mardi, 06 août 2013

Égalité, taxes, bisous : alors quoi ? Le libéralisme ?

J'ai singulièrement avancé dans la lecture du dernier ouvrage du tovaritch H16. Lui et moi avons comme particularité de nous abreuver à une même source, celle du libéralisme. Mais...il existe entre nous quelques divergences plus que notables.

Si j'en crois le camarade Hashtable, toutes les questions économiques et sociales devraient être renvoyées à la seule responsabilité individuelle : exit les mutuelles, l'école publique, les caisses de retraites, l'assurance chômage. Plus de cotisations et à chacun de faire ses propres choix et...de les assumer. Et pour ceux qui déraperaient dans notre paradis libéral, il ne resterait alors qu'à espérer compter sur les oeuvres caritatives, réduites à leurs seuls moyens propres, les dons.

Exit aussi administrations, normes, principes de précaution, labels en tout genre et écologie.

Si le camarade h16 a bien réussi à démontrer que notre État protubérant et ses services publics dysfonctionnaient, il ne démontre à aucun moment que la sphère privée pourrait prendre le relais plus efficacement, et, il oublie notoirement qu'il n'en a pas été toujours ainsi dans le passé.

Ce qui me frappe, d'ailleurs, c'est que plus nos services publics essaient d'imiter le fonctionnement de la sphère privée, plus ils sont nuls. De pire en pire d'années en années avec toujours moins de qualité de service.

Mon ami h16 s'en prend particulièrement à La Poste et à la SNCF : je lui réponds que j'ai connu le temps, et il n'est pas  si lointain, où la lettre glissée dans la boîte postale, arrivait la plupart du temps le lendemain, au pire le surlendemain, aux quatre coins de la France ; les trains ? J'en ai pris pendant des années, plusieurs fois par semaine. Jamais en retard ou presque, sauf conditions météorologiques exceptionnelles, ils arrivaient presque toujours à la minute annoncée près, au point que j'en demeurais scotché. En ce temps-là, pas de trains inter-cités, mais on pouvait se restaurer dans un wagon dédié sur les trains corail.

C'était une autre époque, et je n'ai pas l'impression que l'imitation servile des méthodes du privé par des technocrates surprotégés, hauts fonctionnaires de leur état, n'ait jamais apporté quoi que ce soit de plus à nos services publics hors une dégradation de leur qualité et des coûts toujours plus élevés.

Il y a du ménage à faire au sein du service public, des réformes à mener et c'est difficile parce que nous ne savons pas les faire ni même dans quelle direction aller ; le camarade h16 propose, quant à lui, à l'instar d'un Ockam, de passer son rasoir là-dedans et de tout supprimer.

Cela étant dit, je le rejoins totalement dans une exaspération grandissante : l'État est devenu l'alpha et l'oméga des aspirations des citoyens de ce pays, s'agaçant qu'il ne pourvoie à leurs multiples difficultés.

Je constate comme lui que la réussite engendre la jalousie et que les appels à la solidarité ne sont qu'un biais détourné pour donner satisfaction au tempérament envieux des Français. Ainsi, tout ce qui entreprend et fait preuve d'initiative dans ce pays se voit systématiquement pointé du doigt, soupçonné et ostracisé.

Passons à la distribution de baffes, maintenant, après les bisous ; j'ai tout de même un autre avis d'expert sur le livre de mon camarade blogueur libéral : celui de mon fiston qui vient de fêter son treizième anniversaire. Il est tombé par hasard sur l'ouvrage et a commencé à le lire ; il trouve que le camarade h16 exagère...

C'est un peu le problème avec toute la mouvance autrichienne au sein de la grande famille libérale : on sait ce qu'ils veulent supprimer, on ne sait pas ce qu'ils proposent vraiment à la place et, on a le sentiment qu'ils ne mesurent pas le bordel généré par un éventuel mais brutal changement de logiciel. Les Autrichiens rejettent l'État par principe et considèrent impossible l'établissement d'une quelconque forme de morale politique en raison de sa subjectivité. Au fond, la morale dont ils se rapprochent le plus est celle d'Aristote, sorte d'habitus appuyé sur la convention et le bon sens commun. L'intérêt ne saurait être pourtant le seul moteur de la vie en collectivité, ou alors, il existe diverses sortes d'intérêts et leur catégorisation aboutit in extenso à rétablir une éthique. 

Pas sûr que mes amis libéraux apprécient la comparaison, mais je me dis parfois qu'ils sont au libéralisme ce que les Frères Musulmans sont à l'Islam...Notez que je les aime bien quand même, c'est la famille, mais bon...le sens de la loi et du dogme est très fort chez eux. Au moins autant que chez nos machines à recevoir des baffes préférées, les étato-marxistes...

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samedi, 27 juillet 2013

Égalité, taxes et bisous

Je viens de recevoir hier le livre du tovaritch blogeur Hashtable, plus communément appelé h16, Égalité, taxes, bisous

En fait, je n'avais pas tout à fait percuté qu'il s'agissait d'une sélection des nombreux billets écrits au cours des sept dernières années sur son blogue. Mais la lecture sur papier me confirme qu'au fond, h16 est d'abord un littéraire, fait pour écrire, avec son style inimitable, des livres. Ses billets sont en réalité des chapitres et ils conviennent bien mieux à un livre qu'à un un blogue.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'il est publié par la prestigieuse maison des Belles Lettres.

