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vendredi, 14 décembre 2012

Libéralisme et Révolution

Les observateurs attentifs des blogrolls locales auront remarqué la présence d'une référence à la dénomination hilarante dans la colonne de gauche : le libéralisme amusant. Or, j'ai eu la riche (et libérale)  idée de faire l'acquisition du livre (très bien) écrit par l'auteur du site, Daniel Tourre, Pulp libéralisme

Didactique et amusant au possible. Comme je le parcours, je vais en rendre compte ici-même au fur et à mesure de ma lecture. 

Il y a d'ores et déjà un point qui m'a frappé et qui ne laisse pas de m'étonner : l'attachement indéfectible des libéraux pour la Révolution Française. Soyons précis : pour celle de 1789. Pas 1793, évidemment.

La gauche de la gauche qualifie souvent cette révolution-là de bourgeoise car elle se contentait de garantir les libertés et le droit à la propriété sans privilège régalien de quelque sorte que ce soit et enfin la sécurité.

Les libéraux authentiques ont donc une véritable vénération pour la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 car c'est bien l'article 2 qui énonce quatre droits fondamentaux issus des Lumières : 

- liberté

- propriété

- sûreté

- résistance à l'oppression

Au fond, la seconde révolution, elle a eu lieu l'air de rien au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, au moins en France en tout cas, en 1946 : le première révolution garantissait les libertés, la seconde, les droits sociaux qui horripilent nombre de libéraux à l'exception notable du droit de grève.

C'est très amusant d'ailleurs de voir un certain nombre de nos libéraux modernes pas toujours forcément au faits des conceptions de celui qu'ils mettent en avant célébrer Bastiat. S'il y a bien un libéral qui a soutenu et défendu le droit de grève, c'est bien lui avec les conditions suivantes : 

Si les ouvriers se sont concertés, se sont entendus, et qu'ils se disent : nous ne voulons pas vendre notre marchandise, qui est du travail, à tel prix; nous en voulons un autre, et si vous refusez, nous allons rentrer dans nos foyers ou chercher de l'ouvrage ailleurs.


samedi, 05 février 2011

L'Égypte comme l'Iran, mais lequel ?

Je ne suis pas certain de me réjouir du climat de révolte en Égypte. Bien sûr, la population cherche à chasser son despote, mais de l'autre, même s'ils n'ont pas été à l'origine des troubles, les Frères Musulmans vont tenter de récupérer la situation.

Ils ont été nombreux, en 1979, les intellectuels, à se réjouir de la révolution en Iran. Il suffit d'avoir lu le témoignage de Bani Sadr pour comprendre que les islamistes, comme les communistes à leur début au demeurant, sont prompts, même s'ils sont encore minoritaires, à prendre les rênes d'un mouvement populaire afin de l'instrumentaliser et prendre le pouvoir. Bref, je ne crois pas que ce soit la récente révolte des jeunes en Iran qui soit le modèle de la révolte égyptienne.

La prise de pouvoir par des islamistes en Égypte ferait courir un risque géopolitique majeur à toute la région. 

L'armée semble toutefois déterminée à contrôler la situation tout en évitant de heurter la population. Je suis sceptique sur Baradei : il est connu à l'étranger, les forces progressistes à l'Égypte le soutiennent, mais ce n'est absolument pas une garantie de popularité auprès des masses populaires.

Dans des révolutions comme celles qui se produisent, il faut toujours se garder d'un enthousiasme naïf : gauchistes, libéraux, syndicalistes, étudiants, parce qu'ils sont là et parlent facilement aux médias, ils ont toujours l'impression de parler au nom du peuple, voire d'être le peuple.

Mais le peuple, en Afrique du Nord, a des préoccupations plus prosaïques : il veut simplement travailler et manger à sa faim. Accessoirement, quand il se montre réceptif à une idéologie, c'est généralement celle de l'islamisme triomphant. Le temps de Nasser, fer de lance de la laïcité,  est passé de date depuis fort longtemps déjà.

lundi, 13 septembre 2010

Le libéralisme, une issue au despotisme ?

