lundi, 28 mars 2011

Qui pour remplacer Sarkozy ? Juppé, non ?

Je me demande quand l'UMP et la droite en général vont se rendre compte que Nicolas Sarkozy ne peut plus être leur candidat. Il est battu dans tous les sondages et ne se relèvera pas car il ne mènera pas la politique qui serait nécessaire pour obtenir ce résultat. En effet, tant qu'il n'aura pas compris qu'il faut remplacer les mots par des actions (par exemple, annoncer le recrutement en hausse de gendarmes et de policiers, celui de greffiers et d'experts pour la justice, de gardiens et de personnels pour les prisons, puis mener une politique de fermeté déterminée), il sera cuit, et sa majorité, pas crédible, avec.

Il faut donc un homme à droite à la popularité montante, dont les qualités d'homme d'État ne sont plus à démontrer, capable de se réconcilier avec Dominique de Villepin, tout en étant acceptable pour les Sarkozystes sans être trop compromis avec eux, et bien considéré par les centristes.

Cet homme, c'est Alain Juppé, dont la seule présence à la tête du Ministère des Affaires étrangères, a modifié le visage de notre diplomatie. Un gaulliste, un vrai. A-t-on observé, chose encore impensable il y a quelques mois, comment la France s'est défendue becs et ongles pour ne pas faire intervenir l'OTAN dans les affaires libyennes ? On a vu là les convictions d'un homme qui veut redonner du poids à la France et à sa voix, qui souhaite également que les Européens soient capables de se manifester à la place des USA, bref, d'un homme capable de donner une vraie diplomatie à la France.

Au moins sur cet aspect, c'est un homme auquel je pourrais faire confiance, en tant que président, et, en tout cas, auquel j'apporterais volontiers ma voix contre un socialiste lors d'un second tour d'élection présidentielle. Évidemment il lui fautr se doter d'une programme économique, culturel et social qui soit autre chose que le vilain brouet que nous sert l'UMP depuis des années. 

Du travail en perspective, mais bien nécessaire, pour nous éviter de devoir supporter la gauche arrogante, mondialiste, euro-béate et dégoûlinante pendant au moins 5 années à partir de 2012 sauf miracle centriste...

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samedi, 26 mars 2011

L'Europe peut-elle encore quelque chose ?

J'avoue que l'Européen pourtant convaincu  que je suis devient de plus en plus sceptique, ces derniers temps, vis-à-vis de l'Europe. L'incoyrable faiblesse de ses instances, quand il s'est agi de soutenir les rebelles en Libye me paraît du plus mauvais augure.

J'ai parfois le sentiment que l'Europe est devenue tout juste bonne à transmettre des directives de commissions occultes nommées par les États, pas même par le Parlement européen.

La culture de la négociation qui règne au Parlement finit par se confondre avec celle de la compromission dans bien des cas. En fait, l'Europe ressemble de plus en plus à l'ONU, c'est à dire un machin bureaucratique juste bon à fixer des règles financières et économiques, et encore. Une zone de libre-échange avec des règles communes, en somme. Jamais l'Europe politique n'a paru aussi lointaine.

Finalement, dans l'affaire libyenne, le moteur européen, c'est la bonne vieille alliance franco-britannique. A cette dernière s'ajoutent le Danmark, la Belgique, la Norvège et l'Espagne dont les apports sont loin d'être négligeables (plusieurs avions de combat, ce n'est pas rien !). Il y a bien sûr le Canada, allié de toujours, et l'Amérique qui participent en fournissant la logistique ou des avions. Des avions qataris, enfin, pays le plus libéral du Golfe, serait en route vers les côtes libyennes.

Hélas, l'Europe est avant tout un polygone à géométrie variable : selon que cette dernière soit économique, politique, militaire et/ou diplomatique, le polygone prend des formes diverses, s'étend ou se rétrécit, sans former clairement une figure définie. Marielle de Sarnez le disait  il y a peu, 

Quand un peuple se trouve livré à la menace meurtrière de son dirigeant, c'est bien de l'essentiel qu'il s'agit. Alors grâce aux efforts de la France et de la Grande-Bretagne une résolution a été adoptée. Nous avons pu empêcher que Kadhafi n'atteigne Benghazi, mais la division de l'Europe est consternante !

