne veut pas lui laisser gagner, parce que c'est un enjeu majeur au niveau de l'opinion. Il a peut-être bien raison...

Le cauchemardesque conte de fée de Susan Boyle

cauchemar.jpgJe me demande si les médias ne feraient pas mieux de laisser Susan Boyle tranquille. J'ai lu qu'elle envisageait de tout quitter parce qu'elle ne supporte plus la pression qui entoure ses performances vocales extraordinaires. A vrai dire, je l'ai écoutée chanter, et en effet, très rarement j'ai entendu une voix comme la sienne. Susan Boyle a un talent immense. Mais ce que je déplore, c'est que dans nos sociétés, il n'est plus possible de révéler un talent sous quelque forme que ce soit sans descendre dans une arène. Les mises en scène médiatiques me font d'ailleurs penser aux arènes des gladiateurs. On hurle, on crie, on supporte tel ou tel candidat, ou encore, au contraire, on baisse le pouce pour exiger un probable mise à mort.

Malheureusement, la principal talent, pour émerger dans la sphère médiatique, c'est avant tout de pouvoir y survivre. Or, rien ne destinait Susan Boyle, individu fragile, dans son existence, à accéder un jour aux plateaux télévisés dans de telles conditions.

Le traitement réservé à Susan Boyle par les médias du monde entier est indigne. Sans cesse on évoque son existence, ce qu'elle est, dans des termes dégradants, afin de célébrer le conte de fée médiatique qu'elle vit. Conte de fée ? La voilà soumise aux regards de tous, à toutes les adulations mais aussi toutes les jalousies.

Ce qui est effarant, c'est qu'avec un bel ensemble, presse, radios et télévisions présentent la parcours imprévu et extraordinaire de Susan Boyle comme le summum de la réussite, comme un conte de fée réalisé. Or, qu'est-ce qu'un conte de fée ? Un conte de fées est un univers merveilleux ou les êtres et les créatures s'expriment en dehors de l'espace et du temps, et dans lequel le héros affronte plusieurs obstacles avant de finalement trouver le bonheur (souvent sous la forme d'un mariage). Dans un conte de fée, le récit se déroule dans un passé indéterminé ; le merveilleux réside pour l'essentiel dans la présence de personnages surnaturels et d'objets enchantés. La frontière entre le conte de fée et le réel est complètement étanche : le fabuleux n'y est ni expliqué, ni rationalisé.

Le cauchemar a quant à lui plusieurs définitions, mais, celle d'Hippocrate, le fameux médecin grec, celui qui écrivit le Serment du même nom, m'intéresse tout particulièrement. Il utilise le terme Éphialtès. Éphialtès, dans la mythologie grecque est un géant. Son nom signifie "celui qui se jette sur". C'est qu'en effet, Hippocrate se représentait le cauchemar comme une sorte de crise de stress qui oppressait la poitrine subitement. En somme, comme un poids écrasant s'installant sur le coeur. Il y a donc là une étymologie qui exprime une agression violente.

Ainsi, si la frontière entre le conte de fée et le réel est étanche, elle ne l'est pas avec le cauchemar. Je pense même que c'est cette étanchéité avec le réel qui garantit la porosité entre le conte et le cauchemar. Que restera-t-il de Susan Boyle, quand le strass, les paillettes et les spots lumineux venus de nulle part se seront éclipsés ? Sans doute rien. Cette femme n'est pas faite pour le show-bizz. Si elle parvient à résister à l'insupportable pression médiatique jusqu'au bout, ne sera-t-elle pas victime de quelqu'escroc à la recherche d'une victime facile ? Combien de faux et nouveaux amis aura-t-elle alors ?

