mercredi, 23 juillet 2008

Armée : la mise en garde de Philippe Nogrix

nogrix.jpgPhilippe Nogrix, Sénateur UDF-MoDem, est, entre autres, un spécialiste des questions militaires. En novembre 2007, il présentait au nom de la commission des Affaires étrangères du Sénat ses analyses sur le budget consacré à la préparation et l'emploi des forces militaires, dans le projet de loi de finances 2008. La conclusion de son rapport me paraît particulièrement d'actualité à l'heure où le gouvernement a choisi de sévèrement réduire les effectifs militaires.

La voici :

Les crédits de fonctionnement courant des armées constituent la principale variable d'ajustement du budget de la défense : leur compression ne suscite pas d'effets négatifs immédiats, à la différence de ceux affectés aux personnels, et ne semble pas affecter l'avenir, contrairement à ceux consacrés à l'équipement.

Or les effets d'un budget de fonctionnement courant insuffisant sont insidieux, et ne révèlent leurs potentialités négatives qu'avec retard.

Cet effet « retard » entraîne deux conséquences majeures : il contribue à une démoralisation des personnels, sans être toujours clairement identifié. Pourtant, le fait de travailler, de s'exercer, de résider dans des locaux insuffisamment entretenus, dégradés, ravaudés avec des « bouts de ficelle » pèse indéniablement sur l'image que le ministère de la défense donne de la mission qui lui est confiée par la Nation, et aussi sur les personnels qui y concourent.

De plus, les financements requis par une rénovation s'effectuant au terme d'une trop longue période de délaissement s'en trouvent considérablement accrus.

La qualité de l'entraînement, qui est la meilleure « assurance-vie » du combattant, peut être également affectée par des financements trop « justes » en carburant, en munitions, voire en tenues.

Moi, j'ai entendu que nos soldats en Afghanistan manquaient des moyens nécessaires pour pouvoir identifier et se protéger des mines et explosifs associés...

Le bon déroulement de ces exercices peut être entravé par la pénurie financière qui touche souvent les petits programmes de cohérence dont l'impact semble infime au regard de celui des équipements majeurs. Mais les chars, les bâtiments, comme les aéronefs de dernière génération technologique requièrent, pour fonctionner, un approvisionnement continu en pièces de rechange.

Quand je pense que Philippe Nogrix a rendu son rapport en novembre dernier...Prémonitoire à tous points de vue pour qui a lu le Canard Enchaîné ces deux derniers mois : 50% de notre matériel militaire est hors-service, et une opération de sauvetage d'otages français a bien failli capoter parce que nos navires tombent en panne...

Il y a donc à la fois une facilité et un danger à sous-estimer ce type de crédits, d'autant que les armées se sont attachées, parfois de leur propre initiative, à mutualiser leurs besoins et leur gestion depuis la professionnalisation pour en réduire les coûts.

Les coûts élevés requis par le MCO des matériels modernes, notamment aéronautiques, ont été reconnus, et des structures ont été mises en place (SIMMAD, SIAé) pour concilier impératifs industriels et maîtrise des financements.

En revanche, le recours à la location de services pour assurer des fonctions annexes au métier militaire, comme l'entretien des locaux et des espaces verts, leur gardiennage éventuel, le transfert des personnels, l'entretien de leurs tenues, semblait économiquement et fonctionnellement raisonnable, avec la professionnalisation des armées.

Leur coût, parfois prohibitif au regard de la qualité du service rendu (constatation qui n'est pas limitée au seul secteur des armées !) pose la question de leur éventuelle réintégration au sein des personnels de la défense.

 

 

mardi, 17 juin 2008

Armée, éducation, même combat...

C'est impressionnant de voir comment les mêmes raisonnements produisent les mêmes effets. Après avoir massacré l'Education Nationale, Sarkozy et Fillon s'apprêtent à décapiter  notre armée nationale.

54 000 postes en 4 ans de supprimés. Si vraiment nous n'avons plus de moyens, qu'il cesse de promettre l'intervention de la France sur 36 théâtres d'opération, ce qui coûte très cher, et qu'il utilise nos fonds pour moderniser et réparer notre matériel. Et au moins protéger ceux qui sont au contact d'opérations armées ! Nos soldats en Afghanistan n'ont pas de protection contre les mines !

J'en ai assez, moi, des marioles. Nos militaires sont estimés dans le monde entier pour leur professionnalisme, et cela, Sarko and co s'apprêtent aussi à l'anéantir. Et pendant ce temps, il a fait dépenser des sommes considérables pour des mesures à la c.., socialement injustes. Ras-le-bol de cette présidence à courte-vue !

