jeudi, 17 mai 2012

Je vais soutenir une candidate UDF !

7049934799_b04b7dc483_m.jpgAu fait, savez-vous que l'UDF existe toujours ? Eh oui, le parti centriste avait été mis entre parenthèses en 2007 mais il n'avait pas pour autant disparu et nous sommes quelques uns à toujours disposer de la double adhésion.

C'est mon cas. C'est aussi celui de Béatrice. Je vais faire campagne au coeur d'une terre UMP et Sarkozyste. Après Neuilly, c'est l'endroit de France qui a voté le plus pour Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle. Je me suis résolu à voter Hollande, pour ce qui me concerne, mais Béatrice a fait un autre choix, elle, puisqu'elle a finalement voté pour Sarkozy.

Ce n'est pas grave, nous sommes tous les deux centristes, et nous soutenons à peu près le même programme, celui que défendait François Bayrou lors de cette présidentielle, celui dont je me fais souvent le témoin à travers mes propres billets.

Béatrice Lecouturier est une élue locale, puisqu'elle représente le MoDem au conseil municipal du 16ème nord.

Il n'y a pas beaucoup de blogues dans le 16ème, mais je pense que le site névralgique par excellence, c'est clairement paris16.info, le blogue de l'excellent Antoine Dufour. Sur la Toile, il sera certainement au coeur de la campagne législative.

Béatrice se présente avec l'étiquette UDF. Comme moi, je pense qu'au fond, elle a toujours aimé ce parti et ses composantes un peu "plurielles". Elle rejoint le Centre pour la France, la coalition centriste que Françoois Bayrou a évoqué il y a quelques jours.

Le 16ème a longtemps été une terre centriste. Elle peut le redevenir. Il ne tient qu'à ses habitants et à la force et à l'intelligence de nos convictions et de nos propositions, à notre capacité à gagner en visibilité aussi.

J'ai eu déjà quelques discussions programmatiques avec Béatrice, particulièrement sur le Made in France et ses déclinaisons (écologie et filières courtes, lien social et tradition, déficits,  et commerce extérieur notamment) ; elle entend défendre plusieurs propositions à l'Assemblée Nationale si elle est élue. Mais dans l'immédiat, comme elle ne les a pas encore évoquées sur son blogue, je n'en dis pas plus. J'y viendrai au fur et à mesure.

vendredi, 11 mai 2012

François Bayrou a du panache !

Bravo Bayrou ! Coupant court aux micmacs de toutes sortes, le centriste a assumé la décision du PS de maintenir une candidate contre lui.

J'agrée pour ma part les propos de Bayrou pour plusieurs raisons : a) son vote était désintéressé et doit le rester b) nous ne pouvons rejoindre une force politique dont nous ne partageons pas le programme c) Même si cela ne nous regarde pas au fond les militants PS de cette circonscription avaient choisi l'apparatchik locale de la FCPE depuis longtemps et il est légitime qu'ils aient droit à leur candidate.

De toutes façons, l'Assemblée Nationale se saurait être le but ultime de l'engagement politique. On peut très bien faire vivre ses idées en dehors de ce cénâcle, et c'est d'ailleurs ce que vient de faire Bayrou pendant 5 ans.

Relancer la production en France, favoriser les circuits courts, développer le label France demeurent les idées spécifiques et fortes du MoDem et bien sûr de Bayrou.

Plus la voix de ce parti sera forte, plus le nouveau pouvoir sera contraint d'en intégrer la portée dans ses pratiques.

Bayrou, le MoDem, ont des mesures concrètes à proposer sur ces thématiques qui touchent directement l'emploi, le pouvoir d'achat et l'écologie.

Mais, il y a quelque chose qu'il faut bien comprendre pour pouvoir rentrer dans les raisonnements, et, cela tous les spécialistes des marchés le confirmeront : l'économie, la finance, l'offre et la demande, la consommation, c'est d'abord de la psychologie.

