mardi, 18 février 2014

Intermittents : le problème n'est pas le régime mais le nombre

Le MEDEF réclame la fin du régime d'exception pour les intermittents quand ils sont au chômage. Le statut des intermittents du spectacle me rappelle une autre mesure fameuse : le RMI.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Le RMI avait été voté au début des années 90 pour permettre à ceux qui vivaient dans la rue de survivre. Pour aider ceux qu'on appelaient alors les clochards, en somme.

Ce qui a fini par rendre la mesure très onéreuse, c'est le gonflement continu de ses bénéficiaires.

Il y avait à la création du régime des intermittents environ 9000 bénéficiaires. Je crois que la statut a été mis en place sous Mitterrand au début des années 80. Il y en a plus de 160 000 aujourd'hui.

S'en prendre aux intermittents et laisser supposer que ce sont des fainéants est odieux. Des statistiques simples montreraient aisément qu'ils sont bien plus du côté de la précarité que de l'aisance. Là n'est pas le problème, et la méthode utilisée par toute la classe politique à l'exception de Bayrou qui consiste à toujours stigmatiser une fraction de la population n'aboutit qu'à dresser les Français les uns contre les autres.

Il vaut mieux analyser à froid les mécanismes qui aboutissent au gonflement des effectifs de mesures pensées pour des minorités.

La situation est grave, car le régime est déficitaire de près d'un milliard d'euros. Il faut certainement considérer le périmètre d'éligibilité probablement trop laxiste mais pas seulement : l'attitude des associations et des entreprises culturelles qui jouent de ce régime pour engager des intermittents et ne pas les payer ce qu'elles devraient les payer.

Je ne suis pas expert du sujet, mais on pourrait par exemple limiter en quantité le nombre d'intermittents pour les associations et les entreprises culturelles. A condition évidemment de ne pas tomber de Charybde en Scylla : si l'intérim devait remplacer l'intermittence, les caisses de retraite ne seraient pas gagnantes. Elles coûtent encore plus cher que l'intermittence. Il me semble aussi que le Ministère de la Culture pourrait  distinguer le tissu associatif des grosses boites de production et des groupes médiatiques. Dépenser pour soutenir une association de quartier et arroser des Delarue et des Arthur qui s'en mettent déjà plein les proches en payant leurs ouvriers au lance-pierre, je pense que ce n'est pas exactement le même cheminement.

Ce qui est certain, c'est qu'il est impossible de faire l'économie non seulement d'un débat mais aussi d'une réforme.

17:22 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : intermittent, spectacle | |  Facebook | | | |

lundi, 17 février 2014

Consolation : une femme sera maire de Paris

Je me suis un peu lassé du suivi des municipales. Bien sûr, je continue à relever les choses qui me paraissent énormes. 

Il y a tout de même un acquis qui restera de l'élection, que NKM ou Hidalgo passe, une femme sera élue. Pour une fois, d'ailleurs, ce sont des femmes qui auront été au coeur d'une élection majeure. NKM, Anne Hidalgo, Marielle de Sarnez, Danielle Simonnet auront été les actrices principales du scénario.

Il y a certes Najowski, le candidat des verts, mais il fait exception. Je ne compte pas ce vieux grigou de Saint-Just pour le FN qui se trouve pauvre avec 100 000 euros de revenus par an.

Si on compte que Marseille, Paris, Lyon et Lille sont les quatre plus grosses villes de France, la parité sera atteinte. Aubry pour Lille, NKM ou Anne Hidalgo pour Paris.

Ça me va.

 

16:46 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : femmes | |  Facebook | | | |

Autoriser des pesticices dans le bio ? Touche pas à mon bio, l'INRA !

J'ai failli m'étouffer en lisant un article de Marie Astier dans le webzine Reporterre. La dernière trouvaille d'un expert de l'INRA ? Autoriser l'utilisation de pesticides pour l'agriculture bio. Connard ! J'achète le plus souvent possible de l'alimentation certifiée AB ou Ecocert justement pour être certain que ma petite famille n'ingère pas ces saloperies de produits chimiques.

