mardi, 15 avril 2014

Sous-SMIC, la pire des mesures

Je vois que Gattaz emboîte le pas au nuisible dont j'évoquais les délires il y a deux semaines. L'idée de Lamy de vouloir paupériser davantage les travailleurs en baissant leurs revenus conduira inéluctablement à une explosion. Bien sûr, les Gattaz, Lamy et compagnie font valoir que cela ne concernera que les jeunes afin de les aider à entrer dans l'emploi. Dans la réalité (pas le monde rêvé de ces sinistres individus) une concurrence sauvage s'établira et conduira à reverser d'autres franges de la population dans la précarité. 

Ce qui me sidère c'est de constater à quel point ces individus n'ont même pas honte de proposer l'inacceptable. On cherche à construire un SMIC européen et pendant ce temps, eux aspirent à nous réduire à l'état de travailleur-prisonnier de camps nord-coréens.

Les petits boulots mal payés vont évidemment remplacer ceux qui sont mieux payés et nullement créer des emplois. Il y aura des effets de transvasement et aucune création d'emplois à la clef, je suis prêt à en tenir la pari, sauf si les smicards d'aujourd'hui acceptent de perdre du pouvoir d'achat.

On peut jouer sur les coûts salariaux pour regagner de la compétitivité, mais pas de cette manière. Le levier, ce sont les charges salariales et ce qu'elles financent. Les dépenses qui leur sont associées sont à reconsidérer. Il faut donc réfléchir du côté de la dépense publique (missions de l'État, protection sociale).

Lamy et Gattaz ont tout faux.

14:57 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags : smic, gattaz, lamy | |  Facebook | | | |

mardi, 08 avril 2014

Valls, pas si mal mais attendons la suite

J'ai suivi la déclaration de politique générale de Valls. Difficile d'en dire grand chose. Sur les grandes orientations, cela m'a l'air pas mal, mais, chat échaudé craint l'eau froide, attendons de voir ce qui va vraiment être fait.

Valls veut faire passer deux projets de loi sur l'immigration et le droit d'asile : comme je ne sais pas en quoi ils consisteront, il est bien difficile de donner un avis.

Il veut aussi assouplir la loi sur les rythmes scolaires de manière à tenir compte des remontées des élus de terrain. Très bien. Et donc ?...

Réduire les régions, bof, je n'ai pas d'avis là-dessus. Ce sont surtout les départements qu'il faut supprimer. Cela tombe bien, Valls veut les faire disparaître d'ici 2021. Mais comment, mystère... Sur ce point, je lui suggérerais bien la méthode Bayrou, la plus pertinente dans cette optique : fusionner les conseils généraux et régionaux en augmentant le nombre d'élus des régions. Ce n'est pas ce que coûtent les élus qui représentent les frais, mais tous les doublons et les frais de fonctionnement. Et puis les conseils généraux sont tellement opaques...J'ajoute que ces réformes ont un sens si les élus des régions le sont à la proportionnelle, faute de quoi se reconstitueront des fiefs propices à toutes les dérives mafieuses. Et le président de région doit être élu au suffrage universel direct.

En ce qui concerne les économies et les baisses de charge et d'impôts, j'attends toujours de voir quelles mesures concrètes vont les permettre. Ce que je pense, c'est que le saupoudrage est une mauvaise méthode. Ce sont des missions superfétatoires et onéreuses qu'il faut reconsidérer et faire purement et simplement disparaître.Je dis ça pour le fonctionnement de l'État.

Mais il n'y a pas que cela.

Il y a les retraites, la sécurité sociale et le chômage. Pour les retraites, je pense que le compte notionnel est la meilleure solution. L'équilibre est assurée de cette manière, et, ce qui est intelligent, c'est que plus on travaille tard, plus le montant de la retraite augmente. Toutefois, il n'est pas envisageable d'allonger la durée du travail sans aménagement de ses conditions pour les seniors. On parle tout le temps de l'allongement de la durée de vie, mais on oublie sans cesse que l'espérance de vie en bonne santé n'a pas augmenté, elle. Au contraire, elle a même légèrement reculé ces dix dernières années.

