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lundi, 22 juillet 2013

Dubaï et le viol : Ah les salopards !

S'il faut appeler un chat un chat, forcément, on doit aussi appeler salopards des salopards. Ce qui me fait rire, c'est que la presse nous vend depuis fort longtemps Dubaï comme la place avancée des libéraux au Moyen-Orient.

Ah, ils sont beaux les pseudo-libéraux ! Ah, elle est belle l'île cosmopolite rêvée par les bobos de tous les pays !

Ce tas de salopards vient de condamner une jeune norvégienne violée là-bas (par un émirati ?) à de la prison pour relations sexuelles hors-mariage.

Il paraît que Dubaï veut se reconvertir dans le tourisme.

Clairement, c'est une place à éviter. Heureusement, l'indignation de la Norvège a permis à la jeune femme d'obtenir une "grâce". Elle a dû tout fe même dépenser toutes ses économies en frais d'avocat sur place, et tout cela après le choc d'une telle agression.

Plus on relaiera cette information, plus on portera du tort à l'industrie touristique de Dubaï et à ses autorités politiques. Il faut le faire sans états d'âme.

Plus généralement, je déplore dans le monde occidental l'absence de voix forte au plus haut niveau pour défendre les droits des femmes et améliorer leur condition, notamment dans les pays les plus misogynes (on y enregistre généralement des taux de viols record, au demeurant).

De petites prises de conscience commencent à se produire : j'ai aimé la réaction de l'opinion publique en Inde et les condamnations qui se sont abattues sur des violeurs coupables de faits atroces.

Quel pays magnifique Dubaï : un effet de la Charia, sans doute, on y grâcie les victimes et...bien sûr, les violeurs aussi...

Cela dit, un petit mot sur l'affaire elle-même : Marte Dalelv a fait l'erreur de monter dans la chambre d'un de ses collègues de travail complètement saoûle. Ce dernier lui a proposé que chacun dorme séparément mais elle a affirmé avoir voulu rentrer par ses propres moyens dans sa chambre. L'inconvénient, c'est qu'elle ne se souvient plus de rien après. Elle a juste constaté à son réveil qu'il s'était produit une relation sexuelle, sans son consentement.

Si Dubaï l'a condamnée c'est d'une part en raison de la présence d'alcool dans son sang, et d'autre part en l'absence de signes manifestes de violences physiques (et pour cause).

Pour eux, alcool + relations hors mariage, la cause était entendue. Dans un premier temps, la jeune femme s'est rétractée (mais sans doute parce qu'elle a eu peur, faute de pouvoir prouver par des signes évidents le viol) avant de se retourner devant la cour de justice.

A vrai dire, on peut comprendre des atermoiements dans un pays où la Charia sert de référence au code pénal.

Il reste dans tous les pays beaucoup encore à faire avant que tout le monde comprenne qu'on ne couche avec une femme qu'avec son consentement express. Dans le cas contraire, c'est une relation contrainte, point à la ligne.

J'ai quand même un lot de consolation : cette histoire a fait le tour de la presse mondiale et Dubaï en a pris plein la gueule. D'où la "grâce", d'ailleurs, je présume. Il y a même un article dans wikipedia ! Bingo, ils ont touché le gros lot avec cette histoire.

lundi, 01 juillet 2013

Un printemps Égyptien ?

Ce qui se produit en Égypte est très important pour toute l'Afrique. Là-bas, l'opposition laïque, la gauche et les libéraux font cause commune contre les Frères Musulmans. Ils sont en passe de pouvoir les renverser car ils ont l'appui d'une très importante fraction de la population :ils auraient réuni 22 millions de signatures dans une pétition demandant le départ de Morsi !!! Et ils étaient un million sur la place Taghyir dimanche. Plus fort encore : ils étaient 14 millions dans les rues des villes d'Égypte ! C'est inespéré.

Ce pays est décidément surprenant. Je ne comprends pas comment il peut avoir voté en masse pour les Frères Musulmans et les Salafistes il y a encore un an et se réveiller soudainement.

