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dimanche, 17 mai 2015

Errare humanum est, sed persevare Diabolicum, Najat !

Elle est incroyable Najat Vallaud-Belkacem. Sa réforme à la noix fait le plein contre elle et elle en rajoute une couche avec un pseudo-rétropédalage.

François Bayrou a crié un peu vite victoire pour le latin et le grec. Pour l'instant, le compte n'y est pas, et, comme le disait à juste titre Laocoon, prêtre d'Apollon à Troie, timeo Danaos et dona ferentes. 

Et puis ce n'est pas fini. Najat et ses sbires pédagogols ne sont toujours pas revenus sur leur décision imbécile et crétine de supprimer les classes bilangues. L'allemand n'est donc pas sauvé.

Il faut d'ailleurs préciser que toutes les langues vivantes perdent des heures d'enseignement, passant en-dessous de la trois heures par semaine.

C'est étrange, je ne voyais pas, à l'origine, Valls et Hollande pédagogolâtrisés dans le domaine de l'Éducation. Comme quoi, on peut se tromper. A vrai dire, j'avais entendu quelques âneries tout de même de la part de Valls, mais venant de Hollande, je suis plus surpris.

Certaines voix bien informées me font savoir que le projet de Najat était en fait dans les cartons de cet abruti prétentieux de Peillon. Cela ne m'étonne pas. Bien le genre d'idées à la con qu'il peut porter.

Au passage, quand je considère les soutiens de cette réforme de merde, je retrouve tous les "progressistes" à la c... dont le MoDem s'était rapproché en 2009. J'ai détesté cet épisode et j'avoue que l'image que j'avais de mon parti a définitivement viré (en mal) à cette époque.

J'observe que sur cette réforme, seul Bayrou est audible et compréhensible. Je n'ai strictement rien compris à ce qu'a raconté Marc Fesneau. Je ne sais pas si c'est un problème de retranscription, mais j'ai beau m'échiner à tenter de donner un sens à ce paragraphe, rien ne vient.

Je pense que, y compris à gauche, il y a une question sur cette réforme des collèges, parce qu’elle est confuse, au-delà d’être jargonnante et de blablater pour ne rien dire et sur un certains nombre de thèmes que sont ce qu’on appelle « les humanités » pour faire un peu savant, en tout cas les langues anciennes sont l’affaire des classes bilingues, et sur l’affaire de l’Histoire, ce sont des choses très symboliques, on a l’impression que l’on a marché sur la tête et que au motif qu’il faudrait niveler, on nivelle plutôt vers le bas, et tout cela n’est pas compréhensible sur des affaires d’Histoire, moi je ne comprends pas la façon dont on compte enseigner l’histoire, en sortant un peu de la chronologie, en disant il faut en faire une épopée, on décide de faire l’impasse sur certains thèmes et pas sur d’autres, tout cela est un peu bâclé.

Comprends rien. Je crois discerner que Marc n'est pas vraiment favorable à la réforme, mais il faudrait formuler les choses plus clairement, parce que là...

Cela dit, j'ai été un peu injuste en disant que seul Bayrou était audible sur le sujet. Entre le début et la fin de mon article, je viens de prendre connaissance de la réaction de Marielle de Sarnez, et je la trouve très pertinente. Elle a d'ailleurs assez bien résumé la mauvaise foi socialiste et ce qu'il eût été fondé de faire en étant honnête (mais les Socialistes ne le sont pas) :

Oui, c’est une mauvaise réforme parce que son inspiration n’est pas fondée, son inspiration n’est pas juste. Si on prend l’exemple des classes bilingues : il y a 18 % d’élèves dans les classes bilingues – alors si on est un bon ministre de l’éducation nationale, qu’est-ce que l’on devrait se dire ? On devrait se dire « Il y a 18 %, c’est insuffisant, donnons l’excellence à tous ! Comment faire en sorte que la plupart des élèves puissent bénéficier demain des classes bilingues ? ». Au contraire, on dit « non, il n’y en a que 18 % donc on va supprimer les classes bilingues »

J'ajoute que Valls emporte la palme du faux-cul en tentant de faire passer pour un clivage gauche-droite ce qui est simplement une bourde monumentale de son gouvernement et de sa ministre. Je me posais pas mal de questions sur ce gars-là depuis quelque temps, mais là, il vient juste de marquer une longue série de mauvais points à mes yeux.

samedi, 09 mai 2015

Quousque tandem abutere patientia nostra, Najat ?