Du côté de la santé, une franchise de 200 euros par an, c'est énorme. Il ne faut pas procéder ainsi parce que cela pourrait affecter singulièrement la santé publique. Mieux vaut une petite franchise de un à deux euros à chaque consultation. Ensuite, je pense qu'on pourrait envisager un système mixte, quitte à réformer un peu la formation des pharmaciens, dans lequel ces derniers pourraient avoir des pouvoirs de prescription sur des choses simples. Cela pourrait inclure des certificats médicaux de base. Il y a peut-être des causes sur lesquelles il faut agir, mais si l'on regarde la répartition des dépenses, on voit bien que le 3ème âge et la dépendance absorbent une grande part des dépenses. Ainsi, l'Institut Montaigne observait dans une étude en 2008 que  les personnes âgées représentent une part croissante des dépenses de santé. Compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie et de la déformation de la pyramide des âges, les retraités représentent une part croissante de la population et des dépenses d’assurance maladie. Ainsi, la moyenne d’âge des patients en affection de longue durée (qui représentent 14% des assurés mais près de 60% des dépenses du fait d’une prise en charge à 100% des soins liés à leur affection) est supérieure à 61 ans. Une personne âgée de plus de 75 ans sur deux bénéficie de ce statut d’ALD et donc d’un financement intégral de sa pathologie par l’assurance maladie obligatoire. L'institut jugeait alors inéluctable un accroissement de la contribution des retraités à l'assurance-maladie. Pas sûr que ce soit une solution géniale. J'aimerais que l'on travaille davantage sur les causes des coûts et sur la manière dont on pourrait standardiser et simplifier certains actes plutôt que sur l'hypothèse d'une réduction supplémentaire du pouvoir d'achat des retraités. En tout cas, la gérontologie est une science d'avenir...

Reste le chômage. Je trouve le principe de droits rechargeables bon. Ensuite, j'imagine qu'il faut l'ajuster pour qu'il ne vire pas à l'usine à gaz. On verra de toutes façons ce qu'il produira à la pratique. Si tout va bien, il devrait inciter au retour à l'emploi. Encore faut-il qu'il y en ait, de l'emploi...

La France est le pays au monde qui consacre la plus importante part de son PIB à la protection sociale : 32.1% ! Cela interpelle tout de même et appelle certaines révisions que d'aucuns pourront qualifier de déchirantes mais clairement nécessaires.

C'est bien pour cela que les responsables politiques qui font assaut pour proposer de nouveaux droits et avantages sociaux sont des irresponsables démagogues et dangereux, car nous croulons sous les déficits sociaux.

17:53 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : valls, dépense publique | |  Facebook | | | |

samedi, 05 avril 2014

Les abrutis béats de la mondialisation heureuse

C'est toujours drôle d'écouter les faux béats vanter les mérites de la mondialisation avec des trémolos dans la voix. Leur slogan favori c'est d'assurer que la mondialisation est une chance.

Entendons-nous : je ne fais pas partie des complotistes paranoïdes de toutes sortes qui font de la mondialisation le cheval de Troie pêle-mêle d'Israël, des USA, du libéralisme (néo ou non, d'ailleurs) et cetera. Mais je n'en pense pas pour autant que la mondialisation est un grand bonheur. C'est une compétition féroce et elle fera des dégâts sociaux au sein des peuples tant que les nations ne seront pas parvenues à des niveaux de vie à peu près comparables.

Le chemin est long et il faudrait le baliser en préservant, me semble-t-il, quelques secteurs qui auraient vocation à être protégés : l'agriculture et la culture me semblent les plus importants pour les pays les plus faibles.

Au lieu de cela, des nuisibles à la Lamy bien à l'abri dans leur bunker de privilèges poussent à la dérégulation pour placer en concurrence l'Éthiopien crève-la-faim et le Français heureux bénéficiaire d'une protection sociale longtemps performante.

On peut s'accorder sur ce qui peut entrer en concurrence ou non, et je pense que l'OMC est exactement là pour cela. Mais le rôle que veulent lui faire jouer les Lamy et consorts n'est pas du tout celui d'un organisme d'échanges, de négociations et de coopération mais d'une officine au service d'intérêts particuliers.

