dimanche, 07 septembre 2008
Le MoDem, un espoir pour l'initiative privée
Je le faisais quelques réflexions sur l'économie sociale de marché, que je comparais avec l'économie socialiste (non-marxiste, mais celle de nos socialistes à nous). Il y a sur le fond, une différence fondamentale entre les socialistes et nous, même les sociaux-démocrates : les socialistes se défieront toujours de l'initiative privée. Certes, les plus réalistes d'entre eux, en admettent la nécessité, mais ils n'en voient pas les bienfaits, et la considèrent comme une fatalité qu'il faut réguler et encadrer autant que faire se peut.
Au MoDem, nous pensons tout l'inverse : nous estimons au contraire que l'initiative privée, la créativité, doivent être libérées autant que faire se peut. Mais, nous avons une très large différence d'appréciation à ce sujet avec la droite classique, et a fortiori avec les néo-libéraux. Nous jugeons que le néo-libéralisme ne libère pas plus l'initiative privée que le socialisme. Il l'enferme dans d'autres carcans non moins étouffants que l'étatisme. Le rendement financier aveugle, entre autres, surtout quand il est le fait d'un actionnariat de pression sans lien avec l'entreprise. C'est, je le crois, l'une des pistes de l'économie sociale de marché telle que la pense François Bayrou, et ceux qui se retrouvent dans cette idée. En particulier, il y a une ligne de fracture nette entre le capitalisme financier et le capitalisme entrepreneurial. Le second au lieu de se subordonner à l'entreprise a au contraire soumis les entreprises à une logique de plus en plus folle.
En un sens, nous sommes les héritiers de Schumpeter, car ce dernier avait anticipé le mouvement de déresponsabilisation à la tête des entreprises. Quand l'on voit aujourd'hui les comités directeurs récompenser à coups de millions d'euros les plus incapables des grands patrons, on ne peut que se dire que Schumpeter avait vu juste.
00:26 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : initiative, schumpeter, bayrou
jeudi, 04 septembre 2008
Edvige, le PS a raison de se taire
Je me faisais la réflexion que j'étais très content de l'appel de Bayrou contre Edvige et du silence du PS sur ce sujet : pourquoi ? Le PS a peur d'intervenir de peur de passer pour laxiste, car le fichier EDVIGE sert contre les bandes et les délinquants. Comme le PS est laxiste et n'a toujours pas intégré dans son idéologie la nécessité de la sécurité pour assurer les libertés individuelles, tant mieux si on ne l'entend pas.
Si François Bayrou monte au créneau contre EDVIGE, ce n'est pas par droit-de-l-hommisme, cher aux socialistes et à la gauche, mais parce que ce fichier menace gravement les libertés individuelles :
il est inadmissible que les citoyens soient fichés parce qu'ils exercent des responsabilités politiques, associatives ou religieuses. INADMISSIBLE.
Tous les libéraux devraient rejeter avec la plus grande vigueur un tel fichier, digne d'un état totalitaire. Autant je suis tout à fait favorable à une lutte sans merci contre la délinquance, et je l'ai déjà écrit ici, y compris contre des mineurs de 13 ans, leur fichage ne m'empêche pas de dormir, autant je juge que ce fichier est dénaturé et va bien au-delà des questions de sécurité en fichant des individus pour leurs opinions.
François Bayrou a bien raison d'appeler tous les maires à rejeter un tel fichier. On est dans cette histoire, au-delà d'un clivage gauche-droite ou même gouvernement-opposition : c'est de la liberté qu'il s'agit !
12:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : edvige, bayrou, ps
mardi, 02 septembre 2008
Un démocrate-chrétien parmi les musulmans
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt l'enquête de La Croix sur le vote des Musulmans : sans surprise, on les trouve proches de la gauche, ce qui n'est guère étonnant si l'on considère les déclarations de Nicolas Sarkozy ces dernières années, mais, ce qui est assez inattendu, c'est la percée de Bayrou et du MoDem dans cet électorat. Le MoDem séduit 10% de cet électorat (pour 11.5% pour l'ensemble des Français).
Ce qui est casse-pied, dans cette étude, c'est que l'IFOP s'obstine d'une part à mélanger le MoDem avec l'UDF, mais surtout, à associer UDF et UMP dans sa comptabilité. Heureusement, il y a eu le magazine Top Chrétien pour lire entre les lignes. Bayrou c'est un croyant qui assume sa foi en terre laïque. Il me semble que ses positions, dans un pays comme la France, constituent un bon compromis entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel. Les Musulmans modérés sont certainement sensibles à son discours.
