dimanche, 24 juillet 2011
Diplomatie, culture et défense en temps de rigueur
C'est une tentation, pour un état fortement endetté, que de ponctionner sévèrement les budgets alloués à la défense et à la diplomatie. Soyons précis : c'est une tentation surtout parmi les démocraties européennes. Pas de guerres à soutenir, pas de statut à maintenir. Ce peut être aussi le fruit d'une pensée primairement anti-militariste (que l'on songe à Éva Joly qui compare la France à la Corée du Nord parce que nous organisons le défilé de nos forces le jour de notre fête nationale...).
Quand je considère la France, j'ai beau y réfléchir, je ne vois pas comment nous pourrions abaisser les crédits dont dispose notre armée nationale. Si nous voulions faire de grosses économies, il faudrait toucher à de gros postes budgétaires. On pense tout de suite à nos porte-avions, des gouffres financiers. L'inconvénient, c'est que se priver de porte-avions, c'est se priver de la possibilité d'amener une partie de notre aviation dans toutes les régions du monde. Je ne suis pas convaincu que des avions à longue portée (existent-ils seulement ?) puissent suppléer l'absence de porte-avion.
Je crois qu'il faut également bien réfléchir au type d'interventions armées que nous voulons mener. La guerre en Libye coûte cher. Certes. Mais elle ne fait aucune victime civile. A ce stade-là, c'en est même miraculeux. C'est que l'aviation française (mais aussi britannique) utilise des bombes-laser d'une extrême-précision et obéit à des règles d'engagement très strictes. Ces bombes coûtent très cher ; mais elles touchent leurs cibles, pas ce qu'il y a à côté. Des guerres à zéro mort, cela a un coût, et ce coût, il pme paraît nécessaire de le supporter. La suite logique, d'ailleurs, ce sont les drones : coûts astronomiques, mais efficacité sans égale. Ils s'amérioreront toujours plus.
Bref, il ne faut pas toucher à nos capacités opérationnelles, parce qu'elles sont au service de notre diplomatie, si maigres soient-elles au regard de nos ambitions.
Dans le domaine diplomatique, c'est, je le pense, la culture qu'il faut promouvoir par-dessus tout. Or, les centres culturels et les écoles françaises sont les premières victimes de la rigueur, en règle général. Nous devrions à mon avis leur assigner des missions culturelles stratégiques : toucher les élites des pays où ils sont implantés, populariser la culture française, dispenser des cours de langue au plus grand nombre de personnes possible. C'est un domaine où il ne faut pas lésiner. Je pense également qu'il ne faut pas faire l'effort de se replier sur la seule francophonie. Nous avons complètement abandonné tout effort de pénétration culturelle et linguistique chez nos voisins européens. C'est pourtant là qu'il faudrait mettre le paquet, de même qu'en Amérique. Pour que le monde parle français, il faut que les décideurs et les élites pensent "en français". Il faut donc avoir une stratégie audacieuse et agressive de pénétration linguistique et culturelle au sein des élites mondialisées.
Cela suppose de ne pas placer des ânes ignares qui méprisent la culture française comme le socialiste Pascal Lamy qui considèrent le combat sur la francophonie comme un combat d'arrière-garde à des postes à responsabilité. Cela suppose aussi de recentrer nos aides et nos cadeaux à l'étranger vers la diffusion de notre culture (quel intérêt de financer un centre culturel au Chili, n'est-ce pas Monsieur Husson, sauf à ce qu'il bénificie d'une implantation culturelle du français sur place, mais ce n'est pas le cas...).
Bref, il faut avoir une stratégie et nous ne l'avons pas. C'est une dimension à laquelle François Bayrou semblait sensible en 2007 que le MoDem pourrait ajouter dans son programme politique pour 2012.
12:52 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : culture, diplomatie, armée, bayrou, francophonie, défense |
|
|
Facebook
Tweet
dimanche, 13 mars 2011
Libye, le temps presse...