Je lisais l'appel des hommes d'affaires iraniens, relayé par Georges Malbrunot et signalé par Rimbus qui peste contre une diabolisation de l'Iran qu'il juge excessive.

Je tends à pense que le commerce, l'échange, c'est la paix, car les nations qui commercent se développent et se découvrent tôt ou tard des intérêts réciproques. Ainsi, les hommes d'affaire iraniens souhaitent, c'est évident, autant d'apaisement que possible avec l'Europe et les USA.

Oui, certainement, le libéralisme, au fil du temps, finit par s'imposer, et je ne doute pas que des pays comme l'Iran ou la Chine finissent par se démocratiser au final, tant libéralisme et démocratie sont consubstantiels.

Néanmoins, j'ai aussi dans l'esprit que ce processus a un travers : il est lent. On a toujours la tentation de rêver à une Révolution de velours à la tchécoslovaque, mais je crains, hélas, que cela ne soit là qu'un miracle qui se produit une fois sur cent.

Il faut, du coup, toujours trancher et faire un choix entre une politique de sanctions, au rixe de durcir un régime et l'aplanissement des relations sans...aplatissement !

Pas facile. Qu'est-ce qui peut sauver Sakineh ? Pas les opinions publiques occidentales peopolisées, mais leur impact sur des pays traditionnellement amis de l'Iran. Ainsi, cela a du étonner Ahmadinejad d'entendre Lula et tout le Brésil derrière lui offrir un asile politique à Sakineh. L'affaire prend des proportions gênantes pour l'Iran et pour tous les pays qui pratiquent la lapidation en général. Ils font d'ailleurs profil bas dans cette affaire.

Que l'on secoue trop violemment une nation, et son despotisme se mue en un autre despotisme. Ainsi vont la plupart des révolutions. Le tout est de trouver le bon ton : secouer suffisamment pour que la sauce prenne, mais pas trop au risque de la faire déborder du bol. Fin travail de diplomate dans lequel on peut retrouver toutes les nuances d'une diplomatie d'essence libérale, à mon sens...

samedi, 18 juillet 2009

Je conchie la Marseillaise !

Ça faisait longtemps que j'avais envie de l'écrire. En fait, plus encore que Némo, vous l'aurez deviné, les sentiments que j'éprouve pour cette chanson révolutionnaire, sont peu amènes. Je dirais même que mes réflexions sur le sujet sont assez proches de celles de Roman. Il y a toute une mythologie autour du drapeau et de la Révolution qui ont le don de m'exaspérer. En réalité, il y a une date importante, pendant la Révolution, c'est la nuit du 04 août. C'est là que l'Ancien Régime décide, sous la pression conjuguée des idées qui circulaient depuis le début du siècle et du peuple, d'abolir une large part de ses privilèges.

Le second point important, c'est la réforme du Droit. Le droit révolutionnaire a véritablement ouvert une nouvelle ère. Seule chose valable de la Révolution que Napoléon s'est empressé d'anhiler.

Le reste à acouché de monstres, de crimes, de meurtres et d'infâmies. D'ailleurs, sans famine, sans crise économique (la Révolution a connu aussi ses titres faiansés avec les assignats de Law), il n'y aurait pas eu d'émeutes et donc pas de révolution. Le régime se serait doucement mais sûrement libéralisé et la France aurait évité bien des misères.

D'ailleurs, partout où l'on a brandi par la suite la Révolution pour inspirer une révolte, cela a servi à établir des dictatures ou des semi-dictatures.

Pour revenir à la Marseillaise, je n'ai aucune sympathie pour un hymne qui veut abreuver de sang la terre. C'était un bon chant de guerre en un temps où la France était menacée par des puissances étrangères, mais c'est un mauvais hymne national.

