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lundi, 09 août 2010

Descoings nul en arithmétique ?

Je le tiens d'une source en principe bien informée, il semble que le sieur Descoings, l'égérie de tous les ânes qui se prennent pour de grands réformateurs de notre école s'apprête à déclarer la chose suivante :

«Les lycéens qui réussissent, ceux qui, par exemple, sont en S et ont choisi allemand et grec ancien, se battent pour conserver ce qu’ils ont. C’est légitime. Mais du point de vue de l’intérêt général, et alors que les moyens ne sont pas illimités, il est temps de se demander s’il est plus utile que, dans un lycée donné, cinq élèves puissent faire du grec ou que des centaines puissent bénéficier d’une aide pour faire leurs devoirs

La méthode Descoings est assez symptomatique du sarkozisme triomphant, et on comprend que ces deux-là s'entendent bien, elle consiste à opposer les gens entre eux.

Il n'y a rien de pire qu'un système éducatif, du moins dans un régime de type républicain comme le nôtre, qui détruit ses voies d'excellence et s'attaque à la culture.

Ce qui m'inquiète davantage, c'est l'état de la fibre arithmétique du sieur Descoings, s'il confirme bien ces propos, cela va de soi.

Cinq élèves qui étudient le grec ancien dans un lycée, cela doit donner approximativement entre 70 et 100 heures sur une année.

Le sieur Descoings qui ne sait décidément pas compter a un problème avec le programme de primaire où l'on apprend la division. Ah, pardon : peut-être escompte-t-il offrir quelques minutes de soutien par an à ses centaines d'élèves...Inquiétant quand on songe que l'individu avait été chargé de mission auprès de Jack Lang, en 1992 et 1993, des questions budgétaires de l'Éducation Nationale. C'est resté, chez lui, une obsession.

Il n'en est pas à son coup d'essai le sieur Descoings : j'ai un autre scoop relatant ses difficultés avec les divisions. Été 1992, les étudiants du prestigieux IEP sont partis en vacances l'esprit tranquille : la règle en vigueur pour décrocher le diplôme de l'IEP est alors d'obtenir la moyenne sur la deuxième et la troisième année d'études cumulées. Peu importent les résultats sur une année ou l'autre (enfin, pas tout à fait, n'exagérons pas, il y avait tout de même des notes éliminatoires), ce qu'il faut, c'est trouver le compte à l'issue des deux années.

Mais voilà que notre directeur-adjoint de l'IEP de l'époque, un certain Richard Descoings, se pique de numération, de diviseurs et de dividendes, et décrète unilatéralement que désormais, il faudra la moyenne à chaque année. Le problème, c'est qu'il prend cette décision au beau milieu de l'été et l'applique rétro-activement à tous les étudiants qui ont obtenu ou non la moyenne à la deuxième ou la troisième année.

Il y a eu comme un surplus de redoublements imprévus, cette année-là...Le sieur Descoings aime bien les divisions, mais les divisions ne l'aiment pas. J'ai compris, en fait, en cherchant sur son blogue des éléments puisqu'il reconnaît lui-même ses carences dans ce domaine :

Un premier couac retentissant : j’ai été viré de Louis-le-Grand, ma professeure principale, en mathématiques, estimant que j’étais « totalement dépourvu d’esprit de synthèse et incapable de suivre la classe supérieure ». Ce fut un soulagement ; j’étais non seulement nul en math-physique-chimie, mais j’étais aussi malheureux comme les pierres.

Bon, en physique, je n'ai pas d'éléments pour juger, mais en mathématiques, je confirme : il est vraiment mauvais.

Reste à savoir pourquoi il professe une telle haine pour l'humanisme classique. Je crois que l'on trouve des éléments de réponse avec cette remarquable enquête réalisée par Mediapart à l'automne 2009 sur le système science-po. Le commenter dépasse l'objet de cet article, mais, à l'évidence, il y a chez Descoings, une véritable fascination  pour la modèle universitaire américain. Plus encore, c'est toute la logique en vigueur outre Atlantique qui séduit, comme tant d'autres intellectuels et hauts technocrates français, le directeur de l'IEP. Le vieil humanisme européen, n'a plus place dans le monde parfait et managerial de Descoings. America is beautiful and that's all folks...

Commentaires

Bon personnellement, je n'ai rien contre le grec ancien, d'ailleurs j'en ai fait deux années...

