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vendredi, 24 juillet 2015

Allemagne, cause facile et universelle de tous nos maux

Bravo François Bayrou d'avoir réagi ! Comme d'habitude, la classe politique française avec un bel ensemble accuse l'Allemagne de tous les maux, les siens et ceux de l'Europe. C'est inadmissible d'accuser ce pays d'imposer des diktats aux pays dépensiers alors que ce sont ses propres fonds qu'elle prête et qu'elle s'astreint à des règles de bonne gestion auxquelles ceux qui la critiquent veulent déroger. Non seulement elle a déjà prêté des sommes faramineuses et me paraît quand même fondé à réclamer le retour de ses prêts mais en plus il faudrait qu'elle continue  verser dans les paniers percés, tout ça pour se faire en plus insulter et accuser au final ?

La France est minable avec l'Allemagne depuis un bon moment. Cela va de la suppression des classes bilangues et européennes (alors que la France s'est engagée de longue date à développer l'apprentissage de l'allemand par un traité qu'elle a signé !) jusqu'aux imprécations et accusations incessantes contre ce pays chaque fois qu'il ose un peu élever le ton.

Quand des abrutis du calibre de Mélenchon comparent l'Allemagne démocratique d'aujourd'hui (qui a d'ailleurs bien des leçons à nous donner en matière de démocratie) à l'Allemagne nazie, à la rigueur je ne suis pas surpris, connaissant les amitiés de ce sinistre individu. Pas de surprise non plus du côté de l'extrême-droite dont c'est une antienne, malgré ses amitiés réelles, pour le compte, avec d'anciens waffen-SS et avec la clique révisionniste et vichyste.

Mais voir le "perv", comme l'appellent les Américains en rajouter une couche alors qu'il est censé se draper dans une posture de dirigeant respectable, c'est un peu fort. Le problème, c'est qu'il ne faut pas croire que la droite républicaine fasse tellement mieux. Un Jacques Myard du parti Les Républicains y est allé aussi de son coupler pour parler de diktat.

Il faut voir les communiqués du Parti Socialiste chaque fois qu'il y a des "tensions" qu'Hollande les qualifie d'amicales ou pas. Ça, par exemple : 

« Le projet communautaire – de l’Europe - est meurtri par l’intransigeance égoïste de la chancelière Merkel qui ne songe à rien d'autre qu'à l'épargne des déposants outre-Rhin, à la balance commerciale enregistrée par Berlin et à son avenir électoral »

Minable.

Et la déclaration débile de Sarkozy en 2007 :

« La France n'a jamais cédé à la tentation totalitaire. Elle n'a jamais exterminé un peuple. Elle n'a pas inventé la solution finale, elle n'a pas commis de crime contre l'humanité, ni de génocide »

Minable.

Je passe sur les proclamations guerrières de Montebourg et Bartolone plus récemment, le dernier appelant à une confrontation.

Minable.

L'Allemagne propose des solutions à la Grèce, mais si ce pays trouve d'autres voies pour réaliser des économies ou équilibrer ses comptes, personne ne les lui reprochera. Il en va de même pour la France. C'est avec justesse que Bayrou analysait dans son État d'urgence les difficultés de l'économie française en observant qu'elles venaient toutes de l'intérieur et que le monde extérieur n'en était pas comptable.

Puisse la classe politique française s'en inspirer et adopter enfin des postures courageuses et responsables.

11:11 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : allemagne | |  Facebook | | | |

dimanche, 01 mars 2015

Pascal Lamy, médiateur entre la Grèce et l'UE ? Très mauvaise idée.

J'ai eu un frémissement en prenant connaissance de l'entretien que Robert Rochefort a récemment donné à LCI. La chaîne télévisée et l'eurodéputé du MoDem y abordent la situation financière et de la Grèce et les relations de ce pays avec l'Eurogroupe. Robert Rochefort émet alors une bonne idée, hélas associée à un très mauvais choix. Il suggère de nommer un médiateur entre eurogroupe et gouvernement grec si les uns et les autres constatent que la situation est bloquée. Et, dans la foulée, de proposer le nom de Pascal Lamy.