Je prends un exemple tout bête : je me suis rendu dans un magasin Lapeyre, tout récemment, pour y choisir un parquet flottant (je veux refaire une chambre chez moi). Je regarde la choix proposé avec ma compagne : plusieurs modèles nous plaisent. Nous aurions pu, à ce moment-là, prendre l'un de ceux qui nous convenaient et partir. Mais finalement, je prends le temps de demander au vendeur où a été réalisé le parquet et d'où vient son bois. Il y avait là des parquets chinois, danois, polonais et heureusement français.

Eh bien j'ai pris un parquet français. Et ce n'était pas le plus cher ! Au contraire, il ne coûtait pas plus que le chinois.

Comme je vais devoir faire appel à une entreprise pour réaliser quelques autres travaux chez moi, j'ai intégré dans le cahier des charges de cette dernière l'obligation de ne me proposer que des matériaux et produits de construction français.

C'est tout simple, ça ne coûte pas un kopeck de plus, c'est de meilleure qualité, plus écolo, et cela relance notre industrie.

Il suffit de penser à le demander, et voilà. Mais si l'on disposait d'un logo comme le AB pour le bio avec un label ad hoc, je pense que plusieurs consommateurs seraient séduits, avec de grosses conséquences pour nos emplois et notre balance commerciale. Positives, les conséquences, cela va de soi.

Évidemment, il faut aussi qu'il existe une industrie de biens intermédiaires et de biens de consommation chez nous : c'est bien pour cela que le MoDem et Bayrou veulent la relancer.

Reste enfin notre modèle consumériste : vaut-il mieux acheter trois objets chinois en trois an ou un seul français bien plus fiable et solide pour trois ans ? Je ferai un autre article sur ce sujet, mais le consumérisme effréné pousse au low-cost (que Sarkozy a favorisé à tort avec sa LME) et donc à la perte de nos emplois...

10:54 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (75) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, bayrou, made in france | | |  Facebook

mercredi, 09 mai 2012

Le MoDem est dans l'opposition : c'est clair maintenant ?

S'il y avait au MoDem encore des individus qui doutaient des intentions du PS, je pense désormais qu'ils peuvent ouvrir les yeux. Le PS présentera un candidat contre Bayrou aux législatives.

Certes, cette décision ne fait pas l'unanimité au sein de ce parti, et plusieurs ténors s'y montrent opposés (Moscovici, Ségolène Royal, Vincent Peillon, pour en citer quelques uns) mais in fine, c'est le comité directeur du PS qui décide (pas Hollande, apparemment...).

Si jamais le PS maintient au second tour son candidat et que Bayrou est devant, cela voudra dire que ce sont vraiment des salopards : en effet, ils préféreraient alors faire élire un candidat UMP plutôt que de voir Bayrou élu. Ma voix pour l'UMP si c'est le cas, là où je suis, si cela devait se produire.

Cela dit, on peut tout de même être raisonnablement confiant, même si ce n'est pas joué : Nihous devrait révulser pas mal d'électeurs modérés, primo, et secundo, la candidate socialiste n'a aucun ancrage local. En plus, une apparatchik de la FCPE...l'archétype de la collusion associations-syndicats/PS. Espérons que Bayrou demeure populaire dans son fief.

Il nous reste toutefois à nous battre sur un programme, je le redis une énième fois. On sait que les Socialistes méprisent le Made in France qu'ils associent à du nationalisme. On sait aussi que la dette leur indifère ou presque. Plus le MoDem sera fort, plus ils seront contraints d'y prendre garde.

On sait aussi que Bayrou a toujours été un repère dans la crise en raison de ses capcacités prédictives. Il doit rester dans la vie politique pour conserver cet indispensable rôle.

Pour ma part, déterminé à oeuvrer au bien public et à notre programme, j'ai commandé le Produire en France de Robert Rochefort : j'espère bien y trouver les idées qui nous font défaut pour compléter notre programme. 

