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vendredi, 18 janvier 2013

E-books : Virgile fait un carton !

Je n'aime pas Paul Veyne que je considère comme un imbécile qui a régulièrement scié la branche sur laquelle il est assis mais je me réjouis tout de même de constater que sa traduction de l'Énéïde de Virgile, l'une plus fameuses épopées de toute l'histoire de l'humanité, est en tête des ventes de livres électroniques de la fnac dans la catégorie Lettres/Théâtre/Poésie.

Je suis souvent très agacé par les cabris qui sautent dans tous les sens en jurant la mort du livre papier et en accusant les éditeurs français de se montrer conservateurs parce qu'ils se défient d'un système qui pourrait les priver de tous revenus.

Cela me fait d'ailleurs bien rigoler de voir que le livre papier fait plus que de la résistance : les livres numériques ne constituent qu'1 à 2% des ventes en France alors que les beaux esprits qui peuplent la toile prédisaient avec force jactance et arrogance l'effondrement des ventes des livres traditionnels.

En fait, je viens de faire un tour sur la site de la FNAC. Ils ont une offre bien plus intéressante qu'Amazon, particulièrement en livres électroniques. J'ai pris la mauvaise habitude de ne me rendre que sur Amazon (parfois Price Minister) pour acheter des livres (quand je ne les achète pas en librairie, je veux dire) mais je vais changer mon fusil d'épaule et me rendre plus souvent sur celui de la FNAC.

Il y a plusieurs raisons à cela : Amazon ne paie pas un kopeck sur ses revenus à la France, primo, et, secundo, ne fait absolument rien pour promouvoir les lettres contrairement aux éditeurs et distributeurs français.

Si nos maisons d'édition venaient à disparaître, ce qui a semblé longtemps réjouir les imbéciles patentés qui comptent sur Internet pour prendre le relais, ce serait une catastrophe pour la pensée et les lettres. On peut évidemment parfois s'agacer du jeu propre à nos prix littéraires, il n'en a pas moins le mérite d'exister et les maisons d'édition sont largement partie prenantes de nombre d'initiatives invitant nos enfants à lire et écrire. Et cerrtains de nos distributeurs (la FNAC notamment) ne sont pas en reste.

Que l'on m'en cite une seule d'Amazon : inutile de chercher, il n'en existe aucune... 

20:01 Publié dans Culture, Internet, Lectures, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : e-books, livre électronique, édition, amazon, fnac | |  Facebook | | | |

mercredi, 12 décembre 2012

Impossible de ne pas soutenir Wikipedia

Je viens de faire mon don annuel à wikipedia. A vrai dire, cette encyclopédie en ligne est une bénédiction quotidienne. En termes de connaissance, c'est très certainement l'un des plus grands projets de toute l'histoire de l'humanité. Au niveau de la Grande Bibliothèque d'Alexandrie ou encore de l'Encyclopédie imaginée par d'Alembert. Une somme de science et de savoirs généreusement mise à disposition par des auteurs anonymes généralement experts dans leur domaine.

Je pense sincèrement que c'est ce qu'Internet a produit de plus accompli, de plus grandiose depuis son émergence.

Et j'avoue sincèrement être surpris car jamais je n'aurais imaginé qu'un tel projet aboutisse. Je me demande d'ailleurs tous les jours comment il tient. Fluctuat nec mergitur. Impressionnant.

00:13 Publié dans Culture, Education | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : wikipedia | |  Facebook | | | |

mardi, 16 octobre 2012

ISF et art : trop de pression fiscale

Trop de pression fiscale tue l'impôt c'est évident, sans compter les dommages collatéraux. La décision d'imposer les oeuvres d'art est une mauvaise mesure. Elle va rapporter assez peu d'argent et faire partir à l'étranger toutes les collections privées.

Le mécénat est une dimension très loin d'être négligeable du financement de la sphère artistique. Je considère déjà l'ISF comme une spoliation. Le gouvernement a besoin d'argent pour équilibrer les comptes de la nation. Qu'il commence par baisser ses dépenses.

Toutefois, j'observe que ce gouvernement étrangle l'art en baissant le buget de la culture d'un côté et en accroissant la pression fiscale sur l'art de l'autre. Quelle ineptie.