Je n'ai jamais compris l'affection centriste pour Pascal Lamy. Il incarne, à mes yeux, tout le vice consubstantiel de la création européenne. Voilà un individu qui méprise par-dessus tout les individus et les peuples. Il n'y a à ses yeux que deux camps : celui du Bien et du Progrès, dans lequel évidemment il figure, et celui du Mal et de l'Archaïsme au sein duquel on trouve pêle-mêle les Français en général, les eurosceptiques, et peu ou prou tous ceux qui ne sont pas d'accord avec l'idéologie du Progressisme et du Mondialisme, Pascal Lamy incarnant comme le vieux dieu romain Janus, le visage de l'un et de l'autre.

Comment un Lamy pourrait-il comprendre un peuple aussi ancien que celui des Grecs, lui qui considère la culture comme un marchandise ordinaire et la défense, dans chaque pays, de la langue, comme un archaïsme d'un autre temps ?

Pascal Lamy n'a eu de cesse de conspuer la France et de lutter contre ses intérêts les longues années qu'il a passées au sein de la bureaucratie européenne comme commissaire, puis à l'OMC.

C'est un auto-satisfait qui s'imagine qu'il fait le bien des peuples et peu importe que ces derniers «se trompent» pourvu qu'une main «fraternelle» (et même paternelle, pourquoi pas ?), progressiste et, quand même un peu socialiste (enfin social-démocrate, plutôt) les guide dans la droite voie...

Les Lamy, les eurobéats sûrs d'eux-mêmes, mortelle erreur que de croire que ce sont nos alliés. Il n'y a de pire ennemi pour l'Europe que ces gens-là. Les centristes, les libéraux européens, les chrétien-démocrates, doivent le comprendre et s'en défier comme de la peste. Et en France, il ne faut pas verser dans l'illusion que tous ceux qui auraient marché dans les pas de Delors seraient des nouveaux Delors.

Grave erreur d'appréciation.

19:19 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : grèce, lamy, médiateur, rochefort | |  Facebook | | | |

jeudi, 06 novembre 2014

Qui va autoriser ou interdire les nouveaux aliments ?

Marielle de Sarnez signale dans sa dernière lettre la venue d'un texte législatif très important au Parlement européen dans peu de temps : il s'agit de fixer les règles et procédures pour autoriser de nouveaux aliments sur le marché européen.

Je ne suis pas expert de la chose mais j'ai lu avec beaucoup d'attention les conclusions d'une commission sénatoriale sur le sujet et il ne m'a semblé y lire que de bonnes choses.

Ce que je comprends, c'est que la Commission voudrait simplifier les processus en ne confiant qu'à un seul organisme de contrôle, européen cela va de soi, l'EFSA et, en somme s'asseoir tranquillement sur nos agences sanitaires nationales. Je ne dis pas qu'elles sont parfaites, et je reconnais qu'un aliment peut attendre jusqu'à dix ans avant de se voir enfin autorisé, mais elles ont le mérite de multiplier les précautions. 

Marielle de Sarnez suggérait de ne pas traiter de la même manière les aliments traditionnels d'autres pays et les fabrications ex-nihilo ou presque à partir de nano-particules alimentaires. 

Eh bien je suis d'accord et voilà ce que je propose : à l'Union européenne de valider l'existant, c'est à dire des plantes ou autres consommées par d'autres populations ailleurs dans le monde. Mais quand il s'agira de nourritures artificielles, le principe de subsidiarité devrait s'appliquer à 100% et chaque pays décider des règles qu'il applique.

On peut évidemment se dire que cela créera des niveaux de sécurité alimentaire variables d'un pays à l'autre, mais, comme Français, je préfère l'exigence dans mon pays à un dénominateur européen commun le plus petit.