Face à des Lamy, il me semble que l'Europe, en dépit de ses travers, représente encore une autre conception des rapports entre pays. Tout du moins, c'est celle que l'ADLE et tout particulièrement le MoDem en France essaient de promouvoir.

Marielle de Sarnez, parmi les centristes, a particulièrement bien vu tout l'enjeu que représente l'OMC puisque c'est le gendarme qui finit par dicter ses conditions aux États, au bout du compte, non sans que ces derniers aient toutefois avalisé toutes les décisions qui s'y prennent. Ne nous méprenons pas : comme le fait très régulièrement et très justement valoir Marielle, il n'est de choix qui soit effectué au sein de l'Union Européenne ou de l'OMC qui n'ait été préalablement validé par les pouvoirs nationaux.

Voilà pourquoi il ne faut pas croire leurs mensonges quand ils se défaussent sur ces institutions des mesures qu'ils ont acceptées voire décidées.

Mieux vaut, comme le font généralement les centristes, mais aussi quelques voix honnêtes de droite ou de gauche, porter sur la place publique les enjeux qui se nouent et se dénouent là-bas. 

Pour cela, il convient aussi de ne pas verser dans les théories hallucinées des nationalistes (genre FN) ou néo-marxistes (façon Mélenchon) qui affirment très malhonnêtement qu'en mettant fin à nos accords internationaux, du jour au lendemain, la France deviendra un paradis.

Bayrou le disait avec justesse dans son État d'urgence : la France est un pays exportateur. Si nous résilions unilatéralement nombre des conventions commerciales qui nous lient avec nos partenaires, il ne fait pas de doute qu'ils en feront autant et nous en paierons un prix que FN et Mélenchonistes se gardent bien d'évoquer.

Je trouve que les centristes et notamment le MoDem ont cette vertu très unique en France et souvent en Europe : de dire la vérité sans verser dans la béatitude et d'établir clairement les règles du jeu. Ce n'est qu'une fois que l'on a fait ce chemin que l'on peut commencer à discuter.

C'est ce que Bayrou a fait dans ses programmes, ses livres, c'est aussi ce à quoi s'essaient des eurodéputés comme Robert Rochefort ou Marielle de Sarnez (je pense à sa lettre mensuelle).

Comme Marielle de Sarnez, je pense que l'Europe peut devenir un puissant point d'appui dans nos négociations au sein de l'OMC avec nos partenaires commerciaux ; à l'inverse, Lamy et ses amis, comptant sur le silence honteux mais consentant de ses amis de gauche, complice de ceux de droite, proposent de faire de l'Europe le cheval de Troie d'une compétition aussi féroce que mortifère.

Deux représentations de l'Europe que tout oppose. J'ai choisi mon camp en préférant la première.

09:18 Publié dans Economie, Europe, International, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : concurrence, omc, union européenne, mondialisation | |  Facebook | | | |

vendredi, 04 avril 2014

Pascal Lamy : le nuisible.

Quoi de plus nocif que le nuisible Pascal Lamy ? Il est plus que n'importe qui d'autre emblématique de cette élite mondialiste qui n'a plus de patrie. Il se dit encore socialiste, mais au fond, je crois que Lamy a si peu de fond et de convictions qu'on ne peut plus le classer dans le spectre politique. C'est simplement un chaud partisan de cette "élite" internationale qui est toujours "-crate" de quelque chose dans une institution qui entend régenter les pays et les peuples.

L'individu qui exigeait une hausse de son salaire d'un tiers il y a cinq ans préconise aujourd'hui d'agrandir la grande famille des travailleurs précaires et sous-payés en passant en-dessous du SMIC.

Quelle ordure ! Les précaires dont le revenu est bien inférieur à un SMIC, ils sont déjà légion en France. Lamy propose de faire basculer dans la pauvreté toute la frange de la population qui n'y est pas encore plongée jusqu'au cou.