Je ne me souvenais plus de l'histoire des trois petits cochons en version h16, mais j'ai bien rigolé en la relisant :-D

La sélection du camarade libéral h16 est fûtée : j'ai feuilleté les pages et constaté qu'il s'est nien gardé de verser dans l'évènementiel auquel il a préféré l'analyse savamment enrobée d'humour caustique.

Son livre est pour moi de la même veine que Pulp libéralisme, l'ouvrage de Daniel Toure. On y rigole bien à chaque page, abordant des notions parfois complexes dans un style fluide, épuré, simple et humoristique, illustrant le bon vieil adage de Boileau «ce qui se conçoit bien s'énonce clairement».

Égalité, taxes, bisous ou encore Pulp Libéralisme, ce sont un peu nos Lettres Persanes d'aujourd'hui. Un libéral en terre socialiste vaut bien un philosophe persan spéculant sur les dévaluations du roi de France (déjà !) au XVIIIème siècle. Aujourd'hui, John Law proposerait sans doute de s'endetter, ce serait son papier monnaie de notre époque, et, il trouverait sans doute sur sa route nos amis libéraux comme Montesquieu fit alors un sort à ses théories fumeuses.

Aujourd'hui, on vante ses mérites sur wikipedia de la même manière que nos bisounours modernes expliquent avec science qu'en cas de création monétaire l'inflation avalera et aénantira la dette. On lit tout de même que 10% des Français ont été appauvris par ses manipulations monétaires : comme tous les autres étaient des paysans, on peut dire que tous ceux qui faisaient du commerce, échangeaient et s'engageaient dans l'économie de marché ont été ruiné. Aujourd'hui, avec notre système, ce serait plutôt 90% qui seraient ruinés, sauf les habituels titulaires de passe-droits.

En attendant, j'engage tous mes lecteurs à faire l'acquisition du livre de h16 (cela leur coûtera moins cher que d'imprimer tout le blogue) histoire de se payer une franche tranche de rire avant ou après leurs vacances. Notez, si cela ne leur suffit pas, qu'ils n'ont pas assez ri, ils peuvent aussi relire le programme du candidat Hollande de 2012 ou encore réécouter ses derniers discours.

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samedi, 01 juin 2013

Moi aussi je cherche des héroïnes

Ah, je vois que Juan s'est retrouvé confronté exactement au même problème que moi. Lui aussi cherche des héroïnes. J'avais écrit un billet à ce sujet en janvier 2012 car je cherchais des petits livres de mythologie centrés sur des héroïnes et je ne constatais dans les rayons des librairies que la présence des glorieux exploits de toute une série de héros masculins et nada pour les petites filles.

Je sais ce que je vais faire et cela me trotte dans la tête depuis un bon moment : je vais les écrire les livres en question puisque personne ne les édite. J'en ai pas mal en tête : entre les exploits de la déesse Athéna, l'astuce de Pénélope, le courage d'Iphigénie et celui d'Électre, la formidable volonté d'Antigone, la sagesse de Cassandre, la douceur d'Andromaque, eT bien d'autres encore, j'ai de quoi faire. Et si je cherche une authentique chipie, j'ai Éris, déesse de la discorde, dont la fameuse pomme d'or a provoqué bien des malheurs.

Justement, j'ai été contacté récemment par une responsable de communication de Youscribe. J'ai fait un petit tour et cette plate-forme de publication en ligne m'a l'air bien pratique. Je sais où je vais déposer mes oeuvres :-)

Olympe m'avait suggéré dans une autre note (pas moyen de retrouver laquelle) quelques ouvrages écrits par une militante féministe mais ils avaient à mes yeux deux défauts : a) ils étaient écrits pour des petites filles plus âgées que la mienne, en fait plutôt pour des 6-9 ans et je cherchais des écrits/dessinés pour les 2-5ans b) j'ai eu l'impression que les héroïnes étaient plaquées sur des héros masculins : une héroïne, ce n'est pas un héros au féminin, en tout cas, de mon point de vue.

Quelques petits conseils à Juan sinon ,en attendant, du côté des magazines : j'ai quasiment abandonné les publications de Bayard Presse très décevant dans ce domaine. Il n'y en a que pour les garçons ou presque dans les Tralalire, Pomme d'Api, Astrapi et Okapi. 

Le groupe Fleurus Presse a en revanche fait des progrès considérables : Vanille et Petites princesses, je suis fan. Ma fille est trop petite pour Sorcières, mais je l'ai acheté et feuilleté une fois et je l'ai trouvé très bien. Au passage, je recommande aussi Histoire vraies, un magazine formidable sur l'Histoire prévu pour les enfants.

Je réfléchis à un premier scénario simple, mais je crois qu'il va me manquer très vite un illustrateur...

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vendredi, 18 janvier 2013

E-books : Virgile fait un carton !

