mercredi, 03 septembre 2014

Valls, Rebmasen, Cazeneuve, faites ce en quoi vous croyez, les gars !

J'entends les récentes sorties de plusieurs ministres du gouvernement Valls avec étonnement. J'approuve ce que disent Rebmasen, Cazeneuve et Valls. Mais, tant que cela ne demeure que des paroles, ce n'est pas crédible. Puisque vous pensez ce que vous dites, les gars, allez-y ! Liquidez les mensonges d'Hollande et une bonne fois pour toutes et tenez la ligne social-démocrate vers laquelle vous semblez vouloir infléchir votre action. J'ai lu, comme d'habitude, une brassée de bêtises plus crasses les unes que les autres sur la ligne prétendûment libérale du gouvernement Valls. Arrêtons de dire des bêtises : si elle devenait ne serait-ce que social-démocrate, voire social-libérale, ce serait déjà beau. Ils me font rigoler, ceux qui parlent d'austérité. Ça se voit qu'ils ne savent pas ce que c'est l'austérité...Pour l'instant, on n'en est même pas à équilibrer nos dépenses courantes et les missions de l'État n'ont pas été redéfinies. Je ne parle même pas des collectivité locales dans lesquelles les dépenses somptuaires flambent (et les impôts locaux avec)...

Oh, bien sûr, les Socialistes continuent de pécher par nombre de travers. Avec Taubira, leur politique pénale est plus laxiste que jamais. Ils n'ont toujours pas liquidé les imbéciles pédagogolâtres et larmoyants qui les conseillent dans le domaine éducatif et ils ont toujours une totale absence d'idées pertinentes en économie, notamment sur les questions de production (J'ajoute que Montebourg ne comprenait absolument pas les enjeux des délocalisations : il essayait de sauver des emplois foutus au lieu de chercher à créer des emplois indélocalisables*).

Mais, au moins, s'ils pouvaient faire passer en actes ce qu'ils disent sur l'immigration, l'assouplissement des 35 heures (mais pas leur suppression, contrairement à la droite, j'en trouve le principe positif du point de vue de notre civilisation) et l'entreprise (mais ne pas confondre mantras et actes et se souvenir que l'entreprise ce sont aussi des investisseurs lassés d'être taxés jusqu'à la moëlle quand ils récupèrent des dividendes), ce serait un début.

A vrai dire, ce que j'entends à l'UMP est tellement effarant d'imbécilité et de dogmatisme, ce que dit l'UDI, tellement inaudible, qu'en l'absence d'une candidature Bayrou en 2017, sous réserve que les Socialistes (pas leurs frondeurs) assument ce qu'ils pensent vraiment, je pourrais envisager un vote de 1er tour pour cette gauche-là, pour la première fois depuis bien longtemps.

Le problème, c'est que Hollande boira le vin qu'il a tiré jusqu'à la lie. Quoi qu'il fasse, il paiera ses mensonges initiaux et le double-discours de la gauche, quand bien même de nouvelles mesures iraient dans le bon sens.

Voter un gauche à nouveau pour moi, c'est poser une condition sine qua non. La fin des mensonges et des promesses débiles et démagogiques à chaque élection. Qu'ils prennent un peu de la graine d'un Bayrou, tiens.

* la voix a été ouverte sur ce sujet par Bayrou et Rochefort, eurodéputé MoDem et son conseiller économique, mais j'y reviendrai dans un autre billet.

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mercredi, 27 août 2014

Espérons que Valls pourra gouverner.

J'ai suivi de loin les dernières péripéties de la sphère politique. C'est donc avec près de deux jours de retard que j'ai appris la démission puis la nomination d'un gouvernement Valls II.

Je crois que la France ne cesse de payer l'absence de stratégie de François Hollande. C'est son péché originel. Il n'avait de projet que sur la fiscalité, son but principal étant de taxer encore plus ceux qui l'étaient déjà. Pour le reste, il attendait la reprise comme nos ancêtres espéraient le retour de la pluie, au bon vouloir des dieux ou du climat. Et non seulement il était dépourvu d'idées, mais il s'est aussi présenté avec un discours très démagogique, qui perdure encore d'ailleurs dans la sphère gouvernementale, consistant à pointer du doigt les "riches" et à jurer leur spoliation.

Valls aura peut-être d'autres idées. J'aimerais me plonger dans son projet lors des primaires socialistes mais encore me faudrait-il le retrouver. Peut-être y repérerai-je quelques indices.

