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mardi, 20 octobre 2015

Trente-cinq heures : la droite se plante complètement (et Macron aussi)

Je m'inquiète de l'impéritie économique de la droite et d'une partie de la gauche (les sociaux-libéraux). Les voilà tous à croire que les 35 heures sont notre problème majeur. De plus, quand j'entends les incantations des personnalités de droite sur la valeur travail, j'ai la sensation d'écouter des individus d'un autre temps. Ils ne comprennent pas le monde dans lequel nous vivons. L'objectif de société, ce n'est pas d'aller vers plus de travail, mais au contraire, vers moins. Et cet objectif est pleinement cohérent avec l'objectif économique qui est, lui, de gagner en productivité.

Chaque nouvelle majorité vient mettre le bazar dans l'arsenal de lois pourtant déjà épais de nos codes juridiques à coups de grandes réformes. On ne cesse pourtant de le dire, c'est d'abord l'instabilité fiscale et juridique qui sème le trouble dans la vie entrepreneuriale en France.

Au passage, c'est amusant (enfin, si l'on peut dire) de constater que le même phénomène se produit dans l'Éducation Nationale avec son lot de sigles, de réformes incompréhensibles et de marques de passage des différents présidents et ministres.

La sphère politique, mais aussi une partie de la sphère entrepreneuriale, ne comprend pas qu'elle ne réalisera pas les gains espérés en tuant à la tache ses cadres. Il faut arrêter les déclarations imbéciles avec les 35 heures. C'est là où on voit que les "professionnels" de la politique n'ont jamais travaillé. Les cadres de haut niveau accumulent déjà des horaires délirants : les 35 heures, c'est la théorie qui permet tout de même les RTT, mais la réalité, c'est souvent jusqu'à 70 heures de travail certaines semaines.

Et les idéologues imbéciles veulent en rajouter une couche en faisant sauter le dernier verrou ?

Au lieu de bêtement chercher à charger la mule toujours plus, la droite (et j'espère le centre) feraient bien de se concentrer sur l'organisation du travail et les mobilités qui y sont associées (les pertes de temps qu'elle induit par sa déficience sont colossales).

On ferait mieux de prendre exemple sur Google ou encore la Suède qui passe à la journée de six heures, qui ont compris que le bien-être des salariés est un facteur très important de productivité et de dynamisme pour une entreprise. Associer à des rythmes de travail efficaces un management intelligent qui reconnaît l'effort et la compétence, voilà des clefs pertinentes.

Le but, ce ne devrait pas être de travailler plus mais de travailler mieux. 

Je me demandais ce que les Régions peuvent faire dans mon dernier billet : je pense que c'est un levier sur lequel elles peuvent avoir une action à condition de le prendre au sérieux. Bien sûr, le transport est un élément très important, dans une telle optique, parce qu'on y consacre souvent beaucoup trop de temps. Il ne s'agit donc pas de pouvoir relier un point à un autre mais que cela soit très rapide, et ce, en incluant dans le décompte final le départ de chez soi jusqu'à l'arrivée sur le lieu de travail. Marielle de Sarnez et Yann Werhling proposaient dans leur document de travail de réfléchir à une articulation entre urbanisme et mobilités, faisant observer qu'il s'agissait d'une réflexion au long cours. Il ne suffit pas de le dire. Il faut le faire, et le faire sans parti pris idéologique. Sur ce point, je rappelle que seule l'automobile permet de relier directement deux points l'un à l'autre quels qu'ils soient. On devrait donc distinguer le problème de la pollution et celui de l'automobile. Le but devrait être de parvenir à des automobiles propres pas de les éliminer et de créer davantage de goulots d'étranglement. Il faudrait que ce soient des gens qui n'ont pas beaucoup de temps (et en perdent beaucoup en transports) qui soient interrogés pour construire le programme mobilités des partis politiques. Nul doute qu'ils apporteraient un sang neuf et un tout autre point de vue.

 

Mes collègues blogueurs socialistes vont se pâmer d'aise

vendredi, 16 octobre 2015

Régionales en île de France : vous y comprenez quelque chose, vous ?

