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dimanche, 01 mai 2016

Les Républicains et l'agriculture : aïe la cata...

J'ai lu avec intérêt le document d'orientation des Républicains sur l'agriculture (lien ici).

Les auteurs du projet annoncent dès l'introduction les axes directeurs de leur réflexion : la France est une puissance exportatrice dans ce domaine et la souveraineté alimentaire est un pilier stratégique de notre économie et notre diplomatie. Les auteurs jugent donc que les mesures qui répondent à ces deux exigences doivent l'emporter sur tous les autres impératifs. Ils récusent en conséquence avec vigueur l'agro-écologie génératrice de normes pénalisantes pour nos agriculteurs.

J'avais initialement écrit une analyse de l'ensemble du document, mais à la réflexion, à quoi bon : les propositions de ce parti heurtent frontalement l'idée que je me fais du devenir agricole de la France, peu ou prou celles du MoDem (à lire ici).

Les auteurs du projet exposent clairement leur intention de déconstruire les normes sanitaires et environnementales, ou, tout du moins, leur abondance.

Si je suis favorable aux simplifications, pour le reste, je me méfie comme de la peste des tentatives de jouer avec notre santé.

Je pense vraiment qu'il faut aller vers une agriculture biologique. Je reconnais qu'il y a une vraie difficulté parce qu'il faut rendre possible les reconversions des très grosses exploitations actuelles. Je ne vois pas comment y parvenir sans aide de l'État et de l'Europe, pour être franc. C'est d'ailleurs ce que propose l'Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe.

Toutefois, je me fais le raisonnement économique assez simple, j'espère qu'il est valide : ce qui fait la richesse, c'est le montant de la valeur ajoutée. Les produits biologiques se vendent plus cher que les produits agricoles ordinaires. Certes, leurs coûts de production sont plus élevés, mais généralement, la marge réalisée l'est aussi. Je pense donc qu'on pourrait revenir vers des exploitations plus petites, et, pour ce qui est de l'exportation, pourquoi ne pas envisager de faire de la France une puissance exportatrice d'alimentation biologique ? Je n'ai que les chiffres de 2013 mais nous en étions alors à 309 millions d'euros (lien ici). Il est vrai que d'ici à atteindre les 76 milliards d'euros de l'ensemble de la production  agricole, il y a un long chemin...

Il y a au bout de ce raisonnement quelque chose qui me paraît en revanche inévitable : on ne peut pas passer à une alimentation majoritairement biologique si les consommateurs n'acceptent pas de payer plus cher les produits qu'ils achètent. Cela revient ni plus ni moins à une hausse des prix. C'est quelque chose auquel il faut réfléchir. Peut-être que les conséquences positives dans le domaine sanitaire d'une alimentation bio compensent les surcoûts. A voir et à réfléchir.

Une chose me paraît certaine : pour les Républicains, ces objectifs sont inconciliables. Tout leur projet va dans le sens du maintien d'une agriculture lourde et intensive, telle que nous la pratiquons depuis cinquante ans.

 

 

vendredi, 11 mars 2016

Si peu de bio, en France ?

Je suis assez estomaqué de constater, quand je me rends dans des grandes surfaces, que la plupart des produits frais bio ne sont pas cultivés en France. Et que l'on ne me dise pas que c'est un problème de climat, une très large part d'entre eux venant de Belgique, d'Italie ou d'Espagne.

Quand on trouve des légumes biologiques, s'il s'agit d'aliments de consommation courante, ils sont insipides au possible. 

On peut toujours se rabattre sur des centrales de productions locales, type ruches ou AMAP, mais il n'y a là aucune garantie de qualité gustative ni d'absence de pesticides. On sait seulement que le circuit de distribution est court, ce qui est une maigre consolation pour les papilles gustatives.

Je ne comprends pas ce qui coince : les grosses exploitations coûtent des fortunes en investissements, machines, engrais de toutes sortes pour un prix de vente misérable. Pourquoi les agriculteurs ne se reconvertissent pas dans l'agriculture biologique alors que la demande ne cesse de croître sur ce terrain et que les scandales sanitaires qui se succèdent lui assure une publicité renouvelée et gratuite ?

Il me semble que c'était dans le programme de l'ADLE (donc forcément du MoDem qui en est membre) que de proposer un recentrage des financements de la PAC sur l'agriculture biologique, et je pense avoir entendu Marielle de Sarnez soutenir cette position. L'idéal serait en fait de concentrer les aides en question vers la reconversion en s'assurant que les agriculteurs puissent tous se reconvertir avec un revenu décent à la clef.