Je pense que le MoDem devrait au plus vite réactiver ou reconstituer des commissions et permettre, peut-être via la plate-forme lesdemocrates.fr à ses militants et sympathisants de participer à son élaboration. Tout doit être bouclé dans moins d'un mois.

13:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (30) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, législatives | | |  Facebook

Je déteste voir le MoDem mendier...

S'il y a quelque chose qui m'est désagréable, c'est de voir mon propre parti se comporter en mendiant auprès de la gauche (cela m'est aussi détestable quand c'est auprès de la droite, au demeurant).

Yahn Werhling trouve que le PS serait intelligent de laisser 15 députés au MoDem.

Ah. Première nouvelle. Et pourquoi il le ferait, s'il vous plaît ?

La seule chose qui me paraît objectivement légitime, c'est de ne pas présenter de candidat face à Bayrou. Ce n'est pas seulement élégant. Bayrou s'est sacrifié au nom de ses valeurs, parce qu'il pensait sincèrement que Nicolas Sarkozy ne pouvait incarner la France. C'est bien le moins pour le PS de lui faire un retour d'ascenseur d'autant que l'UMP est bien déterminée à lui faire la peau (ce que l'on peut comprendre de leur point de vue).

Mais pour le reste...C'est quoi l'idéal, au MoDem ? Devenir un satellite du PS ? tirer la langue et attendre le nonos ?

Franchement, on devrait se présenter partout. On pourrait à la limite passer des accords là où il y a un gros risque côté FN ou UMP vraiment droitier (et encore, si le candidat PS n'est pas un crypto-gauchiste genre front de gauche) afin de ne pas risquer de favoriser l'élection d'un facho ou crypto-facho. Sur de telles bases, il faudrait tout de même une certaine forme de réciprocité tenant compte des poids électoraux (on se retire dans 5 circonscriptions de ce type et le PS dans 1, en gros). Mais cela ne devrait pas aller plus loin.

Pas rigolo d'être au centre, en ce moment : d'un côté des trouillards (Nouveau Centre, Parti Radical, les fameux "humanistes" de l'UMP) de l'autre des mendiants (une bonne partie des cadres et de l'état-major du MoDem).

Plutôt que de tendre la main (à vot'bon coeur, m'sieurs dames...), on ferait mieux de relancer les commissions et de travailler d'arrache-pied sur notre programme, comme j'y invite depuis longtemps, en prévoyant notamment des spécificités par circonscription.

Bon sang, heureusement qu'il y a en France Bayrou pour sauver l'honneur du centre, plus quelques fidèles et esprits forts, genre Lassalle ou Alain Lambert pour en citer quelques uns.

En parlant de l'ancien ministre du budget, j'espère qu'il se présente toujours sur la 2ème circonscription de Paris, il a la certitude de disposer de mon soutien et de mon relais pour les législatives.

Il paraît que l'Nicolas le soutiendrait. Il n'aime pas quand on l'unfollowe sur twitter, et Axel Kahn s'est vu un peu trop haut apparemment...

C'est marrant, finalement : à droite, on dit que le MoDem est un parti de gauche. Mais on le dit avec un raisonnement qui ne tient la route à aucun égard. Je pense aussi que le MoDem est un parti de gauche, tout du moins, de centre-gauche. Mais en réalité, c'est plus complexe qu'il n'y paraît : ses cadres, son état-major et ses militants sont de centre-gauche, mais ses élus sont souvent de centre-droit (pas tous).

Une chose en tout cas est certaine : si le MoDem est de centre-gauche, ce n'est certainement pas parce que Bayrou a voté pour Hollande. Ni Copé ni Xerbias et, plus grave, ni ceux qui se réclament d'un pôle centriste à droite n'ont compris quoi que ce soit au vote de Bayrou. 