A chaque élection régionale, j'ai toujours le même problème : je n'arrive jamais à cerner clairement le périmètre d'intervention de la Région. Je lis et relis la fiche wikipedia, m'informe sur quelques sites plus techniques, mais rien n'y fait, j'ai toujours la sensation, après lecture, que son rôle est négligeable au regard de celui de l'État.

J'ai également du mal à déterminer dans quelle mesure on peut mener ou non des politiques fondamentalement différentes, quelle que soit l'orientation politique. Si j'en crois LCP, il n'y a guère de différences entre Valérie Pécresse et Claude Bartolone sur les transports en île de France. De toutes façons, c'est une politique au long cours dont les effets peuvent mettre près de dix années à se faire sentir. 

Il y a beaucoup d'effets d'annonce si bien que je peine à m'y retrouver. 

Il y a quelques idées intéressantes que j'ai toutefois retenues dans tout ce capharnaüm. Par exemple, la proposition de Valérie Pécresse de permettre aux élèves de lycée professionnel de passer le code de la route dans leur établissement, ça, je souscris tout à fait. Si d'ailleurs le principe pouvait être étendu à tous les lycées, pas les établissements professionnels et les CFA, ce serait encore mieux.

De manière générale, j'aime bien les choses concrètes. J'aime bien le plan de Marielle de Sarnez et Yann Wehrling (du MoDem, en somme) pour cette raison. Il annonce des mesures très précises. Par exemple, pour les transports, les deux candidats démocrates énoncent leurs priorités :  

- la désaturation en 2019 de la ligne 13 par la prolongation au nord de la ligne 14 jusqu'à Saint Denis -Pleyel et même jusqu'au Bourget en cas de JO2024 

- la prolongation d’Eole jusqu'à la Défense en 2020 pour doubler le tronçon central du RER A

- le lancement des travaux de la ligne 15 entre cité Descartes à Noisy et la Défense en commençant par les sections les plus utiles aux liaisons de banlieue à banlieue avec ouverture progressive à partir de 2020

- l’extension du métro en banlieue proche de Paris. Les lignes de métro 4, 11,12 etc. seront prolongées en banlieue et les lignes les plus chargées seront progressivement transformées en lignes automatiques. Le système actuel de pilotage automatique sera modernisé pour devenir numérique ce qui aura comme conséquence de diminuer les intervalles de rames et de traiter ainsi certaines sections très utilisées. 

Là, c'est clair. On ne parle pas dans le vide mais avec des mesures concrètes. Ils font d'ailleurs valoir une autre idée d'un bon sens élémentaire à propos des trains de banlieue : en passant sur de nombreuses rames à des wagons à étage, on résorberait leur congestion et on offrirait un minimum de confort à tout le monde.

Le programme est à vrai dire assez dense et justifie de nombreux billets. Bien qu'habitué à vulgariser les idées, je ne peux pas le présenter en un seul billet parce qu'il contient de nombreux éléments de réflexion. J'essaierai de les amener au fil des semaines prochaines parce qu'ils méritent d'être connus.

vendredi, 09 octobre 2015

Tous ensemble, tous ensemble contre la réforme du collège !

Je n'avais plus parlé d'éducation depuis un moment, sans doute par lassitude. Il est quand même bon d'apporter tout mon soutien à la manifestation qui aura lieu à Paris ce samedi 10 octobre à partir de 12h30-13h00 environ à Port-Royal à Paris.

Cette réforme de merde (il faut l'appeler par son nom) supprime des heures dans toutes les disciplines dispensées au collège quand elle n'éradique pas purement et simplement les enseignements (allemand, latin, grec entre autres).

Une idéologie minable, et bien dans le ton de ce que les pédagogols au pouvoir depuis 40 ans pondent à un rythme qui ferait passer le poulet industriel pour un chapon de campagne.

Pour s'opposer à cette réforme, il n'y a plus d'autres options qu'une grande claque dans la gueule en deux temps :

1.Je défile le 10 octobre si je le peux et manifeste partout où c'est possible mon opposition radicale à cette réforme par la suite.

2. Je vote n'importe quoi sauf socialiste aux prochaines élections régionales et prends bien garde de ne pas soutenir par inadvertance des individus qui seraient proches de l'esprit de cette réforme (Lemaire à droite, qui dit le contraire mais prévoit pire, Juppé qui assure qu'il ne touchera à rien une fois au pouvoir, mais aussi, à gauche, les Verts, plus pédagogolâtre qu'eux, tu meurs).