Je tends à penser que hors patrimoine et promotion de la francophonie, le ministère de la culture est une création ex nihilo plus idéologique qu'autre chose en France. Je crois  qu'on devrait donc laisser une bien plus large place au ménénat (aux fondations, par exemple, comme le suggérait Bayrou en 2007 puis en 2012). Je n'aime pas du tout l'idée d'une création artistique subventionnée par l'État. On a vu ce que cela donnait en Union Soviétique et plus généralement dans les régimes qui se veulent "forts".

Je crois en un état qui garantit la liberté mais absolument pas en un État qui définit ce qui est artistique ou non.

Bref, l'État socialiste a tout faux. Le problème c'est que la sphère artistique a pris de si mauvaises habitudes en France qu'il va être douloureux au fil du temps de l'extirper du mauvais giron de l'État.

Lui laisser une vraie liberté fiscale (et elle bénéficie déjà largement dans certains domaines d'un régime dérogatoire) me paraît plus propre à la stimuler que toute forme d'encasernement fût-il doré.

Bref, aux collectivités locales à la rigueur de définir leurs rapports à l'art pour autant que la sphère publique intervienne et pour le reste, liberté fiscale pour les créateurs. Voilà un beau deal libéral qui fera frémir mes tovaritchi de gauche mais qui ne manque peut-être pas de bon sens par les temps qui courent...

18:15 Publié dans Culture, Société | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | | |

vendredi, 07 septembre 2012

Pourquoi parle-t-on si peu de Lykke Li en France ?

Yes ! Je viens de découvrir un talent. Je ne connaissais pas Lykke Li il y a encore trois semaines, et, depuis que j'ai entendu ma nièce chantonner follow rivers, j'écoute en boucle ce magnifique morceau de rock. Jugez donc de la performance. C'est du très haut niveau. Une voix exceptionnelle.

On pourrait penser que la qualité musicale du morceau est un accident musical, mais à écouter ses autres productions, on est bien face à une chanteuse exceptionnelle. Possibility, Tonight (qui date pourtant de 2008), sont du même tonneau. J'avoue être séduit. Voulant en savoir plus sur cette chanteuse j'ai d'abord cherché son site, et je l'ai trouvé, puis j'ai essayé de voir un peu ce que la presse disait d'elle, et là, nada, nitchevo, nothing, nichts, enfin presque. Très bon rock anglais pour cette Suédoise :-) Elle frappe très fort avec son I follow rivers (et il date pourtant du mois de janvier 2011).

C'est cela qui est étonnant, au fond : pourquoi le talent perce à un moment et pas à un autre, allez savoir...En fait, on en a peut-être parlé depuis un moment et c'est moi qui me réveille un peu tard...

Bref, plumitifs de tous les pays, unissez-vous pour célébrer un nouveau talent. A mon avis, elle vaut bien Lana del Ray et même mieux encore. 

18:35 Publié dans Culture, Insolite | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : likkely, i follow rivers | |  Facebook | | | |

mardi, 14 février 2012

Le Panthéon de Bayrou est une école...

Voilà qui vaut le détour : Bruce Toussaint sur Europe 1, ce matin, demande à Bayrou : 

 Si vous devenez Président quelle sera votre 1er geste symbolique, votre Panthéon comme Mitterand en 1981?

Réponse de l'intéressé : 

Mon Panthéon est modeste et beaucoup plus ambitieux , j'irai dans une école , parce que c'est là que ça se joue.

Joli. J'aime bien. Un Panthéon, dans l'Antiquité, c'était un endroit dans lequel on honorait les dieux. Heureux d'entendre que Bayrou a consacré le sien à la déesse École.

Je crois qu'à Rome,  on ouvrait l'année au mois de mars après une fête en l'honneur de Minerve, déesse du savoir et des écoliers. Cette divinité d'origine Étrusque fut introduite à Rome par Numa Pompilius Bayrus le plus sages des rois romains. Nul doute qu'elle ne dépareillerait pas dans le panthéon démocrate :-)

17:29 Publié dans Culture, Education, Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : école, bayrou, minerve | |  Facebook | | | |

lundi, 02 janvier 2012

Argos ? Mycènes ? Il est roi de quoi, Agamemnon ?

