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jeudi, 12 août 2010

Le Voyage...

 

Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes,
L'univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :

Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D'autres, l'horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d'une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.

Pour n'être pas changés en bêtes, ils s'enivrent
D'espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Ceux-là, dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l'esprit humain n'a jamais su le nom !

Charles Baudelaire, Fleurs du Mal, le voyage

Et voilà...l'heure est venue de partir quelque temps pour moi. J'ai programmé plusieurs notes jusqu'à mon retour. Nul ne devrait donc se sentir seul ici...

lundi, 09 août 2010

Descoings nul en arithmétique ?

Je le tiens d'une source en principe bien informée, il semble que le sieur Descoings, l'égérie de tous les ânes qui se prennent pour de grands réformateurs de notre école s'apprête à déclarer la chose suivante :

«Les lycéens qui réussissent, ceux qui, par exemple, sont en S et ont choisi allemand et grec ancien, se battent pour conserver ce qu’ils ont. C’est légitime. Mais du point de vue de l’intérêt général, et alors que les moyens ne sont pas illimités, il est temps de se demander s’il est plus utile que, dans un lycée donné, cinq élèves puissent faire du grec ou que des centaines puissent bénéficier d’une aide pour faire leurs devoirs

La méthode Descoings est assez symptomatique du sarkozisme triomphant, et on comprend que ces deux-là s'entendent bien, elle consiste à opposer les gens entre eux.

Il n'y a rien de pire qu'un système éducatif, du moins dans un régime de type républicain comme le nôtre, qui détruit ses voies d'excellence et s'attaque à la culture.

Ce qui m'inquiète davantage, c'est l'état de la fibre arithmétique du sieur Descoings, s'il confirme bien ces propos, cela va de soi.

Cinq élèves qui étudient le grec ancien dans un lycée, cela doit donner approximativement entre 70 et 100 heures sur une année.

Le sieur Descoings qui ne sait décidément pas compter a un problème avec le programme de primaire où l'on apprend la division. Ah, pardon : peut-être escompte-t-il offrir quelques minutes de soutien par an à ses centaines d'élèves...Inquiétant quand on songe que l'individu avait été chargé de mission auprès de Jack Lang, en 1992 et 1993, des questions budgétaires de l'Éducation Nationale. C'est resté, chez lui, une obsession.

Il n'en est pas à son coup d'essai le sieur Descoings : j'ai un autre scoop relatant ses difficultés avec les divisions. Été 1992, les étudiants du prestigieux IEP sont partis en vacances l'esprit tranquille : la règle en vigueur pour décrocher le diplôme de l'IEP est alors d'obtenir la moyenne sur la deuxième et la troisième année d'études cumulées. Peu importent les résultats sur une année ou l'autre (enfin, pas tout à fait, n'exagérons pas, il y avait tout de même des notes éliminatoires), ce qu'il faut, c'est trouver le compte à l'issue des deux années.

Mais voilà que notre directeur-adjoint de l'IEP de l'époque, un certain Richard Descoings, se pique de numération, de diviseurs et de dividendes, et décrète unilatéralement que désormais, il faudra la moyenne à chaque année. Le problème, c'est qu'il prend cette décision au beau milieu de l'été et l'applique rétro-activement à tous les étudiants qui ont obtenu ou non la moyenne à la deuxième ou la troisième année.

Il y a eu comme un surplus de redoublements imprévus, cette année-là...Le sieur Descoings aime bien les divisions, mais les divisions ne l'aiment pas. J'ai compris, en fait, en cherchant sur son blogue des éléments puisqu'il reconnaît lui-même ses carences dans ce domaine :

Un premier couac retentissant : j’ai été viré de Louis-le-Grand, ma professeure principale, en mathématiques, estimant que j’étais « totalement dépourvu d’esprit de synthèse et incapable de suivre la classe supérieure ». Ce fut un soulagement ; j’étais non seulement nul en math-physique-chimie, mais j’étais aussi malheureux comme les pierres.

Bon, en physique, je n'ai pas d'éléments pour juger, mais en mathématiques, je confirme : il est vraiment mauvais.