Bref, claquez bien le gouvernement et les jaunes (traîtres), tièdes ou moins tièdes qui les soutiennent ou laissent faire.

15:21 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : collège, réforme |  Facebook | | |

mardi, 06 octobre 2015

Affaire Maître Eolas : ça devient difficile de faire de l'humour en France...

Pour être très direct, je n'ai jamais aimé Maître Eolas que j'ai toujours jugé arrogant et prétentieux. Cela ne l'empêchait pas pour autant de rendre des avis plutôt éclairés quoiqu'orientés. Une chose est l'individu, une autre est de l'empêcher de s'exprimer. Condamné parce qu'il a jugé bidon le compteur de l'IPJ et parce qu'il a affirmé ne pas vouloir se torcher avec de peur de salir ses excréments, c'est sûr que ce n'est pas aimable, de là à ce que ça soit un délit, il ne faut pas pousser non plus.

Quand j'y pense, j'ai écrit dix fois pire sur mon blog...

Ça sent de plus en plus le sapin pour la liberté d'expression. Je vois qu'un autre avocat, Sous la Robe, a dû cesser de s'exprimer sur twitter parce que ses commentaires drôles et ironiques gênaient son conseil de l'ordre local, je trouve que ça commence à aller loin.

On ne va pas dans le bon sens. Sans verser dans l'injure, on doit pouvoir continuer de se moquer, esprit bien français, dans la tradition de notre sens de l'humour.

On risque d'aboutir à ce qu'il ne soit plus possible de critiquer ou de commenter quelque forme d'action publique que ce soit.

samedi, 03 octobre 2015

Haro sur le baudet Morano

Je suis toujours stupéfié par l'effet de meute du landernau médiatique chaque fois que se profile une bonne occasion de s'indigner chez les gens d'entre-soi. Le problème c'est que tous ces individus ne perçoivent pas à quel point l'opinion se contrefiche, au fond, de leurs ridicules polémiques.

Contrairement à ce que dit Bruno Roger-Petit Nadine Morano évoquait le Général de Gaulle pour faire valoir à peu près la même opinion que ce dernier.

Il est évidemment absurde d'évoquer une race alors que les biologistes ont désormais établi qu'il n'en reste plus qu'une dans l'espèce humaine, c'est un point incontestable.

En revanche, ce que voulait poser Nadine Morano sur la table avec sa maladresse coutumière, c'est la question de la composition de la France et de son identité.

Dans de nombreux pays la présence de communautés très différentes aboutit à de fortes tensions ou même des guerres civiles sauf quand ces communautés ont construit ensemble et volontairement leur nation comme c'est le cas des USA.

Compte-tenu de la structure de nos soldes migratoires il est donc pertinent de s'interroger sur l'origine culturelle, religieuse, sociale et géographique de ceux qui veulent s'établir chez nous.

Si l'accueil de réfugiés ne souffre pas de distinction (nous avons signé une convention sur les réfugiés politiques), d'autant que NKM a très brillamment démontré que c'étaient ceux qui s'intégraient le mieux, il n'est pas anodin de s'interroger sur les autres et le faire en amont me semble essentiel. Ce n'est pas à la première génération mais souvent à la deuxième ou la troisième que ceux qui sont issus des migrations se posent la question de leurs origines.

Nous sommes un pays judéo-chrétien, c'est vrai, Nadine Morano a raison, et j'ajouterai que le socialisme avec ses rêves d'égalité  est l'avatar laïc le plus direct du christianisme. Nous sommes de culture européenne, et, plus largement occidentale et démocratique, encore un fait évident.

Quand nous absorbons des populations, nous avons tout intérêt à avoir présentes à l'esprit ces données au lieu de chercher à les occulter comme le fait actuellement la gauche et une très large partie de l'intelligentsia, sous prétexte que les valeurs démocratiques et laïques s'imposeraient par génération spontanée (donc sans histoire) et comme une évidence culturelle et morale.

 

lundi, 28 septembre 2015

Propositions libérale et socialiste, pas d'aide aux femmes harcelées !

