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dimanche, 09 octobre 2011

Mais comprennent-ils ce qu'est un dividende ?

Parfois, je désespère : dans ce pays, les 4/5ème des responsables politiques ne comprennent pas ce qu'est une entreprise et surtout, la relation qui lie étroitement investisseurs et entreprises. Je lis dans les propositions des 6 candidats socialistes que chacun escompte baisser la fiscalité sur les bénéfices des entreprises quand elles réinvestissent et l'accroître quand elles distribuent des dividendes.

Mais, nom de Zeus : vont-ils enfin comprendre que ce qui attire l'investisseur, c'est la perspective de dividendes importants ! Pénaliser la distribution de dividendes, c'est flinguer les perspectives de développement de l'entreprise. Une entreprise, ça ne fonctionne pas en circuit fermé, nom de Zeus, et si ça veut attirer du fric, ça doit bien en distribuer de temps en temps pour prouver que c'est rentable, c'est quand même pas compliqué à comprendre !

Le vrai problème, c'est de licencier du personnel pour gonfler le bilan de l'entreprise. Là-dessus, il y a peut-être un moyen d'intervenir délicatement (pas avec de gros sabots), mais gêner les mécanismes d'investissement, ce n'est vraiment pas le moment de le faire en pleine crise économique.

Quand je pense à Bayrou qui voulait faire de la France un pays pro-entreprise en 2007...eh ben c'est pas gagné...

A l'époque où je lisais la Croissance et le Chaos de Christian Blanc, je m'étais montré convaincu par ses clusters qui ont donné nos actuels pôles de compétitivité. Je me suis demandé, au fil du temps, pourquoi ils ne rencontraient guère le succès attendu.

En fait, je crois que les choses tournent mal quand l'État met ses gros patauds dans la fine mécanique entrepreneuriale. Ce n'est pas à l'État de décréter qui est innovant ou non. Les vrais entrepreneurs, les bons investisseurs, sauront toujours dénicher l'opportunité là où elle se trouve.

Si on veut stimuler les entrepreneurs audacieux, les investisseurs qui aiment le risque, il faut faire un pont en or au capital-risque : c'est lui qui va naturellement vers les coups de poker. Tous les joueurs de poker le confirmeront : un coup de poker qui marche rapporte le pactole.

Bon, c'est excessif ce que je dis : en réalité, l'entrepreneur qui va solliciter du capital-risque a étudié de très près la situation du marché qu'il vise et je pense qu'en fait, son projet est tout l'inverse du coup de poker.

Si l'on doit créer une fiscalité particulière, c'est à dire une absence de fiscalité en fait, c'est sur ca capital-là pour le booster à des niveaux très hauts. Eh si on veut attirer le chaland, il faut promettre aussi une fiscalité exceptionnelle sur les dividendes issus du capital-risque. Là, on mettra déjà beaucoup plus de chances du côté de l'innovation...

Allez, François (Bayrou) toi qui veux produire en France, retiendras-tu mon raisonnement pour ton programme économique à la présidentielle ?

Commentaires

"Ce n'est pas à l'État de décréter qui est innovant ou non. Les vrais entrepreneurs, les bons investisseurs, sauront toujours dénicher l'opportunité là où elle se trouve."
Mais oui, le monde appartient aux entrepreneurs, ceux qui osent solliciter de l'aide auprès des investisseurs en les convainquant par des arguments complètement fous. A l'inverse exactement de certains hauts fonctionnaires qui eux n'ont pas connu les difficultés du terrain.

L'Etat ne devrait être dirigé que "par des expérimentés en vie réelle".
Ceux qui savent imaginer des solutions innovantes "gagnantes" utilisent tout simplement leurs échecs personnels.

Écrit par : Françoise Boulanger | dimanche, 09 octobre 2011

le meme raisonnement devrait aussi etre appliqué tout simplement aux riches (dont je ne suis pas) : on devrait leur dire qu'on les aime et qu'il faut qu'ils viennent dans notre beau pays... depenser leurs sous et creer des entreprises et employer des gens (dans le raisonnement des pauvres). Mais l'ensemble du raisonnement s'appelle du liberalisme, non ? et malheureusement, on a vu ou le même liberalisme qui a conduit a la mondialisation nous a menés...
L'heretique, si tu ne crois en rien, moi je crois en toi... et en François...
bonne journée

Écrit par : jdlb | dimanche, 09 octobre 2011

Je pense qu'il faut distinguer plusieurs cas de figures.

