mercredi, 11 novembre 2009

Firefox mon pote

Tiens, apparemment, d'après Nicolas, Intox 2007 étudie les navigateurs qui se rendent sur les blogs (politiques ou non) . Il demande de faire le décompte sur au moins 20 000 visites. Voilà ce que cela donne pour moi au mois d'octobre avec l'un de mes compteurs. Cela peut varier d'un mois sur l'autre, mais je note une montée en puissance de firefox.

J'ai un autre compteur qui analyse les choses différemment et un voit une grosse baisse pour Internet Explorer depuis octobre.

[EDIT : infernal le copié-collé, je réédite le message]

Octobre 2009

Firefox 3.5 : 19.7%

MSIE 8.0  : 19.3%

Firefox 3.0 : 18.7%

MSIE 7.0 : 9.3%

MSIE Moz : 7.5%

Safari 4 : 7.2%

MSIE 6.0 : 4.4%

Chrome 3.0 : 3.3%

Opera 9 : 2.4%

Firefox 2.0 : 2.1%

Mozilla 5.0 : 2.0%

Blackberry : 1.2%

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mercredi, 04 novembre 2009

Presse et pub, la vache à lait se tarit...

Je me posais la question de la pérennité du modèle "publicitaire" pour assurer un financement décent au gratuit sur la Toile, en novembre dernier. Il semble bien que mes sombres prédictions se soient réalisées...Bakchich.info ne tiendra plus guère qu'un mois, AgoraVox est au plus mal, Rue89 et Mediapart ne se portent guère mieux. Je l'ai dit il y a 15 jours : la tenaille se referme sur la presse, et c'est inéluctable. Et pour moi, la cause en est claire : c'est la satanée culture du gratuit qui a vu le jour sur la Toile et massaccre tout sur son passage : parce que la Toile était l'univers du collaboratif à sa naissance, ses usagers ont imaginé construire un modèle non-marchand. Il vaut mieux être clair dès le départ : on ne peut pas se réclamer du non-marchand et vivre avec si on ne l'est pas à 100% dès le départ. Tous ceux qui ont espérer surfer sur cette vague et y développer un modèle économiquement viable s'y sont cassés les dents. Quant à la publicité, elle ne pouvait pas tout financer indéfiniment : je suis plus que sceptique sur la publicité sur la Toile, dont l'effet premier est surtout d'agacer l'internaute.

Je crois qu'un modèle non-marchand peut coexister à côté d'un modèle marchand, mais je ne crois ni ne souhaite qu'il le remplace. Et d'ailleurs, c'est une illusion d'imaginer qu'il puisse le remplacer : quelqu'un remportera forcément la mise d'une manière ou d'une autre.

00:19 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : presse, internet, gratuit, publicité | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mardi, 03 novembre 2009

Aïe l'i-phone

Désespérant,je n'y arrive pas avec l'i-phone...

Trop difficile d'ecrire...

00:10 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : i-phone | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

lundi, 26 octobre 2009

Livres et e-books

La guerre des e-books se propage petit à petit au net : face aux géants que sont Amazon ou Google, les grandes chaînes de librairies réagissent en mettant au point leur propre format d'e-book. A témoin le Nook de Barnes et Noble, conçu pour affronter le Kindle d'Amazon.

Ce qui m'inquiète dans toutes ces grandes manoeuvres, c'est le sort futur de nos libraires : que deviendront-ils si les nouvelles publications se vendent au lieu de figurer sur du support papier ? Par ailleurs, étant donné le coût des lecteurs d'ebook à l'heure actuelle, mis à part pour de gros lecteurs, l'achat du lecteur n'est pas rentable par rapport aux éditions papier.

La Toile n'en a pas fini de bouleverser le modus vivendi économique qui prévalait jusque là dans le domaine du livre, mais, hélas, pas pour le meilleur : ce sont les très grosses maisons d'édition (et on risque d'y voir bientôt des regroupements) qui vont peu à peu ramasser la mise, tandis que les petites s'effondreront les unes après les autres. Nous venons bientôt vers le temps où ce seront Amazon et Google qui décrèteront ce qu'est la bonne ou la mauvaise littérature.