J'avais écouté un jour Jack Lang (pourtant pas forcément une référence pour moi, mais, ce jour-là...) s'exprimer sur sa volonté de développer les parcours artistiques dans les écoles. Il avait jugé alors que découvrir l'art à l'école ne devait pas avoir pour but de former des champions ou des maîtres en leur art, mais de cultiver la part d'art que chacun d'entre nous a à l'intérieur de soi. C'était sagement parler. Est-ce que l'art devrait servir à autre chose qu'à se cultiver soi-même ?

vendredi, 22 mai 2009

Police dans les écoles

J'ai suivi la dernière proposition de Xavier Darcos en matière de sécurité dans les établissements. Il s'agirait d'autoriser des unités spéciales soit de l'éducation soit de la police à intervenir dans les établissements scolaires pour procéder à des fouilles.

Voici ce que cela a inspiré à Marielle de Sarnez, candidate MoDem à l'eurodéputation en île de France :

581821186.6.jpgRecourir à une "force mobile d'agents" dans les écoles est  "un aveu de défaite". "Comme chaque fois en période électorale, l'idée revient d'installer une police dans les établissements scolaires. Ce n'est pas une démarche éducative, ce ne sera d'ailleurs pas non plus une démarche répressive, parce que ça ne se fera pas". "Agiter ces propositions, faire des chefs d'établissement ou des inspecteurs d'académie des officiers de police judiciaire, c'est le contraire de ce que l'école attend. C'est un constat d'échec, un aveu de défaite. Cela veut dire qu'on baisse les bras, que l'on se résigne". "Ce qu'il faut, c'est rétablir l'autorité à l'école. En mettant davantage d'adultes, d'éducateurs, de surveillants au lieu d'en supprimer régulièrement. En formant les enseignants à faire face aux situations de conflits et à exercer leur autorité en face des élèves".

Le MoDem préconise "la mobilisation de tous, directeurs d'établissements, personnels administratifs, professeurs, surveillants, parents", en "leur donnant les moyens, en les soutenant, en étant à leur côté, et en se servant des expériences de directeurs d'établissements qui ont réussi". "Pour que les jeunes élèves respectent leurs professeurs, il faut que le statut de l'école et des enseignants soit respecté par tous, et d'abord par les pouvoirs publics".

J'avoue que je suis bien plus partagé que Marielle sur ce sujet. D'un côté, je ne suis pas convaincu par l'initiative de Darcos, et comme le relève Marielle, par sa volonté véritable de sécuriser les écoles : en effet, il faudrait peut-être commencer par ne pas supprimer les surveillants, alors que leur présence s'avère souvent efficace. Mais d'un autre côté, il ne faudrait pas non plus verser dans l'angélisme et s'interdire d'intervenir dans les établissements scolaires quand cela a lieu d'être. Les syndicats qui parlent d'hystérie sécuritaire m'exaspèrent. Il y a des problèmes de sécurité dans de nombreux établissements scolaires et dans les collèges, la loi du plus fort règne de manière à peu près généralisée.

Ceci me fait d'ailleurs penser à l'histoire de l'école de Florac, avec ces deux gamins interpellés par des policiers. Je ne trouve pas admissible le principe d'avoir ainsi embarqué un petit de 6 ans, sans en avoir avisé les parents de surcroît. Mais, j'aimerais bien avoir le fin mot de l'histoire : le plus petit a manifestement bien volé le vélo (le coup de l'emprunt, c'est du foutage de gueule, on sait très bien qu'il l'a volé, c'est tout). Il y a des parents qui instrumentalisent la minorité de leurs enfants pour narguer la loi en se croyant à l'abri de toutes mesures.

Parce que si ce sont des gamins qui posent régulièrement problème aux autres, ce n'est peut-être pas étonnant qu'un jour, il finisse par se produire quelque chose, surtout s'il y a défaut de réactions des parents s'il y a eu des litiges précédents. Bref, certains parents croient pouvoir laisser leur progéniture agir en toute impunité en s'appuyant sur le vide juridique et les lois très protectrices qui enourent les délits des mineurs. L'excuse de minorité devient très facilement une excuse de carence éducative, étant entendu qu'une des missions prioritaires des parents, c'est de rendre leur descendance capable d'évoluer en société.

Pour revenir à la proposition de Darcos, je n'y crois guère, ne serait-ce que parce que de toutes façons, il ne s'en donnera pas les moyens.

