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vendredi, 11 mars 2011

Sarkozy et la Lybie à quitte ou double

Et voilà, Sarkozy a court-circuité une fois de plus nos alliés européens, et, bien sûr, son propre ministre, Alain Juppé, qui a appris la nouvelle par la presse : la France serait donc prête à neutraliser militairement l'aviation de Kadhafi, en compagnie de la Grande-Bretagne.

Bien sûr, plusieurs pays occidentaux n'ont sans doute pas oublié l'implication passée de Kadhafi dans une série d'attentats dans les années 80, mais je subodore fortement qu'il y ait également de leur part une forte volonté de ne pas rater le coche.

Moi, j'avoue que je suis gêné : Nicolas Sarkozy a déroulé le tapis rouge au colonel Kadhafi, a tenté de lui vendre des centrales, et maintenant, il veut le chasser avec son aviation. 

La situation ne me paraît pas claire en Lybie : certes, il y a une véritable volonté populaire, mais je note aussi qu' a été nommé comme chef de l'opposition un ancien ministre de Kadhafi, c'est à dire, en somme, un homme qui a partagé un certain temps les mêmes vues que lui.

Moustapha Abdeljalilb est l'ancien ministre de la justice de Kadhafi. Jusqu'à l'année 2010, je n'ai pas souvenir de l'avoir entendu moufter contre Kadhafi et ses sinistres pratiques.

Le vocable "opposition libyenne" est subitement apparu ces deux dernières semaines, dans le vocable journalistique, mais le fait est que je ne sais pas du tout qui il y a dans la dite opposition.

On dit qu'il y figure des opposants de l'étranger, complètement inconnus de la population, des libéraux, des monarchistes, des islamistes (qui attendent leur heure), des notables reconnus de l'ère Kadhafi, bref un assemblage très hétéroclite dont on ne voit pas clairement le projet.

A cela s'ajoute que le soulèvement populaire se défie de ces oppositionnels auto-proclamés et qu'enfin, il semble bien que le poids des tribus soit déterminant pour fixer l'issue des troubles.

Bref, le problème, c'est que je ne sais pas ce que Nicolas Sarkozy a exactement reconnu, et que je me demande s'il le sait exactement lui-même.

Si Kadhafi a vraiment demandé la possibilité de fuir le pays sans dommages avec sa famille (je l'ai entendu, mais est-ce vrai ?) pourquoi l'opposition libyenne a-t-elle refusé une solution qui épargnait bien des vies humaines ?

L'Italie a refusé de se joindre à l'Angleterre et à la France. J'imagine que Berlusconi a trop le sens des fines parties passés avec le compère Mouamar pour avoir le coeur d'aller saboter ses joujoux désormais.

Il semble que BHL soit devenu notre nouveau ministre des affaires étrangères, et pas seulement celui de la France : l'Egypte aussi, puisqu'il envisage que l'armée égyptienne se charge d'une partie du sale boulot.

La diplomatie est un art difficile. Je ne sais pas, in fine, si Nicolas Sarkozy a tort ou raison de reconnaître le camp adverse en Libye. Mais je trouve que nous manquons singulièrement d'éléments pour juger, que nous nous précipitons beaucoup, et j'espère enfin que ses seuls buts ne sont pas de se refaire une santé dans l'opinion et de mettre la main sur la production de pétrole en Libye.

Nicolas Sarkozy envisage que la France assure seule la couverture  de la zone d'exclusion aérienne en Libye ! Mais en avons-nous vraiment les moyens ?

En tout cas, nous devrions nous limiter vraiment à un engagement minimal : neutraliser l'aviation et pas plus. Cette histoire-là sent le souffre à plein nez...

14:26 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : libye, sarkozy |  Facebook | | |

mercredi, 02 mars 2011

Attaquer en Libye ? ça va pas la tête ?

Ils sont amusants, les Américains. En 15 ans, ils se sont déjà englués dans trois bourbiers : Somalie, Afghanistan et Irak. En 1986, si je ne m'abuse, ils avaient déjà procédé à un bombardement de Tripoli. Ils ont l'expérience (en théorie) des guerres : ils savent qu'un bombardement fait toujours des dommages collatéraux, à la notable exception des bombes-laser (et encore !...) mais comme ces dernières ne représentent que 8 à 10% des arsenaux...

Ayant mis en place une zone d'exclusion aérienne en Irak, du temps de Saddam, ils savent aussi que cela passe par la neutralisation des défenses aériennes de la zone visée.

Donc, en somme, pour mettre en place la dite zone en Libye dans les environs de Tripoli, il faut canarder la ville, avec la quasi-certitude de toucher des civils. Très intelligent.

Est-ce que l'opposition libyenne a demandé quelque chose ? A ma connaissance, non. Bref, Alain Juppé qui est un vieux de la vieille et auquel on ne la fait pas, a tout de suite percuté que les conséquences seraient désastreuses sur les opinions arabes des pays concernés (et d'ailleurs sur toute l'opinion arabe en général).

Quand on est personna non grata quelque part, on évite de la ramener en roulant des mécaniques. 

Bref, si vraiment les Libyens nous appellent à l'aide, ils nous le feront savoir. Dans l'immédiat, le mieux à faire, c'est de fournir des vivres et des médicaments aux populations sinistrées.

Il me semblait qu'avec l'expérience des merdiers dans lesquels elle s'est fourrée, l'Amérique apprendrait. Restons optimiste : en principe, Hilary Clinton est une femme d'expérience. Ça ne coûte rien (quelques dizaines de millions de dollars mises à part) d'amener quelques porte-avions dans le Canal de Suez, mais cela coûterait très cher en revanche, et pas seulement financièrement, d'utiliser les avions qui sont dessus.

Allons, terminons sur une petite remarque amusante et festive : ce qui pourrait bien exploser en vol, avec la chute du régime Libyen et celui de ses  potes despotes locaux, ce sont...les finances des gros clubs de football européens, à commencer par la Juventus de Turin ! Eh oui : le sport business est un fonds d'investissement idéal pour un tyran corrompu (pas seulement). Tiens, à ce sujet, il va devenir quoi, Al-Saadi Ladhafi, l'ex-joueur de la Sampdoria de Gênes si je ne m'abuse ? Il ne voulait pas investir dans un club français, il y a quelques années ? J'ai cru comprendre qu'il avait favorisé un gros gros gros investissement à la Juve, dès 2005 : sponsoring sur maillot pour plus de 300 millions de dollars à la Juve par la Tamoil, consortium pétrolier Libyen proche du futur ex-pouvoir. Vite, vite, il faut que Sarkozy fasse quelque chose pour le football. On laissera le train-train quotidien à Juppé ( position de la France, de  l'OTAN et de l'Europe à propos de la situation en Libye...). Les deux pourraient se recouper, puisque les Américains s'ils attaquaient, le feraient depuis l'Italie...

Tiens, mon expert ès football et politique favori, faucon gaulliste du Gard,  doit bien avoir quelques idées sur le sujet, non ?