J'ai bien compris et entendu qu'il ne jure désormais plus que par les entreprises. Ne pas oublier que les entreprises sont des individus et donc cesser de leur taxer ce qu'ils gagnent à la sueur de leur front ou même ce qui leur échoit grâce à la prévoyance de leur parenté serait un bon signal.

Il faut aussi réduire la voilure dans la fonction publique, notamment territoriale et prendre quelques décisions pas si difficiles que cela dans quelques domaines. Réduire les déficits, c'est se donner les moyens de redéployer les investissements une fois nos comptes à l'équilibre.

J'espère que Valls trouvera une majorité pour faire passer ses principales mesures. J'espère aussi qu'il saura faire preuve de finesse, lâcher du lest ou au contraire se montrer ferme quand il le faut.

On ne peut évidemment que lui souhaiter de la réussite, d'autant qu'à entendre ce que dit et propose l'UMP à l'heure actuelle, je ne me vois vraiment pas propulser ce parti au pouvoir en 2017. J'ajoute que le silence de l'UDI et du MoDem est décevant.

Je ne redirai jamais assez à quel point la France a loupé le coche en 2012 en ne portant pas Bayrou au pouvoir. Son programme n'était pas tout à fait achevé, mais de tous les candidats, il était le seul à avoir une vision pour l'avenir et à porter des mesures sincèrement dépourvues de toute forme de démagogie.

 

20:20 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : valls | |  Facebook | | | |

mardi, 26 août 2014

L'odieuse assignation du quotidien Le Parisien contre le blogue theparisienne

J'avoue mon indignation d'apprendre que le quotidien Le Parisien assigne en justice une blogueuse parce qu'elle a choisi comme url et comme nom pour son blogue theparisienne.fr

a) je ne vois pas au nom de quoi ce quotidien s'arrogerait le droit de conserver à son usage exclusif la dénomination "parisienne"

b) ce journal se dénomme "Le parisien", pas "La Parisienne", à ma connaissance, et encore moins "theparisienne".

c) si le nom de domaine était disponible c'est que ce journal ne l'avait pas acheté et il était donc libre de droit. C'est gonflé de se réveiller quatre à cinq ans après et de venir chercher des poux à une simple blogueuse.

J'appelle bien évidemment à soutenir cette blogueuse.

19:36 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : the parisienne | |  Facebook | | | |

mardi, 05 août 2014

Dix mesures de sagesse pour la France ? Pas si simple.

Je suis tombé un peu par hasard sur un billet de blog qui date de mai dernier, écrit par Sylvain Jutteau, blogueur d'obédience plutôt  libérale pour ce que j'en connais. Il y  propose dix mesures simples pour désembourber la France.

J'accueille toujours avec la plus grande prudence un programme qui tient en dix mesures pour gouverner un pays. Je crois que gouverner est un exercice très difficile et qu'on tend à ne jamais envisager les secousses sismiques qu'engendrent des réformes en apparence de bon sens.

Sa première mesure est de ne permettre qu'un seul salaire pour un élu. Il pourra cumuler des mandats électifs s'il le veut mais pas les indemnités qui y sont afférentes. Dans le principe, j'applaudis des deux mains à ce projet. Dans la pratique, qui va le voter ? Imaginer que les élus vont purement et simplement auto-détruire leur principale source de revenus, c'est du romantisme. Donc, cette mesure n'est applicable qu'en la faisant passer par référendum, et ce ne peut être qu'un président qui le décide. Eh bien entendu, en agissant ainsi, il est assuré de se mettre à dos la moitié de la classe politique au minimum, or, il aura besoin de sa majorité pour gouverner...

Deuxième mesure : ramener les salariés de la fonction publique au droit du travail courant. C'est un exemple de fausse bonne idée. Notre droit du travail n'est pas construit ainsi. Chaque profession porte sa part d'avantages et de désavantages. Une abrasion totale des statuts pour les nouveaux entrants aboutiraient à une grave crise de recrutement, et ce, en dépit de la crise, notamment dans des secteurs de la fonction publique où ce n'est déjà pas très brillant (le professorat par exemple). En outre, une guerre est assurée contre l'ensemble des syndicats, et on peut parier que sur un tel projet, ils seraient suivis par les salariés de la fonction publique. En procédant ainsi, on est donc à peu près certain de foutre le feu...

