mercredi, 16 avril 2014

L'Alternative refusera le traité transatlantique

Marielle de Sarnez, euro-députée MoDem, met en garde depuis de nombreux mois contre les conditions dans lesquelles se déroulent les négociations du traité transatlantique, un accord commercial entre l'Amérique et l'Europe.

Elle dénonce l'opacité des négociations et exige leur mise à plat publique. Elle récuse tout abaissement des normes européennes au nom de ce traité.

De son côté, Jean Arthuis, candidat de l'Alternative en Bretagne-Pays de Loire, Poitou-Charentes a publié une tribune pour s'opposer à ce traité. Je ne vais pas reprendre en détail cette dernière mais je rappelle que les centristes défendent depuis longtemps l'établissement d'appellations communes en Europe. Bayrou a porté le flambeau du Made in France et les eurodéputés centristes sont favorables à l'extension des IGP à d'autres produits que le textile et l'agro-alimentaire voire à la mention du pays d'origine, plus simplement. On ne les imagine pas un seul instant accepter de voir piétiner par Washington ce qu'ils promeuvent à Bruxelles.

Il y a une bonne nouvelle, toutefois, dans l'histoire de ces négociations : à la fin, ce seront les gouvernements et le Parlement européen qui seront souverains. La Commission mène les négociations, mais elle n'a pas mandat pour prendre des décisions. D'où l'importance de voter aux prochaines élections européennes.

Jean Arthuis a très bien fait de porter le débat sur la place publique. Je suis très étonné du silence de l'UMP et du PS sur un sujet d'une telle importance. Je sais tout de même que le PPE (dont est membre l'UMP) y est favorable et que les écologistes sont eux vent debout contre ce traité depuis le début.

Je mets en garde contre les rodomontades du FN et de Marine Le pen. Je rappelle que son père et elle sont absents une fois sur deux lors des votes, y compris quand ils sont cruciaux.

C'est facile de faire de l'esbroufe et de cracher sur l'Europe, mais quand il faut défendre la France et que l'on se montre aux abonnés absents, c'est le silence-radio à l'extrême-droite.

Marielle de Sarnez est membre du comité stratégique sur l’accord de partenariat transatlantique entre l’Europe et les États-Unis mis en place par la ministre du commerce extérieur, Nicole Bricq. On peut, je le pense, compter sur elle pour se montrer très vigilante.

La page du Ministère du Commerce Extérieur reprend les étapes de la négociation de ce traité.

Les indispensables Décodeurs essaient de leur côté d'en décrypter les arcanes. Contre la cour, autre blog de qualité, assure une revue de presse mensuelle sur le sujet. Évidemment, ces deux blogs ont un point de vue parfois orienté sur le sujet, mais ils sont très bien informés et leurs décryptages sont précieux.

Comprenons-nous : négocier pour demander l'ouverture de leurs marchés à nos partenaires n'est pas en soi une mauvaise chose. Ce qui est une mauvaise chose, c'est d'être les dindons de la farce et de nous retrouve ensuite inondés de poulets aux OGM ou de biberons au bisphénol A au nom de ce traité. Ou encore que les entreprises pollueuses ne soient plus comptables de leurs méfaits.

On peut négocier mais à condition de ne rien lâcher sur nos normes. Je cite Marielle de Sarnez à cet effet :

la question des normes, sur lesquelles beaucoup de questions se posent est essentielle. Il y a pourtant deux principes essentiels à rappeler.  Le premier est que nous, Européens, ne pouvons en aucun cas accepter un abaissement de nos propres normes. Le second est que les produits qui arrivent dans l’UE doivent respecter les normes européennes.

Enfin, les différentes méthodes envisagées par les négociateurs : coopération, harmonisation, convergence, reconnaissance mutuelle posent question. Si on arrivait un jour, dans un monde idéal, à une seule norme mondiale,  cela serait aussi de nature à poser des difficultés. Je demande donc qu’on réfléchisse ensemble à ce problème.

Un exemple à ce propos : celui des constructeurs automobiles. Il est vrai qu’il serait plus simple pour les fabricants de concevoir une voiture qui puisse se vendre à la fois en Europe et aux États-Unis. Mais il faut aussi penser aux consommateurs. Les consommateurs américains et européens ne veulent pas forcement rouler dans les mêmes voitures.»

Voilà. Pas mieux pour moi, bien évidemment.J'en profite pour faire observer que l'opinion publique américaine est elle-même très attentive et défiante sur ce traité.

10:29 Publié dans Europe, International | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : sarnez, traité transatlantique, arthuis | |  Facebook | | | |

mardi, 15 avril 2014

Centristes, ne versez surtout pas dans l'eurobéatitude !