Puisque Marielle de Sarnez sera rapporteur pour le groupe ADLE sur l’avis qui sera rédigé par la commission parlementaire du commerce international, je ne cache pas que j'attendrai avec impatience ses premières conclusions et ses premiers éclairages.

13:00 Publié dans Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : alimentation, norme, sécurité | |  Facebook | | | |

mercredi, 13 août 2014

Irak : heureusement les Américains sont là

Par chance pour les Chrétiens d'Orient et les Yézidis, les Américains interviennent en Irak, et les Kurdes, dernier rempart contre les délires islamistes, font front.

Tout ce que l'on peut souhaiter, c'est l'extermination complète des troupes de l'EIIL et la destruction définitive de leur pseudo-califat. Aucun califat n'a d'ailleurs fait montre d'une telle barbarie dans l'histoire du Proche-Orient.

Je suis écoeuré par la veulerie des États européens et par la nullité d'Ashton. Les premiers ne parlent que d'aide humanitaire (qu'ils comptent distribuer comment, au fait ?) et la seconde est inexistante quand il faudrait fournir des armes sophistiquées aux Pehsmargas Kurdes et aller pilonner aussi férocement que possible les positions djihadistes. 

Lâche et répugnant, de même, le silence de cette gauche morale et de toute la coterie pro-palestinienne, hystérique il y a trois semaines, discrète au possible aujourd'hui. Au mieux, on ne les entend que pour expliquer que c'est le faute des Américains. Tas de minables. 

Je me réjouis d'observer qu'il y a au moins une personnalité politique, François Bayrou, pour estimer qu'il est un devoir moral pour les Européens et particulièrement la France de soutenir l'action militaire de l'Amérique. Cet homme-là ne se trompe jamais et juge toujours à propos qui sont nos vrais ennemis. Certainement pas les Américains même si nous pouvons avoir des frictions avec eux de temps à autre.

La France, avec les Chrétiens d'Orient, c'est que de la gueule, si je puis me permettre. Beaucoup de bla-bla et pas d'action. Alors évoquer la France protectrice des Chrétiens d'Orient avec des trémolos dans la voix, cela ne sert plus à rien, parce qu'une fois encore, c'est l'Amérique qui fait le boulot. Il faut dire aussi que gauche et droite ont tellement dessoudé l'armée en réduisant son budget que nous n'avons de toutes façons plus les moyens de nos discours grandiloquents. En fait, mieux vaut que la France se taise, quand elle parle, elle se couvre de ridicule.

J'ai trouvé fort juste et à propos l'intervention de Daniel Cohn-Bendit, qui a trouvé, une fois encore, le ton juste pour une crise internationale. Il suggère de faire financer une intervention militaire par l'Union européenne, tout en aidant les populations en danger. Si c'était ce type-là qui dirigeait l'Europe plutôt que des Barroso, Junker ou Ashton, elle aurait un tout autre visage.

J'observe que le seul parlement européen qui presse son gouvernement d'intervenir, c'est celui de la Grande-Bretagne, pays toujours digne et courageux quand il le faut.

00:31 Publié dans Europe, International | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : irak, crise | |  Facebook | | | |

mercredi, 28 mai 2014

Quelques réflexions sur le score du FN

La soirée électorale a donné son verdict, et, pour ce qui me concerne, il est sans surprise. Il ne faisait pas de doute que le FN allait faire un gros score, et d'ailleurs, les sondeurs l'avaient très justement prédit.

Ce qui demeure désolant, après coup, ce sont les commentaires de la classe politique évoquant un cataclysme, un tsunami et cetera...

En termes de représentation, en effet, les résultats du FN sont fort fâcheux. De là à dire que la France vote à l'extrême-droite, relativisons. Les voix du FN représentent un peu plus de 10% du corps électoral. Les autres partis, encore moins, évidemment. Donc, titrer que la France est subitement devenue facho, c'est un raccourci imprudent.