L'espoir de voir surgir une littérature et un lectorat autonomes et non-inféodés à des intérêts divers est illusoire. En réalité, rien ne résiste au rouleau compresseur des intérêts économiques qui sont en jeu, et les plate-formes participatives n'y résisteront pas l'ombre d'un instant : au contraire, elles vont servir de caution à ces intérêts-là qui pourront ainsi montrer que la liberté de création est préservée. Le mécanisme est rôdé : j'ai écrit récemment un article sur la presse, pour montrer comme l'amateurisme et le gratuit la menaçaient (et pourtant, il existe des compromis intelligents). Il y a à vrai dire quelques précédents antérieurs à l'internet numérique dans le domaine culturel : la politique de la ville de Paris, par exemple, dans le domaine de la musique, sous Clémentine Autain et Christophe Girard s'est voulue favorable aux musiciens amateurs, mais toujours au détriment des professionnels : par exemple, les professeurs de piano payés par la ville, contre un SMIG (a-t-il été appliqué ?) se sont vus interdire de donner des cours librement. Autre exemple : le Québec a massacré la culture classique à tous les niveaux, éducation nationale, édition, et cetera, et promu les amateurs à tout crin. Dans l'amateurisme foisonnant, il a évidemment parfois surgi quelques bonnes pousses, mais in fine, au prix d'une réduction qualitative de la culture sans précédent au Québec. Si l'ère des errements semble désormais se finir, il est trop tard pour réparer les dégâts. Je n'aurais pas de mots supplémentaires assez durs contre l'amateurisme, dès lors qu'il a la prétention de remplacer le professionnalisme sans en avoir pour autant la qualité.

Il est question d'offrir aux e-books 5.5% de TVA au lieu de 19.6 actuellement : dès lors qu'une innovation ne propulse pas clairement la création culturelle, je ne vois pas pourquoi on devrait lui faire un tel cadeau. Frédéric Miterrand appelle les éditeurs français à se rassembler autour d'une plate-forme unique de distribution des e-books pour faire face aux majors américains.

Que deviendront alors les libraires ? Je dirais que l'espoir réside dans une option que lève Constance Krebs sur le site la revue des ressources : que les libraires réagissent en mettant en place leur propre plate-forme où ils dispenseront leurs conseils de lecture et leurs choix. Alors, l'achat de murs pour le libraire ne viendra qu'en second. Peut-être, mais il se trouve que pour ma part, je fais partie de ces réfractaires qui préfèrent largement aller fouiner dans une boutique et discuter en face-à-face avec un homme ou une femme rompu(e) aux nouveautés de l'édition. Et je préfère largement cela au commentaire ou à la note écrit en SMS qui figurera en appréciation chez Amazon et compagnie sur tel ou tel ouvrage.

On invoque la Renaissance comme période de référence pour qualifier ce qu'il se produit aujourd'hui pour la littérature compte-tenu des opportunités nouvelles en matière de diffusion. Il serait bon de se souvenir que la littérature et les idées se diffusent quand les esprits sont prêts à les accueillir ; et la technicité ne changera rien à ce fait incontournable. Souhaitons que nous ne soyons pas à l'orée de Siècles obscurs. L'immédiateté efface tout au nom de la rentabilité et de la nouveauté. Voilà les deux ennemis immédiats des idées et de la littérature.

Les Grecs de Troie sont entrés dans la légende, mais bien peu savent qu'ils ont vraiment existé. 50 ans après avoir fait chuter Troie, leur civilisation puissante s'était effondrée. Il fallut 3000 ans pour retrouver la trace de leur existence, et encore 60 années supplémentaires pour réaliser qu'ils avaient bien une écriture : les tablettes de linéaire B que déchiffra le génial architecte Ventries. Mais eux, ils avaient encore des tablettes en argile. Nous, les incendies qui menacent nos palais modernes ne laisseront même pas cela...

12:29 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : livres, e-book | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

lundi, 19 octobre 2009

democrates.fr, la fréquentation explose !

On s'en souvient, l'apparition d'un réseau social proposé par un parti politique avait fait grand bruit, en février dernier : le MoDem mettait en place, à la demande de François Bayrou, une plate-forme de groupes, de blogs et de forums : lesdemocrates.fr

8 moi après, le webmestre fait un bilan, et il n'est pas décevant ! 2500 personnes se sont inscrites sur ce réseau, 1237 blogs ont été créés dont une centaine mis à jour plus d' une fois par semaine.

La fréquentation est plus que respectable : de 1000 visiteurs à 10 000 visiteurs dans la journée, et, en moyenne de 3500 à 5000. Quand je pense que j'arrive péniblement à 1000 visiteurs uniques par mois...A vrai dire, j'avais constaté que je recevais en effet pas mal de visites quand un de mes articles était signalé en partie reflexion ou Toile démocrate.