Je suis très inquiet du début de campagne de l'Alternative. Non seulement ses premiers meetings ont été inaudibles, mais, bien plus inquiétant, le message délivré pourrait nous conduire droit à une gifle retentissante si nous persévérons dans l'erreur.

Il ne faudrait surtout pas se contenter de clamer haut et fort son amour de l'Europe en guise de campagne tant il me paraît évident qu'un tel message va agacer au plus haut point une très forte majorité de nos concitoyens. Bien plus maladroit et mal réfléchi encore serait de renvoyer l'actuelle détestation de l'Europe à de l'europhobie. Le terme est d'ailleurs ridicule. En réalité, dans cette élection, ce sont des visions de l'Europe qui s'affrontent. Mélenchon ou Marine Le pen et son Front National en ont une aussi. Ce ne sont pas les mêmes, et elles sont l'une et l'autre très éloignées de la nôtre.

Le débat n'oppose donc pas des gentils pro-européens d'un côté et des très méchants anti-européens de l'autre mais des visions. Par exemple, on l'ignore souvent, mais Mélenchon est favorable à l'euro. Face à lui, la question  n'est donc pas l'euro ni l'Europe (il y est favorable aussi) mais ce qu'il veut en faire. Et comme il veut faire de l'Europe un super-État qui se fiche de ses dettes comme d'une guigne et où l'économie est hyper-administrée et hyper-fiscalisée, on se doute bien qu'il ne saurait avoir la moindre convergence avec les centristes.

Il suffit de lire le programme du FN pour réaliser qu'il ne souhaite pas abolir les traités mais tous les renégocier (c'est écrit noir sur blanc) selon des paramètres différents de ce qu'ils sont actuellement. Fin de l'euro, rétablissement des frontières, contrôle de la circulation des capitaux et des biens, États forts. Le FN évoque une association libre d'États européens, mais j'avoue que je n'ai jamais trop compris ce que voulait le FN exactement dans ce domaine et comment il se l'imagine. Et comme personne ne lui pose la question, il ne développe pas cet aspect de son programme. C'est bien d'ailleurs le travers général du FN : ce parti dénonce beaucoup de choses mais n'évoque guère ce qu'il compte faire et comment il se représente "l'après-Europe" puisqu'il veut la démanteler.

Ce dont souffrent les Français (et c'est quelque chose qu'ils détestent par-dessus tout) c'est d'avoir le sentiment d'être dirigés d'en haut. Le parisianisme insupporte la province et la technocratie bruxelloise tout autant. Pourtant, il n'est pas une décision prise à Bruxelles qui n'ait été préalablement validée à Bercy et à l'Élysée. La classe politique est donc insupportable d'hypocrisie quand elle arbore une mine contrite pour aller négocier auprès de la Commission, comme si elle-même n'avait pas pris les décisions qu'elle impute à l'Europe.

C'est à l'aune de ces deux observations que plusieurs points centraux de l'eurodéputée Marielle de Sarnez et plus généralement du MoDem prennent tout leur sens :

- tout devrait commencer de l'échelon local et il est une aberration que les décisions qui concernent cet échelon ne soit pas en priorité prise par ce dernier. C'est ce qu'on appelle le principe de subsidiarité. C'est la mairie qui décide ce qui est bon pour elle ou non, et pas Paris. Et c'est la France qui édicte ses principales lois, pas Bruxelles (à condition qu'elles n'entrent pas en contradiction avec les accords qu'elle signe, cela va de soi ; mais cela est vrai de tout ce que nous signons avec les pays étrangers, Europe ou pas.).

- exiger un fonctionnement démocratique et de la transparence paraît sans doute théorique, mais c'est tout de même bien là où le bât blesse et Marielle de Sarnez n'a de cesse que de les réclamer 

L'Europe enfin, est forte de ses différences mais aussi de sa solidarité. On peut rire au nez de la France (encore que...) mais certainement pas de l'Europe toute entière. Je pense en particulier aux multinationales. Total et Microsoft qui se sont pris des torgnoles magistrales de la part de la Commission (de 300 millions à un milliard d'euros d'amende) en gardent un souvenir cuisant. Et quand on lorgne sur le marché européen, on ne peut pas risquer de fâcher l'Europe toute entière. Il est très difficile de fonctionner avec des diplomaties parallèles, elles se ruinent les unes les autres. Si nous parvenions pourtant à avoir un représentant des affaires étrangères européennes crédible (pas la pitoyable Catherine Ashton mais quelqu'un du calibre d'Hilary Clinton ou de Condolezza Rice), avec des pouvoirs étendus et garantis, il est plus qu'évident que la voix de l'Europe serait écoutée et crainte dans le monde entier. Et si notre solidarité parvenait à garantir chacun des pays européens, le monde entier saurait que s'en prendre à un seul état européen, c'est s'en prendre à l'Europe toute entière. Nul doute alors que nos adversaires, mais aussi nos partenaires, y regarderaient à deux fois avant de prendre des décisions qui nous seraient hostiles.