C'est le même salopard du temps où il était commissaire qui crachait sur la France et les Français jugeant conservateur et réactionnaire notre pays parce que la classe politique (que cela lui soit rendue) a globalement toujours essayé de défendre sa langue et sa culture dans les traités et les institutions internationales. Un pourri qui ne se proposait pas de renforcer le poids de la France et de l'Europe au sein de l'OMC mais très exactement l'inverse  car voici ce qu'il affirmait il y a 15 ans devant le Parlement Européen : 

« L’OMC doit élargir ses attributions pour englober les questions de société telles que l’environnement la culture, la santé et la nourriture, qui, à l’instar de la concurrence et de l’investissement, ne peuvent plus être tenues à l’écart du commerce. »

Je ne sais pas quand la France s'éveillera  mais j'ai hâte que Lamy se rendorme. Au panier le bon toutou à ses maîtres.

En fait, avec un Pascal Lamy, on se prend à rêver d'une Révolution Culturelle à la Chinoise : moi, je me vois bien en garde rouge exhortant le Lamy à aller travailler aux champs à coups de baguettes de bambou sur le dos. Un bol de riz en guise de repas, lever à l'aube, pause inutile et coucher en même temps que le soleil.

NDLR : dédicace spéciale à Christian Romain qui porte dans son coeur Lamy encore moins que moi, je crois...

23:46 Publié dans Economie, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : pascal lamy | |  Facebook | | | |

jeudi, 20 mars 2014

Aidons le soldat Montebourg : la Nouvelle France Industrielle

S'il y a bien un ministère auquel j'accorde un grand crédit, en dépit de sa dénomination ridicule (redressement productif) c'est bien celui d'Arnaud Montebourg. Bayrou avait d'ailleurs fort perspicacement observé dès juin 2012 qu'il fallait respecter Montebourg pour la mission qui était la sienne. Une rare voix favorable au milieu du concert de sarcasmes.

Montebourg a dû évidemment mettre en sourdine son petit refrain sur la démondialisation et se résoudre à affronter la réalité telle qu'elle est.

Il est difficile de juger son bilan, et, de toutes façons, il ne faut pas se leurrer : Montebourg n'a pas le pouvoir de redresser l'industrie française. On ne peut donc ni l'en rendre comptable, ni lui en donner quitus.

En revanche, il a su conquérir l'estime des patrons français, particulièrement dans l'industrie où l'on apprécie son volontarisme.

Il a su maintenir la flamme que Bayrou avait allumée avec le Made in France.

En revanche, certaines de ses revendications me laissent sceptique. Je ne pense pas que l'euro fort soit la principale source de nos maux. Et je ne parle pas du gaz de schiste qui me paraît une option environnementalement dangereuse et perpétue le règne des énergies carbonées dans notre développement.

J'ai parcouru son plan pour une Nouvelle France Industrielle. Toutes les priorités listées sont les bonnes. Juste un point, toutefois : du côté des énergies, je suis tout de même surpris de constater l'absence de l'hydrogène alors que c'est une ressource en quantité quasi-illimitée et vraiment pas polluante.

J'aime bien la méthode de ce plan : 34 équipes animées par des personnalités issues du monde l'industrie, des représentants de l'État, des membres du conseil national de l'industrie et des chefs de projet issus du monde économique et industriel.

Après, eh bien il faut voir ce que cela donne

Il y a une idée que j'ai, à ce sujet, mais là, il faudrait que je trouve des blogueurs partenaires : constituer un réseau de blogs de toute obédience politique (peu importe la couleur) chargé d'assurer le suivi d'un ou plusieurs axes du projet selon ses intérêts et son domaine de compétence. 

Une sorte de "en direct de la Nouvelle France Industrielle" en somme...

16:43 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : montebourg, nouvelle france industrielle | |  Facebook | | | |