D'abord, la question du capital-risque. C'est effectivement une source de financement importante pour des entreprises à potentiel de gain important. L'ennui, c'est que ce potentiel est difficile à évaluer d'emblée. D'où des effets de mode chez les capital-risqueurs : en 2000-2005, ils ne rêvaient tous que e-entreprises, nanotechnologies, NTIC ou biotechnologies, obnubilés qu'ils étaient par des fantasmes à base de Yahoo et autres Amazon. Mais si vous cherchez un capital-risqueur pour mettre des ronds dans la création d'une pizzeria ou d'un magasin de sport, ce sera beaucoup plus difficile. Non que le projet ne sera pas viable mais, pour parler crûment, ça les fera pas bander. Or ce sont plutôt les pizzerias et les magasins de sport qui créent des emplois. D'où l'ardente nécessité de revoir notre système de crédit bancaire en imposant aux banques (éventuellement nationalisées) des quotas de crédit aux PME et TPE. Il existe aujourd'hui des systèmes de type OSEO mais, pour m'y être frotté, je peux vous dire que ça marche assez mal.

Ensuite, les dividendes. Pour les PME, voire les grosses PME, ce que vous dites est vrai : c'est l'appât du gain qui stimule l'investissement et qui permet donc à ces PME de trouver les ressources financières nécessaires à leur création puis à leur développement. Sous les réserves émises plus haut relativement à la frilosité des banques.

Mais quid des dividendes dans les très grosses entreprises ?

Pour ces TGE, l'investissement n'est généralement pas un problème. D'abord, elles peuvent avoir des fonds propres importants. Ensuite, leurs banquiers sont généralement plus compréhensifs avec eux qu'avec la PME du coin. Enfin, elles ont raremement des besoins énormes (en proportion de leurs moyens) sauf action stratégique majeure (rachat d'un concurrent...) pour lesquelles le financement n'est pas bien dur à obtenir.

En revanche, si ces TGE distribuent de gros dividendes, que se passe-t-il ?

D'une part, elles attirent l'intérêt d'investisseurs à la recherche de profit important : caisses de retraite, compagnies d'assurances, fonds de placement, etc. Du coup, il y a concurrence autour des actions de l'entreprise, ce qui fait monter les cours (particulièrement lorsque l'activité industrielle bat de l'aile) et substitue à la logique industrielle "saine" une logique purement financière. Et pour peu que les banques s'y mettent aussi, les fonds consacrés à ces achats financiers sont autant qui ne vont pas soutenir l'industrie, ce qui accroît le phénomène de substitution du financier à l'industriel puisque l'activité industrielle s'en trouve encore plus déprimée.

Et d'autre part, ces investisseurs prennent des "mauvaises habitudes" qui les amènent à exiger des rendements toujours plus élevés. D'où une pression constante sur les managers qui recherchent alors des sources de rentabilité nouvelles en sous-traitant, en délocalisant... bref, en désindustrialisant.

Ce sont ces deux phénomènes de financiarisation et de désindustrialisation dont nous avons subi les effets depuis une dizaine d'années. Et en France, où nous avons la religion de la très grosse entreprise, les dégâts sont particulièrement meurtriers.

Donc, pour résumer : de gros dividendes pour les TPE et PME, oui. Mais pour les TGE : attention aux effets pervers !

Écrit par : Ch. Romain | dimanche, 09 octobre 2011

@Christian
Nous sommes à 100% sur la même longueur d'onde. Pour les PME autres qu'innovantes, je pense qu'il faut actionner d'autres leviers q'une fiscalité laxiste sur le capital-risque. Le fameux Small Business Act à la française de Bayrou en est un, mais cela ne doit pas être le seul. Nous avons avoir l'occasion d'en rediscuter ici :-)

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 09 octobre 2011

Depuis 25 ans Apple n.a JAMAIS distribué de dividendes, cela ne l'a pas empêché de devenir la 2e capitalisation mondiale. On peut atttirer les investisseurs autrement.

Écrit par : Montjulie | dimanche, 09 octobre 2011

"4/5ème des responsables politiques ne comprennent pas ce qu'est une entreprise" Ben c'est normal , ces 4/5eme là n'ont jamais bossé ailleurs que dans la fonction publique ou rien fait d'autre que de la politique. Pkoi s'etonner ? :)

Écrit par : corto74 | dimanche, 09 octobre 2011

"Pour ces TGE, l'investissement n'est généralement pas un problème. D'abord, elles peuvent avoir des fonds propres importants. Ensuite, leurs banquiers sont généralement plus compréhensifs avec eux qu'avec la PME du coin. Enfin, elles ont raremement des besoins énormes (en proportion de leurs moyens) sauf action stratégique majeure (rachat d'un concurrent...) pour lesquelles le financement n'est pas bien dur à obtenir."

J'ajouterai qu'elles s'attirent aussi les faveurs des banques par le biais de PER internes double bénéfice financier et fiscal.