Troisième mesure : les entreprises perçoivent 110 milliards d'euros d'aides mais payent 65 milliards d'impôts de taxes. La logique serait de supprimer les unes et les autres. Dans la pratique, je ne doute pas de très sérieux remous sur le marché de l'emploi. De nombreuses entreprises feraient instantanément faillite parce qu'on ne peut saborder un éco-système économique d'un trait de plume, fût-il vicié. Tout raboter d'un coup, cela risque de ne pas marcher. On ne peut à mon avis pas éviter une approche sectorielle de la micro-économie, et, de ce fait, c'est très complexe.

Quatrième mesure : arrêter de bloquer les constructions en supprimant toutes les contraintes qui y sont liées. Malheureux ! Tiens, Paris, par exemple, on dépasse les 37 mètres alors ? Des tours triangles partout ? Droit de défigurer le patrimoine ? Dans bien des villes, on ne peut de toutes façons créer l'espace qui n'existe pas. Soit on construit sous terre, soit en hauteur. C'est vrai qu'il y a beaucoup de normes dans la bâtiment, mais il convient de ne pas oublier qu'un nombre certain d'entre elles nous garantissent contre la malfaçon et assurent notre sécurité.

Cinquième mesure : cesser de verser l'argent de l'État aux collectivités. Oui, parce que je pense, comme Sylvain Jutteau, qu'elles doivent s'auto-financer. Toutefois, l'État ne doit pas exclure de continuer à intervenir sur les grands projets d'équipement.

Sixième mesure : équilibrer les retraites de la fonction publique en ne ponctionnant que les salaires de la fonction publique à commencer par les hauts salaires. A voir et pas gagné, ça c'est clair. J'avais évoqué la pertinence des comptes notionnels il y a 4 ans sur ce blog. La sixième mesure gagnerait à être détaillée car je ne vois pas précisément où l'auteur de la proposition veut en venir.

Septième mesure : à chacun son assurance chômage et santé. Je suis sceptique. Que se passera-t-il pour les plus modestes ? J'avoue que je me méfie de la privatisation complète de la santé même si j'admets que notre système public est à bout de souffle et bien peu efficient. Je crois, en tout cas, que la transition générerait un beau bazar et des coûts monstrueux.

Huitième mesure : croire que les chefs d'établissement sont compétents pour choisir leur équipe d'enseignants, c'est une douce utopie. Sylvain Jutteau propose de les laisser engager et congédier à leur guise les professeurs. Sur quel critère ? Qu'adviendrait-il des enseignants congédiés ? Je pense que ce système devrait faire d'abord l'objet d'une expérimentation limitée pour tester sa pertinence. S'il s'avère qu'il n'apporte rien par la suite, à quoi bon gaspiller du temps à devoir gérer beaucoup de conflits avec les syndicats qui seront de toutes façons vent debout contre l'idée. Est-ce que cela apporter quelque chose à l'école ? Le système scolaire californien fonctionne selon ce principe et on ne peut pourtant pas vraiment dire qu'il soit réputé pour sa qualité...

Neuvième mesure : Réduire le nombre de lois et de décrets. C'est une bonne idée mais un travail de longue haleine. C'est ce qu'espérait faire Sarkozy. Résultat des courses, il a accru notre code juridique de quelques centaines de pages...On le dit souvent, le mieux est l'ennemi du bien et l'Enfer est pavé de bonnes intentions.

Dixième mesure : supprimer les micro-impôts parce qu'ils ne sont pas efficaces et coûtent plus cher à percevoir que ce qu'ils rapportent. Entièrement d'accord.

Et voilà. Il ne reste plus qu'à attendre une éventuelle réaction, maintenant :-)

15:18 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, gouverner | |  Facebook | | | |

jeudi, 29 mai 2014

BNP : les Américains méritent une méga-claque dans la gueule

L'amende infligée par les USA à la BNP est inadmissible à plusieurs titres. J'essaie d'expliquer l'affaire simplement. Le gouvernement américain considère avoir un droit de regard discrétionnaire sur chaque dollar utilisé dans le monde sous prétexte qu'ils ont émis les dollars. Dans notre affaire la BNP a réalisé des transactions dans des pays sous embargo américain en utilisant des dollars. Du coup, les USA veulent infliger à la BNP une amende monumentale de près de 10 milliards de dollars.

Les salauds.

