vendredi, 04 juin 2010
Le ciment de Gaza, Israël et la flotille...
Je vais encore en ajouter une couche sur la flotille de Gaza, mais je suis tellement exaspéré par la désinformation galopante qui touche cette affaire que c'est une nécessité. J'entendais ce midi sur France-Info un long plaidoyer pour la fameuse flotille soit-disant humanitaire ; et l'individu qui témoignait précisait qu'il y avait à Gaza pléthore de bâtisses non finies ou pas reconstruites en raison de la pénurie de ciment. Du ciment, on a appris qu'Israël en contrôlait étroitement l'importation à Gaza. Avec ce reportage, le bon peuple ne va pas manquer de se dire que ces "salauds" d'Israéliens affament le petit peuple palestinien et font tout pour lui rendre la vie dure. Personne ne va se demander pourquoi, évidemment, Israël porte tant d'attention à un matériau de construction. Eh bien j'ai eu la curiosité de le savoir, et c'est Manu d'Avec nos gueules qui le dévoile : le ciment en question est réquisitionné par le Hamas dès qu'il arrive, et utilisé alors pour étayer les tunnels. Non les tunnels de contrebande pour le marché noir, mais ceux qui servent à faire transiter de l'armement...
Un second navire fait route vers Gaza, avec l'unique et même obsession : forcer le blocus de Gaza. Pas délivrer de l'aide humanitaire, qu'on se le dise bien, mais forcer ce blocus. Le Ministère des Affaires étrangères israélien a donc communiqué et voici son message :
Message de Yossi Gal,
Directeur général du Ministère des affaires étrangères israélien, relatif au navire Rachel Corie en route vers Gaza
Nous n'avons aucune envie de confrontation. Nous n'avons aucune envie d'aborder ce navire. Si le navire décide d'arrimer au port d'Ashdod, nous assurerons alors son arrivée dans la sécurité et ne l'aborderons pas.
Israël est préparé à recevoir le navire et à décharger ses contenus.
Après une inspection afin de vérifier qu'aucunes armes ni matériels de guerre ne sont à bord, nous sommes préparés à livrer tous les biens à Gaza.
Les membres d'une représentation populaire à bord et les ONG impliquées pourront accompagner les biens aux points de passage.
Nous travaillerons avec l'ONU et les organisations internationales pour assurer que tous les biens sont utilisés au profit des habitants de Gaza.
Tiens, je viens de prendre connaissance de cette information via une commentatrice du blogue :
"18h10
Le 7e bateau approche de Gaza
Le cargo Rachel Corrie, affrété par une organisation irlandaise pour acheminer de l'aide humanitaire à la bande de Gaza, se rapproche de la zone où a eu lieu l'assaut israélien lundi contre le reste de la "flottille de la liberté". Il devrait arriver dans ce secteur d'ici samedi.
La quinzaine de militants pro-palestiniens à bord, dont Mairead Maguire, prix Nobel de la paix 1976, ont redit leur intention de forcer le blocus, tout en précisant qu'ils n'opposeraient aucune résistance en cas d'attaque des commandos israéliens. Ils ont également estimé acceptable l'éventualité que le cargo soit contrôlé par les Nations unies ou par un organisme indépendant pour vérifier qu'il ne transporte aucun matériel dangereux.
Le MV Rachel Corrie faisait à l'origine partie de la flottille arraisonnée lundi matin. Mais, en raison d'un problème technique et de sa lenteur, il a mis beaucoup plus de temps pour arriver en vue de Gaza."
http://lci.tf1.fr/filnews/monde/le-7e-bateau-approche-de-...
Voyons, si les protagonistes de cette histoire sont vraiment honnêtes, il devrait être possible de converger, non ? Il va, évidemment, de soi, que ce n'est pas l'ONU de décider ce qui peut entrer ou non dans les eaux territoriales d'Israël, mais en revanche, contrôler ce qui est convoyé et également son emploi, ça peut être intéressant ; à condition de ne pas faire les innocents en refusant d'admettre qu'un produit aussi anodin que du soda est susceptible d'entrer dans la composition d'un explosif, évidemment... Et puis, au fait, il faut qu'il y ait des partenaires pour négocier ; très intéressant de découvrir qui se trouvait vraiment dans la flotille de Gaza...C'était la flotille des Frères Musulmans, en somme, organisation radicale connue pour sa proximité avec les éléments les plus fanatiques et douteux de l'Islam...