Là s'arrête mon inimitié. J'aime mon pays, j'aime mon drapeau, et j'aime ma culture et ma langue. Je serais prêt (volontiers) à laisser tomber mon drapeau pour le bleu étoilé de l'Europe, mais jamais je ne renoncerai à ma culture et à ma langue.

lundi, 23 février 2009

Révolution/Évolution

Alcibiade me demande comment je l'imagine une Révolution aujourd'hui. A vrai dire, je me défie au plus haut point des révolutions politiques. Les révolutions l'inspirent quand elles sont technologiques, industrielles, scientifiques et philosophiques, mais les révolutions politiques laissent presque toujours la place au pire. Révolution française ? Tout cela pour porter d'abord au pouvoir des Robespierre et des Saint-Just, puis, plus tard, dégénérer en régime autoritaire avec Napoléon Bonaparte ? Non merci. Que d'individus de qualité liquidés dans cette période ! Quand on donne la parole à des tarés exaltés comme Marat, des psycho-rigides maniaques et psychopathes comme Robespierre, comment s'étonner de retrouver le pays exsangue.En 1848 l'espoir Lamartine ne fit pas long feu, et la IIème République s'effondre, digérée goulûment par Napoléon III. La Commune, en dépit des légendes qui ont cours autour d'elle, n'avait absolument aucun caractère démocratique, mais visait simplement à s'établir dans le sang.

Mais quand c'est la droite nationale qui s'empare de la révolution, cela donne la Révolution Nationale comme en 1940... Pire, dans les années 30, les fascistes et les nazis s'emparent de la phraséologie révolutionnaire, pour le résultat que tout le monde connaît aujourd'hui.

Et partout où les communistes, cette fois,  se sont réclamées de la révolution, la démocratie est tombée, comme à Prague en 1948.

Octobre rouge sonna le glas d'un changement pacifique en Russie.

Bref, je n'aime pas ce mot en politique. Je crois plutôt aux mouvements de fond qui renouvellent petit à petit nos sociétés. C'est par touches qu'elles évoluent, pas par ruptures. Je me méfie des théoriciens de la rupture. On voit aujourd'hui leurs pratiques, d'ailleurs...

La seule Révolution qui ait jamais eu valeur d'exemple à mes yeux, c'est la Révolution de velours en Tchécoslovaquie.

Bref, je ne m'imagine pas de révolutions en 2009, surtout pas, mais, je souhaite des évolutions et des changements. Ces évolutions, je les évoque assez souvent ici, et cette manière de considérer les choses est l'un des causes de mon engagement à l'UDF d'abord puis au MoDem ensuite.

dimanche, 25 janvier 2009

Les Révolutions de l'Intelligence

J'en suis arrivé au chapitre XXI de la troisième partie du Tome II de l'ouvrage de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, et je suis tombé sur ce passage magnifique. Je trouve qu'il illustre bien ce que sont nos démocraties marchandes, et enfonce tout espoir de Grand Soir pour nos révolutionnaires en herbe...

«Je ne sache rien d'ailleurs de plus opposé aux mœurs révolutionnaires que les mœurs commerciales. Le commerce est naturellement ennemi de toutes les passions violentes. Il aime les tempéraments, se plaît dans les compromis, fuit avec grand soin la colère. Il est patient, souple, insinuant, et il n'a recours aux moyens extrêmes que quand la plus absolue nécessité l'y oblige. Le commerce rend les hommes indépen­dants les uns des autres; il leur donne une haute idée de leur valeur individuelle; il les porte à vouloir faire leurs propres affaires, et leur apprend à y réussir; il les dispose donc à la liberté, mais il les éloigne des révolutions»

Et sur les Révolutions, Tocqueville ajoute en note, montrant ainsi quelles sont celles qui ont sa préférence :