Cela ne doit plus être au programme, de nos jours, d'étudier les Catalinaires, et c'est bien dommage, mais le début de la première catilinaire a quelques chances de pouvoir être reconnu par les plus anciens tant le discours de Cicéron contre l'infâme Catilina est devenu célèbre. Traduite en français cela donne : jusques à quand abuseras-tu de notre patience Najat ?

Certes, elle est mignonne mais alors pour le reste...bornée, de mauvaise foi et incompétente. Elle a réussi le tour de force de se mettre à dos les intellectuels, les éditorialistes, la droite (ça, c'est normal), le centre, le front de gauche et quelques fortes personnalités du PS (Gérard Collomb, Julien Dray et Jack Lang entre autres). Et ce n'est pas tout : elle a rendu furieux les professeurs, leurs associations et leurs syndicats les plus représentatifs (SNES, SNALC).

Elle se moque carrément du monde en affirmant que les petits Français vont pouvoir commencer l'allemand en CP. Ah oui ? Et qui va l'enseigner ? On n'y arrive déjà pas avec les CM2 et il devient difficile de recruter des enseignants pour le collège dans cette discipline.

Le latin et le grec, proposés à tous ? Le mot "grec ancien" a purement et simplement disparu des documents officiels dans leur nouvelle version et telles que les choses sont présentées, aucun cadre contraignant pour en assurer l'enseignement. Si elle était honnête, elle rendrait obligatoire l'enseignement du grec et du latin à tous les élèves de France avec des horaires définis. Voilà qui mettrait fin aux prétendus calculs des prétendus privilégiés qu'elle s'est empressée de dénoncer avec un populisme et une malhonnêteté digne des grands procès de Moscou et autres purges staliniennes des années trente.

Je la cite quand même, cela vaut son pesant de cacahuètes : 

Je soutiendrai cette réforme du collège jusqu'au bout (...) et de toutes mes forces sans jamais faillir face à ceux qui ne proposent rien, et qui voudraient qu'on reste sur le statu quo actuel.

Ça mérite un clap clap de fin.

Ce qui risque surtout de t'arriver, ma jolie, c'est de te faire déboulonner, et plus vite que tu ne le penses, d'autant que le mou de l'Élysée et l'excité de Matignon ont commis l'erreur fatale d'engager leur responsabilité derrière ta réforme minable.

dimanche, 03 mai 2015

Najat Vallaud Belkacem doit démissionner.

Quand quelqu'un rate et torpille tout ce qu'il entreprend, on dit communément qu'on a affaire à un tâcheron. Je crois bien que nous avons trouvé le nôtre avec Najat Vallaud Belkacem au Ministère de l'Éducation Nationale. Pardonnez la grossièreté, mais on peut dire qu'elle n'a fait que des conneries depuis son arrivée à la rue de Grenelle.

Il y a bien sûr la question du latin et du grec, de l'allemand aussi, pour lesquels François Bayrou a fort bien répondu. Je trouve juste cette jeune femme d'une malhonnêteté intellectuelle confondante. Accuser les éditorialistes et les intellectuels de ne songer qu'à préserver leurs privilèges et ceux de leurs enfants parce qu'ils s'indignent de la disparition programmée du grec, du latin et des menaces qui pèsent sur l'allemand, c'est montrer le fond de sa pensée. La ministre s'est échinée à assurer à l'opinion publique qu'elle souhaitait offrir les humanités classiques à tous. On voit pourtant dans sa réponse à quel point le bourdieusisme indigeste dont la gauche abreuve le système éducatif imprègne son idéologie. Comme ses soutiens, FCPE, SGEN, officines pédagogistes de tout acabit, elle associe les langues anciennes et l'allemand à la tradition et l'élitisme, toutes choses que la gauche bien-pensante déteste. Et Dieu sait si elle en fait partie...

Malheureusement, Madame Vallaud Belkacem n'en est pas à son coup d'essai en matière de projet mal ficelé et bêtement faisandé par incapacité à dépasser son  déterminisme idéologique. Pour moi qui suis attaché à la liberté de la femme et à son statut, j'ai été effaré par l'imbécillité crasse avec laquelle la question a été amenée à l'école : je parle des fameux ABCD de l'égalité. J'ai déjà dit ce que j'en pensais, mais je complète me pensée : il ne fallait pas donner l'impression que rien n'était sexué (même si ce n'est pas tout à fait faux dans l'absolu) mais il fallait amener habilement l'idée que les rôles dans lesquels on tendait à contenir les garçons et les filles n'étaient pas exclusifs. Qu'un garçon pouvait bercer un bébé, par exemple, et une fille monter un meuble. On peut en procédant avec astuce utiliser les jouets et les activités ludiques pour obtenir de tels résultats. Le problème, c'est que l'égalité entre hommes et femmes ne s'enseigne pas directement, en tout cas, pas avec des gros sabots et des cours de morale, et encore moins avec des expériences pédagogiques. 