Reste à savoir pourquoi il professe une telle haine pour l'humanisme classique. Je crois que l'on trouve des éléments de réponse avec cette remarquable enquête réalisée par Mediapart à l'automne 2009 sur le système science-po. Le commenter dépasse l'objet de cet article, mais, à l'évidence, il y a chez Descoings, une véritable fascination  pour la modèle universitaire américain. Plus encore, c'est toute la logique en vigueur outre Atlantique qui séduit, comme tant d'autres intellectuels et hauts technocrates français, le directeur de l'IEP. Le vieil humanisme européen, n'a plus place dans le monde parfait et managerial de Descoings. America is beautiful and that's all folks...

jeudi, 05 août 2010

Amis libéraux, ne vous trompez pas d'alliés !

Je vois avec un déplaisir grandissant des libéraux se faire phagocyter par des nationalistes patentés de longue date.

Impossible de publier un commentaire sur le blog Paris-Libéral, alors je réponds ici aux appels d'Yvan Blot cherchant à fonder une "démocratie directe".

Je vois mal comment une personnalité comme Yvan Blot, qui envisage tranquillement une religion d'État (http://www.insoc.fr/2010/06/deux-autres-contrepoisons-la-...) pourrait d'une manière ou d'une autre se réclamer du libéralisme. J'ajoute qu'il était également un chaud partisan de la grande droite allant de l'UDF au FN, que c'est un ex-membre du GRECE, laboratoire connu de l'extrême-droite, dont il reprend d'ailleurs certaines idées aujourd'hui avec sa démocratie directe.

Au passage, la démocratie directe va totalement à l'encontre du libéralisme qui s'appuie au contraire sur les corps intermédiaires (Montesquieu). Aristote qui peut être considéré comme une référence libérale à plus d'un égard en a également fait une critique impitoyable : on a souvent pensé qu'Aristote était un adversaire de la démocratie parce qu'il la considère comme la pire déviation parmi les déviations des divers régimes, à l'exception peut-être de la tyrannie. Il convient de questionner sa Politique avec plus d'acuité que ne le laisse entendre cette assertion. Aristote voyait dans la démocratie la perversion de ce que l'on peut traduire par "gouvernement constitutionnel". Qu'entendait-il par là ? Simplement que la constitution, l'esprit des lois, finalement l'état de droit, l'emportait sur la vindicte populaire. En somme sur le populisme, vieux cheval de bataille d'une certaine droite, et, en la circonstance, d'Yvan Blot. Cela ne m'étonne guère que son institut soit néo-socratique plutôt que néo-aristotélicien...

Yvan Blot écrit que jamais Hitler ne serait parvenu au pouvoir si l'Allemagne avait été une démocratie directe en 1933. Argument gonflé de la part de quelqu'un qui a poussé à l'alliance de toutes les "droites" en 1986 ! C'est cette alliance-là qui a porté Hitler au pouvoir en 1933, et pas une autre. Parce que nationalistes et conservateurs se sont imaginés qu'Hitler pouvait être un individu fréquentable.

Il n'y a pas de national-libéralisme. Certains ont essayé de faire cohabiter ces deux idées contraires, mais en vain, et toujours au désavantage de la liberté, qui, in fine, est au coeur du libéralisme, qu'elle soit sociale, économique, politique, sociétale ou religieuse.

Bref : libéral, Yvan Blot ? A d'autres. Il existe un blog de libéraux, à Paris, mais c'est celui-là.

mercredi, 04 août 2010

Orthographe certifiée conforme...

On certifiait conforme les appellations, jusque là, en France, pour de nombreux produits du terroir. La nouveauté, désormais, c'est la certification de l'orthographe !

Des entreprises, des universités publiques et privées, des chambres de commerce et des instituts de formation (et même un cabinet d'orthodontie ! Mais pourquoi, au fait ???) se sont associés, en France et en Belgique  pour soutenir la certification Voltaire. Tout le monde connaît le TOEFL, en anglais, assurant la bonne maîtrise de cette langue. Eh bien désormais, faites figurer sur votre CV la certification voltaire, assurant vos qualités rédactionnelles et orthographiques.

La certification est constituée pour environ 65% de règles grammaticales, 15% de règles sémantiques, 15% de règles lexicales, et pour 5% de règles syntaxiques. À quelques exceptions près, elle s’attache aux difficultés pas ou mal gérées par les correcteurs orthographiques.

Une équipe d'experts a élaboré les règles sur lesquelles fonctionnent les règles. On trouve en son sein Bruno Dewaele, agrégé de lettres modernes et champion du monde d'orthographe en titre.