On se rappelle que Hollande avait mis en place un Commissariat à la Prospective et à la Stratégie. L'idée étant de construire la France industrielle et agricole de demain. Si c'est pour commander ce genre de conneries imbéciles et dangereuses, autant le dissoudre sur le champ. Ça sera toujours ça d'économies utiles.

Le voilà le dossier d'analyse des performances de l'agriculture biologique. Mais moi, je m'en tape des performances de l'agriculture bio : je veux juste ne pas retrouver les trois quarts du tableau de Mendeleiev dans le sang de mes enfants à cause des produits de merde que la plupart des agriculteurs collent dans leur production. Mauvaise grille de lecture qui trahit clairement les intentions du comité.

Déjà je râle de constater chaque fois que je me rends dans une grande surface qu'on ne trouve pas de fruits et légumes bio en France. A chaque fois, ça vient d'Italie, de Hollande ou de Belgique. Parfois d'Espagne. Bref, on a quatre pays autour de nous, ils font tous du bio, et apparemment, nous pas.

Je crois surtout qu'on sous-estime dans des proportions inquiétantes l'effet du productivisme agricole et son impact sur la santé. Le nombre de cancers louches est très élevé chez les agriculteurs. 

Je ne veux pas de pesticides dans mon alimentation bio, moi, et je me battrai pour conserver le droit de ne pas en manger, quitte à ester en justice.

10:43 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : inra, pesticides, bio, agriculture | |  Facebook | | | |

samedi, 15 février 2014

Objectif zéro SDF, un mensonge de plus.

Plus un candidat fait de promesses et assure à ses futures ouailles un monde merveilleux, moins elles ont de crédibilité.

Je vois mal comment Paris pourrait trouver 15 000 places pour les SDF qui résident dans la ville alors même que les gens modestes et les classes moyennes doivent quitter la ville.

Les candidats, dans la mesure de leur possibilité, feraient mieux de se concentrer sur le retour à l'emploi de ces SDF et sur le logement d'urgence, le temps de la réinsertion.

Anne Hidalgo a rappelé qu'elle voulait construire 30 000 logements sociaux. Cela signifie-t-il qu'elle compte y loger des SDF puisqu'elle associe cette mesure avec sa nouvelle promesse ?

Je jugerais cela parfaitement injuste pour tous ceux qui attendent depuis très longtemps d'y trouver une place, à commencer par les parents isolés qui élèvent seuls un ou plusieurs enfants.

De toutes façons, tous les candidats peuvent toujours prêter tous les serments du monde, jurer sur le Styx ou leurs grands dieux que cette fois ils vont trouver des solutions : ils ne risquent pas d'en subir le contrecoup. Les SDF ne votent pas et, puis, il faudrait le rappeler, plus de la moitié d'entre eux sont des étrangers en situation irrégulière (52% selon les chiffres de l'APUR). Une part significative comporte également des toxicomanes. Si je reçois que les toxicomanes et les étrangers en situation irrégulière puissent bénéficier de structures particulières ou de logement d'urgence, ce serait en revanche inacceptable qu'ils prennent la place de simples Parisiens sur liste d'attente, et, pour les premiers, apportent des nuisances dans le logement social. 

Cela me frappe que 16% des SDF ont un emploi : autrement dit, ce sont des travailleurs pauvres qui ne trouvent pas à se loger en raison de l'envolée des prix franciliens et de l'augmentation du coût de la vie. 

Avant de faire des promesses, mieux vaudrait déjà améliorer l'existant : la sécurité dans les centres d'accueil, par exemple. La moitié des SDF sont morts de trouille à l'idée de s'y rendre parce qu'on leur vole là-bas tous leurs maigres biens et parfois, ils sont mêmes battus (par d'autres SDF). 

Une première mesure, pas très coûteuse, serait déjà d'installer la plus grande quantité possible de casiers sécurisés disposant d'un mécanisme à code ; au moins autant qu'il y a de places. Ensuite, investir dans la présence de vigiles et jeter dehors les fauteurs de trouble. Tant pis pour eux. Les autres ont le droit de pouvoir passer une nuit tranquille.

