lundi, 24 mars 2014

La racaille déferle une fois de plus dans le RER A

Incroyable de voir à quel point certains événements passent complètement inaperçus des médias. 

Vendredi dernier, de la racaille venue de Nanterre décidait d'écumer un wagon du RER A, arrachant les bijoux des femmes et n'hésitant pas à s'en prendre à des dames âgées. Je le tiens de quelqu'un qui était présent et n'était pas habitué à cette portion de ligne. Elle a eu la peur de sa vie. Fatalistes, les passagers usagers habituels de ce tronçon ont après coup laissé échapper qu'il n'y avait là qu'une scène ordinaire de la vie sur le RER A quand on va vers les cités des Hauts de Seine.

Vous savez comment ça va finir un jour ? Comme à Lille. L'extrême-droite de l'extrême-droite va surfer sur l'insécurité et la terreur que répand la racaille et le pire, c'est que les gens ordinaires seront contents de les voir. Et si ça se gâte vraiment, cela pourrait tourner façon Aube Dorée en Grèce, avec un mouvement néo-nazi qui se livre à une véritable chasse aux migrants.

Pour ne pas en arriver là, il faut cesser de pleurnicher  et de pousser des cris d'orfraie quand la police fait son travail et arrête la racaille.

Il faut aussi cesser de pleurer quand la racaille se fait abattre parce qu'elle a tenté de tuer une fonctionnaire de police ou a simplement pris la fuite après un forfait. 

Il faut cesser de virer béni-oui-oui avec les mineurs délinquants. La racaille n'a pas d'âge.

Il faut en finir avec le tout-éducatif et passer au tout-répressif une bonne fois pour toutes, sans mélanger toutefois adultes et jeunes, grands et petits délinquants.

Il suffit de considérer le sort de la racaille de Grigny après l'attaque du RER D il y a un an pour comprendre qu'elle n'a pas pris assez de coups de matraques ni fait assez de prison.

Au lieu de leur installer la télévision dans leurs centres éducatifs de merde où les surveillants ont peur de leur coller une claque dans la gueule, il vaudrait mieux rétablir les maisons de correction avec une discipline de fer.

Ne surtout faire preuve d'aucune compassion : la réserver pour les victimes. Être juste (c'est fondamental) et ne pas hésiter à punir chaque fois que nécessaire (ne pas craindre d'utiliser une camisole de force).

Des règles simples, mais efficaces.

EDIT 25/03/14 : renseignements supplémentaires pris, il s'agit de groupes de Roms de 12-13 ans. Les cités n'y sont pour rien. Cela ne change rien au raisonnement. Peu importent les origines, c'est bien le comportement qu'il faut sanctionner.

23:46 Publié dans Education, Société | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : insécurité, rer a | |  Facebook | | | |

samedi, 07 décembre 2013

4000 postes en collège ? Mais pour quoi faire ?

Je sais à quoi il me fait penser Peillon : à un cuistot qui aurait raté un plat et, pour tenter d'en compenser la faible saveur gustative, rajouterait des pincées de toutes sortes d'épices sans jamais se préoccuper de son mélange initial.

Ce ne sont pas exactement 4000 postes mais environ 72 000 heures qu'il va affecter aux établissement scolaires soit 10 à 14 heures par an dans chaque collège. Une mesure totalement inefficace. On ne fait rien ou presque avec un si faible montant d'heures. C'est donc du gaspillage.

Je le pense profondément, pour l'instant, ce n'est pas tant de moyens dont souffrent les collèges que de leur organisation et de leur pédagogie (l'une allant souvent avec l'autre).

Je le répète une fois encore, il est parfaitement contradictoire d'assurer vouloir garantir des parcours personnalisés mais de faire vouloir marcher d'un même pas les 300 à 800 élèves que compte chaque établissement scolaire. Depuis des années, le dogme de l'hétérogénéité des classes s'est imposé également à tous les établissements, les experts de toute sorte certifiant qu'elle constitue un puissant moteur pour les enfants en difficultés scolaires : ce n'est pas ce que montre le classement PISA et ce que constatent en général les évaluations indépendantes.

Il reste la question de la pédagogie : de manière assez surprenante pour qui me lit, je me retrouve finalement d'accord avec ceux qu'on appelle les «pédagogistes» sur un point : moi aussi, je pense que les enfants sont acteurs de leur savoir. Peut-être même architectes. Je ne supporte simplement pas la caricature ridicule et le dogmatisme hargneux auxquels se livrent les tenants de cette idée.

