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vendredi, 31 juillet 2015

Bébé brûlé en Palestine : l'ignominie a deux visages.

J'ai été horrifié par le crime atroce commis par des colons en Palestine : ils ont incendié une demeure dans laquelle restait un bébé et ce dernier a brûlé vif. C'est épouvantable, et j'espère que la justice israélienne va réagir et prononcer des peines de prison à vie pour faire un exemple retentissant. De telles horreurs ne doivent plus jamais se reproduire.

Pour autant, je regarde avec autant de dégoût ceux qui portent son corps et l'appellent "martyr" oubliant qu'il est avant tout une victime. Ils ne pensent qu'à instrumentaliser ses restes, comme si son sort n'avait pas été suffisamment terrible.

Tsahal et le premier ministre israélien ont qualifié ces atrocités d'attentat terroriste, un langage rarement utilisé pour qualifier les exactions des colons. Gageons qu'ils vont enfin prendre au sérieux le climat d'impunité dans lequel agissent ces extrémistes. De toutes façons, s'ils ne les punissent pas, ils s'enhardiront. Il faut garder présent à l'esprit l'assassinat de Rabin. Les extrémistes ne sont pas les adversaires d'une faction, ce sont les ennemis du genre humain quelles que soient leurs origines.

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vendredi, 24 juillet 2015

Allemagne, cause facile et universelle de tous nos maux

Bravo François Bayrou d'avoir réagi ! Comme d'habitude, la classe politique française avec un bel ensemble accuse l'Allemagne de tous les maux, les siens et ceux de l'Europe. C'est inadmissible d'accuser ce pays d'imposer des diktats aux pays dépensiers alors que ce sont ses propres fonds qu'elle prête et qu'elle s'astreint à des règles de bonne gestion auxquelles ceux qui la critiquent veulent déroger. Non seulement elle a déjà prêté des sommes faramineuses et me paraît quand même fondé à réclamer le retour de ses prêts mais en plus il faudrait qu'elle continue  verser dans les paniers percés, tout ça pour se faire en plus insulter et accuser au final ?

La France est minable avec l'Allemagne depuis un bon moment. Cela va de la suppression des classes bilangues et européennes (alors que la France s'est engagée de longue date à développer l'apprentissage de l'allemand par un traité qu'elle a signé !) jusqu'aux imprécations et accusations incessantes contre ce pays chaque fois qu'il ose un peu élever le ton.

Quand des abrutis du calibre de Mélenchon comparent l'Allemagne démocratique d'aujourd'hui (qui a d'ailleurs bien des leçons à nous donner en matière de démocratie) à l'Allemagne nazie, à la rigueur je ne suis pas surpris, connaissant les amitiés de ce sinistre individu. Pas de surprise non plus du côté de l'extrême-droite dont c'est une antienne, malgré ses amitiés réelles, pour le compte, avec d'anciens waffen-SS et avec la clique révisionniste et vichyste.

Mais voir le "perv", comme l'appellent les Américains en rajouter une couche alors qu'il est censé se draper dans une posture de dirigeant respectable, c'est un peu fort. Le problème, c'est qu'il ne faut pas croire que la droite républicaine fasse tellement mieux. Un Jacques Myard du parti Les Républicains y est allé aussi de son coupler pour parler de diktat.

Il faut voir les communiqués du Parti Socialiste chaque fois qu'il y a des "tensions" qu'Hollande les qualifie d'amicales ou pas. Ça, par exemple : 

« Le projet communautaire – de l’Europe - est meurtri par l’intransigeance égoïste de la chancelière Merkel qui ne songe à rien d'autre qu'à l'épargne des déposants outre-Rhin, à la balance commerciale enregistrée par Berlin et à son avenir électoral »

Minable.

Et la déclaration débile de Sarkozy en 2007 :

« La France n'a jamais cédé à la tentation totalitaire. Elle n'a jamais exterminé un peuple. Elle n'a pas inventé la solution finale, elle n'a pas commis de crime contre l'humanité, ni de génocide »

Minable.

Je passe sur les proclamations guerrières de Montebourg et Bartolone plus récemment, le dernier appelant à une confrontation.

Minable.

