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lundi, 25 novembre 2013

L'ennemi, c'est la collusion, pas la richesse !

Il y en France (mais pas seulement)n une incessante chasse aux riches : constamment on trouve dans les propositions de la sphère politique le prédicat moral sous-jacent que toute richesse est forcément mal acquise, que l'enrichissement est un vice. Et donc, la sphère politique n'a de cesse que de vouloir réparer ce qu'elle considère comme une "injustice" çà grands coups de fiscalité "sociale" et "solidaire". Très régulièrement on entend tel prophète dénoncer le scandale de ce que les riches ne paient pas plus d'impôts.

Le scandale, il n'est pas là. Le scandale, et Bayrou et les Libéraux ont en commun d'être les seuls à le dénoncer, c'est la collusion incessante entre la direction des plus grandes entreprises et banques et la très haute fonction publique, collusion qui s'étend jusqu'à la sphère politique.

On est, en France, successivement haut-fonctionnaire, puis PDG d'un grand groupe dont on finit par ne plus savoir s'il est privé ou public, puis à nouveau haut-fonctionnaire, ou encore conseiller d'une influente personnalité politique.

Par exemple, j'ai entendu récemment qu'Ayrault (sans en aviser Moscovici qui n'avait rien demandé !) voulait placer François Villeroy de Galhau à la tête du trésor. François Villeroy de Galhau est un homme très honorable, il a une réflexion éthique sur la finance, et, comme numéro 2 de BNP Paribas, il a la réputation d'être un homme compétent et efficace.

Mais, si j'en crois sa biographie, voilà un homme qui a été haut-fonctionnaire, directeur de cabinet de DSK, conseiller économique du même homme, puis a pris la tête de Cetelem et enfin, est monté en grade dans la principale banque française, la BNP, que je citais.

En soi, ce ne serait pas un parcours qui me dérangerait s'il n'en allait pas de même d'à peu près tous les profils similaires. Toujours ces liens inextricables, intrinsèquement mêlés, entre banques, très grandes entreprises, très haute fonction publique et politique.

Abus de pouvoir, le livre fameux que Bayrou a écrit contre les réseaux et notamment ceux de Sarkozy devrait être un classique pour qui entre en politique, désormais. Je regrette toutefois que Bayrou se soit polarisé sur les seuls réseaux sarkozystes alors même qu'il reconnaît que la panier de crabes est au moins aussi rempli à gauche. Ce qui agace, c'est que sur cet aile de l'échiquier politique, il s'accompagne d'une hypocrisie renversante. 

Si le propos de Pulp libéralisme est plus large et s'alimente très clairement des thèses de l'école autrichienne d'économie, il n'en distingue pas moins, avec la même force, un capitalisme "pur" et ce qu'il appelle le capitalisme de connivence.

In fine, la volonté moralisante empreinte de vulgate marxiste qui imprègne une large part du spectre politique est d'autant plus insupportable qu'il n'existe aucune volonté de mettre fin à ce fonctionnement qui ne peut pas préserver l'intérêt de chaque citoyen. Quand bien même les hauts fonctionnaires nommés seraient compétents et honnêtes, pour l'entrepreneur moyen ou petit, le combat n'est pas égal, et on ne peut avoir de garantie d'impartialité quand une décision est prise, avec de tels mélanges. Comprenons-nous au demeurant, je suis pas en train de dire que de très grosses entreprises en profitent : quand l'État contraint un producteur d'énergie à vendre sa production à prix contraint ou de très grosses banques à racheter ses emprunts pourris, c'est bien les entreprises visées qui subissent des dommages, pas l'État. Je suis bien certain qu'une entreprise qui ne serait pas nourrie à la haute fonction publique d'État n'accepte en aucun cas de tels diktats.

La gauche en particulier, mais aussi une partie de la droite, notamment les Gaullistes (qui sont Étatistes et souvent encore plus dirigistes que les Socialistes) et le Front National induisent constamment les Français en erreur en opposant le grand capital, à la manière marxiste, et l'intérêt du citoyen. Terminologie primaire qui détourne le citoyen de la vraie question (celle-là même que Bayrou pose avec une très grande acuité dans son ouvrage) : les décisions prises le sont-elles en toute indépendance ?

