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dimanche, 03 octobre 2010

Mort sur le Web

J'ai écouté la chronique de Guy Birenbaum sur Europe 1 à propos de ce jeune américain qui a été filmé à son insu dans ses ébats amoureux avec un autre homme.

Guy Birenbaum semble acquitter Internet de toute responsabilité dans cette histoire particulièrement sordide. Tout en considérant que la  justice américaine doit cartonner la gueule de Dahrun, le salopard qui a filmé et balancé tout cela sur la Toile, et bien faire la promotion des longues années qu'il va passer dans une prison américaine, je ne dédouanerai pas aussi vite le Web.

En fait, je partage pleinement l'avis de Jean-Pierre qui s'est exprimé à ce sujet sur son blogue. Certes, Internet ne peut être tenu pour comptable de cette mort, mais sans Internet, elle n'aurait pas été possible, non parce que Internet est le mal, mais parce qu'Internet est avant tout un accélérateur phénoménal, capable de diffuser et faire tourner une information, concernât-elle un individu ou un État à une vitesse vertigineuse.

Ce n'est pas Internet qui choisit l'information qu'il véhicule, ce sont les gens qui sont dessus, et comme l'observait Birenbaum, rien ne pourra faire obstacle à la bêtise et à la méchanceté humaine en action. 

Rien certes, mais Internet, en revanche, lui offre un effet démultiplicateur. Quintessence du media, Internet permet tous les croisements : du suicide sordide à la cyber-attaque d'un état vers un autre pour mettre hors-service ses installations nucléaires, puisqu'il semble bien qu'Israël soit derrière les "légers" soucis et dysfonctionnement qui frappent le matériel iranien depuis quelque temps...

Pour revenir à ce que dit Jean-Pierre dans son article, avec l'avènement des réseaux sociaux, virtuels rappelons-le, nous nous sommes tous créés une personnalité numérique. Or, cette personnalité a beau être virtuelle, elle n'est pas pour autant invulnérable, même si elle nous en donne le sentiment. C'est cette scizophrénie là que nous payons cash quand elle est attaquée.

13:36 Publié dans Insolite, Internet | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : internet |  Facebook | | |

vendredi, 01 octobre 2010

Les blogs de gauche ne disent-ils pas tous la même chose ?

Regardez-moi ce titre magnifique : est-ce que je ne sais pas, moi aussi, souffler très fort dans l'appeau à trolls ? Des blogues de gauche, évidemment, j'en suis pas mal. J'en lis même qui sont intéressants. Mais bon, j'ai souvent la sensation que l'information s'y répète en boucle d'un blogue à l'autre.

Les mecs, ils arrivent en bataillon, et tac, c'est parti, qui un billet sur Woerth, qui un billet sur Sarko, qui un billet sur le félon (Besson), et cetera. Bon, d'accord, c'est amusant, mais il faut savoir varier les plaisirs.

On a le sentiment, à lire tous ces blogues, que la gauche n'a rien d'autre à proposer qu'une dénonciation radicale du sarkozysme. Oh, certes, de temps en temps, on peut lire çà et là quelques  propositions avec mais elle se font rares, et on a finalement le sentiment que Nicolas Sarkozy, l'UMP, et les péripéties de sa politique donnent le diapason de l'actualité. Ils sont tous comme des entomologistes obsessionnels à disséquer les diptères qui volètent autour du grand corps décomposé de la majorité parlementaire. Bon, on sait, mais maintenant, il faut passer à autre chose, et, comme le dit Bayrou, préparer l'alternance.

Nicolas invitait à aller commenter les propositions de François Hollande, il y a quelques jours . Ça, c'est intéressant. Je n'ai pas oublié le "moi je n'aime pas les riches" ridicule et gauchiste à souhait en 2007 du François de gauche, mais j'apprécie qu'il s'avance et appelle la gauche à être claire. Il recommande à la gauche de dire quels impôts elle fera payer et à qui. J'attends ça avec impatience, et cela me semble le minimum. Il a bien raison, le Françoué, de dire que l'anti-sarkozysme est une paresse, rentrons dans les débats, que diable ! J'ai cherché ses 86 pages de propositions sur la Toile, cela dit : pas trouvé.