J'appartiens, en tout cas, à un segment de clientèle pas satisfait par l'offre actuelle. Je souhaite de la qualité, du bio, du made in France si possible en circuits courts, et je ne trouve pas cette combinaison quelle que soit la chaîne testée (biocoop, naturalia, marchés, primeurs, petites, moyennes et grandes surfaces, épiceries électroniques avec livraison...).

L'agriculture, voilà un sujet de choix sur lequel réfléchir. J'engage les centristes, et particulièrement le MoDem, mon parti, à y réfléchir et à développer un programme sophistiqué mais efficace, d'autant qu'il est contingent de la sécurité sanitaire et par là, de la santé.

vendredi, 30 octobre 2015

Transports et environnement : Bartolone-Pécresse

J'ai pris mon courage à deux mains et j'ai essayé de parcourir plus longtemps les programmes de Valérie Pécresse et de Claude Bartolone pour la Région île de France. Je me suis arrêté aux transports et à l'environnement, les deux éléments les plus déterminants pour moi.

TRANSPORTS

Programme de Valérie Pécresse

Programme de Claude Bartolone

ENVIRONNEMENT

Mesures de Claude Bartolone

Mesures de Valérie Pécresse

Il y a une différence vraiment majeure entre les deux séries de mesure : Valérie Pécresse a un projet pour la circulation routière, pas Claude Bartolone  (au contraire, même, si l'on parcourt son programme de campagne). La première prévoit de mettre fin aux dix points noirs en termes d'embouteillages de la région parisienne en améliorant le réseau routier au moins à ces endroits là, le second ne prévoit tout simplement rien ! Le mot "route" ne figure pas dans les propositions du Socialiste. Et à vrai dire, ce souci se ressent dans la partie environnement puisque la candidate des Républicains, de l'UDI et du MoDem compte engager la Région aux côtés des constructeurs du Pôle de compétitivité Movéo dont l'objet est de concevoir des véhicules particuliers propres. Je constate également son souci de multiplier les bornes de recharge pour les véhicules électriques. Il n'y a rien sur l'automobile (propre ou non) dans le projet du candidat du PS. Rien non plus sur les embouteillages. 

Valérie Pécresse est également la seule à se préoccuper de la pollution à l'intérieur des métros et RER (ce en quoi je reconnais la griffe du MoDem, c'était déjà dans le pré-projet municipales 2014 de Marielle de Sarnez). Elle prévoit d'installer des assainisseurs d'air pour dépolluer les principaux tunnels. Je me demande si cela sera efficace et s'il est techniquement possible de capter les particules produites par les rames de métro. A voir.

Je lis que Bartolone vante son TTME Évry-Massy-Versailles qui devrait entrer en service en 2020. L'idée de départ est de concevoir un tramway capable de fonctionner comme tel mais aussi d'utiliser le réseau ferré. Le coût global du projet, entre matériel roulant et construction des voies, est estimé à près de 100 millions d'euros. C'est une bonne chose que ce projet arrive à son terme très prochainement mais, en matière de transports en île de France, il faut considérer deux aspects : l'urgence et le long terme. Le projet date de 2007. Quelles sont les mesures à court-terme du candidat socialiste ? La vie est courte et 13 ans d'embouteillages ou d'entassement dans une rame surchargée, c'est long.

Les deux candidats sont d'accord pour automatiser plusieurs lignes de métro et RER afin d'augmenter les rotations. C'est une mesure de bon sens. L'un et l'autre sont également d'accord pour mettre en place une police des transports. Sauf qu'en parcourant les projets, on se rend compte que Bartolone est fort peu disert, vantant surtout la campagne de prévention que la région finance contre le harcèlement. Valérie Pécresse est plus concrète mais exige des mesures qui dépendent de l'État et du Parlement bien plus que de la Région puisqu'il faut modifier des lois existantes. En pratique, il y a assez peu de différences de fond entre les deux projets mais davantage des divergences de forme. Je retiens l'idée de Valérie Pécresse d'un système d'alerte discret dans tous les transports franciliens en cas d'agression mais je demande à voir son application concrète.