14:34 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : richesse, fiscalité |  Facebook | | |

vendredi, 25 octobre 2013

Les clubs de foot sont aussi des PME pour Marielle de Sarnez

J'ai trouvé intéressant le raisonnement de Marielle de Sarnez à propos de la taxe de 75% sur les hauts salaires dans les clubs de football : elle était invitée par Laurence Ferrari sur i-télé et, questionnée sur la grève prévue par les clubs de la LFP le 30 novembre prochain, a précisé qu'elle comprenait l'appel avec l'argument de bon sens suivant :

Si l'on excepte le PSG avec ses sponsors quataris et Monaco qui n'est pas soumis au régime fiscal français, les autres clubs français sont en réalité des PME et pas autre chose.

Il suffit de les comparer à n'importe quelle autre PME d'effectifs comparables et de chiffre d'affaire équivalent pour le comprendre. Simplement, les clubs de football ont une spécificité : le coeur de leur activité, et donc leur principal actif, est investi dans l'humain. Leur valeur tient en grande partie à celle de leur joueur, et par suite, aux salaires qu'ils leur versent. D'un certaine manière, frapper les hauts salaires des joueurs c'est attaquer les clubs de football français au coeur de leur activité d'autant qu'aucun autre pays européen ne procède ainsi. Hollande crée donc un désavantage concurrentiel dans un secteur qui n'en a vraiment pas besoin, le foot français étant déjà soumis à des exigences assez strictes.

De manière plus générale, la taxe à 75% est de toutes façons une spoliation et je juge son principe détestable. Mais François Hollande, en la justifiant par le désir de soumettre tout le monde à la loi commune, montre sa méconnaissance inquiétante du tissu économique sportif.

Comme le dit très justement Marielle de Sarnez dans l'entretien que je cite, on pouvait penser que François Hollande était un gage de sérieux sur la fiscalité puisqu'il avait affirmé avoir travaillé cet aspect de la politique économique plus que tout autre avant les présidentielles. Je l'ai cru aussi à vrai dire. Quelle erreur ! Je ne sais pas qui inspire sa ligne fiscale, mais c'est une vraie catastrophe. En fait, il n'y a pas de ligne, mais des coups de massue aveugles tapant aussi au coeur des portefeuilles des modestes et défaisant le tissu de notre économie.

Si les Socialistes en arrivant au pouvoir avait compris qu'une politique de la demande était un suicide pur et simple, il n'ont toujours pas compris ce qu'est une politique de l'offre. Il ne suffit pas de ne pas faire une relance par la demande pour faire une relance par l'offre. C'est très exactement la différence principale entre ce que propose François Bayrou et ce que proposait François Hollande ou même l'UMP dépensant à l'aveuglette pendant la crise financière de 2008 à 2010.

Je voudrais ajouter quelque chose à propos de i-télé : Marielle de Sarnez dit des choses vraiment intéressantes sur l'économie, mais ces incapables ne s'en tiennent qu'à la politique politicienne en ne titrant que sur le rassemblement MoDem-UDI. Il y aurait pu y avoir matériau à débat sur le statut des clubs de football comme PME mais ces journalistes se sont bien gardés de s'engager sur cette voie. 

On accuse les politiques de ne pas s'intéresser aux choses concrètes mais dès qu'ils le font, ils ne sont plus relayés. En revanche, pour ce qui est de diffuser les petites histoires à deux balles, là, il y a du monde. Ça m'énerve passablement. Marielle de Sarnez disait plein d'autres choses fort pertinentes mais évidemment, en face, on n'a pas relevé. On a privilégié la facilité, peut-être aussi au niveau de l'intellect d'interlocuteurs médiatiques qui se confondent de plus en plus avec les paillettes et le monde du spectacle : tout dans l'apparence, rien sur le fond.

vendredi, 17 mai 2013

Piketty ou l'art de la spoliation

La moutarde me monte au nez quand j'entends vanter la fameuse révolution fiscale de Piketty. Je suis très troublé de voir des membres pourtant honorables et intelligents du MoDem se réclamer des tours de passe-passe de ce saltimbanque de la fiscalité.