14:53 Publié dans Blog, Internet, Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : hollande, bayrou, gauche |  Facebook | | |

jeudi, 23 septembre 2010

Give me my wikio back !

C'est assez inhabituel de ma part de dire que je n'aime pas quelque chose chez wikio, société pour laquelle j'ai de la sympathie, mais, en la circonstance, je n'aime pas du tout le nouveau visuel.

En fait, c'est l'organisation de l'information en colonne descendante qui me déplaît profondément. Du coup, impossible d'avoir une vue synthétique de l'actualité et de ce qu'il s'en dit sur les blogues. Je trouvais d'ailleurs astucieux d'avoir séparé les deux, car cela permettait de distinguer le traitement de l'information par les médias officiels d'un côté, et par les blogues de l'autre.

Wikio était jusque là une sorte de google news amélioré pour moi. Mais là, franchement, avec même plus de classement thématique, on se tape 60% du temps les geekeries des technos, en fait d'info, plus quelques billets politiques qui émergent. Exit tout le reste, à commencer par l'économie, la littérature, les articles de fond sur la société, et cetera. Adieu la vue synthétique des discussions et débats qu'offraient les fils associés à l'information avec info-bulles.

Est-ce que je crée un groupe facebook intitulé "rendez-nous l'ancien wikio ?"

L'organisation de l'information est l'une des clefs, à mon avis, du moins, du succès des portails, y compris de ceux des réseaux sociaux. En se contentant de choisir comme seul critère la popularité des thèmes choisis, wikio a flingué en bonne et due règle ce qui faisait sa spécificité.

En tout cas, au moins pour qui me concerne, je ne vais plus qu'épisodiquement m'y abreuver. Eh, oh ? Pierre Chappaz, Agnès, vous m'entendez ? Give me my wikio back, please ! (je suis plus poli que Thatcher, moi...)

 

 

16:05 Publié dans Blog, Internet | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : wikio, réseau social, blog |  Facebook | | |

mardi, 07 septembre 2010

Petit wikio deviendra-t-il gros ?

J'ai appris, il y a peu, que wikio s'apprêtait à fusionner avec overblog. D'après Pierre Chappaz qui s'exprimait sur le blog de Nicolas, l'intérêt de cette fusion est entre autres technique : les informaticiens de la plate-forme excellent en sémantique, c'est à dire la maîtrise des technologies qui permettent de rendre accessible au mieux les contenus aux divers logiciels, programmes et agents logiciels de diffusion de l'information.

Nicolas, avec une sensibilité toute gauchiste (il adore quand je lui dis qu'il est un gauchiste) a toutefois flairé l'anguille sous la roche et se demande ce qu'il va advenir vraiment de wikio : en effet, l'actionnaire principal d'overblog, c'est TF1, avec 40% de participation. C'est d'ailleurs la régie publicitaire de la chaîne qui commercialise les espaces, depuis 2007.

Or, ce que se demande Nicolas, en commentaires, c'est si Pierre Chappaz ne pourrait pas être tenté de revendre wikio à TF1 tôt ou tard. Or, à l'heure où j'écris ce billet, cette question est demeurée sans réponse.

Je l'ai dit en mai dernier, cela ne me gêne pas plus que cela que wikio fasse de l'argent : c'est même bien naturel et nécessaire.

Après la question que je me pose, c'est la suivante : est-ce wikio qui absorbe overblog ou overblog qui absorbe wikio ? le fait est que tôt ou tard, pour grossir, il faut s'allier. Wikio s'était montré intéressé par la reprise du site lepost.fr en décembre dernier, mais je ne crois pas que l'intérêt ait abouti à quelque chose de concret. En revanche, le fait est qu'overblog et wikio oeuvrent dans le même sens stratégiquement : l'un et l'autre cherchent à s'étendre en Europe.

