vendredi, 09 mai 2008
Wikipedia entre D'Alembert et Alexandrie
Il y a un truc qui m'impressionne avec wikipedia, c'est la vitesse à laquelle l'information est traitée et les articles mis à jours. Je suis scié à chaque fois. Même sur des sujets d'actualités, dès que cela justifie un traitement de type encyclopédique, cela aboutit dans wikipedia. Une étude précise a montré que Wikipedia était plus fiable que l'Encyclopedia Britannica, et qu'une erreur n'y subsistait pas plus de deux semaines, et encore, au maximum !
J'imagine l'enthousiasme d'un type comme d'Alembert s'il pouvait ressusciter aujourd'hui devant wikipedia. J'imagine qu'il serait très impressionné par la vitesse avec laquelle wikipedia s'est constitué. On y trouve vraiment tout ce qu'on peut y rechercher. En réalité, je crois que l'on sous-estime encore la portée d'un tel projet. Il est à mon avis, même encore au-delà de l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert. Avec wikicommons, et wikisource, qui progressent à pas de géant, le référent, à mes yeux, c'est la défunte Bibliothèque d'Alexandrie.
A ce sujet, d'ailleurs, un projet piloté par l'UNESCO a donné naissance sur les lieux approximatifs de cette dernière à une nouvelle bibliothèque : la Bibliotheca Alexandrina. Or, j'ai appris, qu'à l'été 2008, Wikipedia y tiendra sa conférence annuelle ! Comme quoi, j'ai eu du pif et la boucle est bouclée.
07:13 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : wikipedia, alexandrie, encyclopedie, d'alemebert
jeudi, 08 mai 2008
Justice - Stress
Il paraît que ce clip (groupe Justice) fait fureur sur la Toile. En tout cas, c'est ce qu'affirme Arrêt sur Images : 600 000 personnes auraient visionné ce clip. Personnellement, musicalement, j'aime beaucoup. En revanche, même si le clip, avec très peu de moyens, est très remarquablement réalisé, je juge qu'il véhicule des lieux communs faciles. En même temps, il faut regarder le clip jusqu'à la dernière seconde. Ecoutez-bien la dernière phrase, elle vaut son pesant d'or. Le problème, c'est que l'on a du mal à bien l'entendre. Je la transcrirai sur demande dans les commentaires si c'est nécessaire.
Ce que je trouve intéressant, en même temps, dans ce clip, c'est que l'on n'y croit pas. Les tenues ont valeur de blason, tous les gestes de violence sont filmés dans une certaine forme de ralenti, en tout cas, aucun coup n'est porté avec une rage véritable. Et puis le cumul de toutes les violences que l'on prête à la banlieue est trop gros.
D'une certaine manière, Romain Gavras, le réalisateur, fait une sorte de remix d'images vues sur les chaînes télévisées, publiques ou privées, ces dernières années, ou encore des faits divers relevés par la presse, dans les banlieues les plus agitées.
Mais, in fine, pour moi, cela alimente une représentation commune : "la rage", qu'un certain nombre de jeunes de banlieue, par commodité, aiment à adopter.
Il y aura deux lectures de cette vidéo :
- celle des bobos parisiens et des intellectuels de la banlieue qui vont disserter sur le caractère violent ou artistitque du clip, qu'il le soit ou non.
- celle de jeunes plus frustres, qui eux vont "kiffer" et s'identifier aux scènes filmées. Cela signifie qu'ils vont être confortés dans leur révolte. Le problème, c'est qu'il y a tout un discours ambiant, notamment dans la presse et les milieux de gauche, mais pas seulement, qui tend à accréditer que toute forme de révolte est légitime et à y associer les phénomènes de violence.
Il y a donc une forme d'hypocrisie certaine à offrir à un public qui ne dispose pas de grilles de lecture des images qui vont résonner en s'appuyant sur leurs pulsions. L'auteur du clip ne peut pas ignorer cet aspect de son clip, tout du moins, pas sans une certaine dose de mauvaise foi...
13:15 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : justice, stress, musique, violence, media, clip
mercredi, 07 mai 2008
Et si Natacha Kampusch avait raison ?
