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lundi, 20 octobre 2014

Kobané : ouf, il y a les Kurdes et l'Amérique !

Bien joué, camarades Américains ! Les USA ont largué du matériel militaire  aux PYD, les Kurdes de Syrie (Socialistes et laïcs) tandis qu'ils continuent les sorties aériennes contre Daesh.

J'ai bien aimé de quelle manière la presse a rapporté les derniers contacts entre les USA et la Turquie sur ce largage. La Turquie a été informée des intentions américaines et de son importance pour le Président Obama. Je vous fais la traduction ?

La Turquie énervait sérieusement l'Amérique à laisser écraser les Kurdes par Daesh, voire à favoriser les combattants islamistes. Du coup, l'Amérique a cessé de demander son avis à la Turquie et l'a mise devant le fait accompli sans utiliser le territoire turc.

Plus inquiétant pour les Turcs, et ils feraient bien d'y réfléchir : les USA ont pris contact directement avec les PYD, cette branche armée du PKK en territoire syrien que la Turquie honnit. 

De plus, l'image de ce parti change dans le monde entier car les Kurdes se couvrent de gloire à Konabé par leur courage. Je peux d'ailleurs donner un exemple très éclairant de ce changement : jusqu'à peu, j'avais une mauvaise opinion du PKK. Mais de les avoirs vus à l'oeuvre, de considérer la place qu'ils accordent aux femmes, d'observer avec quelle détermination ils combattent les déments de l'EIIL m'a fait changer d'avis à leur égard.

Cela dit, je ne suis pas devenu une oie blanche pour autant : le PKK a été impliqué dans pas mal d'opérations d'extorsion de fonds et ne me semble pas vraiment clair avec le narco-trafic. Il va devoir sérieusement évoluer s'il veut vraiment pouvoir s'asseoir à la table de la démocratie et devenir un interlocuteur crédible.

En tout cas, pour l'instant, je le redis, ses unités syriennes sont admirables à Konabé.

09:28 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : konabé, kurdes, usa, eiil, daesh, turquie | |  Facebook | | | |

dimanche, 12 octobre 2014

Monsieur Hollande, donnez des armes aux Kurdes de Konabé

Je ne sais pas ce que l'on peut faire pour aider les Kurdes qui se battent héroïquement à Konabé, mais tout ce que je pourrai faire, je le ferai.

Quoi qu'il advienne désormais, la résistance inouïe de ce vaillant peuple contre la barbarie rentrera dans l'Histoire.

Il faut donner des armes aux Kurdes et/ou les appuyer au sol. D'autres que moi expriment un voeu proche s'il n'est similaire, comme le fait avec justesse Romain Blachier sur le Huffington Post. 

Je nuancerai son propos en souhaitant non pas qu'il n'y ait pas d'autres Konabé mais que Konabé ne tombe pas tout simplement. Les Djihadistes de Daesh n'ont pas encore gagné la partie.

Bernard Henri-Lévy n'est pas un bon diplomate, c'est le moins que l'on puisse dire, mais il a raison de poser la question de l'appartenance de la Turquie à l'OTAN. Ce pays ne doit pas l'emporter en paradis si les Kurdes sont écrasés et leurs populations cruellement violentées par les plus vils individus qui aient jamais peuplé la région.

Nous ne devrions pas attendre et forcer la main aux Turcs en les contraignant à choisir leur camp une bonne fois pour toutes : livrons sans plus attendre des armes aux Kurdes, et, puisque c'est devenu une nécessité, désormais, allions-nous avec la Syrie de Bachar non sans avoir obtenu des garanties pour l'ASL au préalable.

Il semble que l'Amérique ait obtenu les premières concessions ottomanes, mais ce n'est pas encore suffisant.

mayssa.jpgEn attendant, hommage et respect à Mayssa Abdo, l'une des chefs kurdes à Kobané.

Monsieur le Président, qu'attendez-vous ? Kobané, nos amis Kurdes, ont besoin de nous !