Nicolas Sarkozy et David Cameron, bousculant l'Europe, ont laissé entendre que France et Grande-Bretagne pourraient intervenir directement en Libye pour empêcher l'aviation de Kadhafi de tirer sur son peuple et de réduire à néant l'opposition libyenne.
Je ne sais pas si la reconnaissance du Conseil National de l'opposition libyenne était une bonne chose ; je ne sais pas non plus s'il fallait promettre d'intervenir. Mais une chose est sûre : quand le vin est tiré, il faut le boire.
Évidemment, si nous avions été un pays démocratiquement idéal, voilà comment les choses se seraient passées : Nicolas Sarkozy aurait réuni d'abord les principaux responsables des partis pour entendre leur avis, puis aurait consulté son Ministre des Affaires étrangères ainsi que son Ministre de la Défense, et enfin, aurait rassemblé le Parlement en procédure accélérée pour obtenir ou non son assentiment.
Puisqu'il se veut énergique et actif, il aurait pu faire tout cela en trois jours, en limitant le débat sur une intervention militaire dans le temps, afin de ne pas se perdre en discutailleries pendant que Kadhafi bombarde sa population.
A l'heure actuelle, les forces libyennes perdent pied et se replient sur Benghazi, leur dernier bastion. Soit, dans les heures qui suivent, des avions décollent des bases aériennes françaises et britanniques, ou, tout du moins, un ultimatum est envoyé aux forces de Kadhafi, soit, une fois de plus, le Président de la France aura passé pour un charlot en voulant jouer au cow-boy.
Je ne suis pas sûr du tout qu'intervenir soit une bonne décision, loin de là, et à vrai dire, mieux vaut peut-être, passer pour des charlots que de se trouver en demeure de prouver l'efficacité réelle de nos fameux rafales.
Mais à quoi servait-il, alors, comme les Américains et leurs alliés en 1991 en Irak , de laisser l'espoir se lever, avec en filigrane la possibilité d'un appui aérien, pour finalement laisser écraser la résistance libyenne sans moufter ?
17:09 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : libye, benghazi, kadhafi, armée, frappes, sarkozy |
|
|
Facebook
Tweet
dimanche, 16 janvier 2011
Étonnante armée tunisienne...
S'il y a bien une institution qui m'a scotché, à l'issue des évènements récents en Tunisie, c'est l'armée. Je la croyais totalement inféodée au pouvoir, et je découvre qu'elle s'est montrée au contraire parfaitement indépendante dans cette histoire. Mieux : il semble bien qu'elle ait arrêté des membres de la famille Trabelsi qui cherchaient à fuir, et manifestement (cela semble confirmé par Le Monde) refusé clairement et nettement de tirer sur le peuple tunisien, au point, même, d'avoir joué un rôle dans le départ de Ben Ali ; ce dernier aurait été purement et simplement destitué par l'armée.
Il faut bien sûr demeurer prudent, mais cette armée-là, depuis le début de cette crise, me fait assez songer à celle de la Révolution des Oeillets en 1975 au Portugal. Tout le bien que je puisse souhaiter à la Tunisie, c'est qu'elle soit de ce calibre. Une armée nationale installant la démocratie dans un pays après une révolte populaire, ce serait une très belle histoire.
L'armée est apparemment occupée à rétablir l'ordre et à trier le bon grain de l'ivraie. Les incidents et des affrontements persistent en Tunisie. S'il est bien possible qu'il y ait quelques ex-éléments demeurés fidèles à Ben Ali, bouc-émissaires commodes en la circonstance, il y a bien plus prosaïquement ce que l'on appelle par chez nous et communément, de la racaille occupée à piller, voler, menacer et violer. Les Tunisiens détestent la racaille, c'est un peuple qui aime la stabilité. Si l'armée fait preuve de bon sens, mais cela semble le cas, elle aura certainement le soutien de la population. Comme le dit Fred, qui semble faire la même analyse que moi de l'armée tunisienne, pour construire une démocratie à l'issue de la chute soudaine d'une dictature, il faut une Armée plus attachée aux intérêts communs de la nation qu'à un clan particulier. Nous pensons l'un et l'autre que c'est le cas. J'observe que l'armée a dispersé récemment des manifestations, interdites en raison du couvre-feu, sans violence.