J'aime bien le Parisien Libéral et apprécie souvent ses analyses. Mais pas la dernière. Si je lui concède bien volontiers que le plan de Bartolone contre le harcèlement dont sont victimes les femmes en île de France est de la poudre aux yeux, ce que lui il suggère n'est pas mieux. J'ai ouvert des yeux ronds en lisant l'article. Mon ami libéral propose aux femmes de se démerder toutes seules (il leur conseille de prendre des cours de krav-maga). Idée brillantissime qui vaut bien les campagnes de sensibilisation socialiste...

Bref, laxisme à tous les étages.

Je n'ai pas suffisamment de chiffres pour estimer s'il faut ou non recruter des agents de sécurité, mais le fait est qu'il faut au moins en placer là où les femmes sont le plus en insécurité dans les transports et dans les rues et taper fort pénalement, ce que notre justice laxiste se refuse à faire depuis fort longtemps.

Bartolone ferait mieux de s'occuper que les forces de sécurité puissent continuer à emprunter les transports gratuitement, ce qui me paraît bien le moins puisque leur code de déontologie prévoit que leur mission de protection se poursuit, même en dehors de leurs heures de travail.

09:46 Publié dans Paris, Société | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : sécurité, police, femmes |  Facebook | | |

dimanche, 20 septembre 2015

Intervenir en Syrie ? Et après ?

Je suis abasourdi par les déclarations tonitruantes tant du chef de l'État que de l'opposition de droite. C'est à qui rivalise d'accents guerriers pour inviter la France à entrer en guerre en Syrie. Un débat parlementaire a toutefois eu lieu et j'ai pu en consulter le compte-rendu. Seul François de Rugy me paraît avoir soulevé des questions de fond en interrogeant la stratégie politique de la France en Syrie. Toutefois, il ne suffit pas de donner des garanties aux minorités et d'associer toutes les parties à la négociation. Il faut donner des garanties à toutes les forces en présence. On peut intervenir et laminer Daech, mais on ne parviendra à rien de durable si on ne propose pas de solution de rechange aux Sunnites. Le problème est d'ailleurs le même en Irak.

Les Européens s'imaginent tout le temps que leur modèle, celui d'une union après des guerres meurtrières, est transposable au monde entier. En France comme dans le reste de l'Europe il n'y a aucune pensée réaliste sur les phénomènes ethniques. Le goût pour le multiculturalisme, le vivre-ensemble remplacent la réflexion stratégique.

Il viendra un jour peut-être où Sunnites et Chiites parviendront à vivre ensemble sans se massacrer, mais il faudra qu'ils l'aient choisi.

A l'heure actuelle, les Alaouites, les Chrétiens, les Kurdes, les Yézidis et quelques autres minorités doivent probablement pouvoir s'accorder ensemble, mais pas avec les Sunnites. Il y a trop de sang versé et de crimes atroces commis entre Chiites/Alaouites et Sunnites.

Il n'y a donc pas d'autre option qu'une partition raisonnée du pays sauf à parvenir à convaincre une majorité de Sunnites de participer à une grande coalition (je n'y crois absolument pas).

S'il existe d'autres issues, je n'ai vu personne* les esquisser dans la classe politique française, partagée entre béni-oui-oui, va-t-en-guerre et cinquième colonne de Moscou et/ou du tiers-mondisme (ou du moins de son avatar moderne).

*Je recommande en revanche l'excellent décryptage d'Atlantico sur le sujet.

00:43 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : syrie, daech |  Facebook | | |

vendredi, 18 septembre 2015

Budget participatif : je me méfie de la Mairie de Paris, même quand elle fait des dons.

Les amateurs de mythologie et de littérature ont de bonnes chances de connaître l'histoire fameuse du Cheval de Troie. C'est par le biais de cette immense statue sur roulette que les Grecs, cachés dans le vendre de la bête, purent entrer dans Troie à l'insu de ses défenseurs.

Énée, le héros de l'Énéïde rapporte toutefois les paroles d'un prêtre d'Apollon qui se serait opposé à l'introduction du piège dans la cité, elles sont rentrées dans la légende : Timeo Danaos et dona ferentes (je crains les Grecs, même quand ils font des dons).