Une deuxième mesure non moins utile serait qu'il y ait un vrai standard au 115. Ça me fait grincer des dents d'entendre un "yaka appeler le 115". Vous avez essayé déjà de joindre le 115, vous ? Bon courage...En recrutant quelques agents de plus, on fluidifierait nettement les communications. Avec un système informatisé de gestion des places relié à tous les hébergements d'urgence et les foyers d'accueil, on aurait enfin une bonne visibilité de leur disponibilité.

Évidemment, ça en jette moins que de promettre monts et merveilles. 

09:29 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : sdf, logement | |  Facebook | | | |

jeudi, 13 février 2014

C'est quoi un bon maire ?

Ce qui frappe souvent les observateurs de la vie politique c'est la facilité avec laquelle des maires condamnés pour des abus de toutes sortes sont réélus avec une facilité déconcertante.

On trouve toujours des listes citoyennes pour tomber dans le panneau et présenter une liste "propre" après avoir signé une charte anti-corruption. Quelque chose de totalement inefficace électoralement.

A vrai dire, pour être honnête, je n'aurais pas envie de voter pour quelqu'un dont le seul programme consiste dans la volonté d'être pur.

Quand on se présente à une élection municipale, on doit d'abord réfléchir à ce que l'on peut faire pour améliorer la vie de ses futurs administrés. Et dans ce domaine, il faut bien se dire que le ressenti compte au moins autant que les faits.

Pourquoi Balkany passe à chaque élection à Levallois avec une majorité écrasante ? Parce que les rues sont propres et sûres, la ville tranquille et disposant de suffisamment de services pour la demande locale.

Si on veut lutter contre la corruption, il faut agir au niveau national en faisant voter des lois qui interdisent à un individu condamné pour détournement de fonds publics de se représenter à une élection pour le restant de son existence.

Au niveau local, faire des promesses de morale et de pureté, cela ne sert à rien. Vraiment à rien du tout. Les Français sont l'un des peuples d'Europe qui hésite le moins à reconduire un élu condamné dès lors qu'il s'agit d'une élection locale. Les élus nationaux sont perçus comme malhonnêtes et retors parce qu'ils paraissent éloignés du peuple. Mais les élus locaux bénéficient eux de toute la mansuétude des électeurs.

23:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : maire, corruption | |  Facebook | | | |

mercredi, 12 février 2014

Je me défie du Grand Paris

Plus ça avance, les histoires de Paris-Métropole, plus je me méfie. Au début, c'était une idée à laquelle j'étais favorable, mais quand je vois simplement comment fonctionnent mairie centrale et mairies d'arrondissement, ou encore les intercommunalités dans leur ensemble, je crains le pire.

Je sens venir le gros jouet de technocrates qui vont avoir avec le Grand Paris un encore meilleur moyen d'imposer le fait du Prince par-dessus la tête des citoyens.

Ça sent déjà la magouille d'élus qui se connaissent entre eux : Bartolone a déjà posé une option sur la tête du futur conglomérat public. Je l'imagine bien la bave aux commissures rêvant de toutes les dépenses qu'il va pouvoir faire en plus avec un tel monstre.

C'est à peu près certain, plus ce sera gros, plus on pourra dépenser et emprunter.

Bien que Tibéri ait été un enfumeur, il n'en avait pas moins fait baisser l'endettement de la ville de Paris. Delanoë l'a fait littéralement exploser ! Et Hidalgo suit le même chemin. Il suffit de jeter un oeil sur le graphe du Journal du Net. Quand on regarde de plus près les courbes on voit bien que nos édiles socialistes se sont dit qu'avec des taux bas, on pouvait emprunter toujours plus. C'est vraiment un piège classique de dossier de surendettement. Et les promesses et projets continuent : Paris toujours plus beau, toujours plus festif, mais toujours plus cher et imposé.

