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dimanche, 01 mai 2016

Les Républicains et l'agriculture : aïe la cata...

J'ai lu avec intérêt le document d'orientation des Républicains sur l'agriculture (lien ici).

Les auteurs du projet annoncent dès l'introduction les axes directeurs de leur réflexion : la France est une puissance exportatrice dans ce domaine et la souveraineté alimentaire est un pilier stratégique de notre économie et notre diplomatie. Les auteurs jugent donc que les mesures qui répondent à ces deux exigences doivent l'emporter sur tous les autres impératifs. Ils récusent en conséquence avec vigueur l'agro-écologie génératrice de normes pénalisantes pour nos agriculteurs.

J'avais initialement écrit une analyse de l'ensemble du document, mais à la réflexion, à quoi bon : les propositions de ce parti heurtent frontalement l'idée que je me fais du devenir agricole de la France, peu ou prou celles du MoDem (à lire ici).

Les auteurs du projet exposent clairement leur intention de déconstruire les normes sanitaires et environnementales, ou, tout du moins, leur abondance.

Si je suis favorable aux simplifications, pour le reste, je me méfie comme de la peste des tentatives de jouer avec notre santé.

Je pense vraiment qu'il faut aller vers une agriculture biologique. Je reconnais qu'il y a une vraie difficulté parce qu'il faut rendre possible les reconversions des très grosses exploitations actuelles. Je ne vois pas comment y parvenir sans aide de l'État et de l'Europe, pour être franc. C'est d'ailleurs ce que propose l'Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe.

Toutefois, je me fais le raisonnement économique assez simple, j'espère qu'il est valide : ce qui fait la richesse, c'est le montant de la valeur ajoutée. Les produits biologiques se vendent plus cher que les produits agricoles ordinaires. Certes, leurs coûts de production sont plus élevés, mais généralement, la marge réalisée l'est aussi. Je pense donc qu'on pourrait revenir vers des exploitations plus petites, et, pour ce qui est de l'exportation, pourquoi ne pas envisager de faire de la France une puissance exportatrice d'alimentation biologique ? Je n'ai que les chiffres de 2013 mais nous en étions alors à 309 millions d'euros (lien ici). Il est vrai que d'ici à atteindre les 76 milliards d'euros de l'ensemble de la production  agricole, il y a un long chemin...

Il y a au bout de ce raisonnement quelque chose qui me paraît en revanche inévitable : on ne peut pas passer à une alimentation majoritairement biologique si les consommateurs n'acceptent pas de payer plus cher les produits qu'ils achètent. Cela revient ni plus ni moins à une hausse des prix. C'est quelque chose auquel il faut réfléchir. Peut-être que les conséquences positives dans le domaine sanitaire d'une alimentation bio compensent les surcoûts. A voir et à réfléchir.

Une chose me paraît certaine : pour les Républicains, ces objectifs sont inconciliables. Tout leur projet va dans le sens du maintien d'une agriculture lourde et intensive, telle que nous la pratiquons depuis cinquante ans.

 

 

Commentaires

Bonjour,

L'avant-dernier paragraphe est emprunt de bon sens. Globalement, les gens ne paieront pas plus cher pour une hypothetique amélioration. Bie que je sois un fervent partisan du bien-manger, je crois qu'on fait un mauvais procès à l'agriculture productiviste. On peut et on doit y apporter des améliorations, tant quantitative que qualitative, mais on ne peut pas la remplacer face aux exigences imposées par le problème de l'alimentation mondiale. Le bio pour le bio est avant tout un truc de bobo ou de population de pays développés qui, par nombrilisme, se meurt à petit feu par conservatisme et rousseauisme mal maîtrisés. Je précise que si je ne suis pas d'accord pour donner toutes les clés aux multinationales, il est illusoire de penser qu'on pourra les tenir à l'écart de la réflexion. Nos politiques semblent incapables d'une approche pragmatique et intelligente sur ce sujet comme sur beaucoup d'autres.

Bonne journée

Écrit par : H. | lundi, 02 mai 2016

@H
Il y a un vrai problème, en effet, avec des objectifs pour l'instant contradictoires.

Écrit par : l'hérétique | lundi, 02 mai 2016

Sinon il y a la liberté, et si on en juge au nombre toujours croissant de magasin bio, on peut en déduire que cette activité trouve une clientèle averti. La France assure t'elle encore la souveraineté alimentaire du pays, et si c'est toujours le cas, pour combien de temps encore, nous sommes exportateurs et importateurs. Là c'est à des gens compétents et indépendants dans diverses disciplines de s'exprimer et c'est surement des heures de débats complexe, qui passeraient au-dessus de la tête des républicains, il y a là un sujet ou les phrases simplistes, les slogans, les mensonges et les erreurs n'ont pas leur place.

Écrit par : 123 | lundi, 09 mai 2016

@123
Oui, on est vraiment sur des problématiques complexes. Pour la transition, j'avoue que je trouve pas de solution satisfaisante, et pourtant, je sais qu'elle est nécessaire...

Écrit par : l'hérétique | lundi, 09 mai 2016

Il faut quand même garder à l'esprit que bon nombre de cultures ne sont pas destinées à l'alimentation humaine, ou en tous cas pas directement. Le bio ne peut donc en aucun cas constituer une solution pour l'ensemble des productions !
C'est une iche intéressante à développer, mais pas une solution générale.

Écrit par : DUFAY | mardi, 10 mai 2016

@Dufay
Sauf si l'on réduit notre consommation de nourriture animale, peut-être, non ?

Écrit par : l'hérétique | mardi, 10 mai 2016

Les commentaires sont fermés.