Écrit par : Martine | dimanche, 09 octobre 2011

tres bon post !
A diffuser, suttout aupres de la gauchosphere de gauche (PS et son Front de gauche) et de droite (UMP et son front de la fille à papa de St Cloud)

Écrit par : Le Parisien Liberal | dimanche, 09 octobre 2011

Quitte à lâcher un pavé dans la mare, je pense que 4 personnes sur 5 en France votent "à la gueule du client", sans même connaître ce que chacun propose.

Alors dividendes taxés ou pas, même si je suis d'accord avec toi et avec le commentaire de Christian...

Écrit par : JF le démocrate | lundi, 10 octobre 2011

Je complète: tout ça pour dire que si, bien évidemment je crois que la totalité des responsables politiques de ce pays savent très bien ce qu'est un dividende. Mais ils savent aussi que 4/5ème de nos concitoyens votent "à la gueule du client".

D'où l'intérêt d'une vraie campagne présidentielle, télévisée, avec des débats (mais pas des tueries, des spectacles de gladiateurs...) toujours télévisés, pour que le vote "à la gueule du client" soit le plus proche possible d'un vrai vote "en toute connaissance".

Écrit par : JF le démocrate | lundi, 10 octobre 2011

le problème c'est que les majorité des propositions de droite comme de gauche vont dans le sens de ce que les citoyens croient comprendre.... or la majorité des citoyens sont incultes en économie.

la proposition du PS que décrit l'Hérétique est en le parfait exemple....les investisseurs participent a l'économie, taxer fortement les dividendes les fera fuir....

C'est comme la taxe sur les transactions financières. ce n'est pas une mauvaise en soi mais elle n'a de sens que si elle pratiquée au plan international, sinon c'est se mettre une balle dans le pied.


idem pour la taxe carbone.

de même en ce moment le démondialisateur fait très fort en reprenant une idée populiste de l'extrême gauche et de l'extrême droite.Au premier abord l'idée simpliste de taxer les produits importés est intéressante.Mais l'histoire de l'économie montre de manière implacable que toutes dérives protectionnistes conduisent a des représailles, il s'en suit des guerres économiques qui elles se traduisent a chaque fois par des tensions géopolitiques, qui elles peuvent conduire a de graves conflits..... le repli sur soi a toujours été une connerie.

Écrit par : Europium | mardi, 11 octobre 2011

Amusant comme la pensée binaire à parfois cours sur un blog qui se veut justement représentatif d'une troisième voie.
La logique qui voudrait que les investisseurs fuient dès lors qu'ils sont taxés est la même que celle qui dit qu'il faut des gens très riches pour stimuler l'économie : logique dogmatique...
jdlb a une vision plus nuancée du problème, vision que vous auriez du avoir en premier lieu.
Dans une société ouverte et de liberté il est fondamentale de réafirmer les finalités sociétales à défaut de quoi la "loi de la jungle" reprend le dessus.
Et l'affirmation de ces finalités, qui sont l'établissement de rêgles permettant le vivre ensemble, passe par une limitation des déséquilibres graves fussent ils de nature financière, morale, religieuse ou autre.
Pour cela il n'est pas forcément utile de se focaliser sur le problème des dividendes qui après tout n'est qu'un epiphénomène. Nous pourrions au contraire prendre une vue d'ensemble et chercher à énoncer les quelques rêgles simples et globales qui seraient à même d'encadrer les excès sans faire pour autant du dirigisme étatique.
Asimov avait énoncé les trois loi de la robotique qui, avec leurs exceptions qui confirment la rêgle, encadraient dans son oeuvre le comportement des robots afin que l'humanité soit protégée.
Nous devrions réfléchir aux "trois lois de l'économie" (on pourrait aussi imaginer "les trois lois de l'humanité" mais les dix qui ont été énoncées il y a quelques temps déjà (!) n'ont jamais vraiement été respectées :))) qui seraient à même de protéger l'humaité des dérives de celle-ci.
Indubitablement "il est interdit de faire des paris sur les fluctuations de prix" en ferait partie...

Écrit par : uthar | mardi, 11 octobre 2011

@uthar
La raisonnement est très simple : quand vous prenez des risques, vous voulez en avoir pour votre argent, ce qui est bien compréhensible. Dans ces conditions, taxer les dividendes du capital-risque est en effet une erreur.

Écrit par : l'hérétique | mardi, 11 octobre 2011

Et si vous prenez des risques et que ça foire, je suis pas sûr que seul l'investisseur s'en morde les doigts.

Les règlementations sont nécessaire pour éviter les dérives. La bourse, qui participe à l'investissement (mais n'est pas le seul moteur de celui-ci) en est un exemple frappant, avec la volatilité des marchés financiers.

Peut on se permettre d'attirer des investisseurs qui repartiront au moindre coup de Trafalgar ?

Écrit par : melianos | mardi, 11 octobre 2011

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