Je me méfie toutefois de ce qu'Al Nour, le principal parti salafiste a pris ses distances avec Morsi et se tienne, pour l'instant, fallacieusement aux côtés des libéraux. A mon avis, ce parti essaie de capter, comme en juin dernier, le sens du vent.

Il n'en reste pas moins que 43 femmes ont fait l'objet d'agressions sexuelles lors des manifestations hier, dont une journaliste étrangère.

On ne parvient pas à savoir s'il s'agit là d'un trait "culturel" égyptien ou bien si des salopards patentés essaient de profiter de chaque situation de désordre pour donner libre cours à leurs perversions.

Si l'opposition laïque veut gagner en crédibilité, elle gagnerait déjà à trouver une bonne fois pour toutes ces salopards et à les pendre en public pour l'exemple. Ce serait dissuasif, désormais, pour les autres.

J'ai du mal à bien comprendre ce qu'est le mouvement Tamarrod, mais je note qu'en Égypte, il veut faire tomber Morsi, et en Tunisie, l'actuelle assemblée constituante dominée par les Islamistes.

Wait and see...

dimanche, 16 juin 2013

Syrie : apprentis démocrates ou apprentis sorciers ?

Je suis de plus en plus sceptique quant à la position que la France et plus généralement l'Europe adoptent quant à la Syrie. 

Ce que je vois, c'est que l'on ne parvient pas identifier ce qu'est l'Armée Syrienne Libre, mais qu'en revanche, ses éléments les plus visibles sont au mieux des Frères Musulmans au pire des proches d'Al-Qaeda.

En face, nous avons un pouvoir qui s'est certes signalé par ses exactions, mais aussi une communauté, les Alaouites dont la tolérance culturelle est sans égale dans la région, Israël et chrétiens libanais mis à part.

Cela fait 70 ans que l'Occident joue à l'apprenti-sorcier avec l'islamisme radical avec les résultats fameux que l'on connaît.

On a vu ce que cela a donné dans d'autres régions du monde. 

Cela fait un moment, me semble-t-il, que l'on parie sur le mauvais cheval. 

Malgré toute l'estime que je porte à Yann Werhling, porte-parole du MoDem, je ne le suis absolument pas sur sa proposition d'intervention

La guerre en Syrie prend de plus en plus l'allure d'une guerre confessionnelle ; la comparaison avec la Libye n'est pas pertinente puisque là-bas, même en Tripolitaine, Kadhafi faisait l'unanimité contre lui. De plus, là-bas, certes des éléments islamistes radicaux se sont mêlés à la révolte mais ils n'en ont jamais été les étendards. Je n'ai pas la même impression en Syrie.

Yann avait vu dans la position de la Chine un cynisme épouvantable en février dernier. Je ne le crois pas. Ce sont des alliances forgées depuis plus de 50 ans qui réémergent là-bas, rappelant que le monde de la guerre froide que l'on croyait disparu depuis longtemps continue d'exister. 

La Chine et surtout la Russie soutiennent Damas parce que le pouvoir qui s'y exerce est leur allié historique dans la région. A l'inverse, le Qatar et l'Arabie Saoudite, alliés régionaux des USA alimentent la rébellion.

L'Occident fait dans son ensemble l'erreur de s'en prendre à Assad non pas d'abord en raison de ses exactions mais principalement parce qu'il est associé aux Russes et qu'une sournoise diplomatie d'affrontement continue de s'exprimer en sous-main entre Ouest et Est. Une résurgence de la guerre froide, à moins, plus simplement, que la guerre froide n'ait au fond été qu'une expression d'antagonismes internationaux et régionaux séculaires.

Le problème, c'est qu'à chaque fois que les USA croient avancer un nouveau pion au Proche-Orient, en réalité, ils ouvrent un nouvel élevage de scorpions. Des Islamistes partout, on commence à voir ce que cela donne, me semble-t-il, avec le recul.

Assad et son parti Baas ont trempé dans bien de sales affaires, mais ils n'ont jamais eu l'idée de balancer deux avions de ligne emplis de civils dans deux tours d'immeubles et ce pays ne s'amuse pas à prendre en otage tous les quatre matins des occidentaux un peu partout dans le monde. Aucun de ses alliés ne s'y risque d'ailleurs.

