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mardi, 14 février 2017

Si Les Républicains n'agissent pas vite c'est cuit pour eux.

Les Républicains sont partis pour perdre une présidentielle imperdable. Le comble, quand j'y pense, c'est que le mandat complètement discrédité de Hollande aura produit deux candidats hauts dans les sondages : pas loin de 18 pour Hamon et de 22 pour Macron. Mais l'un et l'autre sont deux anciens ministres de Hollande !!! Trop fort ! Un enfumage d'une qualité aussi rare qu'exceptionnelle ! Et pendant ce temps, la droite républicaine s'est fourvoyée. Pas de sa faute, personne n'aurait pu prévoir les tribulations de Fillon sauf Fillon lui-même qui avait reçu des courriers du Canard enchaîné dès le mois de novembre. Tout ce qui se produit est donc largement de sa faute, à double titre.

Les jeunes parlementaires LR qui se rebellent ont donc raison de réagir mais Les Républicains doivent faire vite : le temps passe et bientôt, quel que soit le candidat, il deviendra impossible d'inverser la vapeur. 

A l'heure actuelle, un tiers des électeurs de Macron sont sûrs de leur choix. Les Républicains, s'ils faisaient vite, en propulsant une candidature consensuelle comme celle d'Alain Juppé, pourraient récupérer ces indécis mais mieux vaut ne pas tarder d'autant qu'au centre-droit, les défections se multiplient.

Ils devraient aussi réfléchir au fait que le MoDem n'a pas exclu de rallier Macron si le programme de ce dernier se précisait et s'avérait compatible avec celui de Bayrou (pour l'instant, il y a un très long chemin à faire et Macron a l'air au moins aussi borné que Fillon).

mercredi, 13 avril 2016

Projet éducatif des Républicains, pas si mal mais...

Les Républicains ont eu la bonne idée de rendre public leur programme pour l'Éducation  (cliquer sur ce lien). J'ai vu que Jean-Paul Brighelli en avait fait une critique dans Le Point.

Comme beaucoup de programmes, il a le défaut de survoler le sujet et n'évoque pas en chiffres clairs les intentions du parti. Toutefois, j'y lis avec satisfaction qu'il prévoit d'abroger la scandaleuse réforme du collège et de restituer à l'allemand et aux langues anciennes leur place. Il y a un certain nombre de principes qui sont réaffirmés sur l'autorité des maîtres, la sécurité, et cetera. Bon, ça ne mange pas de pain, et de mon point de vue, ce ne sont que des mots, donc, ce n'est pas ce qui m'intéresse en priorité.

J'ai vu que les Républicains veulent revoir la formation des enseignants, dégager les délires pédagogiques et confier leur formation aux universités. Je ne vais pas m'en plaindre, mais je trouve que ce point justifierait une réflexion d'une autre ampleur. Je ne comprends pas pourquoi ni la psychologie, ni l'orthophonie ne font leur entrée dans le corpus du cursus des enseignants. Cela me semble central d'en avoir plus que des notions quand on enseigne. Et je ne parle pas de stages-bidon à la petite semaine mais d'une formation sur l'ensemble de l'année. Je vais le suggérer au MoDem.

Les Républicains s'inquiètent des enfants qui sont le plus en difficulté à l'arrivée en CP. Très bien, mais il faudrait peut-être songer à ce qu'il se passe avant, c'est à dire en Maternelle. Tous les partis ne jurent que par les fondamentaux de la lecture, mais, pour ma part, je pense que le problème de fond, c'est le vocabulaire. C'est sur ce point, plus encore que sur le graphisme, qu'il faudrait se concentrer en maternelle. L'objectif est de donner à tous les enfants les moyens de comprendre ce qu'ils entendent.

Je vois qu'il y a un souci de laisser une certaine autonomie au collège. Il faudrait voir en quoi elle consiste exactement. Je juge sage de ne pas imposer de méthodes pédagogiques et de privilégier l'efficacité. A voir à la pratique du pouvoir, les mots, c'est toujours facile de les semer. 