J'adore ce que Juppé a dit à propos de l'Europe jeudi (il est vraiment exceptionnel, comme Ministre des Affaires étrangères, cet homme-là !) : 

«Pour beaucoup de nos partenaires, l’Union européenne est une ONG humanitaire. Ce n’est pas notre conception.»

Tout à fait. Et pas la mienne non plus. J'ai trouvé, au passage, sa position sur le rôle de l'Europe dans l'affaire ivoirienne très juste : 

«l’Union européenne n’a pas vocation à régler tous les problèmes de la planète. D’autres organisations doivent prendre leurs responsabilités».

Tout pareil. Il pense à l'Union africaine ou encore à l'ONU. La France peut jouer un rôle diplomatique, mais elle n'est pas le pompier de la planète.

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samedi, 19 mars 2011

Marine Le pen comme Chavez et la Corée du Nord

Ah, je l'ai trouvée comique, la Marine, comme on dit au FN ; c'était Trafalgar, hier. Voilà une personnalité qui craignait en fait de Libye, en début de semaine,  de devoir accueillir des réfugiés. Pour être plus précis, elle envisageait surtout de les jeter à la mer. Et la voilà assez gonflée pour expliquer que la zone d'exclusion aérienne, en Libye, au début de la semaine, elle était pour, mais que maintenant, c'est trop tard.

Non, en fait, Marine Le pen, la démocratie, elle s'en fout. Pour elle, en Libye, c'est juste une guerre civile. Laissons donc ces braves gens se massacrer, cela ne nous concerne pas, en somme. Voilà sa position. Quant à ses modèles, la Chine et la Russie, deux grandes "démocraties" devant l'Éternel. Ou encore la Turquie dont le président (Un islamiste de longue date, rappelons-le) vient recommander aux émigrés aussi bien en Allemagne qu'en France de ne surtout pas s'assimiler, ils nous donnent une idée assez claire de la diplomatie du FN en action. Au demeurant, ce sont les priorités diplomatiques de ce parti dans son programme politique. Quant à l'Allemagne, je renvoie à la très bonne analyse de Gilbert Casasus dans Marianne2 : des considérations purement égoïstes voire cyniques. L'Allemagne traverse une mauvaise passe, avec Angela Merkel.

Laurent Pinsolle a raison d'observer que pour une fois, on peut donner quitus à Sarkozy de son activisme sur la scène internationale. Quitus à Sarkozy, mais également un grand bravo au talent diplomatique d'Alain Juppé, qui a montré l'étendue de son savoir-faire dans cette cause. C'est d'ailleurs à lui que Marielle de Sarnez rendait hier hommage.

Voilà, ça, c'est la diplomatie en version FN. Et ça vient nous parler de grandeur de la France. Laissez-moi rire.

En fait, Kadhafi a trois amis : Chavez, la Corée du Nord et...Marine Le pen...

00:38 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : libye, marine le pen, sarkozy, juppé | | |  Facebook

mercredi, 16 mars 2011

Libye, notre honneur...

J'ai lu ce qu'a écrit Alain Juppé sur son blogue : s'il a réussi à obtenir un accord de plusieurs pays arabes, avec Sarkozy, pour intervenir en Libye, alors il a vraiment fait du bon boulot.

Si la France et la Grande-Bretagne ont des pays arabes à leur côté, près à participer, allez, on envoie chier l'Europe une bonne fois pour toutes, avec ses tergiversations minables, pareil pour le "Machin", comme disait le Général de Gaule, qui m'a l'air de SDN protestant après le réarmement nazi en 1936, et on y va. Je ne parle pas d'aventure, mais d'une opération coordonnée et ciblée empêchant Kadhafi d'utiliser son aviation. Côté britannique, je crois qu'il y a des Écossais, du côté de Lockerbie, qui ont un passif à apurer avec le vieux tyran.  Et en Libye, il y a une jeunesse qu'on ne peut pas laisser livrée à la police politique de Kadhafi.