Mais comme d'habitude, c'est la même manière de raisonner qui prévaut : pas question de repenser une armée moderne adaptée aux conflits de notre temps ; non, tout comme pour l'éducation nationale, du verbiage et des boniments avec pour unique objectif de réaliser le maximum d'économies. Comme d'habitude, Sarkozyet son gouvernement affichent un objectif chiffré de postes à supprimer, au lieu de réfléchir à l'évolution souhaitable de notre défense et de nos forces armées, et, APRES seulement, à définir les secteurs où l'on peut réaliser des économies. Par ailleurs, nous devons aussi adapater notre doctrine à nos moyens. Absolument rien de cela n'est fait. Et je parie que les crédits de la recherche militaire sont rognés, de même que ceux du renseignement, alors que ce sont deux secteurs tout à fait cruciaux.

En tout cas, il n'est plus acceptable que le Président de la République Française décide de la participation ou non de notre armée à des conflits armés ou des opérations de maintien de la paix vu l'état de notre matériel et de notre armée. Le Parlement doit réagir une bonne fois pour toutes et se saisir de la question.

jeudi, 12 juin 2008

Défense : péter plus haut que son c...

J'ai lu l'article du Canard d'hier sur l'état du matériel militaire français. C'est édifiant. Nous n'avons plus une machine qui fonctionne. Vient un moment où il faut cesser de faire cocorico les pieds dans le fumier et où le principe de réalité doit s'appliquer. Soit la France fait vraiment un effort budgétaire (mais le peut-elle ?) pour avoir une défense digne de ce nom, soit, dans le cas inverse, elle se retire de la plupart des théâtres d'opération et adopte un profil bas. Un jour, cela va mal finir, ce seront les missiles nucléaires qui seront rouillés...

Bref, comme d'habitude en France, on se gargarise de mots, et c'est insupportable. Pas la peine pour Nicolas Sarkozy de faire de grandes déclarations et de bomber le torse s'il n'a pas de forces militaires dignes de ce nom. Encore un budget qui va morfler pour d'autres priorités (crédits d'impôts et tout ça et tout ça...)

mardi, 25 mars 2008

Quel avenir pour le nucléaire militaire ?

 Les grands esprits se rencontrent, ce matin, je me pose les mêmes questions que Frédéric, le webmestre du très bon blog Démocratie sans frontières.

Qui de notre dissuasion nucléaire dans l'avenir ? Frédéric note avec acuité que le nucléaire militaire représente 20% de notre effort de défense. Nicolas Sarkozy envisage de faire des réductions de dépense sur cet armement en ne lançant pas le porgramme de modernisation de ces équipements. A vrai dire, quand l'on considère que le dit programme comporte la mise en service de quelques missiles inter-continentaux longue portée, on se demande quel objectif est visé.

Le monde a changé de nature, et l'histoire récente nous montre tout de même que les dangers les plus impérieux ne sont pas ceux d'une attaque conventionnelle, mais plutôt des guérillas et du terrorisme, voire une guerre économique.

Je renvoie à certains extraits du discours de clôture de  François Bayrou lors d'un colloque de l'UDF, en juin 2006, sur la place de la France dans le monde.

Tout le monde a à l’esprit, les éléments de ce monde qui a changé. L’effacement, l’éclipse peut-être, de la menace soviétique, et en même temps la prolifération des menaces identitaires, ethniques, religieuses ; déséquilibres au détriment de sociétés traditionnelles, la déstabilisation de sociétés structurées, le changement de visage de la guerre, de plus en plus civile, de plus en plus urbaine, utilisant à la fois des moyens ultra-technologiques, les satellites et lasers, et les moyens les plus archaïques, la guerre économique dont vous n'avez pas voulu parler Monsieur Caillaud mais extrêmement importante, la guerre d'opinion. Tout cela exige d'autant plus de réflexion que ces questions de sécurité n'ont pas encore été reformulées

Je pense que c'est justement énoncé, et, pour ma part, il me semble que nous avons un effort tout particulier à réaliser sur le renseignement sous toutes ses formes :

On a besoin d'ouvrir un chapitre nouveau dans le chapitre de l'observation et du renseignement. Un observateur me disait que la capacité de renseignement française était de 1 à 10 par rapport à la capacité britannique - qu'on vante rarement par rapport à celle des Américains, et en tout cas, les moyens du renseignement américain sont de 10 à 1 par rapport à ceux du Royaume-Uni.