 

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jeudi, 21 mai 2009

Enfants : le Diable s'était infiltré dans l'Église

Plus j'en entends, et plus je me dis que la cause est décidément entendue : l'église catholique est rongée comme le ver pourrit une pomme de l'intérieur. L'ampleur des révélations qui affectent cette fois l'Irlande pourrait lui porter un coup fatal. Enfants humiliés, battus, violés : peut-on encore confier les enfants à des Catholiques, et plus généralement à des religieux, d'ailleurs, voilà la question qu'il convient de poser. En même temps, il faut, je le crois, se montrer prudent. En France, il y a eu moins de faits graves et avérés qu'en Amérique ou en Irlande, mais c'est aussi que l'Église y est moins traditionnaliste et plus ouverte sur la société.

Même la littérature religieuse n'exclut pas que le Diable prenne un jour l'apparence d'un prêtre. Dans les légendes arthuriennes, je crois me souvenir que Perceval se fait piéger de cette manière-là, me semble-t-il. Al'inverse, Bohor en croise un dans un songe : ce dernier lui reproche d'avoir préféré sauvé une pucelle innocente à son frère. Mais Bohor ne se laisse pas avoir.

J'observe, depuis le début de ces histoires, une concomittance absolue entre ces affaires et l'ultra-conservatisme réactionnaire des institutions mises en cause. En clair, méfiez-vous des établissements qui ne veulent pas de mixité et en particulier de ceux qui ont des relations coupables avec les courants intégristes. Ce sont les plus nocifs, et c'est là-bas où les enfants sont susceptibles d'y courir le plus de dangers. Même le reconnu et prestigieux établissement Saint-Jean de Passy dans le 16ème arrondissement de Paris n'a pas échappé à son affaire...Et est-ce un hasard si cet exemple corrobore ce que je venais de dire ?Jetez un oeil sur la description de l'établissement : à partir du secondaire, les classes cessent d'être mixtes...Quod erat demonstrandum... Et je conseille à mes lecteurs qui seraient tentés de placer leurs rejetons dans un établissement catholique d'écouter avec attention les conseils de l'hérétique, il connaît son sujet. Gardez-vous des établissements religieux non-mixtes. Tenez, mon Bohor, il est marié, lui, il a connu l'amour charnel, pas Perceval (je ne compte pas Galahad qui est une incarnation de l'Esprit Saint). Or il ne se laisse pas avoir par le Malin quand celui-ci prend l'aspect d'un religieux...

Il existe toutefois en France tout un tissu catholique éducatif de grande qualité. De nombreux religieux sont également admirables. Il ne faudrait pas jeter le bébé avec l'eau de bain. En revanche, l'Église doit déposséder ses éléments les plus réactionnaires de tout pouvoir sur les enfants. Ceci devrait d'ailleurs faire réfléchir le Pape Benoît XVI, qui continue à nommer les évêques les plus infects et arriérés çà des postes-clef, et également toutes les bonnes familles bourgeoises en quête de pureté mystique et d'éducation à l'ancienne.

L'Église n'en a pas fini : je fais le pari, et je suis presque sûr de ne pas me tromper, que le prochain continent qui sera touché sera l'Amérique du Sud. Dans tous les pays d'Amérique latine, compte-tenu du poids de l'aile la plus réactionnaire et droitière de l'Église, assurément, de nouveaux scandales se préparent.

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vendredi, 15 mai 2009

Il ne faut plus prescrire aucun crime de sang

On vient d'identifier l'auteur de viols et de meurtres au début des années 80 sur la Nationale 20 dans l'Essone, du côté d'Arpajon, grâce à la technologie ADN. Problème, il y a prescription. Cela pose le problème des crimes atroces. Ils doivent être déclarés imprescriptibles afin qu'aucun meurtrier ne puisse plus se croire un jour en sécurité. De plus, concernant ce cas, rien ne prouve que l'individu se soit arrêté là. Quatre meurtres atroces (dont une victime pendue à une poutrelle, avec des traces de sperme sur le corps, la dernière violée puis assassinée).