Mais, pour qu'une telle construction soit possible, je pense que l'environnement doit être préparé. Un plant de tomates pousse tout seul. Oui...A condition de l'avoir orienté au sud ! Pas à l'ombre d'un feuillu ! Je retrouve, comme toujours, la représentation de Maria Montessori, d'adultes n'ayant pas vocation à se substituer aux desseins secrets de la nature, du devenir de chaque enfant, mais au contraire ayant le devoir moral de les faciliter en préparant son environnement.

C'est pourtant cela qui pèche le plus dans notre système scolaire : non pas qu'il faille faire de l'école en priorité un "lieu de vie", comme j'ai pu l'entendre, fait de bric et de broc, mais plutôt qu'il faille s'interroger sur les conditions optimales pour le développement de chaque enfant.

De même, bien qu'il soit devenu très tendance de déclarer vouloir lutter contre le laxisme et de réclamer l'ordre en conséquence, je ne pense pas que l'on puisse obtenir quelque chose d'un enfant sans un minimum d'adhésion, et j'irais même plus loin, de libre adhésion de sa part. Ceci ne signifie pas qu'on doit faire de lui un tyranneau surpuissant qui plierait la monde à ses quatre volontés, mais que l'on peut se demander quelles lui seraient les manières les plus efficaces de s'approprier le savoir. Et quand je dis s'approprier, j'entends vraiment  faire sien.

En l'absence de réflexion sur ces aspects primordiaux, et même pire, de volonté de la mener, je pense que nous ne sommes pas sortis de l'auberge.

De ce point de vue, les heures concédées par Peillon ne serviront à rien.

09:07 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : enseignement | |  Facebook | | | |

lundi, 02 décembre 2013

La méthode Peillon : diviser et opposer les enseignants

J'approuve évidemment pleinement les réactions de François Bayrou et d'Alain Juppé après le projet particulièrement minable de Vincent Peillon. Toutefois, je les juge incomplètes.

Il n'est pas suffisant de défendre la méritocratie. Je rappelle que Peillon propose de réduire les salaires des enseignants du supérieur et le reverser aux enseignants de ZEP.

Ce minable n'a pas trouvé de meilleure idée que d'opposer les enseignants d'entre eux en tentant de faire passer les premiers pour des fainéants.

Perso, j'ai fait une prépa et je me souviens très bien de la quantité mastodontesque de pages que nos enseignants étaient amenés à corriger sans compter des préparations millimétrées et très approfondies. Je ne pense pas qu'ils volent leur salaire.

Peillon est vraiment un sale c.. et ses conseillers pourris des pauvres types.

Les prépas publiques, cela reste la seule chose accessible financièrement dans les formations d'excellence. Il faut payer sinon, pour toutes les autres, des sommes de plus en plus importantes. Et ce sale con, cet abruti, connard qu'il est, veut les flinguer. Il va de soi qu'à réduire les salaires d'enseignants déjà pas payés grassement, ces derniers vont dégager du côté des études supérieures privées et les prépas finiront par s'effondrer.

Il restera quoi après ? Ben la fac en version pédagogole (il aura bien trouvé moyen d'abattre les facs qui tiennent encore debout d'ici là) pour mes enfants ou alors un emprunt gigantesque pour financer leurs études . Et dans le monde merveilleux de Peillon, seuls les gosses de très très riches et les fils de ministres pourront faire des études.

Enfoiré.

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mercredi, 13 novembre 2013

Rythmes scolaires : Peillon et la FCPE copains comme cochons.

Qu'est-ce que ça m'a bien fait rigoler la petite rallongeounette de 150 000 euros à la FCPE de la part de Peillon. Faut pas oublier les copains PS encartés dans les associations et les syndicats hein, Mister Vincent ? J'adore les consultations socialistes. Elles me font toujours rire.

Vous savez pourquoi le PS consulte toujours les organisations «représentatives» ? Parce qu'elle sont truffées de potes tout à fait d'accord avec eux.

Ainsi, dans l'Éducation Nationale, le SNUIPP, la FCPE, font tout ce qu'ils peuvent pour tenter de sauver la réforme à la con de Peillon, malgré les difficultés évidentes qu'elle amène et son absence à peu près totale de bien-fondé. 

Il y a une minorité (mais assez importante) de profs qui essaient d'imposer cette réforme aux autres profs, aux élèves et aux parents. Cette minorité se retrouve dans la technostructure de l'Éducation Nationale, dans les principaux syndicats et dans les principales associations. Mieux encore : les militants PS sont aussi présents dans les organisations étudiantes et lycéennes. 

