mercredi, 24 août 2011
Libye, il va falloir gagner la paix, désormais...
Tripoli semble sur le point de tomber complètement. La rébellion a gagné son pari et l'on peut gager que sa victoire définitive dans tout le pays est une question de semaines. Je l'ai écrit à plusieurs reprises ici, c'était une question de temps. Les forces armées rebelles ne pouvaient que s'améliorer et commencer à s'organiser au fil du temps.
Cette situation, l'Europe et l'Amérique l'ont déjàn vécue : en Afghanistan en 2001. Il va falloir désormais, faire preuve de beaucoup d'intelligence et de sens diplomatique.
Il s'agit d'aider les populations à se développer en parvenant à passer au travers des réseaux de corruption tout en respectant les hiérarchies d'allégeance.
Un premier objectif est la réconciliation nationale : il faut offrir la paix des braves aux pro-Kadhafi (en fait aux tribus de Syrte) à condition qu'ils n'aient pas trempé dans des crimes horribles, bien entendu.
Le CNT ne veut pas de bases de l'OTAN et il a tout à fait raison. Nous devrions nous hâter de conclure les premiers accords commerciaux. Le Brésil, la Russie et la Chine sont désormais bien embarassés. C'est bien fait pour eux, et j'espère que leurs prises de position auront des conséquences commerciales.
Ce que je juge rassurant, c'est que le CNT comprend des individus de qualité, comme Moustapha Abdeljalil qui veut éviter à tout prix les actes de vengeance. La grande difficulté pour le CNT va être d'asseoir son autorité. En Afghanistan, Karzaï avait eu une bonne idée, mais trop tardive : la convocation de la loya jirga, la grande assemblée des tribus. Si le fait tribal a une importance comparable en Libye, il faudra comprendre dès le début que rien ne se fera sans elles. Et ce n'est pas simple, il suffit par exemple de considérer la réaction de la tribu d'origine du Général Younès après l'assassinat de ce dernier.
L'après Kadhafi ne sera pas une partie de plaisir. Nos diplomates vont avoir du travail, en espérant que les erreurs commises en Irak et en Afghanistan ne se répètent pas en Libye.
Notamment, il ne faudra pas gommer certaines réussites de Kadhafi, notamment les résultats obtenus dans le domaine de l'éducation et de la condition féminine, par exemple.
En somme, un avenir encore fort incertain, et beaucoup de défis à relever.
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mardi, 05 juillet 2011
Il est doué Saif...
J'ai lu l'entretien que Saif-Al-Islam, le deuxième fils de Kadhafi a donné au Quotidien Le Monde. Il est doué, ca gars-là. Chaque fois que je l'entends ou que je le lis, je le trouve convaincant. Pas de chance, il n'est pas du bon côté. Difficile de lui demander de se retourner contre son père à qui il doit tout.
Oh, certainement c'est un "libéral", enfin, si ce terme a encore un sens dans les régimes d'oppression. Sans la révolte en Cyrénaïque, assurément, il eût eu les faveurs de l'Occident. La jeunesse dorée libyenne se serait sans doute tout à fait satisfaite des réformes qu'il promettait. En fait, dans ce type de régime, libéraliser le régime, c'est promouvoir une certaine forme d'occidentalisation des moeurs et laisser plus ou moins les médias diffuser des émissions anglo-saxonnes.
Le problème, c'est qu'il y a une autre jeunesse. Celle qui n'a jamais profité du pétrole et de ses gains et qui croupit dans les bleds. Et celle jeunesse-là, elle l'a mauvaise.
Saïf a une bonne communication avec l'Occident, et c'est vrai que nous autres Français, on a l'air de girouettes, avec les tapis qu'on a déroulés à son père par le passé.
C'est clair, Kadhafi doit de poser des questions : il se dit "mierda : pourquoi ils viennent me faire ch...Je me suis rangé, je ne soutiens plus le terrorisme et on a le même ennemi avec l'islam fanatisé d'al qaeda and co...En plus, on m'a déroulé le tapis rouge à Paris, et maintenant, le seul tapis qu'on me déroule, c'est un tapis de bombes...".
En tout cas, il y a une chose qui doit être claire : si nous, Français, désirons que la rébellion l'emporte, il ne va pas falloir se contenter d'une aide militaire. On commence à sérieusement tirer la langue, à Benghazi, faute de ressources et de biens de consommation courante. Il faut donc à la fois envoyer ce qu'il manque, et en même temps injecter de liquidités pour stimuler la production locale.