J'ai lu les propositions faites dans le domaine de l'énergie propre par les deux candidats. Il n'y a rien de concret de la part de Bartolone. Des déclarations d'intentions uniquement. A l'inverse, Valérie Pécresse s'appuie sur des études chiffrées assurant que la géothermie peut dégager 22 terawattheures sur le territoire de l'île de France alors que la consommation actuelle de la région n'est que de 16.6 TWh par an. J'aimerais toutefois savoir ce que Valérie Pécresse entend faire exactement pour relancer la géothermie. 

Dernier point traité ici : l'alimentation. Je suis très attaché au développement d'une agriculture biologique. Là-dessus, net avantage à Bartolone qui en fait clairement une priorité. Il n'est pas suffisant de promouvoir l'agriculture locale. Il faut aussi se préoccuper des risques sanitaires que peuvent receler nos assiettes. Je crois vraiment qu'il faut pousser l'agriculture à aller vers une production raisonnée et biologique. Jouer du marché que constituent les cantines des lycées comme le propose Valérie Pécresse me paraît notoirement insuffisant.

L'examen des programmes de ces deux candidats n'est pas exhaustif. J'y au pioché ce qui m'intéressait le plus, et, bien entendu, c'est subjectif.

jeudi, 18 juin 2015

Régionales et île de France : le jour où l'on ne me marchera plus sur la tête.

S'il y a une rancœur, une contrariété rageuse, devrais-je même dire, que j'éprouve très régulièrement, c'est bien le sentiment de se faire marcher sur les pieds quand ce n'est pas sur la tête à longueur de temps par les décideurs des différentes sphères.

Je suis avec intérêt les premiers pas du MoDem dans l'optique des prochaines régionales en raison de la personnalité de ses deux principaux têtes de file.

J'apprécie Yann Wehrling parce qu'il respecte les petites entités. Je me méfie d'une Région hypertrophiée et bureaucratique dont les décisions verticales s'appliqueraient aux Franciliens et aux collectivités locales franciliennes sans concertation ni négociation aucune. De ce point de vue, la réflexion entamée par Yann sur les smart cities m'intéresse et je l'invite vivement à la poursuivre.

Marielle de Sarnez est un peu un OVNI politique. J'ai d'ailleurs commencé par intituler ainsi ce billet et les observateurs fins constateront que c'est le nom de l'url du billet. Dans la sphère politique, c'est la seule personne que je connaisse qui n'ait pas une vision verticale de l'exercice du pouvoir de l'État envers les individus. Elle avait inventé un concept que fort peu d'acteurs économiques ou politiques partagent, celui d'un État facilitateur. En somme, l'État n'est là ni pour emmerder les gens, ni pour les assister, mais pour leur rendre la vie plus facile.

Dès qu'on construit un projet politique pour une région avec cette idée fixe en tête, je pense qu'on doit pouvoir éviter les principaux écueils et folies des grandeurs consubstantiels des mandatures de nos élus.

L'île de France doit faire face à un défi énergétique et écologique de taille. Elle ne produit que 11% de l'énergie qu'elle consomme ! Il y a donc une réflexion à entamer sur la question. Anne Hidalgo à Paris et pas mal d'autres communes d'île de France concentrent leur action "écologique" sur le matraquage des automobilistes. Ignorent-ils (ou est-ce par incompétence ?) que le secteur du bâtiment est en effet à l’origine de 60% des consommations énergétiques et de près de la moitié des gaz à effet de serre de la Région ? La rénovation énergétique des bâtiments m'apparaît dans ces conditions comme un enjeu de premier plan. Mais qui en parle ?

Il y a pourtant des enjeux à l'échelle territoriale qui me paraissent clairs :

 - repenser l’aménagement du territoire pour limiter les déplacements, ce qui ne signifie pas pour autant emmerder autant que faire se peut les automobilistes.

-  réfléchir aux opportunités de production locale d’énergie. 

- identifier les activités à maintenir ou à réintroduire sur le territoire pour favoriser les cycles courts (agriculture, traitement des déchets, …), les emplois locaux, entre autres.

- réfléchir à la conception d'éco-quartiers basse-consommation (pas comme le monstre énergivore que nous prépare Anne Hidalgo à la Porte de Versailles avec sa Tour Triangle). 

Un billet qui dit trop de choses d'un coup devient trop long. Je réserve donc mes réflexions suivantes pour un article ultérieur, mais j'en annonce déjà les thématiques : le tissu entrepreneurial parisien se caractérise par une faible proportion d'ETI (entreprises de taille intermédiaire). J'y ai réfléchi et lu pas mal de documents, et en fait, je suis arrivé à la conclusion suivante. Leur faible présence procède de la structure de la place financière parisienne. Les capitaux et les produits financiers que Paris propose, notre fiscalité, sont des handicaps pour les ETI au lieu d'être des atouts. Tout le volontarisme du monde échouera donc si on ne parvient pas à créer les conditions nécessaires pour une mutation en douceur de la finance francilienne. Je développerai ma pensée dans un prochain billet.