La France, la Grande-Bretagne, le Liban, dans cette histoire, sont exemplaires : ils veulent juste avoir l'aval des Nations Unies pour intervenir, c'est à dire un mandat.

Moi, j'aimerais bien savoir qui sont les hypocrites qui bloquent la résolution au Conseil de Sécurité de l'ONU. Enfin, j'en ai une idée : on pensait que les empêcheurs de tourner en rond, jusqu'ici, c'étaient les Russes ? Raté, ce sont les Allemands, engoncés dans leurs certitudes et leur bien-être. Merkel veut faire la sage et la pondérée, mais au bout du compte, elle est totalement nulle dans cette histoire.

Si la France parvient à obtenir le droit d'intervenir, avec le soutien de pays arabes, elle aura fait un grand pas pour le Maghreb, pour la Libye et pour la démocratie. Je pourrai alors vraiment dire que je suis fier de mon pays.

17:21 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : libye, juppé, france, kadhafi, résolution | | |  Facebook

mercredi, 02 mars 2011

Attaquer en Libye ? ça va pas la tête ?

Ils sont amusants, les Américains. En 15 ans, ils se sont déjà englués dans trois bourbiers : Somalie, Afghanistan et Irak. En 1986, si je ne m'abuse, ils avaient déjà procédé à un bombardement de Tripoli. Ils ont l'expérience (en théorie) des guerres : ils savent qu'un bombardement fait toujours des dommages collatéraux, à la notable exception des bombes-laser (et encore !...) mais comme ces dernières ne représentent que 8 à 10% des arsenaux...

Ayant mis en place une zone d'exclusion aérienne en Irak, du temps de Saddam, ils savent aussi que cela passe par la neutralisation des défenses aériennes de la zone visée.

Donc, en somme, pour mettre en place la dite zone en Libye dans les environs de Tripoli, il faut canarder la ville, avec la quasi-certitude de toucher des civils. Très intelligent.

Est-ce que l'opposition libyenne a demandé quelque chose ? A ma connaissance, non. Bref, Alain Juppé qui est un vieux de la vieille et auquel on ne la fait pas, a tout de suite percuté que les conséquences seraient désastreuses sur les opinions arabes des pays concernés (et d'ailleurs sur toute l'opinion arabe en général).

Quand on est personna non grata quelque part, on évite de la ramener en roulant des mécaniques. 

Bref, si vraiment les Libyens nous appellent à l'aide, ils nous le feront savoir. Dans l'immédiat, le mieux à faire, c'est de fournir des vivres et des médicaments aux populations sinistrées.

Il me semblait qu'avec l'expérience des merdiers dans lesquels elle s'est fourrée, l'Amérique apprendrait. Restons optimiste : en principe, Hilary Clinton est une femme d'expérience. Ça ne coûte rien (quelques dizaines de millions de dollars mises à part) d'amener quelques porte-avions dans le Canal de Suez, mais cela coûterait très cher en revanche, et pas seulement financièrement, d'utiliser les avions qui sont dessus.

Allons, terminons sur une petite remarque amusante et festive : ce qui pourrait bien exploser en vol, avec la chute du régime Libyen et celui de ses  potes despotes locaux, ce sont...les finances des gros clubs de football européens, à commencer par la Juventus de Turin ! Eh oui : le sport business est un fonds d'investissement idéal pour un tyran corrompu (pas seulement). Tiens, à ce sujet, il va devenir quoi, Al-Saadi Ladhafi, l'ex-joueur de la Sampdoria de Gênes si je ne m'abuse ? Il ne voulait pas investir dans un club français, il y a quelques années ? J'ai cru comprendre qu'il avait favorisé un gros gros gros investissement à la Juve, dès 2005 : sponsoring sur maillot pour plus de 300 millions de dollars à la Juve par la Tamoil, consortium pétrolier Libyen proche du futur ex-pouvoir. Vite, vite, il faut que Sarkozy fasse quelque chose pour le football. On laissera le train-train quotidien à Juppé ( position de la France, de  l'OTAN et de l'Europe à propos de la situation en Libye...). Les deux pourraient se recouper, puisque les Américains s'ils attaquaient, le feraient depuis l'Italie...