Je me suis demandé, tout récemment, si je n'étais pas frappé d'un Alzheimer précoce : il se trouve que j'ai lu la fin de l'Iliade par Quintus de Smyrne et que je relis l'Énéïde de Virgile. Toutefois, pour disposer de quelques éléments complémentaires, je vais piocher de temps à autre dans l'Orestie d'Eschyle ou l'Électre de Sophocle. En principe, Agamemnon est le roi de Mycènes. Sauf qu'Eschyle en fait le roi d'Argos, lui ! Je ne percute pas : si l'on en croit Homère, Quintus de Smyrne et Virgile, le roi d'Argos, c'est Diomède. Apparemment, Diomède a hérité du trône d'Argos par sa mère, fille du roi Adraste, qui a épousé Tydée son père. Donc, en principe, au moment de l'expédition contre Thèbes, le roi d'Argos, c'est Adraste. En principe seulement : là où je suis largué, c'est qu'Amphiaraos, un des Sept qui accompagnent Tydée contre Thèbes, est aussi roi d'Argos, par son père Oïclès, lui-même roi d'Argos (selon Homère mais dans l'Odyssée, cette fois). En fait, Amphiaraos aurait liquidé Talaos, le père d'Adraste. Mais là encore, ça coince, parce que Talaos est censé avoir été roi d'Argos : comment est-ce possible si Oïclès était roi avant Amphiaraos ? Parce que pour corser le tout, Homère reconnaît bien Talaos comme roi de Mycènes dans l'Iliade.

Récapitulons : Homère a écrit l'Odyssée et l'Iliade. Mais dans l'Iliade, Talaos a été roi d'Argos, alors que dans l'Odyssée, cela a été Oïclès. La seule chose claire, c'est qu'Amphiaraos a tué Talaos, contraignant un temps Adraste à s'exiler. Bien évidemment, Oïclès et Amphiaraos sont censés avoir été rois en même temps.

Y'aurait une solution : Oïclès a accompagné Héraklès et Télamon quand ils ont monté une première expédition contre Troie, mais a péri des mains du roi de Troie, Laomédon. On pourrait donc imaginer que Talaos, le père d'Adraste, a pris possession du pouvoir à la faveur de la mort d'Oïclès. Du coup, Amphiaraos, en faisant la peau à Talaos, aurait simplement récupéré le pouvoir qui lui revenait de droit. Et après ? Eh bien j'ai la solution : Adraste et Amphiaraos ont du exercer le pouvoir à deux ! En fait Adraste a épousé la soeur d'Amphiaraos, Eryphile, donc ils se sont sans doute réconciliés. D'ailleurs, Amphiaraos et Adraste combattent de concert contre Thèbes lors de la 1ère expédition et sont les deux seuls à sauver leur peau. Je sais que je vais faire ch... mais : dans les Sept contre Thèbes, d'Eschyle, y'a pas Adraste...Y'a un type qui s'appelle Étéoklos, à ne pas confondre avec Étéocle le roi de Thèbes, la ville assiégée, frère de Polynice qui a monté cette expédition pour se venger de son frère.

Je n'ai évidemment toujours pas résolu la question de  la tradition qui ferait d'Agamamemnon un roi d'Argos.

Je me demande bien ce qu'on trouvait comme statues à Delphes à l'intérieur de  l'hémicycle des rois d'Argos dans l'Antiquité...

 Quand je pense, sniff, que j'ai raté l'Orestie au Théâtre de l'Odéon. C'est dur de jouer Eschyle. Généralement, c'est ardu à suivre, surtout quand on représente ses pièces à la grecque, c'est à dire un seul acteur déclamant en compagnie d'un choeur. Mais là, Olivier Py, il avait l'air d'avoir fait quelque chose de séduisant, si j'en crois l'extrait-vidéo.

Il met en scène Prométhée en février au même endroit. Si je peux disposer d'une bande-annonce et qu'elle est aussi prometteuse que son Orestie, j'y irai.

C'était compliqué, non, ces histoires de famille en Grèce ? Je ne vous ai même pas dit pourquoi tous ces gars ont attaqué Thèbes au fait. Laissez tomber : encore une sale histoire de famille...