23:51 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : kurdes, daesh, kobané | |  Facebook | | | |

mardi, 07 octobre 2014

Les coups pourris de la Turquie contre les Kurdes à Kobane

Difficile de ne pas évoquer l'antipathie que j'éprouve pour la Turquie, désormais, pays que je soutenais autrefois. On peut dire que depuis l'arrivée des Islamistes au pouvoir, l'alliance occidentale nourrit un véritable serpent en son sein, serpent qui finira la par la piquer.

On sait que Erdogan soutient l'air de rien Daesh depuis un moment. Il a tout fait pour faire tomber El-Assad et peu lui importe le sort des Chrétiens et des Alaouites.

Mais le coup le pire, c'est celui que la Turquie fait aux Kurdes. Elle a fermé sa frontière non pour juguler une avancée des djihadistes sur son territoire mais pour empêcher des Kurdes de Turquie de venir défendre leurs frères syriens. Erdogan m'en rend le PKK sympathique, c'est dire.

Retors monument de malhonnêteté perverse, la Turquie a annoncé rejoindre la coalition contre les djihadistes pour mieux faire illusion et servir dans le même temps d'enclume contre laquelle la résistance kurde sera écrasée.

Je conseille l'excellent article de Wikipedia sur la deuxième bataille de Kobane afin d'avoir enfin une idée claire de ce qui se joue là-bas. Qu'est-ce qu'elle est précieuse cette encyclopédie en ligne ! Chaque année, je cotise et fais une donation, mais ce n'est vraiment pas de l'argent perdu car elle accomplit le travail qu'on attendrait d'organes de presse sérieux.

22:42 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : kobane, kurde, turquie, djihadistes, daesh | |  Facebook | | | |

samedi, 27 septembre 2014

Djihadisme et Islam

J'ai lu deux articles de presse que j'ai trouvés très bons et très éclairants sur les récents événements survenus en Kabylie. Il y a d'abord celui de Christophe Rauzy sur francetvinfo.fr et celui de Peter Harling sur Le Point. On peut s'étonner de voir un peuple si épris de liberté comme les Kabyles demeurer passif alors que les djihadistes viennent occuper leurs montagnes mais, Christophe Rauzy le souligne bien, qui protégerait de manière durable les Kabyles si les djihadistes commençaient à enlever des locaux et massacraient des villages. Il fut un temps, me semble-t-il, où ce peuple aurait pu imposer par la force de demeurer maître de son territoire mais il est hélas révolu. Cela fait évidemment mal au coeur de se dire que c'est sur les terres du FFS, le parti le plus authentiquement démocrate d'Algérie, que se cachent les individus les plus exécrables. 

 J'ai trouvé très maladroite la sphère médiatique après l'assassinat horrible d'Hervé Gourdel. A quoi bon demander des comptes aux Musulmans de France en général. Et quitte à le faire, quelle utilité d'aller voir ceux dont on sait qu'ils condamnent sans ambages tous les extrémismes ? La Mosquée de Paris pratique un Islam éclairé, on le sait. L'imam de Drancy est un libéral, sorte d'OVNI dans le paysage musulman. Je ne connaissais en revanche pas l'imam de Bordeaux, Tareq Oubrou, et j'ai trouvé très intéressante son analyse. Il faisait en outre ailleurs observer que ce n'est pas tant l'Islam ou le Coran qui est en question mais le fait que des jeunes gens issus de notre société préfèrent une interprétation dévoyée des textes les plus sacrés à celles qui sont habituellement en vigueur. C'est un double échec : celui de la République, et celui de l'Islam en France.

Quitte à demander des comptes aux Musulmans, la sphère médiatique aurait dû opérer une sélection : c'était aux imams des caves, aux habitants des cités, à la rigueur à Tariq Ramadan qu'il fallait demander ce qu'ils pensaient du crime atroce survenu en Kabylie. Comme d'habitude, les bien-pensants préfèrent entendre ce qui sonne agréablement à leurs oreilles s'imaginant que les plus médiatiques sont forcément les plus représentatifs de l'opinion commune. Erreur qu'ils font d'ailleurs souvent dans la sphère politique...