En fait, plus l'intelligentsia est pour (cadres, intellectuels, bobos, journalistes, responsables politiques) plus on peut estimer que c'est de mauvais augure pour le peuple.

Je retiens toutefois de tous ceux-là la seule qui ait le courage de soumettre le projet à l'approbation du peuple : Marielle de Sarnez pose comme préalable à toute édification de la chose la démocratie ; la vraie. 

a) un référendum à l'échelle du périmètre de la métropole pour décider si les Franciliens veulent ou non du Grand Paris

b) une élection directe du futur maire du Grand Paris, au suffrage universel.

En théorie, Marielle devrait avoir raison : agrandir, ce devrait être mutualiser les dépenses et donc payer moins. Mais toute l'histoire de la dépense française montre le contraire : plus on est gros, plus on a les yeux plus gros que le ventre. Les élus n'ont de cesse de se prendre pour Chéops ou Louis XIV pour laisser une trace dans l'Histoire.

19:08 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : grand paris | |  Facebook | | | |

lundi, 10 février 2014

Municipales à Paris, la forte envie de jeter l'éponge...

Plus on approche du premier tour des municipales à Paris, et plus ça me lasse. Comme d'habitude, c'est le bordel au MoDem. Pire qu'en 2008. Ce qui est drôle, avec ce parti, c'est que ses propres militants l'accusent souvent de manquer de démocratie interne, mais que par ailleurs, ils font absolument ce qu'ils veulent, semant une belle pagaille avec une indiscipline à peu près totale. Et quand je pense qu'on rigolait des Verts , à nos débuts...

Après Jean-François, voilà Mathieu, deuxième dircom du MoDem en trois mois à basculer sur la liste adverse de celle de son parti. Comme si c'était le moment. Motivations assez obscures. Certains disent qu'il n'a pas obtenu une place éligible sur la liste de la candidate de NKM dans le 17ème, d'autres, tout simplement qu'il ne reçoit pas le choix d'alliance fait à Paris depuis quelques mois.

A vrai dire, j'en ai avalé des couleuvres, mais ça en fait beaucoup ces derniers temps : je ne milite pas au MoDem pour me retrouver à applaudir NKM aux côtés de Sarkozy au Gymnase Japy. 

Je me plaisais à envisager l'élection de Maud, de Yann ou d'Elisabeth dans le 15ème, que j'aime beaucoup, en dépit de ma réticence à voter pour Goujon. J'avais fait l'effort intellectuel de surmonter mon aversion pour les barons UMP parisiens et voilà que j'apprends que le sieur Goujon soutient la LMPT dont la chef de file copine avec les amis de Soral (plus facho que lui, tu meurs), sinistre individu s'il en est.

Goujon n'est pas un facho, certes, n'empêche qu'il copine avec leurs copains. Qu'est-ce que vous croyez que je dois faire, moi ? Je défends l'égalité hommes-femmes depuis toujours et je vois bien que la LMPT ne se contente pas de lutter contre le mariage pour tous. Elle remet en cause la promotion de l'égalité entre hommes et femme. Alors certes, Najat, cet abruti de Peillon et ces imbéciles de pédagogos s'y prennent comme des manches pour y parvenir, avec leurs théories fumeuses, mais au fond, j'ai quand même plus à voir avec tous ceux-là, que je viens de gratifier des épithètes les plus aimables, qu'avec les réac de tout acabit. Et je ne parle même pas du PCD qui ose se qualifier de démocrate-chrétien. Des PCD, il y en a sur les listes de Goujon et Goasguen ! Le PCD, c'est le parti de la détestable Boutin qui va dérouler le tapis rouge chez les Mollahs, un voile sur la tête.

Je ne vais quand même pas me rallier à Hidalgo...

On n'en serait pas là si on avait fait les listes autonomes auxquelles aspiraient presque tous les militants MoDem et une bonne moitié de ceux de l'UDI. Évidemment, il ne faut pas être naïf : les problèmes que nous connaissons actuellement, nous les aurions retrouvés sur notre chemin entre les deux tours. Mais dans une dynamique, c'est plus facile à gérer que lorsque cela prend l'allure d'un mauvais feuilleton.