Il reste à lancer la campagne, et c'est un défi majeur. 61% des Français qui escomptent s'abstenir, c'est l'assurance d'un déni de démocratie chaque fois que les eurodéputés s'exprimeront pour faire connaître la voix de la France. 

Je sais que c'est difficile, mais il faut lancer le débat. Yves Jégo a raison de vouloir prendre à partie le Front National, puisqu'on annonce qu'il sera le premier parti à l'issue de cette élection. Mais il faut agir intelligemment et prendre langue avec ce parti afin que ce soient des idées et des visions qui s'opposent, pas des slogans et des imprécations. Et ce qui vaut pour le FN vaut pour le Front de Gauche auquel les sondages prêtent un score qui est loin d'être négligeable. 

 

11:16 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : union européenne | |  Facebook | | | |

dimanche, 06 avril 2014

Des voix fortes pour l'Europe, même sans Borloo !

On ne peut pas dire que l'annonce de Jean-Louis Borloo tombe au bon moment : il renonce à la plupart de ses mandats et fonctions politiques. A vrai dire, depuis sa pneumonie, je n'étais guère optimiste. Il ne s'agit pas d'une maladie bénigne et s'en remettre prend beaucoup de temps et d'énergie. Incompatible avec une activité politique intense.

Le malheur, c'est que cela se produit au moment où le centre est un peu en berne pour les élections européennes à venir. Nous sommes peu audibles et devons évoluer en terrain miné, avec une population fâchée contre l'Europe. 

Nous avons besoin de voix fortes pour faire valoir nos propositions et dénoncer les mensonges éhontés de plusieurs de nos adversaires. 

Borloo et Bayrou auraient dû être les fers de lance de cette campagne. Le premier est hors combat et le second, replié sur son Béarn.

C'est vraiment dommage quand on observe que les sondages d'opinion renvoient une très bonne image des deux leaders centristes, désormais (2ème et 3ème chez Opinion Way, par exemple).

Nous avons des leaders populaires, deux partis, l'UDI et le MoDem pas trop mal considérés, mais il nous manque un message lisible et nous devons évoluer en territoire hostile.

Voilà une équation difficile. Nous avons choisi d'être Les Européens, ne passons surtout pas pour des eurobéats. Il ne faut en aucun cas défendre l'Europe telle qu'elle fonctionne et ne pas renvoyer les arguments de nos adversaires à de l'europhobie mais bien démonter qu'il y a tromperie sur la marchandise depuis longtemps et que cela, l'Europe n'en est pas comptable. Voilà pourquoi nous voulons une Europe dans laquelle les démagogues et les menteurs n'aient plus le loisir de tromper les peuples ni de berner les Européens dans leur ensemble.

Je souhaite une campagne offensive, qui ne fasse pas de cadeaux à nos adversaires et qui montre que l'Europe peut bien plus pour les peuples qu'on ne le pense à condition qu'on la libère des chaînes dans lesquelles elle est entravée depuis trop longtemps.

 Je me souviens avec émotion de la plus belle image de ces dernières années en politique : c'est celle de François Bayrou évoquant le Théâtre d'Épidaure pour signifier la place des militants dans le parti politique qu'il venait de créer.

Il y a là-bas une dalle qui propage le son avec une perfection irréelle vraisemblablement parce que l'édifice a été construit selon les proportions du mythique Nombre d'Or. Trouvons la nôtre et envoyons alors un message d'espoir à tous les Français.

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samedi, 05 avril 2014

Les abrutis béats de la mondialisation heureuse

C'est toujours drôle d'écouter les faux béats vanter les mérites de la mondialisation avec des trémolos dans la voix. Leur slogan favori c'est d'assurer que la mondialisation est une chance.

Entendons-nous : je ne fais pas partie des complotistes paranoïdes de toutes sortes qui font de la mondialisation le cheval de Troie pêle-mêle d'Israël, des USA, du libéralisme (néo ou non, d'ailleurs) et cetera. Mais je n'en pense pas pour autant que la mondialisation est un grand bonheur. C'est une compétition féroce et elle fera des dégâts sociaux au sein des peuples tant que les nations ne seront pas parvenues à des niveaux de vie à peu près comparables.

Le chemin est long et il faudrait le baliser en préservant, me semble-t-il, quelques secteurs qui auraient vocation à être protégés : l'agriculture et la culture me semblent les plus importants pour les pays les plus faibles.