Il me semble tout de même que c'est bien wikio qui devrait chapeauter le tout puisqu'elle va servir de holding pour l'ensemble des activités, overblog ne constituant que l'une d'entre elles.

J'ai cru comprendre que ce serait e-buzzing, la régie publicitaire de wikio, qui monétiserait les contenus participatifs qui émergent des deux plate-formes. On ne devrait donc pas y voir le nez de TF1 avant longtemps.

Il y a quelque chose qui devrait intéresser les adversaires irréductibles de la junk-blogo (ne cherchez pas, c'est un néologisme que je viens d'inventer) : overblog a mis au point un algorithme qui essaie de détecter l'audience qualitative et non quantitative. C'est certainement ça, la sémantique à laquelle Pierre Chappaz fait allusion en réponse à Nicolas. Il s'agit d'identifier non pas la page sur laquelle des centaines de visiteurs passent, mais celles sur laquelle des dizaines restent !

Je déduis de cet intérêt que les commerciaux auraient calculé que les lecteurs qualitatifs assurent un meilleur retour sur investissement que les lecteurs quantitatifs.

Cela ne m'étonne pas trop, j'ai déjà constaté ce fait en dehors de la Toile : des observateurs précis et intéressés par les produits de qualité et l'information de fond sont une clientèle fiable tant qu'ils ne se sentent pas trompés.

Ainsi, les conseils d'un chauffeur de buzz ne feront pas acheter un seul produit dans la plupart des cas, mais ceux d'un auteur éclairé qui connaît le sujet et s'adresse à une audience d'experts peuvent provoquer bien plus facilement un engouement.

In fine, on assiste peut-être à l'émergence un leader européen dans le média social, je crois que c'est sur le fond le but de Pierre Chappaz. Souhaitons-lui bonne chance. Il me semble, en observant les pratiques de wikio, qu'il essaie de puiser dans le vivier blogosphérique pour engager des usagers experts susceptibles de devenir conseillers, rédacteurs voire commerciaux chez wikio.

Il me semble que wikio a cette originalité d'être la seule entreprise de sa catégorie à avoir pris les producteurs de contenus amateurs que nous sommes très au sérieux, au point de faire de certains d'entre eux des salariés. Parce que wikio a compris une part des actions et réactions alchimiques qui se produisent dans le big-bang blogosphérique incessant qui irrigue la Toile, il a un temps d'avance considérable sur d'éventuels concurrents.

In fine, si cette société parvient à réaliser ses ambitions, elle sera parvenue à exporter une pratique typique du modèle français. Au fond, les premiers blogues sont nées en France, sur le Minitel, bien avant que les premiers réseaux sociaux (Usenet) ne se développent aux USA. Ce petit univers personnel qui correspond si bien au sens de la propriété à la française n'a pas fini de faire parler de lui. On a annoncé déjà plusieurs fois sa mort au moment même où une société en plaine croissance, presqu'entièrement adossée sur ses contenus, wikio, s'apprête à l'exporter dans toute l'Europe...

dimanche, 25 juillet 2010

Internet, un bistro ?

Dans son dernier billet, Bruno Roger-Petit s'émeut de la fermeture annoncée du blog de Jean-François Kahn et déplore la fin des bistrots que l'Internet moderne n'a jamais remplacé. Comparant l'ancienne et la nouvelle institution, il conspue les tombereaux de haine que charrie la seconde, toute de noir et de blanc. Bruno Roger-Petit fait à mon avis une première erreur : c'est le public spécifique des commentateurs de blogues politiques, littéraires ou encore économiques qu'il vise en priorité. Or, ce public-là n'est pas représentatif de la population des bistrots, ni de ceux d'aujourd'hui, ni de ceux d'hier. Il y a un expert des bistros sur la blogosphère, mais c'est un OVNI.

