samedi, 13 avril 2013

Bayrou est ce qu'il a toujours été

Plusieurs sondages frémissent en faveur de Bayrou (et du MoDem !) : la presse s'en fait l'écho, mais avec des titres qui me déplaisent.

Le Huffington Post écrit que Bayrou tient sa revanche. Geoffroy Clavel n'a rien compris. 

Qui croit un seul instant que Bayrou cherche une revanche ? Bayrou s'inquiète depuis longtemps de la crise qui mine notre pays. Ce qui se produit ne le réjouit absolument pas même si l'opinion lui donne quitus de son honnêteté et de sa cohérence. Ce n'est donc ni son avenir politique ni un quelconque maroquin qui l'agite mais bien les perspectives qui attendent les Français.

Bayrou reste ce qu'il a toujours été : un honnête homme, modéré et pragmatique, soucieux de l'intérêt commun.

J'entends parfois parler, voire même espérer dans nos rangs un gouvernement Bayrou. Je le dis tout net, ce serait une forfaiture si nous n'avions pas en amont l'assentiment des Français pour une telle majorité.

Un tel assentiment ne peut s'exprimer que dans les urnes et nulle part ailleurs.

Une légistlative partielle se prépare en Amérique pour représenter les Français de cette région du monde en raison de l'annulation du scrutin par le Conseil Constitutionnel. Nicolas Druet va représenter le MoDem.

Si les Français d'Amérique pensent que notre parti exprime bien plus honnêtement leurs aspirations que les autres formations politiques, la balle est dans leur camp et c'est à eux de le faire savoir. Le site des Démocrates d'Amérique du nord donnera au fil du temps plus de précisions sur les positions exprimées par Nicolas Druet.

Si Jérôme Cahuzac démissionne, je puis légitimement espérer qu'un candidat démocrate aille porter nos couleurs dans sa circonscription.

Enfin, dans un an, deux échéances électorales importantes attendent les Français : les municipales et les européennes. Il sera alors bien temps de modifier les rapports de force politiques qui s'imposent à l'heure actuelle pour diriger la France.

En attendant, je l'ai fait savoir il y a peu, le MoDem s'est doté d'un programme fort et concis consultble sur son site.

jeudi, 11 avril 2013

Stationnement, un bon point pour NKM.

Je crois qu'avec NKM, la droite parisienne a trouvé une candidate de poids face à Anne Hidalgo. J'ai apprécié sa prise de position sur le stationnement. On le sait, à Paris, le stationnement est une politique de punition de l'automobiliste mise en place par l'actuelle majorité.

NKM suggère qu'on pourrait envisager non pas de créer des embûches pour les automobilistes, mais au contraire de leur faciliter le stationnement et notamment son paiement. 

Elle suggère par exemple de rendre les horodateurs accessibles aux cartes bleues ou même aux règlements par téléphones portables. 

C'est une bonne idée. A l'heure actuelle, 10% des automobilistes règlent leur stationnement à Paris. A gauche, on pense qu'il faut punir davantage pour être dissuasif. NKM a l'intelligence de penser que les conducteurs ne sont pas forcément de mauvaise foi. Qu'on leur facilite le règlement du stationnement et le recouvrement des sommes s'améliorera certainement. 

Mais c'est peut-être l'intérêt de Delanoë et de sa majorité de pouvoir verbaliser les conducteurs afin de les pressuriser davantage. Il se dit qu'il a d'ailleurs donné comme consigne prioritaire à la Préfecture ces verbalisations-là...

Je voudrais rebondir sur la proposition de NKM et suggérer au MoDem de s'en emparer pour l'améliorer et l'associer au Grand Paris. 

Souvent, les habitants des différentes couronnes de Paris se retrouvent dans des situations impossibles quand ils se déplacent dans la capitale ou simplement de ville de banlieue à ville de banlieue.

Je suggère donc soit de mettre en place des cartes pré-payées valables au niveau régional. Finies les galères pour trouver les horodateurs. On peut peut-être aussi envisager un système de codes-barre uniques imprimables à partir d'imprimantes individuelles, ou, d'autres solutions encore.

Dans tous les cas de figure, c'est une question de volonté et d'intelligence : si l'on cherche à faciliter plutôt qu'à coincer les individus, c'est évident que le rendement du stationnement payant ira s'améliorant. 

Le genre de pensées qui ne traversent pas l'actuelle majorité socialiste, évidemment...