Cela dit, environ 55 à 65% des Français se foutent de ce que la représentation parlementaire française compte un tiers d'élus du FN. Le véritable avertissement, à mon avis, c'est surtout celui-là.

En nombre de voix, le FN fait à peu près le même score qu'à la présidentielle. Environ 6.5 millions de votes, un peu moins. Avant de se préoccuper du vote de ce parti, les autres formations politiques feraient mieux de se préoccuper de la déperdition de leur propre électorat. Car c'est bien là où le bât blesse.

Mais si on s'intéresse au vote FN, on peut toujours raconter les mêmes stupidités sur l'opportunité d'une autre politique, sur les méfaits du libéralisme, sur la moralisation de la vie publique et ce genre de c...eries, on se fourrera immanquablement le doigt dans l'oeil.

L'électorat FN (mais pas que lui à mon avis, certainement aussi une bonne partie de celui de l'UMP) est très clair sur quelques points : il en a ras la casquette de l'immigration. Et ce qu'il attend, ce n'est pas un geste symbolique, du genre renvoi de Léonarda dans son pays, mais une véritable désactivation de la pompe aspirante. Fin complète du regroupement familial, des naturalisations automatiques (ou presque) à la majorité, limitation de l'immigration économique, renvoi systématique des délinquants étrangers dans leur pays. Cela fait 20 ans que 200 000 immigrés entrent en France chaque année. Réduire à 10 000 comme le veut le FN n'est évidemment pas réaliste, même en claquemurant les frontières, mais je pense qu'il existe un moyen-terme. 

Même chose pour l'insécurité. Plus de sanctions, plus immédiates, plus lourdes. Il suffit de mettre des moyens dans la police, dans la justice et de réformer cette dernière. Cela ne risque pas de se produire avec la laxiste Taubira. Un bon signe serait déjà de la dégager de son poste et de nommer quelqu'un de déterminé comme Garde des Sceaux. Je doute malheureusement qu'une telle figure existe à gauche.

Reste l'Europe stricto sensu. Là, ça va être encore plus difficile pour la classe politique française. Elle doit perdre l'habitude de parler des directives européennes et de supplications auprès de la Commission. Désormais, elle doit dire la vérité et préciser que ce qu'elle renvoie à l'Europe provient bien de France et pas de l'Europe. Dans le cas contraire, une large partie de la population finit par penser qu'une bureaucratie bruxelloise gouverne leur quotidien alors que l'Union emploie moins de fonctionnaires que la Ville de Paris !

18:27 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : fn | |  Facebook | | | |

jeudi, 22 mai 2014

Au FN, on croit à la danse de la pluie

Je sais que ce n'est pas une bonne pratique de s'occuper de ses adversaires quand on mène une campagne politique. Je le sais. D'ailleurs, je recommande à tous mes lecteurs un programme pour l'Europe digne de ce nom, celui des Européens (UDI-MoDem). Mais quand je vois des énormités, c'est plus fort que moi, je me sens obligé de réagir.

Je viens de lire le dossier du FN sur l'euro.

Lors d’une dévaluation, la valeur de la monnaie ne baisse que pour les importations. Or, les biens et services importés ne représentent que 14,5 % en moyenne de la dépense de consommation des ménages. La grande majorité de ce que nous consommons est produite sur le territoire français. De plus, certains pays comme l’Espagne ou l’Italie dévalueraient plus que la France, les biens importés de ces pays seront donc relativement moins chers. Globalement, l’effet inflationniste, du fait des réévaluations (du Mark notamment), des dévaluations, sera très limité

J'ai compris comment le FN a concocté son programme économique. Il est allé voir Élizabeth Tessier. Vous savez, celle qui fait des prévisions astrologiques. Enfin, je dis ça...peut-être que c'était un voyant à bas prix, genre marabout de banlieue, finalement. C'est picaresque leur histoire. Ce que feraient Italie ou Espagne, qui peut le dire ? Qui peut dire que le Mark serait réévalué ? Cette dernière affirmation est particulièrement ridicule. Le franc était quasi-arrimé au mark bien avant l'émergence de l'euro. Le FN aime la politique-fiction, en somme.