Je n'aime pas Paul Veyne que je considère comme un imbécile qui a régulièrement scié la branche sur laquelle il est assis mais je me réjouis tout de même de constater que sa traduction de l'Énéïde de Virgile, l'une plus fameuses épopées de toute l'histoire de l'humanité, est en tête des ventes de livres électroniques de la fnac dans la catégorie Lettres/Théâtre/Poésie.

Je suis souvent très agacé par les cabris qui sautent dans tous les sens en jurant la mort du livre papier et en accusant les éditeurs français de se montrer conservateurs parce qu'ils se défient d'un système qui pourrait les priver de tous revenus.

Cela me fait d'ailleurs bien rigoler de voir que le livre papier fait plus que de la résistance : les livres numériques ne constituent qu'1 à 2% des ventes en France alors que les beaux esprits qui peuplent la toile prédisaient avec force jactance et arrogance l'effondrement des ventes des livres traditionnels.

En fait, je viens de faire un tour sur la site de la FNAC. Ils ont une offre bien plus intéressante qu'Amazon, particulièrement en livres électroniques. J'ai pris la mauvaise habitude de ne me rendre que sur Amazon (parfois Price Minister) pour acheter des livres (quand je ne les achète pas en librairie, je veux dire) mais je vais changer mon fusil d'épaule et me rendre plus souvent sur celui de la FNAC.

Il y a plusieurs raisons à cela : Amazon ne paie pas un kopeck sur ses revenus à la France, primo, et, secundo, ne fait absolument rien pour promouvoir les lettres contrairement aux éditeurs et distributeurs français.

Si nos maisons d'édition venaient à disparaître, ce qui a semblé longtemps réjouir les imbéciles patentés qui comptent sur Internet pour prendre le relais, ce serait une catastrophe pour la pensée et les lettres. On peut évidemment parfois s'agacer du jeu propre à nos prix littéraires, il n'en a pas moins le mérite d'exister et les maisons d'édition sont largement partie prenantes de nombre d'initiatives invitant nos enfants à lire et écrire. Et cerrtains de nos distributeurs (la FNAC notamment) ne sont pas en reste.

Que l'on m'en cite une seule d'Amazon : inutile de chercher, il n'en existe aucune... 

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vendredi, 14 décembre 2012

Libéralisme et Révolution

Les observateurs attentifs des blogrolls locales auront remarqué la présence d'une référence à la dénomination hilarante dans la colonne de gauche : le libéralisme amusant. Or, j'ai eu la riche (et libérale)  idée de faire l'acquisition du livre (très bien) écrit par l'auteur du site, Daniel Tourre, Pulp libéralisme

Didactique et amusant au possible. Comme je le parcours, je vais en rendre compte ici-même au fur et à mesure de ma lecture. 

Il y a d'ores et déjà un point qui m'a frappé et qui ne laisse pas de m'étonner : l'attachement indéfectible des libéraux pour la Révolution Française. Soyons précis : pour celle de 1789. Pas 1793, évidemment.

La gauche de la gauche qualifie souvent cette révolution-là de bourgeoise car elle se contentait de garantir les libertés et le droit à la propriété sans privilège régalien de quelque sorte que ce soit et enfin la sécurité.

Les libéraux authentiques ont donc une véritable vénération pour la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 car c'est bien l'article 2 qui énonce quatre droits fondamentaux issus des Lumières : 

- liberté

- propriété

- sûreté

- résistance à l'oppression

Au fond, la seconde révolution, elle a eu lieu l'air de rien au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, au moins en France en tout cas, en 1946 : le première révolution garantissait les libertés, la seconde, les droits sociaux qui horripilent nombre de libéraux à l'exception notable du droit de grève.

C'est très amusant d'ailleurs de voir un certain nombre de nos libéraux modernes pas toujours forcément au faits des conceptions de celui qu'ils mettent en avant célébrer Bastiat. S'il y a bien un libéral qui a soutenu et défendu le droit de grève, c'est bien lui avec les conditions suivantes : 

Si les ouvriers se sont concertés, se sont entendus, et qu'ils se disent : nous ne voulons pas vendre notre marchandise, qui est du travail, à tel prix; nous en voulons un autre, et si vous refusez, nous allons rentrer dans nos foyers ou chercher de l'ouvrage ailleurs.


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lundi, 02 janvier 2012

Argos ? Mycènes ? Il est roi de quoi, Agamemnon ?