Quand un pays décide une assistance militaire, il devrait toujours consulter des économistes et des banquiers pour prévoir aussi l'aide économique qu'il devra apporter.
Il faut bien se dire un truc, et les leaders du CNT l'ont bien compris : si nous, Français, et nos amis Anglais, plus généralement nous Européens, ne mettont pas en place des réseaux de solidarité, ce seront les islamistes qui le feront ; et ils auront ainsi remporté le jackpot après que nous ayons financé une très coûteuse intervention militaire.
Il fauit comprendre ça, au 21ème siècle : la guerre militaire exclusivement, ça n'existe plus. On gagne en construisant des hôpitaux, en payant les gens et en leur apportant de la nourriture. Qu'on se le tienne pour dit.
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dimanche, 19 juin 2011
Libye, tenez bon, Sarko et Juppé !
Il y deux points de vue sur la Libye (en fait, trois pour être plus précis) : d'un côté, les talibans djidahistes de l'anti-sarkozysme de l'autres quelques esprits nettement plus avisés.
Il faut le voir le Allain Jules, prenant parti purement et simplement pour la dictature khadafiste sanglante et traitant de voyous les rebelles de Benghazi. J'ai cru halluciner en lisant son billet. De l'authentique politburo dans la plus pure tradition stal(inienne) genre Grands Procès de 36 recyclé à la sauce tiers-mondiste, alter-mondialiste et anti-sarkozyste.
C'est pas possible : c'est Séïf qui l'a payé ou quoi, pour pondre un...Non, attendez, ce n'est pas possible : ça doit être un troll, je ne me l'explique pas autrement. Avaler à ce point la propagande du fils Kadhafi, ce n'est pas possible. Il devrait méditer l'aphorisme fameux de Pascal, notre alter-blogueur : l'homme n'est ni ange ni bête, mais le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête...
Non, Sarkozy a raison de s'obstiner (pour une fois) ; il faut tenir et tenir bon. Le Général Pinatel analyse très bien la situation, me semble-t-il. J'ai observé que sur les guerres, les militaires ne se trompent pas trop et estiment assez justement ce qui est possible et nécessaire.
Le temps, à condition de maintenir la pression, joue en faveur de la rébellion et des forces européennes et occidentales venues à son secours. Il ne faut pas lâcher prise.
Au passage, il me semble que Robert Gates, le secréataire américain à la défense, pointe assez justement une conséquence directe de la pression budgétaire qui pèse sur la défense européenne : plusieurs pays européens auraient voulu participer à la coalition, mais ils n'ont tout simplement pas les moyens militaires de le faire.
Attention : à force de considérer la défense comme notre première variable d'ajustement budgétaire, nous autres Européens, nous pourrions bien nous condamner un jour à être les spectateurs impuissants des répressions des peuples. Et ce ne seront ni los indignados los cretinos ni les grincheux et encore moins les "flotilles de cretinados la liberté" qui viendront à leur secours...
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mardi, 03 mai 2011
Kadhafi : l'OTAN will survive...
La lutte est rude en Libye. L'insurrection doit apprendre le langage des armes et elle paie cher cet enseignement. Misrata est une ville martyre : Kadhafi fait tout pour tenter de provoquer l'agonie de ce qu'il y reste de population, allant jusqu'à miner le port.
Malgré tout, même si l'expédition militaire ne ressemble en rien à l'avancée éclair des forces rebelles au début de la révolution, elle n'en finira pas moins par porter ses fruits.
La bataille des airs est une guerre d'usure : elle ne détruit les forces ennemies que petit à petit. Toutefois, comme elle dispose d'un véritable relais au sol, fût-il encore bien inexpérimenté, on peut penser qu'elle finira par faire tomber Kadhafi et ses séides. Je ne puis que renvoyer à la fine analyse d'Olivier Kempf (Blogue géostratégique EGEA) à ce sujet.
L'OTAN sait qu'elle doit à tout prix éviter l'erreur fatale de toucher des populations civiles. Pour l'instant, elle se tire de cette embûche avec honneur.
