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dimanche, 13 octobre 2013

Seul un projet politique alternatif peut venir à bout du FN

Il s'est passé à Brignoles ce que je craignais en mon for intérieur : cela fait un moment que j'ai constaté que l'abstention, bien loin de présenter un recours pour la gauche ou la droite est en fait un réservoir de voix pour l'extrême-droite.

On ne peut pas réduire le FN sans un projet politique et surtout économique crédible. Tant que l'on demeurera impuissant à enrayer le chômage et la désindustrialisation dans notre pays ou encore le déclassement social, ce parti demeurera puissant. Et peu importe que les solutions qu'il propose soient mortifères, ses électeurs ne peuvent en prendre conscience tant qu'elles n'ont pas été appliquées.

Nous devons faire face à un double défi : on ne peut faire autrement que de réduire les dépenses de l'État et revenir à l'équilibre car les dettes publiques vont se stabiliser dans la zone euro, France incluse, à un niveau tellement élevé qu'elles requerraient des taux de croissance impossible à atteindre pour éponger les montants des remboursements. Et dans le même temps, nous devons répondre à la demande de plus en plus forte de protection sociale et parvenir à relancer l'emploi et la création de richesses.

Et bien évidemment, tout le monde cherche la baguette magique sans la trouver. Les Socialistes croient venir à bout de nos dépenses en augmentant toujours plus les impôts. La droite croit qu'on peut réduire les dépenses (mais dans les faits, elle ne l'a jamais fait, opérant au demeurant des coupes au hasard). Le FN s'imagine qu'on peut établir des barrières douanières et la gauche de la gauche finit par croire que les profits virtuels du grand capital ont une existence réelle suffisante pour pouvoir être taxés sans dommages collatéraux considérables. Aucune de ces solutions ne tient la route mais celle du Front de Gauche n'a pas été expérimenté depuis les régimes soviétiques et ce que propose le FN (sortie de l'euro et autarcie) n'a pas encore été essayée (le cas de figure ne s'est pas produit en Europe).

Au sein de la classe politique, seul Bayrou me semble avoir essayé d'apporter une réponse, mais son programme est demeuré embryonnaire. Comme la fonction fait l'homme, Arnaud Montebourg semble avoir compris lui aussi que reconstruire la production en France était l'unique issue, mais, face à la mondialisation et l'inter-connexion des économies, il ne sait pas quoi faire et ne sait plus à quel saint se vouer. Le volontarisme ne parvient pas plus que les autres approches à enrayer notre déclin : le récent échec de Ségolène Royal avec Heuliez en est un témoignage manifeste. Sarkozy, à sa manière, qui se vivait en super-président capable de sauver l'industrie française par ses connexions avec les puissants et quelques hochements de menton aura sans doute essayé lui aussi de redresser notre pays.

Toutefois, aucune de ces initiatives n'a abouti. Montebourg est impuissant, Sarkozy et Royal ont échoué et on ne sait pas ce qu'aurait obtenu Bayrou puisqu'il n'est pas parvenu à conquérir le pouvoir.

Je note toutefois que Sarkozy a fait reculer le FN pendant un certain temps, que Royal était populaire auprès des gens modestes et que Bayrou a constitué l'espoir d'une voie tierce pendant longtemps.

Par un étonnant paradoxe, c'est au moment même de son échec politique, 2012, que son projet économique a comporté peut-être un chemin inédit dans la sphère politique : d'une certaine manière, son made in France nourri d'échanges internationaux et de localisme réconciliait une certaine forme de protectionnisme et le libéralisme. Curieuse synthèse que Bayrou n'a pas achevée et je le regrette.

C'est pourtant là qu'il faudrait reprendre le flambeau avec les personnalités de bonne volonté. Il en existe. Yves Jégo à l'UDI a créé une association délivrant un label qui a fait son chemin. Je crois Montebourg suffisamment aux abois pour revenir sur tout préjugé idéologique dès lors qu'on lui trouve un moyen de relocaliser ou créer de nouvelles industries sur notre sol. Mais mon camarade blogueur de gauche Melclalex doit en savoir plus que moi sur ce dernier point.

Une chose me paraît en tout cas claire : impossible de riposter aux sirènes nationalistes sans parvenir à réaliser la quadrature du cercle. J'avoue que je n'ai pas d'idées, ou, tout du moins, qu'elles restent dans le brouillard. Une fois toutes les utopies "citoyennes" évacuées, celles dont on disserte sur la Toile mais qui heurteraient le mur de la réalité avec d'autant plus de violence que leurs auteurs planent en apesanteur au-dessus du déconomètre, il ne reste à vrai dire plus grand chose. C'est bien là où le bât blesse. La force du FN, c'est d'avoir réussi à faire croire qu'il l'avait, lui, le projet alternatif.