C'est ça le problème de l'argumentation  du FN. Même pas de l'approximation. Des incantations autour d'un totem en espérant que ça marche. Dans leur raisonnement sur les effets de l'une dévaluation, rien ne tient ou presque. Quant à affirmer que 14% de notre consommation seulement, comme ils le font plus haut, est importée, je me demande d'où les rebouteux du FN tirent ce chiffre, et, en supposant qu'il ait une origine, sur quelle base il est calculé.

Si on veut que l'euro soit une force, il faut faire une bonne fois pour toutes ce que préconisent le MoDem et l'UDI :

CRÉER UN VÉRITABLE GOUVERNEMENT DE LA ZONE EURO. Afin de rendre plus efficace les politiques, en particulier dans le domaine économique, nous voulons créer un véritable gouvernement de la zone euro pour mener des politiques nouvelles et engager l’indispensable convergence de nos systèmes sociaux et fiscaux. Les parlementaires européens de la zone euro, avec les Parlements nationaux, seront amenés à contrôler ce nouvel exécutif.

DOTER LA ZONE EURO D'UN BUDGET AUTONOME ALIMENTÉ PAR DES RESSOURCES PROPRES. Cette autonomie budgétaire facilitera la mise en oeuvre de politiques communes en faveur de l’emploi et d’un programme ambitieux d’investissement d’avenir permettant, en particulier, de favoriser les relocalisations d’entreprises.

UNE REPRÉSENTATION EXTÉRIEURE UNIFIÉE DE LA ZONE EURO. Le gouvernement de la zone euro doit être représenté en tant que tel au FMI, à la Banque mondiale, à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et dans les organisations internationales spécialisées.

C'est quand même plus crédible...

18:56 Publié dans Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : euro, fn, modem, udi | |  Facebook | | | |

Chouette, un pote de gauche qui vote UDI-MoDem !

Savoureuse discussion, ce midi, avec un collègue de travail. Il entreprend d'évoquer les européennes de ce dimanche et ses intentions de vote et me dit tout de go :

«Tiens, je vais te dire quelque chose qui va te faire plaisir : je vais voter UDI-MoDem à ces élections. Ce sont les seuls qui ont une ligne européenne claire».

Hop, une voix de plus pour Marielle et les Européens :-)

C'est intéressant parce qu'on a discuté des postures des différentes listes mais surtout du gouvernement. Comme moi, ce collègue est exaspéré par les doubles discours (qu'il reprochait déjà à Sarkozy et à l'UMP) sur l'Europe, et tout particulièrement l'anecdote que je relevais dans un précédent billet : rien de plus hypocrite et misérable que Moscovici, Ayrault ou Hollande expliquant que le précédent gouvernement allait négocier son déficit à Bruxelles.

Ça me chauffe quand j'entends ça. Bordel, les commissaires de Bruxelles sont nommés par les États ! Alors pas la peine de venir pleurnicher après alors que l'État ne fait en réalité qu'appliquer ses propres décisions.

Et d'un.

Bordel de m...On ne réduit pas notre déficit pour faire plaisir à Bruxelles mais bien plus prosaïquement parce que c'est une obligation économique. Vivre en empruntant indéfiniment et dépenser toujours plus, ça s'appelle du surendettement. Tous les particuliers qui l'ont vécu savent très bien comment cela finit : par une catastrophe personnelle. L'État a beau avoir les épaules plus solides que le particulier, qui peut imaginer un instant qu'il en ira autrement pour lui ? Foutage de gueule.

Et de deux.