L'Allemagne propose des solutions à la Grèce, mais si ce pays trouve d'autres voies pour réaliser des économies ou équilibrer ses comptes, personne ne les lui reprochera. Il en va de même pour la France. C'est avec justesse que Bayrou analysait dans son État d'urgence les difficultés de l'économie française en observant qu'elles venaient toutes de l'intérieur et que le monde extérieur n'en était pas comptable.

Puisse la classe politique française s'en inspirer et adopter enfin des postures courageuses et responsables.

11:11 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : allemagne | |  Facebook | | | |

mercredi, 22 juillet 2015

Plus de dames-pipi dans le Paris tout beau d'Hidalgo et 2theloo

Il y a eu un «Paris d'avant». C'était celui qui existait avant le Paris bobo tout beau de Bertrand Delanoë puis d'Anne Hidalgo.

Comme rien n'est trop beau pour la fête et le touriste, j'imagine que la dame-pipi de notre enfance fait tache après des dizaines d'années de loyaux services.

La Mairie de Paris a donc décidé il y a quelques temps de confier la gestion des toilettes publiques à un prestataire grand luxe spécialisé dans les toilettes design propres sur elles et implantées dans les hauts lieux de tourisme.

Une société hollandaise qui n'en a rien à f... du droit français a décroché le jambonneau du mât de misaine et la voilà à congédier sans tambours ni trompettes les dames-pipi qui étaient dans la place depuis trente ans.

Avec une belle hypocrisie, la Mairie de Paris fait semblant de s'étonner alors même qu'on sait que cette société procède ainsi puisqu'elle a agi de même avec les toilettes de la SNCF qui l'avait pressenti pour un service similaire.

Je vomis cette municipalité de la gauche caviar hypocrite qui lâche en rase-campagne à peu près toujours les mêmes : ceux qui bossent et sont modestes. Les autres, soit elle les assiste, soit elle leur déroule force tapis rouges à coups de velib, d'extension de Roland Garros, de Paris-plages et de Jeux olympiques.

Je n'ai plus tellement envie d'écrire sur mon blogue depuis un moment tant la politique devient ennuyeuse, mais tout de même, la bien-pensance insupportable de la gauche parisienne me contraindra toujours à réagir à intervalles réguliers.

Notez que j'attaque la gauche, mais j'ai de sérieux doutes sur la droite locale. J'ai bien noté qu'elle a bêtement approuvé la candidature parisienne aux jeux olympiques et je la soupçonne de partager les rêves de grandeur et de boboïtude de l'actuelle maire de Paris et de ses amis.

16:30 Publié dans Paris, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : dame-pipi, 2theloo | |  Facebook | | | |

mardi, 30 juin 2015

Et si les Grecs sauvaient la Grèce malgré Tsipras ?

On retient son souffle en Grèce et dans le reste de l'Europe. Les places boursières ont commencé à dévisser, minées par l'angoisse d'un Grexit. J'ai pourtant l'intuition que tout n'est pas fini dans cette partie de poker menteur. Tsipras a appelé les électeurs grecs à rejeter les propositions de ses créanciers en organisant un référendum. On a tort de le lui reprocher. La meilleure manière d'asseoir la légitimité des décisions à venir, c'est en effet de consulter le peuple.

Syriza appelle à voter contre ces propositions. Si Tsipras doit ensuite mettre en oeuvre une politique dont les fondamentaux ne reposeront que sur les seules forces de la Grèce, cela aura donc été le choix des Grecs. Toutefois, il reste un espoir : si j'en crois les premiers sondages le oui aux propositions de l'eurogroupe l'emporterait de justesse dimanche prochain. On pourrait donc obtenir ce curieux paradoxe que le peuple grec, contre toute attente, invalide les décisions de son gouvernement et fasse preuve de plus de raison que lui.

Dans tous les cas de figure, on tombe à bras raccourcis sur Tsipras. A tort à mon avis. Je trouve qu'il joue sa partition avec justesse en consultant le peuple et son choix a le mérite de porter le débat devant les Grecs eux-mêmes.

J'aurai un dernier mot pour le plan de DSK. C'est un fâcheux et imprudent précédent que de laisser un pays ne pas rembourser ses dettes même s'il se voit interdit de crédit ensuite. Il ne faudrait surtout pas que cela fasse jurisprudence. Certes, les principaux créanciers de la Grèce ont déjà provisionné les pertes afférentes à leurs prêts, mais un ouragan dévastateur pourrait balayer la planète s'il se propageait l'idée qu'on agisse ainsi pour tous les pays endettés de la planète.