 Bref, s'il y avait des condamnations à aller chercher, c'était sur les terres-même du recrutement, pas chez ceux dont on connaît la solidité des valeurs.

Cela dit, il ne faut pas oublier que les faits se sont produits en Algérie, pas en France. Des Français sont-ils comptables de ce qu'il se produit en Algérie ? Je ne le crois pas. Il en irait autrement s'il s'avérait que les djihadistes implantés dans les montagnes de Kabylie ne sont pas exclusivement des Algériens mais aussi des Français, ce que je n'exclus pas...

09:16 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : islam, algérie, bourdel, djihadiste | |  Facebook | | | |

samedi, 16 août 2014

Étonnantes victoires militaires de l'EIIL

Il y a un aspect qui m'interpelle depuis le début dans les victoires remportées par l'EIIL : ils ont écrasé une armée d'un million d'hommes disposant à l'origine d'un matériel flambant neuf. L'État irakien comporte en principe un million de soldats et les experts disent que les troupes de l'EIIL comptent 20 000 individus. Et encore, au début, ils étaient bien moins nombreux. On peut gloser sur leurs richesses et leur matériel, il n'en reste pas moins qu'ils sont partis de rien et ont constitué de leurs propres mains à peu près tout ce qu'ils ont.

C'est étonnant et très inquiétant. Cela signifie qu'une petite troupe d'individus déterminés peut mettre à genoux des États tout de même assez importants. Il s'en est fallu de peu au Mali, et, au Nigeria, Boko Haram agit dans la plus totale impunité.

Je sais que d'anciens généraux baassistes combattent aux côtés de l'EIIL, mais tout de même, à ce point de supériorité militaire, il y a quelque chose qui cloche. Si toutes les armées de la région sont du même tonneau, ils pourraient, dans ces conditions, rentrer comme dans du beurre à peu près partout.

Il y a eu un article assez intéressant des Échos relatant l'évolution de ce groupe terroriste en organisation militaire, mais il me laisse avec beaucoup d'interrogations et de perplexité sur les aspects militaires.

00:16 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : eiil | |  Facebook | | | |

mercredi, 13 août 2014

Irak : heureusement les Américains sont là

Par chance pour les Chrétiens d'Orient et les Yézidis, les Américains interviennent en Irak, et les Kurdes, dernier rempart contre les délires islamistes, font front.

Tout ce que l'on peut souhaiter, c'est l'extermination complète des troupes de l'EIIL et la destruction définitive de leur pseudo-califat. Aucun califat n'a d'ailleurs fait montre d'une telle barbarie dans l'histoire du Proche-Orient.

Je suis écoeuré par la veulerie des États européens et par la nullité d'Ashton. Les premiers ne parlent que d'aide humanitaire (qu'ils comptent distribuer comment, au fait ?) et la seconde est inexistante quand il faudrait fournir des armes sophistiquées aux Pehsmargas Kurdes et aller pilonner aussi férocement que possible les positions djihadistes. 

Lâche et répugnant, de même, le silence de cette gauche morale et de toute la coterie pro-palestinienne, hystérique il y a trois semaines, discrète au possible aujourd'hui. Au mieux, on ne les entend que pour expliquer que c'est le faute des Américains. Tas de minables. 

Je me réjouis d'observer qu'il y a au moins une personnalité politique, François Bayrou, pour estimer qu'il est un devoir moral pour les Européens et particulièrement la France de soutenir l'action militaire de l'Amérique. Cet homme-là ne se trompe jamais et juge toujours à propos qui sont nos vrais ennemis. Certainement pas les Américains même si nous pouvons avoir des frictions avec eux de temps à autre.

La France, avec les Chrétiens d'Orient, c'est que de la gueule, si je puis me permettre. Beaucoup de bla-bla et pas d'action. Alors évoquer la France protectrice des Chrétiens d'Orient avec des trémolos dans la voix, cela ne sert plus à rien, parce qu'une fois encore, c'est l'Amérique qui fait le boulot. Il faut dire aussi que gauche et droite ont tellement dessoudé l'armée en réduisant son budget que nous n'avons de toutes façons plus les moyens de nos discours grandiloquents. En fait, mieux vaut que la France se taise, quand elle parle, elle se couvre de ridicule.