En voilà un qui fera j'espère réfléchir tout le monde : Piketty dans ses calculs voulaient compter dans les revenus le loyer fictif que les propriétaires pouvaient toucher de leur résidence principale, une fois celle-ci remboursée.

En somme, l'idée du sieur Piketty est d'imposer le quidam sur l'argent qu'il ne touche pas.

Patrick Beauvillard est un homme droit et intègre dont j'apprécie la qualité morale. Il ne se présentera pas contre Cahuzac pour le MoDem. Je ne voulais pas lui porter tort et m'étais donc abstenu de porter sur la place publique une de ses prises de position, mais puisqu'il n'y a pas d'enjeu électoral désormais, je crois vraiment qu'il faut assainir certains débats fiscaux et économiques.

Or, peu avant son renoncement, dans son billet Changeons la donne Patrick s'est très clairement réclamé de la Révolution fiscale de Piketty.

Il m'aurait été impossible de soutenir Patrick à cause de cela. Est-il sûr d'approuver une réforme qui propose, comme je le mets en évidence ci-dessus, de taxer les gens sur la base de ce qu'ils ne touchent pas ?

Est-il sûr d'admettre une réforme qui met fin au quotient familial et donc à la politique de protection de la famille qui a cours en France depuis le programme du CNR ?

Approuve-t-il un homme qui justifie malhonnêtement par une pseudo-visée féministe le fait de taxer plus lourdement les ménages où la femme gagne nettement moins que l'homme ?

Au fond, dans un pays devenu exsangue sous le poids de l'impôt avons-nous besoin d'un individu qui s'ingénie à en trouver de nouvelles formes ou au contraire d'une réflexion sur le poids écrasant de la fiscalité au regard d'un État désormais hypertrophié ?

Nous ne sommes pas en période d'élection, je crois donc que nous serions avisés d'avoir ce débat au MoDem afin de clarifier notre ligne économique, particulièrement dans le domaine de la fiscalité.

mercredi, 10 avril 2013

Qui dit paradis fiscaux dit enfer fiscal...

S'il y a bien quelque chose qui me frappe dans les actualités c'est l'absence de remise en question de notre fiscalité : quand il y a des paradis fiscaux quelque part, c'est forcément qu'il y a un enfer fiscal en contre-partie.

Pourquoi tant d'évasion dans notre pays ? Dans les sommes disparues, il y a certes de l'argent sale (drogue, corruption) mais aussi de l'argent gagné honnêtement.

On ferait mieux de se demander pourquoi elles ne sont pas demeurées en France. Comme le dit joliment mon affreux libéral favoriun évadé de l’enfer fiscal, c’est un type qui se soustrait à cette vengeance collectiviste, qui montre qu’il place sa propriété, son bien, son travail, sa famille, avant la collectivité et refuse le jeu imposé par ces jaloux.

Dans tout marché, quand on crée des rigidités, il s'ensuite par réaction un surcroît de flexibilité ailleurs. C'est vrai sur le marché de l'emploi et particulièrement dans la fonction publique ou des emplois protégés côtoient des emplois ultra-précaires, et c'est vrai aussi dans le domaine de la fiscalité ou des États multi-imposeurs doivent faire face à des places fiscalement libertaires où l'argent se place et s'écoule dans la liberté la plus totale.

Nous vivons dans l'ère du soupçon permanent alimenté largement par quasiment toute la classe politique.

On ne parle que de traquer l'évasion fiscale, d'imposer plus lourdement les "riches", de dévoiler son patrimoine, mais jamais des impôts qui écrasent l'esprit d'entreprise et l'initiative.

A faire du profit, un objectif légitime, un sentiment honteux, on amène évidemment des tactiques d'évitement qui ne sont bonnes pour personne, in fine.

Il y a un modèle dont Bayrou fait très justement l'apologie : celui de la Suisse. Un modèle que nous envions et dont nous laissons souvent entendre pis que mal. C'est pourtant un modèle à la démocratie impeccable et aux structures économiques harmonieuses et diversifiées.