Alors certes, son idée est a priori séduisante, mais où emmènerait-elle l'économie mondiale si elle devait se généraliser ?

09:04 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : grèce, grexit | |  Facebook | | | |

samedi, 27 juin 2015

Le Salafisme rend fou !

J'attends de disposer de bien plus d'informations sur "l'attentat" en Isère avant de me faire une religion (sans jeu de mots). On me dit que c'est un attentat terroriste. J'avoue mon scepticisme. Pas de complices, pas de préparation en amont, pas d'antécédents en dehors de la fréquentation des milieux salafistes, pas de casier judiciaire et une décapitation du patron. Cela ressemble tellement plus à un sordide règlement de comptes entre employeur et employé que j'ai du mal à croire une autre version. Il ne suffit pas de brandir le drapeau noir de l'État islamique pour pouvoir se cataloguer islamiste terroriste.

La famille est abasourdie, les voisins également, l'épouse effondrée. Les enfants de l'auteur du crime jouaient tous les jours à l'extérieur de la maison. Personne n'a jamais rien remarqué. Il n'avait même pas de barbe significative ni vraiment de tenue ad hoc.

On a longtemps fantasmé, à tort ou à raison, pendant la Guerre froide, sur les agents dormants des Soviétiques. Je ne crois pas que l'État islamique dispose d'une telle organisation. Je pense au contraire que c'est une entreprise opportuniste, une sorte de franchise, qui revendique tous les crimes perpétrés en son nom, orchestrés ou pas de concert avec elle.

Le point commun entre tous les frappés de la cervelle qui ont basculé dans la folie, en revanche, c'est d'avoir toujours côtoyé peu pou prou les milieux salafistes. Beaucoup d'entre eux paraissant mener une vie normale à défaut d'être des gens normaux, on peut raisonnablement en déduire que ce courant de l'Islam rend fous ceux qui le fréquentent.

La Miviludes (une mission inter-ministérielle) observe depuis plus de dix ans l'activité des sectes en France. Il est grand temps, me semble-t-il, d'associer le salafisme à ce qu'il est vraiment, une inquiétante dérive sectaire de l'Islam, et de l'interdire.

Cela tombe bien, le 05 juin dernier, elle a auditionné Malek Boutih, député socialiste et ancien président de SOS-Racisme. Cette personnalité politique est sensibilisé depuis longtemps aux dérives islamistes.

Le temps de prendre des décisions politiques nécessaires est venu. Interdisons le salafisme partout où il se trouve et considérons-le pour ce qu'il est : un mouvement sectaire qui menace la sécurité non seulement de la France mais de la planète toute entière. Son implantation ailleurs ne doit pas poser problème : ce n'est pas parce que l'Église de la Scientologie est puissante en Amérique du Sud ou aux USA qu'elle cesse pour autant d'être une secte pour nous, Français et Européens, qui nous en méfions. Agissons de même envers le salafisme. 

10:37 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : salafisme, isère | |  Facebook | | | |

jeudi, 25 juin 2015

Najat Vallaud Belkacem occulte la réalité de son entretien avec un émissaire du gouvernement allemand !

Elle n'a vraiment peur de rien. Najat Vallaud-Belkacem a publié la semaine dernière un billet sur son blogue afin de vanter la richesse de ses échanges avec Olaf Scholz, plénipotentiaire du gouvernement allemand,  chargé des relations culturelles franco-allemandes. Elle ose parler de coopération renforcée alors même qu'elle fait disparaître les classes européennes et bilangues germanistes. Mais le plus malhonnête, c'est de laisser croire qu'Olaf Scholz n'est pas blessé par la réforme qu'elle met en place. Sauf que le son de cloche outre Rhin n'est pas tout à fait le même comme en atteste ce compte-rendu. Elle a en effet omis quelques déclarations du ministre allemand et notamment celle-ci :  

« L’apprentissage de la langue du pays du partenaire a toujours été au cœur des relations franco-allemandes. Le marché du travail transfrontalier, les projets universitaires communs et les rencontres de la société civile en vivent. En Allemagne, beaucoup d’amis de la langue française sont inquiets en raison de la réforme des collèges envisagée en France. Les inquiétudes du gouvernement fédéral et les miennes ont été exposées en France.»