Bonne initiative, cependant, de laisser aux écoles, aux communes et, peut-être aux collèges, le pouvoir d'organiser leurs rythmes scolaires. Sage décision. Principe de subsidiarité, il faut toujours faire confiance à l'échelon le plus pertinent.

Accroître le temps de présence des enseignants, voilà qui me fait doucement rire. Avec quel argent ? La seule solution, c'est d'augmenter les volants d'heures supplémentaires et de proposer aux enseignants qui le veulent de participer à des dispositifs de suivi des élèves. 25% de temps en plus pour tous les enseignants, cela me semble irréaliste ; si déjà les Républicains parvenaient à organiser des études dignes de ce nom, à des horaires décents et pertinents, sur l'ensemble du territoire, ce serait déjà très beau.

Il y a quelques autres propositions qui m'ont doucement fait rigoler. Pauvres militaires. Ils ont peut-être autre chose à faire que de s'occuper des adolescents pré-délinquants, ce que méditent les Républicains. C'est une idée qui revient souvent. Désolé, mais ce n'est pas leur job. La question de l'impunité est liée intimement au fonctionnement de la justice et aux moyens qu'on lui donne. Pas la peine de chercher midi à quatorze heures, il faut commencer par cela. Je n'ai pas encore étudié le projet des Républicains sur la sécurité, mais je fais le faire.

Il existe un dispositif qui fonctionne bien pour les élèves perturbateurs du secondaire : on les appelle les classe-relais. Puisque les Républicains de veulent pas faire d'idéologie, qu'ils les étendent. Leur projet de créer des établissements de réinsertion scolaire, genre centres éducatifs fermés, me laisse sceptique.

Penchons-nous sur les Universités. C'est clair, les Républicains veulent la peau du bac, qui ne doit plus être qu'un simple diplôme de fin d'études du secondaire. Ce que je retiens de leurs propositions, c'est que les Républicains veulent laisser les Universités augmenter leurs droits d'inscription et effectuer une sélection. Je lis notamment que les Universités exigeraient la validation de pré-requis. Au moins, ça a le mérite d'être clair.

Je trouve une bonne chose l'idée d'un Open Data du supérieur qui permettrait aux étudiants d'examiner les taux de satisfaction des étudiants ainsi que l'insertion professionnelle des filières. Pour le reste, je trouve qu'il n'y a pas grand chose de neuf dans leur projet.

 Conclusion, pas mal, et nettement mieux que les idées d'Alain Juppé cet été, mais sans génie. J'espère que le MoDem fera nettement mieux, surtout après l'horrifiant programme des jeunes de l'UDI...

vendredi, 17 avril 2015

Des critiques contre les Républicains ? Stupides.

Fades au possible les réactions contre le nouveau nom que Nicolas Sarkozy compte donner à l'UMP. Franchement, dire que Sarko fait un déni de démocratie parce qu'il s'empare d'un "bien commun", comme s'il fallait hypostasier la notion même de République, je trouve l'argument vraiment idiot.

Personnellement, je trouve le nom plutôt bien pensé et certainement plus rassembleur qu'UMP. Après, ça ne me fera évidemment pas changer d'avis sur Nicolas Sarkozy ni sur son projet politique actuelle.

Mais si la seule opposition à laquelle peuvent s'attendre Nicolas Sarkozy et ses Républicains d'ici 2017 c'est qu'ils font une captation d'héritage, on peut raisonnablement dire qu'ils auront un boulevard vers le pouvoir.

Si on voulait souligner une contradiction du camarade Sarkozy, comme l'observaient finement quelques collègues libéraux, c'est plutôt de faire des clins d'oeil appuyés à Hilary Clinton, candidate démocrate américaine au moment où l'on reprend une terminologie qui renvoie à ses rivaux. C'est peut-être tiré par les cheveux. Les conservateurs américains sont souvent plus proches du Front National que de la droite française, et encore, vu l'évolution du FN (devenu étatiste, en paroles tout du moins), je crois qu'il n'y a plus vraiment de correspondance sur l'échiquier politique français.

Bref, as usual, on ferait mieux de débattre sur le fond plutôt que de se perdre dans des querelles sémantiques absconses...