On connaît l'histoire tragique de cette jeune fille, séquestrée dans des conditions éprouvantes pendant 8 années : la sinistre affaire Josef Fritzl qui secoue actuellement l'Autriche a bouleversé Natacha Kampusch.
Elle avait évoqué, peu après sa libération, l'intuition qu'il existait d'autres personnes enfermées dans des caves en Autriche. Elle ne s'était pas trompée.
Ce matin sur France Info, elle a émis une hypothèse audacieuse, mais qui recoupe un sentiment que j'ai à propos de l'Autriche depuis fort longtemps. Elle note que l'absence de dénazification au lendemain de la seconde guerre mondiale fait que les nazis autrichiens ont pu se dissimuler et échapper aux justes peines qui les attendaient. Or, fait remarquer Natacha, elle imagine mal que ces individus soient devenus par la suite de "bons parents". Pour elle, il y a certainement un lien entre les crimes les pires et l'histoire politique de certains individus.
C'est aussi mon avis, et de longue date, tout particulièrement concernant l'extrême-droite. J'ai souvent noté que chez ces individus, mais aussi chez les intégristes de tout poil, on est moins choqué par le viol ou par des crimes atroces que dans les autres formations politiques, sauf quand ces crimes ont un caractère ethniques et touchent des Européens (ou d'autres nations s'il s'agit d'extrémistes et d'intégristes d'autres pays).
Ensuite, il y a un problème avec les Autrichiens. Il y a dix années, je me suis rendu, en vacances, pour une dizaine de jours à Saint-Wolfgang sans savoir que c'était alors une des rares mairies ouvertement néo-nazies d'Autriche.
J'ai toujours eu la sensation, là-bas, que les yeux inquisiteurs étaient à l'affût de quelque chose à dénoncer. Il y a là-bas une culture de la délation et en même temps du secret. Attiré incidemment dans une fête locale, j'ai vui de mes yeux des "braves gars locaux, genre SA sans crânes rasés mais authentiquement fachos" beugler des "heil" à qui mieux qui peut en levant le bras, la chope de bière et en collant la main au c... des gretchens blondes locales.
J'ai voulu visiter Mauthausen, et, tenez-vous, quand on est à moins d'un kilomètre de Mathausen, aucun autrichien ne sait où se trouve cet endroit, ni même le le connaît... et puis subitement, ils ne savent plus parler anglais et ne comprennent plus l'allemand que vous parlez : étrange, non ?
Enfin, l'Autriche est un peuple qui a élu en connaissance de cause au suffrage universel direct un ancien SS à sa tête. Et les Autrichiens trouvaient encore moyen de défendre leur vote après coup (jai eu l'occasion d'en parler après coup avec quelques un d'entre eux qui se disaient socialistes - nationaux ? - ).
Alors oui, ce que dit Natacha ne m'étonne pas, et il va bien falloir un jour que l'Autriche, à défaut de rendre justice, se demande ce que sont devenus ses psychopathes, et également quels descendants ils ont généré...
18:52 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : autriche, natacha kampusch, josef fritzl, nazi, ss, viol
lundi, 21 avril 2008
Qu'Aimé Césaire repose parmi les siens !
François Bayrou a estimé jeudi 18 avril qu'il valait mieux "laisser dormir" le poète martiniquais Aimé Césaire, décédé jeudi à Fort-de-France, "sous le soleil de Martinique" plutôt que de le transférer au Panthéon comme d'autres élus l'ont suggéré. "La famille bien entendu et le gouvernement décideront. Pour ma part, je laisserais Aimé Césaire dormir au milieu des siens, dans la terre et sous le soleil de la Martinique qu'il a tant aimée", a ajouté François Bayrou. "L'idée que tous les grands hommes doivent être réunis dans un lieu unique me paraît souvent une idée d'un autre temps, surtout pour celui qui a voulu défendre la fierté d'être soi-même, l'orgueil de sa culture, enracinée dans l'histoire singulière et souvent tragique de son île". François Bayrou, qui avait été longuement reçu par Aimé Césaire lors d'un déplacement aux Antilles en 2006, a précisé qu'il se rendrait à ses obsèques, dimanche à Fort-de-France.