 

 

jeudi, 26 février 2015

Serres d'Auteuil : Ségolène Royal marque les esprits !

A la bonne heure : tout advient à qui sait attendre. Il y a près de quatre ans et demi, un blog libéral du XVIème arrondissement faisait connaître un projet alternatif au saccage des Serres d'Auteuil par Delanoë et son équipe. On pouvait réaliser une extension de Roland Garros sur l'autoroute de Normandie, l'A13.

Porté tant bien que mal par des voix diverses, l'idée a survécu, même si elle a été écartée avec une constance sans faille par Bertrand Delanoë puis Anne Hidalgo.

C'est finalement Ségolène Royal qui pourrait sauver la mise des Serres puisqu'elle s'est emparée du projet et exige désormais de l'étudier avant de donner l'aval du gouvernement.

Cela lui vaut un billet assez inimaginable du Delanopolis, l'un des blogs les plus férocement anti-socialistes que je connaisse, et je peux dire que ce blog ne lui a pas fait de cadeaux par le passé.

La Tribune de l'Art qui n'est pas du genre à passer la brosse à reluire aux politiques n'est pas en reste, plaçant désormais tous ses espoirs en Ségolène.

Nous allons donc pouvoir voir de quel bois exactement elle est faite puisque c'est elle qui délivrera la signature finale pour autoriser ou non la construction des bâtiments sur les Serres. Si vraiment elle pense le projet alternatif faisable et viable comme le jugent ses experts, il ne tient qu'à elle de la promouvoir.

mercredi, 05 novembre 2014

Bayrou et le barrage de Sivens : le ton juste.

Ce que j'aime chez Bayrou, c'est qu'il ne me déçoit jamais. Depuis que je le suis je ne l'ai jamais entendu céder une seule fois aux sirènes de la démagogie ou à la facilité. Dans toutes les situations où il est tentant d'appuyer là où ça fait mal simplement pour mettre en difficulté l'adversaire, Bayrou, lui, choisit toujours d'élever le débat.

J'ai apprécié à sa juste valeur ses prises de position sur le barrage de Sivens. Il a jugé, à raison, indécent d'exploiter dans un sens ou dans l'autre le décès dramatique de Rémi Fraisse. Il a eu le courage de dire clairement que le Ministre de l'Intérieur ne pouvait être tenu pour responsable de ce décès et il observe, une fois encore avec hauteur que la plupart de nos précédents responsables à ce poste ont essayé de trouver un équilibre (et il n'est pas facile !) pour empêcher les désordres sans dégâts matériels et accidents humains. C'est aussi mon sentiment. 

Je ne connais pas vraiment la situation locale alors il m'est difficile de me prononcer, mais j'observe que tous les élus locaux des environs étaient favorables au barrage. 

Comme l'observe très justement Bayrou, il semble que des décisions politiques ne puissent plus s'exécuter sans générer automatiquement de la violence, fût-elle d'une minorité. Je le rejoins encore quand il analyse que « l’ensemble de nos mécanismes de décision et d’action est à revoir parce qu’il est désespérant pour le citoyen d’avoir des décisions jamais suivies d’effets sur aucun sujet». Mais j'y ajouterais autre chose : il y a un vrai problème de confiance. Décideurs, maîtres d'ouvrage et et bâtisseurs sont joints par des liens inextricables qui fleurent bon le conflit d'intérêt. Et quand des études d'impact sont réalisées, on a le sentiment qu'elles atterrissent dans la poubelle car elles ne sont suivies d'aucun effet. A quoi sert-il d'interroger les gens si c'est pour ne finalement pas tenir compte de leurs avis ?

Je me trompe peut-être, mais j'ai le sentiment que l'habitude de s'asseoir sur l'avis de ceux qu'on consulte finit par générer de l'énervement et des tensions. Ceci ne signifie pas que tout projet doit être bloqué à la moindre consultation, mais que les différents acteurs doivent jouer cartes sur table.

lundi, 17 février 2014

Autoriser des pesticices dans le bio ? Touche pas à mon bio, l'INRA !