Toute la difficulté, cela va être de trouver en droit la manière de ne pas relâcher cet homme. En tout cas, étant donné ces premiers éléments, il serait de bon sens de passer au crible tous les crimes non élucidés de la région et de vérifier les traces ADN dont on dispose. On peut certainement faire de même en examinant tous les crimes qui se sont produits dans le voisinage des lieux de villégiature de l'individu interpellé.

Je ne comprends pas après la multiplication des affaires comment on peut encore conserver une telle mesure dégoûlinante de bonne conscience. Si je peux encore admettre que cela puisse être applicable et de bon sens pour les assassinats politiques, pour les crimes sadiques, cela ne devrait jamais être appliqué. Ces individus ne deviennent pas doux comme des agneaux par l'opération du Saint-Esprit. Et il n'y a pas d'auto-guérison quand ils sont malades.

18:22 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : crime, justice, prescription |  Facebook | | |

Cancer ? Chimio ? Plus belle, la vie !

J'ai pris connaissance d'une initiative assez peu commune, pour ne pas dire atypique. Une association d'esthéticiennes a décidé d'apporter son concours à des femmes atteintes d'un cancer et dont le traitement modifie l'aspect physique. L'association organise des ateliers pour apprendre aux femmes à redessiner leurs traits après une thérapie qui a laissé des traces. Ou encore, elle donne des conseils de coiffure pour celles qui ont perdu leurs cheveux : par exemple comment choisir entre perruques, turbans et foulards ou encore couvre-chefs.

Un cancer frappe toujours avec une brutalité inouïe. Non que ses effets soient nécessairement foudroyants, mais plutôt que la nouvelle résonne comme un coup de tonnerre dans un azur serein. Faire face requiert de la volonté et de la disponibilité d'esprit, a fortiori si le cancer impacte l'aspect physique. Il ne reste alors même plus la possibilité de "faire semblant de vivre normalement", le dernier recours d'un cancéreux.

J'ai eu un jour l'occasion de discuter avec une jeune fille qui voulait  faire de l'esthétique son métier : je lui avais alors demandé quelles étaient ses motivations. Elle m'avait répondu qu'elle prenait plaisir à rendre les gens contents : en effet, elle jugeait que de se sentir plus beau apportait un surcroît de bien-être aux individus.

Le plus terrible, dans des traitement médicamenteux lourds, c'est qu'en altérant le corps, leurs effets finissent par porter atteinte à l'image de soi, et donc, à l'estime de soi. Quoiqu'on en dise, le corps et l'image qu'il renvoie sont, à cet effet, des éléments déterminants (mais pas les seuls).

Le mot cosmétique provient de "cosmèsis" en grec qui signifie parure. Or, cosmèsis est de même racine que Cosmos, en grec, qui, bien avant de désigner l'univers, signifie l'ordre. Pour les Grecs, il n'y a pas de beauté sans organisation, sans ordre, finalement pas de beauté sauvage.

A plus d'un égard, la cosmétique me semble l'héritière de cette conception du beau et le mépris dans lequel elle est tenue par sa grande soeur philosophe, l'Esthétique, me semble bien injuste. C'est ce que le beau, au sens philosophique,un Socrate ou un Platon, veulent absolument qu'il soit moral. Ainsi, dans le Hippias Majeur, Hippias d'Élis que Platon fait passer pour un lourdaud, propose deux définitions pas insensées : la première, c'est que la beauté, ce serait une jeune vierge (une jeune fille, quoi). Inconvénient, cela ne concerne que les hommes. Et puis Socrate lui fait observer qu'il y a aussi de belles juments, belles chèvres, et cetera...Il faut que le beau s'applique à n'importe quel objet. Hippias médite et triomphalement, annonce que l'or c'est la beauté, puisque l'or rend beau tout ce qu'il recouvre.Finalement, Hippias finira par dévier de son idée initiale, qui était de faire de la beauté quelque chose de matériel pour proposer la réussite sociale comme modèle de la beauté.