C'est bien parce qu'il n'est pas un homme de gauche qu'il a voté Hollande.

Maintenant, l'UMP devrait se carrer une réflexion dans la tronche : le jour où elle présentera autre chose qu'un agité du bocal à une présidentielle, on pourra, au centre-droit côté électeurs, commencer à nouveau à réfléchir à un vote à droite. Pour l'instant, ce n'est pas d'actualité. Et puis si c'est l'Copé qui prend la direction de l'UMP, je peux déjà vous dire que je connais mon vote de second tour aux présidentielles de 2017. Alors celui-là, c'est l'opportunisme fait roi. La collusion du bobo de gauche et de l'opportunisme droitier. Je déteste. Pitié, pas Copé.

Reste les pseudos-centristes : ils veulent écarter Bayrou de tout rassemblement. Mais quels c...! Quels c..., mais quels c..., je n'y crois pas. Ça veut dire quoi ? Qu'il fallait voter pour Sarko pour avoir une légitimité centriste ? Ce n'est pas pour demain, leur rassemblement à la c... Au passage, pour l'instant, seul Bayrou peut fédérer le centre, et ils feraient bien d'y réfléchir au lieu de lui cracher à la gueule.

00:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, bayrou, lambert | | |  Facebook

lundi, 07 mai 2012

La gauche a eu chaud !

J'ai bien fait d'aller voter Hollande au second tour. Je faisais partie de ceux qui voyaient Sarkozy fichu il y a 6 mois, essentiellement en raison de ses errances.

Erreur sur toute la ligne. C'est une bête de campagne, ce type. Après 17 ans de présidence de droite, une crise économique et toute une série d'élections intermédiaires perdues, il a réussi à remonter la pente sondagière au point de revenir à 48.5.

Ouf ! Heureusement qu'il n'y a pas eu une semaine de plus de campagne, je ne sais pas ce qu'il se serait passé !

Du coup, la droite n'est pas en aussi mauvaise position qu'il y paraît. Son principal obstacle, au fond, c'est le FN. La gauche est à 44%. Si l'on admet qu'un électeur du FN sur 5 vote ensuite à gauche, on comprend que la gauche n'est pas majoritaire en France. Ni la droite, d'ailleurs.

Ce qu'a à craindre la droite, ce sont les triangulaires avec le FN. C'est ce qui permettra certainement à la gauche d'emporter pas mal de sièges sauf si l'abstention est forte.

Et le centre ? Le MoDem est crédité de 4% des voix. Pas grand chose, en somme. Son seul espoir, c'est de parvenir à s'identifier auprès des français avec des marqueurs forts, ce qui n'est absolument pas le cas pour l'instant.

Je l'avais dit pour les présidentielles, et je le redis pour les législatives : il faut mettre le paquet sur le Made in France, la réindustrialisation et les filières courtes, en faire notre marque de fabrique et développer un programme complet là-dessus.

Les centristes peuvent encore sauver les pots cassés en suivant cette intuition de Bayrou, mais cela suppose de disposer d'un programme très performant (bien plus que celui de Bayrou à la présidentielle) et de parvenir à assurer sa promotion. Il va de soi qu'il faudra associer ce programme au pouvoir d'achat et réfléchir à la réinsertion de ceux qui ont perdu leur emploi.

Je me suis aperçu que j'avais réussi, lors de cette présidentielle, à convaincre deux personnes de voter Bayrou, sans m'en rendre compte.

Paradoxalement, l'un de ces deux votes a planté l'une de mes intuitions politiques comme jamais encore auparavant : ma compagne a toujours voté à gauche. J'ai écrit ici que si un jour elle votait pour Bayrou, les sociaux-démocrates le feraient aussi et que Bayrou gagnerait donc.

Eh bien je me suis planté, et je ne m'y attendais pas. Elle a voté Bayrou sans me le dire et Bayrou n'a pas gagné. A cause de la rigueur morale de l'individu, de son indépendance et de la validité de ses propositions.