L'examen comprend aussi une petite dictée de quelques lignes (seulement ???). Le score de la Certification Voltaire est compris entre 0 et 1000 points. Les scores obtenus permettent d’appréhender quelles aptitudes sont acquises.

À titre de référence, un score de 300 points qualifiera un candidat qui n’aura pas de difficultés majeures à rédiger un texte simple ; un score de 500 points qualifiera un candidat qui connaît et applique les règles de l’orthographe d’un français courant ; le candidat qui aura obtenu 700 points disposera d’une très bonne maîtrise des règles orthographiques, des exceptions, des nuances grammaticales ; il est un référent en matière d’orthographe dans les écrits professionnels et pourra utilement relire ceux de ses collègues qui ont un doute ; avec 900 points, le candidat est un expert !

Pas mal non ?

Sur le marché de l'emploi, ça ne rigole plus : les DRH en ont ras la casquette des tocards incapables d'écrire plus de trois lignes sans les truffer de fautes ! Du coup, l'orthographe est devenue un critère de recrutement parce qu'elle apparaît comme un gage de rigueur.

Pour le compte, je regrette de ne pas trouver dans la liste quelques institutions prestigieuses, comme la Sorbonne ; elles ratent le coche sur ce coup-là.

Bref, j'ai intérêt à m'entraîner, moi, si je veux décrocher un titre.

P.S : Merci à mipmip pour l'information d'origine !

Kindle (ou autres) contre livre papier, livre papier gagnant...

Relativement gros lecteurs, je demeure réticent avec la plupart des e-books. Il y a des usages que le kindle ou autres ne risquent pas de combler de sitôt. Le livre ne se réduit pas à la seule fonction de lecture. C'est aussi un objet social. Invité chez quelqu'un, jeter un oeil sur sa bibliothèque informe sur les goûts de l'hôte, peut-être aussi sur sa psychologie. Placer soi-même ses titres favoris dans son salon a une signification. Certains usent même des livres anciens pour leur valeur décorative. Le titre qui dépasse devient facilement l'objet d'une conversation, voire d'une controverse ou encore une disputatio...

Je peux assez facilement acheter un livre dans une librairie parce que j'ai traîné dans les rayons et feuilleté deux-trois titres ou simplement regardé une couverture qui me plaît. Il faudrait que les futures librairies numérisées mettent en place des volumes factices avec le résumé et des pages visualisables à volonté. En somme, s'équipent d'autant d'e-books que de titre, sans parler des différents formats. De monstrueux investissements qui ne permettraient même pas d'égaler le titre papier...

Amazon affirmait fin juillet avoir vendu plus de livres électronique que de livres papier : Ah ? Ses ventes papiers ont donc baissé à ce point ? La concurrence regagne des parts ? les lecteurs se lassent et retournent dans les librairies ?

Dans ma famille (étendue), nous sommes gros consommateurs de livres ; une chose est sûre : lire des livres sur internet nous gonfle prodigieusement, et nous ne le ferons jamais. Je ne rejette pas a priori l'e-book, mais je ne l'envisagerai que le jour où il sera capable de charger tous les titres susceptibles de m'intéresser.

Quand je vois le mal que j'ai eu à trouver, il y a trois ans, Capitalisme, Socialisme et Démocratie d'Aloïs Schumpeter, je me dis que ce n'est pas pour demain. J'ai du farfouiller sur un site qui donnait la liste des librairies spécialisées en livres anciens. J'ai finalement alpagué un libraire qui possédait le titre, rue des écoles, à Paris, mais la recherche n'a pas été de tout repos...Alors l'e-book...

jeudi, 29 juillet 2010

L'orthographe

Pas moyen d'écrire une note sans coller une faute d'orthographe, au moins au premier jet. Désespérant. Si je ne rouvre pas mes notes, régulièrement, je les vois comporter des fautes, généralement d'accord, çà et là. Les fautes lexicales, c'est beaucoup plus rare. A vrai dire, très maigre consolation, je ne suis sans doute pas le seul. Tenez, prenez le site d'orthographe le plus relayé pour faire des dictées (que j'utilise abondamment pour entraîner mon aîné), ladictee.fr : jetez un oeil aux dictées de CM1, et, particulièrement, sur la correction du troisième texte sur les habits neufs de l'empereur (dictée n°19). Je vous le donne dans le mille, il y a une faute dans la correction..."et l'empereur voulu (!) la voir" à la place de "et l'empereur voulut la voir".