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mercredi, 02 juin 2010
A quoi joue Erdogan ?
Je ne suis pas très loin de penser comme Manu et voulait d'ailleurs publier un billet en ce sens ce matin. Il y a un jeu très trouble de la Turquie dans l'affaire de la flotille de Gaza. Dans l'absolu, je n'avais jusqu'ici pas une trop mauvaise opinion d'Erdogan. Si je le trouve démagogue et populiste sur la scène internationale, à l'intérieur de la Turquie, l'économie décolle, les libertés civiles et politiques (à ce qu'il m'a semblé) progressent, la parole se libère. Sans lui donner un blanc-seing, et contre toute attente, force est de reconnaître que la venue de l'AKP a plutôt constitué un progrès pour les Turcs et les minorités en Turquie.
Mais à l'extérieur, moi qui suis l'un des rares Français favorables à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, je suis en train de raviser mon jugement. Parce qu'in fine, toute cette flotille, elle venait d'où ? De Turquie ! Le gouvernement turc connaissait parfaitement la destination et les véritables buts de l'IHH. Il connaissait ses liens avec le Hamas et savait que les six navires empruntaient précisément la route qui avait précédemment servi à livrer des armes au Hamas.
Je n'aime pas du tout les méthodes du Hamas. Je n'aime pas l'absence de respect pour la vie humaine de ce mouvement, et je n'aime pas son idéologie intégriste. Mais force est aussi de lui reconnaître qu'il n'a jamais cherché à exporter ce conflit en dehors de la Palestine ou d'Israël, et qu'ensuite, qu'il cherche à se fournir des armes, est, si je puis dire, de bonne guerre.
Bref, ce n'est pas le Hamas en soi qu'il faut accuser. Le Hamas estime faire de la résistance (avec des méthodes dégueulasses, néanmoins) et il essaie de se procurer du matériel militaire en conséquence. Rien que de normal. Non, le fond du problème, c'est l'attitude de la Turquie qui le sait et laisse faire.
L'AKP est un parti islamiste. Chassez le naturel, il revient au galop, c'est plus fort que lui. L'exercice du pouvoir l'a démocratisé, mais le vieux fond intégriste ressurgit au premier appât.
Qu'aurait fait l'Europe si la Turquie eût été membre de l'Union ? Nous autres, Européens, aurions été dans de beaux draps, placés dans une situation inconfortable et mis devant le fait accompli !
Erdogan a tout faux. Ses manoeuvres auront finalement enfoncé la crédibilité de la Turquie, et, comme on finira bien par parler du rôle de ce pays, mis en porte à faux ceux qui sont favorables à son intégration en Europe (du coup, je ne sais plus si j'en suis...).
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mardi, 01 juin 2010
Flotille de Gaza, réaction de Marielle de Sarnez
Je voudrais m'assurer d'éviter tout quiproquo. Les deux derniers billets que j'ai publiés sur la flotille de Gaza représentent mon opinion personnelle, et non celle du MoDem. Je relève toutefois que dans la sphère politique, Marielle de Sarnez qui s'est exprimée, a fait preuve de mesure en évitant de stigmatiser frontalement les acteurs de ce drame. Parménide, lecteur occasionnel de ce blogue, me signale l'entretien que Marielle de Sarnez a donné au site Oumma.com. Par souci d'équité, je reproduis donc le communiqué de Marielle.
Suite à l'attaque israélienne des navires humanitaires destinés à la bande de Gaza, Marielle de Sarnez, députée européenne et vice-présidente du Mouvement Démocrate, a réagi lundi sur la radio RCF.
Elle a jugé cet acte "terrible", et comme "une tragédie qui s'ajoute à celles qui ont lieu depuis 62 ans".
Marielle de Sarnez a rappelé que "ces bateaux transportaient de l'aide humanitaire pour reconstruire Gaza", ajoutant que la marine israélienne aurait dû faire son travail en amont pour laisser passer" ces navires.
Marielle de Sarnez a aussi réclamé à nouveau la levée immédiate du blocus de la bande de Gaza par Israël, car selon elle "ce n'est pas une issue".
"Le peuple de Gaza veut vivre, exporter ses produits, faire grandir et éduquer ses enfants. Les Etats-Unis, L'Union européenne, les 27 Etats membres, doivent réagir" a encore ajouté Marielle de Sarnez, rappelant que "seulement deux ministres des affaires étrangères des 27 Etats membres sont venus à Gaza".