Je me suis demandé, tout récemment, si je n'étais pas frappé d'un Alzheimer précoce : il se trouve que j'ai lu la fin de l'Iliade par Quintus de Smyrne et que je relis l'Énéïde de Virgile. Toutefois, pour disposer de quelques éléments complémentaires, je vais piocher de temps à autre dans l'Orestie d'Eschyle ou l'Électre de Sophocle. En principe, Agamemnon est le roi de Mycènes. Sauf qu'Eschyle en fait le roi d'Argos, lui ! Je ne percute pas : si l'on en croit Homère, Quintus de Smyrne et Virgile, le roi d'Argos, c'est Diomède. Apparemment, Diomède a hérité du trône d'Argos par sa mère, fille du roi Adraste, qui a épousé Tydée son père. Donc, en principe, au moment de l'expédition contre Thèbes, le roi d'Argos, c'est Adraste. En principe seulement : là où je suis largué, c'est qu'Amphiaraos, un des Sept qui accompagnent Tydée contre Thèbes, est aussi roi d'Argos, par son père Oïclès, lui-même roi d'Argos (selon Homère mais dans l'Odyssée, cette fois). En fait, Amphiaraos aurait liquidé Talaos, le père d'Adraste. Mais là encore, ça coince, parce que Talaos est censé avoir été roi d'Argos : comment est-ce possible si Oïclès était roi avant Amphiaraos ? Parce que pour corser le tout, Homère reconnaît bien Talaos comme roi de Mycènes dans l'Iliade.

Récapitulons : Homère a écrit l'Odyssée et l'Iliade. Mais dans l'Iliade, Talaos a été roi d'Argos, alors que dans l'Odyssée, cela a été Oïclès. La seule chose claire, c'est qu'Amphiaraos a tué Talaos, contraignant un temps Adraste à s'exiler. Bien évidemment, Oïclès et Amphiaraos sont censés avoir été rois en même temps.

Y'aurait une solution : Oïclès a accompagné Héraklès et Télamon quand ils ont monté une première expédition contre Troie, mais a péri des mains du roi de Troie, Laomédon. On pourrait donc imaginer que Talaos, le père d'Adraste, a pris possession du pouvoir à la faveur de la mort d'Oïclès. Du coup, Amphiaraos, en faisant la peau à Talaos, aurait simplement récupéré le pouvoir qui lui revenait de droit. Et après ? Eh bien j'ai la solution : Adraste et Amphiaraos ont du exercer le pouvoir à deux ! En fait Adraste a épousé la soeur d'Amphiaraos, Eryphile, donc ils se sont sans doute réconciliés. D'ailleurs, Amphiaraos et Adraste combattent de concert contre Thèbes lors de la 1ère expédition et sont les deux seuls à sauver leur peau. Je sais que je vais faire ch... mais : dans les Sept contre Thèbes, d'Eschyle, y'a pas Adraste...Y'a un type qui s'appelle Étéoklos, à ne pas confondre avec Étéocle le roi de Thèbes, la ville assiégée, frère de Polynice qui a monté cette expédition pour se venger de son frère.

Je n'ai évidemment toujours pas résolu la question de  la tradition qui ferait d'Agamamemnon un roi d'Argos.

Je me demande bien ce qu'on trouvait comme statues à Delphes à l'intérieur de  l'hémicycle des rois d'Argos dans l'Antiquité...

 Quand je pense, sniff, que j'ai raté l'Orestie au Théâtre de l'Odéon. C'est dur de jouer Eschyle. Généralement, c'est ardu à suivre, surtout quand on représente ses pièces à la grecque, c'est à dire un seul acteur déclamant en compagnie d'un choeur. Mais là, Olivier Py, il avait l'air d'avoir fait quelque chose de séduisant, si j'en crois l'extrait-vidéo.

Il met en scène Prométhée en février au même endroit. Si je peux disposer d'une bande-annonce et qu'elle est aussi prometteuse que son Orestie, j'y irai.

C'était compliqué, non, ces histoires de famille en Grèce ? Je ne vous ai même pas dit pourquoi tous ces gars ont attaqué Thèbes au fait. Laissez tomber : encore une sale histoire de famille...

16:02 Publié dans Culture, Lectures | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : agamemnon, argos, mycènes, diomède, thèbes, eschyle | |  Facebook | | | |

samedi, 24 décembre 2011

L'injustice faite à Quintus

Tout récemment, je faisais savoir que j'avais été l'heureux destinataire d'une tablette, chose utile au possible pour emporter une petite bibliothèque avec soi en toutes circonstances. Toutefois, les ebooks, ce n'est pas gagné : le choix est bien trop restreint à l'heure actuelle. On trouve évidemment quelques classiques, mais le compte n'y est pas. Pour moi qui suis pétri d'humanités grecques, je construis mes ebooks à partir de deux grandes sources d'ouvrages : le site de Philippe Remacle et Méditerranées . Ce ne sont évidemment pas les seuls, on trouve des trésors à la Bibliotheca Selecta Classica ou encore chez Nimispauci.

Bref, comme je déteste lire des livres sur un ordinateur, même portables, je n'avais jamais eu l'occasion de lire autrement qu'en diagonale les Post Homerica de Quintus de Smyrne. C'est un poète grec qui aurait vécu vers le IIIème ou IVème siècle après Jésus Christ. Il a eu l'excellente idée d'écrire une suite à l'Iliade d'Homère. Quand je pense que jeune, je l'ai tant cherchée, cette suite. Mais comme je n'en connaissais pas l'existence, c'est à travers les tragédies de Sophocle, d'Euripide et d'Eschyle que j'ai pris connaissance du devenir des héros qui m'avaient fait rêver. Beaucoup plus tard, j'ai découvert les hymnes homériques puis Apollonios de Rhodes, mais j'ai toujours trouvé assez peu substantiels ces deux derniers écrits. Je connaissais toutefois la chute de Troie par l'Énéïde que j'ai découvert deux-trois ans après l'Iliade.