Il me semble, in fine, que le gouvernement provisoire, l'opposition légale, et l'armée, gèrent plutôt bien les choses, pour l'instant. Espérons que cela continuera. Mohammed Gamouchi me semble un homme politique responsable, sensé, intelligent et modéré.
23:04 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : tunisie, gammouchi, armée |
|
|
Facebook
Tweet
lundi, 01 novembre 2010
Inquiétant désarmement européen
Quand on observe dans le détail les plans de réduction de dépenses des grands pays européens, on observe que partout les budgets militaires souffrent.
J'avoue que je suis perplexe devant l'incohérence des pays européens. Ils sont engagés sur tous les continents, avec des forces parfois importantes, et, en même temps, ils réduisent toujours plus leurs moyens.
Bien plus grave : les mesures d'austérité touchent également la recherche dans le domaine des technologies militaires, tandis que des pays agressifs et expansionnistes, au moins localement, investissent, eux, de plus en plus.
Plus que jamais, l'Europe laisse l'Amérique supporter toute seule le fardeau d'assurer la sécurité du monde. Partout où il y a des crises, nous sommes désormais incapables d'intervenir, simplement pour des raisons financières.
Sans dépenses nationales, les industries d'armement n'auront plus guère de débouchés et seront condamnées à disparaître ou à vendre à outrance à l'étranger.
Dans ces conditions, l'OTAN a-t-elle encore un sens ? Je me demande ce que vont bien pouvoir se dire ses représentants les 19 et 20 novembre prochains.
Il me paraît au minimum nécessaire de conserver la suprématie au moins qualitative à défaut de quantitative.
Pendant ce temps, l'Iran, la Chine, la Corée du Nord, malgré sa pauvreté, développent des programmes militaires de plus en plus lourds. Or, ces pays sont des régimes despotiques, le premier et le troisième menaçant clairement la sécurité du monde. On peut également craindre qu'un jour des organisations terroristes s'associent pour développer à leur tour une recherche militaire en vue d'actions terroristes plus destructrices. Apparemment, il y a tout de même au moins une démocratie qui se soucie de l'expansion perse, sans doute parce qu'elle est la première concernée par le danger que cette expansion représente.
Couper dans les budgets militaires, c'est facile et cela ne mange pas de pain auprès de l'opinion. Attention, car c'est un calcul à court terme qui pourrait un jour nous coûter très cher. A la veille de la Seconde guerre mondiale, l'armée française n'avait pas même assez de cartouches de fusil pour munir ses soldats de munitions suffisantes, et trois cinquièmes de son aviation étaient hors d'usage.
23:38 Publié dans Europe, International | Lien permanent | Commentaires (23) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : armée, iran, chine, europe |
|
|
Facebook
Tweet
mardi, 23 février 2010
Guerre et condottiere
A la Renaissance, en Italie, une catégorie d'hommes de guerre, qui essaimera bientôt dans toute l'Europe, émerge : les Condotttieri, que l'on pourrait aussi traduire par capitaines. Ils ont leur matériel, leurs hommes, leurs armes et leur propre intendance. Ils guerroient pour les compte des États ou des cités et se paient en pillant et rançonnant les populations. Le blogue de l'Alliance Géostratégique tente un parallèle audacieux mais fort intéressant entre ces mercenaires du passé et la privatisation rampante des guerres en Occident, prenant acte de l'amuïssement progressif des armées nationales en terre démocratique, non sous l'effet d'une réduction des budgets, mais plutôt sous le poids des opinions publiques, portées à ne plus tolérer de morts. On peut, par exemple penser à Black Water, en Irak, aux armées privées utilisées par la France, comme celles de Bob Denard, dans les années 70 ou d'autres encore. Mais, le mieux, c'est encore de consulter le billet de l'Alliance Géostratégique...
09:22 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : mercenaire, guerre, armée, nation |
|
|
Facebook
Tweet
mercredi, 25 février 2009
Désengagement militaire, Bayrou l'avait dit...