vendredi, 14 mars 2014

La hargne fiscale tourne à la rage en Allemagne

Je suis assez sidéré par le sort du patron du Bayern Munich, Uli Hoeness en Allemagne. Voilà un homme qui a pris les commandes d'un club de football qui était endetté jusqu'au cou et à l'article de la mort il y a 30 ans et en a fait une entreprise florissante dont les comptes sont positifs pour le 19ème exercice d'affilée. Voilà un homme qui s'est fait tout seul : fils d'un artisan boucher, il est parti de pas grand chose pour devenir un grand nom de la sphère sportive, économique et politique allemande. Voilà un ancien footballeur d'exception qui blessé gravement au zénith de sa carrière a su rebondir de manière éblouissante et devenir un gestionnaire et président de club hors-pair. Que l'on soit bien conscient qu'il est entré dans le haut du staff du Bayern à 27 ans. Voilà un homme qui a payé 50 millions d'euros d'impôts ces dernières années. Voilà un homme, dont on ne peut pas dire qu'il a profité du système social allemand. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il l'a plusieurs milliers de fois financé. Voilà un homme qui a créé des milliers d'emplois. Voilà, enfin, un homme estimé de ses concitoyens et courtisé de toute la classe politique allemande (88% d'opinions favorables dans un récent sondage).

Eh bien cet homme est condamné à trois années et demie de prison ferme. On l'accuse d'avoir soustrait au fisc 27 millions d'euros. Cet argent aurait dû être touché des gains qu'il a réalisés sur la base d'une somme de 5 millions d'euros initiaux en spéculant astucieusement.

Ce qui me sidère, c'est la vindicte médiatique qui présente sa tentative de préserver ses gains comme une escroquerie. C'est le pompon : qui a-t-il escroqué ? Personne. C'est de l'argent qu'il a gagné.

Simplement, la hargne fiscale atteint de tels sommets que les États et la presse qui leur doivent tout (du moins, dans nos économies européennes partiellement administrées et subventionnées) présentent comme chose normale le racket permanent auquel ils se livrent, roulements de tambours, de ruines et menaces d'emprisonnement à l'appui.

J'admets qu'on puisse être condamné pour fraude fiscale à un redressement, encore qu'il faut considérer la nature de la fraude. Mais de la prison ferme, cela relève de la spoliation organisée. Dans l'histoire de l'Europe, ce sont des individus comme Caligula, Tarquin le Superbe (qui ont fini par être chassés par les Romains) qui se livraient à ce genre de prédations.

In fine, en Allemagne, mais sans doute aussi dans d'autres pays d'Europe, mieux vaut être un violeur avec des circonstances dites "atténuantes" (moi, je n'en vois jamais, mais je dois être un libéral capitaliste tordu qui ne comprend pas la misère du petit peuple, je présume) qu'un individu qui tente de sauver son pécule de l'appétit des États. Ça coûte moins cher en prison, et j'en ai la preuve, car j'ai vu des peines de prison pour viol inférieures à trois ans (quand il devrait en coûter dix fois plus !).

Le plus effarant, c'est de voir comment la peste s'est répandu dans les esprits, y compris les plus modérés : la chasse aux revenus des autres est devenu un spectacle satisfaisant pour la majorité, qui s'en repaît comme des fauves l'auraient fait des premiers Chrétiens dans la Rome impériale.

13:44 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : fisc, uli hoeness | |  Facebook | | | |

mercredi, 05 mars 2014

Que faire pour les Atelières ?

C'est avec la plus grande tristesse que j'apprends les difficultés et le risque de fermeture des Atelières, ex-Lejaby. En effet, cette entreprise à la confection 100% Made in France avait ouvert au lendemain de la fermeture de l'usine Lejaby à Lyon pour proposer lingerie et corseterie de haute couture.

Plusieurs médias et commentateurs se sont engouffrés dans l'analyse facile en estimant que les Atelières étaient victimes de banques qui ne voulaient pas leur prêter de l'argent. Discours aussi populiste et ridicule que sommaire.

Je n'ai pas de culture entrepreneuriale si bien que plusieurs éléments m'échappent dans cette histoire. Le carnet de commandes des Atelières est plein et d'ores et déjà, plusieurs grandes marques qui ont confiance en leur savoir-faire déplorent leur disparition à venir.

Si leurs carnets sont pleins, pourquoi les banques refusent de leur prêter de l'argent ? L'entreprise est-elle déficitaire ou fait-elle au contraire des bénéfices ? Si ses comptes ne sont pas en équilibre, que faudrait-il pour qu'ils le deviennent ? Quelles sont les perspectives de rentabilité à court et moyen terme de l'entreprise ?