Au lieu de cela, des nuisibles à la Lamy bien à l'abri dans leur bunker de privilèges poussent à la dérégulation pour placer en concurrence l'Éthiopien crève-la-faim et le Français heureux bénéficiaire d'une protection sociale longtemps performante.

On peut s'accorder sur ce qui peut entrer en concurrence ou non, et je pense que l'OMC est exactement là pour cela. Mais le rôle que veulent lui faire jouer les Lamy et consorts n'est pas du tout celui d'un organisme d'échanges, de négociations et de coopération mais d'une officine au service d'intérêts particuliers.

Face à des Lamy, il me semble que l'Europe, en dépit de ses travers, représente encore une autre conception des rapports entre pays. Tout du moins, c'est celle que l'ADLE et tout particulièrement le MoDem en France essaient de promouvoir.

Marielle de Sarnez, parmi les centristes, a particulièrement bien vu tout l'enjeu que représente l'OMC puisque c'est le gendarme qui finit par dicter ses conditions aux États, au bout du compte, non sans que ces derniers aient toutefois avalisé toutes les décisions qui s'y prennent. Ne nous méprenons pas : comme le fait très régulièrement et très justement valoir Marielle, il n'est de choix qui soit effectué au sein de l'Union Européenne ou de l'OMC qui n'ait été préalablement validé par les pouvoirs nationaux.

Voilà pourquoi il ne faut pas croire leurs mensonges quand ils se défaussent sur ces institutions des mesures qu'ils ont acceptées voire décidées.

Mieux vaut, comme le font généralement les centristes, mais aussi quelques voix honnêtes de droite ou de gauche, porter sur la place publique les enjeux qui se nouent et se dénouent là-bas. 

Pour cela, il convient aussi de ne pas verser dans les théories hallucinées des nationalistes (genre FN) ou néo-marxistes (façon Mélenchon) qui affirment très malhonnêtement qu'en mettant fin à nos accords internationaux, du jour au lendemain, la France deviendra un paradis.

Bayrou le disait avec justesse dans son État d'urgence : la France est un pays exportateur. Si nous résilions unilatéralement nombre des conventions commerciales qui nous lient avec nos partenaires, il ne fait pas de doute qu'ils en feront autant et nous en paierons un prix que FN et Mélenchonistes se gardent bien d'évoquer.

Je trouve que les centristes et notamment le MoDem ont cette vertu très unique en France et souvent en Europe : de dire la vérité sans verser dans la béatitude et d'établir clairement les règles du jeu. Ce n'est qu'une fois que l'on a fait ce chemin que l'on peut commencer à discuter.

C'est ce que Bayrou a fait dans ses programmes, ses livres, c'est aussi ce à quoi s'essaient des eurodéputés comme Robert Rochefort ou Marielle de Sarnez (je pense à sa lettre mensuelle).

Comme Marielle de Sarnez, je pense que l'Europe peut devenir un puissant point d'appui dans nos négociations au sein de l'OMC avec nos partenaires commerciaux ; à l'inverse, Lamy et ses amis, comptant sur le silence honteux mais consentant de ses amis de gauche, complice de ceux de droite, proposent de faire de l'Europe le cheval de Troie d'une compétition aussi féroce que mortifère.

Deux représentations de l'Europe que tout oppose. J'ai choisi mon camp en préférant la première.

09:18 Publié dans Economie, Europe, International, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : concurrence, omc, union européenne, mondialisation | |  Facebook | | | |

dimanche, 30 mars 2014

Et maintenant, l'Europe !

Municipales terminées. Les Parisiens ont choisi de payer encore plus d'impôts, de vivre dans une ville toujours plus congestionnée, d'emprunter des transports en commun toujours aussi sales, peu efficaces, lents et en proie à l'insécurité sur plusieurs portions, c'est leur choix. Je pense qu'ils n'ont pas encore assez bavé. L'alliance des minorités et des bobos finira bien par éclater tôt ou tard parce qu'au fond, leurs valeurs et leurs aspirations sont antagonistes. Mais bon, passons à autre chose, désormais : l'Europe.

Là, on va avoir du boulot : l'information est passé inaperçue mais sur France 2, en début de soirée, il y a eu une estimation et une première petite passe d'armes.  Nous sommes, MoDem et UDI réunis, à 8% d'intentions de vote dans un sondage Ipsos.

Marielle de Sarnez était sur le plateau ce soir et elle a réagi au sondage et aux propos des journalistes et personnalités politiques présents : il n'y a pas une mesure à l'échelle européenne qui ne soit validée par l'autorité nationale. Ainsi, tous les politiques qui accusent l'Europe mentent comme des arracheurs de dents.