J'avoue que c'est mon principal sujet de perplexité après ses élections. Entre mon second fiston qui confirme être de droite (j'ai fait le test du jardin) et elle qui a finalement voté Bayrou, voilà des choses qui interrogent mes intutions personnelles...

vendredi, 04 mai 2012

Mais ils rêvent les gars du MoDem...

C'est toujours instructif quoiqu'amer de voir ses propres troupes aller tranquillement dans le mur en chantant.

Je vois çà et là des militants du MoDem qui s'imaginent une grand pôle social-bisounours-démocrate organisé autour du PS, genre coalition social-démocrate/centriste.

Oh, vous rêvez, les gens. Vous n'avez rien compris. On vote juste pour dégager Sarkozy. Enfin, du moins, ceux qui veulent en finir avec lui. 

Aux législatives, pour ceux qui ne l'ont pas encore compris, il n'y aura pas de quartier. Des candidats socialistes partout face à ceux du MoDem, à commencer par François Bayrou lui-même comme l'a fait savoir la social-bolchevik Martine Lignères-Cassou.

Moi, je pense que Bayrou a eu raison, mais je ne suis pas sûr que tout l'électorat de centre-droit me suivra. Je l'espère. Même ainsi, sera-ce suffisant pour que Bayrou sauve sa peau ? L'UMP va se venger en présentant un candidat contre lui. En 2007, il pouvait torcher l'UMP et le PS, mais en 2012, je n'y crois pas trop. S'il y parvient, en tout cas, chapeau.

Et puis la coalition MoDem-PS, moi, je n'en rêve pas. Pas du tout. Rejoindre les gens du MoDem qui rêvent d'alliance avec la gauche réformiste que je déteste particulièrement, très peu pour moi.

Former un pôle "écolo-démocrate", comme je l'ai entendu parfois, avec cette vipère de Corinne Lepage ou encore tous les faux-culs de première qui ont craché à la g... du MoDem et de Bayrou lors des dernières régionales, c'est bien simple, plutôt crever la bouche ouverte en cirant les pompes de Sarkozy.

On va vraiment se retrouver comme des couillons après la présidentielle. Avec un parti à 3% d'intentions de vote dans les sondages. C'est quand même çà la réalité, réveillez-vous un peu. On peut s'en sortir un peu mieux si on met au point un programme digne de ce nom, mais, pour les infos que j'ai, ça n'en prend pas le chemin.

Franchement, une fois la présidentielle terminée, je suis très proche de lâcher une bonne fois pour toutes ma carte du MoDem, déjà que cela me démange depuis un moment.

J'aurais bien rejoint un parti de centre-droit indépendant qu'aurait pu créer Arthuis, mais je n'y crois pas un seul instant : avec le ramassis de trouillards qu'on trouve actuellement au Nouveau Centre et à l'aile "humaniste" de l'UMP, c'est tout à fait sans espoir.

Si Arthuis réussit et que Bayrou n'est plus là, car il est le seul fil qui me rattache à la politique, je rejoindrai une éventuelle formation de centre-droit.

Mais s'il n'y a plus d'espoir, je crois bien que la politique, ce sera terminé pour moi et pour longtemps...

 

18:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (26) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, bayrou, centre | | |  Facebook

dimanche, 29 avril 2012

Bayrou 2012, bilan du premier tour

J'ai mis longtemps à réagir aux résultats du 1er tour faute de support potable pour taper un billet. Comme je suis de retour devant un ordinateur viable, je m'y mets :-)

Je m'attendais, à vrai dire, à un score de ce type, puisque j'avais entendu sur la fin de la campagne que plusieurs sondeurs nous redressaient à la hausse. Ils peinaient à croire, en fait, que Bayrou puisse perdre la moitié de son électorat.