Dommage. Personnage décrié, il me semble qu'il avait pourtant touché juste avec son or qui rendait beau tout ce qu'il recouvre. Alors c'est un peu cette pensée que j'ai, avec mes esthéticiennes bénévoles. Leur rôle, finalement, à l'instar de notre Hippias, n'est-ce pas de couvrir d'or des femmes fatiguées et boursouflées par la maladie ? Des orfèvres de la cosmésis contre le cancer, voilà, comment je me les représente, ces faiseuses de beauté.

 

 

jeudi, 14 mai 2009

Fait chier, Hadopi !

Sérieux, je commence à en avoir ras-le c... d'Hadopi. Hadopi par-ci, Hadopi par là, on ne parle plus que d'Hadopi sur tous les flux. Pas moyen d'ouvrir le flux d'une blog-roll ou d'un agrégateur sans être submergé d'Hadopi dans tous les sens. Surtout que les Français, Hadopi, c'est leur dernier souci. Personnellement, ce que je n'aime pas , c'est le principe de mouchards sur des machines, et je trouve intelligent l'argument de faire valoir que leur multiplication va générer une masse critique d'utilisateurs, et donc, de développeurs pour contourner les tentatives de contrôle, mais, mis à part ça, j'ai l'impression qu'il y a comme une campagne d'une minorité active sur la Toile pour tenter de dézinguer Hadopi. Et derrière, qu'est-ce qu'il y a au fond ? Le refus de payer aux artistes et créateurs leur dû au motif que les géants du star-system font suffisamment de fric. Argument fourre-tout qui permet de dire tout et n'importe quoi et ignore évidemment toutes les petites boîtes de production. Et même ainsi, argument pré alter-marxiste, car il induit que faire du fric, comme d'hab, c'est mal. Moi, je trouve que c'est bien de faire du fric. Et si la minorité active trouve que c'est mal, eh bien elle n'a qu'à ne pas acheter les disques des maisons de disques visées. On ne peut pas critiquer le consumérisme et l'univers capitaliste et en même réclamer de pouvoir se goinfrer et d'yper-consommer à tous crins.

Il y  aussi la promotion d'un prétendu "nouveau modèle" dont personne n'est capable de donner ne serait-ce que les prémisses de son fonctionnement en termes d'efficacité. Il faudrait que les artistes se financent via la publicité sur Internet, ou au bon vouloir des utilisateurs (cela a un nom, ça s'appelle de la mendicité !) ou je ne sais par quelle autre baliverne.

Ah, et puis il y a ceux qui disent que le téléchargement illégal, c'est une fatalité. Alors comme c'est une fatalité, il faut en prendre acte et laisser faire. En gros, dès lors qu'un phénomène devient répandu, il est forcément légitime. Voilà l'argument. Hideux. Je laisse aux lecteurs le soin d'apprécier les conséquences de l'application d'un tel raisonnement à l'éthique, au droit et à la morale.

Bref, on lit tout un tas d'arguments plus foireux les uns que les autres, tout cela s'agrégeant, sous l'effet de la meute, en une boule de neige qui est beaucoup plus grosse que ce qu'elle est en réalité. En somme, c'est du lobbying dans la plus pure tradition du lobbying à l'américaine, mais, en fait, en pire. Les élus qui expriment leur avis sont traqués, on les traite de tous les noms quand ils ne vont pas dans le sens de la meute, on publie leurs noms, et on parle d'assassins de la liberté. Faudrait peut-être pas pousser. Je n'aime pas cette loi, je la trouvemême mauvaise, mais les arguments des anti-hadopi sont loin de me convaincre et je ne les trouve  pas meilleurs. Au moins les pro-hadopi ont-ils à mes yeux l'éthique de leur côté.

In fine, on ne parle plus que d'Hadopi, alors qu'Hadopi, c'est le dernier souci des Français actuellement. Alors Hadopi un peu, ça va un moment, mais hadopi en boucle depuis plusieurs semaines, ça commence à bien faire...Il n'y a pas qu'Hadopi dans la vie.