Bilan ? Nul. Chacune de ses interventions a remonté l'opinion publique. A chaque fois elle a accusé les uns et les autres de propager des rumeurs. Bis repetita non placet, n'en déplaise à notre pourfendeuse de la langue latine. Elle pourrait peut-être commencer à se poser des questions et en tirer les conclusions qui s'imposent ? Ne plus s'occuper d'éducation, par exemple, ce serait toujours ça de gagné pour la France...

jeudi, 19 mars 2015

L'excellence socialiste : virer le grec et le latin...

S'ils n'existaient pas, faudrait les inventer, les Socialos. Cela fait des années et des années qu'ils inondent l'Éducation Nationale de leurs réformes, avec l'aide de leurs courroies de transmission, FCPE, SGEN, techno-structure, recherche pédagogique, et cetera, et peu importe, au demeurant que la droite ait gouverné entre temps, puisqu'elle applique généralement la politique de la gauche dans ce domaine.

Les bourses au mérite avaient déjà été supprimées, en gage d'école pour tous. Maintenant, c'est le tour du latin et du grec : faire d'une pierre deux coups. Satisfaire à l'obsessions égalitariste et s'assurer quelques économies à bon compte.

Pour une fois, la presse et les médias ont réagi en prenant fait et cause pour ces deux disciplines. Ce n'est pas si fréquent. La Najat s'est plantée en beauté. 

J'ai à peu près compris son projet de réforme, pompeusement baptisé Enseignements Pratiques Interdisciplinaires. Il s'agit ni plus ni moins que de mettre en place le zapping pour tous. Trois mois de ceci, trois mois de cela, c'est pas beau la vie ? Le zapping institutionnalisé.

Évidemment, comme elle commence à sentir le vent du boulet, vu la levée du boucliers, la voilà à évoquer un statut dérogatoire pour le latin et le grec afin de pouvoir en poursuivre l'étude pendant trois ans.

C'est bien le foutage de gueule. Je croyais que zapper, c'était mieux ? Trop forte, au passage, l'hypocrisie, qui consiste à déclarer offrir ainsi plus d'autonomie aux établissements scolaires. On sait comment les Socialistes et sa technostructure à l'école font : coups de pression, menaces, récompenses pour contraindre les établissements réticents à appliquer les réformes tordues que leurs esprits malades inventent à tour de bras.

J'ai tant de fois exposé mon point de vue ici que je me lasse. Je fatigue. Cela me rend malade de voir qu'au sein de la sphère politique, il n'y a que le Front National qui réagit. Cela n'enlève rien évidemment au mérite d'individus isolés issus des diverses forces politiques qui ont réagi mais pour ce qui est des autres partis, comme le dit le vieil adage,  qui ne dit mot consent...

Je dédouane par avance Bayrou de toute critique, bien évidemment : je connais son projet éducatif, et j'y adhère dans la plupart des grandes lignes (le latin et le grec y ont une place confortable, au passage). Pour mémoire, le voilà. Je suppose que, comme moi, il finit par se lasser de redire les choses...

15:37 Publié dans Education, Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : latin, grec |  Facebook | | |

lundi, 20 décembre 2010

Nicolas Sarkozy, Jacqueline de Romilly et les lettres anciennes

Ce n'est pas mon genre d'instrumentaliser un décès, surtout de quelqu'un pour qui j'avais beaucoup d'estime. Mais il ne faut pas non plus me chercher : Nicolas Sarkozy salue donc la mémoire de l'helléniste exceptionnelle que fut Jacqueline de Romilly. Il y a eu un communiqué de l'Élysée, je le cite : 

les langues et les 'humanités' sont indispensables à l’être humain car elles lui permettent de penser, de peser avec discernement les termes et les idées, d’éviter le piège des dogmes qui conduisent au fanatisme". Jacqueline de Romilly, en s'éteignant, confie l’exigence de veiller au maintien d’un enseignement littéraire de qualité.