Pas mieux pour moi, mais, j'y ajouterai cette interrogation : quid du Panthéon ? Moi aussi, je tends à penser qu'il y a une forme d'idolâtrie, républicaine, certes, mais idolâtrie tout de même, dans ce rituel qui consiste à transférer les cendres de nos grands citoyens à Paris dans un monument. C'est une forme de parisiannisme habituel, hérité, en effet, d'un autre temps, mais que je trouve de mauvais aloi. On devrait, je trouve, mettre fin à cette tradition. IL n'y a pas qu'à Paris qu'il y a de grands citoyens, mais sur tout le territoire français. Qu'ils reposent donc là où ils ont vécu.
13:08 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aimé césaire, bayrou, panthéon
dimanche, 20 avril 2008
Cliquez, souriez, vous êtes un pédophile !
Je recommande vivement l'article de Charles Bwele à propos des méthodes répugnantes et illégales du FBI : en gros, le FBI fabrique des faux liens pédophiles puis recueille les adresses IP des ordinateurs qui ont cliqué sur ces liens, repèrent les utilisateurs de l'rodinateur, puis les arrêtent.
Sauf que :
1. Jusqu'à preuve du contraire, je ne vois pas en quoi cliquer sur un lien est un délit ou un crime, fût-il pédophile.
2. Cliquer sur un lien qui conduit vers une image pédophile n'infère absolument rien des intentions de cedlui qui a cliqué. Ce peut être une erreur, de la curiosité, une vérification avant de signaler le lien , et cetera...Bref, tout est possible.
On en est au niveau le pire qui soit : celui du procédé d'intention le plus arbitraire qui soit, quand bien même le FBI repérerait de véritables prédateurs par ce biais.
Cette manière de faire est perverse, immorale et dangereuse : elle ouvre la porte aux abus les pires, car elle fait passer dans la jurisprudence l'idée que cliquer sur un lien, peu importe la cause, le fait seul comptant, peut être un crime.
Je ne suis généralement pas tendre vis-à-vis des criminels sexuels, mais attention : la lutte contre les dépravations les pires ne justifie pas les méthodes les plus douteuses.
08:09 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fbi, pédophilie, images, clics, liens, pornographie
jeudi, 17 avril 2008
Droit de réponse de Michel Dubec
Michel Dubec, l'auteur des passages controversés que j'ai abondamment critiqué sur mon blog, a demandé un droit de réponse à hautetfort. Plutôt que de demander la suspension de mon blog, il pouvait tout simplement me la demander personnellement, je le lui aurais accordé, cela va de soi, sans intervention de mon hébergeur.
Voilà donc sa réponse, j'en prends acte, et apprécie sa condamnation désormais claire et sans équivoque.
Dans une pétition diffusée sur Internet, il m'est reproché de me livrer à une justification « des violences faites aux femmes, et même des viols », dans mon dernier livre, Le Plaisir de tuer (co-écrit avec Chantal de Rudder, Seuil), et particulièrement dans les pages consacrées à Guy Georges (pp. 210 et suivantes).
Il va de soi que je condamne sans ambiguïté le viol, ainsi que la violence en général, y compris les violences conjugales, intra-familiales et le harcèlement. M'accuser de « complicité masculiniste » avec Guy Georges, c'est méconnaître d'abord la nature de l'avis que j'ai rendu dans cette affaire et où certains ont même vu la marque d'une excessive sévérité (Libération du mardi 3 avril 2001). C'est ignorer ensuite les chapitres que j'ai consacrés au viol des femmes, à l'inceste et à la pédophilie dans mon premier ouvrage (Crimes et Sentiments, co-écrit avec Claude Cherki-Nicklès, Seuil, 1992) à une époque où ces fléaux n'étaient pas combattus avec la même vigueur qu'aujourd'hui.
Du fait de mes responsabilités professionnelles auprès des tribunaux, je suis amené à rencontrer de multiples criminels. Il m'est demandé, dans ce cadre, de comprendre ou d'essayer de comprendre leur comportement avant de rendre un avis sur leur responsabilité pénale. Pour réaliser correctement ce travail, il convient de suspendre un instant le jugement moral pour considérer le monde de la vie psychique, les fantasmes qui la traversent et les modalités particulières d'un passage à l'acte.