J'ai trouvé fort juste et à propos l'intervention de Daniel Cohn-Bendit, qui a trouvé, une fois encore, le ton juste pour une crise internationale. Il suggère de faire financer une intervention militaire par l'Union européenne, tout en aidant les populations en danger. Si c'était ce type-là qui dirigeait l'Europe plutôt que des Barroso, Junker ou Ashton, elle aurait un tout autre visage.

J'observe que le seul parlement européen qui presse son gouvernement d'intervenir, c'est celui de la Grande-Bretagne, pays toujours digne et courageux quand il le faut.

00:31 Publié dans Europe, International | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : irak, crise | |  Facebook | | | |

samedi, 09 août 2014

Aider les Gazaouis ?

Gaza est en ruines, et cela ne semble pas émouvoir plus que cela le Hamas qui continue d'utiliser son peuple comme kamikaze collectif. Ce que l'on peut espérer de meilleur pour les Gazaouis, c'est un changement de majorité politique là-bas. Mais pour cela, ils doivent réfléchir à leurs votes car ce sont eux qui ont porté au pouvoir ces radicaux. L'économie gazaouie, déjà fort peu développée, est désormais dans un état catastrophique.

Si l'on veut pousser le Hamas du pouvoir à Gaza, le plus sensé est de favoriser tous ceux qui n'ont aucun intérêt à la guerre. Or, ce que l'on sait, généralement, c'est que le commerce, l'économie locale, s'en accommode assez mal. C'est donc le développement économique qui sera le principal adversaire des fondamentalistes de toute espèce. 

Conclusion, pour aider Gaza, il faut acheter des produits d'origine gazaouie.

Ce raisonnement ne traversera pas l'esprit de ce qu'on appelle des «propal» chez nous (j'ai déjà précisé de quelles engeances il s'agissait), évidemment, mais il me paraît évident. Boycotter la production israélienne est à ce sujet particulièrement idiot car les Palestiniens travaillent pour une partie loin d'être négligeable en Israël ou pour des entreprises israéliennes. Quand on achète des produits faits en Israël, bien souvent, indirectement, on favorise aussi des travailleurs palestiniens. Boycott inepte, donc.

La difficulté, c'est de trouver du Made in Gaza. La seule chose qui semble y être fabriquée, c'est de la roquette avec des matériaux civils...hélas...

Il y a eu des projets intelligents par le passé que les Intifada successives ont ruiné. Sophia Trotoush Argaman avait implanté une usine de de fabrication de sacs à main à Gaza qui faisait travailler des femmes. C'était un bon et beau business qui profitait à tout le monde mais la guerre y a mis fin. Depuis, Sophia rêve de pouvoir revenir à Gaza et s'est engagé en politique chez les Travaillistes pour pouvoir espérer faire quelque chose de bien pour son pays et pour Gaza. Ce sont des initiatives comme les siennes qu'il faut soutenir et promouvoir, elles vont dans le bon sens.

Tous les imbéciles qui se proclament pro-palestiniens au cri de ralliement de mort à Israël ou Israël assassin auraient une opportunité de rendre utile leur énergie débordante de bêtise, pour une fois :

- en utilisant leur cervelle et en cherchant les informations nécessaires, ils pourraient établir une base de données de tous les produits fabriqués pour partie ou totalité à Gaza et exportés de manière à ce que ceux qui veulent vraiment aider ce territoire par des achats citoyens puissent le faire. 

C'est évidemment autrement plus difficile que de beugler des slogans anti-israéliens. J'avoue ne rien avoir trouvé pour l'instant, mais je ne désespère pas. Il est probable que je ne dispose pas des bons réseaux d'information pour cela. Je suis d'ailleurs preneur de renseignements auprès des âmes de bonne volonté qui voudraient oeuvrer à cette tache.