Devinez qui disait ceci en 2007 : 

Vous avez le droit de faire de la littérature ancienne, mais le contribuable n'a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne si au bout il y a 1000 étudiants pour deux places. Les universités auront davantage d'argent pour créer des filières dans l'informatique, dans les mathématiques, dans les sciences économiques. Le plaisir de la connaissance est formidable mais l'Etat doit se préoccuper d'abord de la réussite professionnelle des jeunes

Il faut arrêter de prendre vos concitoyens pour des c..., Nicolas Sarkozy.

Je ne voudrais pas être en reste avec le Parti Socialiste qui a tout fait, quand il était au pouvoir, notamment avec sa courroie de transmission, la FCPE, et Claude Allègre, pour éradiquer le grec et le latin de l'enseignement. Alors voir les Socialistes se joindre aux hommages, ça fait ricaner.

Sans faire de politique, il n'y en a qu'un  de crédible, dans ce panier de crabes, c'est Bayrou. C'est le seul qui affirmait dans son programme, en 2007, la nécessité de redonner au grec et au latin, disciplines d'excellence s'il en est, la place qui leur revenait. Également le seul, comme ministre, à avoir tenté de relancer ces disciplines par des mesures actives. Et le fait d'être un agrégé de lettres classiques n'y est pour rien ; Xavier Darcos en est un également, mais on ne peut pas dire que son passage à l'Éducation Nationale, tant comme secrétaire à l'époque de Ferry que comme Ministre aient marqué une renaissance des lettres et des humanités.

Il ne s'agit pas d'être partisan, et je ne dis pas ce que j'écris par militantisme, mais parce qu'il y' a des limites au cynisme, et que cela fait aussi du bien de rétablir la vérité...

dimanche, 19 décembre 2010

Jacqueline de Romilly n'est plus !

Je viens d'apprendre à l'instant que Jacqueline de Romilly était décédée, à l'âge de 97 ans. L'hellénisme a perdu avec elle une voix forte et originale. C'est son livre les Grands Sophistes dans l'Athènes de Périclès qui m'a fait découvrir des aspects très originaux de la pensée grecque, sophistes que je n'avais appréhendé que par Platon jusqu'à la lecture de ce livre.

Et Canal Académie qui venait de mettre en ligne un entretien avec cette helléniste remarquable, Petites leçons sur le grec ancien.

Une place d'honneur l'attend sur l'île des Bienheureux, à n'en pas douter, tant la défense des humanités aura été pour elle le combat de toute une vie.

lundi, 09 août 2010

Descoings nul en arithmétique ?

Je le tiens d'une source en principe bien informée, il semble que le sieur Descoings, l'égérie de tous les ânes qui se prennent pour de grands réformateurs de notre école s'apprête à déclarer la chose suivante :

«Les lycéens qui réussissent, ceux qui, par exemple, sont en S et ont choisi allemand et grec ancien, se battent pour conserver ce qu’ils ont. C’est légitime. Mais du point de vue de l’intérêt général, et alors que les moyens ne sont pas illimités, il est temps de se demander s’il est plus utile que, dans un lycée donné, cinq élèves puissent faire du grec ou que des centaines puissent bénéficier d’une aide pour faire leurs devoirs

La méthode Descoings est assez symptomatique du sarkozisme triomphant, et on comprend que ces deux-là s'entendent bien, elle consiste à opposer les gens entre eux.

Il n'y a rien de pire qu'un système éducatif, du moins dans un régime de type républicain comme le nôtre, qui détruit ses voies d'excellence et s'attaque à la culture.

Ce qui m'inquiète davantage, c'est l'état de la fibre arithmétique du sieur Descoings, s'il confirme bien ces propos, cela va de soi.

Cinq élèves qui étudient le grec ancien dans un lycée, cela doit donner approximativement entre 70 et 100 heures sur une année.

Le sieur Descoings qui ne sait décidément pas compter a un problème avec le programme de primaire où l'on apprend la division. Ah, pardon : peut-être escompte-t-il offrir quelques minutes de soutien par an à ses centaines d'élèves...Inquiétant quand on songe que l'individu avait été chargé de mission auprès de Jack Lang, en 1992 et 1993, des questions budgétaires de l'Éducation Nationale. C'est resté, chez lui, une obsession.