Il faut aussi dire que ce sont les Anglais et les Français qui mènent la danse et assurent l'essentiel de l'opération avec leurs aviations. Or, ces deux peuples ont l'expérience des bombardements. Je veux dire par là qu'ils les ont vécus dans leur chair pendant la Seconde Guerre Mondiale. Les pilotes britanniques en particulier sont réputés prendre plus de risques pour ne pas toucher de civils en passant à basse altitude. C'est pour cela qu'ils avaient subi plus de pertes en 1991 en Irak, d'ailleurs.
On peut donc penser que pouvoirs politiques et état-majors français et britanniques sont très soucieux d'épargner les populations civiles. Bien sûr, Kadhafi dispose d'un certain soutien de la Tripolitaine, mais, dès lors que les forces alliées et les rebelles prendront bien soin de ne pas exercer de représailles ni de frappes contre les populations civiles, on peut espérer que ce soutien s'érode au fil du temps.
Le temps ne joue pas en faveur de Kadhafi. Il devra l'admettre tôt ou tard. Ses troupes se sont certes adaptées aux frappes de l'OTAN en apprenant à se disperser rapidement puis à se reformer au moment des attaques, mais les ressources de Kadhafi ne sont pas infinies.
L'inconvénient, évidemment, c'est que les moyens que les alliés mettent en oeuvre ne sont pas immenses. Même si les Anglais et les Français engagent des forces qui sont loin d'être négligeables, elles sont très minces (voir ce qu'en dit O.Kempf sur son blogue) au regard des ressources nécessaires pour une campagne rapide, ce qui a contraint les Américains à revenir dans le jeu.
Néanmoins, à terme, je suis convaincu que la France et l'Angleterre en particulier auront gagné un prestige considérable en agissant comme elles ont décidé de le faire depuis le début de cette révolution.
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vendredi, 08 avril 2011
Laisserons-nous mourir Misrata en silence ?
Je me demande ce que la coalition traffique en Libye. Son seul fait d'armes, ces derniers jours, c'est d'avoir canardé (faute de renseignement précis du commandement insurgé, il est vrai) des chars rebelles.
Pendant ce temps, la peur s'est installée à Misrata. Là-bas, des mercenaires payés grassement par le clan Kadhafi répandent la terreur. Qu'est-ce qu'on attend pour aller les bombarder ? Ces salopards violent des libyennes et tirent à vue sur des enfants. Il n'y a plus d'eau, plus de nourriture, plus de médicaments, et les blessés agonisent dans les hôpitaux.
Les gens qui se battent dans Misrata, ce ne sont même pas les insurgés, mais de simples civils qui cherchent à survivre : les forces de Kadhafi tirent à l'arme lourde sur les gens, les épiceries, les pharmacies, bref, tout ce qui permet une vie ordinaire dans une ville ordinaire.
Nos missiles SCALP nous permettent, apparemment, de frapper avec la plus grande précision, sans danger pour nos avions, sans gaspillage et sans dommages collatéraux.
Alors, Monsieur Juppé, on attend quoi ?
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samedi, 26 mars 2011
L'Europe peut-elle encore quelque chose ?
J'avoue que l'Européen pourtant convaincu que je suis devient de plus en plus sceptique, ces derniers temps, vis-à-vis de l'Europe. L'incoyrable faiblesse de ses instances, quand il s'est agi de soutenir les rebelles en Libye me paraît du plus mauvais augure.
J'ai parfois le sentiment que l'Europe est devenue tout juste bonne à transmettre des directives de commissions occultes nommées par les États, pas même par le Parlement européen.
La culture de la négociation qui règne au Parlement finit par se confondre avec celle de la compromission dans bien des cas. En fait, l'Europe ressemble de plus en plus à l'ONU, c'est à dire un machin bureaucratique juste bon à fixer des règles financières et économiques, et encore. Une zone de libre-échange avec des règles communes, en somme. Jamais l'Europe politique n'a paru aussi lointaine.
Finalement, dans l'affaire libyenne, le moteur européen, c'est la bonne vieille alliance franco-britannique. A cette dernière s'ajoutent le Danmark, la Belgique, la Norvège et l'Espagne dont les apports sont loin d'être négligeables (plusieurs avions de combat, ce n'est pas rien !). Il y a bien sûr le Canada, allié de toujours, et l'Amérique qui participent en fournissant la logistique ou des avions. Des avions qataris, enfin, pays le plus libéral du Golfe, serait en route vers les côtes libyennes.