23:14 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : allemand, vallaud-belkacem, réforme, collège, classes européennes | |  Facebook | | | |

L'incroyable sectarisme de la ministre Vallaud-Belkacem

Je suis quand même sidéré par le degré incroyable d'obstination bornée de la Ministre Vallaud-Belkacem. Tout le monde sans exception lui dit que sa réforme est une réforme minable et destructrice, les pédagogols eux-mêmes évitant désormais de l'ouvrir trop fort, et en dépit de toutes les observations de bon sens venus des quatre coins de la sphère médiatique, politique et intellectuelle, elle persiste et signe. Et l'énervé de Valls qui croit voir là un bon sujet de clivage la soutient contre vents et marées.

L'incroyable c'est qu'elle insiste avec une mauvaise foi sans faille et une malhonnêteté assez impressionnante. Déclarer que les classes européennes sont autant de moyens alloués aux plus aisés, c'est toujours la dialectique de merde habituelle d'une partie de la gauche. Celle qui m'insupporte le plus. Si vraiment elle le croit, que n'ouvre-t-elle ces classes-là à tous les élèves en imposant le principe d'une classe bilangue anglais-allemand à la France entière ? Et je ne parle même pas du latin et du grec qu'elle s'est vantée de vouloir saupoudrer devant une association de défense des langues anciennes. Elle n'a vraiment honte de rien.

A ce stade, ce n'est plus la peine d'argumenter. La seule chose à faire, c'est de passer une raclée électorale aux Socialistes. 

22:43 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : vallaud-belkacem, réforme, collège | |  Facebook | | | |

mercredi, 24 juin 2015

Tour Triangle, mi-figue, mi-raisin

Les élus UDI du Conseil de Paris ont été un peu vite en besogne en affirmant que le centre soutiendrait la construction de la Tour Triangle chère à Anne Hidalgo. Pour commencer, ils oublient qu'ils ne sont pas les seuls centristes élus et qu'à ma connaissance, le MoDem parisien s'est résolument prononcé contre par la voix de Yann Werhling.

Même si je me suis opposé assez souvent à ce projet, en réalité, j'oscille beaucoup. Je ne parviens pas à trouver le projet architectural laid. C'est le reste, en fait, qui me laisse dubitatif. C'est la méthode socialiste, qui m'irrite. Unibail annonce une performance énergétique pour sa tour que je soupçonne d'être énergétivore au possible avec toute la climatisation dont elle aura besoin. J'admettrai d'être convaincu par une expertise impartiale, mais pas celle d'Unibail, évidemment, et pas davantage celle de la Mairie de Paris dont les méthodes ne m'inspirent pas confiance.

Cela dit, créer un quartier d'affaires dans la zone avec un édifice au design inhabituel, ce n'est pas forcément idiot. Il y a le Parc des Expositions juste en-dessous, l'hyper-connectée Issy-les-Moulineaux juste en face, il y a donc un potentiel. 

Les arguments mensongers, en revanche, c'est d'affirmer que les habitants du 15ème vont en profiter. Je n'en crois rien. Les moyens de communication vont être saturés et la tour triangle ne résoudra en rien les problèmes de coût du loyer dans l'arrondissement. Cela m'étonnerait, par exemple, que les familles du quartier aient une priorité sur la crèche. En réalité, elle sera à l'usage des individus aisés qui travailleront sur place. 

Le centre de santé, ça, en revanche, c'est une bonne idée. Reste à voir quels prix y seront pratiqués, mais  en effet, dans un contexte de désertification médicale de la capitale, on ne peut qu'approuver sa présence.

Le projet est séduisant, mais 75% de bureaux, c'est beaucoup. Il y a déjà 15% de bureaux vides dans la capitale. Cette proportion aurait un sens si elle était adossée à un projet de conversion des bureaux de centre-ville en logements. Je n'ai rien vu passer de tel pour l'instant à l'Hôtel de Ville.

Avec tout ça, je ne me suis pas fait une religion.