J'ai trouvé sur Quintus de Smyrne des jugements très sévères. Pour ma part, j'ai lu presque d'une traite sa Suite de l'Iliade et j'y ai retrouvé les héros et l'atmosphère de l'Iliade tels que je les avais connus dans ma première jeunesse. On lui reproche de faire une copie conforme de ce qu'Homère a déjà écrit et de n'apporter aucune originalité particulière à son récit. Il y a pourtant des évolutions significatives : Quintus rompt, par exemple, avec la tradition qui veut qu'Achille ait été tué par Pâris. Dans son récit, c'est Apollon qui intervient directement. C'est assez étonnant. Aucun immortel n'agit à ce point directement dans l'Iliade pour tuer un héros. Certes, Apollon frappe le dos de Patrocle, certes, Athéna se saisait de la lance d'Achille pour la lui rapporter, mais il n'y a pas d'attaques directes.

On a retenu les noms d'Hector et d'Achille, mais l'Iliade avait déjà montré qu'Ajax (le fils de Télamon) était sans doute plus puissant qu'Hector, lui aussi. Quintus montre nettement la complicité qui unit Achille et Ajax, notamment dans le premier livre qui relate la geste de Penthélisée, une amazone fille du dieu Arès. C'est quelque chose qui n'était pas apparu à ce point dans l'Iliade. Il faut dire que la jeune femme ne manque pas de courage (de témérité ?) puisqu'elle attaque simultanément Ajax et Achille au corps à corps. Lorsqu'elle meurt et qu'Achille lui enlève son casque, il réalise alors qu'il serait tombé amoureux d'elle s'il l'avait vue autrement qu'en tenue de combat. L'armée grecque, à commencer par les Atrides, est elle-même émue par la beauté de la jeune fille au point de proposer aux Troyens de leur rendre le corps sans négociations ni rançon. La colère d'Arès est terrible, et il faut toutes les objurgations des dieux pour le dissuader de venger sa fille. J'observe à ce sujet qu'il paraît bien moins ridicule que dans l'Iliade : il envisage de tuer Achille, au risque d'être foudroyé par Zeus, mais finalement, ce qui le retient ce n'est pas la crainte du dieu de la foudre, mais le souvenir que Zeus aussi a perdu un grand nombre d'enfants. Une manifestation d'empathie et une certaine forme de sagesse dont il aurait été bien incapable chez Homère.

La geste de Memnon met en scène un héros troyen d'une puissance presque similaire à celle d'Achille : le combat entre Hector et Achille avait été bref dans l'Iliade. Il en va tout autrement de celui qui oppose Memnon, le fils de l'Aurore à Achille. Il dure toute la journée, est très incertain, et les deux héros se blessent. Véritablement, la fin d'Achille eût été plausible à considérer la puissance de son adversaire. Les deux portent d'ailleurs des armures forgées par Héphaïstos que nul autre ne pourrait revêtir.

Il est vrai que le récit se déroule selon un ordonnancement qui fait largement penser à celui de l'Iliade. Il n'y a pas de nouveautés autres que celles que j'ai signalées. On peut toutefois relever que Quintus en rajoute dans la métaphore, tout le règne animal y passe ou presque. Je ne m'attendais pas à voir des guerriers qui suivent un chef au combat  comparés à une colonne d'oies, mais manifestement cela a semblé pertinent à Quintus, puisque c'est ainsi qu'il décrit les Troyens à l'arrivée d'un nouveau défenseur en la personne d' Eurypyle le fils de Télèphe (donc petit-fils d'Héraklès)  :-) 

Ainsi, quand des oies enfermées dans une cage voient venir l'homme qui leur donne la pâtée, elles se réjouissent, et il aime aussi à les voir ; ainsi les fils de Troie se réjouissaient en voyant le vaillant Eurypyle

De toutes façons, dans l'Antiquité, une épopée n'a pas pour but d'être créative, elle doit se montrer au contraire souvent répétitive. Ensuite, Quintus voulait écrire une suite à l'Iliade : je ne sais pas ce que cela donne en grec ancien (le grec homérique est un peu particulier, alors j'ai du mal à imaginer un grec vivant 1100 ans après répliquant les formes nominales ou verbales d'Homère), mais en français, on n'y voit que du feu ou presque.

En somme, voilà mon conseil : récupérez les pages internet du livre, ou alors farfouillez dans des bibliothèques spécialisées à la recherche d'une édition/traduction de l'oeuvre, mais dans tous les cas de figure, lecture recommandée, a fortiori si vous avez lu l'Iliade. 


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mercredi, 14 décembre 2011

Magnifique Électre !

Aaaaah : un peu de littérature dans ce monde de brutes, c'est raffraîchissant :-) On m'a offert récemment une tablette ArchoS orientée liseuse, et, du coup, je suis à la recherche d'ebooks gratuits en attendant de trouver les payants que je cherche. J'ai donc trouvé http://www.ebooksgratuits.com/ qui recèle une grande quantité de livres électroniques gratuits dans des formats variés, à commencer par Epub, celui que ma tablette met le mieux en forme.