Pourquoi ? Primo parce que les transactions réalisées par la BNP sont conformes a) au droit français b) au droit européen c) au droit international (ce n'est pas moi qui le dis mais le directeur de la Banque de France, Christian Noyer himself !) . Secundo, s'il s'était agi d'une banque chinoise, on parie quoi que les Américains se seraient couchés ?

Donc, en gros, la pax americana, c'est l'imposition du droit américain au reste du monde. Voilà qui augure bien de ce que va contenir le Traité Transatlantique.

Cette affaire est emblématique. Le gouvernement français devrait monter au créneau, évidemment, mais bien plus encore l'Union Européenne.

Les Américains nous considèrent comme des sous-merdes. C'est la loi de la jungle. La BNP veut développer ses activités outre-atlantique alors en échange, l'Amérique la rançonne sous des prétextes fallacieux. Si une Europe unie envoyait chier les USA en les menaçant de mesures commerciales de rétorsion majeures, on peut supposer que l'Amérique baisserait d'un ton.

Sans vouloir en ajouter une couche, politique, la France dont rêve le FN, isolée de tous ses alliés, n'aurait plus qu'à aller à la niche faute de faire le poids.

Cette affaire illustre et justifie pleinement tout ce que MoDem et UDI ont cherché à mettre en avant au cours de la récente campagne électorale : l'absolue, l'impérieuse nécessité de disposer d'un gouvernement européen unifié capable de défendre nos intérêts.

21:59 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (51) | Tags : bnp, usa | |  Facebook | | | |

jeudi, 22 mai 2014

Au FN, on croit à la danse de la pluie

Je sais que ce n'est pas une bonne pratique de s'occuper de ses adversaires quand on mène une campagne politique. Je le sais. D'ailleurs, je recommande à tous mes lecteurs un programme pour l'Europe digne de ce nom, celui des Européens (UDI-MoDem). Mais quand je vois des énormités, c'est plus fort que moi, je me sens obligé de réagir.

Je viens de lire le dossier du FN sur l'euro.

Lors d’une dévaluation, la valeur de la monnaie ne baisse que pour les importations. Or, les biens et services importés ne représentent que 14,5 % en moyenne de la dépense de consommation des ménages. La grande majorité de ce que nous consommons est produite sur le territoire français. De plus, certains pays comme l’Espagne ou l’Italie dévalueraient plus que la France, les biens importés de ces pays seront donc relativement moins chers. Globalement, l’effet inflationniste, du fait des réévaluations (du Mark notamment), des dévaluations, sera très limité

J'ai compris comment le FN a concocté son programme économique. Il est allé voir Élizabeth Tessier. Vous savez, celle qui fait des prévisions astrologiques. Enfin, je dis ça...peut-être que c'était un voyant à bas prix, genre marabout de banlieue, finalement. C'est picaresque leur histoire. Ce que feraient Italie ou Espagne, qui peut le dire ? Qui peut dire que le Mark serait réévalué ? Cette dernière affirmation est particulièrement ridicule. Le franc était quasi-arrimé au mark bien avant l'émergence de l'euro. Le FN aime la politique-fiction, en somme.

C'est ça le problème de l'argumentation  du FN. Même pas de l'approximation. Des incantations autour d'un totem en espérant que ça marche. Dans leur raisonnement sur les effets de l'une dévaluation, rien ne tient ou presque. Quant à affirmer que 14% de notre consommation seulement, comme ils le font plus haut, est importée, je me demande d'où les rebouteux du FN tirent ce chiffre, et, en supposant qu'il ait une origine, sur quelle base il est calculé.

Si on veut que l'euro soit une force, il faut faire une bonne fois pour toutes ce que préconisent le MoDem et l'UDI :

CRÉER UN VÉRITABLE GOUVERNEMENT DE LA ZONE EURO. Afin de rendre plus efficace les politiques, en particulier dans le domaine économique, nous voulons créer un véritable gouvernement de la zone euro pour mener des politiques nouvelles et engager l’indispensable convergence de nos systèmes sociaux et fiscaux. Les parlementaires européens de la zone euro, avec les Parlements nationaux, seront amenés à contrôler ce nouvel exécutif.

DOTER LA ZONE EURO D'UN BUDGET AUTONOME ALIMENTÉ PAR DES RESSOURCES PROPRES. Cette autonomie budgétaire facilitera la mise en oeuvre de politiques communes en faveur de l’emploi et d’un programme ambitieux d’investissement d’avenir permettant, en particulier, de favoriser les relocalisations d’entreprises.

