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samedi, 10 juin 2017

L'euro-député MoDem et son assistant parlementaire

Je viens d'exposer aujourd'hui dans un billet précédent comment pouvait s'organiser le partage des taches pour un militant employé par un parti et en même temps assistant parlementaire. Je vois tellement de confusion dans la presse et dans certains commentaires que j"y reviens. Je prends le cas du MoDem pour être clair.

L'assistant parlementaire d'un euro-député ne vit pas dans une tour d'ivoire pas plus que l'euro-député. Quand on a été choisi par un parti, on lui rend tout de même légitimement quelques comptes. Ce n'est pas une simple coopérative  pour truster des postes électifs confortables et grassement rémunérés. Le parti hôte s'attend donc à un certain retour de communication de son député. C'est en règle générale là que commence une des missions de l'assistant parlementaire. Pour un tel travail, il est préférable d'avoir affaire à quelqu'un qui connaisse bien les rouages et la vie interne du parti, typiquement, plutôt un militant. Et il n'y a là rien d'illégal ni d'immoral. C'est même le bon sens le plus élémentaire. Si vraiment l'assistant doit effectuer des taches qui ne concernent que le parti, il signe un second contrat avec ce dernier, et c'est ce qui s'est passé avec le MoDem car ce parti a toujours eu à coeur de faire les choses dans les règles.

Corinne Lepage a affirmé en 2014 que le MoDem avait voulu faire travailler son assistant pour le parti. J'ai une autre interprétation : Corinne Lepage ne s'est jamais sentie impliquée dans le MoDem et lui a toujours préféré son micro-parti, Cap21. De plus, c'est quelqu'un de très individualiste, pas franchement solidaire dans la sphère politique. Il n'y a qu'à voir comment elle s'est tournée vers Europe-écologie les verts en 2009, se rendant à certains de leurs meetings et ne faisant pas même le service minimum pour le MoDem. Elle a donc perçu toute demande de coopération de la part du MoDem comme une intrusion sur son pré-carré. Il n'y avait rien d'anormal dans la demande du MoDem , juste un refus de coopération d'une eurodéputée qui lui devait son siège. Comme le MoDem est un parti très souple et pas franchement contrariant, il a laissé courir.

Donc, je vois venir le radieux témoignage anonyme qui vient de tomber ces derniers jours : il repose sur les mêmes bases. C'est la raison pour laquelle il coulera à pic devant la justice. Tout ce que la justice pourra rétorquer à l'accusateur, c'est qu'il s'est trompé sur le périmètre de définition de son poste. A ceux qui en douteraient, je mets à disposition gentiment la fiche métier d'un quotidien sur ce métier. Sauf que venant de quelqu'un qui connaît la sphère politique, c'est juste étonnant d'avoir un tel ressenti qu'on pourrait à la rigueur comprendre de la part d'un étudiant qui se serait trompé d'orientation...

Difficile de ne pas y voir de la malveillance, dans ce conditions, et une volonté intéressée, à la veille d'une grande élection, de salir un parti politique et ses figures principales. Sans compter les assistants parlementaires qui ne se sont jamais plaints quoi que ce soit...

17:07 Publié dans Europe, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : modem |  Facebook | | |

Commentaires

Autant on peut - et je peux moi-même, parfois, en tant qu'adhérent - reprocher au MoDem certains choix politiques et certaines décisions (cf. choix d'alliance aux régionales), autant il y a un point sur lequel j'ai toujours eu tendance à faire confiance au parti : le fait de suivre les règles et de s'y conformer.

Si l'on en croit nos opposants, désormais, Bayrou est en plus d'un traître, un fraudeur. Bizarrement, tout cela survient alors même qu'il s'apprête à porter les plus grandes avancées en matière de normalisation et de transparence de la vie publique...
Même avis que l'Hérétique en ce qui concerne le dernier témoignage. Dans ce cas-là, dans ce contexte-là, c'est se moquer du monde de témoigner une ou deux semaines avant les premières législatives qui peuvent permettre au MoDem d'obtenir un groupe, et ce de manière anonyme, six ou sept ans après avoir cessé de travailler pour le parti.

Mais c'est tellement bien joué : puisque Bayrou est ministre de la Justice, témoigner pour qu'une enquête préliminaire soit lancée introduit une situation délicate, laissant penser que l'enquête ne peut être faite de manière indépendante, puisque le ministre pourrait accéder à des éléments du dossier concernant son propre parti.
Bref, le scénario parfait pour espérer la mise en difficulté voire la démission d'un Garde des sceaux, quand bien même il serait ensuite prouvé qu'il n'y a eu aucun manquement.
Et pourquoi pas, par ailleurs, l'échec des projets de loi de moralisation, ou l'amoindrissement des mesures proposées, puisque jusqu'à présent, c'est le MoDem et non En Marche qui a voulu aller très loin de ce côté-là.

Il faudrait cependant rappeler à Bayrou que les maladresses ont des conséquences fâcheuses dans ces circonstances. Bayrou peut penser avoir seulement appelé l'autre jour Radio France pour demander au service concerné de ne pas harceler téléphoniquement les employés du Mouvement, tous les adversaires politiques crieront à la pression de la part d'un ministre, et les citoyens y croiront. Et ce n'est pas une phrase mal sentie (il y a le ministre, le président du MoDem, et puis le citoyen, etc.) qui peut alors améliorer l'affaire...

Sur ce point, on trouve aussi le problème qui consiste à avoir encore Bayrou comme président du MoDem. J'espère qu'il sera toujours ministre après les législatives (et dans ce cas il serait logique qu'il remette la présidence du parti au vote), et que la justice va montrer que le parti n'a rien fait de répréhensible. Mais il faut songer à laisser une nouvelle équipe dirigeante s'occuper du parti, sans oublier le nécessaire Congrès à venir.

Écrit par : Ascagne | samedi, 10 juin 2017

Excellent commentaire d'Ascagne que je partage en tous points. En particulier la nécessité de faire élire par les militants un autre président si François Bayrou reste ministre, ce que j'espère moi aussi. Tout comme Marielle de Sarnez.

Dans ce cas, j'espère que Nathalie Griesbeck se portera candidate ! Il est rare de rencontrer un(e) députée aussi proche des militants qu'elle, tant elle tient à communiquer quotidiennement sur les réseaux sociaux. Elle ferait une présidente à l'écoute de tous ses membres.
Et puis j'aimerais bien qu'une femme soit à la tête du MoDem...

Écrit par : Françoise Boulanger | samedi, 10 juin 2017

Merci Françoise mais je suis plus éloigné de tout cela que l'Hérétique, apparemment, qui connaît ce qui se passe au siège.

Je connais peu Nathalie Griesbeck, qui me semble être une eurodéputée efficace. Cela ne signifie pas forcément qu'elle voudrait se présenter pour la présidence du parti, ou qu'elle serait la plus à même de l'être.

Je pensais plutôt à une situation d'intérim pour le moment, en attendant que les instances soient renouvelées.

Écrit par : Ascagne | dimanche, 11 juin 2017

en tout cas je commence à penser que bayrou est meilleur dans l'opposition qu'au gouvernement.
Sa communication est mauvaise, politiquement comme au regard de ses fonctions actuelles.
ministre, il n'a pas nommé de successeur à la tête de son fan club, et le site internet du Modem se borne à relayer les interventions de ses 2 têtes d'affiche alors qu'il dispose de personnes très qualifiées au sein du bureau executif.
bref c'est un peu la caricature de son personnage.

Écrit par : centriste | mercredi, 14 juin 2017

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