Il y a une opacité médiatique totale sur toutes ces questions. La presse, qui comme d'habitude ne fait pas son travail, se garde bien, peut-être par incompétence, de les examiner.

J'ai regardé avec la plus grande sympathie la naissance et le développement de cette entreprise et j'aimerais vraiment les aider. Je sais qu'elle a besoin de 580 000 euros pour se développer ; est-ce qu'on pourrait en savoir plus sur l'affectation à venir de ces fonds ? Les Atelières, en attendant, pourraient aussi mettre en place un système de dons en ligne via paypal sur leur site, faisant appel à la générosité populaire. Pour ma part, je serais le premier à leur donner ce que je peux, à la mesure de mes moyens, avec plaisir.

En parcourant le site, j'ai appris que l'on pouvait entrer dans le capital ( de 2000 à 5000 euros de participation ) ou acheter des titres participatifs d'un montant de 100 euros, rémunérés et ouvrant droit à déduction fiscale, mais bloqués pendant 7 ans. Cela pourrait m'intéresser, mais, concrètement, de quel montant est la rémunération et surtout, quels sont les projets exacts des Atelières ? Comment, exactement, entendent-elles devenir rentables et à quelle échéance ?

J'ai la plus grande bienveillance pour les Atelières et le sincère désir de les aider. Mais j'ai besoin, et je ne suis sans doute pas le seul, de renseignements précis sur la situation financière de l'entreprise et sur ses perspectives. Je déplore tout à fait l'impéritie crasse de la presse, y compris économique, alors qu'on devrait pouvoir commencer par cela pour se faire une idée.

EDIT : le lien pour souscrire en ligne afin d'aider les Atelières existe, je viens de le trouver !

19:39 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : atelières | |  Facebook | | | |

mardi, 18 février 2014

Intermittents : le problème n'est pas le régime mais le nombre

Le MEDEF réclame la fin du régime d'exception pour les intermittents quand ils sont au chômage. Le statut des intermittents du spectacle me rappelle une autre mesure fameuse : le RMI.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Le RMI avait été voté au début des années 90 pour permettre à ceux qui vivaient dans la rue de survivre. Pour aider ceux qu'on appelaient alors les clochards, en somme.

Ce qui a fini par rendre la mesure très onéreuse, c'est le gonflement continu de ses bénéficiaires.

Il y avait à la création du régime des intermittents environ 9000 bénéficiaires. Je crois que la statut a été mis en place sous Mitterrand au début des années 80. Il y en a plus de 160 000 aujourd'hui.

S'en prendre aux intermittents et laisser supposer que ce sont des fainéants est odieux. Des statistiques simples montreraient aisément qu'ils sont bien plus du côté de la précarité que de l'aisance. Là n'est pas le problème, et la méthode utilisée par toute la classe politique à l'exception de Bayrou qui consiste à toujours stigmatiser une fraction de la population n'aboutit qu'à dresser les Français les uns contre les autres.

Il vaut mieux analyser à froid les mécanismes qui aboutissent au gonflement des effectifs de mesures pensées pour des minorités.

La situation est grave, car le régime est déficitaire de près d'un milliard d'euros. Il faut certainement considérer le périmètre d'éligibilité probablement trop laxiste mais pas seulement : l'attitude des associations et des entreprises culturelles qui jouent de ce régime pour engager des intermittents et ne pas les payer ce qu'elles devraient les payer.

Je ne suis pas expert du sujet, mais on pourrait par exemple limiter en quantité le nombre d'intermittents pour les associations et les entreprises culturelles. A condition évidemment de ne pas tomber de Charybde en Scylla : si l'intérim devait remplacer l'intermittence, les caisses de retraite ne seraient pas gagnantes. Elles coûtent encore plus cher que l'intermittence. Il me semble aussi que le Ministère de la Culture pourrait  distinguer le tissu associatif des grosses boites de production et des groupes médiatiques. Dépenser pour soutenir une association de quartier et arroser des Delarue et des Arthur qui s'en mettent déjà plein les proches en payant leurs ouvriers au lance-pierre, je pense que ce n'est pas exactement le même cheminement.

Ce qui est certain, c'est qu'il est impossible de faire l'économie non seulement d'un débat mais aussi d'une réforme.