La différence entre une personne ordinaire et Guy Georges n'est pas que la première n'aurait ni vie intérieure ni fantasmes, mais qu'elle en reste là. Guy Georges, lui, passe à l'acte, il viole, il tue. C'est en cela, et en cela seulement, qu'il relève de la justice criminelle. Mais, dans le cadre de l'expertise, c'est sur le terrain des fantasmes qu'il cherchait à nouer une forme d'entente avec son interlocuteur. C'est ce que j'ai voulu raconter, sans fard ni détours, dans les pages attaquées par les pétitionnaires.
Toutefois, comme tout récit, celui-ci a un début, un milieu et une fin. En l'occurrence, une rencontre, une épreuve et un dénouement. La rencontre, c'est celle de Guy Georges : je ne l'ai pas choisi, c'est la justice qui me l'a présenté. L'épreuve, ce sont nos entretiens où il cherchait à m'attirer dans une sorte de partage pervers, comme il l'avait fait ou le ferait bientôt avec les autres experts commis dans cette affaire. La description de ce qui se jouait dans ces échanges a pu heurter, voire scandaliser, mais il s'agissait bien d'une épreuve et non d'un simple moment d'empathie. Car on ne sort pas indemne de ce genre d'échanges, même si l'important est précisément d'en sortir, comme je l'ai explicitement souligné à la page 213 du livre incriminé : « On se réveille comme d'un mauvais rêve, brutalement. On se retrouve brusquement dans la peau de ses victimes, solidaire de leurs familles en deuil, broyé par la même insupportable douleur qu'elles, de l'autre côté du miroir, là où le fantasme s'arrête. Et on en veut à Guy Georges du bout de chemin qu'on a été capable de faire avec lui, comme s'il nous avait piégés... ».
Mais il faut, pour le comprendre, lire le récit du début à la fin et comme un ensemble de séquences indivisibles. Au-delà de son dénouement strictement judiciaire (l'avis que je rends finalement à la justice et que certains jugèrent, comme je l'ai dit, non pas complice, mais sévère), c'est aussi le travail d'un dépassement que j'ai voulu rapporter ici.
De ce point de vue, ce livre est un exercice de sincérité sur un métier que je pratique depuis plusieurs dizaines d'années. Celui-ci m'a exposé à bien d'autres épreuves, dont beaucoup sont racontées dans le livre. Etais-je plus vulnérable qu'un autre ? Plus faible ? Moins disposé à traverser ces descentes aux enfers ? Je ne le crois pas. Les experts ne sont pas des machines. Et c'est justement pour cela qu'ils doivent s'astreindre, plus encore que les autres, à voir clair en eux-mêmes et analyser leurs propres affects pour pouvoir faire correctement leur métier.
D'une manière plus générale, j'ai la conviction qu'il y a toujours un avantage à ne pas ignorer nos fragilités, à savoir que le mal est à nos portes, et qu'il y aurait un grand danger, aussi bien individuellement que collectivement, à s'interdire cette reconnaissance. Si l'on veut dominer ses passions, il faut commencer par éviter de se tromper sur soi-même, de se mentir et de s'abuser. C'est aussi le sens de la confession professionnelle que j'ai voulu livrer au public, dans toute la vérité de mon expérience.
Je regrette que mes propos aient pu être mal interprétés et que certaines phrases, a fortiori sorties de leur contexte, aient pu heurter. Mais le choc que certains ressentent à la lecture de ces lignes n'est encore qu'une pâle traduction de la douleur que l'on éprouve au contact des tueurs et des violeurs. Il est en tout cas, en dernière analyse, le prix d'un supplément de conscience que je crois vital.
15 avril 2008
Michel DUBEC
12:50 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : michel dubec, viol, guy georges, droit de réponse
lundi, 14 avril 2008
Hôpitaux : quelles réformes ?
Le gouvernement, à l'évidence avec l'intention de réaliser des économies, s'est lancé dans une réforme des hôpitaux. Le blog du PRG des Landes en détaille assez clairement la teneur. Rappelons que le sénateur UMP Gérard Larcher s'est vu confier une mission sur l'hôpital et qu'il a rendu son rapport à Nicolas Sarkozy le 10 avril dernier.