UNE REPRÉSENTATION EXTÉRIEURE UNIFIÉE DE LA ZONE EURO. Le gouvernement de la zone euro doit être représenté en tant que tel au FMI, à la Banque mondiale, à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et dans les organisations internationales spécialisées.

C'est quand même plus crédible...

18:56 Publié dans Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : euro, fn, modem, udi | |  Facebook | | | |

mercredi, 30 avril 2014

Mutualiser les dettes : une arnaque ?

Même si officiellement, l'idées d'eurobonds a le vent en poupe au sein de l'Alternative, ou, au moins du MoDem, je me montre de plus en plus sceptique.

Il y a un problème de fond : nous demandons aux autres peuples européens d'être solidaires des excès des plus dépensiers, et ce alors qu'ils continuent à emprunter pour dépenser toujours plus. Et quand je dis ça, je compte la France dans le lot.

L'euro, c'est bien sympa, mais il finira par succomber à l'inconséquence des paniers percés. Il faut remettre les choses à leur place : c'est assez insupportable de voir accusés les pays du nord ou l'Allemagne de manquer de solidarité simplement parce qu'ils ont une gestion plus rigoureuse que l'Espagne, la Grèce, l'Italie ou la France.

Ces pays ont fait déjà beaucoup d'efforts pour des problèmes qui ne sont pas les leurs. Trop facile de dépenser et de demander ensuite la couverture de pays plus sérieux pour pouvoir continuer à dépenser plus que ce que l'on gagne.

Que l'on réfléchisse un peu : que se passerait-il à votre avis, dans une famille, si un cousin ou même un frère ou une soeur se comportait ainsi ? Cela se passerait mal et même les parents les plus proches finiraient par cesser de prêter au plus prodigue, d'autant plus généreux que l'argent ne serait pas le sien.

Les eurobonds, c'est se donner une nouvelle facilité pour continuer à dépenser encore plus l'argent que l'on n'a pas. Si on ne veut pas avoir de soucis avec les taux d'emprunt, c'est très simple, il suffit de présenter un budget en équilibre et le problème est réglé.

C'est à chaque pays de réfléchir à ses dépenses. Le principe général qui consiste à faire toujours payer à certains les dépenses des autres commence à bien faire, et ce que je dis pour les États vaut aussi pour les individus et les impôts.

Tenez, par exemple : il paraît que la fonction publique territoriale a trouvé moyen d'embaucher 31 000 fonctionnaires supplémentaires ces dernières années. Nous en avons les moyens ? Ou même seulement la nécessité ?

J'ai une idée simple : finie la redistribution via l'État. Que chaque commune finance ses dépenses avec ses seuls revenus, c'est à dire les impôts qu'elle perçoit et, tant qu'à faire, l'interdiction de contracter la moindre dette. Plus de dotation de l'État. L'impôt au plus proche, rien de mieux que la proximité.

Je suis certain que nombre d'édiles commenceraient à y réfléchir à deux fois avant de préparer de nouvelles et somptuaires dépenses.

16:45 Publié dans Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : dette, budget, eurobonds | |  Facebook | | | |

dimanche, 27 avril 2014

Traité transatlantique : désintox

J'ai été surpris par la réaction d'un sympathisant MoDem, tout récemment, alors qu'il prenait connaissance des votes des élus MoDem sur la mise en place de négociations commerciales entre l'Europe et les USA.

A l'origine, il s'est posé la question de savoir si les opinions publiques devaient être consultés avant d'entamer des négociations avec l'Amérique. Les députés MoDem ne l'ont pas jugé utile et cela choqué notre ami.

Il y a maldonne sur les rôles des uns et des autres. Avant d'émettre un avis sur quelque chose, il faut bien qu'il y ait de la substance. Le Parlement européen a donné mandat à la Commission pour discuter avec les Américains et mener les négociations avant de revenir présenter des propositions aux Européens.

A quoi cela servirait-il de consulter les opinions publiques avant coup ? Des traités commerciaux avec d'autres pays, la France en négocie tous les jours. On ne consulte pas pour autant tous les Français à chaque fois, ou, tout du moins, pas quand on commence à discuter.