"Si on n'intervient pas maintenant, on n'interviendra jamais" affirme ainsi Marielle de Sarnez.
Rappelant qu'elle s'est déplacée dans les Territoires palestiniens et notamment à Gaza, Marielle de Sarnez a rappelé que "les Palestiniens veulent un Etat et un avenir".
"Cela a duré 62 ans et cela a trop duré !", a-t-elle conclu.
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lundi, 31 mai 2010
Gentils pacifistes pro-palestiniens contre méchants soldats israéliens...
Aucun état n'est traité par les médias mondiaux comme l'est l'État d'Israël. Le plus ridicule est de lire çà et là que la presse et les médias seraient à la solde d'Israël et contrôlés par les Juifs. Si cela devait être le cas, autant dire qu'ils seraient particulièrement mal payés de retour. En tout cas, pour ce qui concerne la "gentille" association "humanitaire" free Gaza, voyez comment ses militants tapent à coups de barre de fer sur les soldats israéliens venus les arraisonner...Pas étonnant que Tsahal soit revenue en force à l'arme lourde ensuite. Bien entendu, vous ne verrez pas cette vidéo dans les médias traditionnels, ni à la télévision, ni dans la presse, ni sur Internet.
Comprenons-nous bien : il faut qu'Israël soit le méchant en toutes circonstances. Aucun autre état ne provoque de telles levées de boucliers lorsqu'une de ses confrontations débouche sur des morts. Partout en Afrique, en Iran, en Chine, en Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Liban, en Indonésie, des hommes et des femmes périssent par dizaines, par centaines, par milliers, et même parfois par millions (Rwanda, Soudan) sans que les médias internationaux ne s'en émeuvent outre mesure sauf par de rares articles. Ne parlons même pas des activistes, alter-mondialistes, verts-gauchistes, communistes et nationalistes qui trouvent là l'occasion rêvée d'expurger leur haine du Juif sous le masque de l'anti-sionisme. Anti-sionisme ? Et pourquoi n'y aurait-il pas un anti-kurdisme ? un anti-kabylisme ? un anti-cherokeeisme, un anti-inuitisme ? un anti-Corsisme ? un anti-Tibétanisme ? Je pourrais en trouver des minorités qui cherchent à se regrouper...parfois sur le territoire d'autres nations, au passage. Entend-on alors une levée de boucliers des "pacifistes" et défenseurs de droits de l'homme ? Non. Rien. Un grand silence plane. Quelques voix isolées pour faire bonne figure, mais croyez-bien qu'on fera inifiniment moins de bruit que lorsqu'il s'agit de condamner Israël, le Satan de leurs bonnes consciences perverses.
Je n'avalise pas la politique d'Israël. La politique idiote, suicidaire et inique de colonisation de la partie est de Jérusalem et d'une partie de la Palestine est la garantie de réunir tous les ingrédients pour préparer les cocktails les plus explosifs. Cette politique ne fait pas pour autant d'Israël le seul comptable de tous les heurts. Loin de là. La propagande palestinienne haineuse, relayée par certains pays arabes et/ou musulmans, sans compter la gauche de la gauche, l'extrême-gauche et l'extrême-droite qui y voient l'occasion de lutter à la fois contre la démocratie libérale et contre les USA en plus d'assouvir leurs penchants anti-sémites à peu de frais, favorise plus que largement l'incompréhension mutuelle, la haine et la vengeance aveugle. Au demeurant, il y a bien plus de pacifistes israéliens partisans d'une amitié entre les deux peuples que de pacifistes palestiniens de la même veine. Ils existent peut-être, mais, s'ils devaient se manifester, ils seraient maltraités, torturés et liquidés et/ou lynchés.
Au moment où je mets cette vidéo en ligne, elle n'a été vue que 309 fois. Des milliers de fois moins, j'imagine, que les vidéos que les "pacifistes" pro-palestiniens ont préparé. D'ailleurs, peut-on être pacifiste et pro-quelque chose ? Le parti de la paix n'est certainement pas celui du parti pris, ce que rappelait avec sagesse Alain Lamassoure ce midi sur France-Info. Je recommande à cet égard son édito du 29 mai, emprunt d'une grande lucidité.
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Convoi pour Gaza : ne l'ont-ils pas cherché ?