16:02 Publié dans Culture, Lectures | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : agamemnon, argos, mycènes, diomède, thèbes, eschyle | |  Facebook | | | |

samedi, 24 décembre 2011

L'injustice faite à Quintus

Tout récemment, je faisais savoir que j'avais été l'heureux destinataire d'une tablette, chose utile au possible pour emporter une petite bibliothèque avec soi en toutes circonstances. Toutefois, les ebooks, ce n'est pas gagné : le choix est bien trop restreint à l'heure actuelle. On trouve évidemment quelques classiques, mais le compte n'y est pas. Pour moi qui suis pétri d'humanités grecques, je construis mes ebooks à partir de deux grandes sources d'ouvrages : le site de Philippe Remacle et Méditerranées . Ce ne sont évidemment pas les seuls, on trouve des trésors à la Bibliotheca Selecta Classica ou encore chez Nimispauci.

Bref, comme je déteste lire des livres sur un ordinateur, même portables, je n'avais jamais eu l'occasion de lire autrement qu'en diagonale les Post Homerica de Quintus de Smyrne. C'est un poète grec qui aurait vécu vers le IIIème ou IVème siècle après Jésus Christ. Il a eu l'excellente idée d'écrire une suite à l'Iliade d'Homère. Quand je pense que jeune, je l'ai tant cherchée, cette suite. Mais comme je n'en connaissais pas l'existence, c'est à travers les tragédies de Sophocle, d'Euripide et d'Eschyle que j'ai pris connaissance du devenir des héros qui m'avaient fait rêver. Beaucoup plus tard, j'ai découvert les hymnes homériques puis Apollonios de Rhodes, mais j'ai toujours trouvé assez peu substantiels ces deux derniers écrits. Je connaissais toutefois la chute de Troie par l'Énéïde que j'ai découvert deux-trois ans après l'Iliade.

J'ai trouvé sur Quintus de Smyrne des jugements très sévères. Pour ma part, j'ai lu presque d'une traite sa Suite de l'Iliade et j'y ai retrouvé les héros et l'atmosphère de l'Iliade tels que je les avais connus dans ma première jeunesse. On lui reproche de faire une copie conforme de ce qu'Homère a déjà écrit et de n'apporter aucune originalité particulière à son récit. Il y a pourtant des évolutions significatives : Quintus rompt, par exemple, avec la tradition qui veut qu'Achille ait été tué par Pâris. Dans son récit, c'est Apollon qui intervient directement. C'est assez étonnant. Aucun immortel n'agit à ce point directement dans l'Iliade pour tuer un héros. Certes, Apollon frappe le dos de Patrocle, certes, Athéna se saisait de la lance d'Achille pour la lui rapporter, mais il n'y a pas d'attaques directes.

On a retenu les noms d'Hector et d'Achille, mais l'Iliade avait déjà montré qu'Ajax (le fils de Télamon) était sans doute plus puissant qu'Hector, lui aussi. Quintus montre nettement la complicité qui unit Achille et Ajax, notamment dans le premier livre qui relate la geste de Penthélisée, une amazone fille du dieu Arès. C'est quelque chose qui n'était pas apparu à ce point dans l'Iliade. Il faut dire que la jeune femme ne manque pas de courage (de témérité ?) puisqu'elle attaque simultanément Ajax et Achille au corps à corps. Lorsqu'elle meurt et qu'Achille lui enlève son casque, il réalise alors qu'il serait tombé amoureux d'elle s'il l'avait vue autrement qu'en tenue de combat. L'armée grecque, à commencer par les Atrides, est elle-même émue par la beauté de la jeune fille au point de proposer aux Troyens de leur rendre le corps sans négociations ni rançon. La colère d'Arès est terrible, et il faut toutes les objurgations des dieux pour le dissuader de venger sa fille. J'observe à ce sujet qu'il paraît bien moins ridicule que dans l'Iliade : il envisage de tuer Achille, au risque d'être foudroyé par Zeus, mais finalement, ce qui le retient ce n'est pas la crainte du dieu de la foudre, mais le souvenir que Zeus aussi a perdu un grand nombre d'enfants. Une manifestation d'empathie et une certaine forme de sagesse dont il aurait été bien incapable chez Homère.

La geste de Memnon met en scène un héros troyen d'une puissance presque similaire à celle d'Achille : le combat entre Hector et Achille avait été bref dans l'Iliade. Il en va tout autrement de celui qui oppose Memnon, le fils de l'Aurore à Achille. Il dure toute la journée, est très incertain, et les deux héros se blessent. Véritablement, la fin d'Achille eût été plausible à considérer la puissance de son adversaire. Les deux portent d'ailleurs des armures forgées par Héphaïstos que nul autre ne pourrait revêtir.