J'ai vu le Front de Gauche qui distribuait des tracts. On est au moins d'accord sur le premier point, c'est écrit noir sur blanc chez eux : le gouvernement se moque du monde en accusant Bruxelles puisque Bruxelles est une émanation du gouvernement. Content qu'on se retrouve au moins sur ça.

Ça s'arrête là, toutefois, le copinage avec le Front de Gauche. Il propose de voler tous ceux qui ont prêté de l'argent à la France de deux manières : en ne remboursant plus, purement et simplement, ou alors, plus subtil, en dévaluant tellement l'euro qu'il ne vaudra plus que des clopinettes pour ceux qui ont prêté de l'argent aux États européens. Cet aspect, malheureusement pour le Front de Gauche ne vaut que pour ceux qui ont prêté de l'argent en dollars à la France. Pas de chance, l'essentiel de nos prêteurs sont européens. En somme, le Front de Gauche nous invite à être malhonnête avec tous ceux qui ont été sympas avec nous. J'ajoute qu'une dévaluation aurait comme qui dirait un "léger" impact sur toutes les importations hors zone euro, et il y en a un paquet. Les ménages français se serreraient la ceinture, au sens propre, pas au sens figuré...

Enfin, le Front de Gauche reste un parti qui propose tout de même un programme européen. Rien de tel avec le FN qui a juré d'avoir la peau de l'euro. Petit problème : 26% des Français y sont favorables contre près de 60% qui sont contre...De toutes façons, le problème n'est pas l'euro mais ce qu'on en fait. Le FN se plante complètement d'analyse (rien de nouveau sous le soleil, d'ailleurs).

15:32 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : udi, modem, européennes | |  Facebook | | | |

mardi, 20 mai 2014

Marielle de Sarnez, une eurodéputée influente

Instructif le classement réalisé par une professeur de l'ESSEC avec le Groupe des Belles Feuilles. Il s'agissait d'établir un classement d'eurodéputés en prenant en compte non seulement l'assiduité et les interventions mais aussi l'influence.

Je ne suis pas surpris de retrouver Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard aux 4ème et 5ème places de ce classement. L'une a publié en 2009 un abécédaire de l'Europe puis tout récemment, début 2014, un livre d'entretiens intitulé l'Urgence européenne. Elle informe également tous les curieux de l'actualité parlementaire européenne avec sa lettre mensuelle.

Quant à Sylvie Goulard, j'entame avec gourmandise son Europe pour les Nuls .

Nous avons besoin d'eurodéputés qui sont investis et connaissent leurs dossiers. Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard sont de ce bois-là.

Marielle de Sarnez relevait dans son dernier ouvrage, l'Urgence européenne, que les peuples n'en pouvaient plus, ne supportaient plus de voir tout se négocier à leur insu. Ainsi, bien que les centristes se soient montrés favorables à l'ouverture de négociations commerciales avec les USA (ça ne mange pas de pain, après tout) dès qu'ils ont constaté les premiers dérapages et l'absence de débat public, ils ont rétropédalé sur le champ, d'abord en s'abstenant lors du second vote au parlement sur ce sujet, puis, à partir du mois de septembre 2013, en dénonçant vigoureusement l'opacité totale des négociations. Enfin, ces deux derniers mois, constatant l'absence d'avancées démocratiques sur un sujet d'une telle importance, ils se sont résolus à s'opposer frontalement au traité avec entre autres une tribune retentissante de Jean Arthuis sur la question.

Marielle de Sarnez, l'une des premières à tirer la sonnette d'alarme, est d'autant plus légitime à le faire qu'elle fait partie de la commission commerce international de l'ADLE depuis 2009. On peut dire qu'elle maîtrise son sujet et sait de quoi elle parle quand elle l'aborde.

17:13 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : marielle de sarnez, sylvie goulard | |  Facebook | | | |

lundi, 19 mai 2014

Marielle de Sarnez, l'anti Marine Le pen

Je sais que Marielle de Sarnez et Marine Le pen ne se présentent pas dans la même circonscription européenne mais j'ai choisi de les comparer parce qu'elles représentent, me semble-t-il, deux figures radicalement opposées en politique. 