Bon, je me demande si je ne devrais pas fermer les commentaires sur mon blogue par mesure de prophylaxie. Je lis la presse et constate une condamnation unanime ou presque d'Israël après que ce dernier ait intercepté une flotille qui s'apprêtait à aborder à Gaza en passant par ses eaux territoriales.
Je constate également un usage disproportionné de conditionnels dans les compte-rendus et les titres si bien que je trouve qu'il n'y a pas moyen d'y voir clair, les déclarations les plus fantaisistes circulant dans la sphère médiatique.
Je constate aussi que l'on présente la flotille comme un groupe de doux pacifistes, ce qui est totalement faux : il y a là une organisation notoirement anti-israélienne avec des militants du Hamas qui ont juré la destruction d'Israël.
Entre deux lignes, on apprend également qu'Israël avait averti que Tsahal ne laisserait pas passer les bateaux, et que les "pacifistes" n'en sont pas à leur coup d'essai.
La force de dissuasion d'Israël cela a toujours été que ce pays faisait de ce qu'il avait dit qu'il ferait. Les activistes anti-israéliens ne pouvaient ignorer que l'armée d'Israël interviendrait s'ils tentaient de passer en force les eaux territoriales d'Israël.
Ils ont donc sciemment cherché à faire des victimes pour pouvoir disposer de martyrs à montrer à l'opinion publique mondiale Pourquoi ont-ils pris le risque de faire des victimes dans ces conditions ? J'ai également compris des bribes d'information dont je dispose que les soldats israéliens avaient été attaqués à l'arme blanche.
J'attends d'en savoir plus, mais j'ai comme une défiance quand je vois semblable levée de boucliers, toujours dans le sens de la faute d'Israël. Pourtant, pas un Etat au monde ne tolérerait les agissements des dits "pacifistes" à l'égard de son territoire.
Stratégiquement, Israël marche sur un fil étroit : il doit affronter des adversaires qui ne reculent devant aucune provocation pour lui nuire. Le décryptage de Jean-Marie Hosatte à Jérusalem pour le Point me semble à cet égard très perspicace.
Cela dit et pour conclure : la diplomatie israélienne est vraiment nullissime. Elle tombe dans le panneau à tous les coups. La doctrine de défense d'Israël devrait tout de même inclure un minimum son image et l'opinion publique mondiale. Je parie qu'on va trouver d'ici peu des vidéos de l'assaut, qui, comme par hasard, présenteront l'assaut israélien sous son jour le pire.
La technique est rôdée : s'il existe des tireurs du côté de Free Gaza, la prétendue organisation humanitaire, personne n'en saura jamais rien, car des photos de leurs tirs s'il y en a eu, personne n'aura pu en faire. Facile, en revanche, de prévoir les appareils-photo pour prendre des clichés d'Israël attaquant.
Il faudrait un jour que l'état d'Israël commence à penser à ce genre de procédés et trouve des moyens des les contourner ; là, il me fait l'effet du taureau devant lequel on agite un chiffon rouge et qui fonce tête baissée. Dans les arènes, cela s'appelle de la corrida et cela finit par la mort du taureau, au bout d'un moment, en dépit de sa puissance supérieure au torero...A méditer...
[EDIT] Lectures complémentaires :
La flotille humanitaire (avec nos gueules)
Ippon (Authueil)
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jeudi, 05 février 2009
Israël/Gaza : 52 civils tués !
Eh non, en fait, ce n'est ni en Israël ni à Gaza qu'il y a eu 52 morts, mais au Sri-Lanka. Jours nuageux (Cloudy Days) et Rubin Sfadj l'ont évoqué l'un et l'autre dans deux billets qui me paraissent clairs et nets.
Mon objectif n'est pas d'épiloguer, mais j'aimerais savoir si nos amis des droits des palestiniens de l'homme seront aussi soucieux du sort des populations civiles Tamoules. Non que je soutienne les Tigres Tamouls d'une quelconque manière, mais en revanche, il me paraîtrait logique que ceux-là même qui s'inquiètent du sort des populations civiles de Gaza éprouvent des inquiétudes au moins similaires pour le Sri-Lanka...
Cela dit, les mêmes causes provoquent les mêmes effets : si le Sri Lanka acceptait une transformation en État fédéral avec reconnaissance des langue, religion et culture Tamoules, on peut raisonnablement supposer que la rébellion perdrait sa raison d'être. Certes, les Tigres disposent de fonds conséquent, et une défaite militaire totale ne signifie pas pour autant son extinction, mais si on lui coupe ses racines, la colère, l'absence de reconnaissance, ils ne pourront pas renaître.