J'invite donc les Parisiens à la plus grande prudence quand ils vont voter les propositions du fameux budget participatif d'Anne Hidalgo. L'opération peut se dérouler aussi bien sur internet qu'en mairie d'arrondissement. Contrairement à Sophie Coignard, je ne considère pas l'innovation de la maire de Paris comme le degré zéro de la politique. En revanche, il faut considérer le nombre de votants après coup pour pouvoir assurer que les Parisiens se sont exprimés. 

 Mais surtout, au moment de voter, il faut considérer avec attention les implications du projet. Je prends quelques exemples.

Un projet propose de rendre les Champs-Élysées végétalisé et praticable pour les piétons et les cyclistes. Cette avenue est déjà très large : que faut-il entendre alors ? Ne serait-ce pas l'air de rien une réduction des voies de circulation avec des travaux cauchemardesques pendant plusieurs années ?

Je vois qu'il est question de "réaménager la place Victor Hugo" : Horresco referens ! L'avenue du même nom qui y mène est constamment encombrée. C'est un cauchemar d'y circuler. Ajoutez-y un chantier et cela va être l'Enfer. Et pour longtemps ! 

Donner plus de place aux piétons place Vendôme ? Tout d'abord, il y en a déjà beaucoup, difficile de faire mieux sauf à y interdire toute circulation, mais surtout, il suffirait d'en dégager une bonne fois pour toutes les cabines de chantier qui en occupent régulièrement l'espace ! 

Paris est un chantier incessant et ce caractère-là ajoute à la fatigue et à l'essoufflement que la ville génère. Ce sont sans cesse des obstacles et des contraintes de toutes sortes sur les voies de circulation et sur les trottoirs. 

Passez-moi l'expression mais ce que je vois poindre dans beaucoup de ces projets, c'est surtout beaucoup d'emmerdements (il y en a, évidemment et heureusement, quelques uns qui sont pertinents).

jeudi, 10 septembre 2015

Migrants et images, merci les Décodeurs !

Je ne vais pas être long dans mon billet. Je souhaite juste adresser un message de remerciements et de soutien au formidable boulot qu'abattent les Décodeurs. Merci les gars et les filles.

Il y a une guerre d'images entretenue par des mouvements sectaires, conspirationnistes et extrémistes de tout poil. Il est souvent difficile de s'y retrouver et toutes ces chapelles ont en commun de surfer sur l'émotion, la haine et la peur du prochain. Pour quelques unes de ces images, petite fille décapitée, enfants enfermés dans une cage, petit garçon noyé, largage de barils explosifs, merci aux Décodeurs d'avoir pris le soin d'enquêter et de rétablir la vérité.

Un travail de vrais journalistes, et ça fait du bien, par les temps qui courent...

lundi, 07 septembre 2015

Accueil des réfugiés : ordre des priorités.

Je me reconnais plutôt bien dans les dernières propositions de NKM pour l'accueil des réfugiés syriens. Je pense qu'il faut donner la priorité aux enfants, aux femmes et aux familles. Ensuite, il faut accueillir d'abord les Yézidis et les Chrétiens, et d'autres minorités dont le sort n'est pas connu des médias, parce qu'ils sont persécutés et en danger (ça, c'est moi qui le dis, pas particulièrement NKM). 

Étant contraints par les événements, renvoyons tous ceux qui se livrent à des actes de délinquance, d'où qu'ils viennent, et sur le champ. Nous ne pouvons nous offrir le luxe de nous occuper d'eux.

Je reçois bien le raisonnement de NKM qui voit très juste dans cette histoire, bravo à elle. Nous n'aurons pas de problèmes d'intégration avec la plupart des actuels réfugiés. Les Syriens et Irakiens qui arrivent sur notre sol sont souvent éduqués et se sont battus pour sauver leurs proches. Nous avons souvent une grande proximité avec eux. Je suis étonné de lire sur le blog de Jean-François Copé des propos similaires, il ne m'avait pas habitué à une telle lucidité. Corto se demandait d'où ils viennent et ce qu'ils étaient prêts à accepter de nos traditions dans l'un de ses derniers billets : ce paragraphe le rassure-t-il ?

Toutefois, comme nous ne pouvons accueillir tout le monde, NKM a raison de proposer de limiter le regroupement familial même si je pense que c'est un chemin tortueux. Il me semble que ce devrait être fait en fonction des accords bilatéraux qui existent avec d'autres nations. L'immigration économique ne nous apporte pas grand chose, limitons-là.