J'ai achevé la lecture de l'Urgence européenne, et je crois que Marielle de Sarnez y énonce un principe très fort qui est aux antipodes des convictions des Le pen, père et fille. Un jour, Jean-Marie Le pen a déclaré « je préfère mon frère à mon cousin », « mon cousin à mon voisin » et « mon voisin à un étranger »… C'est la vision des Le pen. Des identités exclusives les unes des autres, ou, tout du moins, qui s'affrontent. Quelle meilleure réponse que celle de Marielle déclarant à la page 17 de son livre :

On vit dans un monde où l’on peut additionner les appartenances, les citoyennetés. Ainsi, je me sens citoyenne de ma ville, de mon pays, de l’ensemble européen mais aussi du monde.

Nous sommes avec cette déclaration au coeur même du principal affrontement de cette campagne. Le FN, ses électeurs, les Le pen, pensent que l'Europe est mauvaise, qu'elle est une nuisance pour la France parce qu'ils n'imaginent pas la France dans l'Europe. Ils se perçoivent comme Français et exclusivement Français et non comme Français au même titre qu'ils sont Européens. Et pourtant, ces deux identités existent, coexistent, même sans qu'elles soient d'une quelconque manière une menace l'une pour l'autre. 

L'Europe est forte de ses nations et les nations européennes sont fortes de l'Europe.

Marine Le pen essaie de constamment maintenir les Français dans la peur de l'Europe, de nos plus proches alliés et nos plus anciens amis. Ne trouve de grâce à ses yeux que Poutine dont on voit l'exercice du sentiment démocratique tous les jours dans son propre pays...

Qui préfère vivre dans la Russie de Poutine qu'en France ?

Mais Marielle de Sarnez, c'est aussi l'anti-européisme. L'européisme, ce sont les Bolkenstein, les Barroso, les technocrates qui sont constamment dans le déni du fait national et se méfient des peuples.

A cela, Marielle de Sarnez oppose le principe le plus fondateur de la démocratie sociale à laquelle aspirent les centristes et les libéraux en général : la subsidiarité.

La subsidiarité c'est quoi ? La subsidiarité, c'est de vouloir que ce ne soit pas l'échelon supérieur qui décide systématiquement ce qui est bon pour l'échelon local. En réalité, c'est le local qui sait ce qui est bon pour lui, et c'est donc à lui que revient la première décision. Et une démocratie qui fonctionne bien donne les pouvoirs nécessaires à chacun des échelons dans son rayon d'action.

Ainsi, Marielle de Sarnez est à équidistance de deux menaces : le repli identitaire d'un côté, et son effacement de l'autre.

Ce que je dis de Marielle parce que j'ai lu son livre (et les précédents, d'ailleurs) vaut pour l'UDI-MoDem dans son ensemble. Tout le projet est imprégné de ces deux principes fondateurs.

22:20 Publié dans Europe, Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : marielle de sarnez, marine le pen, fn, modem, udi | |  Facebook | | | |

dimanche, 11 mai 2014

FN et protectionnisme : le prix à payer

C'est triste mais c'est un fait établi, il ne suffit pas de clamer la vérité pour obtenir l'attention et l'assentiment des Français.

Le sentiment européen est dans un sale état en France, en dépit de la défense courageuse à laquelle se livrent les seuls partis européens dignes de ce nom en France, l'UDI et le MoDem.

Que dire ? Comment veut-on que l'Europe puisse avoir bonne presse quand on a vu ramper ou rouler du tambour de guerre les gouvernements successifs de Nicolas Sarkozy et de François Hollande ? Quand Moscovici et Hollande à l'automne dernier assurent qu'ils vont aller "négocier", comme ils disent, le report de leurs obligations à Bruxelles, ils se moquent du monde dans les grandes largeurs. 