C'est sans doute un voeu bien pieux, par les temps qui courent, mais dans le conflit israélo-palestinien, ce serait évidemment la solution idéale que de bâtir un état confédéral israélo-palestinien.
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mercredi, 21 janvier 2009
Autres Leçons de Gaza
Je viens de découvrir le blog personnel d'un des éditorialistes du Figaro, Pierre Rousselin. Il vient d'intituler l'un de ses derniers billets "Leçons de Gaza". Je trouve son analyse, tout à fait exempte de manichéisme, particulièrement intéressante. Je le rejoins sur la plupart de ses conclusions. Je voudrais toutefois ajouter quelques éléments. Il est vraisemblable que l'expédition en terre gazaouie n'est pas seulement le fruit de l'exaspération israélienne. La classe politique au pouvoir voulait obtenir absolument un résultat avant les élections. Soit le Hamas s'abstenait de lancer des roquettes, soit le gouvernement israélien montrait sa détermination à protéger son territoire.
Ehud Barrack, et probablement Tzipi Livni, et même Ehud Olmert, sont ainsi remontés en flèche dans les sondages. Ceci pourrait présager de bons scores électoraux aux prochaines législatives. Il n'est pas inenvisageable qu'Israël montre alors un tout autre visage, une fois les impératifs intérieurs passés, et se montre bien plus ouvert à la négociation avec le Hamas.
Ehud Barrack est l'homme politique israélien qui est allé le plus loin dans les concessions envisagées vis-à-vis à des Palestiniens. Tout le monde l'a oublié, et on ne lui rend pas justice, mais il était prêt à discuter du statut de Jérusalem. Seul le Meretz qui n'a jamais exercé le pouvoir a envisagé de telles concessions, mais jamais aucun des partis de gouvernement.
Tzipi Livni est une diplomate habile. Capable d'une détermination totale, elle a été aussi la première à faire la distinction entre les cibles militaires et les cibles civiles. Si le Hamas n'avait pas eu l'imbécilité de s'en prendre aux civils israéliens, Gaza n'en serait sans doute pas là où elle est à l'heure actuelle.
Ce qui compte, c'est que sur le fond, ces deux personnages sont capables de discuter. En même temps, quoi que l'on pense du Hamas, en acceptant de jouer le jeu démocratique palestinien (à vrai dire bien balbutiant) et d'exercer des responsabilités politiques et administratives, le Hamas s'est placé dans une position où il devra choisir. On a vu les militants du Hamas omni-présents sur le terrain après le cessez-le-feu, mais je ne suis pas sûr que le peuple palestinien de Gaza soit enchanté de ses choix stratégiques.
Notamment, la fanfaronnade du Hamas pourrait lui coûter cher dans de futures élections législatives : le Hamas déclare que 48 de ses combattants seulement sont morts. Or, il y a eu 1350 victimes lors de cette guerre. Faut-il en conclure qu'après avoir sciemment exposé ses concitoyens, le Hamas a caché et protégé en priorité les mêmes qui avaient déclenché la tempête, laissant les civils sans aide en proie aux pires difficultés ?
L'accusation de "planqués" pourrait lui revenir au visage comme un boomerang et si j'étais membre du Fatah, je ne manquerai pas de le leur jeter à la figure.
Au final, il y aura des négociations en Palestine, parce que c'est le sens de l'Histoire et que c'est inéluctable, à terme. Une fois les esprits apaisés, on peut espérer que la diplomatie reprenne ses droits.
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UNRWA et Hamas
Je me méfie souvent des envolées grandiloquentes contre Israël, et notamment, j'ai beaucoup de mal à croire que Tsahal ait frappé un bâtiment de l'ONU sans motifs sérieux. Israël avait déclaré avoir frappé une école gérée par l'UNRWA parce que des combattants du Hamas y étaient et que des tirs avaient visé ses unités à partir de cette école.
Or, je viens de trouver cette très intéressante information sur le blog de LOmiG qui tend à confirmer mes propres soupçons : Interviewé par une chaîne de télévision canadienne, Peter Hansen, le chef de l’UNRWA, l’agence onusienne d’aide aux réfugiés palestiniens, a déclaré : « Je suis sûr qu’il y a des membres du Hamas parmi les salariés de l’UNRWA, et je ne considère pas cela comme un crime ».