Je me demande ce qu'il faut comme qualités exactement pour ne pas faire d'erreurs d'orthographe. J'ai l'impression que c'est une question d'attention portée au texte, d'observation et de continuité dans la tâche d'écriture. Lire énormément ne suffit pas. Cela permet peut-être d'assurer l'orthographe lexicale, mais pas l'orthographe grammaticale.

En fait, j'ai l'impression qu'on écrit sans fautes un texte comme on range et nettoie bien une chambre, sans laisser de poussières sur le sol ni d'objets qui traîneraient en surface. Est-ce qu'il faut s'occuper du nettoyage chez soi tous les jours pour s'exercer ? C'est bien possible. Les processus mentaux en oeuvre pour assurer la correction de l'orthographe sont multiples. Il faut penser au moins intuitivement les relations justes entre les mots, de la même manière que l'oeil infaillible ajuste la taille de la boîte ou de l'objet à la place qui demeure dans l'étagère. Finalement, c'est une question de sens de l'observation.

On écrit aussi quand on a une vision claire des acteurs que l'on met en scène. Qui agit, qui fait l'action, comment se caractérise-t-elle ? A ce moment-là, seulement, on peut appliquer le genre et le nombre.

Après, la conscience claire des catégories grammaticales permet certainement d'éviter des confusions de nature entre les mots, et donc de désinences à appliquer.

Enfin, la connaissance des conjugaisons parachève une orthographe sûre.

Dans tous les cas de figure, ce sont, je le crois, à peu près toujours les mêmes fautes que l'on commet. C'est donc par l'entraînement régulier que l'on peut espérer acquérir les automatismes adéquats.

vendredi, 23 juillet 2010

Le libéralisme, c'est le bien.

Pas moyen de parcourir un billet politique, voire économique, sans entendre pis que pendre du libéralisme.

Il est frappant de voir à quel point les diatribes enflammées des uns et des autres contre le libéralisme ne parviennent pas à masquer l'inanité de leurs propositions (et encore, quand il y en a !).

Il n'y a pas moyen, dans notre société intellectuelle, de mener une réflexion contre les abus sans finir par un "gros mot" en -isme.

Le libéralisme est ainsi devenu le bouc-émissaire commode de tous nos maux. Les abus ne sont nullement une conséquence du libéralisme mais de l'absence de transparence, de concurrence et du mépris des divers réseaux de pouvoir pour les individus.

S'il y a bien une pensée toute empreinte de pragmatisme et de modération, c'est justement cette pensée-là. Partout où il y a de la misère dans le monde, ce n'est pas le fait du libéralisme, mais au contraire de la corruption des élites et de la collusion entre les cercles du pouvoir politique et ceux du pouvoir économique. Le libéralisme qui se plaît à favoriser les corps intermédiaires en contrepoids à l'État, qui défend les libertés et le droit d'association, est donc aux premières loges pour lutter contre les tyrannies et les dictatures de toute sorte.

Comme le libéralisme fait de l'individu le coeur de l'action politique, il défend d'autant plus le droit des minorités et ne prospère que dans un état de droit, condition sine qua non de l'exercice des libertés individuelles.

Il existe bien sûr plusieurs traditions au sein du libéralisme, et très souvent, le vulgus pecum electronicum assimile à tort libéralisme classique et école autrichienne (qui inspire entre autres les libertariens). Il est d'ailleurs fort amusant de considérer que Frédéric Bastiat, égérie de nos libertariens français, siégea sur les bancs de la gauche. Pétri d'individualisme, on lui doit quelques saillies fortes :

« Il y a trop de grands hommes dans le monde; il y a trop de législateurs, organisateurs, instituteurs de sociétés, conducteurs de peuples, pères des nations, etc. Trop de gens se placent au-dessus de l'humanité pour la régenter, trop de gens font métier de s'occuper d'elle »

J'aime beaucoup. Mais j'apprécie encore plus sa pétition des fabricants de chandelles réclamant d'être protégé contre un concurrent étranger bien moins onéreux qu'eux : le soleil ! Et nos fabricants d'exiger de l'État un décret pour faire clore toutes les lucarnes et fenêtres...