Est-ce un hasard si l'un de nos plus emblématiques entrepreneurs libéraux, Pierre Chappaz, en faisait un éloge appuyé il y a trois mois sur son blogue ? Est-ce un hasard s'il s'y est d'ailleurs installé ? Est-ce un hasard si le code du travail suisse que brandissait François Bayrou il y a peu comptait une centaine de pages contre plusieurs milliers pour le nôtre ?

Il me semble que le Béarnais voit juste, une fois encore, en choisissant ses références avec soin. Nous devrions tourner nos regards de l'autre côté des Alpes et tacher d'y trouver un exemple plutôt que de nous enferrer dans nos méandres planificateurs et interventionnistes.

Pour l'heure, je le redis, pour faire venir des capitaux de manière immédiate, il conviendrait de décréter une amnistie fiscale avec un taux de récupération très bas, de supprimer l'ISF et de le remplacer par une imposition très légère sur le patrimoine, faire redescendre l'impôt sur le revenu à des montants acceptables en commençant par supprimer l'idiote tranche de 75% et repenser dépense publique et fiscalité en supprimant les doublons et les administrations qui ne servent à rien.

15:04 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : suisse, bayrou, fiscalité |  Facebook | | |

vendredi, 04 janvier 2013

Depardieu ? Un alcoolique de plus en Russie...

Depardieu ne s'embarasse pas de scrupules moraux en allant vanter les mérites d'une des pires oligarchies mafieuses de la planète car c'est en somme ce qu'est devenue la Russie. C'est pour punir l'Amérique de ce qu'elle avait soutenu un honnête comptable qui avait fait son boulot dans son pays en dénonçant l'argent volé à l'État puis s'était fait battre et abattre dans son propre pays que le Parlement russe a interdit l'adoption d'orphelins russes par des Américains.

Cela donne une bonne idée de la nouvelle patrie de Gérard Depardieu. Au fond, ce n'est pas l'exil fiscal qui me pose problème.  Dans cette histoire, c'est Olivier Babeau, expert en stratégie d'entreprise qui a le mot juste : c'est notre système de financement de notre cinéma qui pèche. Depardieu s'est enrichi grâce aux fonds publics. Je ne l'accuserai même pas. C'est notre faute. J'évoquais hier ce que serait une démocratie libérale face à notre actuelle démocratie socialiste et j'observais que l'impôt, en France, ne nous permettait pas de choisir l'affectation de ce que nous payons. Il ne respecte en aucune manière nos choix individuels.

N'en déplaise à Laurent (dont je ne partage pour une fois vraiment pas l'avis) je ne vois pas en quoi chercher à protéger patrimoine et revenus des prédations de l'État s'apparente à de la désertion. C'est l'actuel gouvernement qui a poussé le bouchon trop loin : rappelons-le, la France est devenu le pays du monde à la fiscalité la plus lourde.

Je suis également surpris de lire chez Laurent que parce que l'actuelle majorité avait prévenu qu'elle taxerait les hauts revenus jusqu'à la moëlle elle aurait légitimité à faire ce qu'elle a dit et que donc ceux qui essaient de se protéger ne seraient que de vils couards lâches et déserteurs. L'avis du plus grand nombre n'est pas le meilleur, je crois que nous l'avons constaté suffisamment de fois dans l'histoire de l'humanité, y compris en régime démocratique. L'argument n'est donc pas recevable. 

Au passage, la liberté de circuler et de s'établir ailleurs est une liberté fondamentale : dans les premiers chapitres de Candide, Voltaire ironise sur l'attitude de l'armée qui vient d'enrôler de force Candide et ne supporte pas qu'il use de ses pieds pour se promener où bon lui semble :

Candide, tout stupéfait, ne démêlait pas encore trop bien comment il était un héros. Il s'avisa un beau jour de printemps de s’aller promener, marchant tout droit devant lui, croyant que c’était un privilège de l’espèce humaine, comme de l’espèce animale, de se servir de ses jambes à son plaisir. Il n’eut pas fait deux lieues que voilà quatre autres héros de six pieds qui l’atteignent, qui le lient, qui le mènent dans un cachot. On lui demanda juridiquement ce qu'il aimait le mieux d'être fustigé trente-six fois par tout le régiment, ou de recevoir à la fois douze balles de plomb dans la cervelle. Il eut beau dire que les volontés sont libres, et qu’il ne voulait ni l’un ni l’autre, il fallut faire un choix.