J'ai failli m'étouffer en lisant un article de Marie Astier dans le webzine Reporterre. La dernière trouvaille d'un expert de l'INRA ? Autoriser l'utilisation de pesticides pour l'agriculture bio. Connard ! J'achète le plus souvent possible de l'alimentation certifiée AB ou Ecocert justement pour être certain que ma petite famille n'ingère pas ces saloperies de produits chimiques.

On se rappelle que Hollande avait mis en place un Commissariat à la Prospective et à la Stratégie. L'idée étant de construire la France industrielle et agricole de demain. Si c'est pour commander ce genre de conneries imbéciles et dangereuses, autant le dissoudre sur le champ. Ça sera toujours ça d'économies utiles.

Le voilà le dossier d'analyse des performances de l'agriculture biologique. Mais moi, je m'en tape des performances de l'agriculture bio : je veux juste ne pas retrouver les trois quarts du tableau de Mendeleiev dans le sang de mes enfants à cause des produits de merde que la plupart des agriculteurs collent dans leur production. Mauvaise grille de lecture qui trahit clairement les intentions du comité.

Déjà je râle de constater chaque fois que je me rends dans une grande surface qu'on ne trouve pas de fruits et légumes bio en France. A chaque fois, ça vient d'Italie, de Hollande ou de Belgique. Parfois d'Espagne. Bref, on a quatre pays autour de nous, ils font tous du bio, et apparemment, nous pas.

Je crois surtout qu'on sous-estime dans des proportions inquiétantes l'effet du productivisme agricole et son impact sur la santé. Le nombre de cancers louches est très élevé chez les agriculteurs. 

Je ne veux pas de pesticides dans mon alimentation bio, moi, et je me battrai pour conserver le droit de ne pas en manger, quitte à ester en justice.

10:43 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : inra, pesticides, bio, agriculture |  Facebook | | |

mardi, 14 janvier 2014

La pollution parisienne pourrait devenir aussi un enjeu économique

J'ai lu une dépêche AFP très instructive sur le devenir d'une grande cité submergée par la pollution. Il s'agit de Hong-Kong. La cité-État chinoise commence à perdre de son attractivité en raison du niveau de pollution insupportable qui l'atteint.

Si les acteurs politique parisiens ont dans l'ensemble une conscience assez aigüe des dangers que représente la pollution du point de vue de la santé et de l'environnement, ils n'en perçoivent pas forcément les enjeux économiques.

J'ai dit récemment que le bouclage du tramway, que propose Anne Hidalgo allait dans le bon sens, mais je dois pondérer mon propos. Il y a eu une erreur à la base dans ce projet car il a un coût faramineux. Construire tout un circuit avec voie réservée pour les bus et acheter une flottille de bus propres (GNV, électrique) eût été infiniment moins coûteux et tout aussi efficace en termes de mobilité, d'efficacité, de rapidité et de trafic. Alors évidemment, il n'y a plus d'autres choix que d'achever ce qui a été entamé, mais le décision initiale va peser très lourdement sur les finances de la ville.

J'ai pris connaissance des propositions de NKM pour lutter contre la pollution parisienne. C'est un bon projet pour tout ce qui concerne la circulation et je vois que NKM a pensé au métro, contrairement à Anne Hidalgo. J'y vois la patte du MoDem puisque Yan Werhling m'a confirmé que c'était bien cet aspect qu'il avait en tête quand il a coordonné le plan air de Marielle de Sarnez. 

Il ne faut toutefois pas oublier que la pollution atmosphérique est liée pour un tiers à l'industrie et un quart aux activités économiques locales (en particulier le chauffage au bois). Plus généralement, l'origine de la pollution est plus diverse qu'on ne le pense. Un document d'Airparif en fait une synthèse édifiante.

Il y a un point qui me laisse plus que dubitatif : j'attends la première étude qui me prouvera que le velib et autres mesures en faveur du vélo ont fait baisser ne serait-ce que d'un micro pour cent la pollution atmosphérique. Les équipements de vélo sont des équipements de confort. Tout le monde adoube le velib mais c'est une erreur et je pense sincèrement que les vélos électriques de NKM n'apporteront rien. Un joujou coûteux qui gagne à être abandonné pour faire porter l'effort sur les mesures efficaces.