Ce qui me retient de tout lâcher c'est que je ne voudrais absolument pas qu'Anne Hidalgo et les Socialistes imaginent avoir les mains complètement libres pour dérouler tranquillement leur saleté de programme. Il leur faut une opposition résolue, combative et imaginative. Toutes qualités dont sont totalement dépourvus ces barons de l'UMP, accrochés à leur arrondissement comme des chapeaux chinois à leur rocher (essayez de décoller un chapeau chinois de sa rocaille la prochaine fois que vous irez à la plage, vous comprendrez ce que je veux dire...).

 Je ne sais plus si j'ai envie de commenter ces municipales parce que je suis furieux. On s'est fait enfumer dans cette alliance : pas de tête de liste, peu de conseillers éligibles et des alliés infréquentables. Ça va un temps, mais bon, ça suffit maintenant.

Allez, je passe à l'Europe, moi : là aussi il y a des enjeux très importants qui s'annoncent, et puis au moins, le MoDem sera un peu moins pollué par la question des alliances, ses positions étant vraiment très proches de celles de l'UDI.

17:46 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : municipales, hidalgo, modem | |  Facebook | | | |

dimanche, 09 février 2014

Qu'a foutu l'opposition pendant 12 ans à Paris ? Rien.

Je suis en colère, je l'avoue : j'ai l'oeil sur les sondages parisiens et je vois bien que la gauche et Anne Hidalgo ont désormais un grand boulevard vide devant eux. Pire : le PS va même améliorer ses positions, le 5ème tombant certainement dans l'escarcelle socialiste et le 15ème s'avérant en danger. Dans les 12ème et 14ème la partie est d'ores et déjà perdue.

Le problème, c'est la droite qu'on a à Paris depuis trop longtemps. Repliée sur elle-même, nullasse, incapable de proposer la moindre alternative. 

Je ne jette pas la pierre à NKM : elle est arrivée et elle a dû faire avec une cour de baronnets arrogants, fainéants et incompétents. Vous croyez qu'ils auraient réfléchi à une alternative pendant 12 ans ? Pensez-vous ! un tel effort intellectuel semble avoir été hors de portée de cette petite cour de féodaux. NKM a dû composer dans l'urgence  un programme municipal alors qu'une telle chose se construit sur la durée.

En face, Anne Hidalgo se tient prête depuis un moment. Avec tous les leviers de la ville de Paris, c'est un rouleau compresseur. Elle dispose de moyens phénoménaux. Je vais voir avec rage et amertume se poursuivre la gentrification de Paris. Une ville pour les bobos, les minorités et les touristes, voilà le programme socialiste. Ce qui m'insupporte d'autant plus ce sont les mensonges éhontés de la municipalité affirmant dérouler le tapis rouge aux classes moyennes. Il n'en est rien. Elle investit des centaines de millions d'euros dans des projets pharaoniques, fournit une assistance sans conditions aux Parisiens d'origine immigrée des quartiers nord mais augmente les impôts, les tarifs des services qu'elle propose et se garde bien d'investir dans ceux qui seraient le plus nécessaire aux Parisiens les plus simples.

Et nous cadres moyens, nous voilà coincés au milieu de cadres supérieurs qui applaudissent d'autant plus qu'ils ont les ressources qui leur permettent de s'exonérer des désagréments générés par la gauche. 

Il aurait fallu constituer un shadow cabinet en 2008 : c'est ce que voulait faire Marielle de Sarnez. Je le sais parce que je l'ai entendue le dire et l'appeler de ses voeux devant moi. Pauvre MoDem. Entre ses militants occupés à pérorer sur la démocratie, un appareil squelettique aux abonnés absents et des moyens dérisoires, il n'était pas capable d'opposer au rouleau compresseur socialiste une task force susceptible de lui donner du répondant.