Les réseaux sociaux russes qui ne manquent pas d'humour ont à mon avis le mot de la fin, et le plus juste, en jugeant  qu'avec  Depardieu il n'y a qu'un alccolique de plus dans leur pays...

lundi, 17 décembre 2012

Depardieu s'exile, certes, mais pourquoi ?

Au lieu de persévérer dans l'erreur, le gouvernement socialiste ferait mieux d'enfin s'interroger sur la plus emblématique dans la catégorie débile de ses mesures : la taxe à 75% sur les "riches" comme on dit chez nos nouveaux soviets.

Je l'ai dit dès le départ : taxer 75% des revenus de quelqu'un c'est purement et simplement de la spoliation. Par principe, j'estime qu'aucun impôt sur le revenu ne devrait dépasser 49%. On ne devrait jamais se retrouver privé de plus de la moitié de ce que l'on a gagné à la sueur de son front.

Depardieu a sans doute exagéré quand il a expliqué qu'on lui taxait 85% de ses revenus en France mais je pense qu'on lui en taxe tout de même un très gros morceau.

Pas la moindre remise en question à gauche : ce qui est minable, c'est la réaction d'Ayrault. Ce gouvernement ne voit tout simplement pas que sa taxe est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Il pousse les entrepreneurs et les créateurs à décamper de notre pays. Il va rester quoi ? Les fonctionnaires ?

Tous ces exils sont les conséquences directes de la démagogie du candidat Hollande pendant la campagne présidentielle de 2012, stigmatisant les "riches" comme il l'avait déjà fait en 2007. Du "moi j'aime pas les riches" au "nous arrivons" le résultat final, c'est que les "riches", ils partent.

L'imposition sur les plus-values des entreprises  a été le coup de grâce. En Belgique (ou ailleurs, en Suisse, par exemple) ceux qui gagnent de l'argent ne sont pas des salauds de riches.

dimanche, 14 octobre 2012

La Verte et la Vertu...

J'aurais pu être tenté de jouer les hyènes. Cette élue EELV qui a un gros compte en Suisse, c'était une aubaine, mais'Authueil m'a un peu coupé l'herbe sous les pieds en exprimant à peu près ce que j'avais à dire en termes globalement mesurés.

Je juge au passage drôlatique au possible la défense tout azimut de Florence Lamblin par le grand ponte des Verts à Paris (hors Baupin), Yves Contassot.

Au fond, je ne suis pas choqué par le compte en Suisse de cette élue a fortiori s'il s'agit d'un héritage , cas dans lequel on ne peut pas même retenir le chef d'accusation d'évasion fiscale. Il faut voir quel est le statut de cet argent en Suisse et s'il peut se voir taxer au titre des successions ou encore de revenus supplémentaires.

En revanche, son rapatriement en liquide indique bien que notre élue n'avait aucunement l'intention de le déclarer. Et puis, excusez-moi du peu, quand on tombe sur quelqu'un qui vous propose de vous ramener plusieurs centaines de milliers d'euros dans des valises on ne peut ignorer que l'on a affaire à quelqu'un de pas très net...

Cela dit, je ne me suis jamais associé à la chasse aux koulaks chère à la gauche en général. Ce qui me choque, c'est évidemment le décalage entre les déclarations de vertu (que personnellement je n'agrée de toutes façons pas) et la pratique des Verts en général. Reste à savoir si Florence Lamblin s'y est associée. Je retiens tout de même qu'elle n'a pas rejoint EELV à l'occasion des dernières européennes mais que c'est une militante verte ancienne puisqu'elle co-signait des tribunes avant même la prise de Paris par la gauche.

Ce qui est dommage c'est que cette élue me semblait par ailleurs avoir une réflexion intéressante avec son compère Jean-Marc Pasquet sur l'usage des berges de la Seine (l'un et l'autre critiquaient la réduction de cet espace à une exclusive zone de loisirs).