«Si je recherche quel est l'état de société le plus favorable aux grandes révolutions de l'intelligence, je trouve qu'il se rencontre quelque part entre l'égalité complète de tous les citoyens et la sépa­ration absolue des classes. Sous le régime des castes, les générations se succèdent sans que les hommes changent de place; les uns n'attendent rien de plus, et les autres n'espèrent rien de mieux. L'imagination s'endort au milieu de ce silence et de cette immobilité universelle, et l'idée même du mouvement ne s'offre plus à l'esprit humain. Quand les classes ont été abolies et que les conditions sont devenues presque égales, tous les hommes s'agitent sans cesse, mais chacun d'eux est isolé, indépendant et faible. Ce dernier état diffère prodigieusement du premier; cependant, il-lui est analogue en un point. Les grandes révolutions de J'esprit humain y sont fort rares. Mais, entre ces deux extrémités de l'histoire des peuples, se rencontre un âge intermédiaire, époque glorieuse et troublée, où les conditions ne sont pas assez fixes pour que l'intelligence som­meille, et où elles sont assez inégales pour que les hommes exercent un très grand pouvoir sur l'esprit les uns des autres, et que quelques-uns puissent modifier les croyances de tous. C'est alors que les puissant, réformateurs s'élèvent, et que de nouvelles idées changent tout à coup la face du monde.»

Peut-être vivons-nous une période de ce type à l'heure actuelle...

dimanche, 27 juillet 2008

De Louis XI aux technocrates

Encore un commentaire sur Notre Dame de Paris de Victor Hugo (il me reste un quart du livre à lire): j'en suis arrivé au moment où Louis XI, en entrevue avec les Flamands, examine ses comptes. Un messager arrive alors et lui annonce qu'il y a une sédition populaire (les Truands attaquent Notre-Dame). Dans un premier temps, il s'en réjouit, car il pense que ce sont des seigneurs locaux contre lesquels est dirigée l'ire du peuple. Mais quant il apprend que c'est sa justice qui a été remise en cause, il entre dans une grande colère. Il décide d'envoyer des troupes. Toutefois, s'interrogeant sur les causes exactes de la colère des assiégeants, il s'imagine qu'ils veulent pendre la sorcière qui s'est réfugiée à l'intérieur (il s'agit d'Esmeralda). Il ne lui vient à aucun moment à l'esprit que ce pourrait être au contraire pour la libérer, et pas davantage l'idée d'interroger un truand à ce sujet.

Quelques moments auparavant, Copenole, l'un des bourgeois flamands, l'a pourtant mis en garde quant à la façon dont les peuples se révoltent contre les rois. Louis XI qui est à la Bastille, se félicite de ce qu'il est dans une forteresse imprenable...Une ironie évidente de Victor Hugo songeant aux débuts de a Révolution...

Quand je pense à certains nos technocrates, j'y vois le même mpéris pour le peuple : jamais l'envie de savoir ce que le peuple pense, mais simplement des suppositions qui suffisent à les satisfaire.

Je ne suis pas favorable aux révolutions, et je ne souhaite pas la chute d'une nouvelle Bastille. Mais quand l'Histoire se bloque, c'est hélas inévitable.

Ceci me rappelle simplement Au nom duTiers-Etat, de François Bayrou :

Le pouvoir est verrouillé, le peuple n’y a plus aucune place, on est revenu à l’ancien régime. Depuis un quart de siècle, le pouvoir absolu de cette Ve République finissante, appuyé sur des forteresses financières et médiatiques, a réduit le peuple français à la condition du tiers état de 1789. Jamais la phrase de Sieyès n’a paru plus juste : « Qu’est ce que le tiers état ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? À devenir quelque chose. » Voilà des années que François Bayrou dénonce la crise de ce régime et la manière dont les clans se l’approprient. Sur ce thème, depuis la tribune de l’Assemblée nationale, il a pris comme cible les abus de pouvoir et défendu les droits du peuple français et du Parlement. Au nom du tiers état, ces textes de combat sont un réquisitoire contre le mépris des citoyens.

Voilà, cqfd.