Pour être honnête, si le projet voit le jour, j'envie ceux qui auront les moyens de se payer la suite de l'hôtel qui figure à la page 8 du projet. 

 Au fond, je tends à penser que le principe est bon. Je n'aime pas trop les méthodes utilisées pour le faire passer en force, mais avec de sérieux ajustements, je pense que je tendrais à voter ce projet si j'étais un élu du Conseil de Paris. Dans les ajustements, il y a trois points qui m'ennuient :

- il est une très bonne chose que ce projet soit financé sur des fonds privés, mais une très mauvaise que le constructeur ne règle pas de taxes foncières pendant 80 ans. A qui incombera par la suite l'entretien de la tour ? Ce n'est pas très clair mais il est certain qu'avec le vieillissement des matériaux, ce sera cher.

- c'est très triste d'avoir fait disparaître la pépinière d'entreprises. Cela a certainement plus de sens que de se contenter de construire des bureaux.

- il y a beaucoup de bureaux vides à Paris. Si on leur faisait un sort pour les transformer tous en logements, je ne serais pas contre l'édification d'autres tours triangles aux différentes portes de Paris. Mais tout cela suppose un projet de fond pensé et une détermination solide. 

A la Mairie de Paris de présenter un projet convainquant sans passer par des artifices peu honorables (le vote à bulletins secrets pour espérer une trahison dans les rangs de l'opposition, par exemple).

23:53 Publié dans Economie, Paris | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : tour triangle | |  Facebook | | | |

lundi, 22 juin 2015

Mais c'était bien un tigre, le tigre bleu de l'Euphrate, tas d'abrutis !

Pauvre Laurent Gaudé. Il met en scène Alexandre le Grand mourant, qui fait le bilan de son existence et évoque un tigre bleu qu'il a vu traverser l'Euphrate.

Jusque là, pas de panique, tout va bien. Le malheur, pauvre homme, c'est que son texte est tombé dans une épreuve de français au bac. Il s'est donc trouvé aux prises, entre enclume et marteau, avec pléthore d'abrutis et ignares candidats qui n'ont toujours pas compris la différence entre une majuscule et une minuscule. Ce n'est pourtant pas compliqué. Une majuscule, nom propre, une minuscule, non commun. Les ânes en question ont donc colporté partout que le tigre bleu de Laurent Gaudé était le Tigre, autre fleuve de Mésopotamie à peu près parallèle à l'Euphrate.

Tas d'incapables. La minuscule ne laissait pas de place au doute, il s'agissait bien de l'animal, pas du fleuve. Bon, on peut encore admettre de jeunes candidats qu'ils racontent n'importe quoi, mais là où ça se gâte, c'est de réaliser que la sphère médiatique et la plupart des journalistes, faisant assaut de nullité, se sont complus à propager l'erreur. A vrai dire, ceux qui ont choisi le sujet n'ont rien trouvé de mieux que de préparer l'erreur en écrivant Tigre bleu, avec la majuscule donc, dans le paratexte. Le titre d'une oeuvre, c'est une chose, et l'un de ses acteurs/personnage, c'en est une autre, mais cela n'a pas frappé les préparateurs du sujet apparemment...

Mais le plus drôle a été atteint avec une inspectrice de lettres citant un communiqué de l'éditeur de Laurent Gaudé, Actes Sud, assurant que la double interprétation était possible.

Mon œil, tiens. On voit bien qu'ils ont essayé de calmer le bad buzz.

Quelques professeurs de lettres un peu plus sérieux que leurs supérieurs hiérarchiques ont pris le temps de vérifier la chose et ont découvert que le texte de notre malheureux écrivain ne prêtait aucunement à confusion.

Et c'est là que je le vis.
A une centaine de pas devant moi, avançant avec précaution dans les hauts roseaux du fleuve,
Un tigre bleu.
(…)
C'était le tigre bleu de l'Euphrate,
Félin majestueux au pelage de lapis-lazuli.
(…)
Je le suivis. Il me fit traverser l'Euphrate,
Et lorsque nous arrivâmes sur l'autre rive,
Lorsque Bucéphale eut posé son dernier sabot sur la terre ferme,
Il rugit comme un titan.
Ses crocs étaient comme des couteaux d'or.
(Acte V, pages 25-26)

Laurent Gaudé a d'ailleurs confirmé qu'il s'agit bien d'un animal imaginaire

Je passe sur les zyva qui sont venus pleurnicher sur twitter en étalant autant que faire se peut leur inanité intellectuelle.