Et, à chaque fois, ces officines prétendent parler, qui au nom des parents, qui au nom des enseignants, qui au nom des étudiants, qui au nom des lycéens.

Moi, je suis content de voir qu'enfin l'opinion réalise ce que je prophétise depuis tant de temps : cette réforme est du pipeau et n'amènera que des problèmes, comme toutes les réformes sur les rythmes en général. Même quand elles pourraient être fondées, elles ne correspondent pas aux rythmes réels des familles et à leur vie de tous les jours et elles ne tiennent donc pas la route.

Bien évidemment, pendant qu'on en parle, on évite d'aborder les questions qui fâchent.

Je m'étais dit que Bayrou avait enfin compris que les projets de la droite et de la gauche versaient dans l'ânerie crasse, malheureusement, il n'y est pas encore : il a bien saisi que ce sujet était secondaire, mais le voilà maintenant à se ranger à l'avis de la droite qui souhaite accroître le nombre de semaines d'enseignement (une idée à mon avis encore plus idiote que la réforme de la semaine).

Comme je fatigue à dire les mêmes choses, j'ai un peu la flemme de les réécrire, mais en somme c'est simple : réduire les vacances d'été (seule solution viable pour accroître le nombre de semaines d'enseignement) c'est gêner les familles qui ne pourront plus se retrouver (particulièrement les familles recomposées, et Dieu sait s'il y en a), empêcher les lycéens de voyager ou de trouver des petits boulots, épuiser les organismes des enfants et des adolescents qui n'en peuvent plus fin juin, exploiter les enseignants en les faisant travailler plus pour gagner moins, paralyser les nécessaires taches administratives d'organisation des examens, d'attribution des diplômes et d'organisation de l'orientation.

C'est pas suffisant ou il en faut encore ? N'ai-je pas déjà eu raison sur la réforme actuelle ? Faut-il parier qu'une fois de plus je ne me tromperai pas sur les projets de la droite et que les familles seront à nouveau furieuses, sans parler des enfants auxquels on ne demande jamais leur avis ?

J'ajoute que nulle part le fait de jouer sur la réduction des vacances n'a fait ses preuves, des situations très diverses existant en Europe.

Puisse François réaliser que ces idées de réforme ne sont pas seulement secondaires mais carrément ineptes. 

Va-t-on en revanche, s'interroger un jour sur les finalités que nous voulons donner à notre école, et nous demander un jour si nous cherchons à éduquer nos enfants pour leur faire réussir des examens ou des contrôles ou bien pour leur assurer un développement psychique, émotif et intellectuel harmonieux ? 

On pourrait commencer par cela, mais ce ne serait pas tout : il y aurait ensuite l'organisation des enseignements, son uniformisation calamiteuse, sans parler des méthodes pédagogiques qui méritent tout de même un détour. Il existe dans ce domaine des affrontements, mais on les réduit souvent alors que des revues spécialisées intéressantes (souvent d'obédiences diverses voire carrément antagonistes) existent (Dossiers de l'Ingénierie éducative, Cahiers Pédagogiques, Café Pédagogique, GRIP, Sauver les Lettres, SOS Éducation, et bien d'autres encore). Bref, il y a des acteurs pour débattre, même s'ils ne s'aiment guère. Mais évidemment, c'est plus facile de nommer le poto du SGEN  ou le recteur docile à un poste à responsabilité que d'organiser de vraies tables rondes.

Après avoir considéré tout cela, oui, peut-être que l'on pourrait commencer à s'interroger sur les rythmes, non comme une chose en soi, mais en les pensant au service d'un mieux être général pour toute la communauté éducative. Ce n'est pas vraiment la démarche actuelle faite d'affrontements et d'hypocrisies diverses.

18:05 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : peillon, rythmes scolaires | |  Facebook | | | |

lundi, 07 octobre 2013

Sur l'école, il y a aussi Bayrou qui dit des choses sensées

Je suis toujours embêté, sur la question de l'école, quand j'évoque les positions de Bayrou. Il ne me paraît pas dire des choses si fondamentalement différentes de ce qu'il évoquait en 2007 et, la plupart du temps, je suis sur la même longueur d'ondes que lui. Alors, évidemment, je me prends à presque regretter mon billet d'hier dans lequel je laissais entrevoir que même dans le domaine de l'éducation les autres forces politiques laissaient un boulevard au FN.

Le problème est le suivant : quand je vais lire le programme du FN sur l'éducation et que j'écoute ce que dit Marine Le pen ou même ce qu'écrivent ses militants, c'est grosso modo la même chose.