Il est vrai que le récit se déroule selon un ordonnancement qui fait largement penser à celui de l'Iliade. Il n'y a pas de nouveautés autres que celles que j'ai signalées. On peut toutefois relever que Quintus en rajoute dans la métaphore, tout le règne animal y passe ou presque. Je ne m'attendais pas à voir des guerriers qui suivent un chef au combat  comparés à une colonne d'oies, mais manifestement cela a semblé pertinent à Quintus, puisque c'est ainsi qu'il décrit les Troyens à l'arrivée d'un nouveau défenseur en la personne d' Eurypyle le fils de Télèphe (donc petit-fils d'Héraklès)  :-) 

Ainsi, quand des oies enfermées dans une cage voient venir l'homme qui leur donne la pâtée, elles se réjouissent, et il aime aussi à les voir ; ainsi les fils de Troie se réjouissaient en voyant le vaillant Eurypyle

De toutes façons, dans l'Antiquité, une épopée n'a pas pour but d'être créative, elle doit se montrer au contraire souvent répétitive. Ensuite, Quintus voulait écrire une suite à l'Iliade : je ne sais pas ce que cela donne en grec ancien (le grec homérique est un peu particulier, alors j'ai du mal à imaginer un grec vivant 1100 ans après répliquant les formes nominales ou verbales d'Homère), mais en français, on n'y voit que du feu ou presque.

En somme, voilà mon conseil : récupérez les pages internet du livre, ou alors farfouillez dans des bibliothèques spécialisées à la recherche d'une édition/traduction de l'oeuvre, mais dans tous les cas de figure, lecture recommandée, a fortiori si vous avez lu l'Iliade. 


17:02 Publié dans Culture, Lectures | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : homère, quintus de smyrne, iliade, post-homerica | |  Facebook | | | |

mercredi, 14 décembre 2011

Magnifique Électre !

Aaaaah : un peu de littérature dans ce monde de brutes, c'est raffraîchissant :-) On m'a offert récemment une tablette ArchoS orientée liseuse, et, du coup, je suis à la recherche d'ebooks gratuits en attendant de trouver les payants que je cherche. J'ai donc trouvé http://www.ebooksgratuits.com/ qui recèle une grande quantité de livres électroniques gratuits dans des formats variés, à commencer par Epub, celui que ma tablette met le mieux en forme.

Je lis toutes sortes de choses, mais ceux qui me connaissent savent aussi que j'ai un goût particulier pour les humanités classiques et notamment les auteurs grecs antiques. C'est là où le bât blesse. Peu de droits s'avérant libres, me voilà condamné à me coltiner les traductions du XIXème siècle. Lourdes, précieuses au possible façon romantisme, c'est quelque peu indigeste. On s'extasie devant les traductions de Leconte de Lisle, eh bien pas moi. Son Odyssée et son Iliade sont d'un ennui mortel. A vrai dire, beaucoup de traductions modernes ne m'apparaissent guère supérieures. Heureusement pour moi, j'ai eu la chance de découvrir l'Iliade très jeune dans la traduction de Mario Meunier. C'est resté un ouvrage de référence pour moi depuis.

Lire Électre (et pourtant j'apprécie Sophocle) a été plus difficile. J'ai toujours aimé la mythologie, mais à vouloir être si proche du texte, les traducteurs de Sophocle m'ont souvent paru ennuyeux.

Et puis il y a quelques années, j'ai fait une découverte extraordinaire. Un helléniste adepte du web et des forums de langues anciennes s'était lancé dans la traduction d'Électre en vers. Cet homme-là était une bénédiction pour les lettres : il était talentueux.

Sa traduction vaut son pesant d'or, c'est elle que j'ai récupérée sur ma tablette, et je ne me lasse pas de la lire et la relire tant elle l'emporte en fluidité sur toutes les autres. Il a eu également le temps de traduire les Choéphores d'Eschyle (qui vont atterrir sur ma tablette aussi).

Mais ce qui est très triste, c'est qu'il est décédé brutalement il y a trois ans. C'est une perte. Et il y a près d'un an, celui qui hébergeait ses textes et a tant fait pour les lettres grecques et latines, Philippe Remacle, l'a à son tour suivi chez Hadès. Je ne doute pas qu'ils se soient retrouvés sur l'île des Bienheureux là où les âmes des héros et des justes étaient envoyées par les juges des enfers.