Farouchement individualiste, l'homme s'opposait à toute forme de mutualisation sous contrôle de l'État (par exemple, il aurait conchié notre sécurité sociale...). Mais dans le même temps il a combattu la peine de mort, l'esclavage et farouchement défendu le droit syndical.

Je ne me retrouve pas dans les thèses de Bastiat, trop radicales à mon goût, mais j'aime bien l'homme. Il incarne, à mon sens, dans les différentes écoles libérales, le travers que Tocqueville dénonce dans l'exercice de la démocratie : dès lors que les individus ne s'occupent plus que d'eux, de leur bien-être domestique et de leurs intérêts privés, le sentiment démocratique se dissout car il est consanguin de la solidité du tissu social. Un individualisme forcené mène donc tôt ou tard à la dissolution du corps social.

J'ajouterai pour conclure que le début de la pensée libérale, c'est le refus de toute forme d'assujettissement de l'individu quelle que soit son origine. Une politique libérale digne de ce nom aura pour objet d'émanciper les individus, non de substituer une dépendance à une autre. Cela demande beaucoup de finesse et de sens de l'anticipation. Deux qualités rares dans notre classe politique aujourd'hui...

16:22 Publié dans Culture, Politique | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : libéralisme |  Facebook | | |

jeudi, 15 juillet 2010

Anaximandre avant Darwin ?

Étonnant Anaximandre : voilà un homme qui vécut il y a plus de 2600 ans mais qui postula par un questionnement intelligent et des hypothèses audacieuses l'origine de l'espèce humaine.

Anaximandre s'était tout simplement demandé comment l'espèce humaine avait pu survivre à ses débuts alors que dans la vie d'un être humain, il y a toute une période pendant laquelle il est incapable de survivre tout seul. Il imagina alors que l'homme était issu d'une espèce différente parce que de nombreuses d'autres espèces animales sont capables de se débrouiller dès leur émergence à la vie.

Il supposa donc que les hommes avaient d'abord été des poissons ou des êtres très proches des poissons puis qu'avec le temps, ces poissons éclatèrent et que des hommes et des femmes prêts à se nourrir en jaillirent. Naïf, certes, mais tellement proche de la vérité ! Quel raccourci saisissant de la théorie de l'Évolution chère à Darwin. C'est exactement ce qu'il s'est produit. Anaximandre joignait au demeurant l'observation à l'acuité intellectuelle, puisque c'est l'examen de fossiles qui l'amena à cette conclusion.

Il faut bien comprendre qu'Anaximandre établit ses théories à l'époque où les poètes et les historiens grecs imaginaient que la femme était une création des dieux réalisée à partir de terre glaise.

La pensée scientifique commence là où s'arrête le mythe, lorsqu'il s'agit d'expliquer les mystères. C'était sans doute là les prémices du miracle grec...

 

jeudi, 01 juillet 2010

Rien à faire, je suis catholique

Rien à faire : c'est désespérant. Quelle que soit la direction dans laquelle je me tourne, je réalise que mes valeurs sont profondément catholiques. En fait, il ne me manque que la foi. Je sais, c'est ennuyeux de ne pas croire pour un catholique. En fait, je ne revendique pas le cahtolicisme, mais je le constate chaque fois que l'on m'interroge sur mes valeurs.

Jésus de Nazareth représente pour moi un idéal de perfection humaine. Interrogé sur l'existence du Bien et du Mal, je vois dans le Mal avant tout une perversion du Bien.

C'est toujours ainsi que j'ai compris la Morte Amoureuse de Théophile Gautier. Clarimonde est une tentation absolue pour Romuald : celle de remplacer l'amour universel, καθολικός, par un amour non moins absolu parce que passionnel, celui d'une femme. Une femme qui a besoin de sang pour survivre, et qui s'avère donc aux yeux de Séraphin, le conseiller spirituel de Romuald, une créature démoniaque aux ordres du Malin, venue pour faire chuter le jeune prêtre. Mais quelle ambiguïté terrible dans la relation qui unit le prêtre et cette femme-vampire : qui interdit que l'amour de la belle pour le jeune homme ne soit sincère ? Sincère ? Oui, mais véritable ou non, toute passion, éphémère qu'elle est, n'est-elle pas la trahison d'un idéal supérieur ? N'est-ce pas, finalement, un désir d'anéantissement plutôt qu'une élévation ? Et pourtant, comme il est tentant, presqu'irrésistible, ce désir ! j'ai beau revendiquer ma communauté de valeurs avec le catholicisme, j'aurais choisi Clarimonde.