Cela dit, Guillaume, le modérateur de la plate-forme demande aux utilisateurs ce que l'on peut faire pour améliorer le site. Nom de D... cela fait un moment que les utilisateurs le disent ! 1.Permettre aux blogs qui le veulent de disposer de statistiques, soit via un plug-in wordpress, soit par une ligne de code externe. Les blogs ne peuvent pas se développer dans la blogosphère sans cela, et d'ailleurs, en dehors du réseau lui-même, on en entend rarement parler ailleurs sur la Toile. 2.Ouvrir ces *##!$ censuré de forums afin que les adhérents, sympathisants, militants ou curieux puissent bosser sur la plate-forme elle-même ! Évidemment, cela bouffe de la bande passante (surtout les compteurs de stats) mais c'est le prix à payer pour pouvoir continuer à évoluer.

10:58 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : democrates.fr, modem, réseau, social | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

vendredi, 02 octobre 2009

Google produira-t-il un anti-virus gratuit ?

Microsoft vient de frapper un grand coup en décidant de produire un anti-virus gratuit pour ses propres plate-formes (XP, Vista, 7). Les éditeurs de logiciels payants dans ce domaine pourraient commencer à souffrir. Mais, ce qui est vraisemblable, c'est que Microsoft soit imité à court-terme, et je vois bien Google se lancer dans peu de temps, après avoir examiné attentivement les résultats de l'opération-choc de Microsoft. Google a racheté il y a deux ans Greenborder technologies, un éditeur spécialisé dans les anti-virus. Aucun écho en provenance de google depuis, mais j'imagine mal qu'il n'y ait pas quelque chose en préparation. A mon avis, Google va d'abord lancer son système d'exploitation, et une fois ce dernier opérationnel, ce sera l'hallali...

13:10 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : google, antivirus | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 02 septembre 2009

Est-ce la fin de Microsoft Word ?

J'utilise Open office depuis pas mal de temps déjà, mais, ce qui a changé depuis la dernière version de microsoft word, c'est que je ne n'utilise plus ce programme. Microsoft a fait à mon avis une lourde erreur en choisissant de vendre un traitement de texte dont le produit fini est désormais 100% propriétaire et donc...incompatible avec d'autres traitements de texte.

Si Excel demeure plus puissant que Calc, son équivalent sous Open Office, l'écart se réduit de plus en plus. Progressivement, la suite open office s'implante dans les administrations. La fin de haricots pour Microsoft viendra au moment où les sociétés de service, à commencer par celles du secteur bancaire, abandonneront à leur tour ses produits pour tenter le libre.

Microsoft se trompe en adoptant la stratégie de se tenir à l'écart des grands canaux de communication dont l'essence est le partage. Google l'a bien compris, avec son service google docs qui permet d'importer et de transformer les formats les plus connus.

Microsoft Office n'est donc plus un logiciel d'avenir, sauf changement de cap rapide. En tant qu'utilisateur, j'ajoute que la publication de documents au format Word illisible sur la Toile me pousse à consulter d'autres sites que ceux où ils figurent.

13:03 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : word, microsoft, openoffice | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mardi, 01 septembre 2009

Gmail à nouveau indisponible

gmail-panne.jpgDécidément, ça peine de plus en plus, google, avec Gmail. Erreur 502, depuis ce soir, impossibilité d'accéder à ses mails. Cela tombe plutôt mal pour moi qui attends un courrier urgent. Zut, alors.

Ce n'est pas la première fois. Les services offerts par google sont de bonne voire de très bonne qualité, mais quand il y a une panne quelque part sur un serveur, c'est une large partie de la planète qui est concernée. Cela fait depuis 22h00-22h30 environ que l'interface web est inaccessible. D'après les premiers échos que je reçois la récupération par un logiciel de messagerie ne fonctionne pas davantage.

Aucune communication de google pour l'instant...Bon, patientons, on verra bien quand ma BAL sera à nouveau accessible...J'ai cru comprendre que cette fois, c'est plus de 50% des utilisateurs qui sont touchés, et par un serveur pop, c'est envisageable de récupérer son courrier. Il semble que ce soient les serveurs web et non les serveurs mail qui soient KO. Donc, a priori, pas de dangers de pertes pour les courriels.

Ah, et tant que j'y suis : comme vous allez être des centaines (voire des milliers) à vous connecter sur mon article et qu'il ne faut pas gâcher l'aubaine, si vous voulez découvrir le Mouvement Démocrate, c'est par là. Ça n'a rien à voir mais autant profiter de l'aubaine pour se faire connaître :-)

Si vous êtes tentés, l'adhésion, c'est là :-) Et pour ne pas adhérer sans connaître, j'ai commencé à rédiger des synthèses sur le programme politique du MoDem.