Au point où j'en suis, j'ai entendu parler de Harvest Export : la société a une licence d'exportation de produits agricoles vers les marchés européens. Je ne sais pas si les framboises, tomates cerise, piments, herbes fraîches et fleurs palestiniennes (des oeillets surtout, me semble-t-il)  arrivent jusqu'à chez nous.

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mercredi, 23 juillet 2014

Guerre psychologique et intox à Gaza

Je ne souhaitais pas écrire de billets sur les événements de Gaza, mais les manipulations incessantes des "antisionistes", de bonne foi ou non, m'y contraignent.

J'avoue parfois être désespéré pour ne pas dire dégoûté par le genre humain. La plupart des manifestations et des réactions que je lis sur le net puent la haine du Juif. L'antisionisme (dont on ne peut comprendre la popularité si on le lie pas avec l'antisémitisme) sert d'idiot utile aux vieilles haines recuites. Pour une fois, une large partie de l'extrême-droite (mais pas toute) se tient en retrait : en France, l'ennemi, à ses yeux, c'est le Musulman, particulièrement l'Arabe. Alors de deux maux, elle a choisi le moindre. Son parti pris contre les pro-palestiniens ne doit toutefois pas faire illusion. Que l'on creuse, et l'on retrouve très vite les bons vieux poncifs antisémites de l'extrême-droite française.

Les antisionistes comprennent bien sûr quelques bataillons venus de l'extrême-droite, mais le gros de ses troupes, c'est l'Islam intégriste et la gauche de la gauche, méprisables Verts compris (et quand je pense que j'ai envisagé de voter pour eux, à une époque donnée, j'en ai des frissons de dégoût !).

La gauche de la gauche et les verts servent d'idiots utiles de l'intégrisme musulman. Une alliance renouvelée jusque dans les urnes depuis quelques années déjà.

Quand je vois des anciens du MoDem prendre fait et cause pour le Hamas et relayer sans la moindre vérification tout ce qu'il déverse, à l'aide de ses alliés, sur la Toile, je me dis : "ouf, on n'est plus dans le même parti !". Hélas, quand j'entends et lis des centristes tenir exactement les mêmes discours qu'une partie de l'extrême-droite, l'extrême-gauche et les radicaux islamistes, j'avoue ma très vive inquiétude. Heureusement, il ne s'agit que de quelques militants, les responsables étant bien plus prudents, mais quand même...

Malheureusement, tout un milieu alternatif, généralement à gauche (et pas forcément toujours à l'extrême-gauche), relaie les pires insanités sur la Toile, les mêmes poncifs éculés, empreints de partis pris, des vidéos mille fois visionnées, jamais vérifiées. Sur les réseaux sociaux, c'est l'Enfer. Prendre parti pour Israël, c'est presque suicidaire. Adopter une attitude neutre et simplement chercher à dégager la vérité, c'est l'assurance d'être couvert d'ignominies et/ou agoni d'injures.

Pour tous ces gens-là, il faut bien le comprendre, Israël, c'est le mal. Et peu importe que ce pays fasse l'objet d'attaques à la roquette incessantes, qu'il ait accepté unilatéralement la trêve proposée par les Égyptiens et que le Hamas place volontairement des civils près des lanceurs de roquettes et des dépôts d'armes et d'explosifs (ou l'inverse, place du matériel militaire près des écoles et des hôpitaux).

Il y a donc une atmosphère d'hystérie, même chez ceux qui sont bien intentionnés, qui rend toute discussion impossible. 

A chaque conflit, la légitimité de l'État d'Israël est remise en cause.

J'ai pris part à une discussion qui impliquait Guillaume Champeau, le fondateur de Numerama, un site aussi utile que fameux. Je ne crois pas ce gars-là extrémiste. Pas pour un sou. Pourtant, il relaie, sans vérification sérieuse, une propagande insidieusement antisémite et antisioniste. Et peu importe que l'origine de cette propagande se trouve chez une pacifiste juive.