Partout, les réactions aux excès socialistes sont venus de la société civile, simples citoyens se mobilisant dans des collectifs ou associations, publications libres tentant de protéger la patrimoine, comme la Tribune de l'Art, élus isolés comme David Alphand, Laurence Dreyfuss ou encore Serge Federbusch. Mieux encore : ce sont parfois les Verts qui ont incarné l'opposition au bétonnage socialiste, un comble.

Le pire, c'est qu'il n'y a eu personne pour imaginer autre chose : à chaque fois, c'est le même scénario. Un réveil en sursaut à quelques mois des échéances et du Delanoëlike jusqu'à l'issue finale.

Les baronnies de droite laissent crever leurs terres par leur inertie. Pas d'idées, pas d'imagination, sans compter des pratiques contestables en matière de démocratie locale. Incapacité totale à s'appuyer sur le tissu citoyen de leurs arrondissements. L'Ancien Régime est tombé, mais pas les féodaux parisiens.

 Je trouve que le 16ème est un cas d'école : regardez Goasguen. Il est à l'abri avec Debré dans son arrondissement pépère. Qu'est-ce qu'il propose au 16ème ce gars-là ? Rien. Taittinger ne remuait déjà plus guère, mais avec Goasguen, on est passé dans l'ère de la gangue absolue, sauf pour faire valoir sa pomme dans ses journaux municipaux. Il faut le dégager, ce gars-là. Il est vraiment nul.

Franchement, si je votais dans le 16ème, ma voix irait à David Alphand ou à Valérie Sachs. David Alphand (et Laurence Dreyfuss avec lui) a été de tous les combats contre les mauvais coups portés à cet arrondissement. Valérie est un cas particulièrement emblématique et intéressant pour le 16ème : c'est la seule personne que j'ai vue porter un vrai projet pour l'arrondissement. Je le sais parce que j'ai travaillé dans son groupe, et c'était vraiment passionnant. J'ai eu quelques désaccords avec elle par la suite sur les projets d'aménagement de Delanoë dans le 16ème, mais je lui reconnais une vraie vision et j'ai toujours regretté que le MoDem ne lui ait pas donné sa chance.

A Paris, il faut évidemment faire tomber les fiefs mais pas leur substituer des moulins à vent. Que vaut le Paris Libéré de Beigdeber ? Pas mieux. On ne peut rien penser de bon d'une liste qui se constitue à toute vitesse à l'orée d'une élection importante sans avoir construit un projet de longue date et tissé des liens avec les Parisiens. C'est d'ailleurs le problème principal des listes dissidentes à droite. Elles n'ont pas plus de projet que le leurs homologues régulières.

Conclusion des courses, on est mal barré.

16:17 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : droite, opposition, nkm, ps, goasguen, valérie sachs | |  Facebook | | | |

un lave-vaisselle Brandt lave mal : comment le réparer.

Je fais mon oeuvre citoyenne toute bête mais utile, aujourd'hui : pendant un an, j'ai eu beaucoup de problèmes avec mon lave-vaisselle brandt. Les lecteurs fidèles reconnaîtront mon achat Made in France de janvier 2012. Il lavait mal, je ne comprenais pas pourquoi et les réparateurs Darty non plus. Cinq interventions sans effets véritables. Et puis un jour, je suis tombé sur le réparateur expérimenté qui a trouvé le truc, et il est très simple.

Quand vous trouvez des traces sur votre vaisselle alors que vous nettoyez les filtres régulièrement et que votre appareil ne manque pas de sel ni de liquide de rinçage ou de produit de lavage, c'est simple, ce sont les pales de lavage !

Regardez-les bien : elles sont dotées de petits trous  de part et d'autre. Le lave-vaisselle lave mal parce que plein de détritus se sont logés dedans. Dévissez les pales, c'est très facile, elles tiennent par un loquet que l'on desserre et resserre manuellement. Secouez-les et faites couler de l'eau chaude par le gros trou central pour les remplir et la forcer à sortir par les petits trous. Vous verrez alors des détritus apparaître à la sortie de un ou plusieurs petits trous. Le plus mortel ? Les pépins. On peut en compter jusqu'à une vingtaine à l'intérieur. Pas étonnant que cela ne lave plus. Une fois vos bras de lavage bien vidés, ça repart comme en quarante.