07:59 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, musulman, bayrou
lundi, 01 septembre 2008
Bayrou demande plus de moyens pour l'armée en Afghanistan
François Bayrou a déclaré hier à la presse qu'il voterait en faveur de la poursuite de l'intervention française en Afghanistan, le 22 septembre à l'Assemblée nationale. "La décision qui a été prise de maintenir notre participation à l'action internationale (en Afghanistan), oui je la voterai", a-t-il déclaré lors du Grand Rendez-Vous Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France. "J'ai, à l'époque, approuvé la décision qu'avait prise conjointement Jospin et Chirac de se joindre à cette opération et la France, je le pense, doit tenir ses engagements, à condition qu'elle donne à ses soldats les moyens de leur sécurité", a-t-il ajouté. Un débat suivi d'un vote aura lieu le 22 septembre en séance plénière à l'Assemblée nationale et au Sénat, sur la prolongation de la présence militaire française Afghanistan. François Bayrou a par ailleurs évoqué des "zones d'ombre" concernant l'embuscade qui a coûté la vie à 10 soldats français le 18 août en Afghanistan. "Il m'étonnerait que le gouvernement ignore tous les détails", a-t-il ajouté, réclamant plus de "moyens matériels" pour les forces françaises engagées sur place.
15:36 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (30) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, modem, bayrou
mercredi, 20 août 2008
Les militaires français étaient-ils suffisamment protégés en Afghanistan ?
Dix soldats français sont morts en Afghanistan. 21 sont blessés. J'aimerais en savoir plus sur les circonstances d'un drame d'une telle ampleur. Je m'interroge de longue date sur la structuration du budget de la Défense et rappelle les mises en garde de Philipppe Nogrix, sénateur UDF-MoDem, à ce sujet. Chaque année des économies supplémentaires sont faites au détriment de la Défense alors que l'on donne toujours plus de missions à l'armée. Je me souviens d'avoir lu dans le Canard Enchaîné que les troupes françaises en Afghanistan manquaient de matériel de protection et de détection. Les combats, on le sait, ont duré toute la nuit, si bien que je comprends de ce qu'il s'est passé, que nous avons eu affaire à un quasi-épisode de guerre conventionnelle (pour laquelle les Talibans étaient lourdement armés, apparemment).
Cela fait des mois et des mois que je réclame un débat parlementaire sur nos objectifs en Afghanistan. J'aimerais bien qu'il survienne une bonne fois pour toutes. Plus généralement, il serait grand temps de définir nos priorités au lieu de disperser nos forces aux quatre coins du monde, avec un matériel souvent vétuste ou inadapté et surtout insuffisamment rénové.
EDIT : une information que j'ignorais :
François Bayrou (MoDem), a déclaré : « Devant des pertes aussi lourdes (...) la question des moyens, des matériels à mettre en oeuvre pour assurer la sécurité des soldats engagés dans des actions de guerre devra être posée. »
10:07 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : armée, afghanistan, soldat, mort, bayrou
mercredi, 30 juillet 2008
L'Etat complice de ceux qui jouent avec le droit
François Bayrou s'est insurgé lundi contre la décision gouvernementale de ne pas faire appel de la sentence arbitrale rendue dans le dossier Tapie, assurant que l'Etat se faisait "le complice" de ceux qui "jouent" avec le droit. Voyant dans la renonciation à faire appel "la preuve que c'est une décision d'Etat qui a permis ce scénario sans précédent, il en conclut qu'on va prendre dans la poche des contribuables français plusieurs centaines de millions d'euros qui vont permettre à M. Tapie de racheter toutes les dettes qu'il a accumulées au long de sa vie et de devenir un homme riche à la tête d'un patrimoine de plusieurs dizaines de millions d'euros"...
...
"C'est une décision qui n'a aucun précédent", a insisté M. Bayrou, alors que "la plus haute juridiction française, la Cour de cassation, réunie dans sa formation la plus solennelle, a jugé, il y a moins de deux ans, que la demande d'indemnisation de M. Tapie n'était pas fondée".
"Il a fallu que cette décision soit prise au plus haut niveau de l'Etat et qu'elle traduise ainsi des ententes et des connivences de toute nature", a accusé François Bayrou. "Jusqu'à maintenant, dans la République, l'Etat défendait le contribuable et les règles de droit. Maintenant, il se fait le complice et le protecteur de ceux qui n'ont cessé de jouer avec les règles élémentaires du droit". François Bayrou a promis de faire "tout pour que le Parlement se saisisse des circonstances particulières qui ont entouré une décision aussi choquante, scandale aux yeux de tous les citoyens français qui ont tant de mal à joindre les deux bouts".