Mais quand j'écoute Bayrou et que je discute ensuite avec des militants du MoDem ou que je vais même consulter le programme de ce parti, il y a un énorme hiatus. Il est vrai que le projet humaniste semble avoir laissé la place à des propositions bien plus sensées sur le site du mouvement démocrate. Mais quand je discute avec des cadres ou des militants du parti, je ne vois presqu'aucune différence avec les positions exprimées par le PS ou l'UMP. D'où mon trouble. Et ce que je dis ne vaut pas seulement pour l'éducation.

J'ai eu un échange très intense hier, avec Fabrice, un de mes interlocuteurs préférés sur twitter. Un garçon intelligent et intéressant, et, accessoirement, un centriste plutôt favorable à Bayrou. Nous n'étions d'accord sur presque rien. Enfin, j'y vais un peu fort. Sur pas grand chose, disons.

Fabrice demeure attaché à la méritocratie républicaine, à une morale de l'effort, distillée plus ou moins incidemment par l'école.

Je suis d'avis pour ma part de changer de paradigme. Je récuse cette école qui discrimine avec un lexique d'autant plus violent qu'il est moral les "bons" et les "mauvais" élèves. Je refuse l'uniformisation d'une transmission scolaire à sens unique qui fait fi des individus et des fins secrètes que la nature leur réserve. Je rejette la distinction hallucinante entre travaux manuels et intellectuels. La plupart des travaux manuels font fonctionner l'intellect. En revanche, ils ne le font pas à la manière de l'école. Au moralisme républicain étriqué, hérité du positivisme du XXième siècle, je substitue l'aristotélisme bienfaisant de Maria Montessori se figurant que chaque enfant est un embryon spirituel dont le développement doit être accompagné et non suborné. Je n'accepte pas les prédicats moraux sous-tendus empreints de haine pour l'esprit d'entreprise et de mépris pour le travail manuel et leurs conséquences : le rejet radical de l'apprentissage à l'école. Plus encore, je dénie tout sens logique à une école qui organise des enseignements très différents par années d'apprentissage, refusant de considérer que les enfants progressent à des rythmes différents et de manière différente selon leurs centres d'intérêt et leurs prédispositions et ignorant totalement ce que Maria Montessori appelle à juste titre leurs périodes sensibles. J'abhorre enfin le marxisme sous-jacent qui imprègne notre enseignement et considère chaque enfant comme une créature scientifiquement éducable au nom de l'éducabilité universelle. Ceci ne signifie pas que j'adhère à la théorie des dons mais plutôt que je considère qu'il y a une multiplicité de points de vue sur la connaissance et que dans tous les cas, il n'existe pas un chemin unique pour y accéder. Et je refuse d'ailleurs la hiérarchie des connaissances telle que l'école l'établit.

Vous l'aurez compris, l'école française ne me satisfait pas telle qu'elle est. Mais quand nos politiques se piquent de jouer aux apprenti-sorciers, le refus se mue en énervement. Il va de soi que les ratiocinations vaines pour ne pas dire vaniteuses sur les changement des rythmes scolaires sont un nouveau leurre qui ne souligne que mieux la vacuité totale de la classe politique et de l'intelligentsia dans le domaine de la pédagogie, simplement par absence d'humanité ordinaire.

Je crois, en fait, que je suis devenu allergique à la République et tout son decorum, ses faux-semblants, son mérite, ses bons et ses mauvais, ses aspirations étriquées, ses satisfactions misérables et, au final, toutes les petites hypocrisies qui sont autant de fissures dans le fallacieux pacte républicain.

Régis Debray a pour habitude d'opposer République et démocratie, magnifiant la première, étrillant la seconde. Je crois que j'ai choisi mon camp : je suis un Démocrate, pas un républicain. Il écrit notamment : « En république, l’État surplombe la société. En démocratie, la société domine l’État. La première tempère l’antagonisme des intérêts et l’inégalité des conditions par la primauté de la loi ; la seconde les aménage par la voie pragmatique du contrat, de point à point, de gré à gré.»

Juste analyse. Je l'agrée et assure préférer une nation où la société domine l'État que l'inverse. Je suis certain que notre école procède de la volonté toute républicaine de surplomber la société du haut de l'État.

17:32 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : école, bayrou, modem | |  Facebook | | | |

dimanche, 06 octobre 2013

Même sur l'école, la classe politique offre un boulevard au FN

Je finis de lire l'un des derniers billets du Merle Moqueur analysant les causes du succès de Marine Le pen à gauche. Jegoun le citait dans son dernier billet, s'inquiétant de la stratégie de la gauche pour endiguer la montée du FN.