Il n'en est pas à son coup d'essai le sieur Descoings : j'ai un autre scoop relatant ses difficultés avec les divisions. Été 1992, les étudiants du prestigieux IEP sont partis en vacances l'esprit tranquille : la règle en vigueur pour décrocher le diplôme de l'IEP est alors d'obtenir la moyenne sur la deuxième et la troisième année d'études cumulées. Peu importent les résultats sur une année ou l'autre (enfin, pas tout à fait, n'exagérons pas, il y avait tout de même des notes éliminatoires), ce qu'il faut, c'est trouver le compte à l'issue des deux années.

Mais voilà que notre directeur-adjoint de l'IEP de l'époque, un certain Richard Descoings, se pique de numération, de diviseurs et de dividendes, et décrète unilatéralement que désormais, il faudra la moyenne à chaque année. Le problème, c'est qu'il prend cette décision au beau milieu de l'été et l'applique rétro-activement à tous les étudiants qui ont obtenu ou non la moyenne à la deuxième ou la troisième année.

Il y a eu comme un surplus de redoublements imprévus, cette année-là...Le sieur Descoings aime bien les divisions, mais les divisions ne l'aiment pas. J'ai compris, en fait, en cherchant sur son blogue des éléments puisqu'il reconnaît lui-même ses carences dans ce domaine :

Un premier couac retentissant : j’ai été viré de Louis-le-Grand, ma professeure principale, en mathématiques, estimant que j’étais « totalement dépourvu d’esprit de synthèse et incapable de suivre la classe supérieure ». Ce fut un soulagement ; j’étais non seulement nul en math-physique-chimie, mais j’étais aussi malheureux comme les pierres.

Bon, en physique, je n'ai pas d'éléments pour juger, mais en mathématiques, je confirme : il est vraiment mauvais.

Reste à savoir pourquoi il professe une telle haine pour l'humanisme classique. Je crois que l'on trouve des éléments de réponse avec cette remarquable enquête réalisée par Mediapart à l'automne 2009 sur le système science-po. Le commenter dépasse l'objet de cet article, mais, à l'évidence, il y a chez Descoings, une véritable fascination  pour la modèle universitaire américain. Plus encore, c'est toute la logique en vigueur outre Atlantique qui séduit, comme tant d'autres intellectuels et hauts technocrates français, le directeur de l'IEP. Le vieil humanisme européen, n'a plus place dans le monde parfait et managerial de Descoings. America is beautiful and that's all folks...

mercredi, 25 mars 2009

Étude du grec et du latin, délire gouvernemental

Tiens, le Mamouth vient de dépasser Ubu haut la main dans le délire. Tenez-vous bien amis lecteurs, car je tiens l'information de première main, c'est donc un scoop.

Il y avait en France, l'année passée, un total de 546 054 élèves qui étudiaient le grec et le latin en France, faisant, ce que beaucoup de Français ignorent, du latin la seconde langue la plus étudiée après l'anglais. Eh bien d'après le Ministère de l'Éducation Nationale, il n'y en aurait plus que 149 467 cette année pour un total de 6880 établissements scolaires.

Alors on va rigoler : cela ferait 21 élèves en moyenne par établissement. Le Ministère de l'Éducation Nationale se f... de la g... de qui, là ? Même dans le plus faible des plus faibles établissements de ZEP ( Zone d'éducation prioritaire) il y en a plus.

Si je suis bon, je vais me dire qu'il faut accroître le recrutement des profs de maths pour faire de la formation continue en central, dans l'administration, et leur apprendre à compter... Parce que la plupart des collèges moyens que je connais ont en règle générale pas loin d'une cinquantaine à une centaine d'élèves en moyenne, en grec et en latin. Mais si je suis moins bon, je vais penser que c'est une intox pour supprimer des postes : et là, je vais me dire qu'ils sont carrément demeurés en central, parce qu'elle est un peu grosse l'intox et qu'il ne faut pas prendre les profs (notamment ceux de grec et de latin) et leurs élèves pour des ânes.

Y'a une troisième hypothèse, mais faut lancer un avis de recherche et préparer les pelleteuses pour trouver les charniers : 550 000 - 150 000 = 400 000. Donc, il y a eu 450 000 disparitions ou morts violentes en France. Point commun : tous des gamins qui étudiaient le latin et/ou le grec. Sacré Sérial-killer, celui qui les a liquidés.

Quand on pense que l'actuel ministre, Darcos,est censé être un agrégé de lettres classiques, on se dit qu'ils ne sont, finalement, jamais mieux trahis que par les leurs, ces pauvres profs de grec et de latin.