Je lis toutes sortes de choses, mais ceux qui me connaissent savent aussi que j'ai un goût particulier pour les humanités classiques et notamment les auteurs grecs antiques. C'est là où le bât blesse. Peu de droits s'avérant libres, me voilà condamné à me coltiner les traductions du XIXème siècle. Lourdes, précieuses au possible façon romantisme, c'est quelque peu indigeste. On s'extasie devant les traductions de Leconte de Lisle, eh bien pas moi. Son Odyssée et son Iliade sont d'un ennui mortel. A vrai dire, beaucoup de traductions modernes ne m'apparaissent guère supérieures. Heureusement pour moi, j'ai eu la chance de découvrir l'Iliade très jeune dans la traduction de Mario Meunier. C'est resté un ouvrage de référence pour moi depuis.

Lire Électre (et pourtant j'apprécie Sophocle) a été plus difficile. J'ai toujours aimé la mythologie, mais à vouloir être si proche du texte, les traducteurs de Sophocle m'ont souvent paru ennuyeux.

Et puis il y a quelques années, j'ai fait une découverte extraordinaire. Un helléniste adepte du web et des forums de langues anciennes s'était lancé dans la traduction d'Électre en vers. Cet homme-là était une bénédiction pour les lettres : il était talentueux.

Sa traduction vaut son pesant d'or, c'est elle que j'ai récupérée sur ma tablette, et je ne me lasse pas de la lire et la relire tant elle l'emporte en fluidité sur toutes les autres. Il a eu également le temps de traduire les Choéphores d'Eschyle (qui vont atterrir sur ma tablette aussi).

Mais ce qui est très triste, c'est qu'il est décédé brutalement il y a trois ans. C'est une perte. Et il y a près d'un an, celui qui hébergeait ses textes et a tant fait pour les lettres grecques et latines, Philippe Remacle, l'a à son tour suivi chez Hadès. Je ne doute pas qu'ils se soient retrouvés sur l'île des Bienheureux là où les âmes des héros et des justes étaient envoyées par les juges des enfers.

Ils ont disparu mais le meilleur d'eux est resté, et moi, quand je lis son Électre, je suis bouleversé. Et elle est d'actualité, Électre. Ni elle ni Chrysotémis, sa soeur, n'ont d'estime pour Égisthe, l'usurpateur, qui s'est installé sur le trône de Mycènes après avoir assassiné leur père Agamemnon. Mais l'une a choisi de résister quand l'autre a décidé de plier car elle pense qu'il faut s'effacer devant les puissants et prendre acte de leur pouvoir.

CHRYSOTHÉMIS

Amies, si son esprit n'était pas défaillant,

Elle aurait révélé un peu plus de raison

Avant que de parler : cela n'a pas eu lieu.

Mais que t'arrive-il pour avoir tant d'audace,

Et m'enrôler dans ton projet ? Regarde-toi,

Tu es femme, voyons, pas homme ! Et donc ton bras

N'est pas assez puissant contre nos ennemis.

Tous deux sont aujourd'hui comblés par la fortune ;

Nous allons à vau-l'eau, au-devant du désastre.

Et comment vaincrons-nous un homme tel qu'Égisthe,

Sans subir par la suite, et malheurs et trépas ?

Oui, certes, nous menons une vie lamentable ;

Qu'on entende tes plans et nos maux seraient pires

En fait, quel avantage à être renommées,

Si c'est pour nous livrer à une mort honteuse.

Aussi, je t'en supplie, avant que nous soyons

Anéanties, réprime au plus vite ta rage.

Quant aux propos tenus par toi à cet instant,

Je jure de les taire ; ils resteront secrets.

Sois raisonnable enfin, aie cette intelligence

De céder aux puissants, sache te résigner.  


LE CORYPHÉE (à Électre)

Écoute-la. Prudence et raison sont aux hommes

Les trésors les plus beaux, les plus nobles qui soient.

 

ÉLECTRE

Une telle réponse est loin d'être étonnante.

D'avance, je savais que tu rejetterais

Mes propositions. eh bien, il va falloir

Que je fasse tout de ma propre initiative,

Seule, et pas question de rester sans rien faire !

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mercredi, 17 août 2011

Etat d'urgence, la dernière séance !

Nous vivons un thriller planétaire dont nous ne cessons de mesurer chaque jour l’ampleur. Il y pleut des cadavres. Si la première victime a été grecque, il semble bien que le peuple hellène n’aura pas le monopole de la tragédie. Ibères, Lusitaniens, habitants de la verte Erin jusqu’à ceux du Nouveau Monde, tous tombent comme les épis qui ploient sous le poids d’une faux au temps des moissons. De Trieste jusqu’aux confins de la botte, c’est l’Italie qui gémit à son tour sous le regard inquiet du génie français. Ah, la France ! Parlons en ! C’est elle, sans doute, la prochaine victime en dépit des mantras savants que se complaisent à réciter ses dirigeants.

Il y a état d’urgence et cette cause-là vaut bien d’y consacrer un livre. François Bayrou vient de le faire.