Ben il n'y a pas qu'à gauche qu'on s'inquiète. Je suis atterré de constater que la seule à réagir de manière sensée sur la question des rythmes scolaires, c'est Marine Le pen. Et quand je dis atterré, c'est vraiment atterré. Évidemment, je n'avalise pas tout le discours de Marine Le pen sur la verticalité de la transmission. Je tends à penser qu'au contraire la connaissance se transmet d'autant mieux qu'elle se communique par empathie. Or, la verticalité ne permet en aucune manière une quelconque forme d'empathie et, sans empathie, on ne peut montrer à son interlocuteur que ce que l'on veut lui apprendre lui appartient en réalité autant à lui qu'à soi. Mais de renvoyer cette question à sa réalité, c'est à dire un leurre inutile, je ne peux lui donner tort.

Mais qu'ils se réveillent, les hommes et les femmes de gauche, du centre et de droite, bon sang ! Suzanne est une Républicaine, Jegoun un Social-démocrate et moi, un libéral à sensibilité démocrate-chrétienne. Trois sensibilités politiques très différentes. Et pourtant, nous disons à peu près les mêmes choses sur le Front National, dressant les mêmes constats. Et je ne parle même pas des blogues de droite : j'ai connu un temps où Corto était juste un mec de droite, parfois même modéré. Mais ça, c'était avant. Corto, aujourd'hui, il fait partie de cet ancien électorat UMP qui a basculé du côté obscur, et depuis un moment déjà. EDIT : manifestement, j'ai pris au pied de la lettre ce qu'écrit Corto depuis plusieurs années. Il assure qu'il ne se reconnaît pas dans les valeurs du FN mais, en revanche, se désespère du vide abyssal qui caractérise les propositions des autres formations politiques.

C'est affligeant de voir les différents partis politiques se copier les uns les autres, sur l'école, faisant semblant de polémiquer sur des mesures qu'ils partagent pourtant. Les rythmes scolaires en sont un exemple mais ce n'est pas le seul. Les principaux partis partagent sur le fond les mêmes vues dans le domaine de la pédagogie, divergeant à la marge sur l'apprentissage. Il n'y a pas non plus de différence sur le supérieur, tous visent les mêmes objectifs au nom de leur sacro-sainte démocratisation de l'école, dont le principe et le concept n'ont jamais été remis en question. Même rejet de l'excellence, et même hypocrisie de ces élites qui s'empressent d'en emprunter les chemins d'initiés.

Comme l'observe finement Suzanne, ce n'est pas un hasard si Bayrou a réalisé un vrai carton auprès des enseignants en 2007. Le programme de l'UDF et les idées défendues par Bayrou détonaient alors dans le paysage éducatif. Quand 2012 est venu, il n'en est plus rien resté tant les commissions du MoDem et leurs "spécialistes ès éducation" avaient fait du MoDem une annexe de la pensée unique au même titre que l'UMP et le PS. Et les quelques saillies de Bayrou n'y ont rien changé.

Mais, trêve d'école (j'en parle trop souvent sur ce blogue) le prochain sujet, c'est l'Europe et là encore, je suis très inquiet. Je ne vois pas comment des gens qui ont eu l'hypocrisie de voter la nuit ce qu'ils dénonçaient le jour pourraient avoir une quelconque crédibilité auprès du peuple français. La campagne européenne va être très dure parce que le FN va mener la danse et aura beau jeu de renvoyer les autres partis dans leurs cordes s'ils en viennent à critiquer l'Europe. Or, cette critique de l'Europe, je suis persuadé qu'elle sera un passage obligé, même pour les fédéralistes, s'ils veulent défendre cette très grande idée. Ce n'est pas l'Europe qui cause tant de maux, mais l'absence de transparence et, il faudra le faire admettre, ce sera difficile, son absence de pouvoir face aux nations et à leurs représentants. Il faudra avouer sur la place publique ce que de nombreux pro-européens se sont gardés de dire depuis fort longtemps : les pays européens n'ont pas tous le même projet économique et social, et cela, il faut en parler. Mais il faudra aussi défendre l'esprit de négociation qui a toujours permis de surmonter les blocages. Seulement, ces négociations, elles ne peuvent plus se dérouler dans un couloir, mais elles doivent apparaître sur la place publique et faire l'objet d'un débat démocratique. 