Ce qui n'est pas satisfaisant, en revanche, c'est ce que les chefs d'État européens laissent négocier par la Commission Européenne avec d'autres institutions, telles que l'OMC, par exemple.

De même, les accords et règles qui régissent les relations des pays européens entre eux sont à reconsidérer à plus d'un égard.

Nous, Européens, devons en faire une liste claire et prendre des engagements transparents quant à ce que nous attendons de l'Europe.

Ce serait une erreur de s'engager dans la campagne européenne en sautant comme des cabris au son du tocsin Europe ! Europe ! Une erreur monumentale qui nous vaudrait de prendre une claque du même acabit.

Nous devons dire avec la plus grande clarté quelle Europe nous attendons et quelles réformes nous engagerons ou nous essaierons de promouvoir. Nous devons dire aussi ce que nous refuserons catégoriquement, au risque de briser l'accord qui lie tous les pays européens entre eux.

Nous allons avoir les adversaires suivants :

L'UMP et le PS qui mentent et font voter d'une main ce qu'ils dénigrent de l'autre. Leurs discours sont creux et ils portent des propositions dont ils savent qu'elles ne peuvent aboutir.

Le Front de Gauche et les Verts qui sont encore pires car bien qu'ils soient  incapables de dire comment ils financeraient leurs projets, ils sont convaincus de leur pertinence et nous engageraient dans une voie sans retour. Un petit bémol, cependant, du côté des Verts, avec lesquels nous pouvons avoir des convergences sur la démocratie et sur l'écologie.

Le Front National, plus redoutable encore que les autres car il va puiser sa matière dans leurs mensonges. Il faudra démonter point par point tout leur projet de démantèlement de l'Europe sans pour autant verser dans un européisme béat en mode Coué. Un exercice périlleux qui exigera d'avoir pensé et pesé tout ce que nous dirons et proposerons en ayant bien à l'esprit que l'Europe a vocation à être l'Europe de tous. L'Europe de tous, cela suppose des réponses pour tous.

 

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mercredi, 19 mars 2014

L'Europe pourrait imposer des normes anti-pollution au reste du monde

On se rend compte avec les derniers pics de pollution que le trafic automobile intra-muros à Paris n'est qu'un petit aspect du problème. Il est bien plus global. 70% de la pollution atmosphérique nous parvient de l'extérieur et même de l'étranger.

Il suffit de considérer les émissions chinoises au Japon ou encore celles qui nous viennent d'une partie de l'Europe orientale pour avoir une vision claire du phénomène.

 En ce sens, ce qui serait cohérent de la part de l'Europe, ce serait d'exiger que tous les produits vendus en Europe soient conformes à une norme environnementale non seulement dans leur conception, mais aussi dans leur production.

Tout produit dont des composants contribueraient à la pollution globale mondiale, et particulièrement à celle qui sévit en Europe se verrait interdit de vente sur notre territoire. Facile de produire à bas coût quand on fait payer à autrui les conséquences sanitaires et environnementales de sa production.

Bayrou, dès 2008, et il l'a encore rappelé en 2012, faisait observer que trop de règles et de normes européennes s'appliquaient aux entreprises européennes ; il exigeait alors que la règle européenne soit la loi commune pour la totalité des produits vendus en Europe, conçus ou non en Europe.

Je crois qu'il faut faire de cet aspect un élément essentiel de la campagne centriste en juin prochain. Les Européens se demandent ce que l'Europe leur apporte. Il est grand temps de voter des mesures qui protègent nos emplois et notre environnement.

Bien sûr, l'application de ces mesures ne se fera pas simplement et tout devra aussi être négocié au niveau de l'OMC. Marielle de Sarnez fait souvent remarquer que c'est l'un des premiers lieux où doivent s'exercer diplomatie et pressions. Et elle a raison. Elle exigeait d'ailleurs en septembre 2012 une refonte des règles de l'OMC et une réciprocité totale dans les accords commerciaux. Nous sommes assez loin du compte et ce, pour une raison qu'il faudra aussi évoquer : plusieurs pays européens se comportent en cheval de Troie d'autres nations extérieures à l'Europe. La France n'en fait justement pas partie.

Comme le disait très justement le 04 février dernier au Parlement Européen Marielle de Sarnez,

Au fond, je ne vois pas pourquoi, au nom de quelle idéologie, au nom de quel dogme, l'Europe devrait être ouverte à tous les dumpings. L'Europe, elle doit évidemment agir en faveur de ses entreprises, en faveur de sa production. Nous ne pouvons pas nous permettre, dans le monde d'aujourd'hui, d'être naïfs et de moins bien défendre nos intérêts que d'autres le font. Je pense en particulier aux États-Unis. Nous devons avoir une vraie stratégie commerciale, qui nous mette à l'abri des pratiques déloyales.