Pour ce que j'en ai lu, cela m'a l'air plutôt pas mal, mais j'attends surtout de voir ce que Nicolas Sarkozy va en faire le 17 avril.
Pour mémoire, voici ce que propose actuellement le MoDem (sur la base du programme présidentiel de François Bayrou) sur les hôpitaux.
• Réformer la gouvernance de l’hôpital, créer un continuum entre les soins de ville et l’hôpital
- La dichotomie ville-hôpital est pernicieuse. Il faut recréer une continuité : Il n'y a toujours pas de fongibilité des enveloppes entre ville et hôpital, et cela doit impérativement évoluer.
- Rationaliser l'organisation du système hospitalier (statut des personnels, 35 heures, fonctionnement des urgences).
- Désengorger les urgences en favorisant la complémentarité entre urgentistes et libéraux, la prise en charge de la régulation par les médecins libéraux.
- Réformer le long séjour, développer la complémentarité entre le sanitaire et le social.
- Instaurer une réelle autonomie des conseils d’administration avec une responsabilisation financière.
- Créer 3 niveaux d’hôpitaux:
- Le C.H.U. : de la compétence de la Région.
- Le centre hospitalier départemental : de la compétence du Conseil Général.
- Le centre hospitalier de proximité de compétence municipale.
J'éplucherai avec plus d'acuité ce rapport pour le commenter ici, mais à vrai dire, après une première lecture, j'ai le sentiment qu'il peut être accomodé à plusieurs sauces.
Il y a tout de même un truc qui me frappe, dans le rapport Larcher : il y est tout le temps question d'une nouvelle organisation territoriale, et de maillages régionaux ou départementaux ad hoc, avec des agences, mais très peu du rôle des régions ou des départements, et à peine plus de celui des municipalités. En dépit de la volonté affirmée de donner de l'autonomie aux établissements, j'ai pour l'instant l'impression que toute la gestion hospitalière demeure très centralisée. A voir et à relire, donc...
07:30 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : hôpital, modem, bayrou, santé
vendredi, 11 avril 2008
Une charte contre l'anorexie
Quand on fait un premier pas dans le bon sens, il faut savoir le saluer. Je vais suivre avec beaucoup d'attention la discussion des députés autour de la proposition de loi de Valérie Boyer, une jeune parlementaire et Secrétaire nationale de l’UMP en charge de la Santé. J'aimerais bien que l'on s'empare aussi de la question, au MoDem, et que l'on prenne position. A l'heure actuelle, c'est le silence radio sur le sujet, et rien n'évoque cette question dans le programme présidentiel de Bayrou. Je sais en revanche que le sénateur UDF-MoDem Yves Détraigne s'est intéressé à l'éducation alimentaire puisqu'il avait posé il y a peu une question au gouvernement à propos de l'obésité infantile. Il faudrait attaquer maintenant le mal jumeau de l'obésité : l'anorexie. En tout cas, je pense qu'il faut soutenir Valérie Boyer, car elle me semble très bien cette jeune femme, sur ce sujet.
Les professionnels de la mode, de la publicité et des médias ont signé une "charte de bonne conduite" sur l'image du corps et contre l'anorexie. Le 9 avril 2008, la Ministre de la Santé, Roselyne Bachelot s'était jointe aux signataires dans cette première étape et a rappelé que la France compterait entre 30 000 et 40 000 anorexiques. La Ministre a souligné que son but n'était pas "de tendre un doigt accusateur vers des responsables supposés mais d'ouvrir la voie d'une approche globale de la prévention de cette maladie du psychisme mortelle".
Cette charte est donc le fruit de plus d'un an de discussion d'un groupe de travail mis en place sous l'égide du Ministère de la santé. Son but n'est pas de sanctionner ou d'imposer des mesures contraignantes à ses signataires mais plutôt de promouvoir "des engagements partagés et concertés" entre les professionnels. Un objectif essentiellement de sensibilisation et de d'information donc, notamment auprès du Bureau de vérification de la publicité, de la Fédération française du prêt-à-porter féminin et de celle de la couture, l'Union des annonceurs ainsi que celle des agences de mannequins, ou encore des industries de l'habillement.