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jeudi, 06 février 2014

Chasse aux dépenses, c'est parti !

Les choses sérieuses commencent à prendre corps : Hollande a assuré qu'il allait réduire les charges des entreprises, et, pour cela, il sait qu'il doit réduire les dépenses.

D'après les Échos, le Ministre du Budget commence à recevoir tous ses collègues, mais j'ai cru comprendre que l'Élysée entendait piloter la chose. C'est en tout cas ce que je lis dans Le Figaro.

J'ai lu que François Hollande voulait en finir avec les coupes budgétaires aveugles mais réfléchir, désormais, sur les causes structurelles des dépenses et notamment redéfinir les missions de l'État.

C'est un point de vue que je défends depuis fort longtemps ici. François Hollande aura-t-il le courage de mécontenter ses clientèles et de proposer aux Français de vrais choix ?

J'attends de voir, parce que par exemple, sur la réduction du nombre de collectivités locales, on peut dire qu'il a commencé d'emblée par une reculade.

Et pour l'instant, la méthode utilisée demeure la lettre de cadrage. C'est le chemin naturel de la coupe budgétaire aveugle, dont je me méfie énormément. Le coup de rabot, ça ne marche pas et cela crée des mécontents en grande quantité. 

Je suis blasé et passablement lassé des déclarations sans lendemain. Mais, si vraiment le président Hollande se résout à s'engager dans des réformes d'envergure, sait éviter les écueils idéologiques venus de tout horizon, pas seulement de la gauche, mais aussi de certains cercles libéraux extrémistes, alors peut-être y-a-t-il la place pour une grande politique sociale-libérale en France.

Mais je le dis tout de suite : le débat ne fait que commencer même si on en devine quelques prémices dans la presse.

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samedi, 25 janvier 2014

Crédible, le plan de réduction de dépenses de l'UDI ?

J'ai pris connaissance de la synthèse du projet présenté par Hervé Morin pour réduire la dépense publique. Comme c'est souvent le cas, dans le jeu politique, les plans que l'on propose quand on est dans l'opposition partent toujours du principe qu'ils s'exécutent dans le meilleur des mondes possibles...

Je juge irréaliste de faire revenir les Français de 35 à 39 heures de travail par semaine. Le faire dans toute la fonction publique provoquerait des manifestations monstres. C'est une proposition qui ne tient pas la route : si elle était si simple, la droite qui a été au pouvoir pendant dix ans l'aurait mise en application. On peut donc déjà enlever 20 des 80 milliards d'économies. Et puis au fond, je me demande si ce ne serait pas une régression, finalement.

L'idée de contractualiser l'emploi dans la fonction publique pour les recrutements à venir pourrait en revanche apporter de la marge de manoeuvre et éviter pas mal de rigidités. Encore faut-il trouver des candidats : si la fonction publique n'apporte pas la sécurité de l'emploi et tous les avantages qu'elle offre habituellement, elle risque d'attirer nettement moins d'individus et, contre toute attente, devoir faire face à des difficultés de recrutement.

Tout le plan de rationalisation des dépenses aboutira à des effets pervers s'il n'est pas précédé d'une réflexion et d'un tri sur les services que l'État assure. Rogner tout partout sans y avoir pensé produit des dysfonctionnements. Cela tombe plutôt bien, les Français sont prêts à renoncer à un certain nombre de services publics contre moins d'impôts, d'après un sondage BVA tout récent.

Le passage à 41.5 années de cotisation est de toutes façons inéluctable. Il faut être naïf pour imaginer toucher simultanément aux allocations chômage. A considérer les vagues que cela va engendrer alors que l'emploi est fragilisé, on a là l'assurance de mettre le feu aux poudres.

Je vais être sévère, mais c'est mérité : ce plan est un mauvais plan parce qu'il ne tient pas compte des réactions sociales qu'il peut engendrer et parce qu'il ne réfléchit pas sur la structure de nos dépenses. 

J'adhère à la volonté affichée, mais tout effort demandé doit s'appuyer sur la situation existante, par sur une France rêvée.

09:52 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : dépense publique, udi | |  Facebook | | | |