J'ajoute pour ma part, quelques réflexions supplémentaires. On sait que nous serons confrontés de plus en plus à des ennemis qui utilisent les populations humaines comme des boucliers pour exercer leurs activités terroristes, et n'hésitent pas à se fondre, pour cela, au sein des populations civiles.

Je pense qu'il faudrait donc mener une réflexion sur les armes non létales, car rien n'est plus néfaste que de toucher les civils dans les situations de guérilla. Cela crée de nouveaux martyrs, et, de fait, les groupes terroristes comptent généralement là-dessus. Lancer un nouveau concept de guerres, indolores autant que faire se peut, est à mon avis une nécessité stratégique évidente.

Il faut travailler non plus sur des armes qui tuent, mais sur des armes qui neutralisent.

samedi, 29 septembre 2007

Rafale : l'erreur grossière d'Hervé Morin

On se demande si Hervé Morin a bien considéré les conséquences de ses paroles lorsqu'il a critiqué publiquement la technologie de pointe du rafale.

Ce n'est pas ce que l'on attend d'un Ministre de la Défense, d'autant qu'il s'ajotue aux conséquences économiques de ses propos des retombées stratégiques néfastes.

Hors de question de bêler ici avec les crypto-munichois qui s'époumonnent à expliquer qu'un rafale c'est x écoles ouvertes. Il va de soi que la protection militaire est l'une de fonctions constitutives d'un état.

La France est l'un des derniers pays à disposer d'une industrie d'armement indépendante. Partout ailleurs, c'est l'Amérique et la Russie qui se taillent la part du lion. Or, une telle industrie coûte très cher, et la France n'a pas les moyens de la financer sans exporter, tout en maintenant à côté une force de frappe nucléaire.

Il y a bien sûr de nécessaires économies à réaliser pour équilibrer le budget de l'état, mais, à ce compte-là, je crois que la France aurait intérêt à transférer sa force nucléaire à l'Europe,ou, tout du moins, à un noyau dur européen, et à donner dans la foulée son siège au conseil de sécurité qui n'en aurait alors que plus de force. Il va de soi que ce transfert de responsabilité justifierait un co-financement. A défaut de pouvoir s'appuyer sur un noyai dur d'état, au moins avec les Allemands avec qui nous partageons nombre d'options diplomatiques.

Nous pourrions alors avoir un ministère des affaires étrangères commun et partager la force nucléaire. Voilà qui serait bien mieux pour l'Europe, pour la France et l'Allemagne en donnant plus de force à leur siège commun au Conseil de Sécurité, et plus généralement dans leur diplomatie.

L'industrie d'armement, nous en avons besoin, sauf à accepter d'être complètement dépendant de l'Amérique pour notre défense. Je crois que ce n'est vraiment pas le moment.

En revanche, je pense que Dassault dvrait s'allier avec d'autres constructeurs européens. Il est dommage d'avoir côte à côte le Rafale et l'Eurofighter...

 

Il est vrai que l'exportation d'armes pose un dilemme de conscience dès lors qu'elle se fait vers des états qui brillent bien peu par leurs moeurs démocratiques. Il y a là un cercle vicieux, hélas, dans lequel il est difficile de ne pas rentrer, car l'Amérique, la Russie ou la Chine n'ont aucune sorte de scrupules dans ce domaine.

Or, la France n'a guère le choix : elle doit vendre ou renoncer à son  indépendance pour l'industrie d'armements. En tout cas, Morin comparant le Rafale au F-16 a fait tout l'inverse de ce qu'il faudrait faire. On attendarait une action intelligente et discrète pour trouver d'autres états prêts à aprticiper à un nouveau programme pour un rafale II, par exemple, mais bien loin de là, notre non-ministre de la défense ne songe qu'à assommer l'une de nos dernières ressources.

 

A lire, l'article de Wikipedia très bien documenté. 

lundi, 17 septembre 2007

Politique étrangère : ras-le-bol !

Voilà, cela va être simple et net : j'en ai assez à titre personnel, mais je ne suis pas le seul, qu'un seul homme décide de toute la politique étrangère en France. Ras la casquette que le Parlement ne contrôle rien et qu'il n'y ait pas de débat. On entend Morin critiquer la politique étrangère française alors qu'il faut lui reconnaître une certaine tenue ces dernières années, en dépit de sacrés couacs, Kouchner qui joue les pyromanes : par le passé il voulait nous envoyer en Irak, maintenant, il déclare la guerre à l'Iran.

En Afghanistan, on renforce la présence française quasiment sans que personne ne soit informé. Cela suffit maintenant.

Messieurs les Députés, faites le travail pour lequel vous avez été élus par les Français !