Hélas, l'Europe est avant tout un polygone à géométrie variable : selon que cette dernière soit économique, politique, militaire et/ou diplomatique, le polygone prend des formes diverses, s'étend ou se rétrécit, sans former clairement une figure définie. Marielle de Sarnez le disait il y a peu,
Quand un peuple se trouve livré à la menace meurtrière de son dirigeant, c'est bien de l'essentiel qu'il s'agit. Alors grâce aux efforts de la France et de la Grande-Bretagne une résolution a été adoptée. Nous avons pu empêcher que Kadhafi n'atteigne Benghazi, mais la division de l'Europe est consternante !
J'adore ce que Juppé a dit à propos de l'Europe jeudi (il est vraiment exceptionnel, comme Ministre des Affaires étrangères, cet homme-là !) :
«Pour beaucoup de nos partenaires, l’Union européenne est une ONG humanitaire. Ce n’est pas notre conception.»
Tout à fait. Et pas la mienne non plus. J'ai trouvé, au passage, sa position sur le rôle de l'Europe dans l'affaire ivoirienne très juste :
«l’Union européenne n’a pas vocation à régler tous les problèmes de la planète. D’autres organisations doivent prendre leurs responsabilités».
Tout pareil. Il pense à l'Union africaine ou encore à l'ONU. La France peut jouer un rôle diplomatique, mais elle n'est pas le pompier de la planète.
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Libye : stupide presse française !
Décidément, côté presse française, on n'a pas compris que la JIRNA, l'agence d'information kadhafiste est avant tout un instrument de propagande. Quand je vois le Parisien reprendre idiotement les communiqués de la dite agence, la moutarde me monte au nez. La JIRNA annonce 114 morts civils à cause des bombardements de la coalition. Pourtant, même si on reste prudent du côté des alliés coalisés, on fait valoir que les objectifs visés sont très précis. Par ailleurs, au milieu de la semaine, l'aviation britannique a renoncé à une mission par crainte de toucher des civils. Dans la tactique de la coalition, c'est le paramètre prioritaire.
Et pendant ce temps, on trouve des organes de presse pour relayer avec des titres péremptoires la propagande kadhafiste. Ils ont des actions dans le régime ou quoi ? Le bon sens eût été de titrer quelque chose du genre "la JIRNA affirme que..." , pas "Libye les raids de la coalition ont tué 114 civils".
Cela donne juste une idée du niveau de rigueur du Parisien dans la couverture des évènements.
08:46 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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lundi, 21 mars 2011
Pensons aux civils libyens !
Il y a quelques bisbilles entre Britanniques et Français à propos de Kadhafi. Le Foreign Office estime que le mandat de l'ONU l'autorise à viser spécifiquement Kadhafi. Ce n'est pas la position (et à raison !) du Quai d'Orsay. Notre mission devrait juste se limiter à neutraliser l'aviation et les blindés de Kadhafi. Le reste est entre les mains du peuple libyen. S'il veut se débarasser de Kadhafi, il s'en débarassera, et s'il souhaite le garder, il le gardera.
En revanche, ce que nous pourrions faire, avec une protection militaire, c'est d'aider les populations civiles à coups de parachutage d'eau et de vivres.
De même il ne faut en aucun cas prendre le moindre risque avec des civils. J'ai appris que ce matin, les Anglais avaient abandonné une opération en cours en raison de la présence de civils. Ils ont eu tout à fait raison. Ce doit être même une priorité stratégique absolue : aucune perte civile.
Par ailleurs, beaucoup de pays souhaiteraient que l'OTAN prenne le relais de coalition : surtout pas malheureux !!! Catastrophe dans l'opinion arabe si un tel choix était fait. La France renâcle à cette substitution, et elle a tout à fait raison.
Tout de même, depuis que Juppé est aux affaires, c'est autre chose, notre diplomatie...
Toute la difficulté, désormais, cela va être de prendre langue avec la société civile libyenne. On connaît très peu de choses sur la Libye. Pour ma part, je me souviens très bien qu'à l'époque où je dévorais les publications de l'IFRI sur le monde arabe, je ne trouvais rien sur la Libye, pays qui m'intéresse de longue date.