Le problème, c'est qu'en lisant l'article qui date de 2004, comme l'observe LOmiG, les décisions d'Israël s'éclaient d'un jour nouveau. Voilà ce que l'on y trouvait entre autres :
Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan va enquêter sur les accusations israéliennes concernant l'utilisation par les Palestiniens d'ambulances de l'UNRWA pour transporter des missiles al Qassam. Peter Hansen, le directeur général de l'UNRWA, a pour sa part nié ces accusations, et un responsable des Nations unies a déclaré qu'il n'y avait pas de raison qu'Annan doute de leur sincérité.
Hansen a affirmé : « Je suis persuadé que des membres du Hamas travaillent à l'UNRWA, et je ne considère pas cela comme mauvais ». Hansen a fait ces déclarations à l'occasion d'une rencontre avec la chaîne de télévision britannique CBC, ajoutant que « le Hamas est également un mouvement politique, et que tous ses activistes n'étaient pas des terroristes ».
Quelques jours plus tôt, l'armée israélienne avait photographié une ambulance appartenant manifestement à l'UNRWA et transportant quelque chose que l'armée a prétendu être un missile al Qassam. Israël a demandé aux Nations unies de limoger Hansen à la suite de ses déclarations.
Il a par ailleurs réfuté les allégations de l'armée, affirmant qu'une simple investigation suffirait à prouver que ce qui avait mis dans l'ambulance n'était autre qu'une civière. Selon lui, les accusations de l'armée sont de nature provocatrice. « Peut-être les soldats qui croiront ce que dit l'armée israélienne éprouveront-ils dorénavant de la peur à chaque passage aux barrages d'une ambulance de l'UNRWA, et l'on ne peut prévoir l'étendue du péril auquel sera exposée la vie de nos équipes médicales ».
Le gouvernement canadien, qui contribue à l'UNRWA à hauteur de 10 millions de dollars, a pour sa part annoncé à la suite de la rencontre télévisée avec Hansen, qu'il demanderait des éclaircissements à ce dernier et aux Nations unies. Le ministre canadien des Affaires étrangères a fait savoir que son gouvernement était extrêmement inquiet du fait des déclarations de Hansen.
Tiens donc. J'attends la suite avec intérêt...
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mardi, 20 janvier 2009
Cessez-le feu à Gaza, François Bayrou salue le rôle de l'Égypte
François Bayrou juge que la mobilisation diplomatique de cinq pays européens, dimanche au Proche-Orient, dont la France s'est attribuée la paternité, relevait beaucoup de la "communication" et de la "mise en scène". "On a parfois l'impression que l'on sacrifie beaucoup à la mise en scène", estime-t-il au lendemain du déplacement à Charm el-Cheikh (Egypte) et à Jérusalem (Israël) de cinq chefs d'Etat ou de gouvernement européens, dont Nicolas Sarkozy, après 22 jours d'offensive israélienne dans la bande de Gaza.
"A l'évidence, c'est l'Egype qui a joué le rôle clé pour qui le calendrier était conçu pour que tout soit achevé avant l'investiture de Barack Obama. Il faut donc éviter de confondre ce qui est essentiel, avec ce qui est communication", a-t-il jugé. "J'imagine que le silence de Barack Obama pendant cette séquence de conflit doit s'accompagner d'une ébauche d'intervention diplomatique tacitement acceptée, en tout cas par Israël, dès les premiers jours de la nouvelle administration", a-t-il ajouté.
François Bayrou s'est félicité de l'acceptation du cessez-le-feu par Israël et le Hamas et du début de retrait des troupes israéliennes de Gaza, "un signe d'espoir pour les populations qui n'en pouvaient plus d'être prises au piège et de voir la guerre s'abattre sur elles".
Il a jugé que les conséquences diplomatiques sont très importantes : "paradoxalement, la guerre a fait du Hamas un interlocuteur, alors que jusqu'à maintenant la ligne était de l'ignorer".
Selon François Bayrou, il faut réfléchir à la manière dont on peut, dans cette situation tragique, trouver un équilibre politique qui fasse que les Palestiniens modérés, qui étaient dans une démarche de paix et de construction politique ne soient pas marginalisés.
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vendredi, 16 janvier 2009
Gaza, ce qui va changer...