Je vais égratigner mes amis du MoDem, mais franchement, ils m'énervent tellement que c'est bien fait : je suis exaspéré de les lire disserter sur le centre, l'UDI, le MoDem, les valeurs du centre, la compatibilité UDI/MoDem, les états d'âme des uns et des autres qui ont tout de suite de grands mots pour parler de trahison de l'esprit de 2007 (ah oui ? Lequel ?) au moment où notre pays est divisé et a grand besoin que l'on se penche sur ses souffrances. Franchement, on a peut-être autre chose à faire qu'à se regarder le nombril ou à débattre de théories fumeuses, non ? 

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lundi, 30 septembre 2013

Nos enfants méritent mieux...que NKM et Hidalgo !

Les amateurs d'Homère et de son Odyssée n'ignorent rien des péripéties d'Ulysse. La plus fameuse d'entre elles est celle qui l'amène à piloter son navire au nez et à barbe de deux monstres particulièrement terrifiants : Charybde et Scylla. Scylla est une créature monstrueuse, dont les aboiements se répercutent sur les parois d'une caverne, Scylla, elle, engloutit et vomit alternativement l'eau de la mer. Ce sont deux écueils mortels car, en évitant l'un, on tombe généralement sur l'autre.

Ulysse avait Charybde et Scylla, les enfants parisiens ont Hidalgo et NKM. L'une a allongé leurs journées, l'autre veut rétrécir leurs vacances d'été. J'ai déjà fait le calcul un jour sur ce blogue. En admettant qu'on retire deux semaines aux vacances d'été (ce qui les réduirait à un mois et quelques jours puisque l'école mord déjà sur la première semaine de juillet) on obtient une soixantaine d'heures à répartir sur environ 35 semaines. le calcul est aisé. Cela ne fait même pas deux heures de moins par semaine. Le bénéfice est négligeable, au final, mais le dommage lourd pour les familles et les enfants qui ont besoin de se reposer sur une longue période. Je n'aborde évidemment pas toutes les conséquences pour les familles recomposées ou tout simplement le cousinage, les séjours ailleurs, et cetera.

Alors, certainement, nos enfants méritent mieux, ça oui, mieux que les inepties dont la droite et la gauche nous rebattent les oreilles depuis plusieurs années, armée de pédagogues et de chronobiologistes à l'appui. NKM reprend la vieille antienne de Châtel, à laquelle au demeurant Peillon a donné son adhésion il y a peu de temps.

L'origine du mal se trouve ici : un rapport de l'Académie de Médecine. Tout n'est pas à jeter dans ce rapport, évidemment, mais il est à considérer avec prudence, et il y manque les références aux études sur les rythmes de l'enfant.

Ce qui est trop drôle, c'est de voir la mauvaise foi des chronobiologistes qui constatent l'échec total de leurs préconisations. Faute de reconnaître leur erreur, ils préfèrent expliquer qu'il est trop tôt pour juger et qu'un temps d'adaptation est inévitable.

On commence à faire les paris sur l'état des enfants à Noël ? Et en fin d'année scolaire ? Sans prétention, j'avertis depuis fort longtemps sur les dangers que font encourir à nos enfants les projets de réforme de la droite et de la gauche, et je vois que mes prédictions se réalisent en tous points. Malheureusement, on sait depuis Cassandre que rien ne sert d'avoir raison quand vos interlocuteurs ne veulent pas voir. 

In fine, la réforme des rythmes scolaires est de la compétence du gouvernement, pas des municipalités. Ce n'est pas une raison pour faire valoir n'importe quoi et j'ai le sentiment que UMP et PS utilisent les rythmes scolaires avec des conclusions différentes surtout pour se mettre en difficulté.

Alors oui, l'école, les enfants méritent mieux, et le compte n'y est pas, Nathalie Kosciusko-Morizet.

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mardi, 24 septembre 2013

Le raté monumental des rythmes scolaires

Je n'ai cessé de dénoncer la bêtise crasse que sous-tendait dans notre pays la réforme des rythmes scolaires. A Paris, cela vire à la catastrophe et le MoDem s'en aperçoit enfin. Ce n'est pas faute d'avoir alerté ici sur ce blogue en amont.

Dans ce pays, de toutes façons, il y a une tradition moutonnière inquiétante avec une certaine forme de buzz médiatico-intellectuel. Les Roms en font les frais actuellement, mais, dans le domaine de l'éducation, il a suffi que l'Académie de médecine rende un rapport particulièrement mal pensé et renseigné sur la fatigue des enfants à l'école pour que la machine s'emballe avec une absence de réflexion et de remise en question TOTALE.