Oui, je sais, je suis opportuniste, mais n'y voyez pas de la malice. Si j'ai du neuf sur gmail, évidemment, je vous informe.

Par exemple, à 23h19, j'ai du neuf : j'ai réussi à me connecter à nouveau sur Gmail : le service semble reparti. A confirmer !

22:58 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : google, gmail | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 29 juillet 2009

friendfeed, nouvelle bouse des prairies sociales ?

Depuis leur création, je ne peux m'empêcher d'éprouver un profond scepticisme devant les nouveaux outils des réseaux sociaux. Il y a , j'en ai l'impression, une course au contenant. Avec friendfeed (Rubin va s'étouffer s'il lit cette note) il est question d'agréger des myriades de flux de toutes sortes, mais quid du contenu ? Comprenez-moi bien : si friendfeed agrège facebook qui agrège twitter qui agrège je ne sais quel flux rss, lui-même un agrégat de flux individuels en provenance de diverses sources (dont certaines pourraient bien être des flux issus de friendfeed !) j'ai tout de même l'impression que primo, une distance s'établit nettement avec l'origine de la source et que secondo le serpent risque de finir par se mordre la queue.

J'ai lu la passionnante et remarquable analyse de Fabrice Epelboin sur ReadWriteWeb. Pour ceux qui dénoncent la suprématie d'une aristocratie auto-proclamée dans la blogosphère, je leur recommande la lecture de cet excellent billet. Friendfeed, c'est mal. En effet, comme l'observe Fabrice Epelboin, ce système conduit à ce que les faiseurs de buzz, les providers de l'information renforcent leur influence. Une info n'émergera qu'en passant par eux parce qu'ils ont beaucoup de followers. Finalement, ce seront eux qui décideront ce qui est pertinent ou non et il s'ensuivra un système d'échange de flatteries, voire de services, pour  voir son information arriver à la surface du marécage électronique.

C'est, me semble-t-il, à juste titre que l'auteur compare ce système aux relations qui unissent les majors des maisons de disques et les artistes.

J'aime beaucoup l'image utilisée par l'auteur de l'article et j'en publie ici un extrait :

Importée massivement (NDLR : en Australie) , la vache produisait du lait et des veaux, et pendant pas mal de temps, les colons se sont réjouis de leur intelligence à trouver une solution radicale à une problème critique, jusqu’au jour où les bouses on recouvert les prairies et que l’herbe s’est arrêtée de pousser (il manquait dans l’écosystème Australien les bousiers, ces scarabés qui gèrent le problème sur les autres continents). S’en est suivit une longue série de catastrophes écologiques, initiées au XIXe siècle et que les Australiens n’ont toujours pas résolu à ce jour.

Friendfeed, c’est la même chose. Non seulement c’est une réappropriation de la valeur créée par les producteurs de contenus (les ‘forçat de l’info’ ou les forçats du blog) par les infocapitalistes qui ne produisent rien mais savent trouver la valeur et en tirer profit (en terme d’auto valorisation sociale), mais c’est, en cas de succès de ce système (ce dont je doute), une catastrophe pour l’écosystème des contenus, quelque chose qui le modifiera de façon radicale, au profit des distributeurs.

Il y a un point que je ne concède pas à l'auteur toutefois : l'infocapitaliste dont il dresse un portrait quelque peu excessif apporte une valeur ajoutée même s'il ne produit pas à proprement parler. Il joue le rôle de l'entrepreneur,et, en logique praxéologique (école économique des Autrichiens) on pourrait même dire que c'est lui qui déniche les opportunités. En ce sens, ce n'est pas inintéressant qu'un marché se mette en place. On assiste même à une belle genèse catallactique. Ce que je trouve inquiétant, en revanche, c'est qu'il risque de se verrouiller très vite (concurrence faussée et pas libre), et que la distance s'accroît entre le producteur et le valorisateur sauf à ce que le premier soit également le second. On risque donc de déboucher sur un marché de contenants dans lequel le contenu devient rare, non qu'il n'existe pas, mais plutôt qu'il se dissémine trop lentement en raison des goulots d'étranglements : en fait des oligopoles purs et simples, c'est à dire ce qu'il y a de pire en terre capitaliste.

vendredi, 10 juillet 2009

Hadopi 2, c'est reparti pour un tour !