Cela devient pertinent quand les négociations prennent un tour qui n'est pas conforme à nos intérêts. C'est à ce moment-là que l'action de parlementaires avisés prend tout son sens. La Commission est dans son rôle (un peu celui d'un gouvernement nommé) quand elle négocie, et les eurodéputés quand ils réagissent. C'est par exemple ce qu'a fait à juste titre Marielle de Sarnez dans sa lettre d'octobre 2013 sur la question des normes en mettant en garde contre de possibles dérives dans les négociations.

FN, Front de gauche et même Verts essaient de faire passer les libéraux, les démocrates, les sociaux-démocrates et la droite pour le Diable parce que tous se sont montrés favorables à la mise en place de négociations rapides. En réalité, ces trois partis sont a priori défavorables à un traité global par simple détestation de l'Amérique, indépendamment de ce qu'il peut amener en termes de croissance et d'emplois. Une position dogmatique et sans nuance qui n'est pas à l'avantage de la France.

Jean Arthuis, le candidat de l'Alternative dans l'Ouest aux Européennes se montre censé en récusant le traité tel qu'il se profile. Non pas le principe d'un traité, mais bien ce qu'il contient à l'heure actuelle.

Ni le FN, ni le Front de Gauche ni les Verts ne peuvent se prévaloir d'avoir été des vigies. Ils ont voté contre à toutes les étapes et continueront à voter contre même si ce traité nous devient favorable.

Le mandat donné à la Commission comporte quelques instructions à peu près claires : pas question de revenir sur les acquis européens et nationaux dans le domaine environnemental et sanitaire.

Les anti-TAFTA primaires n'hésitent donc pas à mentir éhontément quand ils affirment le contraire et brandissent des épouvantails fabriqués de toutes pièces pour tenter de faire peur aux opinions publiques. Ce sont des menteurs et ils sont malhonnêtes.

Cela n'exclut en revanche pas de demeurer vigilant à toutes les étapes de la négociation. Mais pour l'instant, je trouve que pas grand chose ne filtre de ce qui est vraiment négocié. Les inquiétudes s'expriment de toutes parts mais on peine à savoir sur quoi elles s'appuient exactement.

J'attends pour ma part de disposer d'éléments précis avant de me prononcer.

00:52 Publié dans Economie, Europe, International | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : traité transatlantique | |  Facebook | | | |

mardi, 15 avril 2014

Sous-SMIC, la pire des mesures

Je vois que Gattaz emboîte le pas au nuisible dont j'évoquais les délires il y a deux semaines. L'idée de Lamy de vouloir paupériser davantage les travailleurs en baissant leurs revenus conduira inéluctablement à une explosion. Bien sûr, les Gattaz, Lamy et compagnie font valoir que cela ne concernera que les jeunes afin de les aider à entrer dans l'emploi. Dans la réalité (pas le monde rêvé de ces sinistres individus) une concurrence sauvage s'établira et conduira à reverser d'autres franges de la population dans la précarité. 

Ce qui me sidère c'est de constater à quel point ces individus n'ont même pas honte de proposer l'inacceptable. On cherche à construire un SMIC européen et pendant ce temps, eux aspirent à nous réduire à l'état de travailleur-prisonnier de camps nord-coréens.

Les petits boulots mal payés vont évidemment remplacer ceux qui sont mieux payés et nullement créer des emplois. Il y aura des effets de transvasement et aucune création d'emplois à la clef, je suis prêt à en tenir la pari, sauf si les smicards d'aujourd'hui acceptent de perdre du pouvoir d'achat.

On peut jouer sur les coûts salariaux pour regagner de la compétitivité, mais pas de cette manière. Le levier, ce sont les charges salariales et ce qu'elles financent. Les dépenses qui leur sont associées sont à reconsidérer. Il faut donc réfléchir du côté de la dépense publique (missions de l'État, protection sociale).

Lamy et Gattaz ont tout faux.

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mardi, 08 avril 2014

Valls, pas si mal mais attendons la suite

J'ai suivi la déclaration de politique générale de Valls. Difficile d'en dire grand chose. Sur les grandes orientations, cela m'a l'air pas mal, mais, chat échaudé craint l'eau froide, attendons de voir ce qui va vraiment être fait.

Valls veut faire passer deux projets de loi sur l'immigration et le droit d'asile : comme je ne sais pas en quoi ils consisteront, il est bien difficile de donner un avis.

Il veut aussi assouplir la loi sur les rythmes scolaires de manière à tenir compte des remontées des élus de terrain. Très bien. Et donc ?...