Je n'ai pas la même grille de lecture que la plupart des commentateurs sur les évènements de Gaza. Je pense qu'Israël va gagner son pari à double titre. D'une part, parce qu'il va neutraliser l'appareil militaire du Hamas pour fort longtemps, et d'autre part, qu'il va générer une véritable révolution dans la stratégie militaire, parce qu'il va démontrer qu'une armée régulière peut venir à bout d'une guérilla en territoire hostile. Ce-faisant, nul doute que sa possible victoire aura des conséquences inattendues sur la manière dont toutes les armées du monde envisagent la lutte armée contre des guérillas adossées à des populations ou des zones hostiles.
Ce qui me frappe, dans cette guerre, c'est le très faible nombre de soldats israéliens blessés ou tués et la non moins faible quantité de matériel militaire israélien endommagée. Du côté palestinien, les pertes sont évidemment lourdes, mais, au regard de combats dans une zone aussi dense, bien moindres que ce que l'on aurait pu attendre de l'engagement d'une armée conventionnelle sur un espace aussi resserré avec des ennemis cachés dans les populations civiles.
Il est très probable qu'Israël ait tiré des leçons de son retentissant échec contre le Hezbollah. Israël, à mon avis, comme je l'ai déjà dit, n'a jamais eu comme but de détruire le Hamas, mais de le contraindre à négocier en lui infligeant des pertes massives.
Les dernières déclarations de Khaled Mechaal prévenant que le Hamas allait passer par des moments difficiles et se déclarant enfin prêt à signer une trêve d'un an à certaines conditions sont révélatrices. Le Hamas déclare être prêt à signer un cessez-le-feu, pas une reddition. Une analyse sémantique des propos tenus par ce mouvement montre qu'il a sérieusement baissé un ton.
Israël pourrait être tenté de pousser son avantage. Les services de renseignement ont certainement repéré les rampes de lancement des roquettes, les tunnels où sont cachées les armes et la position de plusieurs leaders du Hamas. D'ailleurs plusieurs responsables de haut rang ont perdu la vie dans les combats.
L'impact des armes DIME que j'ai évoquées ici, du renseignement et de la préparation aura été déterminant. L'article a d'ailleurs été repris sur AgoraVox, ce qui m'amène à une autre réflexion : sur Gaza, il est impossible, particulièrement sur AgoraVox mais pas seulement, d'avoir des échanges construits sans devoir affronter une meute de gauchistes, trottskistes,alter-mondialistes,islamo-gauchistes et islamistes enragés. J'ai renoncé à publier toute réponse sur AgoraVox en raison des réactions épidermiques qui s'y produisaient.
A vrai dire, l'anti-sionisme régulièrement invoqué par les parties en présence sert souvent de voile pudique à un anti-sémitisme bien plus profondément ancré dans les esprits. Si je peux encore comprendre le raisonnement des populations d'origine arabe ou de religion musulmane qui prennent parti pour le Hamas, pour les autres, on comprend qu'ils se retiennent pour ne pas hurler à pleins poumons leur haine du Juif.
Du côté des populations musulmanes, il n'y a pas d'anti-sémitisme enraciné, mais un anti-sémitisme cristallisé par le problème de la Palestine. Cet anti-sémitisme-là date de 1920 au plus, plus exactement, de la résolution Balfour et ne va pas au-delà. Pendant des siècles Juifs et Musulmans ont vécu en harmonie.
Il en va tout autrement des "Gaulois" et plus généralement Européens d'origine : l'Europe cultive depuis des siècles cet anti-sémitisme-là, dont le point d'orgue le plus terrifiant a été la Shoah. Les Gauchistes et Communistes ont recyclé ce sentiment-là en le couvrant du nom plus respectable d'anti-sionisme. Mais la réalité point le nez chaque fois qu'ils essaient de la baillonner. Je ne parle évidemment même pas des voix d'extrême-droite qui viennent se mêler à l'extrême-gauche dans un beuglement commun chaque fois qu'il s'agit d'Israël.
D'une certaine manière, si les Palestiniens devaient en vouloir à un peuple sur le fond, ce n'est pas aux Israéliens qu'il faudrait s'en prendre, mais aux Européens. Ce sont les Européens, par leurs pogroms et leur rejet des populations juives qui cherchaient à s'assimiler au XIXème siècle qui ont provoqué un désir de retour sur la terre de leurs ancêtres chez ces mêmes populations.
06:43 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (54) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note
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