 A aucun moment il n'est choqué de ce que le documentaire est à sens unique. Les Juifs y sont présentés d'emblée comme des spoliateurs, illégitimes sur leur terre, l'État d'Israël comme le fruit d'un hold-up, et la Palestine comme appartenant légitimement aux Arabes bien que la réalisatrice admette du bout des lèvres et une seule fois que la revendication d'un État palestinien est bien postérieure à celle d'un État juif. Tout est de cet acabit et il n'y a pas moyen d'amener un contradicteur à entendre raison ou simplement répondre à une question simple : pourquoi un tel acharnement sur un seul peuple (les Juifs), un seul État (Israël), quand des crimes affreux et des milliers de fois plus meurtriers ensanglantent la région ? Aucun de nos antisionistes patentés n'acceptera de répondre à cette question. On vous accablera, rappelant les vices séculaires, que dis-je, millénaires, des Juifs, ou, à défaut, les «atrocités» de l'armée israélienne (pourtant l'un des plus attentives du monde aux civils !!!).

Et sur la blogosphère au fait ? C'est assez facile de faire les comptes. Les blogues libéraux se montrent pondérés rappelant qu'en dépit de ses imperfections, Israël est la seule véritable démocratie de la région et que dans bien des domaines, elle pourrait nous donner des leçons. La plupart des blogs de gauche, accablent Israël, mais il y a quelques courageux admirables qui refusent les discours faciles et posent des questions dérangeantes. L'extrême-droite compte les coups et évoque l'immigration et son rôle dans les violences chaque fois qu'elle le peut.

Quant à la presse...elle est en dessous de tout. Comme d'habitude. Je décerne toutefois un satisfecit à trois exceptions : Marianne, dans son habituel rôle de poil à gratter, Atlantico dont la qualité d'enquête est remarquable et Slate, qui se garde traiter l'actualité à chaud et prend le temps de l'analyse..

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vendredi, 18 juillet 2014

Diplomatie et multi-communautarisme

J'observe le sens des pressions diplomatiques qu'exercent les USA et l'Europe chaque fois qu'il se produit une guerre civile et je pense que l'un et l'autre font une erreur grave.

Quand des nations se déchirent parce que des communautés s'affrontent, l'obsession de l'Occident est de préserver à tout prix l'unité du pays en proie à la guerre civile.

Ce raisonnement est très certainement issu de leurs histoires nationales et/ou fédérales. C'est oublier que dans l'ensemble, les USA et l'Union européenne se sont construits par assentiment. 

Rien de tel au Soudan, en Irak, en Centrafrique ou encore en Syrie. Il peut y avoir eu un dirigeant ou une puissance dominante qui a imposé la paix entre communautés un temps entre communautés au sein d'un État, mais quand elles n'ont pas fait le choix raisonné de s'associer et qu'elles sont en rivalité, elles courent le risque de s'affronter dans de très cruels et sanglants conflits. Il n'en va pas différemment des pays du Caucase ou des Balkans. L'Europe a bien dû admettre l'éclatement de la Yougoslavie. Elle devra en faire autant avec l'Abkhazie, l'Ossétie et la Crimée. Les meilleurs divorces sont ceux qui se font d'un commun accord : République Tchèque et Slovaquie se sont séparées sans heurts, presqu'à l'amiable après un référendum. Quand les combats aboutissent à un accord, la situation s'apaise : l'Érythrée, après avoir longuement guerroyé contre l'Éthiopie, a obtenu son indépendance. Depuis, cette zone de l'Afrique est à peu près en paix et la Chine commence à investir dans l'ancienne patrie du Négus (en fait, elle y délocalise des emplois dans le domaine du textile !!!).

Nous Européens, Français en tête, nous cherchons en toutes circonstances à imposer à des gens qui ne veulent plus vivre ensemble de continuer à faire chemin dans la même direction. Pour tous résultats, nous obtenons des crimes cauchemardesques de part et d'autre et nous assistons la plupart du temps à l'écrasement voire la répression d'une communauté par une autre. Ce n'est que lorsque nous favorisons un processus naturel de séparation se produire que les choses s'apaisent. Il n'existe qu'une seule zone pacifiée en Irak : est-ce un hasard si c'est celle que dominent les Kurdes ?