Tiens, mon expert ès football et politique favori, faucon gaulliste du Gard,  doit bien avoir quelques idées sur le sujet, non ?

dimanche, 27 février 2011

Juppé aux affaires étrangères ? Bonne nouvelle !

Des rumeurs de plus en plus insistantes font état de la nomination prochaine d'Alain Juppé à la tête des affaires étrangères, puisqu'il paraît acté que Michèle Alliot-Marie va partir. Il conserverait de surcroît la Défense, situation inédite dans l'histoire de notre Vème République.

Bonne nouvelle de mon point de vue : j'ai conservé le meilleur souvenir de la gestion des affaires étrangères par Alain Juppé. Je sais que c'est un homme qui ne sacrifie pas les principes, tout en promouvant une diplomatie efficace.

A vrai dire, il va devoir s'adapter à une nouvelle donne mondiale : les révoltes successives dans les pays arabes vont redistribuer les cartes dans une large portion du monde de manière tout à fait inattendue. La question que tout le monde se pose, du moins en Europe, c'est de découvrir ce qui émergera des décombres des despotismes : démocraties ? théocraties ? régimes militaires ? Personne ne peut le dire avec certitude, même si les armées semblent avoir pris fait et cause pour les peuples, dans l'ensemble, et que les islamistes, Al Qada en tête, ont été pris de cours par des révolutions qui à aucun moment ne se sont réclamées d'Allah et encore moins des fous de Dieu... 

Comme le dit Alain Juppé, tout en invitant à la vigilance, et si les peuples arabes réussissaient ? Ce n'est pas le seul défi que devra relever le maire de Bordeaux : l'affaire Florence Cassez, les otages en Afghanistan, le désengagement ou non de ce pays, le délitement européen, les relations avec la Chine, le déclin de l'influence française, particulièrement en Afrique...

Il restera à Alain Juppé la difficile tâche d'effacer les relents brouillons de l'agitation sarkozyste. Juppé est une forte tête, mais saura-t-il faire entendre sa voix ? L'avenir seul le dira...

09:52 Publié dans International, Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : juppé, diplomatie | | |  Facebook

lundi, 09 novembre 2009

Sarkozy et Daily motion meilleurs que les Soviets ?

S'il y a bien quelque chose que je déteste, c'est quand les États s'occupent de vouloir écrire et réécrire l'histoire : on comprend aisément que cela m'indispose encore plus quand c'est un président de la République qui la revoit à son profit exclusif. Je reviens de chez Abadinte, un blogueur social-démocrate : il a lui-même remarqué les incohérences relevées par des journalistes à propos de la prétendue journée du 09 novembre 1989 par Nicolas Sarkozy. Celui-ci aurait passé sa journée à Berlin après avoir été averti le 09 novembre au matin, or, les médias ouest-allemands n'ont commencé à évoquer l'ouverture du mur qu'à partir de 20h00.

En réalité, ce n'est que le 10 novembre que Nicolas Sarkozy, en compagnie d'Alain Juppé, ont rejoint Berlin : Abadinte s'est un peu précipité en affirmant que Juppé et Sarkozy étaient des menteurs : ils se sont bien rendus à Berlin, mais le 10...Cela dit, Alain Juppé évoque aussi le 09 novembre sur son blog, mais il ne parle que du 09 au soir. D'autres sources laissent entendre que ce serait le 16 novembre qu'Aain Juppé se serait rendu à Berlin.