19:23 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : stationnement | | |  Facebook

Génériques

Enfin, on tire la sonnette d'alarme à propos des génériques. Cela fait un moment que j'ai moi-même constaté que les effets des médicaments génériques ne sont pas systématiquement les mêmes que leurs prétendus homologues et j'ai quelques doutes depuis un moment déjà.

Il faut remercier un médecin, le Docteur Boukris, d'avoir enfin mis les pieds dans le plat.

Toutefois, tous les génériques ne sont pas de même nature : lorsqu'il s'agit de copies réalisées par le même laboratoire, on peut envisager de les consommer a priori sans trop de risques. Il y a ensuite un second stade où le générique comporte la même molécule mais enveloppé dans des excipients différents. Le mode de diffusion peut avoir un impact sur les effets.

Enfin, plus grave, le générique ne peut avoir qu'un rapport de famille, seulement, avec la molécule d'origine. Et là, on risque des effets indésirables ou alors une inefficacité relative du médicament consommé.

Ce qui est drôle, dans cette histoire, c'est que la méthodologie observée par le Docteur Boukris a simplement consisté à écouter ses patients. Ce devrait être la base des diagnostics mais cette évidence ne frappe pas le monde médical, apparemment. Quand il a constaté que non pas un, deux, ou même trois, mais jusqu'à plusieurs dizaines de ses patients lui rapportaient des effets similaires à la suite de consommations de génériques, il a fini par remettre en cause la superbe assurance avec laquelle l'industrie pharmaceutique délivrait finalement des médicaments très différents aux pharmaciens sous une même appellation.

17:11 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : médecine, médicaments, génériques | | |  Facebook

Qui a agressé Wilfred ? Aux sources de l'homophobie.

J'avais écrit une première version de ce billet mais elle a été très mal accueillie, y compris par mes propres amis, sans doute parce qu'elle était maladroite. Je n'en ai pas moins l'intention de dire ce que j'avais à dire.

Je reprends :

Une photo d'un homosexuel agressé violemment ce week-end tourne pour dénoncer l'homophobie en plein débat au Sénat sur le mariage pour tous.

Les victimes déclarent être dans l'incapacité de désigner leurs agresseurs. Cela m'a semblé fort étrange. Une chose en tout cas, était claire, c'est que l'agression avait un caractère homophobe puis le groupe d'individus qui s'en est pris à Wilfred et son compagnon les a apostrophés de manière à bien leur faire comprendre qu'ils étaient identifiés comme homosexuels.

Aux racines de l'homophobie, on distingue deux sources en France, même si l'une et l'autre se sont entretenues dans le terreau fertile en haines d'une société patriarcale.

Il y a d'abord l'homophobie traditionnelle, dont le christianisme avec son rejet de la licence sexuelle romaine est très certainement la source, mais il y a aussi un courant plus récent, quasiment l'une des marques de fabrique des cités de banlieue, l'homophobie qui a prospéré au sein d'une culture nord-africaine et proche-orientale imprégnée d'Islam.

L'Islam a des qualités indéniables, mais certainement pas dans le domaine de la tolérance sexuelle. Plusieurs pays islamiques condamnent les homosexuels à mort, ou, à défaut, à de lourdes peines. A niveau de vie équivalent, aucun pays chrétien n'en fait autant. Il y a donc un rejet particulier de l'homosexualité, propre à l'Islam, plus fort que dans les autres religions.

Côté occidental, c'est l'intégrisme religieux et les courants politiques qui font l'apologie d'une société patriarcale, comme c'est le cas à l'extrême-droite, qui rejettent le plus violemment l'homosexualité.

Wilfred a accusé  Guaino, et d'autres apôtres de la manif pour tous d'avoir suscité son agression. Si Wilfred et son compagnon ont été agressés par des intégristes du genre de Civitas, on peut penser que l'état de tension entretenu par certains discours est en effet propice à des réactions toujours plus violentes. Mais si les agresseurs sont plutôt ces voyous, très précisément que je qualifie de racaille, qui se targuent d'Islam sans en respecter l'essence pour faire valoir le droit du plus fort, le leur, alors je doute que Guaino y soit pour quelque chose. C'est plus vraisemblablement la culture toute patriarcale mâtinée d'Islam qui florit en Afrique du Nord particulièrement qu'il faut mettre en cause.