L'Etat ne déposera pas de recours contre la sentence arbitrale ayant condamné le Consortium de réalisation (CDR) à verser 285 millions d'euros à Bernard Tapie dans le dossier Adidas, a indiqué Bercy lundi.
13:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, droit, tapie, adidas
mardi, 29 juillet 2008
Le centrisme tribunicien
Je trouve remarquablement pertinente le commentaire de Laurent de Boissieu, journaliste politique expert et reconnu du journal La Croix à mon billet précédent "Bayrou le tribun". Je le copie donc ici, et j'y ajoute quelques commentaires :
"Désormais, c'est à l'électorat contestataire renvoyant dos-à-dos les deux grands partis de gouvernement que s'adresse François Bayrou. Dans la préface du livre qu'il vient de publier (1), il dénonce ainsi les élites au nom du « peuple des citoyens, le tiers état d'aujourd'hui » : « C'est un peuple qu'ils croient sans importance, écrit-il. Presque un peuple de trop. Un peuple gênant. Ainsi le vivent les pouvoirs, et le considèrent les puissants. Le même mal ronge et court depuis des années, préparant à chaque élection, à chaque consultation, sa surprise, l'irruption du peuple indocile dans le concert bien ordonné de la pensée préfabriquée. Et chaque fois les puissants poussent des ah ! et des oh !, commandent des enquêtes dont ils découvrent les conclusions navrées... et retournent à leurs habitudes méprisantes. » Familier de la science politique, un parlementaire européen UDF qualifie ce discours de « centrisme tribunitien ». Il n'est du reste pas inédit en Europe : on peut citer par exemple le Parti du travail en Lituanie, membre justement du Parti démocrate européen coprésidé par François Bayrou."
http://politique.hautetfort.com/archive/2006/11/13/centre...
Prémonitoire, parce ce que ce commentaire, Laurent de Boissieu l'a en fait écrit en octobre 2006 ! Il le cite donc à propos. Toutefois, il ajoute la remarque suivante :
Pour avoir suivi de près les deux campagnes, il y avait du Chevènement-2002 (plus que du Le Pen) dans le discours de Bayrou en 2007. Appel au peuple contre les élites : c'est la définition même du populisme (je n'avais pas osé le mot dans mon article, mais l'idée y était).
Et sur ce point, je mets un bémol : le centrisme de Bayrou est en effet tribunicien, mais pas populiste. Les solutions que François Bayrou propose (et il en propose contrairement aux discours populistes habituels) sont des solutions réalistes et concrètes. Bayrou ne fait pas de promesses hasardeuses, au contraire, il honnit ceux qui en font, dénonçant leur hypocrisie.
Je reprenais un article de wikipedia sur la démagogie dans mon billet précédent qui concluait en distinguant démagogie et populisme :
La démagogie, même si elle est inhérente à toute démocratie, fausse le jeu d'une conception idéalisée de la démocratie produisant bien souvent des effets contraires à l’intérêt général.
Souvent confondue avec le terme populisme, la démagogie se différencie de celui-ci dans la mesure où elle renvoie à l'idée de "dire au peuple ce qu'il veut entendre" (d'où l'utilisation de termes simplistes), alors que le populisme renvoie à l'idée de "faire ce que le peuple souhaite".
A cette lecture, on comprend bien que Bayrou n'est ni démagogue, ni populiste. La démagogie et le populisme sont des dérives, justement, de la fonction tribunicienne. Et à vrai dire, c'est s'engager sur un chemin étroit que d'endosser le rôle du tribun de la plèbe, tant, en effet, les dérives sont faciles. Seule la République Romaine était parvenue à encadrer politiquement cette fonction et à lui donner un éclat qu'elle ne connut plus par la suite. Rarement, en effet, par la suite, cette fonctionest revenue se placer au centre du jeu républicain.
C'est le tour extraordinaire qu'accomplit pourtant le président du MoDem, et, tout comme les tribuns de jadis, c'estr bien en dehors des assemblées et des représentations qu'il accomplit sa tâche, puisque l'Assemblée Nationale ne peut plus être un lieu où il est audible. Mais dans le théâtre politique, il a trouvé la place qui lui permet de faire porter sa voix, en dépit de son apparent isolement. Il avait, je le crois,remarquablement théorisé cela en novembre 2007 avec la Dalle d'Epidaure.