Enfin, je trouve excellente l'idée de NKM de créer des centres d'accueils européens à l'étranger pour étudier les demandes d'asile. 

J'aime bien ceux qui proposent des choses concrètes au lieu de verser dans l'émotion. Je regrette, à cet effet, la présence d'élus MoDem, tout récemment, à Paris, aux côtés de l'extrême-gauche et des vert-rouges hystériques, place de la République.

Les slogans moralisateurs qui appellent à ouvrir nos frontières et à rejeter la "peur" m'insupportent. Je regrette de voir des centristes s'y associer au lieu de développer une réflexion propre sur un thème aussi sensible. Je ne reçois pas du tout l'argumentaire de Juan, dans un récent billet, souhaitant que l'émotion submerge la France. Oh que non, malheureux ! Les émotions sont très mauvaises conseillères et se retournent bien plus aisément que les raisonnements. Et par ailleurs, il n'y a pas que des Syriens et des Irakiens qui viennent en France...

J'en viens aux migrants de Calais. Un entretien récent sur le Huffington en éclaire les contours. Il n'y a là-bas de Syriens qu'un cinquième des individus présents. Que faire des autres ? Bonne question. Comme le dit le journaliste de la BBC qui répond aux questions, en l'absence de papiers, on ne peut déterminer clairement les causes de leur venue. En fait, le paradoxe, c'est que les migrants de Calais ne veulent pas se rendre en France mais en Angleterre ! Ce ne peut être l'aide sociale qui les attire puisque le Royaume-Uni ne met pas en place de tels dispositifs. Enfin, un grand nombre d'entre eux vient d'Afrique de l'Est. Rien à voir avec les Syriens et les Irakiens. Ce sont les crises qui rythment le poids des nationalités puisqu'il y a un à deux ans, c'étaient des Ukrainiens surtout qui se bousculaient aux portes d'Albion.

Ainsi, la proposition de consulter les Français par référendum pour décider si nous accueillons ou non les "migrants", comme le propose Pierre Parillo, est une ineptie. Elle ignore la diversité des cas et met tout le monde dans le même sac sans subtilité. D'ailleurs, Pierre Parillo, qui n'a pas étudié sérieusement son sujet, n'appelle pas autrement ces réfugiés que "les migrants". Mais c'est quoi, un migrant ? Il n'y en a pas deux semblables ! On ne peut traiter un sujet aussi sensible à grands coups d'injonctions et d'anathèmes. Ce n'est pas parce que la gauche est hypocrite et stupide qu'il faut l'imiter en versant dans les travers inverses.

J'ai lu également la réaction du blogueur "je suis stupide, j'ai voté Hollande" (cette dénomination me fait rigoler à chaque fois que je la lis). Elle est assez proche de celle de Bruno Lemaire. Bien sûr qu'il faut agir à la source, mais entre-temps, le problème n'est pas réglé. Le blogueur oublie que la Syrie est un vrai sac de noeuds. Il n'y a pas que Daech, et je ne suis pas convaincu que son éradication militaire mettra fin au chaos qui règne en Irak et en Syrie. Accessoirement, c'est loin d'être fait : Daech dispose de troupes entraînées et fanatisées et combat sur son propre terrain. Enfin, l'auteur semble ignorer qu'il y a d'autres nationalités que les Syriens et les Irakiens qui viennent sur le sol français. Que fait-on pour celles-là ?

Le cas de Calais donne un relief particulier à la proposition de NKM. Migrant ou réfugié, chacun a ses raisons pour tenter de gagner l'Europe. Aucun destin individuel ne se ressemble vraiment et la diversité des pays et régions d'origine rend d'autant plus pertinente la création non pas d'un mais de plusieurs centres européens, dans les pays concernés ou à leurs portes pour effectuer un tri et une étude de chaque cas. Cela permettrait de traduire dans les faits l'une des sept idées énoncées par Marielle de Sarnez, en mai dernier, alors qu'elle écrivait une tribune pour appeler à des solutions européennes. Après s'être entendues à Paris, je suis certain que NKM et Marielle de Sarnez pourraient trouver de fortes convergences sur la politique européenne dans ce domaine.