Le 08 avril, une proposition de loi de Valérie Boyer était également présentée en Commission à l'Assemblée Nationale. Le texte visant à faire de "l'incitation à l'anorexie et à la maigreur extrême" un délit, sera examiné la semaine prochaine par les députés.
Pour l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), l'indice de masse corporelle (poids /taille * taille) idéal se situe entre 20 et 25. En-dessous de 18.5 vous êtes considéré comme trop maigre. A Madrid, lors de la dernière Fashion Week, trois top-modèles ont été exclues d'un défilé parce qu'elles étaient trop maigres : leur IMC était inférieur à 16 (moins de 50 kg pour 1m75).
Cette décision de bannir les tops trop maigres des défilés a été prise après la mort de plusieurs mannequins anorexiques au Brésil et en Uruguay. L'Espagne a même dénoncé l'existence de la taille 0 et interdit aux grandes enseignes d'utiliser des tailles beaucoup trop petites.
Depuis, Milan a copié la capitale Espagnole, mais le London Fashion Show lui, n'a pas encore suivi. Plusieurs leaders de l'industrie de la mode britannique craignent que leurs mannequins n'aillent voir une autre agence s'ils sont obligés de grossir. Le comité de la mode britannique a seulement émis l'interdiction de défiler aux moins de 16 ans et l'obligation pour les mannequins de présenter un certificat médical.
12:05 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : anorexie, boyer, santé
Une psychiatre expertise Michel Dubec, apologiste de Guy Georges et...pédopsychiatre !!!
A la suite de mon article sur les méfaits du vil Michel Dubec, une psychiatre, lectrice de mon blog, a réagi sur le torchon que ce sinistre individu a pondu. Je livre ici ses très pertinentes observations :
Michel Dubec, médecin psychiatre, expert près du Tribunal de Paris, dans son dernier texte « le Plaisir de tuer », se montre parfaitement fasciné par les viols mais aussi par les meurtres en série bien qu’il dise s’en démarquer, perpétrés par Guy Georges dont il a réalisé l’expertise. Il est séduit, admiratif et excité par les propos et actes de celui-ci de façon flagrante au point qu’il inspire au lecteur le sentiment qu’il est nettement un violeur et un assassin par procuration. Il s’identifie à Guy Georges au point de perdre la distance requise, la neutralité indispensable à la conduite d’une expertise, le flou qui en résulte donne fortement le sentiment qu’il a lui-même perdu ses repères à l’instar de son sujet. Il semble recevoir un soin, dans son livre fort étonnant, Chantal de Rudder la journaliste qui a recueilli son propos étant en position d’analyste !!!
Il ne manifeste aucune empathie, aucun effroi, pour les jeunes femmes violées et assassinées, il rationalise cyniquement les actes de son client comme s’il était son avocat et le disculpe de façon honteuse, cynique, au point que cela revienne à les violer et à les assassiner une seconde fois. (« Incontestablement, il y a d’abord pour lui [Guy Georges] le moment de la jouissance sexuelle par le coït ou la fellation. Il ne suffit pas. Il lui faut tuer. Pour supprimer le témoin et l’empêcher de parler ? Non. Le plaisir de tuer est un plaisir supplémentaire, la cerise sur le gâteau du coït ». Et admiratif, comme à regret « Les tueurs en série connaissent un surcroît de jouissance que nous n’éprouverons jamais ».
Et cela en en décrivant avec une certaine minutie obsessionnelle, une certaine délectation pourrait-on dire, la mise à mort des victimes, or dans notre métier de médecin, nous avons une obligation de réserve dans la conduite des expertises et dans son rendu, mais aussi bien sûr et cela va de soi, dans toute parution écrite à grand public, dans toute interview…C’est donc le livre tout entier qui n’aurait pas dû être publié. Cela mérite d’être souligné au passage, pour ce même écrit Monsieur Dubec a été condamné en février 2008 au sujet du chapitre dédié à l’affaire Joffo, avec l’éditeur du Seuil et Chantal de Rudder.