La population qui peuple les fils de commentaires de la Toile, sur les blogues, la presse officielle ou ailleurs est avant tout symptomatique des intellectuels que Schumpeter décrit dans son atmosphère sociale et intellectuelle du capitalisme.

« Les intellectuels sont effectivement des gens qui manient le verbe écrit ou parlé et qui se différencient des autres écrivains ou orateurs par le fait qu'ils n'assu ment aucune responsabilité directe en ce qui concerne les affaires pratiques. Cette dernière caractéristique en explique une autre : l'intellectuel, en général, ne possède aucune des connaissances de première main que fournit seule l'expérience. Une troisiè me caractéristique consiste dans l'attitude critique de l'intellectuel, déterminée à la fois par sa position d'observateur - et même, dans la plupart des cas, de profane (outsider) - et par le fait que sa meilleure chance de s'imposer tient aux embarras qu'il suscite ou pourrait susciter. Profession de l'individu sans profession? Dilettantisme professionnel? Gens qui parlent de tout parce qu'ils ne comprennent rien?  »

Mais alors ? Si nombreux sur la Toile ces intellectuels ( généralement de second plan, au demeurant) ?

Schumpeter a l'explication une fois de plus :

La surproduction des intellectuels peut créer des incapacités de travail d'un type particulièrement déconcertant.L'homme qui a fréquenté un lycée ou une université devient facilement psychiquement inemployable dans des occupations manuelles sans être devenu pour autant employable, par exemple, dans les professions
libérales
. [...].
Par ailleurs,
tous ces bacheliers et licenciés, en chômage ou mal employés ou inemployables, sont refoulés vers les métiers dont les exigences sont moins précises ou dans lesquels comptent surtout des aptitudes et des talents d'un ordre différent. Ils gonflent les rangs des intellectuels, au strict sens du terme, c'est-à-dire ceux sans attaches professionnelles, dont le nombre, par suite, s’accroît démesurément. Ils entrent dans cette armée avec une mentalité foncièrement insatisfaite.

Parierons-nous que ce sont eux que nous retrouvons sur la Toile ? Il faut terminer de lire le billet d'origine, et, idéalement, consulter Capitalisme, Socialisme et Démocratie (chapitre XIII, 2) pour achever le raisonnement et bien comprendre quelles relations ces individus entretiennent avec le capitalisme, au demeurant.

Pour revenir à Bruno Roger-Petit, ne ratons toutefois pas une occasion de l'égratigner : pour quelqu'un qui se plaint de cet univers électronique bicolore, j'ai souvenir d'avoir lu une association de la ligne éditoriale de Marianne au Vichysme simplement parce que le magazine s'interrogeait sur la manière dont la France pouvait gérer son immigration et avait repris entre autres l'un de mes billets sur le permis à points et l'immigration.

Je l'ai dit quand j'ai évoqué Jessi, Internet est une formidable caisse de résonance. Après, les échos qui se démultiplient n'ont pas forcément l'heur ni l'amabilité de le faire de manière cohérente. On ne peut pas bloguer si l'on n'est pas capable de supporter le vacarme, corrélat immédiat du succès d'estime. Le vacarme est d'autant plus fort que personne ne peut vraiment dire chut à quelqu'un qui éructe dans un commentaire ou un billet (je ne me prive d'ailleurs pas moi-même d'éructer de temps à autre...).

Évidemment, un bistro, c'est bien pratique : on peut jouer à l'anthropologue et quitter les lieux très content de soi, avec le sentiment de plénitude que donne la certitude d'être christiquement descendu parmi le populo. Sur Internet, il en va autrement : on est aux prises avec son semblable, et il n'existe rien tant de plus insupportable pour un intellectuel qu'un autre intellectuel...