Réduire les régions, bof, je n'ai pas d'avis là-dessus. Ce sont surtout les départements qu'il faut supprimer. Cela tombe bien, Valls veut les faire disparaître d'ici 2021. Mais comment, mystère... Sur ce point, je lui suggérerais bien la méthode Bayrou, la plus pertinente dans cette optique : fusionner les conseils généraux et régionaux en augmentant le nombre d'élus des régions. Ce n'est pas ce que coûtent les élus qui représentent les frais, mais tous les doublons et les frais de fonctionnement. Et puis les conseils généraux sont tellement opaques...J'ajoute que ces réformes ont un sens si les élus des régions le sont à la proportionnelle, faute de quoi se reconstitueront des fiefs propices à toutes les dérives mafieuses. Et le président de région doit être élu au suffrage universel direct.

En ce qui concerne les économies et les baisses de charge et d'impôts, j'attends toujours de voir quelles mesures concrètes vont les permettre. Ce que je pense, c'est que le saupoudrage est une mauvaise méthode. Ce sont des missions superfétatoires et onéreuses qu'il faut reconsidérer et faire purement et simplement disparaître.Je dis ça pour le fonctionnement de l'État.

Mais il n'y a pas que cela.

Il y a les retraites, la sécurité sociale et le chômage. Pour les retraites, je pense que le compte notionnel est la meilleure solution. L'équilibre est assurée de cette manière, et, ce qui est intelligent, c'est que plus on travaille tard, plus le montant de la retraite augmente. Toutefois, il n'est pas envisageable d'allonger la durée du travail sans aménagement de ses conditions pour les seniors. On parle tout le temps de l'allongement de la durée de vie, mais on oublie sans cesse que l'espérance de vie en bonne santé n'a pas augmenté, elle. Au contraire, elle a même légèrement reculé ces dix dernières années.

Du côté de la santé, une franchise de 200 euros par an, c'est énorme. Il ne faut pas procéder ainsi parce que cela pourrait affecter singulièrement la santé publique. Mieux vaut une petite franchise de un à deux euros à chaque consultation. Ensuite, je pense qu'on pourrait envisager un système mixte, quitte à réformer un peu la formation des pharmaciens, dans lequel ces derniers pourraient avoir des pouvoirs de prescription sur des choses simples. Cela pourrait inclure des certificats médicaux de base. Il y a peut-être des causes sur lesquelles il faut agir, mais si l'on regarde la répartition des dépenses, on voit bien que le 3ème âge et la dépendance absorbent une grande part des dépenses. Ainsi, l'Institut Montaigne observait dans une étude en 2008 que  les personnes âgées représentent une part croissante des dépenses de santé. Compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie et de la déformation de la pyramide des âges, les retraités représentent une part croissante de la population et des dépenses d’assurance maladie. Ainsi, la moyenne d’âge des patients en affection de longue durée (qui représentent 14% des assurés mais près de 60% des dépenses du fait d’une prise en charge à 100% des soins liés à leur affection) est supérieure à 61 ans. Une personne âgée de plus de 75 ans sur deux bénéficie de ce statut d’ALD et donc d’un financement intégral de sa pathologie par l’assurance maladie obligatoire. L'institut jugeait alors inéluctable un accroissement de la contribution des retraités à l'assurance-maladie. Pas sûr que ce soit une solution géniale. J'aimerais que l'on travaille davantage sur les causes des coûts et sur la manière dont on pourrait standardiser et simplifier certains actes plutôt que sur l'hypothèse d'une réduction supplémentaire du pouvoir d'achat des retraités. En tout cas, la gérontologie est une science d'avenir...

Reste le chômage. Je trouve le principe de droits rechargeables bon. Ensuite, j'imagine qu'il faut l'ajuster pour qu'il ne vire pas à l'usine à gaz. On verra de toutes façons ce qu'il produira à la pratique. Si tout va bien, il devrait inciter au retour à l'emploi. Encore faut-il qu'il y en ait, de l'emploi...

La France est le pays au monde qui consacre la plus importante part de son PIB à la protection sociale : 32.1% ! Cela interpelle tout de même et appelle certaines révisions que d'aucuns pourront qualifier de déchirantes mais clairement nécessaires.

C'est bien pour cela que les responsables politiques qui font assaut pour proposer de nouveaux droits et avantages sociaux sont des irresponsables démagogues et dangereux, car nous croulons sous les déficits sociaux.

17:53 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : valls, dépense publique | |  Facebook | | | |