Pour la campagne européenne, il est donc vital que notre programme ne soit pas national mais européen.

C'est pour cela que j'accorde une telle importance à une plate-forme programmatique PDE-ADLE lors des prochaines échéances électorales.

19:08 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : normes, sarnez, bayroucommerce mondial, pollution | |  Facebook | | | |

vendredi, 28 février 2014

L'Ukraine pourrait vite déchanter

J'ai suivi les événements d'Ukraine avec beaucoup d'intérêt mais aussi de prudence. Il y a une chose qui me gêne depuis le début de la crise politique qui s'y déroule, c'est que je n'identifie pas clairement quels courants animent l'opposition. S'il me semble clair qu'elle comprend des libéraux, et plus généralement des pro-européens, il y aussi une frange, dont il a été parfois question entre deux lignes dans les médias, qui se rattache à la sphère nationaliste. Ceux-là, je ne comprends pas exactement ce qu'ils veulent et je ne vois pas quel intérêt ils ont dans cette histoire.

Je ne sais pas quoi penser de Ioulia Timochenko. J'ai cru comprendre que c'était une oligarque de longue date et qu'elle était tout de même compromise dans des histoires d'argent avec des sommes très importantes à la clef et même des détournements de fond. 

Ioukanovitch est une brute sans scrupules. L'Ukraine a-t-elle pour autant gagné au change avec une femme qui ressemble fort à une intrigante ? Elle apparaît également dans une curieuse affaire de concurrence entre sa société gazière et celle d'un concurrent, finalement assassiné dans des circonstances plus que douteuses.

Il y a trois composantes dans l'opposition actuelle : Svoboda, qui a réuni 10.5% des suffrages aux dernières élections, une formation nationaliste qui s'est même appelée parti national-socialiste d'Ukraine il n'y a encore pas si longtemps. Svoboda signifie liberté en russe ou en ukrainien. Le nom ne doit pas cacher les origines très douteuses de cette formation (parfois considérée comme l'héritière de la collaboration ukrainienne avec les nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale). Timochenko dirige Notre Patrie, une force soutenue par d'anciens oligarques, et enfin, Oudar, le troisième bloc, représente les libéraux, avec à leur tête le boxeur Vitali Klitchko. Les seuls qui m'inspirent confiance dans ce panier de crabes.

Marielle de Sarnez et Nathalie Griesbeck ont rencontré le jeune Mykola Katerynchuk, leader du Parti Européen d'Ukraine. Ce mouvement se réclame du social-libéralisme et de ses principes généraux. Toutefois, dans l'immédiat, c'est à l'ombre de Notre Patrie qu'il prospère. Que pèse-t-il tout seul ? Il serait bien difficile de le déterminer. Il est devenu en mai 2013  un membre à part entière de l'Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe (ADLE). 

Une partie non négligeable de l'Ukraine, à l'Est, du côté de la Crimée au sud et de Dniepr au nord, se sent assurément plus proche de Moscou que de Bruxelles. L'opposition qui vient de parvenir au pouvoir a commencé par faire une bêtise monumentale en supprimant le russe comme seconde langue officielle du pays. Décision tout à fait de nature à inquiéter ses minorités russophones.

Enfin, je doute tout à fait que le Parti des Régions de Ioukanovitch se soit soudainement volatilisé alors que c'était le plus puissant jusque là. Il en restera forcément un reliquat électoral pas négligeable.

Quant à l'Europe, on nous dit que l'Ukraine (au moins de l'Ouest) tourne les yeux vers elle. Mais l'Ukraine qui dépend entièrement de Moscou pour son gaz sait-elle que l'Europe n'a pas le premier sou des milliards de dollars dont elle a actuellement besoin pour équilibrer ses comptes et que l'une des premières mesures que lui suggéreront les commissaires de Bruxelles, au cas où elle ferait connaître son appétence pour une adhésion, sera de restructurer son industrie et son agriculture avec des centaines de milliers de pertes d'emploi à la clef...

L'Europe marche sur des oeufs en Ukraine et elle ferait bien d'être précautionneuse. L'opinion publique ukrainienne pourrait se retourner très vite. Marielle de Sarnez qui s'est rendue à plusieurs reprises sur la place Maïdan, au coeur de la révolte, conclut l'un de ses communiqués avec beaucoup de prudence, évoquant plusieurs cercles lorsqu'elle s'interroge sur la place de l'Ukraine en Europe.

18:55 Publié dans Europe, International | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : ukraine | |  Facebook | | | |

mardi, 24 décembre 2013

D'où vient le succès des Salafistes...