In fine, ce n'est pas la France que révèle Internet, contrairement à ce que titre Bruno Roger-Petit, mais son lumpen-intellectuariat ! En outre, je ne crois pas que «finissent par s'imposer, comme dans la vie publique, les «dynamiteurs, pollueurs, obsédés et allumés».

Regardons les divers classements de blogues çà et là, si je veux bien admettre qu'il y a quelques excités, mais dans l'ensemble, ce sont surtout des gens raisonnables et pondérés qui battent le haut du pavé.

samedi, 24 juillet 2010

Jessi, dun goofed up, Jessi, tu t'es fait griller...

On ne devrait pas laisser de jeunes enfants faire les malins sur internet. Une gamine américaine de 11 ans, Jessi Slaughter, et sa famille l'apprennent actuellement à leurs dépens. Elle a pris l'habitude de se présenter avec sa webcam à n'importe qui, tout en déclarant n'importe quoi à n'importe quel interlocuteur.

Et puis quand ça a mal tourné, et qu'elle est devenue objet de la risée générale, elle a voulu se rebiffer et faire sa grande en insultant ses correspondants, leur proposant de les flinguer d'une balle dans la tête et leur souhaitant le sida.

Cela a bien fait rigoler les internautes américains du forum 4Chan.org qui s'en sont donnés à coeur joie avec des fake et des simili-video. Mais le meilleur était à venir : le père (la famille avait été jusque là remarquablement absente) s'en est mêlé et a enregistré une vidéo menaçant les auteurs des fake de représailles policières.

Explosion générale de rire et franche rigolade sur la Toile. Je ne compte pas les versions pirates et délirantes et remaniées de la vidéo qui ont circulé.

Voilà, l'histoire pourrait s'arrêter là. Sauf qu'elle n'est pas drôle du tout...Pas drôle parce que la gamine a 11 ans et ne se rend pas compte de ce qu'elle fait, qu'elle a reçu des menaces de mort, qu'elle a du être mise sous protection policière et que l'assistance sociale américaine s'intéresse à la famille, se demandant si l'enfant bénéficie d'une éducation sans carences graves, puisqu'elle a pu ainsi se mettre en danger.

Pas drôle parce qu'il y a là une famille complètement dépassée, assez symptomatique des rapports que les parents des jeunes générations entretiennent avec l'Internet, et prise pour cible par des railleurs à la moquerie facile.

Le phénomène buzze sur la Toile américaine et commence à toucher les autres pays. Notre rapport à Internet ne laisse de nous interroger, en ce début de 21ème siècle.

la Toile est un gigantesque théâtre grec dans lequel tout le monde, y compris à son insu et contre son gré, peut devenir acteur d'un drame en trois actes. Les erreurs s'y propagent plus vite que les analyses éclairées et sont répliquées jusqu'à l'écoeurement par nombre de sites dont la vérification des sources est le cadet des soucis.

Une fois qu'un site est considéré comme un site de référence, il peut raconter n'importe quelle connerie, tout le monde reprend son information et le cite.

Dans les écoles françaises on entonne à grand renfort de trompettes et de chartes républicaines la complainte du béni-oui-oui pour "éduquer" les jeunes âmes à l'utilisation d'Internet. On ferait mieux d'y multiplier l'étude de cas concrets au point de devenir des cas d'école.

Chez les Grecs, on éduquait les enfants encore jeunes avec des légendes et des mythes. L'âge et le maturité venant, on passait aux exercices rhétoriques. Cette habitude sensée demeure relativement vivace en Europe puisque fables et contes tiennent encore une relativement bonne place dans les programmes de l'école primaire et du début du collège, même si l'on n'en tire guère la substantifique moëlle désormais.

L'histoire de Jessi mérite d'entrer dans la légende et de figurer au nombre des contes modernes. Une sorte de Chaperon rouge de Perrault pour usagers électroniques : l'héroïne, la plus jolie petite fille du village, commet l'erreur fatale de donner au grand méchant loup les coordonnées complètes de sa grand-mère. Le loup file chez la vieille et la dévore. Quand la petite arrive chez son aïeule, c'est le loup qu'elle trouve. Déguisé en grand-mère, il l'invite à prendre place dans son lit : personne, dans le conte de Perrault ne retrouvera l'enfant vivante...