Ils ont disparu mais le meilleur d'eux est resté, et moi, quand je lis son Électre, je suis bouleversé. Et elle est d'actualité, Électre. Ni elle ni Chrysotémis, sa soeur, n'ont d'estime pour Égisthe, l'usurpateur, qui s'est installé sur le trône de Mycènes après avoir assassiné leur père Agamemnon. Mais l'une a choisi de résister quand l'autre a décidé de plier car elle pense qu'il faut s'effacer devant les puissants et prendre acte de leur pouvoir.

CHRYSOTHÉMIS

Amies, si son esprit n'était pas défaillant,

Elle aurait révélé un peu plus de raison

Avant que de parler : cela n'a pas eu lieu.

Mais que t'arrive-il pour avoir tant d'audace,

Et m'enrôler dans ton projet ? Regarde-toi,

Tu es femme, voyons, pas homme ! Et donc ton bras

N'est pas assez puissant contre nos ennemis.

Tous deux sont aujourd'hui comblés par la fortune ;

Nous allons à vau-l'eau, au-devant du désastre.

Et comment vaincrons-nous un homme tel qu'Égisthe,

Sans subir par la suite, et malheurs et trépas ?

Oui, certes, nous menons une vie lamentable ;

Qu'on entende tes plans et nos maux seraient pires

En fait, quel avantage à être renommées,

Si c'est pour nous livrer à une mort honteuse.

Aussi, je t'en supplie, avant que nous soyons

Anéanties, réprime au plus vite ta rage.

Quant aux propos tenus par toi à cet instant,

Je jure de les taire ; ils resteront secrets.

Sois raisonnable enfin, aie cette intelligence

De céder aux puissants, sache te résigner.  


LE CORYPHÉE (à Électre)

Écoute-la. Prudence et raison sont aux hommes

Les trésors les plus beaux, les plus nobles qui soient.

 

ÉLECTRE

Une telle réponse est loin d'être étonnante.

D'avance, je savais que tu rejetterais

Mes propositions. eh bien, il va falloir

Que je fasse tout de ma propre initiative,

Seule, et pas question de rester sans rien faire !

18:21 Publié dans Culture, Lectures | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : électre, ebooks, philippe renault, remacle | |  Facebook | | | |

mardi, 22 novembre 2011

Au théâtre, vive les places d'honneur

Quand je me rends au théâtre, s'il y a quelque chose que je déteste particulièrement, c'est de me trouver mal placé au point de ne rien voir (ou presque) ou encore de mal entendre. Hors des premiers rangs, point de salut. L'inconvénient, évidemment, c'est le coût de ce goût immodéré pour le luxe et le confort. Coût qui s'allonge d'autant plus que l'on amène avec soi sa petite famille. La place de théâtre, c'est comme la place d'avion, poupettes et poupinets payent plein pot.

Mais quand on assiste à un spectacle de qualité, donné par des acteurs d'exception, c'est un plaisir renouvelé que de caler son derrière dans un confortable (ou non, à vrai dire) siège de théâtre, d'ouvrir les yeux et de dresser les oreilles.

Certains regardent des pièces de théâtre à la télévision : on n'a pas toujours le choix et je ne crierai pas à l'hérésie, mais j'avoue que pour ma part, j'en perds tout le sel quand je dois me contenter d'aussi peu.

Tenez, on donne le Songe d'une nuit d'été au Théâtre de la Porte Saint-Martin, à Paris. J'avoue être tenté, pour le peu que j'en ai vu sur la vidéo. Mais c'est 30 euros la place. Ah, s'il n'y avait que moi, je ne dis pas. Et puis il faut bien que les artistes vivent. Il y a toute une troupe là-bas, et elle doit se nourrir

J'ai toujours adoré cette pièce de Shakespeare. Avec la Mégère apprivoisée (que l'on ne donne plus guère) et la Tempête, parmi les comédies, ce sont là mes trois pièces favorites.