Je pense depuis longtemps que le djihadisme prospère sur le terreau de nos carences et je crois l'avoir même déjà écrit. J'ai eu plaisir à lire un entretien avec Samir Amghar, spécialiste du salafisme, car ce qu'il dit confirme très exactement ce que je pense.

Il analyse avec une pertinence impressionnante le principal ressort du succès salafiste non seulement en Afrique ou en Asie mais aussi en Europe :

Ce succès salafi correspond aussi à une demande de normes très strictes. L’individualité, clé de voûte de notre société moderne, est dure à supporter. Devenir salafi, c’est faire porter le poids de la vie par l’islam : les journées sont alors rythmées par les prières quotidiennes, les faits et gestes normés par un « code salafi ». C’est en quelque sorte une réponse à une crise de l’individualisme de la personne. Celle-ci devient salafie en s’affiliant à des groupes religieux intensifs forts, capables d’offrir des codes de sens et une sécurité apaisante. Ce sont des structures refuges, qui pensent dispenser la vérité, loin de toute forme d’incertitude qui peut paraître angoissante. Cette appartenance est aussi vécue comme un défi manifeste à l’opinion majoritaire. Les salafis pensent incarner un groupe dangereux ou redoutable pour les classes moyennes et supérieures, celles-là même qui, selon eux, maintiennent les musulmans dans un statut de dominés. Rejeté par les nantis, le salafisme fascine ceux qui ont un différend avec l’ordre social. En adhérant à l’islam de ces mouvements, les jeunes pensent s’opposer à la société des « puissants ».

Ce qu'apporte le salafisme à la jeunesse en déshérence, nous autres Européens sommes incapables de l'apporter aussi, que ce soit sur nos territoires ou que ce soit via notre diplomatie. 

Quand l'Europe utilise son soft power, c'est toujours via de lourds programmes chargés de bonnes intentions. Dans les faits, même quand on fait de l'humanitaire, on n'est pas efficace sans alliés. Il faut des relais. Les djihadistes le savent et comprennent bien que l'action humanitaire occidentale est sa rivale directe dans le domaine de la solidarité avec les plus précaires.

Nous n'arrivons pas à nous constituer en réseaux de solidarité avec objectif politique pour contrer les salafistes qui eux, savent très bien associer l'un et l'autre.

Il faudrait créer un renseignement européen pour identifier les acteurs locaux sur lesquels s'appuyer. Même s'ils ne sont généralement pas très puissants ou influents et que souvent, ils ont bonne presse seulement dans les milieux aisés, les partis libéraux et sociaux-démocrates devraient être nos partenaires privilégiés partout où le salafisme est puissant. Non seulement l'Europe a un intérêt direct à les aider financièrement, mais elle devrait les aider à mettre en place, eux aussi, de puissants réseaux de solidarité. Après tout, si les Communistes ont su le faire, pourquoi les libéraux et les démocrates n'y parviendraient-ils pas ?

Être solidaires, redonner une dignité à ceux qui n'en ont plus, nourrir, aider à s'enrichir, voilà quelles devraient être nos priorités.

Déboulonner le salafisme, cela suppose une diplomatie très fine : il faut trouver des alliés acquis aux idéaux démocratiques, experts en leur pays, pas des théoriciens de salons parisiens, londoniens ou genevois. 

Il y a une particularité de l'Islam : le monde arabe ne représente pas même 10% des Musulmans et pourtant, il rayonne si fortement qu'il influence à lui seul un milliard de fidèles. C'est dire son impact considérable. On pourrait me répliquer que l'Iran chiite représente un pouvoir politique régional majeur. C'est vrai. Mais son impact sociétal sur l'Islam, a fortiori en Europe, est minimal au regard de la force ce frappe salafiste. Les immigrés musulmans d'Europe ignorent généralement tout des chiites et il existe fort peu de mosquées chiites sur notre continent. Dans tous les cas de figure, il n'existe plus de figures charismatiques capables de rayonner, comme le fut l'Ayatollah Khomeiny.

Au fond, ce qui devient comique, avec l'Europe, c'est que pendant que nous négocions avec les dirigeants des pays arabes et versons des sommes considérables parfois, les Salafistes, appuyés par certains de ces pays, usent chez nous de leur propre soft power !!! Et il est autrement plus efficace que le nôtre si l'on en compare les effets dans chacune des deux sphères.

Il y a à mon avis toute une branche du renseignement et de la diplomatie à créer ou à recréer. Ce sont des liens directs avec les peuples arabes qu'il nous faut créer, et ce n'est pas simple. En Europe, la France et l'Angleterre ont certainement un rôle à jouer car ce sont ces deux nations qui connaissent le mieux les nations arabes et qui ont le plus d'interconnexions avec leurs peuples. Il faut toutefois une révolution dans les mentalités de nos dirigeants et nos services diplomatiques pour pouvoir en tirer quelque chose d'intéressant.