Mais surtout, je n'ai rien contre les maths (c'est mon domaine de prédilection et mon métier aujourd'hui, temporairement du moins), et je dois constater une chose: on a voulu réduire au maximum l'influence des maths dans la sélection jusqu'au bac, et le bac S n'est plus qu'un ersatz: effectivement, tous les élèves issus de S qui veulent faire une classe préparatoire aux grandes écoles (qu'elles soient écoles d'ingénieurs ou écoles de commerce) doivent recevoir des compléments éducatifs sans quoi la transition est trop lourde à gérer entre terminale et classes préparatoires.

La technique du "bachotage" a tellement été privilégiée qu'un élève en S, médiocre en mathématiques, peut avoir son bac S avec mention bien ou très bien.

N'oublions-pas que les mathématiques, issues directement de la logique, sont indispensables non seulement aux aspirants aux écoles d'ingénieurs, mais aussi à ceux qui veulent faire des études commerciales (la finance repose sur les maths!).

Le décalage - crois-moi sur parole - entre enseignement en lycée et classes préparatoires est devenu énorme avec le temps, et rares sont les élèves qui s'en sortent sans soutien scolaire, ... ce qui revient à faire une sélection sur le fric!

Ce sont les programmes qui sont à revoir, chaque classe étant destinée à tel ou tel futur...

Écrit par : JF le démocrate | lundi, 09 août 2010

Comme le disait ma prof de Physique, il restait deux remparts contre l'ignorance: Les Maths et la Philo.

Celui des maths est tombés il y a environ 5 ans.

Écrit par : Phil | lundi, 09 août 2010

Cette note ne me surprend pas. Je pense que l'EN est aux mains de gens qui détestent le savoir et l'école, et qui ont mal vécu leur scolarité.

Je soupçonne également Philippe Meirieu d'être de cette trempe.

Écrit par : Phil | lundi, 09 août 2010

Allez, petite histoire.

Mon ancienne prof de physique (mon vieux buisness était la physique), qui était 3ème à l'agrégation de physique, m'a raconté cette histoire:

Elle était dans les commissions pour faire les programmes de physiques (année 1995) pour la première S.

Et les pontes commençaient, pour la première S, à partir sur un trip "Énergie".

Ma prof de physique a commencé à argumenter que le thème de l'énergie est un thème difficile, qu'un élève de première S n'aura pas suffisamment le recul nécessaire pour s'approprier le sujet...
Pourquoi ne pas repousser ce thème à la TS.

Réponse:"Surtout pas malheureuse, ça pourrait tomber le jour du Bac!"

Sans commentaire.

Rappelons qu'en seconde, depuis 2001, on fait de la spectroscopie en physique parce qu'il y a des couleurs au détriment de l'électricité (vous comprenez, ils en ont fait en 5ème, en 4ème et en 3ème les pauvres chéris). Pour que l'élève s'approprie la spectroscopie (pourquoi certains spectres sont discrets, d'autres continus, et les spectres de bandes....), c'est quelques choses. Ah oui, interdit de s'aider avec la chimie et les couches KLM. On fait la sectro en début d'année et les couche KLM vers le milieu d'année.

N'oublions pas en chimie où la méthode de Lewis pour les liaisons chimiques ne doit plus être enseigné au détriment d'une méthode totalement abscons.

Il est temps d'en finir avec Meirieu et Descoings! Il y a urgence!

Écrit par : Phil | lundi, 09 août 2010

Mesure (démagogique, je précise) pour sauver l'école:
Mettre Philippe Meirieu et Monsieur Descoings (pour faire plaisir à l'Hérétique)devant des élèves à Vitry sur Seine ou dans le 93 (autre exemple: Sevran).
Une fois que ces messieurs auront goûté les coutumes locales, on pourra peut-être enfin réformer sérieusement l'EN.

Écrit par : Phil | lundi, 09 août 2010

@Phil
toutes tes propositions m'agréent, mais j'ai mieux : virons-les et avec l'argent économisé, nous pourrons offrir du soutien et de l'aide aux devoirs aux élèves qui en ont grand besoin...
@JF
Ce que tu dis ne m'étonnes pas. Mais tu comprends,il faut 80% d'une classe d'âge au bac...

Écrit par : l'hérétique | lundi, 09 août 2010

nous sommes arrivés à l'heure de la pire démagogie ... et à une volonté stupide d'uniformisation (vers le bas) ... c'est bien ce que je disais... la culture et l'enseignement est bien en voie définitive de privatisation ...
Fin de la République, retour à la féodalité !

Écrit par : Mirabelle | lundi, 09 août 2010

"aide pour faire leurs devoirs"

C'est plutôt d'une aide pour comprendre leurs leçons dont ils auraient besoin.

Écrit par : Courouve | lundi, 09 août 2010

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