Tant que j'y suis : une autre astuce : si un jour votre appareil refuse d'enclencher le programme de lavage et affiche un H clignotant, c'est que vous avez de l'eau dans le coffrage. Dans ce cas, prévoyez une serpillière, basculez votre appareil vers l'avant et vous verrez, tout se vide par terre.

En fait, l'appareil est assez robuste et surtout conçu pour qu'on puisse intervenir soi-même en cas de problème. 

A vrai dire, ceux qui rincent soigneusement leur vaisselle et leurs couverts avant de les glisser dans le lave-vaisselle ne connaîtront pas ce problème. Ça tombe bien, j'écris ce billet pour les autres.

Pourquoi ce billet au fait ? Parce que j'ai cherché pendant des semaines une solution à mes problèmes et que je n'ai trouvé nulle part cette information sur la Toile.

Maintenant, elle y figure et elle apparaîtra dans les moteurs de recherche :-)

09:11 Publié dans Consommation et consumérisme, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : lave-vaisselle brandt, réparation | |  Facebook | | | |

vendredi, 07 février 2014

Le CRAN ignore tout de l'ironie

L’ironie désigne un décalage entre le discours et la réalité, entre deux réalités ou plus généralement entre deux perspectives, qui produit de l'incongruité.

C'est je crois exactement l'intention de Nicolas Canteloup dans l'extrait d'un de ses sketchs suivant : 

Imitant Julien Courbet, Nicolas Canteloup s'adresse à un certain M. Hutu qui avait un "conflit de voisinage" (la spécialité de l'animateur de RTL) avec M. Tutesi. "Vous avez découpé, macheté et carpaccioté sa famille, alors qu'apparemment il n'en avait pas exprimé le désir (...) Vous lui auriez également découpé les bras bien dégagés au dessus des coudes, il a d'ailleurs eu le plus grand mal à vous écrire, du coup, avec les conséquences désagréables qu'on imagine, perte d'une montre de famille, impossibilité désormais de faire du stop",

Je suis vraiment surpris de la réaction du CRAN. Le choix de Canteloup est un procédé littéraire très caractérisé qui consiste à en rajouter dans l'horreur tout en minorant la tonalité du propos et en l'énonçant froidement.

 Je renvoie le CRAN à un texte fameux de Montesquieu dans le onzième livre, au chapitre V, de l'Esprit des lois : 

Si j’avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais : Les peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique, pour s’en servir à défricher tant de terres. Le sucre serait trop cher, si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves. Ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête ; et ils ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible de les plaindre. On ne peut se mettre dans l’idée que Dieu, qui est un être très sage ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir, Il est si naturel de penser que c’est la couleur qui constitue l’essence de l’humanité, que les peuples d’Asie, qui font des eunuques, privent toujours les noirs du rapport qu’ils ont avec nous d’une façon plus marquée. On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes du monde, étaient d’une si grande conséquence, qu’ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains. Une preuve que les nègres n’ont pas le sens commun, c’est qu’ils font plus de cas d’un collier de verre que de l’or, qui, chez des nations policées, est d’une si grande conséquence. Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes ; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens. De petits esprits exagèrent trop l’injustice que l’on fait aux Africains. Car, si elle était telle qu’ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête des princes d’Europe, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d’en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié ?

Que pense le CRAN de ce texte , Imagine-t-il un seul instant que Montesquieu puisse être sérieux ? Toutes les études littéraires mettent pourtant en évidence le profond rejet de Montesquieu pour l'esclavage. Ne voit-il donc pas que d'en rajouter dans l'horreur n'a pour objet que de heurter le lecteur ?

La parenté entre les deux textes me paraît pourtant très claire. Le CRAN se fourvoie.

15:53 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : cran, canteloup, montesquieu, racisme | |  Facebook | | | |