En plein XIXème arrondissement, je penche plutôt pour les seconds que les premiers. Mais l'enquête finira de toutes façons par l'établir puisque Wilfred a porté plainte.

Je doute fort que la voyoucratie des cités écoute Guaino (ce qui ne le dédouane pas pour autant). La racaille s'en est toujours prise aux homosexuels, avec ou sans débat à propos du mariage homosexuel.

Les lecteurs un peu trop bien intentionnés ont crié haro sur le baudet immonde à la lecture du premier jet de ce billet, faisant valoir que je pointais l'immigration nord-africaine. Je ne pointe pas les immigrés en général. Je dis simplement que cette homophobie-là, oui, est importée. Ceci ne signifie pas que les immigrés seraient tous des agresseurs homophobes, comme on a tenté de me le faire dire en commentant mon billet. 

 On ne résoud pas un problème en l'occultant et il émergera d'autant plus fortement qu'on a cherché à le celer profondément parce qu'il était dérangeant.

Il y a une corrélation entre le sort qu'une culture patriarcale réserve aux homosexuels et la manière dont elle traite les femmes. Si cette culture méprise les femmes, elle verra dans l'homosexualité un miroir de la femme et méprisera aussi les homosexuels.

L'immigration nord-africaine, bien heureusement, est loin d'être réductible à cette culture-là. Et cette culture-là n'est pas non plus exclusivement constitutive du Maghreb ou du Proche-Orient. Il n'y aurait pas eu d'Omar Khâyyam, de Nomhäs d'Avicenne, d'Averroès, de Khalil Gilbran, d'Al-Arabi et bien d'autres sages et esprits libres de cette région du monde encore si cette réduction était exclusive.

Mais elle en est un élément constitutif, qui demeure puissant encore, de la même manière que le patriarcat du XIXème siècle en Europe sur fond de nationalisme a préparé les guerres terribles qui ont secoué par la suite l'Europe.

Il ne faut donc se voiler la face ni d'un côté...ni de l'autre si on veut lutter efficacement contre la pestilence homophobe.

16:19 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : immigration, homophobie | | |  Facebook

mercredi, 10 avril 2013

Qui dit paradis fiscaux dit enfer fiscal...

S'il y a bien quelque chose qui me frappe dans les actualités c'est l'absence de remise en question de notre fiscalité : quand il y a des paradis fiscaux quelque part, c'est forcément qu'il y a un enfer fiscal en contre-partie.

Pourquoi tant d'évasion dans notre pays ? Dans les sommes disparues, il y a certes de l'argent sale (drogue, corruption) mais aussi de l'argent gagné honnêtement.

On ferait mieux de se demander pourquoi elles ne sont pas demeurées en France. Comme le dit joliment mon affreux libéral favoriun évadé de l’enfer fiscal, c’est un type qui se soustrait à cette vengeance collectiviste, qui montre qu’il place sa propriété, son bien, son travail, sa famille, avant la collectivité et refuse le jeu imposé par ces jaloux.

Dans tout marché, quand on crée des rigidités, il s'ensuite par réaction un surcroît de flexibilité ailleurs. C'est vrai sur le marché de l'emploi et particulièrement dans la fonction publique ou des emplois protégés côtoient des emplois ultra-précaires, et c'est vrai aussi dans le domaine de la fiscalité ou des États multi-imposeurs doivent faire face à des places fiscalement libertaires où l'argent se place et s'écoule dans la liberté la plus totale.

Nous vivons dans l'ère du soupçon permanent alimenté largement par quasiment toute la classe politique.

On ne parle que de traquer l'évasion fiscale, d'imposer plus lourdement les "riches", de dévoiler son patrimoine, mais jamais des impôts qui écrasent l'esprit d'entreprise et l'initiative.

A faire du profit, un objectif légitime, un sentiment honteux, on amène évidemment des tactiques d'évitement qui ne sont bonnes pour personne, in fine.

Il y a un modèle dont Bayrou fait très justement l'apologie : celui de la Suisse. Un modèle que nous envions et dont nous laissons souvent entendre pis que mal. C'est pourtant un modèle à la démocratie impeccable et aux structures économiques harmonieuses et diversifiées.

Est-ce un hasard si l'un de nos plus emblématiques entrepreneurs libéraux, Pierre Chappaz, en faisait un éloge appuyé il y a trois mois sur son blogue ? Est-ce un hasard s'il s'y est d'ailleurs installé ? Est-ce un hasard si le code du travail suisse que brandissait François Bayrou il y a peu comptait une centaine de pages contre plusieurs milliers pour le nôtre ?