Bref, il nous faut repenser notre diplomatie : en Syrie, en Irak, en Centrafrique, en Ukraine, en Géorgie (Sarkozy a vu juste dans ce pays) nous devons appuyer des projets de partitions justes et équilibrés. Et pour ce qui concerne le Proche-Orient, essayer de tirer les marrons du feu pour les Chrétiens d'Orient tant que c'est encore possible. A défaut, nous devrions nous garder d'appeler au renversement de dictateurs sans y avoir bien réfléchi , car nous ouvrons une boîte de Pandore dont nous ne mesurons pas la quantité de maux qui en échapperont ensuite. Autant que possible, mieux vaut favoriser la libéralisation des régimes quand c'est possible. 

11:09 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : diplomatie, partition | |  Facebook | | | |

dimanche, 27 avril 2014

Traité transatlantique : désintox

J'ai été surpris par la réaction d'un sympathisant MoDem, tout récemment, alors qu'il prenait connaissance des votes des élus MoDem sur la mise en place de négociations commerciales entre l'Europe et les USA.

A l'origine, il s'est posé la question de savoir si les opinions publiques devaient être consultés avant d'entamer des négociations avec l'Amérique. Les députés MoDem ne l'ont pas jugé utile et cela choqué notre ami.

Il y a maldonne sur les rôles des uns et des autres. Avant d'émettre un avis sur quelque chose, il faut bien qu'il y ait de la substance. Le Parlement européen a donné mandat à la Commission pour discuter avec les Américains et mener les négociations avant de revenir présenter des propositions aux Européens.

A quoi cela servirait-il de consulter les opinions publiques avant coup ? Des traités commerciaux avec d'autres pays, la France en négocie tous les jours. On ne consulte pas pour autant tous les Français à chaque fois, ou, tout du moins, pas quand on commence à discuter.

Cela devient pertinent quand les négociations prennent un tour qui n'est pas conforme à nos intérêts. C'est à ce moment-là que l'action de parlementaires avisés prend tout son sens. La Commission est dans son rôle (un peu celui d'un gouvernement nommé) quand elle négocie, et les eurodéputés quand ils réagissent. C'est par exemple ce qu'a fait à juste titre Marielle de Sarnez dans sa lettre d'octobre 2013 sur la question des normes en mettant en garde contre de possibles dérives dans les négociations.

FN, Front de gauche et même Verts essaient de faire passer les libéraux, les démocrates, les sociaux-démocrates et la droite pour le Diable parce que tous se sont montrés favorables à la mise en place de négociations rapides. En réalité, ces trois partis sont a priori défavorables à un traité global par simple détestation de l'Amérique, indépendamment de ce qu'il peut amener en termes de croissance et d'emplois. Une position dogmatique et sans nuance qui n'est pas à l'avantage de la France.

Jean Arthuis, le candidat de l'Alternative dans l'Ouest aux Européennes se montre censé en récusant le traité tel qu'il se profile. Non pas le principe d'un traité, mais bien ce qu'il contient à l'heure actuelle.

Ni le FN, ni le Front de Gauche ni les Verts ne peuvent se prévaloir d'avoir été des vigies. Ils ont voté contre à toutes les étapes et continueront à voter contre même si ce traité nous devient favorable.

Le mandat donné à la Commission comporte quelques instructions à peu près claires : pas question de revenir sur les acquis européens et nationaux dans le domaine environnemental et sanitaire.

Les anti-TAFTA primaires n'hésitent donc pas à mentir éhontément quand ils affirment le contraire et brandissent des épouvantails fabriqués de toutes pièces pour tenter de faire peur aux opinions publiques. Ce sont des menteurs et ils sont malhonnêtes.

Cela n'exclut en revanche pas de demeurer vigilant à toutes les étapes de la négociation. Mais pour l'instant, je trouve que pas grand chose ne filtre de ce qui est vraiment négocié. Les inquiétudes s'expriment de toutes parts mais on peine à savoir sur quoi elles s'appuient exactement.

J'attends pour ma part de disposer d'éléments précis avant de me prononcer.

00:52 Publié dans Economie, Europe, International | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : traité transatlantique | |  Facebook | | | |