Je viens de lire à quelques heures d'intervalle l'entretien d'Hervé Morin (Ministre de la Défense) dans l'Itinérant n°472. Il y annonce clairement l'objectif de passer de 13 000 hommes à 10 000 hommes en opérations extérieures et d'économiser ainsi jusqu'à 150 millions d'euros. Tiens, amusant, cela me rappelle exactement ce que Bayrou a dit en avril 2008. Je le cite :
«Dans les circonstances budgétaires que l’on nous annonce, et auxquelles les décisions de gestion du gouvernement prises dès le début de son mandat, nous contraignent plus que jamais, il ne sera pas possible de maintenir des hommes sur des théâtres d’opération aussi divers que le Kosovo (2000 femmes et hommes), la Côte d’Ivoire (2400), le Liban (1500), le Tchad (1100), bientôt le Darfour (2000), le détroit d’Ormuz (au moins 500), et l’Afghanistan (2900) ! Un homme sur le terrain en raison de la règle des trois tiers, service, préparation, repos, oblige à la mobilisation de trois hommes. Ce sont donc si je compte bien presque 40 000 personnels de nos armées qui sont ainsi requis, avec les questions de logistique, d’équipement, d’armement qui se posent et qui suscitent vous le savez, dans leurs rangs, bien des débats. La multiplication de ces interventions n’a jamais été à portée des armes de la France, et en tout cas ne le sera pas dans l’avenir. Il y a comme un divorce entre ces interventions tous azimuts et les moyens qui sont ceux de notre armée. Ce divorce posera des problèmes considérables.»
Il y eu un débat à l'Assemblée Nationale le 28 janvier dernier, à propos des Opex. Or, j'y ai lu avec attention l'intervention de Philippe Folliot au nom du Nouveau Centre. Il conclut en annonçant le soutien du Nouveau Centre à «la prolongation de l’intervention des forces armées en Côte d’Ivoire, au Liban, au Tchad et en République centrafricaine». Il a précisé qu'il était favorable aux réductions d'effectifs là-bas.
En Côte d'Ivoire, Hervé Morin, dans son entretien avec l'Itinérant déclare qu'il ne juge pas utile de «maintenir un tel niveau». Au Tchad, il annonce un toilettage des effectifs.
Ce que je retiens des débats, finalement, c'est que sur le fond, la France n'a plus les moyens de se maintenir en Afrique, mais qu'elle le fait tout de même pour sécuriser les zones du continent, du moins, là où elle est présente. Ce qui est fâcheux, c'est que sa présence ne se fait presque jamais avec l'aval des institutions internationales. Pour certains députés (essentiellement ceux de la majorité) la lenteur de l'ONU dans les situations d'urgence en est la cause.
Pour ma part, je pense qu'il faut en finir avec la Françafrique, que rien n'a remplacé actuellement, faute de mieux, mais qu'il ne faut pas prendre le risque de laisser un vide à la place. C'est d'ailleurs sans doute ce qu'ont craint non seulement les Français mais plusieurs autres États Africains jusqu'ici.
J'ai noté dans ce débat parlementaire deux observations qui me paraissent essentielles. La première d'Axel Poniatowski qui s'interroge sur l'implication des États Européens dans leur défense :
«La France, la Grèce, la Pologne et le Royaume-Uni consacrent chaque année environ 2 % de leur PIB à la défense, alors que les autres pays de l’Union européenne restent tous en dessous de la barre de 1 %. Il faudra engager tous nos partenaires européens dans une réflexion approfondie, sans tabou, pour examiner quelles ressources supplémentaires ils sont prêts à accorder à la défense des intérêts européens, qui sont les leurs.»
Et puis celle de Jacques Myard, bien que je ne partage pas ses conclusions :
«Pour paraphraser Churchill, l’Afrique est malheureusement devenu le « ventre mou » de l’Europe et de la France, qui subiraient directement les conséquences d’une déstabilisation de ce continent. En effet, comment maîtriser les flux migratoires si les pays d’émigration connaissent des troubles incessants ?»