Certains blogues de gauche se sont lâchés, récemment, à propos de Pierre Chappaz qui a émigré tout à fait légalement en Suisse (cela commence à puer qu'on ait à s'expliquer sur ses choix personnels, au passage, Val a bien raison de le souligner : c'est de sa faute s'il a été amoureux d'une Suissesse dans une vie antérieure ? ). Ouf, il y a tout de même une gauche qui a sauvé l'honneur.

On attend donc avec impatience les prochains billets d'un Rimbus sur l'exilée fiscale verte du XVIIème ou même des tovaritchi Sarkofrance et Nikolaï Leftblogueskiï ou même Bembelly que j'ai connu plus inspiré...

Alors, les gars, vous tenez peut-être une fraudeuse : encore mieux qu'un «exilé fiscal», patron de son état. A quand les billets enflammés contre la fraude exemple à l'appui ?

T'en fais pas mon Faucon, leur semaine prochaine aussi va être longue...

lundi, 10 septembre 2012

Eh oui, c'est la crise, mon Normal 1er...

Je n'ai pas vraiment écouté la prestation de Normal 1er hier, pour être franc, mais j'en ai eu de nombreux compte-rendus.

Il n'y a rien de vraiment neuf sous le soleil. Il va augmenter les impôts, quoi...Je persiste évidemment à penser que sa taxe à 75% des revenus est une imbécilité sans nom en plus d'être une spoliation et je trouve que Bernard Arnault a bien raison de mettre les bouts en Belgique (alors, on en appelle au patriotisme à gauche, maintenant ? Trop drôle...)

La seule chose qui me console de cette mesure idiote c'est de voir que cette fois, le star-system et les fouteux ne vont pas être épargnés. Ça, c'est une consolation. S'il n'y avait qu'eux de taxés, j'en serais presque favorable à la mesure.

Je donne tout de même quitus à Normal 1er de vraiment vouloir réduire les déficits. Sur ce terrain, il a l'air d'être déterminé. Tant mieux. Bon évidemment, ça fait des déçus sur son aile gauche. Adieu, délirants rêves d'un nouveau keynésianisme...De toutes façons Keynes lui-même ne parlait de déficit que pour des dépenses d'investissement, pas des frais de fonctionnement...

Non vraiment, c'est hilarant au possible de lire la prose de la gauchosphère déconfite. Rien que pour ça, je ne regrette pas d'avoir refilé ma voix au Batave en mai dernier.

En revanche, j'ai hâte de lire les réactions de la pravdasphère à l'annonce du gel du barème du point d'impôt. J'explique pour ceux qui n'ont pas compris : quand vous gagnez 1000 euros l'année 2011 et que l'inflation (la hausse des prix, en somme) est de 3%, pour pouvoir gagner la même chose en 2012 il vous faut gagner 1030 euros (1000 + 3% de 1000). Avec 1030 euros, vous achetez exactement en 2012 ce que vous achetiez en 2011. Si vous devez payer des impôts en 2011 à partir de 1000 euros, en 2012, pour respecter l'évolution de votre pouvoir d'achat, vous devriez en principe n'en payer qu'à partir de 1030 euros. Eh bien avec le gel du barème de l'impôt, les amis, vous allez continuer à en payer dès 1000 euros.  Ça va saigner du portefeuille, moi, je vous le dis. Et Normal 1er peut toujours évoquer des décotes pour les deux premières tranches de l'impôt sur le revenu, toutes les autres vont payer, elles...

Et puis, allez, soyons pédagogiques : tous ceux qui étaient en limite de tranche pour payer l'impôt vont basculer du côté obscur de la force, les amis. Bienvenue parmi les contribuables associés.

Cela dit, soyons honnête, c'est une mesure difficilement évitable quand on veut rétablir les comptes.