Cette histoire bien ancienne, puisqu'elle appartient à la tradition orale médiévale résonne d'un bruissement particulier sur nos fils électroniques, et il n'y a pas, cette fois, de frères Grimm qui traîneraient sur la Toile pour inventer une fin heureuse. A méditer...

lundi, 19 juillet 2010

iphone versus Sony Erikson W300i

Qu'est-ce qu'on nous en a rebattu les oreilles de l'iphone. En fait, l'iphone, c'est l'archétype du produit de consommation pour bobo : il ne fonctionne véritablement que dans les villes, mais il en jette un maximum avec ses applications urbaines. Pensez-donc : on peut localiser le velib avec et détecter la dernière exposition consacrée à Andy Warhol sur alerte : Yesss ! giga, super, top génial. Trop fun.

Non, parce qu'on n'imagine pas une application qui vous localiserait les vaches à traire perdues dans le pré ou encore les oisons partis farfouiller dans les fourrés, par exemple.

Oh, pour être clair, en zone vraiment rurale, deux fois sur trois, ça ne marche pas. Même quand j'appelle un iphone au bureau, ça ne répond pas, alors dans un champ, je ne vous raconte pas l'exploit.

Moi, j'ai un bon vieux Sony Ericsson qui a quelques années : un W300i. Une petite merveille de robustesse (enfin presque). Où que je sois (mais j'ai un abonnement orange), j'ai la connexion et le réseau. Oh, bien sûr, écrire avec les touches numériques, je ne suis pas assez performant pour cela, mais je peux tout de même consulter la presse et même mon blogue (avec de la patience pour passer de page en page) avec, et surtout, je me paie le luxe d'écoeurer les possesseurs de smartphones et autres innovations technologiques avoisinant.

Pratique pour appeler le médecin, les renseignements, consulter la météo (encore qu'il me suffit de lever les yeux au ciel...) quand je suis perdu en pleine cambrousse...

Bref, l'iphone 4 buzze en raison de ses déficiences en matière de réception, mais cela n'a rien de nouveau. Pour ma part, au lieu de forfait 2 heures sms illimités à 60 euros, j'ai un forfait aujourd'hui disparu mais contractuellement toujours valide d'Orange, 4 heures par mois pour 45 euros, ajustables à 8 heures si je dépasse le temps imparti. Et pour 5 euros, j'ai l'internet illimité. Le croirez-vous ? Même avec quelques excès (sms, consultation d'internet au forfait et non par abonnement etc...) je n'atteins jamais 60 euros.

Quand j'ai acheté ce portable, je l'ai choisi parce que l'on m'a dit qu'il avait une grande autonomie, avec en revanche une qualité moindre de réception. Résultats des courses, je peux le laisser plusieurs jours sans le rebrancher, même si j'ai blablaté au téléphone, et il capte partout où les autres téléphones ne captent pas.

Seuls défauts : il supporte très mal l'eau, même si ce n'est que de la pluie, et son emplacement de carte SIM n'aime pas du tout les chocs.

Bref, il est très bien ce téléphone, et je n'ai pas l'humeur du geek dont le budget nouveautés électroniques explose chaque année. Probablement le même que l'on entend vitupérer cette société de consommation injuste et individualiste...

jeudi, 15 juillet 2010

france.fr versus La Défense

Profond soupir de désespoir...J'avais appris avec satisfaction que la France se décidait enfin à créer le site france.fr, futur portail de la France pour les Français et les étrangers. Devinez ce qu'il s'est produit dès le jour de son lancement...