J'ai une confidence à faire : j'ai deux enfants en maternelle et primaire à Paris et ils ne sont pas fatigués par ces nouveaux rythmes à la con. Savez-vous pourquoi ? Parce que j'investis un max d'argent dans leur bien-être. Tout d'abord, ils ont à cinq minutes de leur école à pied et ensuite, une baby-sitter va les chercher deux midis par semaine pour qu'ils puissent déjeuner, jouer et se reposer tranquillement puis, quand ils finissent l'école à 15 heures, même chose.

Tout cela me coûte évidemment bonbon. Grâce à Delanoë et Hidalgo qui ont voulu faire du zèle, mes frais de garde ont connu une hausse vertigineuse.

Vous voyez, c'est ce que je dis souvent : Hidalgo peut bien promettre de ne pas accroître les impôts, oh, ça oui. Mais vous dépenserez quand même plus à cause de tous les frais annexes que généreront les mesures socialistes.

Quant à l'UMP, elle a une autre idée débile, qu'elle partage avec l'UDI et hélas le MoDem : réduire les vacances d'été (qui ont perdu déjà trois semaines en trente ans). Encore une crétinerie qui va carboniser nos enfants et empêcher les lycéens de trouver des petits boulots d'été puis de goûter un repos mérité.

Pour ces putains de rythmes à la con, j'espère un aggiornamento du MoDem, mais le chemin sera long. J'ai eu plusieurs fois la discussion avec Jean-François, pas moyen de la convaincre du bien-fondé de mon argumentation et il a finalement soutenu cette réforme idiote. Je vais être un peu sec avec Jean-François pour lequel pourtant j'ai beaucoup d'estime, mais je n'en reviens pas qu'il ne se soit pas un seul instant posé la question de la fatigue des enfants. Cela m' semblé évident. Est-ce que vous pouvez croire une seule seconde que des enfants vont être moins fatigués sous prétexte que le temps d'école supplémentaire se fait sous la forme d'ateliers dits "ludiques" ? Évidemment non, cela coule sous le sens. La seule question que Jean-François a soulevé, c'est celle de la gratuité des ateliers...

Il ne faut rien espérer de l'UDI, ils ont marché des deux pieds avec un bel ensemble dedans. Finalement, une position relativement sensée, c'était celle d'Hervé Morin suggérant de s'en remettre à chaque communauté scolaire pour fixer son organisation, en demeurant bien sûr dans un cadre national. Bayrou avait (un peu seulement) commencé à comprendre que cette problématique était une fumisterie il y a six mois, mais il y a encore du chemin avant qu'il fasse marche arrière toutes sur le sujet.

Aujourd'hui, ce n'est pas d'une nouvelle concertation pour informer dont on a besoin, comme le réclame Marielle, mais d'un rejet massif et d'un engagement à ne pas reproduire les mêmes bêtises l'année prochaine. Évidemment, pour dézinguer cette réforme, il faudra l'attaquer au plan national. Vaste programme qui demandera de l'énergie et de sérieuses remises en question.

Pendant ce temps-là, évidemment, plus personne n'aborde les vrais problèmes de l'école : le fait que les enfants en sortent sans savoir lire ni écrire, par exemple, ce qui interpelle tout de même.

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dimanche, 02 juin 2013

Pourquoi ne pas libérer le recrutement des enseignants ?

Je m'étonne souvent du système de mutations qui coiffe l'ensemble de la fonction publique et particulièrement l'Éducation Nationale. Aucune équipe ne se choisit : c'est l'âge et le temps resté dans le poste précédent qui déterminent le pourcentage de chances d'obtenir un nouveau poste.

Il y a là quelque chose d'aberrant.

Il est imprudent de donner trop de pouvoirs, surtout dans l'administration, aux chefs dans un système porté au mandarinat. C'est l'une des raisons pour lesquelles je juge assez ridicule et contre-productive l'idée constamment relayée dans les think tank qui se copie les uns les autres de donner plus de pouvoirs aux chefs d'établissement et directeurs des écoles et établissement du secondaire.

Mais il y a une liberté plus qu'un pouvoir qu'on devrait pouvoir leur donner, en revanche, c'est celle de recruter comme ils l'entendent.

Pour limiter les effets d'aubaine et éviter de retrouver le neveu de l'amie de la belle-soeur de l'épouse des chefs d'établissement dans les institutions les plus prestigieuses, il faudrait accompagner cette réforme d'une refonte des grilles salariales.