In fine, j'agrée pleinement, une fois encore, la parfaite clairvoyance de François Bayrou sur le sujet, qui s'est bien gardé de s'associer aux voeux de la majorité et de l'opposition en mars dernier à propos des livraisons d'armes.

C'est tout de même incroyable avec cet homme-là : je suis d'accord avec lui quasiment à tous les coups et sur n'importe quel sujet. Quand je vérifie après coup ce qu'il a dit ou écrit sur un sujet que je traite, je m'y retrouve presqu'à chaque fois !

00:06 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : syrie, asl |  Facebook | | |

mercredi, 29 mai 2013

La Charia dans tous ses états

J'ai lu en grande partie une enquête très approndie sur la perception de l'Islam par les Musulmans eux-mêmes, comprenant des questions sur les valeurs, l'influence des leaders religieux, l'application de la charia, le rapport au monde occidental, le terrorisme, le statut de la femme (polygamie, crimes d'honneur, voile, liberté des femmes) et la démocratie.

Certains pays me paraissent vraiment foutus pour nos valeurs : l'Afghanistan, le Pakistan, l'Égypte, le Nigeria, l'Irak et les Territoires palestiniens portent aux nues la charia, le voile, les crimes d'honneur, les attentats suicide pour une large part de leurs citoyens quand ce n'est pas leur totalité.

A l'inverse, certaines idées reçues tombent à la lecture du rapport. Les Albanais, les Bosniaques à plus d'un égard, ont une pratique de la religion à peu près similaire à la nôtre, considérant, pour l'essentiel, qu'elle relève de la sphère privée et récusant son influence dans la sphère publique. Ils se distinguent très nettement de tous les autres pays musulmans du monde par leur très grande ouverture d'esprit. Par exemple, plus de 75% d'entre eux ne verraient pas d'inconvénient à ce que leur fils se marie avec une chrétienne ; même résultat si c'est leur fille ! Seule la Guinée-Bissau obient des résultats de niveau comparable à cet item. De même les Albanais, comme les Bosniaques ou les Kosovars sont une nette majorité à juger que l'épouse n'a pas de devoir d'obéissance envers son époux. 59 contre 12 en Albanie et 80 contre 15 en Bosnie s'opposent à ce que la Charia devienne la loi officielle de leur pays. 91% des Bosniaques s'opposent à ce que des juges religieux se mêlent de leurs affaires ; ils sont 79% chez les Albanais et 82% chez les Turcs.

Plus surprenant, les pays d'Asie centrale, Azerbaïdjan, Kzakhstan tout particulièrement, ont une pratique plutôt tolérante et libérale de l'Islam (pas sur tous les sujets, toutfois). Il y a dans ces pays une forte tradition de modération qui emporte l'adhésion de l'essentiel des populations musulmanes. Ils rejettent très massivement les crimes d'honneur en cas d'adultère ou de relations hors et avant le mariage (rejet catégorique en toutes circonstances à plus de 85%). Les Azeris sont 81 contre 8 et les Kazakhs 79 contre 10 à ne pas vouloir que la Charia s'impose comme loi officielle chez eux (77 contre 12 en Turquie). Les Tadjiks sont 58%, à estimer qu'il est moralement acceptable de limiter les naissances (favorables à la contraception, en somme) un score très supérieur à celui de tous les autres pays musulmans même si les Kazakhs et les Bosniaques sont à 49.

La lecture des résultats de la Turquie est très intéressante. 90% des Turcs jugent que c'est à la femme de décider si elle veut porter ou non le voile. Ils sont également une majorité relative à estimer qu'ils n'ont pas un devoir de conversion envers les autres. Ils sont 85% à juger que les femmes ont le droit de divorcer de leur mari (84% en Albanie, 94% en Bosnie, 80% chez les Azeris et les Kazakhs). Massivement, Turcs, Azeris, Albanais et Bosniaques rejettent la polygamie ( de 75 à 85%). 