Parce que France.fr est victime de son succès, le nombre très important de visiteurs nous contraint à augmenter la capacité de nos serveurs. Quelques perturbations dans la visite du portail dans ses 5 langues peuvent donc survenir, l'équipe de France.fr vous prie de l'en excuser. Tout sera rétabli au plus vite, merci de votre patience !

Mais c'est pas possible : quelle bande d'amateurs ! La France est la première destination touristique du monde en valeur absolue : entre 70 et 80 millions de visiteurs chaque année. C'était évident que le site france.fr allait faire l'objet d'un nombre de visites conséquent.

Ah, ça la fout mal pour une mise en route un 14 juillet, franchement. Bravo pour l'image donnée de nos savantes équipes numériques...

Tiens, le Ministère de la Défense m'avait convié précisément mardi à un petit déjeuner festif afin de me présenter son nouveau site. Les joyeux copains de france.fr devraient prendre exemple. Voilà un site opérationnel qui a fonctionné de suite sans anicroche.

Bon, évidemment, il ne faut pas s'attendre à des révélations sur le site, mais il a le mérite de couvrir tout le spectre d'intervention de nos forces militaires et d'offrir des données précises et complètes.

Dans la catégorie Actualités, je recommande en particulier l'onglet Analyses en bas à droite qui devraient certainement intéresser nos amis blogueurs experts en géostratégie...

00:46 Publié dans Internet, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : défense, france.fr |  Facebook | | |

vendredi, 04 juin 2010

Lectorat Google, hasardeux ? merdeux ?

Je viens de lire l'entretien que Papille et pupilles, un blogue de gastronomie, a réalisé avec Jean Véronis, l'un des rouages de l'ingénierie du portail wikio. Jean Véronis y explique ce qu'est wikio, comment fonctionne les classements qu'il met au point, et conclut par quelques généralités sur le trafic des blogues et sites.

Il y exprime notamment un lieu commun qui n'a jamais eu mon adhésion : c'est très tendance, dans la sphère bloguistique, de considérer que le trafic généré par google est de l'ordre de l'épiphénomène, fruit du hasard sans cohérence. C'est faire bien peu de cas de ceux qui usent (et abusent) du célébrissime moteur de recherche. Je me porte tout à fait en faux à cette opinion pré-conçue. Pour autant que j'en juge sur mon blogue, la plupart des mots-clef identifiés par mon compteur collent parfaitement avec l'objet des articles auxquels ils correspondent. Et cela tombe bien, d'ailleurs, parce que je conçois justement mes articles entre autres en fonction de ce que je connais empiriquement du trafic généré par google.

Un blogueur écrit-il pour que des fidèles suivent son blog en général ou pour que ses articles soient lus ? Cela peut se discuter. Bien sûr, il est plaisant de fidéliser un public, mais, pour ma part, j'ai pris un parti pris inverse : je cherche surtout à ce que mes articles soient lus, peu importe la source de la lecture. Google ne représente plus autant que ce qu'il a pu constituer dans mon lectorat, puisque j'ai désormais 40% d'accès directs et que d'autres plate-formes et blogues m'envoient des lecteurs. Mais très vraisemblablement, il a contribué à m'envoyer des lecteurs fidèles. Ensuite, quand un point d'actualité est chaud, bien évidemment, son impact peut s'avérer considérable.

Je suis toujours agacé de lire qu'il y a des lecteurs de qualité et d'autres non. Mon lecteur qui passe 10 secondes sur mon billet, voire ne lit que mon titre (c'est entre autres pour cela qu'il faut travailler les titres, ils sont fortement porteurs de sens, tout comme les slogans en leur temps !) est aussi important à mes yeux que celui qui épluche consciencieusement toutes les âneries que j'ai pu écrire.

Moi aussi, parfois, je me fais parfois une idée de l'actualité en me contentant des titres. Moi aussi je ne lis parfois que le début d'un article (mais je vais très souvent voir la fin, par acquis de conscience). Moi aussi je lis en diagonale de temps à autre. Qui peut juger de la qualité d'une lecture et d'un lecteur par son temps de lecture ? J'écris aussi pour ceux qui n'ont pas le temps de lire, même si je reconnais que mes billets sont parfois longs et/ou se perdent en circonvolutions.