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mercredi, 13 mai 2009

Wikipedia, enjeu de pouvoir

La moindre requête sur la plupart des moteurs de recherche (particulièrement google, mais pas seulement) dénote une présence très forte de l'encyclopédie universelle en ligne Wikipedia. On trouve très souvent l'un de ses articles dans les tout premiers résultats. Or, comme internet est une source croissante d'informations de tout type, ses ténors intéressent tout naturellement tous ceux pour lesquels l'information est un enjeu. Par exemple les enseignants et les élèves : ces derniers croient sur parole tout ce que rapporte wikipedia. Mieux vaut donc que cette encyclopédie ne comporte pas d'erreurs ou de partis pris trop nets, ce qui peut se produire de temps à autre. Mais wikipedia intéresse aussi beaucoup le monde politique, car l'information est un très important enjeu de pouvoir.

Au mois d'août 2007, un blogueur, comme le rapporte Rue89, s'était amusé à repérer toutes les modifications (vandalisme) opérées par les majorités municipales quand des articles les gênaient sur wikipedia. Pour ceux qui l'ignoreraient encore, wikipedia fonctionne sur un mode coopératif et ouvert, c'est à dire que n'importe quel utilisateur peut modifier en ligne une page pour y apporter ses connaissances. Toutefois, wikipedia a une charte de rédaction qui exige rigueur, qualité de l'écriture et vérification des sources. Sous une apparence ouverte, tout un exo-squelette d'administrateurs inflexibles vérifie que l'information n'y soit pas caviardée et remet de l'ordre dans les pages partout où c'est nécessaire. De plus, de nombreuses procédures de signalement internes existent pour signaler au lecteur que l'article n'est peut-être pas objectif, ou bien que ce n'est qu'une ébauche ou encore que les sources ne sont pas vérifiées et que des références manquent.

Tour à tour, rue89 puis Marianne observait que des articles avaient été modifiés, l'un à propos d'Alain Marleix, l'autre à propos d'Hadopi. Pour ma part, cela fait un moment que j'ai observé ce genre de tours de passe-passe. Il y a deux parades à cela : la première, c'est de consulter l'onglet discussion, qui rend compte des différentes modifications de pages et des débats, et la seconde plus simple et moins contraignante, d'aller consulter wikipedia là où l'article n'est pas un enjeu de pouvoir. Ainsi, sur le même sujet, l'article en anglais, par exemple, donnera une foule d'informations dont on ne disposerait pas ou qui seraient biaisées sur la page francophone. Quand le vandalisme répond à un enjeu de pouvoir il pense assez rarement à aller modifier toutes les autres pages dans les autres langues. Si cela devait être le cas, ce serait que l'enjeu est très important...

Il existe toutefois d'authentiques couacs sur wikipedia, de temps à autre, et la question du contrôle de la publication se fait de plus en plus prégnante. Il est donc question de mettre en place des comités de publication et de mettre en attente les modifications. Pour l'instant, wikipedia a résisté à toutes les tentatives d'entrisme et de prises de contrôle, en tout cas, à mon sentiment. Mais il me semble que c'est la présence simultanée d'un exosquelette très structuré et d'une publication coopérative ouverte qui ont assuré jusque là cette liberté. En effet, ces deux modalités de publication se nourrissent l'une de l'autre. Plus on publie et plus on publie de manière exacte sur wikipedia, plus l'exosquelette accorde de confiance à celui qui publie. Et au bout d'un moment, l'exo-squelette finit par proposer une cooptation à l'auteur annonyme des articles afin qu'il rejoigne la structure. Je crois que wikipedia fonctionne à peu près comme cela, et pour autant que j'en aie connaissance, wikisource aussi.

Seulement, la question que je me pose, c'est de savoir combien de temps encore cela va tenir ? Il y a bien sûr des  optimistes, comme François Bayrou, qui voit en wikipedia un modèle d'organisation sociale humaniste, et pensent donc qu'un tel modèle est l'avenir, mais la pression ira grandissante au fil du temps, il faut bien l'admettre, et je suis sûr que les puissants de tous bords, économiques, politiques, religieux, industriels, médiatiques ou d'autres encore ne regardent non pas wikipedia avec les yeux de Rodrigue pour Chimène mais plutôt du loup pour le petit chaperon rouge...