L'idée de verser 6300 euros de prime aux artisans pour s'équiper de véhicules électriques est une bonne mesure parce qu'elle coûte bien moins cher que les aménagements et limitations chers aux Socialistes et est bien plus efficace.  Il y a près de 35 000 entreprises à Paris intra-muros. Même s'il fallait verser la prime à chacune d'entre elles pour un changement de véhicule, le coût total maximal atteindrait 200 millions d'euros environ, mais qui seraient étalés sur plusieurs années. Je rappelle que la municipalité socialiste a consommé 3 milliards d'euros dans ses projets de changement de voirie lors de sa première mandature. Des marges de manoeuvre existent donc.

Renouveler la flotte municipale en véhicules propres aurait dû être une priorité pour les Socialistes. Ils avaient avec la Région et le ville de Paris toutes les manettes en mains pour agir. Ils n'ont rien fait et Anne Hidalgo a laissé racheter des centaines de bus au diesel. Difficile pour elle d'être crédible sur le sujet, maintenant.

Je tends à penser, à l'instar du ou de la journaliste qui a rédigé la dépêche de l'AFP, que le niveau de pollution de chaque ville va devenir un élément déterminant pour son attractivité. Il ne fait pas de doute que tôt ou tard, des mesures très fortes seront nécessaires pour demeurer compétitif. Il faut toutefois bien prendre conscience que les mesures locales n'ont pas d'impact si elles ne s'agrègent pas à un projet global dont chaque cercle concentrique décline les mesures. L'Europe doit fixer des normes, l'Assemblée Nationale les transcrire en droit français et les régions coopérer avec les communes pour en favoriser l'application.

19:03 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : pollution, nkm, sarnez, wehrling, paris |  Facebook | | |

vendredi, 20 décembre 2013

Ah, le métro...Plus polluant que l'automobile !

Ce qu'ils me font rigoler, les apôtres des transports en commun et ennemis patentés de la bagnole : pendant qu'Hidalgo, verts et consorts nous vantent les mérites du métro, ils oublient une étude parue en janvier 2013 aux conclusions aussi sévères que sans appel pour le métro parisien : 

Les particules fines émises dans les RER en particulier, mais aussi sur le réseau RATP sont bien supérieures à tout ce que peut émettre le périphérique

C'est une découverte gênante et fâcheuse pour la boboïtude verte et socialiste de la capitale : la haine anti-bagnole conduit à placer des capteurs d'air pollué sur les boulevards mais les tunnels et les rames de métro sont soigneusement occultés.

Ce qui me frappe, c'est l'absence de réaction de la sphère politique parisienne sur le sujet. Pas la moindre réflexion dans les programmes politiques des uns et des autres. Malgré tout, en farfouillant, j'ai tout de même trouvé dans le plan air de Marielle de Sarnez la volonté affichée d'améliorer la qualité de l'air dans le métro : 

- Conduire avec la RATP un grand chantier d’amélioration de l’attrait des stations (esthétique, végétalisation, qualité de l’air, climatisation, présence de services et de commerces, accessibilité des stations aux personnes à mobilité réduite, accueil des touristes).

Disons-le tout net : l'impact en termes de santé publique du métro est bien plus nocif que la voiture. Bon. Il a un défaut, on ne peut pas le flasher. C'est de la dépense nette. J'ai regardé le programme d'Anne Hidalgo ; le métro, c'est page 62. Il n'y a absolument rien sur la qualité de l'air dans les stations. De toutes façons, ce n'est pas compliqué : il y a 13 fois le mot pollution dans les 196 pages du projet et il n'est jamais associé au métro. Soyons justes : rien non plus chez NKM. Chez les Verts, c'est page 7 la lutte contre les nuisances : des mesures pour empoisonner les conducteurs, ça, il y en a à la pelle. Mais la qualité de l'air dans le métro, nada. Nitchevo également au FN et au Front de Gauche (pas le genre des premiers que de se poser une telle question, et pour les seconds, pas assez d'imagination pour ça). Reste l'UDI de Christian Saint-Étienne : il a plein de bonnes idées mais celle-là, ça ne l'a pas effleuré non plus.

En somme, je résume, Marielle de Sarnez et les commissions du MoDem sont les seuls à s'être posés la question de la qualité de l'air dans le métro. Je sais que Yann Werhling a beaucoup travaillé sur le plan air de Marielle de Sarnez. Je ne doute pas d'y voir aussi sa griffe.

Puisque nous avons choisi de nous allier finalement à NKM, je pense qu'il ne serait pas inutile de reconsidérer ses propositions en matière de lutte contre la pollution, et surtout, qu'il est en revanche grand temps de rentrer dans le lard du programme auto-satisfait et dégoûlinant de bisounourserie faussement écolo de la gauche et d'Anne Hidalgo.