Centrisme tribunicien. Voilà qui me plaît et qui convient bien à l'hérétique. J'aimerais bien savoir quel est l'euro-député UDF qui a trouvé cette terminologie. A vue de nez, cela ressemble à du Bourlanges, mais je peux me tromper. En attendant, je recommande vivement le blog de Laurent de Boissieu,pour qui s'intéresse à la politique. C'est par exemple chez lui que Wikipedia récupère un certain nombre d'articles, et surtout, on trouve chez ce fin observateur de la vie politique des observations qui ne sont pas publiées ailleurs.
12:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (241) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, centrisme, tribun, tribunicien, plèbe, populisme, modem
lundi, 28 juillet 2008
Classification des sénateurs MoDem
Il est difficile de se repérer dans les sénateurs centristes parmi lesquels le MoDem a des représentants. Mais j'ai trouvé cette classification sur le blog de Laurent de Boissieur à l'occasion d'une note sur la révision constitutionnelle. Je la copie :
Les douze sénateurs MoDem (décompte personnel, le flou étant entretenu sur l'appartenance partisane des sénateurs) se sont en effet coupés en trois :
- 7 votes pour : Philippe Arnaud (MoDem-Bayrou), Didier Borotra (MoDem-Bayrou), Yves Détraigne (MoDem-Mercier/Arthuis), Françoise Férat (MoDem-Mercier/Arthuis), Michel Mercier (MoDem-Mercier/Arthuis), Catherine Morin-Desailly (MoDem-Mercier/Arthuis), Philippe Nogrix (MoDem-Mercier/Arthuis)
- 3 abstentions : Denis Badré (MoDem-Bayrou), Marcel Deneux (MoDem-Mercier/Arthuis), Jean-Marie Vanlerenberghe (MoDem-Bayrou)
- 2 votes contre : Jacqueline Gourault (MoDem-Bayrou), Jean-Jacques Jégou (MoDem-Bayrou)
11:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, centriste, sénateur, bayrou
Bayrou le tribun
EDIT : compte-tenu des premiers commentaires, je fais un EDIT : il ne s'agit en AUCUN CAS dans ce billet de comparer Bayrou à Le pen et a fortiori d'en faire un Le pen ligth. Ce qui m'intéresse, c'est d'analyser la fonction tribunicienne et de voir comment deux personnalités politiques, l'une en dehors du champs républicain (Le pen) l'autre, au contraire, dans la sphère démocratique et républicaine (Bayrou) incarnent cette fonction. J'ajoute qu'il existait en Grèce un nom pour désigner les individus qui flattaient le peuple : cela s'appelait un démagogue. Peut-être aurais-je du intituler ce billet autrement : Tribun versus démagogues, Bayrou vs Le pen.
Je lisais tout récemment un sondage sur la popularité des hommes et femmes politiques et constatais avec étonnement que François Bayrou, parmi les politiques en activité (je ne compte donc ni Chirac ni Giscard) est l'homme le plus populaire auprès de l'électorat du FN.
C'est très étonnant tant le centre est ce qu'il y a de plus opposé aux extrémismes. Mais, bien réfléchi, cela ne l'est pas tant que cela.
Il existait dans la Rome antique une magistrature particulière, qui ne faisait pas partie du cursus honorum : le tribuniciat.
La fonction tribunicienne avait pour objet de défendre les intérêts du peuple; Ils pouvaient paralyser l'action légale d'un magistrat (c'était le bon temps...).
Les tribuns de la plèbe ont progressivement disparu, mais, dans la sphère politique, à différentes époques, on trouve des individus pour incarner cette fonction.
Le malheur de la France, ces trente dernières années, c'est que la fonction a été exercée par un individu clairement placé en dehors du champ républicain, Jean-Marie Le Pen. Or, le tribun de la plèbe n'a de raison d'être que dans le champ républicain.
Or, c'est François Bayrou, en France, qui incarne désormais cette fonction, ce qui est un renversement sans précédent. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si J-F Khan a parlé un jour d'extrême-centre.
Un langage de vérité peut donc porter auprès de l'électorat du FN, qui n'a cure, lui aussi, du clivage droite-gauche. Sur le fond, cet électorat est un électorat qui n'aspire qu'à revenir dans la sphère républicaine, mais qui veut simplement que l'on s'occupe de lui et qu'on le défende contre les injustices.