Bref, sans épiloguer, cette information est manifestement faisandée à la gloire de notre lider maximo, images à l'appui : jusqu'ici, cela avait été l'apanage des régimes totalitaires, Corée du Nord, régimes communistes de la guerre froide, de réécrire l'histoire, mais je vois qu'en France, il y a une histoire officielle et une histoire officieuse.

Le problème, c'est que cette manie ne touche pas seulement les strates de la majorité actuelle, mais que c'est une tendance quelque peu répandue, en toute impunité dans notre société. Je ne peux pas dire que j'ai de la proximité politique avec Jean Robin, auteur occasionnel chez Criticus, taulier du blog Tatamis, mais il se trouve qu'il a récemment levé un lièvre gênant, et que depuis, comme par hasard, pas moyen de faire connaître sa vérité. L'une des figures de la repentance, l'écrivain Claude Ribbe, aurait aussi été la plume du Général Aussaresses, qui avait avoué avoir pratiqué la torture en Algérie. Pas vraiment le même monde...Interrogé par Jean Robin lors d'une cérémonie organisée par not'bon maire, à nous autres Parisiens, Bertrand Delanoë, il a refusé de répondre. Tatamis a voulu publier la vidéo du reportage sur Daily Motion, mais, à deux reprises, s'est vu retirer cette dernière. Nouvelle tentative chez wat.tv, même effet ! Résultat des courses, il a du finalement la faire héberger aux USA.

Moi, j'aimerais bien avoir des explications de Daily Motion et de Wat.tv, d'autant que j'ai visualisé la dite vidéo, sur un serveur américain, donc, et que je ne vois en aucune manière ce qu'elle pourrait comporter de diffamatoire. Je juge grave que des choses de cette sorte puissent se produire en France, sans que personne ne s'en émeuve. Peut-être est-ce un hasard, mais j'observe aussi que l'État est tout récemment rentré dans le Conseil d'administration de Daily Motion.

La gouvernement a récemment lancé une grande campagne d'éducation aux médias, rapport à l'appui : il faudrait ajouter un chapitre sur les options de contournement des censures et réécritures diverses de l'information...

12:07 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, histoire, juppé, delanoë, ribbe | | |  Facebook

jeudi, 26 mars 2009

Juppé ou Fillon présidents de la commission européenne ?

Je viens d'écouter l'interview de Jacques Delors sur France Inter via Marianne. Une petite remarque avant toutes choses : Marianne conlut un peu vite à une trahison de Jacques Delors parce qu'il cite les noms de Juppé ou de Fillon comme présidents possibles de la commission européenne. Il ajoute, ce que Marianne n'a pas relevé, "compte tenu du rapport de forces en Europe". C'est à dire, en gros, dans la mesure où le PPE serait majoritaire en Europe. Et il précise que si ce devait être les Socialistes (PSE) il aurait alors d'autres noms à proposer. Martine Aubry n'a donc pas de raisons de se plaindre de son père. Sur les propositions de Delors, je n'ai pas grand chose à redire, ce sont quasiment les mêmes que celles de Bayrou et du MoDem, particulièrement sur la solidarité européenne, une politique commune de l'énergie et la coopération entre États européens. Je déplore en revanche profondément qu'il demeure prisonnier de schémas politiques archaïques. Il ne cite pas même le nom de l'ADLE et encore moins du MoDem, qui manifestement n'existent pas pour lui. Consolation, en dehors de l'UMP et du PS, il n'y a pas d'autres forces politiques qui comptent de son point de vue. Bref, passons, on finit par s'y habituer, au MoDem (ou ailleurs). Espérons le détromper largement en juin...