91% des Albanais, 93 des Bosniaques, 93 des Azeris, 96 des Kazakhs (1% seulement à penser le contraire chez ces deux derniers peuples) et 89 des Turcs s'opposent à ce que l'on applique la peine de mort aux apostats. A titre de comparaison, en Égypte, ils sont 88% à penser que les apostats doivent être exécutés (83 en Jordanie, 79 chez les Afghans, 62 chez les Palestiniens). Très fort rejet chez les pays qui refusent de criminaliser l'apostasie des mutilations corporelles en cas de vol. Les Kazakhs rejettent la lapidation en cas d'adultère à 91%, les Turcs à 88, les Bosniaques à 89 et les Albanais à 85. A l'inverse, les Territoires Palestiniens la jugent justifié à 81% (Afghanistan 84, Pakistan 86).

Tous les pays musulmans rejettent la consommation d'alcool, à des degrés divers toutefois, et tous condamnent fermement l'euthanasie. Idem pour le suicide et l'avortement. Même rejet de l'homosexualité.

J'ai trouvé ce sondage passionnant. J'en conclus que deux Islam s'opposent : celui d'Europe et d'Asie mineure globalement tolérant, proche des valeurs de la démocratie libérale, et celui d'Asie et de la sphère arabo-persique souvent réactionnaire et violent (mais pas toujours, il y a d'heureuses surprises et, parfois, dans des pays où on ne les attendrait pas).

Le goût pour la démocratie se distribue en revanche de manière étonnante : ce sont les pays d'Afrique sub-saharienne qui semblent la goûter le plus (souvent à plus de 70%), et, étonnamment, le Bangladesh (70%). Nos amis Tunisiens sont 75% à la préférer à un régime fort. Les Albanais 69%, les Turcs 67 % mais une très courte majorité en Asie centrale et curieusement, une minorité en Bosnie ! 

Il y a cependant au final une majorité nette, voire même très nette de Musulmans pour préférer de loin la démocratie aux régimes autoritaires (pas le Pakistan qui la rejette largement). Comme quoi, tout espoir n'est pas perdu, même là où nombre d'indicateurs démocratiques sont inquiétants.

Palme d'or à la belle tradition démocratique au Liban : 81% des Libanais la préfèrent à toute autre forme de régime.

vendredi, 10 mai 2013

Les manipulations monétaires

Le Japon vient de dévaluer sa monnaie de 20% : voilà qui lui assure de retrouver la compétitivité nécessaire pour redresser sa balance commerciale. Le problème c'est que ces manipulations faussent tout et restaurent artificiellement nombre d'entreprises tout en piégeant celles qui sont vertueuses. Au fond cela revient ni plus ni moins à instaurer une barrière douanière déguisée ! Il existe en théorie des accords mais personne ne les respecte sauf les Européens qui se ligotent de surcroît avec leur euro incompressible. Nous devrions déclarer hors-la-loi de telles pratiques et envisager des mesures de rétorsion fiscale chaque fois qu'elles sont appliquées unilatéralement, en accord avec tous nos partenaires européens.

20:10 Publié dans Europe, International | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : monnaie |  Facebook | | |

jeudi, 09 mai 2013

Liberation Day

Si l'Angleterre a supporté seule et courageusement la lutte contre la barbarie nazie pendant un long moment cela reste dû aux exceptionnelles qualités des Britanniques. Seules les îles anglo-normandes ont été occupées, ce qui fait que l'on y fête le 9 mai le jour de la Libération. J'ai déjà assisté à une célèbration de ce jour : c'est un moment extraordinaire pendant lequel les habitants de ces îles font revivre l'atmosphère particulière de l'immédiat après-guerre. Les Anglais ont un sens très fort de l'histoire. Ce n'est pas étonnant que les meilleurs documentaires historiques viennent de ce pays. Comme j'aime ce peuple à nul autre équivalent ! Les Anglo-normands sont toutefois un peu différents des autres Britanniques : il leur reste un vague zeste français qui fait d'eux un mélange improbable d'Anglais, de Normand et d'une touche de Breton.

dimanche, 28 avril 2013

Comme les Afghanes étaient belles avant les Talibans...