Il me semble que le Béarnais voit juste, une fois encore, en choisissant ses références avec soin. Nous devrions tourner nos regards de l'autre côté des Alpes et tacher d'y trouver un exemple plutôt que de nous enferrer dans nos méandres planificateurs et interventionnistes.

Pour l'heure, je le redis, pour faire venir des capitaux de manière immédiate, il conviendrait de décréter une amnistie fiscale avec un taux de récupération très bas, de supprimer l'ISF et de le remplacer par une imposition très légère sur le patrimoine, faire redescendre l'impôt sur le revenu à des montants acceptables en commençant par supprimer l'idiote tranche de 75% et repenser dépense publique et fiscalité en supprimant les doublons et les administrations qui ne servent à rien.

15:04 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : suisse, bayrou, fiscalité | | |  Facebook

Tiens, y'a le FN petit Suisse ?

On a perdu une occasion de se taire au FN : en attendant le scandale républicain promis par Mediapart, on a déjà un amuse-gueule avec les comptes suisses de Le pen père.

Entre les mauvaises fréquentations de Cahuzac dont le compte a été ouvert par un Gudard et conseiller proche de Marine Le pen, cela commence à faire beaucoup au parti de la vertu.

C'est Aliot ou Philippot, je crois, qui avait évoqué la gauche Caïman ? Et le FN petit Suisse, ils en pensent quoi ?

Il n'en reste pas moins que le déballage actuel frise le ridicule. Tout comme Christine Espert, je juge consternante la course à l'échalotte à laquelle se livrent les élus à l'heure actuelle sur leur patrimoine.

Thierry Robert, élu MoDem de la Réunion, a bien raison de mettre les pieds dans le plat en dénonçant les ponctions monumentales auxquelles se livre l'État, d'abord sarkozyste puis aujourd'hui socialiste. On a jugé extrême sa menace de quitter la France, certains s'en sont offusqués, mais la réalité, c'est qu'il y a une chasse à la richesse complètement ridicule à laquelle se livre toute la classe politique (y compris le FN avec sa dénonciation de la finance) dont les effets sont dévastateurs.

J'ose espérer que le MoDem va se tenir éloigné contre vents et marées de ce populisme-là même si j'entends souvent des voix au sein de mon parti que cette facilité tente.

09:30 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fn, modem, le pen | | |  Facebook

mardi, 09 avril 2013

L'école face aux suicides d'enfants

Il n'y a peu de choses plus insupportables que d'entendre aux actualités la nouvelle d'un nouveau suicide d'enfant.

Comment peut-on à 9, 10, 13 ans, se donner la mort ? Je n'aime pas tellement Cyrulnik généralement, mais, sur le sort que s'infligent des enfants si jeunes, il a des paroles très justes : 

«le cumul des événements qui déclenche l'acte suicidaire résulte d'une cascade de déchirures invisibles, d'une convergence d'événements de nature différente»

«L'enfant "insécurisé", "seul, sans partage de la souffrance, sans aide ni possibilité de déchiffrer ce qui lui arrive, le jour où il comprend ce qu'est la mort, il se laisse prendre [...] une pichenette peut suffire pour passer à l'acte. Une phrase blessante, une petite frustration, une mauvaise note à l'école ou le déménagement d'un copain peuvent provoquer une déflagration exceptionnelle. Il peut écrire une lettre d'adieu [...] mais le plus souvent, il se penche trop par la fenêtre ou descend d'un autobus en marche. Alors les adultes parlent d'accident»

J'observe à quel point l'école se trouve impliquée dans les suicides d'enfants : et on y trouve dans bien des cas, comme élément déclencheur final les notes.

Ce n'est pas qu'il faudrait les supprimer, mais c'est qu'il faudrait cesser d'en faire un échelon de valeur. Je ne supporte plus d'entendre dans des discussions, de la part d'enfants eux-mêmes le plus souvent, parler de "bons" et de "mauvais" élèves. J'en ai assez de cette école, et particulièrement des collèges qui écrasent comme des rouleaux compresseurs les individus et s'érigent en seules mesures de la valeur de jeunes êtres humains, de leurs savoir-faire et de leurs savoir-être.