Les traités, on les a signés. Les pouvoirs, c'est nous qui les donnons à la Commission. Et si elle finit par jouer le gendarme, c'est bien parce que nous, Français (mais aussi d'autres pays européens) la chargeons du mauvais rôle faute d'avoir l'honnêteté et le courage d'endosser les conséquences de nos mauvaises décisions.

La Commission n'est pas toute blanche non plus : les Commissaires arrogants qui la composent ont pris la grosse tête et se croient (à tort, au demeurant) tout puissants, se permettant de porter un oeil sévère sur les États. En réalité, ce ne sont que des fonctionnaires et ils n'ont vocation qu'à éclairer les États d'éventuels conseils et avis mais c'est tout.

En face, il y a l'extraordinaire mauvaise foi des populistes à commencer par Marine Le pen. Si nous devions retourner à l'euro et frapper nos importations de taxes suffisantes pour les rendre non-concurrentielles face à la production française, il va de soi que leur prix augmenterait significativement. Mais si nous dévaluions notre monnaie en même temps, le coup de bambou serait violent.

C'est tendance de cracher sur la concurrence, mais quelques petits calculs devraient remettre les pendules à l'heure. Nous croyons avoir perdu en pouvoir d'achat, vivre moins bien que nos parents mais examinons de quoi sont constituées nos possessions à l'intérieur de nos foyers. Un exemple simple : début 1990 un ordinateur coûtait 10 000 francs (je pense à un Mac LC, par exemple) soit 1500 euros d'aujourd'hui en valeur courante (bien plus en valeur constante). Un Smic, à l'époque, c'était environ 6000 francs nets par mois. Aujourd'hui, on trouve aisément des ordinateurs tout neufs et performants à 300 euros. Notre SMIC est à environ 1300 euros nets. En somme, le prix des ordinateurs a été divisés par 4. Je n'ai plus en tête le tarif des écrans plats ou des lecteurs de DVD, mais c'est encore plus frappant. L'écran plat au début des années 90 était un luxe de riche, il est devenu accessible à tous aujourd'hui. C'est parce qu'il existe des coûts de production bas dans les pays émergents et bien sûr, d'importants progrès technologiques, que de tels achats sont devenus possibles.

Ce que je dis pour l'équipement électronique s'applique à un certain nombre d'aliments. Il y a 25 ans, les patates douces, l'igname, la mangue, la grenade et bien d'autres fruits coûtaient cher. Aujourd'hui, la patate douce est à peine plus cher qu'une pomme de terre. C'est un légume que je me souviens avoir payé près de 50 francs le kilo au milieu des années 90. Il n'est qu'à 2 à 3 euros le kilos soit l'équivalent de 18 francs en monnaie courante (mais plutôt 5 à 6 francs en monnaie constante).

Un système de barrières douanières comme le prône Marine Le pen aurait vite fait de nous revenir en pleine face comme un boomerang. 

La réalité c'est que nos accords commerciaux particulièrement avec nos alliés européens nous ont permis un enrichissement considérable. Les problèmes que nous vivons (le chômage, le coût de l'immobilier et le santé, les déficits de nos caisses de mutualité) ne sont pas le fait de l'Europe mais de fautes stratégiques graves et de mensonges de toutes sortes.

C'est un sport national de faire porter le chapeau à l'Europe depuis des années, mais qu'on se le dise, à ce jeu-là, Marine Le pen sera plus forte que le PS et l'UMP. Ce que ne comprennent pas ces deux partis, c'est qu'il est incohérent au possible d'appeler un grand vote en faveur de l'Europe après avoir passé son temps à la dénigrer quand ils étaient au pouvoir tour à tour.

Il y a des choses à améliorer en Europe, mais je crois l'UDI et le MoDem beaucoup plus fiables que tous les autres partis dans ce domaine. Qu'on consulte leur excellent programme pour s'en convaincre.

16:10 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : udi, modem | |  Facebook | | | |