J’ai disposé en avant-première de l’ouvrage (privilège de blogueur centriste...).

Nous vivons à l’heure actuelle la crise qui a été annoncée au lendemain même de celle des banques : la crise des dettes publiques. La France, avec ses records enfoncés ces dernières années y est aux premières loges.

La dette, Bayrou en a longuement parlé en 2007. Le danger mortel qu’il annonçait s’est répandu sur les économies occidentales. Pour moi dont l’inquiétude grandit à proportion de la gangrène qui gagne notre économie, toutes les solutions viables sont bonnes à prendre. C’est donc avec le plus vif intérêt que j’ai pris connaissance des propositions du Président du MoDem.

Plus que jamais François Bayrou ne voit d’autres solutions que d’équilibrer nos budgets pour sortir de la nasse. Notre déficit primaire (hors charge de la dette) s’établit à 5,5% de notre PIB. En somme si nous ne pouvions plus emprunter, nous ne pourrions plus payer nos fonctionnaires.
Pour retrouver l’équilibre il faut que l’addition de nos économies et de nos ressources dégage 100 milliards d’euros. Bayrou établit ses comptes de la manière suivante :
- récupération d’un quart des niches fiscales (Bayrou juge démagogique la proposition socialiste qui table sur sur 50 des des 80 milliards des niches : elles recouvrent des réalités très (trop!) diverses ! Certes le bouclier fiscal mais aussi le crédit impôt-recherche, l’avantage fiscal pour aide à personne et tant d’autres encore). 20 milliards, donc.
- 2 points de TVA supplémentaires doivent pouvoir fournir les 20 milliards suivants. 40 milliards.
- En augmentant l’Impôt sur le Revenu (Tranches supplémentaires) et en revoyant la taxation des successions, on peut espérer 5 milliards. 45 milliards.
- Assurances-maladie, retraites et plus généralement budgets sociaux doivent être optimisés afin de dégager les 15 milliards suivants. 60 milliards.
- L’Etat doit continuer à diminuer ses interventions et baisser son train de vie. Les collectivités locales doivent être responsabilisées et gérer plus directement leur fiscalité afin de limiter les transferts avec l’Etat. 20 milliards à trouver dans tout cela, cela donne 80 milliards. Il en manque encore 20...

Bayrou estime que ce sont là les maxima que l’on puisse puiser. Promettre la lune comme on le fait à gauche (taxer les riches) ou à droite (dégraisser l’Etat) ne correspond à rien de sérieux. Les vingt milliards manquant ne peuvent être trouvés que dans un accroissement de la richesse nationale. C’est cet accroissement-là qui est l’objet principal du livre de Bayrou (l’éducation ne vient qu’en second), ce que Bayrou appelle le “produire en France”.

Très pédagogiquement, il débarrasse ses lecteurs d’une illusion dangereuse : la démondialisation.

Plutôt que d’espérer pouvoir s’enfermer dans nos frontières, Bayrou préfère voir la France se battre pour ériger des règles justes, une mondialisation loyale. Le protectionnisme, s’accrût-il jusqu’aux contours de l’Europe, est un leurre dangereux.  Même si notre balance commerciale est mise à mal nous demeurons un pays exportateur. Le doter de barrières douanières unilatérales aurait un effet dévastateur sur notre économie car  nos partenaires commerciaux ne manqueraient pas d’agir de même. Ni l’URSS n’a gagné la guerre froide ni la Corée du Nord n’est un état riche ou puissant (NDLR : témoignage édifiant à lire dans le Géo de ce mois d’août 2011 sur ce dernier pays) et pourtant, voilà des états qui ont été ou sont encore protectionnistes à l’excès. Le problème n’est pas la concurrence mais la concurrence déloyale.
Par exemple, les  normes européennes ne doivent pas valoir pour les producteurs européens mais pour tous les produits vendus sur le marché européen. Voilà qui empêcherait de très grosses entreprises de contourner contraintes environnementales ou sociales en produisant dans des pays où elles n’existent pas puis en revendant après coup sur le territoire européen.
De même, un pays ne devrait pas pouvoir décréter unilatéralement la valeur relative de sa monnaie dès lors qu’il utilise les règles du commerce international pour vendre ses productions.
C’est au niveau de grandes organisations internationales comme l’OMC qu’il faut lutter pour promouvoir une concurrence juste (NDLR : comme le fait Marielle de Sarnez au Parlement européen, par exemple).