Je sens qu'avec la seconde mouture d'Hadopi, ce n'est plus de l'encre qui va couler, mais du sang, et sur les écrans d'ordinateurs de préférence. Sans être favorable au système de sanctions mis en place lors de la première loi, j'en étais, en revanche, favorable à l'esprit. Cette nouvelle mouture me convient assez bien. Christophe affirme que l'on peut être condamné simplement parce que quelqu'un pirate votre machine. Cela n'est pas si simple : j'ai regardé le projet de près. Il parle de négligence caractérisée.

« Pour les contraventions de la cinquième classe prévues par le présent code, lorsque le règlement le prévoit, la peine complémentaire définie à l’article L. 335‑7 peut être prononcée selon les mêmes modalités en cas de négligence caractérisée, à l’encontre du titulaire de l’accès à un service de communication au public en ligne ou de communications électroniques préalablement averti par la commission de protection des droits en application de l’article L. 331‑26, par voie d’une lettre remise contre signature ou de tout autre moyen propre à établir la preuve de la date d’envoi de la recommandation. Dans ce cas, la durée maximale de la suspension est d’un mois. »

Ceci signifie qu'il faudra avoir déjà été averti pour faire l'objet d'une sanction. Je pense que cet article vise ceux qui laissent sciemment leur connexion sans contrôle afin de bénéficier de l'impunité en déclarant ensuite qu'ils ne sont pas comptables de l'usage de leur connexion. Et puis "caractérisée" c'est tout de même clair. "négligence caractérisée" et "négligence" ne sont pas synonymes.

Je pense qu'il y a là une ligne de fracture qui n'est pas que politique. Au sein même du MoDem, il y a des oppositions assez fortes. Quelques uns de nos sénateurs ont voté pour la loi Hadopi II (Nicolas About, Anne-Marie Payet, Didier Borotra, Adrien Giraud), d'autres ont voté contre (Jacqueline Gourault, Jean-Marie Vanlerenberghe) , se sont abstenus (Denis Badré, Jean-Jacques Jégou) ou n'ont pas pris part au vote (Marcel Deneux).

Petite observation : un seul sénateur MoDem-MoDem (Borotra) a voté pour cette loi. Les autres sont des sénateurs MoDem-RC (Rassembler les centristes) ou rattachés au MoDem sans en être membres.

J'ajoute qu'à ma connaissance, nos députés sont également hostiles à la loi, du moins en l'état. Mais, pour l'instant, la loi n'a fait que passer devant le Sénat. Il faut attendre de voir ce qu'en diront les députés. Comme quoi, je sais m'affranchir de ce que pensent les élus et les adhérents de mon parti (je crois pouvoir dire sans me tromper que sur Hadopi, ils sont à peu près sur la même longueur d'ondes)

Pour revenir à la loi, il faut rappeler la réalité de ce qu'elle recouvre :

a) le téléchargement illégal est du vol

b) le téléchargement illégal est souvent un premier pas avant la contrefaçon.

Frédéric Miterrand observait avec raison pendant les débats que s'il l'on appliquait la loi sur la contrefaçon (sans Hadopi, donc), les sanctions seraient autrement plus lourdes. Et pour revenir à la fameuse "négligence caractérisée", il reviendra à un juge d'en apprécier la réalité. Il faudra plusieurs avertissements dont l'un avec accusé de réception, et même après, encore faudra-t-il que le juge estime qu'il y a bien infraction de négligence caractérisée.

La négligence, l'imprudence, le manquement aux règles de sécurité existent déjà largement dans le droit français. Qu'y-a-t-il d'extraordinaire à les invoquer dans ce projet ?

Moi, je ne vois pas pourquoi Internet devrait être un territoire sans foi ni loi où tout est permis et où l'on échappe à sa responsabilité individuelle. Il n'y a donc rien qui me choque dans l'argument de la négligence caractérisée, et je trouve même que le principe en a bien été encadré.

EDIT : deux autres billets sur Hadopi. Celui de Vincent qui est contre Hadopi mais juge nécessaires des sanctions contre le piratage. Le billet d'Humeurs de vache n'est pas tendre pour le piratage non plus et particulièrement envers ceux qui essaient de le justifier sous prétexte de changer de modèle de rémunération pour les artistes. Il s'oppose avec raison à la solution d'une licence globale financée par un prélèvement obligatoire de 5 euros que paierait chaque internaute, ce qui s'apparente à de la vente forcée.

 

12:48 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : hadopi 2, modem, sénat, droit | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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