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vendredi, 13 décembre 2013

Chypre à la croisée de l'Europe et de la Russie

Les choix que Chypre s'apprête à opérer illustre pleinement les limites de cette Europe qui finit toujours par échouer à la marge des peuples qui la composent.

La Russie a fait à Chypre une demande qui aurait été impensable du temps de l'URSS : des facilités pour sa marine de guerre dans un des ports de l'île hellène. En somme, l'ouverture d'une base militaire contre monnaie sonnante et trébuchante.

Il y a un an la Russie avait convenu avec Chypre de pouvoir utiliser un aérodrome pour ses avions de chasse.

Comprenons les Chypriotes :

- primo, il y a traditionnellement une forte présence russe dans l'île

- secundo, on peut dire que c'est l'argent russe (y compris l'argent sale) qui a plus ou moins sauvé la peau de l'île favorite de la déesse Aphrodite.

- tertio, l'aide européenne, et le rôle de la Troïka, fût-elle réelle, est perçue avant tout comme une succession de diktats.

De toutes façons, c'est simple : les Russes sont pétés de fric et les Européens, de dettes. Les premiers peuvent donc  jouer à la corne d'abondance avec les pays à terre pendant que les autres sont contraints de passer pour des grippe-sou égoïstes et rapiats.

On est juste mal barrés, une fois de plus (nous les Européens) : une base russe au nez et à la barbe de l'OTAN, c'est trop fort. Je ne parle même d'une Europe de la Défense qui est un voeu pieux et le restera pendant longtemps.

L'Europe, c'est surtout une zone de libre-échange,  au fond. Pas assez d'unité pour espérer être autre chose. Une zone de libre-échange mandatée par ses chefs d'État pour passer des accords (pas franchement avantageux pour ses peuples) avec d'autres grandes zones de libre-échange. Voilà. Rien d'autre.

Ce n'est pas que je sois contre le libre-échange en soi, mais c'est que j'aimerais qu'on soit autre chose que ça en Europe. 

Il faut malheureusement se rendre à l'évidence, et cela me saute de plus en plus aux yeux : on parle souvent d'un modèle européen, mais, désolé, il n'existe pas. Entre pays européens, la vérité, c'est que nous ne voulons pas les mêmes choses, et, à force de compromis bancals, on en arrive à jouer contre notre camp. 

En tout cas, ce que je vois, c'est que l'attractivité de l'Europe est clairement en chute libre : ceux qui toquent à la porte veulent bien de la zone de libre-échange, mais le modèle européen, ils s'en tapent. 

Et sans vouloir dériver du sujet initial, la France était seule au Mali, elle l'est toujours en Centrafrique. Les autres Européens ? Ils viendront quand on pourra faire du commerce et ouvrir une nouvelle zone de "libre-échange", je suppose...

A ce jeu-là, les pays émergents, avec leur main d'oeuvre à bas coût et leurs ressources naturelles risquent très vite d'être bien plus performants que nous (nous, l'Europe, si cela a encore un sens que je m'exprime ainsi)...

16:34 Publié dans Europe, International | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : chypre, russie, ue | |  Facebook | | | |

samedi, 07 décembre 2013

L'UDI rejoint le MoDem au PDE

La nouvelle dont je viens de prendre connaissance ne pouvait me faire plus plaisir : l'UDI rejoint le Parti Démocrate Européen (où se trouve déjà la MoDem).

C'est une très bonne nouvelle pour la France. Si je devais simplifier, je dirais que le PDE représente approximativement l'aile gauche de l'ADLE (Association des Démocrates et Libéraux en Europe).

Le PDE a tenu son conseil dimanche puis a organisé un forum lundi : j'en ai suivi avec enthousiasme les conclusions.

La refondation européenne doit être conduite de manière à répondre en même temps à deux questions démocratiques : quels sont les sujets effectifs d’action de l’Union et quelle est la place effective des citoyens dans l’Union. La subsidiarité doit être repensée car "l’Union européenne doit se centrer sur l’essentiel et non sur l’accessoire", comme l’a rappelé Marielle de Sarnez. Pour la secrétaire générale, l’essentiel, ce sont des priorités comme la protection du modèle social européen, la relance de l’économie par la production et la redéfinition de ce que doit être la concurrence, la transition vers une économie verte ou la réduction des inégalités régionales, tout en favorisant la convergence sociale, fiscale et environnementale.

Je ne vois pas les choses autrement !

00:14 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : udi, modem, pde | |  Facebook | | | |