Pour moi, la campagne de Bayrou s'est jouée dès la mi-janvier, alors qu'il allait encore à la hausse. Il avait fait une très bonne entame en parvenant à enfoncer un coin crédible dans la doxa économique de ses deux adversaires avec son made in France. 

Je savais qu'il s'était intéressé au sujet longtemps avant la campagne présidentielle, c'est à dire depuis 2010. Seulement, voilà, je m'attendais à ce qu'il ait disposé d'un véritable arsenal de propositions. 

Or, ce que j'ai découvert avec inquiétude, c'est que Bayrou n'avait que quelques pistes sur le sujet. Les forums qu'il a organisé sur le sujet n'ont rien apporté, personne n'ayant d'idées supplémentaires à apporter, ou, tout du moins, aucune qui défrayât la chronique.

L'emploi, à travers la réindustrialisation et la relocalisation était l'unique voie possible pour Bayrou s'il voulait parvenir à tracer son chemin entre les deux rouleaux-compresseurs que sont le PS et l'UMP. Il devait incarner un espoir crédible. Il l'avait lui-même dit de longue date.

Seulement voilà, il ne suffit pas de dire la vérité ni n'avoir quelques pistes de réflexions sur ce qu'il conviendrait de faire sur un sujet aussi crucial : il fallait un authentique programme en bonne et dûe forme.

Un programme consistant, à l'exception de l'éducation, c'est ce qui a manqué à Bayrou tout au long de cette campagne et ce pour plusieurs raisons.

Faute de moyens, ni Bayrou ni le MoDem n'ont pu faire appel à l'armée de spécialistes qui auraient été nécessaires pour boucler un programme économique à la hauteur de son projet. Ensuite, les commissions du MoDem étaient bien trop peu professionnelles pour le lui fournir. Trop de déchirements, trop d'égos, trop d'approximations, trop d'instabilité, sans compter leur instrumentalisation complète à des fins politiciennes sous la direction de Corinne Lepage jusqu'à 2010.

S'il y a eu des noms de qualité, Jean Peyrelevade, Alain Lambert, Pierre Albertini, Robert Rochefort, Jean Arthuis capables individuellement d'apporter beaucoup à un projet économique, le temps a manqué pour coordonner ce beau monde.

Comme beaucoup de Français, à la mi-janvier, j'ai attendu, attendu, attendu et...n'ai rien vu venir...Du moins, rien de plus.

Bayrou pouvait pourtant organiser tout son programme économique autour de son idée phare, et d'ailleurs, il l'a parfois pressenti, en commençant à évoquer les filières courtes pour la production, mais voilà, son programme était désespérément trop light en dépit de ses mérites.

Il est en outre retombé dans certains travers : les thèmes sociétaux, c'est bien à la marge, cela fait plaisir à quelques individus et aux lobbies sociétaux, mais il faut bien comprendre que cela n'intéresse guère les Français sur le fond, ou, du moins qu'ils n'en font pas le moteur de leurs choix politiques. En outre, ce créneau est déjà largement squatté par la gauche.

Or, c'est sur ces thèmes que s'est lancé Bayrou en février, au moment où il aurait fallu faire feu de tout bois auprès des ouvrières de Lejaby ou encore des salariés de Petrobras.

Tout n'est toutefois pas négatif, loin de là : certes Bayrou n'est pas parvenu à retrouver son électorat, mais il a largement reconstruit son image, notamment en termes de popularité. C'est loin d'être négligeable.

Il a également réussi à fédérer une partie non-négligeable du centre-droit, et, enfin, il a rassemblé sur son nom à peu près  l'électorat traditionnel de la démocratie-chrétienne qui oscille autour de 10% en France.

Et maintenant ?

J'évoquerai le second tour dans un autre billet. Pour l'instant, je vais me concentrer sur les législatives. En fait, c'est très simple : soit il y a un parti au centre, dans la vie politique française, qui a quelque chose de plus à dire que les autres, et il peut alors tirer son épingle du jeu, soit il n'a pas de valeur ajoutée aux yeux des Français, et dans ce cas, il s'effondrera.