Il y a tout de même un élément qui m'interpelle depuis le début de la révolte : Benghazi est le chef-lieu de la Cyrénaïque, Tripoli de la Tripolitaine. La première est plutôt proche de l'Égypte, la seconde de la Tunisie. C'est de Cyrénaïque que se sont produites les tentatives d'assassinat de Kadhafi au début des années 2000 et également là-bas que des groupes salafistes se sont développés, notamment à Benghazi. Je ne fais évidemment pas de procès d'intention aux insurgés, mais j'observe tout de même que les premières armes ont été prises via une attaque-suicide contre une caserne...
Il me semble que notre diplomatie devrait être très prudente sur ce point : il ne s'agirait pas d'apparaître comme des alliés de la Cyrénaïque contre la Tripolitaine.
Kadhafi a bien des travers, mais il ne faut pas le réduire à son seul despotisme : la Libye est aussi le pays le plus développé d'Afrique, du point de vue des conditions de vie des individus, et, il a également fait beaucoup pour la condition des femmes libyennes en leur ouvrant la voie des études et en reculant l'âge du mariage.
A cela s'ajoute qu'il existe près de 150 tribus différentes dont nous ne connaissons quasiment rien. Le renseignement français a du boulot, et il ferait bien de s'ateler à la tache assez vite...
14:25 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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samedi, 19 mars 2011
Les coups tordus de Kadhafi
On se dit finalement que Kadhafi est vraiment incorrigible. Je me disais hier que son clan était peut-être réintégrable dans le jeu politique libyen, mais je crois qu'on ne peut rien obtenir de manipulateurs et de menteurs.
Kadhafi tente une fois encore de semer la confusion faisant croire qu'il respecte le cessez-le-feu imposé par l'ONU. Ce ne sont que des déclarations, puisque ce matin, il semble bien qu'un avion pilonne des positions insurgées. Mais comme l'information est incertaine, dans notre univers mondialisé propice à toutes les confusions, ses déclarations permettent de semer un doute. Or, il n'y a pas de doute.
L'aviation de l'ONU doit intervenir au plus vite, même si je conçois la difficulté opératoire qu'il y a à faire oeuvrer les aviations de plusieurs pays pas forcément habitués à agir ensemble (Europe et pays de la Ligue Arabe en particulier).
08:04 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Marine Le pen comme Chavez et la Corée du Nord
Ah, je l'ai trouvée comique, la Marine, comme on dit au FN ; c'était Trafalgar, hier. Voilà une personnalité qui craignait en fait de Libye, en début de semaine, de devoir accueillir des réfugiés. Pour être plus précis, elle envisageait surtout de les jeter à la mer. Et la voilà assez gonflée pour expliquer que la zone d'exclusion aérienne, en Libye, au début de la semaine, elle était pour, mais que maintenant, c'est trop tard.
Non, en fait, Marine Le pen, la démocratie, elle s'en fout. Pour elle, en Libye, c'est juste une guerre civile. Laissons donc ces braves gens se massacrer, cela ne nous concerne pas, en somme. Voilà sa position. Quant à ses modèles, la Chine et la Russie, deux grandes "démocraties" devant l'Éternel. Ou encore la Turquie dont le président (Un islamiste de longue date, rappelons-le) vient recommander aux émigrés aussi bien en Allemagne qu'en France de ne surtout pas s'assimiler, ils nous donnent une idée assez claire de la diplomatie du FN en action. Au demeurant, ce sont les priorités diplomatiques de ce parti dans son programme politique. Quant à l'Allemagne, je renvoie à la très bonne analyse de Gilbert Casasus dans Marianne2 : des considérations purement égoïstes voire cyniques. L'Allemagne traverse une mauvaise passe, avec Angela Merkel.
Laurent Pinsolle a raison d'observer que pour une fois, on peut donner quitus à Sarkozy de son activisme sur la scène internationale. Quitus à Sarkozy, mais également un grand bravo au talent diplomatique d'Alain Juppé, qui a montré l'étendue de son savoir-faire dans cette cause. C'est d'ailleurs à lui que Marielle de Sarnez rendait hier hommage.
Voilà, ça, c'est la diplomatie en version FN. Et ça vient nous parler de grandeur de la France. Laissez-moi rire.
En fait, Kadhafi a trois amis : Chavez, la Corée du Nord et...Marine Le pen...
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