 

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lundi, 11 mai 2009

Traître ADN

Le JDD d'hier titre sur les secrets de famille et l'ADN. En effet, le développement des technologies génétiques permet de déterminer avec une quasi-certitude, désormais, l'origine biologique des enfants. Les Romains, qui étaient un peuple pragmatique, avaient contourné la difficulté d'établir le lien biologique en faisant de la reconnaissance de l'enfant un acte religieux et juridique. Peu importait le lien biologique, seule comptait la reconnaissance par le père. D'une certaine manière, on peut dire que le père "faisait" l'enfant. Les adoptions furent d'ailleurs nombreuses. Les Romains n'auraient donc sans doute pas été gênés outre mesure par l'irruption des technologies ADN, tout du moins, cela n'aurait pas perturbé leur lien filial. Ou, en tout cas, moins que nous. En revanche, nul doute que leur mariage s'en fût alors trouvé bouleversé puisque cela remettait en question leur volonté de faire de chaque femme la propriété exclusive d'un seul homme si elle était mariée.

Dans nos sociétés modernes, ce qu'interroge l'ADN, c'est la paternité. La Révolution Française, s'inspirant du droit romain, avait introduit une législation extrêmement avancée en estimant que le père était celui qui reconnaissait et nourrissait l'enfant. En dépit de cette législation, nous demeurons, malgré nous, comme un héritage issu du plus profond des âges, secrètement attaché à la filiation génétique. Il est par exemple fréquent , lors d'une naissance, de croire voir dans le visage d'un bébé les traits d'un aïeul, comme si le lien biologique se sur-imprimait sur la face de l'enfant.

En réalité, l'héritage d'un enfant est plus complexe que l'on ne le pense, y compris quand il se pare d'apparences biologiques. Ainsi, dans un certain nombre de cas d'adoption, des observateurs ont été surpris d'identifier des similitudes de traits, de tempérament ou même d'expression avec des grand-parents ou ancêtres de la famille d'adoption. C'est que la famille, et donc les parents en premier lieu, transmettent sans le savoir ni le vouloir une large part de leur inconscient collectif. Il y a des strates dans cet inconscient : les plus profondes sont partagées par l'humanité toute entière, les plus proches par le réseau familial et culturel. Ainsi, les parents transmettent inconsciemment ce qu'ils ont reçu inconsciemment, et notamment des mimiques, des expressions faciales et des réactions. Qui sait, même, si cette transmission n'a pas des incidences biologiques. Je m'avance, je dois le reconnaître, mais les phénomènes de somatisation sont complexes et méritent un examen attentif, particulièrement dans ce domaine. En ce sens, le bébé ferait bien mieux que le caméléon. Le caméléon modifie sa coloration pour échapper au regard d'autrui, le bébé, lui, assimile purement et simplement les caractéristiques de son hôte, se modifiant définitivement lui-même, jusqu'à un certain degré, tout du moins.

Je crois que nos sociétés modernes ne doivent pas seulement opérer un retournement sémantique sur la notion de paternité (ou même maternité) mais sur les mécanismes de l'héritage. Car, au fond, n'est-il pas légitime de vouloir se retrouver dans son enfant (sans pour autant le réduire en Narcisse à un simple miroir ni substituer sa volonté à la sienne) ? Et nier l'héritage au nom du droit et de l'amour dû à tout enfant ne risque-t-il pas d'être un fardeau trop lourd à porter pour le père ordinaire ?

Ce qui bouscule et déboussole les pères, me semble-t-il, c'est la crainte de ne pas retrouver l'héritage dans l'enfant. Comme cet héritage est garanti, à leurs yeux, par le lien biologique, la rupture de ce lien génère un malaise. Que l'on admette que ce n'est pas le lien biologique mais l'héritage psychologique, inconscient qui assure la réalité de la transmission, et on pourrait alors remettre de l'ordre dans un malaise persistant.