Tiens, exceptionnellement, j'ai joint le fichier :

latin grec.effectifs 2008.2009.xls

Le comble, c'est qu'ils ont fait un décompte académie par académie en plus...

23:25 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : grec, latin, gouvernement, darcos |  Facebook | | |

lundi, 20 octobre 2008

Culture de l'Europe ou Europe des cultures ?

Je viens de lire une analyse passionnante et très puissante de Charles Coutel, doyen de la faculté de droit Alexis de Tocqueville de Douai : l'objet de son écrit, intitulé "Y-a-t-il une culture européenne" est d'interroger le rapport de l'Europe à sa culture. Outre de nombreuses réflexions très intéressantes sur l'intégration d'autres cultures au sein d'une culture européenne, Charles Coutel pose une hypothèse très forte : il n'y a pas de culture européenne, mais il y a une européanisation des cultures.

J'aime beaucoup sa démarche : il observe que l'appauvrissement de l'idée de culture génère une occultation de la complexité que recouvre l'idée d'Europe. Ainsi, il remarque que l'on parle plus volontiers d'environnement socio-culturel que de nécessité de se cultiver, par exemple.

Il dénonce le règne du bon sentiment et des poncifs de toutes sortes, à commencer par le fameux droit à la différence dont l'effet pervers le plus notable est de margninaliser une approche universaliste et humaniste de la culture : dans cette dernière optique, la culture permet une expérience très riche de proximité avec la culture de l'autre qui est pourtant différente.

En somme, le lieu commun de la diversité des cultures empêche les cultures diverses de ses définir un lieu commun pour parler de leur altérité et leur identité...

Or, la construction de chaque langue montre justement qu'un culture, dont elle est le reflet, peut accueillir en son sein l'altérité : l'anglais, le français, par exemple, sont emplis de mots issus de cultures et de langues étrangères. Cet accueil de l'autre n'est pas une négation de soi, mais plutôt une forme d'hospitalité (j'aime beaucoup ce terme, employé par Charles Coutel).

Cette réflexion est essentielle pour se représenter le ferment d'une culture européenne commune : cette communauté intègre un subtil processus d'imitation, de même que les Romains se définissaient comme les héritiers des Grecs et intégraient chaque nouvelle culture des peuples conquis.

Il convient donc de définir une hospitalité réciproque entre les cultures européennes afin de semer le germe non d'une culture européenne, mais bien d'une européanisation des cultures. Cette hospitalité a vocation à intégrer l'aspiration à l'universalité de chaque culture européenne, parce que cette aspiration est la maison commune de toutes ces cultures.

Je n'ai pas exactement repris l'analyse de Charles Coutel, mais m'en suis librement et largement inspiré pour construire ma propre réflexion sur le sujet. Je voudrais ajouter, toutefois, que la culture gréco-latine est un exemple d'européanisation (et même plus largement) de plusieurs cultures avant la lettre. Elle a donc vocation à nous servir de référence, et à constituer, à cet égard, la fondation de notre maison commune européenne.

 

jeudi, 22 mai 2008

Des manuels scolaires communs pour l'Europe ?

Je viens de lire le très intéressant billet de Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux affaires européennes. Je trouve , en effet, que la constitution de manuels scolaires communs, mais pas seulement en histoire, est une bonne manière de construire l'Europe. J'espère d'ailleurs, que la Présidence française de l'Europe contribuera à développer ce genre d'initiative. Comme l'explique Jean-Pierre Jouyet, c'est formidable que les ennemis d'hier, France et Allemagne, sans gommer leurs histoires nationales, parviennent à écrire un manuel d'histoire commun pour les 1ères et les terminales. D'autres projets sont à l'étude parmi les pays européens. 

Il faut aller dans ce sens, et rappeler aussi qu'il existe un gisement culturel commun non exploité en Europe : les civilisations grecque et latine !

Il faudrait intégrer dans les systèmes éducatifs européens l'étude des langues et civilisations latines et grecques, tant elles sont constitutives d'une culture commune, bien plus que tout les reste. A ce sujet, il existe au moins un site institutionnel, appelé Circé, qui vise un tel objectif. Mais il n'est pas seul : l'association Euroclassica en fait autant dans son coin. Et il existe même un certificat européen de grec et de latin !

Au MoDem, parlons-en à nos eurodéputés, et essayons de promouvoir tout ce qui pourra contribuer à forger une identité européenne commune.