Depuis une dizaine d’années nos déficits commerciaux suivent le chemin de nos déficits budgétaires : ils dérapent toujours plus, privant notre pays de précieuses ressources. C’est donc sur notre sol qu’il s’agit de relancer nos productions. Il n’existe certes pas de solutions miracle mais il nous reste des leviers qu’il demeure possible d’activer.

a) L’automatisation des productions permet ainsi  de contourner les écarts de coûts salariaux comme critères déterminants de rentabilité. Elle facilite donc l’implantation de la production sur le sol français.

b) C’est l’offre plutôt que la demande qu’il faut soutenir à l’heure actuelle : dans une économie ouverte comme la nôtre, et en l’état de notre appareil productif, une relance par la demande reviendrait à stimuler les productions allemande ou chinoise, tant nos importations en biens de consommation sont importantes.
Une économie administrée n’est pas la solution pour Bayrou : ce n’est  ni le rôle ni la compétence d’un Etat de ses mêler des grands équilibres de la production. Il se défie du dirigisme mais croit l’Etat dans son rôle quand il incite ou facilite.
c) Sans définir une stratégie nationale l’Etat pourrait permettre aux différents acteurs économiques d’en dresser les contours ; une sorte de Commissariat au Plan qui les réunirait et les informerait (sur certaines OPA hostiles dont le seul but est de capter le carnet de commandes d’un concurrent puis de l’éliminer une fois la prédation accomplie, par exemple).
Le fonds stratégique mis en place par Sarkozy et le gouvernement Fillon va à cet égard dans le bon sens mais doit être élargi et servir à bon escient : pas à soutenir les copains ou les très grosses entreprises mais être orienté vers les PME, particulièrement les jeunes pousses.

d) Appeler les consommateurs à la rescousse
Un véritable effort implique la nation toute entière. Convenablement informés, les Français consommateurs peuvent devenir les soutiens actifs des Français producteurs. Mais pour cela, il faut créer un label “Produit en France” indiquant précisément en pourcentage la production issue de notre sol. Aux associations de consommateurs, professionnels et salariés d’en contrôler la fiabilité. Il ne s’agit pas pour autant de mener le combat contre les composants importés : ils sont une chance pour les pays qui les produisent et une opportunité de baisses de coûts pour nos entreprises. Il en va tout autrement de la délocalisation d’un produit.

e) Simplification fiscale et juridique
Les cadres juridiques qui régissent l’activité entrepreneuriale sont d’authentiques labyrhintes : Thésée y perdrait son fil d’Ariane. Niches fiscales et sociales, normes complexes et changeantes, tout contribue à favoriser les très grosses entreprises disposant de cabinets juridiques tandis que les PME sont conduites à errer dans leur dédale. Une iniquité de plus qu’il convient de corriger par une nuit du 4 août des privilèges indus et des formulaires surnuméraires.

f) Basculement des charges sociales
Il y a une injustice dans notre pays : tous les Français bénéficient de la même protection mais seuls les salariés et les entreprises la paient. Si l’avantage profite à toute la nation, c’est également à elle de le financer. Tous les revenus sans exception doivent contribuer : salaires, entreprises, revenus du capital, assurances, retraites... Un impôt comme la CSG qui touche tout le monde et tous les revenus pourrait pourvoir à ce financement. De ce fait, les marges plus importantes, particulièrement dans l’industrie, favoriseraient l’investissement dans la recherche et le développement (NDLR : Jean Peyrelevade observait dans son livre l’erreur historique de Nicolas Sarkozy que l’industrie française avait les marges les plus faibles d’Europe).

In fine toutes ces idées ne prétendent pas à la vérité universelle, et à vrai dire, ma relation est loin d’être exhaustive (il faut lire le livre de Bayrou en entier), mais elles méritent une discussion et des débats et ouvrent la voie à une politique de reconquête. En France l’on s’accorde aisément sur l’abstraction mais dès qu’il s’agit de la réalité, de la matière qui fait la vie, il n’y a plus personne.

Pourtant, l’important, c’est de vouloir...

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samedi, 04 juin 2011

Cousin Pons

Cela fait déjà plus d'un mois que j'ai achevé le Cousin Pons d'Honoré de Balzac, et, à vrai dire, j'avoue que je n'en finis pas de le digérer, enchaînant méditation sur méditation à son sujet.

J'ai trouvé dans le dernier Magazine littéraire une analyse intéressante à ce sujet. L'auteur y écrit que d'une certaine manière, l'écriture balzacienne est une contestation radicale du droit en vigueur. Le droit napoléonien ne reconnaît pas les situations affectives particulières. Le Cousin Pons voudrait tester en faveur de son ami Schmucke, mais en dépit de ses ruses, c'est à sa vile famille que ses biens reviendront.

Ce qui se fait en droit ne cadre donc en aucune manière avec la réalité des sentiments. L'auteur de l'article évoque à ce sujet Ursule Mirouët que je me suis empressé d'acheter, du coup. Ce sera ma prochaine lecture.

J'ai trouvé aussi dans ce livre matière à penser sur la frontière entre le mal et le bien avec la Cibot : voilà une femme qui accueille d'abord nos deux artistes par un mouvement de bonté naturelle. C'est lorsqu'elle entrevoit la possibilité de faire fortune qu'elle bascule dans le mal, ourdissant des stratagèmes dignes d'une Lady Macbeth ou encore d'une Tullia avec son père, le roi romain légendaire Servius Tullius.

Ainsi, le fil est si ténu entre le mal et le bien, dès lors que l'intérêt bien compris entre en jeu...Ce sont finalement toutes les petites et grandes bassesses des hommes et des femmes qui font le "sel" du Cousin Pons. Pauvre Cousin Pons, pauvre "pique-assiette"...

17:06 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : balzac, cousin pons | |  Facebook | | | |