Il y a des images qui sont tellement évocatrices qu'il n'est nul besoin de discours pour les illustrer.

Trois jeunes Afghanes en 1970, bien avant la venue des Talibans. Une autre époque...Dix années auparavant, le roi Zaher Shah avait encouragé l'émancipation des femmes, leur donnant le droit de ne plus porter le voile et favorisant leur scolarisation.afghanistan,liberté,femmes,jolies

samedi, 20 avril 2013

L'Allemagne pourrait se lasser de l'euro

C'est un sport national dans plusieurs pays, France comprise, de mettre en cause l'Allemagne parce qu'elle exige de ses partenaires de la rigueur. Et on accuse de ce pays d'être à la source des politiques d'austérité menées dans de nombreux pays.

En réalité, chaque nation européenne est comptable et ses propres ennuis et "l'étranger" est un bouc-émissaire bien pratique. En ce sens, c'est à raison que Bayrou et Marielle de Sarnez se sont élevés avec force contre ceux qui mettaient en cause l'Allemagne au lieu de chercher sur notre sol nos solutions à nos propres difficultés.

Avec la révélation que le patrimoine allemand moyen est bien inférieur à celui de citoyens aux comptes publics déficitaires et surendettés, la grogne pourrait s'accroître en Allemagne.

J'observe l'émergence là-bas d'une force eurosceptique invitant désormais ouvertement à se dissocier de l'euro par agacement de devoir payer constamment pour des paniers percés.

Alternative pour l'Allemagne vient donc de naître, et bien loin d'être une sorte de mouvement populiste, il regroupe essentiellement des déçus des démocrates-chrétiens et des libéraux allemands.

On leur prédit pour l'instant de faibles scores mais les temps pourraient changer...

00:20 Publié dans Europe, International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : allemagne |  Facebook | | |

lundi, 08 avril 2013

Thatcher ? Une caricature de libéralisme...

Je vais encore entendre toute la gauchosphère hurler à la mort contre le néolibéralisme après le décès de Margaret Thartcher.

On la cite souvent au côté de Ronald Reagan en initiateurs d'une prétendue révolution néo-libérale.

Le problème, c'est que des Thatcher, il y en a eu deux : il y a eu la Ministre de l'Éducation pro-européenne du début des années 70 que j'agrée tout à fait dans la tradition libérale avec des réformes empreintes d'humanisme : augmentation du nombre des crèches, rénovation des écoles primaires, scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans, investissements importants dans le CERN. Que des bonnes choses.

C'est après que cela va se gâter sérieusement. Elle ne retient de ses fréquentations libérales que le libre-échange et montre un mépris profond pour les corps intermédiaires. Son rapport à l'État devient hystérique (comme je peux parfois le constater aujourd'hui chez un certain nombre de mes amis libéraux) qu'elle voit en symbole socialiste du Mal.

On peut en revanche lui savoir gré d'avoir réduit l'impôt sur le revenu dont les premières tranches avaient atteint des sommets délirants (83% ! Merci le travaillisme). Mais en dehors de la fiscalité et de la dépense publique qu'elle a plutôt bien gérés, le reste est assez désastreux. Non que les Travaillistes aient fait mieux, loin de là, puisqu'ils conduisaient déjà l'Angleterre à la catastrophe, mais plutôt qu'elle n'ait rien redressé. A l'issue de des gouvernements de Thatcher, il ne reste plus grand chose de l'industrie britannique.

Je me souviens avec émotion des petits voitures de métal que j'achetais dans les magasins de jouets sur lesquelles figuraient la mention made in England. Terminé, tout ça, après les années Thatcher. Finies les Dinky toys et les Corgi...

Elle a également laissé l'immigration exploser en Grande-Bretagne, et, ce, seulement à dessein de faire pression sur la classe ouvrière britannique.

Le pompon demeure tout de même l'instauration de la Poll Tax : un authentique retour à ce que le Moyen-âge a pu comprendre de plus injuste et obscurantiste. Un impôt par tête, défavorisant de fait les familles nombreuses les plus pauvres. J'espère ne trouver personne parmi les libéraux pour qualifier de libéral un impôt aussi débile et inique. On imagine que les effets sur la démographie anglaise auraient été durables si cet impôt avait été maintenu dans le temps.