Je ne suis pas du tout convaincu que la France prenne un grand plaisir à être présente en Afrique. Je pense que c'est une charge à tous points de vue pour elle. Il est grand temps que l'Europe s'empare de la question et remplace la France. Nous ne pouvons plus, surtout avec la crise, supporter indéfiniment de tels coûts seuls. Et puis cela ne peut plus être de la responsabilité exclusive de la France, a fortiori quand c'est à demi-décidé par la seule présidence de la République (il y avait certes un débat en assemblée, mais avec bien trop peu d'éléments et dans la hâte, et puis il ne s'agit que de débattre de la prolongation d'opérations militaires déjà en cours).
Il y a un pas qui n'est pas facile à franchir et que j'aurais aimé voir abordé lors de la présidence de l'Europe par la France, c'est la passation de pouvoirs entre la France et l'Europe. Et il faudra bien un jour parler également du siège français au Conseil de sécurité et de la dissuasion nucléaire. Il faut tenir le temps que l'Europe soit prête à les récupérer, mais je crois qu'à terme, nous n'avons plus la puissance nécessaire pour tout cela. Nous avons trop de problèmes, trop de difficultés à régler dans notre propre pays.
Il me semble qu'il faudrait se concentrer sur les points les plus chauds et les plus importants pour la sécurité du monde : frontière Pakistan-Afghanistan en priorité et Darfour où personne ne fait rien et où les morts s'accumulent par centaines de milliers. Je ne dis pas, bien sûr, que le reste n'est pas important, mais soyons réalistes : le matériel militaire est en mauvais état, nos dettes s'accroissent, notre industrie est en plein marasme. Nous n'avons plus les moyens d'être présents partout. Pas à ce coût-là, en tout cas.
J'ajoute une dernière chose à propos de l'OTAN : ce n'est pas la France qui doit la réintégrer, quand bien même les Russes considéreraient la France comme un contre-poids à l'Amérique, mais l'Europe comme bloc cohérent. L'OTAN ne devrait pas être une alliance des USA et de divers pays Européens, mais une alliance à deux têtes, l'une Américaine, l'autre Européenne. Une telle alliance n'est pas possible tant qu'une défense européenne n'est pas construite. Le chemin sera long...beaucoup de pays européens se satisfont très bien de la situation et regardent d'un sale oeil un éventuel accroissement de leurs dépenses militaires pour assurer leur sécurité. Et même quand ce n'est pas le cas, un certain nombre d'entre eux ne croient qu'au leadership américain, tout simplement parce qu'il s'est montré efficace pendant un demi-siècle en Europe...
La quasi-invisibilité européenne en Bosnie dans les années 90 n'a pas amélioré les choses...
16:14 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : armée, opex, bayrou, morin, défense |
|
|
Facebook
Tweet
mercredi, 20 août 2008
Les militaires français étaient-ils suffisamment protégés en Afghanistan ?
Dix soldats français sont morts en Afghanistan. 21 sont blessés. J'aimerais en savoir plus sur les circonstances d'un drame d'une telle ampleur. Je m'interroge de longue date sur la structuration du budget de la Défense et rappelle les mises en garde de Philipppe Nogrix, sénateur UDF-MoDem, à ce sujet. Chaque année des économies supplémentaires sont faites au détriment de la Défense alors que l'on donne toujours plus de missions à l'armée. Je me souviens d'avoir lu dans le Canard Enchaîné que les troupes françaises en Afghanistan manquaient de matériel de protection et de détection. Les combats, on le sait, ont duré toute la nuit, si bien que je comprends de ce qu'il s'est passé, que nous avons eu affaire à un quasi-épisode de guerre conventionnelle (pour laquelle les Talibans étaient lourdement armés, apparemment).
Cela fait des mois et des mois que je réclame un débat parlementaire sur nos objectifs en Afghanistan. J'aimerais bien qu'il survienne une bonne fois pour toutes. Plus généralement, il serait grand temps de définir nos priorités au lieu de disperser nos forces aux quatre coins du monde, avec un matériel souvent vétuste ou inadapté et surtout insuffisamment rénové.