Que faire, pour le MoDem ? Se lancer à corps perdu dans la brèche ouverte par Bayrou sur le Made in France et parvenir en moins d'un mois et demi à mettre sur pied un programme explosif sur le sujet, décliné à toutes les sauces. Un programme qui aille bien au-delà des pistes évoquées par Bayrou. Quelque chose de chiffré avec une véritable batterie de mesures à mettre en oeuvre.

 

00:40 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (59) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem | | |  Facebook

lundi, 12 mars 2012

Le Made in France, une simple habitude à prendre...

Cela fait longtemps déjà, que je privilégie les produits français quand j'achète quelque chose de nouveau. Je trouve extraordinairement partiaux les procès à charge contre le projet de François Bayrou sur le sujet. Le pseudo-reportage de Zineb Dryef sur rue89 en décembre dernier est un modèle du genre. Elle a sciemment ou presque choisi les produits français les plus onéreux ou presque pour appuyer sa démonstration. En réalité, la difficulté, c'est de s'y retrouver faute d'un label, d'une offre suffisamment diversifiée et d'une distribution digne de la cause. Mais pour ce qui concerne les prix, j'ai largement démontré ici que les marques françaises étaient capables de s'aligner. Jeans Tuffery, Lave-vaisselle Brandt, tee-shirts, produits alimentaires variés, on trouve si on veut.

De toutes façons, pour bien comprendre quelles forces politiques considèrent le Made in france et lesquelles y prêtent une vraie attention, il suffit de considérer leur boutique : seul le MoDem de Bayrou vend des produits 100% Made in France. Le FN et l'UMP, c'est la Chine ou l'Asie, le Front de Gauche et les Verts, c'est le Maroc dans les comités militants, et le PS, c'est l'Europe orientale pour une large part.

15:24 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, bayrou, made in france | | |  Facebook

mardi, 06 décembre 2011

L'hypersensibilité des électeurs du MoDem à la dette

Le dernier sondage Ipsos-Logica comporte des enseignements intéressants. J'y note avec plaisir la progression de François Bayrou mais ce qui m'intéresse principalement c'est l'analyse qui est faite du rapport des Français aux dégradations promises par les agences de notation à la France. Tous les Français ne savent pas ce qu'est le AAA de la France. Mais les sympathisants MoDem sont 97% à le savoir !!! Et ils sont également 76% à savoir précisément de quoi il s'agit, loin devant tous les autres électorats.

Ils sont également plus de 80% à estimer que la politique actuelle est au bon niveau de rigueur ou n'est pas encore suffisante. Le drame au FN, au PS, au Front de gauche, et, jusqu'à un certain degré chez les Verts, c'est qu'on croit que l'actuel gouvernement va trop loin alors qu'il n'a pas même commencé une vraie politique de rigueur. C'est encore au MoDem enfin que l'on prend à sa juste mesure la gravité d'une dégradation de la note de la France.

La lecture de quelques blogues de gauche est édifiante : à l'image de leurs semblables ils ne voient que machinations ou délires libéraux là où la sonnette d'alarme ne cesse pourtant de retentir. Je suis navré de voir mes compatriotes foncer ainsi dans le mur en chantant. Nous sommes tous dans la même barque et s'il y a un crash, il concernera tout le monde.

En réalité, nous n'avons plus tellement le choix. Nous devons retrouver un budget à l'équilibre impérativement. Ce qui est très agaçant, en revanche, et marque l'absence de stature d'homme d'État de Nicolas Sarkozy, c'est sa volonté d'instrumentaliser nos actuelles difficultés pour mettre son opposition (gauche et centre) en difficulté. Demander de voter maintenant la Règle d'Or alors qu'il a eu 5 ans pour le faire, c'est vraiment prendre ses opposants pour des imbéciles. Et ce n'est pas faute de la part de ses alliés néo-centristes de le lui avoir demandé.