En fait, on voit très bien ce que la gauche veut faire du côté de l'impôt : ça, c'est clair. Mais côté réduction des dépenses publiques et relance de l'économie, notamment de l'industrie, là, c'est le grand brouillard. De toutes façons, les Socialistes vont bien devoir admettre de soit réduire le nombre de fonctionnaires soit bloquer l'évolution de leurs salaires. Mais comme plusieurs missions de l'État sont au bord de l'asphyxie il va falloir aussi réfléchir aux missions de l'État. En temps de crise, l'État ne peut pas assurer toutes les missions qu'il prend en charge en période de prospérité. S'il est des secteurs qu'il faut épargner, la santé, la justice, la sécurité, l'éducation, le lien social (subventions aux associations de réinsertion par exemple) il y en a d'autres qu'on pourrait laisser sans grand mal au privé (cela favoriserait une bonne purge, tiens).

Le problème, c'est le risque d'entrer dans un cercle vicieux : la hausse des impôts risque de briser la croissance, particulièrement en raison des surcoûts pour les entreprises. Et du côté des ménages, cela risque de freiner la consommation. Bien sûr, la consommation n'est pas à elle seule un levier pertinent, et, à mon avis, plutôt qu'une augmentation générale des impôts, mieux vaut une fiscalité ciblée en fonction des résultats que l'on cherche à obtenir.

Il n'est tout de même pas fou le Normal 1er : bien qu'il s'apprête à abaisser le quotient famial de 2336 euros à 2000 euros par enfant (ce qui va concerner les foyers fiscaux dont le revenu atteint 8554 euros brut soit environ 6000 et quelques net, soit un nombre de foyers de gens mariés non négligeable...) il épargne tout de même l'emploi à domicile de son plafond de déductions fiscales. En plein marasme de l'emploi, ce n'est pas la peine d'en ajouter une couche...

Sinon, z'avez pas remarqué ? On l'entend plus l'Montebourg. On lui a trouvé un rôle de marionnette chez Guignol aun gouvernement, à celui-là ? Plus généralement, c'est silence radio côté socialistes sur l'industrie et l'emploi. Comme ils n'ont pas d'idées sur la question, ben ils ne savent pas quoi dire, et maintenant que les élections sont passées, terminé le changement...

dimanche, 09 octobre 2011

Mais comprennent-ils ce qu'est un dividende ?

Parfois, je désespère : dans ce pays, les 4/5ème des responsables politiques ne comprennent pas ce qu'est une entreprise et surtout, la relation qui lie étroitement investisseurs et entreprises. Je lis dans les propositions des 6 candidats socialistes que chacun escompte baisser la fiscalité sur les bénéfices des entreprises quand elles réinvestissent et l'accroître quand elles distribuent des dividendes.

Mais, nom de Zeus : vont-ils enfin comprendre que ce qui attire l'investisseur, c'est la perspective de dividendes importants ! Pénaliser la distribution de dividendes, c'est flinguer les perspectives de développement de l'entreprise. Une entreprise, ça ne fonctionne pas en circuit fermé, nom de Zeus, et si ça veut attirer du fric, ça doit bien en distribuer de temps en temps pour prouver que c'est rentable, c'est quand même pas compliqué à comprendre !

Le vrai problème, c'est de licencier du personnel pour gonfler le bilan de l'entreprise. Là-dessus, il y a peut-être un moyen d'intervenir délicatement (pas avec de gros sabots), mais gêner les mécanismes d'investissement, ce n'est vraiment pas le moment de le faire en pleine crise économique.

Quand je pense à Bayrou qui voulait faire de la France un pays pro-entreprise en 2007...eh ben c'est pas gagné...

A l'époque où je lisais la Croissance et le Chaos de Christian Blanc, je m'étais montré convaincu par ses clusters qui ont donné nos actuels pôles de compétitivité. Je me suis demandé, au fil du temps, pourquoi ils ne rencontraient guère le succès attendu.

En fait, je crois que les choses tournent mal quand l'État met ses gros patauds dans la fine mécanique entrepreneuriale. Ce n'est pas à l'État de décréter qui est innovant ou non. Les vrais entrepreneurs, les bons investisseurs, sauront toujours dénicher l'opportunité là où elle se trouve.