Tiens, au fait, cela répond partiellement aux questions que se posaient le Faucon et Hashtable sur ma manière de bloguer.

Tiens, voilà qui vaut bien une chaîne : que penser de son lectorat ? Qui établit une hiérarchie de ses lecteurs ? Comment évaluer qualité et quantité pour autant que ces concepts aient un sens ? Qu'est-ce qu'un lecteur de quantité s'il y a des lecteurs de qualité, et, a contrario, c'est quoi un lecteur de qualité ? Et puis comment lit-on, finalement ? Vite, en diagonale, mot à mot, en cliquant sur les hyper-liens ?

taguons, taguons, et il me semble bien que le premier qui devrait répondre à de telles questions, c'est Jean Véronis, puisque je l'alpague dans mon billet. Et puis aussi Hervé Torchet qui râle contre les feux illusoires de facebook et twitter et que j'ai souvent entendu parler de la qualité des lecteurs. Ah, et puis aussi Gaël qui a la haine contre wikio et veut lancer un mouvement pour la réouverture de blogobisouland wonderblogoland. Et Yan Savidan enfin qui veut lancer une croisade contre NKM...

In fine, tous ceux qui s'intéressent à ces question, comme PMA*, qui veulent participer et qui sont convaincus qu'il existe deux lectorats, l'un de qualité, et l'autre d'opportunité, sont les bienvenus pour répondre à ma polémique.

*Au fait, quand je lie PMA, c'est pas pour le wikio : c'est comme Hashtable : on s'est tellement lié qu'on ne vaut plus une cacahouète l'un pour l'autre au classement wikio. C'est  totalement gratuit et parce que je sais que le sujet l'intéresse.

10:59 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : google, trafic, wikio, lectorat |  Facebook | | |

jeudi, 03 juin 2010

Tiens, v'là l'bon wikio politique de juin, cette fois...

Et hop, voilà la vrai classement politique wikio du mois de juin 2010, à comparer avec mes propres estimations. Objectivement et sans me flatter, je ne suis pas mauvais, parce que je les ai presque tous et dans un ordre à peu près correct les blogs du wikio. Au fait, l'avez-vous remarqué ? Après avoir rompu avec Marianne2, Reversus s'est retiré également de la base de données wikio. Dommage.

Y'a des petits (gros) nouveaux : Kahn, NKM, Mélenchon, plus quelques anciens revenus aux avant-postes comme Birenbaum ou Plume de Presse. Plume de Presse, oui, oui, ce blog qui couinait il y a un peu plus d'un anparce qu'il jugeait que le classement wikio ne valait plus rien, ne voulait plus rien dire, et, in fine ne lui rendait pas les honneurs qui lui étaient dûs.

Avec les politiques et même les journalistes, faut pas escompter des échanges de liens : nous autres, habitués du café wikio sommes bien trop gueux pour un tel "honneur"...

1 Partageons mon avis
2 Le blog de Guy Birenbaum
3 Sarkofrance
4 Peuples.net
5 Plume de presse
6 intox2007.info
7 Le coucou de Claviers
8 LES JOURS ET L'ENNUI DE SEB MUSSET
9 L'Hérétique
10 Les coulisses de Sarkofrance
11 Nathalie Kosciusko-Morizet
12 Tourner la page
13 Bah !
14 Les privilégiés parlent aux Français...
15 Carnet de notes de Yann Savidan
16 SLOVAR les nouvelles - expressions libres
17 Lyonnitude(s)
18 Hashtable
19 Le Blog de Jean-Luc Mélenchon
20 Piratage(s)

Classement réalisé par Wikio

23:31 Publié dans Internet | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : blog, internet, wikio |  Facebook | | |