EDIT : une information que j'ignorais :
François Bayrou (MoDem), a déclaré : « Devant des pertes aussi lourdes (...) la question des moyens, des matériels à mettre en oeuvre pour assurer la sécurité des soldats engagés dans des actions de guerre devra être posée. »
10:07 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : armée, afghanistan, soldat, mort, bayrou |
|
|
Facebook
Tweet
mercredi, 23 juillet 2008
Armée : la mise en garde de Philippe Nogrix
Philippe Nogrix, Sénateur UDF-MoDem, est, entre autres, un spécialiste des questions militaires. En novembre 2007, il présentait au nom de la commission des Affaires étrangères du Sénat ses analyses sur le budget consacré à la préparation et l'emploi des forces militaires, dans le projet de loi de finances 2008. La conclusion de son rapport me paraît particulièrement d'actualité à l'heure où le gouvernement a choisi de sévèrement réduire les effectifs militaires.
La voici :
Les crédits de fonctionnement courant des armées constituent la principale variable d'ajustement du budget de la défense : leur compression ne suscite pas d'effets négatifs immédiats, à la différence de ceux affectés aux personnels, et ne semble pas affecter l'avenir, contrairement à ceux consacrés à l'équipement.
Or les effets d'un budget de fonctionnement courant insuffisant sont insidieux, et ne révèlent leurs potentialités négatives qu'avec retard.
Cet effet « retard » entraîne deux conséquences majeures : il contribue à une démoralisation des personnels, sans être toujours clairement identifié. Pourtant, le fait de travailler, de s'exercer, de résider dans des locaux insuffisamment entretenus, dégradés, ravaudés avec des « bouts de ficelle » pèse indéniablement sur l'image que le ministère de la défense donne de la mission qui lui est confiée par la Nation, et aussi sur les personnels qui y concourent.
De plus, les financements requis par une rénovation s'effectuant au terme d'une trop longue période de délaissement s'en trouvent considérablement accrus.
La qualité de l'entraînement, qui est la meilleure « assurance-vie » du combattant, peut être également affectée par des financements trop « justes » en carburant, en munitions, voire en tenues.
Moi, j'ai entendu que nos soldats en Afghanistan manquaient des moyens nécessaires pour pouvoir identifier et se protéger des mines et explosifs associés...
Le bon déroulement de ces exercices peut être entravé par la pénurie financière qui touche souvent les petits programmes de cohérence dont l'impact semble infime au regard de celui des équipements majeurs. Mais les chars, les bâtiments, comme les aéronefs de dernière génération technologique requièrent, pour fonctionner, un approvisionnement continu en pièces de rechange.
Quand je pense que Philippe Nogrix a rendu son rapport en novembre dernier...Prémonitoire à tous points de vue pour qui a lu le Canard Enchaîné ces deux derniers mois : 50% de notre matériel militaire est hors-service, et une opération de sauvetage d'otages français a bien failli capoter parce que nos navires tombent en panne...
Il y a donc à la fois une facilité et un danger à sous-estimer ce type de crédits, d'autant que les armées se sont attachées, parfois de leur propre initiative, à mutualiser leurs besoins et leur gestion depuis la professionnalisation pour en réduire les coûts.
Les coûts élevés requis par le MCO des matériels modernes, notamment aéronautiques, ont été reconnus, et des structures ont été mises en place (SIMMAD, SIAé) pour concilier impératifs industriels et maîtrise des financements.
En revanche, le recours à la location de services pour assurer des fonctions annexes au métier militaire, comme l'entretien des locaux et des espaces verts, leur gardiennage éventuel, le transfert des personnels, l'entretien de leurs tenues, semblait économiquement et fonctionnellement raisonnable, avec la professionnalisation des armées.
Leur coût, parfois prohibitif au regard de la qualité du service rendu (constatation qui n'est pas limitée au seul secteur des armées !) pose la question de leur éventuelle réintégration au sein des personnels de la défense.