Tous les prêtres devraient lire cette nouvelle de Théophile Gautier, le jour de leur ordination, pour éprouver leur foi.

Et si l'on me demande ce qu'est le Bien, à mes yeux, c'est l'amour inconditionnel de tous, sans préférences, sans condition, y compris du dernier des criminels fût-il le plus odieux et le plus sadique.

Ainsi, je comprends la chasteté du prêtre ou d'un chevalier en quête du Graal par la nécessité de ne pas donner son amour à un seul individu mais à tous. Tomber amoureux, fatalement, c'est verser dans un amour exclusif. Un prêtre ne peut donc vivre avec une femme sans entamer la substance de son action.

Comme beaucoup de catholiques de droite, je regarde d'un oeil fasciné et tenté le Mal. Non le démon odieux, la Bête, mais plutôt le mélange. La force du Diable, c'est la perversion, c'est de parvenir à mélanger Mal et Bien, puis, au fil du temps, progressivement modifier les proportions de l'un et de l'autre.

Non, une fois encore, ce qui cloche (sans jeu de mot), c'est qu'en dépit de la proximité des mes convictions avec les Catholiques (particulièrement les Catholiques de droite, les cathos de gauche m'énervent à vouloir faire des leçons au reste du monde), j'ai un gros problème : pas de foi. La conviction intime qu'il n'existe aucune forme d'être supérieur, ni paradis ni enfer ni même d'âme, mais de la matière et encore de la matière. Tout juste puis-je admettre des atomes subtils à la manière d'un Lucrèce pour expliquer les phénomènes psychiques. Et encore...

Bref, je suis à la croisée de chemins antinomiques : la matérialisme épicurien d'un côté, la spiritualité catholique de l'autre. Et j'essaie d'avancer en combinant ces tiraillements...

 

dimanche, 20 juin 2010

Affaires sur affaires, un Judas au gouvernement ?

La lecture d'un des derniers billets de Toréador donne à réfléchir. Il émet l'hypothèse que les scandales qui frappent tour à tour le gouvernement ne sont pas l'effet du hasard. A vrai dire, je n'avais jamais songé à considérer les choses ainsi, mais, en effet, c'est surprenant : Blanc, Estrosi, Boutin et Woerth d'affilée, de surcroît en pleine coupe du monde, étrange tout de même. On chercherait à torpiller la majorité que l'on ne s'y prendrait pas autrement. Tiens, tiens, ça me rappelle un certain Judas...

Quand tout passe par le Canard, terrain de lieu privilégié des règlements de compte politiques, c'est qu'il y a anguille sous roche. Après, il faut évidemment chercher à qui le crime profite, mais, sur ce point, je j'ai pas d'avis tranché.

Tiens, ça me fait penser à l'un des derniers livres que j'ai acheté à mon aîné : Judas, l'amitié trahie, en collection Histoires de la Bible.

L'auteur y a un point de vue longtemps intéressant : il montre un Judas tout fier d'être un disciple de son maître, qu'il voit en chef politique charismatique. Fier des responsabilités qui lui sont confiées (trésorier du groupe) mais cultivant l'amertume et quêtant souvent en vain un regard de son leader spirituel. En proie à la défiance du reste du groupe, avec le sentiment d'être isolé, rejeté, parfois méprisé, il est peu à peu rongé par l'aigreur. Aigreur qui le conduira à accepter une somme misérable pour désigner son meilleur ami à la vindicte ;  non pour la somme elle-même, mais par désespoir. Désespoir d'être reconnu, désespoir d'être estimé et apprécié.

Dans les Romans des Chevaliers des la Table Ronde, l'axe d'attaque majeur du Malin est toujours le désespoir. Un chevalier qui a désespéré est prêt à tourner casaque.

Il ne reste plus qu'à transposer tout cela à la politique et on devrait pouvoir trouver quelques pistes intéressantes.

Ah, évidemment, du côté obscur, il n'y a pas que Judas. Il y a aussi un certain Sha'itan, serpent de son état, qui aspire à prendre la place de son maître, évidemment...

10:36 Publié dans Culture, Politique | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : judas, woerth, affaire |  Facebook | | |