Il est toujours difficile de se faire une idée sur une pièce de théâtre : la plupart du temps, les critiques, imbécilement, ne tarissent pas d'éloges. La presse ne fait pas mieux, en s'extasiant devant telle ou telle mise en scène. Aucune fiabilité, aucune crédibilité. Les critiques journalistiques sont des incapables incompétents qui tentent, le temps d'une posture, de se donner un air. Non moins agaçants sont les Béotiens à deux sous qui abreuvent les fils de forums et de discussions des articles consacrés aux pièces de théâtre. Ils n'ont généralement rien à dire, ou bien trois fois rien, mais le disent tout de même, pour le plus grand malheur de ma patience.

Tenez, prenons le Songe d'une nuit d'été par exemple, dont la presse se gargarise, voilà les commentaires : 

« Un rêve électrique, fourmillant d'idées. » Les Echos

« Spectaculaire, rafraîchissant et divertissant. » Le Figaro 

« Un jeu de cache-cache très divertissant et léger. » Figaroscope

« Désinvolture et glamour. (...). Un divertissement plein de charme et de Gaité. (...). Un univers coloré, décalé et loufoque. » L'Express Style

« Une mise en scène énergique, dynamique, sportive même, d'une grande efficacité. » Le Figaro Magazine

«Excellente idée. » Pariscope

« Une formidable Réussite. » Le Parisien

« Une version déjantée du Songe d'une nuit d'été. » Charente Libre

« lol» (non, ça, c'est de moi, pour rigoler).

N'est-ce pas crétin et débile au possible ? Ça me fait penser aux cartes horoscopes, tiens : l'art de ne rien dire en ne disant rien. C'est une critique, formidable, excellente idée, raffraîchissant (ah, c'est une pub pour un soda ?) et autres lieux communs totalement dénués d'intérêt ? Tas de fainéants, oui, qui n'ont peut-être pas même regardé la pièce. Genre un Minc commentant le livre de Bayrou.

Bon, je ne veux pas être méchant avec le pauvre commentateur de la pièce, mais franchement : c'est un ufologue ou quoi ? Oui, il affirme que la pièce est un OVNI. Et pourquoi pas un météore ? Ou même un trou noir ? Non, mieux, un quasar : oui, vous savez, ces sortes de disques lumineux autour des trous noirs dans l'espace...

Bon, allez, ce soir, je suis d'humeur mauvaise, je m'arrête là. Je la ferai, moi, la critique du Songe d'une nuit d'été version Lorant Deutsch, une fois que je l'aurai vu représenté sur scène. Pas de complaisance, mais de la critique façon gastronomie. Ça a intérêt à être bon !

22:23 Publié dans Culture, Insolite, Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : songe d'une nuit d'été, théâtre | |  Facebook | | | |

vendredi, 11 novembre 2011

L'UNESCO a la mémoire courte

A lire la presse, on a le sentiment que USA et Israël se vengent de la résolution votée par l'UNESCO en lui sucrant ses crédits.

Mais l'UNESCO a la mémoire courte : quel est l'organisme, au fait, qui déclarait il y a 20 ans de cela Israël hors-région pour le punir de son attitude envers les Palestiniens ? On ne sait pourquoi, mais il n'y a jamais eu de résolution similaire contre tout autre pays s'autorisant des manquements bien plus graves, et pourtant ils sont nombreux.

L'adhésion à l'UNESCO est un joli coup de la diplomatie palestinienne, et franchement, je préfère voir les Palestiniens se battre sur ce terrain-là qu'à coups de bombes dans les transports en commun de civils.

Et puis Bibi et ses sbires l'ont bien cherché : en n'offrant aucune opportunité à Abbas, ils l'ont contraint à se les créer lui-même.

Il n'en reste pas moins que sous des dehors gentiment humanitaires, l'UNESCO en profite souvent pour servir des idéologies. Par exemple, je soupçonne fort qu'il va tenter de déclarer certains sites controversés au patrimoine mondial après déclaration non des Israéliens, mais des Palestiniens.

Des décisions à l'emporte-pièce pour des monuments figurant à Jérusalem pourraient par exemple mettre le feu aux poudres.

L'UNESCO va larmoyer, désormais, parce qu'elle se retrouve amputée d'une large part de ses fonds. Mais c'est ce qu'il se produit quand on mord la main de celui qui vous nourrit et qu'on lui crache à la gueule...

00:41 Publié dans Culture, International | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : israel, unesco, palestine | |  Facebook | | | |