Mais il faudrait dire aussi un mot des enseignants et de l'absence d'humanité ordinaire d'une large part d'entre eux. Prompts à défiler pour le "service public", comme on dit, aveugles et sourds aux mal-être d'enfants qu'ils côtoient tous les jours, quand ils ne sont pas carrément vachards.

Le collège unique, les projets de scolarisation obligatoire jusqu'à 18 ans, les socles communs et j'en passe, tout ce qui se présente comme le "Bien suprême" du monde éducatif, la pression derrière les résultats au lieu de chercher le plaisir dans l'étude, tout concourt à faire du cursus scolaire un enfer ordinaire.

 

23:37 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : école, suicide | | |  Facebook

Manif pour tous, menace pour les enfants...

La presse a évoqué les circonstances dans lesquelles des enfants ont été amenés à recevoir du gaz lacrymogène au cours de la fameuse manifestation  pour tous.

Ces gens-là prétendent défendre la famille, mais que dire d'invdividus assez irresponsables pour amener de jeunes enfants dans une manifestation, les mettre de surcroît devant et en plus les utiliser pour forcer une voie de circulation qui leur était interdite ?

Car la vérité, c'est bien que ces manifestants ont tenté de remonter de force les Champs-Élysées. Pour se diriger vers où ? Matignon ? l'Élysée ?

Dans la catégorie dégueulasse, il y a pire : des enc... sont venus manifester sous les fenêtres de Chantal Jouanno, à son domicile privé, parce que cette sénatrice UDI s'est positionnée en faveur du mariage homosexuel.

Pourquoi des enc... ? Parce qu'ils sont venus en brandissant des pancartes avec le nom de ses enfants et ses coordonnées complètes.

A sa place, j'aurais pris de tels actes comme une menace masquée contre ma famille en raison de mes opinions. J'espère, si elle porte bien plainte, que les individus identifiés vont prendre cher.

En attendant, quand on conspue les homosexuels au prétendu nom des enfants et qu'on s'en prend à des petits qui n'ont rien demandé, on ferait mieux de fermer sa gueule.

Que les Civitas et cie se le tiennent pour dit.

lundi, 08 avril 2013

Thatcher ? Une caricature de libéralisme...

Je vais encore entendre toute la gauchosphère hurler à la mort contre le néolibéralisme après le décès de Margaret Thartcher.

On la cite souvent au côté de Ronald Reagan en initiateurs d'une prétendue révolution néo-libérale.

Le problème, c'est que des Thatcher, il y en a eu deux : il y a eu la Ministre de l'Éducation pro-européenne du début des années 70 que j'agrée tout à fait dans la tradition libérale avec des réformes empreintes d'humanisme : augmentation du nombre des crèches, rénovation des écoles primaires, scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans, investissements importants dans le CERN. Que des bonnes choses.

C'est après que cela va se gâter sérieusement. Elle ne retient de ses fréquentations libérales que le libre-échange et montre un mépris profond pour les corps intermédiaires. Son rapport à l'État devient hystérique (comme je peux parfois le constater aujourd'hui chez un certain nombre de mes amis libéraux) qu'elle voit en symbole socialiste du Mal.

On peut en revanche lui savoir gré d'avoir réduit l'impôt sur le revenu dont les premières tranches avaient atteint des sommets délirants (83% ! Merci le travaillisme). Mais en dehors de la fiscalité et de la dépense publique qu'elle a plutôt bien gérés, le reste est assez désastreux. Non que les Travaillistes aient fait mieux, loin de là, puisqu'ils conduisaient déjà l'Angleterre à la catastrophe, mais plutôt qu'elle n'ait rien redressé. A l'issue de des gouvernements de Thatcher, il ne reste plus grand chose de l'industrie britannique.

Je me souviens avec émotion des petits voitures de métal que j'achetais dans les magasins de jouets sur lesquelles figuraient la mention made in England. Terminé, tout ça, après les années Thatcher. Finies les Dinky toys et les Corgi...

Elle a également laissé l'immigration exploser en Grande-Bretagne, et, ce, seulement à dessein de faire pression sur la classe ouvrière britannique.

Le pompon demeure tout de même l'instauration de la Poll Tax : un authentique retour à ce que le Moyen-âge a pu comprendre de plus injuste et obscurantiste. Un impôt par tête, défavorisant de fait les familles nombreuses les plus pauvres. J'espère ne trouver personne parmi les libéraux pour qualifier de libéral un impôt aussi débile et inique. On imagine que les effets sur la démographie anglaise auraient été durables si cet impôt avait été maintenu dans le temps.