Et quelque chose de radical : par exemple, qu'un enseignant exerçant dans un collège de la cité des Francs-Moisins à Saint-Denis gagne très exactement deux fois plus que celui qui dispense son savoir à Henri-IV.

On assisterait alors à un véritable renversement : il y aurait une ruée vers les établissements sensibles. Pensez donc : un salaire doublé !

Pour éviter des effets d'aubaine à l'envers, cette fois, on pourrait décréter qu'aucun enseignant ne peut postuler pour les établissements les plus difficiles s'il n'a pas derrière lui plus de dix années d'exercice, ou, tout du moins, qu'en proportion de l'effectif, les enseignants inexpérimentés ne peuvent dépasser 10 à 15% du personnel.

Il y aurait évidemment quelques contre-coups d'une telle mesure : la mobilité dans les établissements difficiles serait sans doute très faible, personne ne trouvant goût à voir son salaire diminuer sérieusement...

Pour éviter deux catégories d'établissements scolaires, il paraîtrait logique d'établir une échelle, un indice de difficulté d'exercice pour établir le salaire de base de chacun d'entre eux.

Plutôt que de créer 60 000 postes qui ne vont guère servir sauf peut-être un peu au début du primaire, Mister Peillon et Docteur Vincent auraient tout intérêt à considérer avec intérêt une telle révolution.

Je tends de plus en plus à penser qu'il y a un problème de méthode et d'organisation dans notre Éducation Nationale et que ce n'est pas le fait d'engager encore plus d'enseignants qui y changera grand chose.

Il y a sans doute beaucoup de choses qui se jouent en maternelle et à l'orée du primaire, dans les premières classes.

Qu'est-ce qui fait que par la suite, un programme qui demeure au fond le même pendant plusieurs années ne soit pas assimilé par les élèves en dépit des répétitions chaque année ? Il y a là quelque chose qui mérite qu'on creuse même si je ne doute pas que plusieurs chercheurs en pédagogie s'y intéressent depuis quelque temps.

Laisser les gens qui travaillent s'organiser entre eux est en tout cas, à mon sens, de nature à assouplir non seulement les conditions d'exercice mais aussi l'atmosphère dans les écoles, les collèges et les lycées. Bien sûr, il faut sans doute repenser ma proposition afin d'établir des garde-fous solides contre les abus de toutes sortes mais elle mérite l'examen.

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vendredi, 31 mai 2013

Absence des professeurs : une solution simple

Beaucoup de familles s'irritent des absences de professeurs. De mémoire, De Robien quand il était ministre avait mis en place un système simple : quand un enseignant était absent dans une classe, le chef d'établissement proposait aux autres professeurs de la classe de combler les trous dans l'emploi du temps dans la mesure de leurs possibilités. De Robien avait mis en place un volant d'heures supplémentaires pour rémunérer ces remplacements.

Les enseignants gagnent mal leur vie : à défaut de pouvoir les augmenter, nos finances ne le permettent pas, ce serait une solution pour augmenter ponctuellement leurs revenues. Je ne comprends pas pourquoi cette réforme a été petit à petit abandonnée. Les syndicats enseignants y étaient hostiles, certes, mais il suffisait de se passer de leur avis puisque la mesure avait vocation à s'appuyer sur le choix de chaque enseignant.

Une telle mesure est évidemment bien plus souple et pertinente que le système actuel avec la venue d'un professeur étranger à l'établissement : que peut-il faire de bon sur une courte durée avec une classe qu'il ne connaît pas et dans un environnement qui lui est inconnu ? Cela n'a pas de sens.

Une autre option est de permettre aux enseignants qui s'y retrouvent dans ce choix d'annualiser leurs heures, quitte à donner un coup de collier quand l'emploi du temps se remplit de trous puis à laisser du mou quand on arrive à la fin de l'année, par exemple. Il y a certainement des deals pertinents qui pourraient être passés entre chefs d'établissements et enseignants pour peu qu'on les laisse contracter librement.

Les meilleurs solutions aux problèmes sont celles qui voient le jour en interne. Juan de Sarkofrance voit dans les travers de l'Éducation Nationale des failles dans le pilotage de l'ensemble.

Je tends pour ma part à penser que c'est l'absence d'autonomie et de souplesse de chaque établissement dans ses choix d'organisation qui rendent tout le système très rigide. Sur le fond, je suis convaincu que de nombreux enseignants sont très souples. Il suffirait de leur laisser la liberté de donner libre cours à leur souplesse professionnelle pour résoudre bien des blocages.

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