Si on veut stimuler les entrepreneurs audacieux, les investisseurs qui aiment le risque, il faut faire un pont en or au capital-risque : c'est lui qui va naturellement vers les coups de poker. Tous les joueurs de poker le confirmeront : un coup de poker qui marche rapporte le pactole.

Bon, c'est excessif ce que je dis : en réalité, l'entrepreneur qui va solliciter du capital-risque a étudié de très près la situation du marché qu'il vise et je pense qu'en fait, son projet est tout l'inverse du coup de poker.

Si l'on doit créer une fiscalité particulière, c'est à dire une absence de fiscalité en fait, c'est sur ca capital-là pour le booster à des niveaux très hauts. Eh si on veut attirer le chaland, il faut promettre aussi une fiscalité exceptionnelle sur les dividendes issus du capital-risque. Là, on mettra déjà beaucoup plus de chances du côté de l'innovation...

Allez, François (Bayrou) toi qui veux produire en France, retiendras-tu mon raisonnement pour ton programme économique à la présidentielle ?

jeudi, 28 avril 2011

Bayrou 2012, l'économie

Bayrou doit mener une campagne différente de celle de 2007 à l'évidence. Il y a une configuration très différente à l'heure actuelle avec une bousculade générale au centre et aux extrêmes.

Les héros de 2007 sont lessivés : Royal, Bayrou et Sarkozy, à eux trois, ne recueillent plus que 45% des suffrages alors qu'ils avaient réalisé une performance historique il y cinq ans.

Bayrou et son parti doivent annoncer clairement et sans fioritures ce qu'ils comptent faire si Bayrou accède au pouvoir. Après avoir disposé de compte-rendu de réunions, j'en ai une idée encore assez peu précise.

Il y a une ligne directrice claire, c'est que Bayrou et le MoDem feront du budget dévolu à l'Éducation Nationale un sanctuaire. En fait, la preuve que le MoDem ne ment pas sur ce sujet, c'est qu'il ne s'engage sur quasiment rien d'autre, contrairement aux autres partis.

Ils savent que les finances de la France sont dans un état désastreux. Ils prévoient donc hausses d'impôts et baisse des dépenses. Comme dans le même temps, il devient un impératif majeur d'améliorer la compétitivité des entreprises, les hausses ne porteront pas sur les bénéfices de ces dernières (des marges larges permettent d'investir et donc d'innover), ou, tout du moins, pas pour celles qui réinvestissent en France et/ou n'ont pas profité d'aides publiques.

Comme le MoDem et Bayrou ne veulent pas non plus risquer de casser la consommation, ils vont, plutôt qu'une grande mesure qui serait censée rapporter des dizaines de milliards, proposer l'addition de plusieurs mesures fiscales.

Une augmentation de la TVA, c'est à peu près assuré ; je crois savoir que les experts de la commission économique du MoDem hésitent entre 1 et 2%.

Créations de tranches d'impôts sur le revenu à 50 et 55%, suppression du bouclier fiscal, maintien de l'ISF mais allégé afin que cet impôt ne soit pas confiscatoire, augmentation des taxes sur l'épargne, les successions et les donations, voilà les pistes sur lesquelles discute le MoDem à l'heure actuelle.

A vrai dire, elles ne sont pas vraiment originales, et pour cause : il n'y a pas 36 solutions différentes. L'originalité, dans cette campagne, ce sera de dire une nouvelle fois la vérité et de ne pas faire de projets délirants du type les nouveaux emploi-jeunes de Martine Aubry ou le revenu universel de Dominique de Villepin.

Dans le même temps, le MoDem oeuvre à des politiques coordonnées : c'est tout le sens des réunions de travail qui ont actuellement lieu au sein du PDE (Parti Démocrate Européen).

En termes de budget, il y a deux lignes qui me semblent animer le projet démocrate à l'échelle européenne : ni dette ni emprunt pour autre chose que de l'investissement, et quand emprunt il y a, garantie à l'échelle européenne, avec des eurobonds.

De ce point de vue, si Bayrou et le MoDem prenait le pouvoir, on pourrait tabler sur une politique économique résolument tournée vers l'Europe, non pas faite de fatalisme et de soumission aux diverses commissions, mais avec un axe directeur clair et fort.