Comme d'habitude, l'absence de réflexion et d'idées des uns et des autres amène tout le monde à se comporter en moutons et à suivre aveuglément les dernières modes en vigueur. Dire, penser, ne jurer que par les transports en commun, ça en jette, mais la réalité n'est pas forcément l'image d'Épinal (une ville sans voitures donc débarrassée de sa pollution atmosphérique) que nos écolos de pacotille et de paillettes aimeraient renvoyer.

Quand on se préoccupe de santé publique, il faut savoir regarder au-delà de la toute bien-pensance pseudo-écologique parisienne.

15:59 Publié dans écologie, Paris | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : pollution, air, métro |  Facebook | | |

jeudi, 19 décembre 2013

Comment lutter contre la pollution de l'air ?

La pollution atteint à Paris et sans doute ailleurs, en raison de l'absence de vent et de la sécheresse de l'air, des seuils stratosphériques au regard de nos normes.

S'il y a un point sur lequel nous pouvons tous nous accorder, gauche et droite confondues, c 'est sur la nécessité impérative de lutter contre cette menace. En effet, la pollution de l'air n'est pas anodine : elle occasionne de très sérieux dégâts sur la santé de ceux qui la subissent.

J'ai lu les billets respectifs de PMA et du Faucon. L'un et l'autre commentent la dernière mesure gouvernementale pour tenter de limiter la trafic automobile, la circulation alternée. 

Pour ma part, ce qui me frappe, particulièrement à Paris, c'est que toutes les mesures prises (augmentation des amendes de stationnement, limitation de la vitesse à 70km/h) ou envisagées (Péage urbain, vont toujours dans le même sens : pénalisation et sanction de l'automobiliste. Je vois d'ailleurs bien, pour la circulation alternée, que Jegoun ne parvient pas à répliquer à l'objection que le Faucon adresse à la mesure gouvernementale : quid de ceux pour lesquels l'automobile est un indispensable moyen de locomotion ? Jegoun invoque l'intérêt collectif, mais qu'est-ce que c'est que cet intérêt collectif qui néglige chaque intérêt individuel ? L'intérêt collectif, c'est une somme d'intérêts individuels : c'est donc une facilité rhétorique, certes, mais surtout un sophisme fallacieux que de renvoyer l'intérêt individuel à l'égoïsme particulier.

Je ne crois pas que l'on puisse lutter contre la pollution sans obtenir l'adhésion pleine et entière des citoyens. Dans tous les cas de figure, pointer du doigt une catégorie et la contraindre à des efforts parfois très difficiles sans contrepartie, je pense que cela suscite la colère.

Le sujet n'est pas facile, et on ne peut pas accuser le gouvernement, celui-là et celui qui l'a précédé, de ne pas faire des pieds et des mains pour faciliter l'acquisition d'une voiture propre.

J'ai regardé les montants des bonus aux particuliers pour l'achat d'un véhicule avec un taux d'émission de CO2 très faible, et j'avoue que j'ai été impressionné :  bien qu'il ait baissé, il atteint encore 6300 euros en-dessous de 20 grammes de CO2 par kilomètres.

J'ai évidemment jeté un oeil sur ce qu'il se faisait : la Nissan Leaf, par exemple, petite berline 100% électrique. Il faut compter 24000 euros en achetant la batterie. En décomptant les 6300 euros, on arrive à un montant de 17700 euros, sachant que la consommation électrique est suffisamment négligeable pour que je ne la prenne pas en compte dans les coûts.

A titre personnel, j'ai une diesel hdi que je dois remplir une fois par mois en moyenne, pour un montant de 100 euros à chaque fois. Avec la Leaf, je ferai une économie de 1000 euros par an. Au bout de 5 ans, je pense que j'ai rentabilisé mon achat.

Ça pourrait commencer à devenir intéressant, mais il reste un obstacle de taille : 200 kilomètres d'autonomie à peine, à condition de ne pas utiliser l'air conditionné, sans parle de la faiblesse des équipements par rapport à une berline essence ou diesel équivalente. C'est dommage, car on y est presque. Il reste ensuite deux autres obstacles et ils ne sont pas négligeables : Nissan a mis au point une sorte de station électrique spéciale qui permet de recharger l'automobile en 30 minutes, mais elle a un coût important et il faut l'installer chez soi. L'autre aspect, davantage macro-économique, c'est que l'État ne pourra pas continuer à subventionner ce secteur surtout s'il décolle auprès des particuliers.