Monsieur Dubec dit donc ne réprouver que le meurtre, là s’arrête sa déontologie, son éthique ! Pourtant le titre même attribué à son ouvrage montre la confusion psychique intense qui existe nettement entre Guy Georges et lui-même, on ne sait qui est qui, et du reste dans le titre de deux couleurs, le mot « plaisir » apparaît en rouge sang. Ce titre, Monsieur Dubec est allé le quémander auprès des Editions pour pouvoir l’utiliser à son tour tellement il y tenait. Et il a dédié ses écrits à Elise et Charlotte, dont je suppose qu’elles sont ses filles !!!
Ainsi donc au vu du récit de Guy Georges et des photographies des jeunes femmes mortes, et pour reprendre ses termes, M. Dubec « bande,...rêve », à aucun moment il ne sort de son identification projective à son client pour condamner les faits reprochés à Guy Georges, lequel a trouvé en son expert un complice inattendu.
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Michel Dubec s’est trouvé sous emprise bien facilement et ce, pas seulement du fait de la structure psychique de Guy Georges. A aucun moment Michel Dubec ne commue non plus cette complicité parfaitement consciente et assumée en une identification aux victimes, « femmes superbes » certes, mais souillées irrémédiablement, détruites voire mortes, et de toute façon insultées par les prises de position de l’expert.
La solidarité masculine instinctive et spontanée qu’il manifeste à Guy Georges, qui n’en demandait sans doute pas tant, ne s’accompagne jamais d’une solidarité envers les victimes, bafouées comme leurs familles par cet irrespect, ou bien s’il le fait, alors il ne convainc pas. Sa fascination est explicite, prégnante « je ne me lassais pas de nos entretiens » il va du reste les multiplier.
Cela amène moult questions sur l’éthique du comité de lecture qui aux Editions du Seuil a autorisé la publication d’un livre aussi poisseux, aussi nauséabond.
Et j’en viens à me demander si Michel Dubec n’a pas décompensé lui-même ou s’il se joue de tout le monde habilement.
C’est dire que l’expert manifeste une ambigüité avérée, une confusion envers Guy Georges, mais que sa casquette d’expert justement, tout comme ses écritures, protègent vraisemblablement cependant d’un total collage.
Il est évident à la lecture du chapitre consacré à G. Georges, que quelque chose de particulier s’est joué entre eux et d’insolite pour l’expert. Celui-ci semble être envieux de la musculature de G. Georges, de ses méfaits graves, c’est-à-dire viols, meurtres, sur des femmes superbes qu’il aurait donc pu désirer lui-même, et à proximité de son cabinet de psychiatre de surcroît, comme s’il avait regretté de ne pas avoir été lui tout en l’étant un peu, puisque le récit de Georges semble déclencher chez lui une activité masturbatoire sans fin.
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Il semble dire à tout instant « pourquoi est-ce lui et pas moi ?!! » Ce dépit est un comble, un saut inattendu de la part d’un homme en position d’expert.
L’admiration sans borne de l’expert envers son objet d’expertise laisse à penser pourtant que les victimes sont de peu d’importance à tous les niveaux, et sont un enjeu négligeable dans l’homosexualité latente de M. Dubec vis-à-vis de son client. Il était parfaitement évident que G. Georges SAVAIT intuitivement partager « les mêmes objets érotiques » que son expert, il l’a clairement dit aux deux autres experts, comme cela ne lui a pas échappé que M. Dubec s’est délecté de ses récits au point de ne pouvoir mettre un terme aux multiples rencontres qu’ils avaient en prison, au contraire des deux autres experts nommés conjointement dans l’affaire.
M. Dubec a même admiré le côté artiste, le sens esthétique du tueur en série, qui tuait sans défigurer ses victimes !!! Il n’a pas omis au passage de dénier l’intention de tuer de son client or celui-ci se baladait avec un opinel en permanence.
Son livre effrayant, humiliant, indigne parce qu’irrespectueux vis-à-vis des victimes de Guy Georges, toutes violées et pour plusieurs d’entre elles sauvagement assassinées, et de leurs familles, nous plonge directement dans la fange de plus en plus noire de notre société où on note une inversion des valeurs, où le pervers est roi.