Cela dit, j'aimerais bien entendre une contre-proposition réaliste dans l'opposition, pas des incantations, et, à l'heure actuelle, il n'existe que celle de Bayrou...

12:19 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dette, note, modem, bayrou | | |  Facebook

samedi, 26 novembre 2011

J'ai trouvé un gisement de 250 000 offres d'emploi !!!

La CGPME, vous connaissez ? C'est la Confédaration Générale des Petites et Moyennes Entreprises. Il existe à Pôle Emploi plus de 250 000 emplois qui demeurent non pourvus. La CGPME s'en est aperçue, et, du coup, elle a décidé de prendre les choses en mains. Ses unions territoriales se sont mobilisées pour créer une plate-forme d'offres d'emploi.

A vrai dire, la CGPME a une autre idée en tête : en s'appuyant  sur une enquête à propos des besoins en main d'oeuvre réalisée par le CREDOC en 2011, elle a constaté que près d'un tiers des emplois proposés demeuraient non pourvus faute de candidats et que près de 7 chefs d'entreprise sur 10 jugeaient leur recrutement difficile estimant faire face à une pénurie de candidats. Elle compte s'appuyer sur AGEFOS-PME, un organisme de formation professionnelle.

Elle met à disposition des PME un numéro vert, le 0800 315 315 et a ouvert une page facebook et un compte twitter. Très pratique, le compte twitter : j'y suis allé, c'est un fil ininterrompu d'offres d'emploi de toutes sortes : par exemple, les trois dernières propositions ? Un ingénieur électronique, un ophtalmologiste, un électro-mécanicien et un commercial ! Ces propositions d'emploi, qui sont tous des CDI, ont moins de 24 heures !!!

J'imagine la tête que Pôle Emploi doit faire...

Cela dit, cette pénurie n'est pas nouvelle : pour ce que j'en connaissais, toutefois, il me semblait que c'était dans les métiers de bouche (boulangerie, boucherie en particulier) ou dans le bâtiment qu'on manquait particulièrement de mains. Mais d'après le CREDOC, les industries manufacturières et métallurgiques ainsi que le secteur du commerce (mais lequel, précisément ?) seraient particulièrement affectés. 

A considérer le nombre de licenciements dont les médias font régulièrement état dans l'industrie, c'est trop bête s'il y a des emplois à pourvoir au point de pouvoir évoquer une pénurie.

Après, sur les 250 000 emplois, je demande à voir leur structure : s'agit-il d'emplois en dur ou d'emplois précaires mi-temps et CDD ? J'espère en savoir prochainement plus, et, si c'est le cas, cela fera l'objet d'un billet supplémentaire.

J'attends d'en savoir plus avant de me prononcer, mais, il me semble que cette manière de procéder pour diffuser l'emploi est fort proche de ce que le MoDem, par exemple, propose dans son approche économique. Pour avoir participé au projet parisien du MoDem en 2008 avec Marielle de Sarnez, j'ai le souvenir très clair d'avoir vu circuler des idées de ce type, avec en surplus la pensée que la ville (ou l'État) avait vocation à jouer un rôle de facilitateur face à ce type d'initiatives.

Ainsi, pour cet exemple précis, il conviendrait pour Pôle Emploi non de chercher à rivaliser avec le projet de la CGPME mais au contraire de s'y adapter et de viser une coopération de qualité.

In fine, peut-être est-il impossible de couvrir complètement les besoins en emploi, comme s'il s'agissait là d'une sorte de marge de manoeuvre incompressible. 

En tout cas, l'initiative de la CGPME n'en mérite pas moins d'être saluée et relayée, ce que je fais :-)

09:53 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cgpme, emploi, modem | | |  Facebook

Toutes les notes