EDIT : j'ajoute cette ébauche de wikipedia sur la démagogie, qui n'a évidemment rien à voir avec le rôle du tribun de la plèbe :
La démagogie (du grec demos « le peuple » et ago : « conduire ») est une notion politique et rhétorique désignant l'art de mener le peuple en s'attirant ses faveurs, notamment en utilisant un discours simpliste, occultant les nuances, utilisant son charisme et dénaturant la vérité.
Le discours du démagogue sort généralement du champ du rationnel pour s'adresser aux passions, aux frustrations de l'électeur. Il recourt en outre à la satisfaction des souhaits ou des attentes du public ciblé, sans recherche de l'intérêt général mais dans le but unique de s'attirer la sympathie et de gagner le soutien. L'argumentation démagogique est délibérément simple afin de pouvoir être comprise et reprise par le public auquel elle est adressée. Elle fait fréquemment appel à la facilité voire la paresse intellectuelle en proposant des analyses et des solutions qui semblent évidentes et immédiates.
Le terme « démagogie » aujourd'hui est largement perçu avec une connotation péjorative. En effet, l’étymologie du mot grec traduit plutôt le terme « démagogue » comme celui qui éduque, qui conduit le peuple.
La démagogie, même si elle est inhérente à toute démocratie, fausse le jeu d'une conception idéalisée de la démocratie produisant bien souvent des effets contraires à l’intérêt général.
Souvent confondue avec le terme populisme, la démagogie se différencie de celui-ci dans la mesure où elle renvoie à l'idée de "dire au peuple ce qu'il veut entendre" (d'où l'utilisation de termes simplistes), alors que le populisme renvoie à l'idée de "faire ce que le peuple souhaite".
07:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, le pen, tribun, plèbe, rome, démagogie
dimanche, 27 juillet 2008
De Louis XI aux technocrates
Encore un commentaire sur Notre Dame de Paris de Victor Hugo (il me reste un quart du livre à lire): j'en suis arrivé au moment où Louis XI, en entrevue avec les Flamands, examine ses comptes. Un messager arrive alors et lui annonce qu'il y a une sédition populaire (les Truands attaquent Notre-Dame). Dans un premier temps, il s'en réjouit, car il pense que ce sont des seigneurs locaux contre lesquels est dirigée l'ire du peuple. Mais quant il apprend que c'est sa justice qui a été remise en cause, il entre dans une grande colère. Il décide d'envoyer des troupes. Toutefois, s'interrogeant sur les causes exactes de la colère des assiégeants, il s'imagine qu'ils veulent pendre la sorcière qui s'est réfugiée à l'intérieur (il s'agit d'Esmeralda). Il ne lui vient à aucun moment à l'esprit que ce pourrait être au contraire pour la libérer, et pas davantage l'idée d'interroger un truand à ce sujet.
Quelques moments auparavant, Copenole, l'un des bourgeois flamands, l'a pourtant mis en garde quant à la façon dont les peuples se révoltent contre les rois. Louis XI qui est à la Bastille, se félicite de ce qu'il est dans une forteresse imprenable...Une ironie évidente de Victor Hugo songeant aux débuts de a Révolution...
Quand je pense à certains nos technocrates, j'y vois le même mpéris pour le peuple : jamais l'envie de savoir ce que le peuple pense, mais simplement des suppositions qui suffisent à les satisfaire.
Je ne suis pas favorable aux révolutions, et je ne souhaite pas la chute d'une nouvelle Bastille. Mais quand l'Histoire se bloque, c'est hélas inévitable.
Ceci me rappelle simplement Au nom duTiers-Etat, de François Bayrou :
Le pouvoir est verrouillé, le peuple n’y a plus aucune place, on est revenu à l’ancien régime. Depuis un quart de siècle, le pouvoir absolu de cette Ve République finissante, appuyé sur des forteresses financières et médiatiques, a réduit le peuple français à la condition du tiers état de 1789. Jamais la phrase de Sieyès n’a paru plus juste : « Qu’est ce que le tiers état ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? À devenir quelque chose. » Voilà des années que François Bayrou dénonce la crise de ce régime et la manière dont les clans se l’approprient. Sur ce thème, depuis la tribune de l’Assemblée nationale, il a pris comme cible les abus de pouvoir et défendu les droits du peuple français et du Parlement. Au nom du tiers état, ces textes de combat sont un réquisitoire contre le mépris des citoyens.
Voilà, cqfd.
13:30 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : hugo, notre dame de paris, technocrate, révolution, tiers-état, bayrou