Concernant Fillon et Juppé, moi aussi, mais seulement si le rapport de forces s'y prêtait, je ne serais pas contre leur candidature à la présidence de la commission européenne. Ce sont deux hommes politiques honnêtes et qui maîtrisent leur sujet. J'aurais une préférence pour Juppé, mais je pense que Fillon, qui a de la poigne, ne serait pas mauvais comme commissaire européen (encore que parfois buté). Parce qu'il en faut de l'énergie, et de la volonté, pour lutter contre l'indivualisme des États-nations incapables de s'entendre, par les temps qui courent, alors que ce serait tellement nécessaire. Le concert des nations, comme dit Jacques Delors : voilà ce qu'est l'Europe. Un concert dans lequel chacun joue sa partition, mais pas une partition commune. Prenons l'industrie automobile : il n'y a que 5 ou 6 gros constructeurs en Europe, ce devrait donc être possible de s'entendre ! c'est à juste titre que Delors cite cet exemple. Et pourtant rien. Et là-dessus, on ne peut vraiment pas dire que Nicolas Sarkozy (mais Fillon aussi, il gouverne !) donne le bon exemple. Pourtant en Europe, l'ADLE, auquel le MoDem appartient, fait des propositions concrètes qui recoupent exactement ce que François Bayrou et Corine Lepage disaient en septembre 2008.

On a dit que Sarkozy avait été un bon président de l'Europe. Je rectifie le tir : comme Delors, je pense qu'il a été un bon président du concert des nations européennes. Mais comme Président de l'Europe...il n'a rien fait évoluer. Je ne lui jette pas la pierre : pas plus lui qu'un autre. Le fait est qu'il nous manque des chefs d'état visionnaires et déterminés, par les temps qui courent, pour relancer l'Europe.

Malheureusement, j'ai le sentiment que les élections européennes prennent le chemin de se jouer sur des enjeux nationaux ; c'est, tout du moins, ce que vise le PS qui s'efforce d'en faire un référendum contre Nicolas Sarkozy. Quelle erreur fatale ! C'est à une toute autre échelle que ces élections doivent être pensées. Le MoDem a le mérite de faire ses premières propostions dans cette optique. Tenez, par exemple, le MoDem est parvenu à faire adopter une mesure-clef, tout récemment, pour lutter contre le dumping social : il ne sera plus possible de se cacher derrière un sous-traitant pour sous-payer outrageusement un travailleur. Bien vu Jean-Marie Beaupuy (euro-député MoDem à l'origine de cet amendement). Voilà un embryon d'Europe sociale qui se met enfin en place.

13:28 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, europe, juppé, fillon, bayrou, delors, socialiste, adle, ppe, pse | | |  Facebook

mardi, 11 mars 2008

Alain Juppé prêt à soutenir François Bayrou

Alain Juppé a déclaré qu'il était prêt à aider François Bayrou comme cela conviendrait à ce dernier, et qu'il pensait que son élection à Pau serait une bonne chose pour la ville de Pau et pour l'Aquitaine. Contrairement à ce que j'ai vu écrit dans la presse, il n'y a pas de calculs réciproques entre les deux hommes. Lors de la réélection d'Alain Juppé, quand il était revenu du Québec, François Bayroua vait dit tout le bien qu'il pensait de l'homme, et manifestement, c'est réciproque. Alain Juppé n'a cure des décisions nationales de l'UMP. Il est prêt à soutenir François Bayrou avec ou sans l'aval des instances nationales.

Maintenant, la balle est dans le camp des électeurs de droite à Pau. Mais il le semble  que François Bayrou  est tout de même un meilleur représentant de la démocratie-chrétienne qu'Yves Urieta. François Bayrou est un Bérnais, et un Béarnais ne cède pas. Il a refusé toute compromission, au risque de la défaite, il le sait. C'est tout à son honneur. Pour ma part, je suis très fier qu'il soit le leader de mon mouvement politique, et j'espère que les Palois le choisiront comme maire. On peut prendre connaissance du programme de François Bayrou , du MoDem, et de ses alliés à Pau sur le site de campagne de la liste Pau-confiance.

13:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : juppé, bayrou, pau, ump, modem | | |  Facebook

vendredi, 15 février 2008

Echos d'un conseil municipal à Nantes

C'est encore une fois à l'excellent Bertrand (que mon blog a l'honneur de compter parmi ses lecteurs) que je dois le témoignage suivant. Je l'ai repris d'une réponse au billet les reconstructeurs à un commentaire d'un autre lecteur, Gérard. Je trouve que c'est édifiant quant au fonctionnement de la démocratie locale et aux pratiques de Monsieur Ayrault, à Nantes.

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 J'invite par ailleurs les lecteurs de ce blog, en particulier les Nantais (ma ville natale, à ce propos), à consulter le site du candidat MoDem à Nantes, Benoît Blineau, et notamment, à y consulter les observations de la commission de travail MoDem nantaise sur la démocratie locale à Nantes. C'est édifiant, parce que l'on y retrouve nombre de choses qui accréditent les remarques de Bertrand, simple citoyen sympathisant du MoDem.

Et quand l'on lit les premier axes du projet municipal du MoDem à Nantes, on comprend mieux...

 

  • que l’on ose, enfin, pratiquer une véritable démocratie locale directe
  • que l’on mette à disposition des équipements de proximité décidés et gérés avec la

population

  • que l’on maintienne, dans chaque quartier, tous les services publics et privés
  • que l’on développe un urbanisme à visage humain
  • que l’on construise Nantes comme un modèle de ville éco-citoyenne !
Et, maintenant, comparons avec le témoignage de Bertrand...


« personnellement, je n'ai jamais entendu Bayrou évoquer la possibilité de donner des postes d'adjoints à l'opposition dans une équipe municipale. Les seuls que j'ai entendu tenir ce type de discours sont des candidats UMP !

Par contre, il est un fait dans beaucoup de Conseils Municipaux, c'est que l'information des élus y est souvent réduite à la portion congrue, quand elle n'est pas totalement inexistante, et que le débat n'y a pas sa place. J'ai par exemple assisté au dernier Conseil Municipal à Nantes. Le matin, le Conseil vote les propositions. En 3 heures, ils ont ainsi voté "à la chaîne" plus de 40 propositions, soit une toutes les 4 minutes. Ce jour là, rien qu'en subventions diverses, c'est plus de 6 millions d'euros qui on été répartis. 4 minute c'est le temps nécessaire à l'adjoint chargé du dossier d'exposer la proposition, puis on passe au vote. Les élus de l'opposition interviennent très peu, l'une des raisons étant qu'ils ne disposent pas des éléments d'information nécessaires. L'ordre du jour du Conseil leur est remis moins d'une semaine avant, sans les pièces nécessaires à une analyse sérieuse, et est des plus succinct.

Résultat : la majorité vote Oui comme un seul homme, et l'opposition s'abstient ou vote Non.

Je connais bien un conseiller municipal (Verts), donc de la majorité de JM Ayrault. Que j'ai donc interrogé. Lui même affirme ignorer totalement dans 70% des cas ce pour quoi il vote véritablement. C'est quand même d'une absurdité totale !

Si on passe à l'échelon de la Communauté Urbaine, les Conseils ont lieu 2 fois/trimestre. Le dernier ordre du jour comprenait près de 80 propositions mises au vote... Comment les conseillers peuvent-ils faire un travail sérieux dans ces conditions ?

J'ai travaillé pour la campagne sur les finances de la ville. Enfin, essayé de travailler plus exactement. Car impossible d'obtenir les budgets détaillés. Même les conseillers municipaux n'y ont pas accès. Le budget annuel publié est traité par grandes masses, sans aucun détail.
Sur ce sujet, le contre exemple (et là, chapeau à Juppé), c'est le budget de la ville de Bordeaux. Non seulement il est hyper détaillé, mais accessible à tous sur papier ou par Internet. Transparence totale et information pour tous. Mais c'est je crois un cas presque unique en France à ce point.

Dans 90% des grandes villes, ça se passe plutôt comme à Nantes.

D'où l'urgence d'associer beaucoup plus les élus d'opposition à la gestion quotidienne, sans remettre en question les choix majoritaires.