Ajoutons à cela que la proportion de familles vivant en-dessous du seuil de pauvreté a été multiplié par trois sous son «règne». Ce n'est pas vraiment ce que j'appelle une réussite, et j'ajoute qu'on est assez loin de la théorie du ruissellement avec un tel résultat. A vrai dire, Thatcher se foutait bien du ruissellement. Elle a appliqué de manière idéologique un programme directement inspiré de l'École autrichienne d'économie et des Monétaristes. Des théories intéressantes mais à bien considérer avant d'agir.

A l'international, la Guerre des Malouines aura fait sauter la dictature en Argentine. Tant mieux et bon débarras.

Thatcher a mené certaines réformes libérales, d'autres qui n'en étaient pas. Cela ne suffit pas à en faire une libérale et seuls les libéraux-conservateurs la reconnaissent sans restriction comme l'une des leurs.

Je recommande vivement le bilan qu'en fait mon homologue hérétique britannique, fort intéressant  bien que très dithyrambique. Il devrait lire Tocqueville : je le vois déplorer que la démocratie censitaire et caritative que lui semblait promouvoir Thacher se soit brisée sur l'écueil des individualismes et des égoïsmes particuliers. Ils sont pourtant consubstantiels de la démocratie libérale et nul ne saurait gouverner efficacement et justement dans un tel régime sans avoir en permanence ces écueils en vue.

Margaret Thatcher n'était pas l'hydre ultra-libérale que décrivent les gauchistes hystériques mais pas non plus la dirigeante modérée que mon hérésiarque confrère lui attribue.

23:19 Publié dans International, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : thatcher |  Facebook | | |

dimanche, 31 mars 2013

Casse du siècle à Chypre

J'avoue être stupéfait parce qu'il se produit à Chypre et ce dans l'indifférence générale, au moins dans la presse.

Les comptes crédités de plus de 100 000 euros vont être taxés à 60%.  Tous ceux qui avaient mis de l'argent de côté pour leurs vieux jours vont se trouver à la rue.

Et il y a eu tout de même un imbécile fini au plus haut sommet de l'Europe pour expliquer que le plan de Chypre pouvait servir de modèle au reste de l'Europe. Quand on songe que Jeroen Dijsselbloem est le président de l'Eurogroupe, on demeure rêveur.

Il n'y aurait donc qu'en Suisse que les capitaux seraient en sécurité ? Pire : faut-il penser qu'il n'y a de sûrteté pour les dépôts qu'en dehors de la zone euro ?

Voilà le message. Imbécile !

Le pire c'est que l'Europe a prouvé également que sa parole n'était pas fiable puisqu'elle avait assuré garantir les dépôts jusqu'à 100 000 euros et que finalement il n'en est rien.

Dernier point, enfin, on ignore qui a pris la décision et il n'y a personne pour l'expliquer.

Ce qui m'agace singuluèrement dans cette histoire c'est l'hypocrisie médiatique et l'absence totale de pédagogie pour expliquer le phénomène en cours à Chypre.

Les moralistes de tout poil s'en donnent à coeur joie en expliquant que Chypre paie l'accroissement exponentiel de son secteur bancaire et ses pratiques en terme d'accueil de fons douteux sinon obscurs.

Rien n'est plus faux. Cela n'a rien à voir et c'est un mensonge pur et simple. Les banques chypriotes paient leur exposition à la dette grecque.

Il eût été plus pédagogique au niveau de l'Europe de traiter directement avec les banques chypriotes car ce sont elles qui ont besoin d'argent.

Les États européens acceptaient de prêter de l'argent aux banques chypriotes mais les laissaient se débrouiller pour couvrir leurs pertes.

En instaurant une taxe de 60% sur les dépôts, l'État chypriote et l'Europe se donnent tous les torts au lieu de laisser les banques face à leurs responsabilités.

En somme, on pouvait obtenir le même résultat, sauver les petits épargnants, sans passer pour des voleurs.

Toute cette histoire est navrante...