J'aurais pu être intéressé par une Toyota Prius Hybride, mais 28 000 euros, même si l'on décompte encore les 2200 euros de bonus écologique, je n'ai pas les moyens. 

Je rêve de voir émerger les premiers véhicules à hydrogène et petit à petit, ils font leur chemin, les Échos s'en sont fait...l'écho :-) ; mais le prix demeure bien trop élevé, plus encore qu'un véhicule électrique, d'autant que les stations de recharge d'hydrogène ne courent pas vraiment les rues.

Au niveau des villes, ce sont elles qui sont confrontées principalement à la pollution de l'air, il y a peu de mesures originales et audacieuses pour contribuer vraiment à la réduction des émissions. J'ai lu évidemment le plan Air de Marielle de Sarnez   : j'avoue ne pas comprendre que l'actuelle majorité, si prompte à sanctionner l'automobiliste, se soit empressée de renouveler le stock de bus de la RATP en moteurs diesel au lieu de favoriser le GNV, l'électrique ou même d'expérimenter l'hydrogène, comme le suggère Marielle de Sarnez.

En fait, pour que le véhicule propre prenne son essor, des conditions préalables doivent être remplies : - la première est technique, il faut impérativement parvenir à mettre au point des moteurs capables de faire rouler longtemps le véhicule

- la deuxième est économique : l'hydrogène remplit la première condition à peu près, mais son coût demeure faramineux pour le citoyen ordinaire (moi, par exemple)

- la troisième est politique : les villes doivent choisir de discriminer clairement les moteurs propres et les autres. Se contenter d'assurer le stationnement gratuit, c'est une bonne mesure, mais ce n'est pas suffisant : il faut donner des privilèges aux heureux possesseurs d'un véhicule propre. Emprunter des voies d'accès qui ne sont pas autorisées aux véhicules polluants, se garer sur les places de livraison, pouvoir se déplacer plus vite sur les voies rapides (dans les limites acceptables de sécurité, bien sûr) et cetera. Notre nation idolâtre au moins autant les privilèges qu'elle les déteste. Tout Français constituée selon notre norme nationale pensera toujours que si quelques uns bénéficient d'un privilège, pourquoi pas lui aussi ? A cet effet, il y a effort de communication à opérer : je vois autour de moi des gens aisés qui se dotent de véhicules 4X4 parce que cela représente le luxe, la richesse, le pouvoir. Pour que les véhicules propres prennent, il faut qu'ils commencent à répondre à ce cahier des charges de la soif de pouvoir, de gloire et au culte des apparences, à l'instar d'une Honda FX Clarity dont la réputation perce dans les milieux branchés californiens.

J'observe que les Coréens et les Japonais se sont déjà positionnés sur ce créneau tandis que les Français, comme d'habitude, accumulent du retard sur ces technologies indispensables à la survie de l'automobile dans nos éco-systèmes urbains.

In fine, la conclusion de PMA ne me satisfait pas : 

si la santé publique nécessite de baisser la vitesse de circulation sur le périph. et, certains jours, diviser la circulation par deux, il faut le faire.

Oui, il faut le faire si la santé publique le justifie et s'il est prouvé que de telles mesures ont un effet réel (ce que je conteste pour la limitation de vitesse sur le périph), mais une telle conclusion est bien pauvre car elle ne résout ni ne propose de réfléchir sur les nouvelles difficultés qu'occasionnent ces mesures.

Parce que, comme l'écrit si bien le Faucon,  pratiquement, on fait comment ? Quand on est un salarié moyen qui est obligé de prendre sa voiture non pas pour aller au musée, au théâtre ou au cinéma, mais pour aller simplement travailler ? Que nous n’avons pas forcément de transport en commun, ou de Vélib’ à disposition ? Que nous sommes simplement un français moyen qui travaille. A son compte ou en étant salarié. Avec des enfants à charge.

Je lui ajouterai autre chose : à Paris, les transports en commun, c'est souvent synonyme de doublement du temps de transport, de saleté, d'insécurité et d'irrégularité. Un Velib ne tient pas la route sur des distances longues (trop de temps aussi) et l'autolib coûte cher pour une utilisation régulière...

19:11 Publié dans écologie, Paris | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : pollution, air, automobile |  Facebook | | |