Pauvre France...

23:11 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

jeudi, 18 juin 2015

Régionales et île de France : le jour où l'on ne me marchera plus sur la tête.

S'il y a une rancœur, une contrariété rageuse, devrais-je même dire, que j'éprouve très régulièrement, c'est bien le sentiment de se faire marcher sur les pieds quand ce n'est pas sur la tête à longueur de temps par les décideurs des différentes sphères.

Je suis avec intérêt les premiers pas du MoDem dans l'optique des prochaines régionales en raison de la personnalité de ses deux principaux têtes de file.

J'apprécie Yann Wehrling parce qu'il respecte les petites entités. Je me méfie d'une Région hypertrophiée et bureaucratique dont les décisions verticales s'appliqueraient aux Franciliens et aux collectivités locales franciliennes sans concertation ni négociation aucune. De ce point de vue, la réflexion entamée par Yann sur les smart cities m'intéresse et je l'invite vivement à la poursuivre.

Marielle de Sarnez est un peu un OVNI politique. J'ai d'ailleurs commencé par intituler ainsi ce billet et les observateurs fins constateront que c'est le nom de l'url du billet. Dans la sphère politique, c'est la seule personne que je connaisse qui n'ait pas une vision verticale de l'exercice du pouvoir de l'État envers les individus. Elle avait inventé un concept que fort peu d'acteurs économiques ou politiques partagent, celui d'un État facilitateur. En somme, l'État n'est là ni pour emmerder les gens, ni pour les assister, mais pour leur rendre la vie plus facile.

Dès qu'on construit un projet politique pour une région avec cette idée fixe en tête, je pense qu'on doit pouvoir éviter les principaux écueils et folies des grandeurs consubstantiels des mandatures de nos élus.

L'île de France doit faire face à un défi énergétique et écologique de taille. Elle ne produit que 11% de l'énergie qu'elle consomme ! Il y a donc une réflexion à entamer sur la question. Anne Hidalgo à Paris et pas mal d'autres communes d'île de France concentrent leur action "écologique" sur le matraquage des automobilistes. Ignorent-ils (ou est-ce par incompétence ?) que le secteur du bâtiment est en effet à l’origine de 60% des consommations énergétiques et de près de la moitié des gaz à effet de serre de la Région ? La rénovation énergétique des bâtiments m'apparaît dans ces conditions comme un enjeu de premier plan. Mais qui en parle ?

Il y a pourtant des enjeux à l'échelle territoriale qui me paraissent clairs :

 - repenser l’aménagement du territoire pour limiter les déplacements, ce qui ne signifie pas pour autant emmerder autant que faire se peut les automobilistes.

-  réfléchir aux opportunités de production locale d’énergie. 

- identifier les activités à maintenir ou à réintroduire sur le territoire pour favoriser les cycles courts (agriculture, traitement des déchets, …), les emplois locaux, entre autres.

- réfléchir à la conception d'éco-quartiers basse-consommation (pas comme le monstre énergivore que nous prépare Anne Hidalgo à la Porte de Versailles avec sa Tour Triangle). 

Un billet qui dit trop de choses d'un coup devient trop long. Je réserve donc mes réflexions suivantes pour un article ultérieur, mais j'en annonce déjà les thématiques : le tissu entrepreneurial parisien se caractérise par une faible proportion d'ETI (entreprises de taille intermédiaire). J'y ai réfléchi et lu pas mal de documents, et en fait, je suis arrivé à la conclusion suivante. Leur faible présence procède de la structure de la place financière parisienne. Les capitaux et les produits financiers que Paris propose, notre fiscalité, sont des handicaps pour les ETI au lieu d'être des atouts. Tout le volontarisme du monde échouera donc si on ne parvient pas à créer les conditions nécessaires pour une mutation en douceur de la finance francilienne. Je développerai ma pensée dans un prochain billet.

 

 

23:41 Publié dans écologie, Economie, Paris | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : régionales, île de france, sarnez, modem, wehrling, énergie | |  Facebook | | | |