C’est ainsi que l’Editeur du Seuil a laissé passer sans les rejeter ces écrits, après que la Justice l’ait elle, mandaté comme expert. Cette dérive à tous les niveaux explique également que l’expert très probablement impuissant et vide, se soit rempli, nourri de ces histoires criminelles et se soit montré sans conteste fasciné par « la puissance sexuelle » extrême de l’auteur de meurtres récidivants avec viol, capable « de baiser cinq fois par jour avec éjaculation intra vaginale garantie » ; Les victimes n’ont aucune importance et disparaissent derrière tout cela. Mais l’expert lui, est au comble de l’extase assurément, via un discours d’une crudité et d’une vulgarité, dérangeantes chez un expert.
On est forcément questionnés aussi par la manière dont Michel Dubec conçoit son travail de psychiatre et de psychanalyste, c’est nous que ça laisse rêveurs pour le coup. Ses patientes sont-elles l’objet de ses moqueries, de son indifférence, quel type d’étayage et de soins
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peut-il envisager de leur proposer avec pareil fonctionnement psychique ? Leur fait-il des avances, a-t-il des relations sexuelles avec elle ? Je frémis à l’idée de le savoir en plus pédopsychiatre.
Pas plus qu’on n’aurait aimé croiser le chemin de Guy Georges, on n’aimerait croiser celui de M. Dubec, en tant qu’analysante, ni l’avoir pour père de ses enfants, et moins encore comme amant.
En tant que psychiatre moi-même, je me sens préoccupée au plus haut point mais aussi fondamentalement dérangée par l’absence de déontologie, l’absence d’éthique, le côté amoral et la pathologie explicite de « mon confrère ».
Dans ce métier difficile, plus qu’ailleurs un équilibre psychique et une éthique en béton sont indispensables et incontournables.
Pour ma part je ne ressens aucune espèce de solidarité à son égard.
Je pense que la Justice comme l’Ordre des Médecins, ont à prendre leurs responsabilités, il m’apparaît essentiel de ne plus le mandater lorsqu’il s’agit de viols et de crimes sexuels perpétrés sur des hommes ou sur des femmes, car un médecin, expert de surcroit, n’a pas à faire l’apologie du viol.
07:22 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dubec, guy georges, psychiatrie, viol, crime, justice
mardi, 08 avril 2008
Paquet fiscal versus logement social, je bous !
Encore un point qui m'exaspère dans le plan d'économie de Nicolas Sarkozy : ce dernier désire réduire l'accès aux HLM de 60 à 70%, pour faire des économies. C'est insupportable : les crédits d'impôts pour ceux qui ont les moyens de se payer des villas immenses coûtent des centaines de millions d'euros. Et pour financer ces crédits d'impôts, on va entre autres réduire l'accès aux HLM de familles souvent modestes.
Je sens que je vais exploser. Voilà la société équitable que nous propose Nicolas Sarkozy !
Cela ne signifie pas que le logement HLM ne nécessite pas d'être revisité, et notamment de bien considérer les plafonds de ressource, mais, dans ce cas, je prèfère de loin la solution de François Bayrou :
En janvier 2006, il évoquait justement cette question et proposait alors :
Je voudrais évoquer comme cinquième principe l’idée de la modulation des loyers dans le parc HLM. Tout le monde ici a souligné les difficultés créées par le maintien dans des appartements de personnes dont le statut avait changé. Elles correspondaient aux standards d’entrée à l’époque où elles ont pris leur logement HLM. Elles y ont vécu. Leur situation s’est améliorée. Leur mode de vie a changé. Elles sont toujours dans le même logement et certains s’en émeuvent, considèrent que ce n’est pas bien, que c’est un scandale. D’autres disent que « vous ne pouvez pas virer des gens de leur logement ». Il nous semble après y avoir réfléchi que la modulation des loyers est une réponse à cette importante question. La modulation des loyers en fonction de la situation avec un supplément de loyer de solidarité. Le surloyer d’aujourd’hui étant extrêmement faible, on peut moduler les loyers en fonction de la situation dans ces logements là.
Moduler les loyers dans le parc HLM, en fonction de la situation des personnes, est une nécessité de justice et d’efficacité.
C'est une évidence. Mais en tout cas, ce qui n'est nu juste ni efficace, c'est de faire payer les tributaires de logement HLM pour les heureux bénéficiaires du Paquet Fiscal. Cette injustice sera au coeur des revendications du MoDem.
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