07:42 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : nogrix, modem, défense, armée |
|
|
Facebook
Tweet
mercredi, 02 juillet 2008
Sarkozy et le relâchement des armées...
D'un côté, Nicolas Sarkozy a raison de déclarer que ce qui s'est passé à Carcassonne n'est pas "normal". Sur ce point, je ne lui donne pas tort. En revanche, je ne vois pas en quoi est fondée la démission du chef d'état major des armées. Parce qu'enfin, qui compresse sans cesse les budgets de l'armée et veut justement supprimer 54 000 postes dans les années à venir ? Et puis comme d'habitude, Nicolas Sarkozy réagit à chaud sans attendre les résultats de l'enquête. Il a laissé entendre que c'était toute la chaîne de commandement qui allait morfler : moi je veux bien si sa responsabilité est vraiment en cause. mais est-ce le cas ? Si le Président dispose d'informations justifiant son propos, qu'il le dise. J'ai le sentiment que l'on est encore dans la précipitation.
Moi, je suis en accord avec cette phrase du président :
«D'après tout ce que le monde pense, la piste criminelle semble évacuée. Cela n'enlève pas la gravité des choses, les victimes restent les victimes quelles que soient les intentions, que ce soit criminel ou une grande imprudence»
Et surtout, la contradiction dans les propos qui suivent me gêne profondément :
«C'est au procureur de la République de dire ce qui s'est passé». Mais, «avec le ministre de la Défense, nous sommes décidés à tirer les conséquences, s'agissant des responsabilités administratives»
Alors, si c'est au procureur de lui dire ce qu'il s'est produit, qu'il attende d'en avoir des informations avant de menacer toute l'armée de ses foudres.
12:36 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note
| Tags : sarkozy, armée, carcassonne |
|
|
Facebook
Tweet
mardi, 17 juin 2008
Armée, éducation, même combat...
C'est impressionnant de voir comment les mêmes raisonnements produisent les mêmes effets. Après avoir massacré l'Education Nationale, Sarkozy et Fillon s'apprêtent à décapiter notre armée nationale.
54 000 postes en 4 ans de supprimés. Si vraiment nous n'avons plus de moyens, qu'il cesse de promettre l'intervention de la France sur 36 théâtres d'opération, ce qui coûte très cher, et qu'il utilise nos fonds pour moderniser et réparer notre matériel. Et au moins protéger ceux qui sont au contact d'opérations armées ! Nos soldats en Afghanistan n'ont pas de protection contre les mines !
J'en ai assez, moi, des marioles. Nos militaires sont estimés dans le monde entier pour leur professionnalisme, et cela, Sarko and co s'apprêtent aussi à l'anéantir. Et pendant ce temps, il a fait dépenser des sommes considérables pour des mesures à la c.., socialement injustes. Ras-le-bol de cette présidence à courte-vue !
Mais comme d'habitude, c'est la même manière de raisonner qui prévaut : pas question de repenser une armée moderne adaptée aux conflits de notre temps ; non, tout comme pour l'éducation nationale, du verbiage et des boniments avec pour unique objectif de réaliser le maximum d'économies. Comme d'habitude, Sarkozyet son gouvernement affichent un objectif chiffré de postes à supprimer, au lieu de réfléchir à l'évolution souhaitable de notre défense et de nos forces armées, et, APRES seulement, à définir les secteurs où l'on peut réaliser des économies. Par ailleurs, nous devons aussi adapater notre doctrine à nos moyens. Absolument rien de cela n'est fait. Et je parie que les crédits de la recherche militaire sont rognés, de même que ceux du renseignement, alors que ce sont deux secteurs tout à fait cruciaux.
En tout cas, il n'est plus acceptable que le Président de la République Française décide de la participation ou non de notre armée à des conflits armés ou des opérations de maintien de la paix vu l'état de notre matériel et de notre armée. Le Parlement doit réagir une bonne fois pour toutes et se saisir de la question.
15:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : armée, défense |
|
|
Facebook
Tweet