Ajoutons à cela que la proportion de familles vivant en-dessous du seuil de pauvreté a été multiplié par trois sous son «règne». Ce n'est pas vraiment ce que j'appelle une réussite, et j'ajoute qu'on est assez loin de la théorie du ruissellement avec un tel résultat. A vrai dire, Thatcher se foutait bien du ruissellement. Elle a appliqué de manière idéologique un programme directement inspiré de l'École autrichienne d'économie et des Monétaristes. Des théories intéressantes mais à bien considérer avant d'agir.

A l'international, la Guerre des Malouines aura fait sauter la dictature en Argentine. Tant mieux et bon débarras.

Thatcher a mené certaines réformes libérales, d'autres qui n'en étaient pas. Cela ne suffit pas à en faire une libérale et seuls les libéraux-conservateurs la reconnaissent sans restriction comme l'une des leurs.

Je recommande vivement le bilan qu'en fait mon homologue hérétique britannique, fort intéressant  bien que très dithyrambique. Il devrait lire Tocqueville : je le vois déplorer que la démocratie censitaire et caritative que lui semblait promouvoir Thacher se soit brisée sur l'écueil des individualismes et des égoïsmes particuliers. Ils sont pourtant consubstantiels de la démocratie libérale et nul ne saurait gouverner efficacement et justement dans un tel régime sans avoir en permanence ces écueils en vue.

Margaret Thatcher n'était pas l'hydre ultra-libérale que décrivent les gauchistes hystériques mais pas non plus la dirigeante modérée que mon hérésiarque confrère lui attribue.

23:19 Publié dans International, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : thatcher | | |  Facebook

J'imagine mal Bayrou devenir 1er ministre de Hollande

Comme d'habitude, une partie de la presse bave sur les intentions de François Bayrou. C'est aux titres crétins et aux délires abracadabrantesques qu'on y lit qu'on comprend que le projet de Bayrou (ni sa personne, au demeurant) n'a jamais été compris par tout ce monde là.

Si Hollande devait proposer à Bayrou de devenir Premier Ministre, ce serait reconnaître de sa part et de toutes ses troupes que son projet présidentiel ne tenait pas la route et que les mises en garde de Bayrou à ce sujet avaient été exactes.

Ce serait aussi reconnaître que le projet présidentiel de Bayrou était le seul valide en 2012 (comme en 2007).

Même si ces conditions étaient réunies, je n'imagine pas les Socialistes dans leur ensemble accepter une telle décision. Et malheureusement, le MoDem de Bayrou est encore largement en convalescence. Jusqu'à nouvel ordre, nain politique dans l'opinion et à l'Assemblée, nous n'avons pas de dot à apporter au marié...

Le temps d'un tel bouleversement n'est pas venu.

Pour que le MoDem puisse accéder au pouvoir, il doit faire ses preuves électorales. S'appuyer sur une majorité qui ne vous représente pas, c'est se condamenr à l'impuissance.

La seule chose que Bayrou accepterait, ce serait de diriger un vrai gouvernement d'union nationale avec des hommes de la trempe de Fillon, Baroin ou Juppé à l'intérieur, ou encore des femmes comme Valérie Pécresse, NKM, Rama Yade, et, bien sûr des personnalités de gauche de premier ordre de l'autre côté.

Si nous devions en arriver là, la situation serait très grave.

Par ailleurs, j'ai de fortes préventions face aux unions nationales et républicaines de toutes sortes : elles laissent le champ libre aux extrêmes pour devenir la seule opposition.

De telles unions ne doivent pas durer longtemps car elles sont contre-nature, et, en leur sein, chacun doit conserver son identité.

Pour ce qui me concerne, j'ai juste le désir de voir l'actuel gouvernement modifier profondément sa ligne économique. Écouter Bayrou est un premier pas. Il n'y a pas de fatalité, seulement de l'impuissance et de la velléité politiques.

Si les Français changent d'avis et commencent à penser que les solutions de Bayrou et du Modem sont les meilleures, qu'ils le fassent savoir dans les urnes lors des prochaines élections, d'autant que ce que nous disons à l'échelle de l'Europe et de la commune est souvent une déclinaison locale de notre programme national. 

08:59 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : hollande, bayrou | | |  Facebook