Si une synthèse intelligente pouvait se produire entre le monde parallèle du MoDem et la vision à ras du sol de l'UDI on pourrait peut-être poser les jalons d'une voie inédite. L'alliance Borloo-Bayrou n'aura de ce point de vue un sens que si elle devient une alliance des idées emblématique, capable de subvertir l'ensemble des autres projets politiques pour enfin s'imposer par son évidence aux Français.

Je reconnais qu'en disant cela, je n'ai rien dit, car pour l'instant, nous n'en sommes pas même aux fondations. Mais enfin, tous les explorateurs ont observé un point lointain sur l'horizon pour atteindre un jour leur Eden. Comme le disait un jour Denis Badré, aujourd'hui sénateur honoraire, grand Européen devant l'Éternel, «si tu veux que ton sillon soit droit, oriente ta charrue vers une étoile». 

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mercredi, 09 octobre 2013

Il va falloir défendre chèrement la peau de l'Europe

Le dernier sondage de l'IFOP est sans appel : il donne 24% au FN, 2% à Dupont-Aignan, 2% au NPA et 10 à Mélenchon et à son Front de Gauche. On n'est pas loin de 40% d'intentions de vote franchement hostiles à l'Europe, avec toutefois des nuances : Mélenchon ne remet pas en cause le principe général du projet européen contrairement à Marine Le pen et son FN qui rêvent de faire éclater l'Union Européenne en morceaux.

Qu'est-ce que concrétisent ces intentions de vote ? Les conséquences des mensonges incessants sur la construction européenne de la classe politique française depuis 20 ans. 

Je les dénonce avec insistance sur ce blogue depuis fort longtemps et me réjouis de voir Sylvie Goulard, eurodéputée MoDem taper également du point sur la table.

Les partis de gouvernement ont pris l'habitude de se défausser sur l'Europe de lois et de directives qu'ils votent et négocient eux-mêmes en catimini. Et, depuis 20 ans, ils n'assument pas leurs votes, n'en débattent d'ailleurs même pas. En agissant ainsi, ils ont laissé prise à l'euro-scepticisme et ont déroulé un tapis rouge au Front National.

Le mal étant fait, il faut se préparer à défendre la peau de notre Europe contre d'autres mensonges : ceux du FN, en particulier, qui essaient de faire croire que nous pouvons interdire à nos partenaires ce que nous tolérerons pour nous-mêmes (des barrières douanières) et qui usent de la Commission comme d'un bouc-émissaire pratique pour en faire la cause universelle de tous nos maux.

En réalité, François Bayrou l'a  brillamment et justement démontré, il n'y a pas de crise. L'Europe n'est comptable d'aucune de nos peines. Tout ce qui se produit en France vient de la France. Nous sommes à l'origine de tout ce qui nous frappe. C'est bien pour cela qu'un programme de redressement national était nécessaire et qu'il l'a proposé en 2012.

Il faudra d'une part promouvoir nos propositions à commencer par la nécessaire transparence qui devrait animer la construction européenne. Mais il faudra aussi rendre coup pour coup aux nationalistes car ce sont des menteurs aussi malhonnêtes que ceux qui n'ont pas assumé leurs décisions.

Il suffit de lire le programme du FN pour constater les énormités des affirmations de ce parti : selon le Front National, les résultats de la construction européenne seraient les suivants : ouverture des frontières induisant délocalisations, chômage, dictature des marchés, destruction des services publics, précarité, pauvreté, immigration massive

Mensonges éhontés ! l'immigration massive est le fruit de décisions locales (par exemple le regroupement familial décrété par Giscard en 1974) et n'a rien à voir avec l'Europe. 60% de notre commerce extérieur se fait avec l'Europe et 34% avec l'Amérique, c'est à dire avec des pays qui ont les mêmes standards sociaux que nous. L'ouverture des frontières avec eux ne crée donc aucune délocalisation. Encore un mensonge ! dictature des marchés ? Ridicule ! ils n'ont pas besoin de l'Europe et au contraire, l'Union européenne essaie de les réguler. Elle est un obstacle. Encore un mensonge ! La précarité et la pauvreté sont liées à notre incapacité à créer des emplois. L'Europe qui absorbe 60% de notre commerce extérieur est au contraire l'entité politique à laquelle nous devons le plus de créations d'emplois. Encore un mensonge ! J'aimerais savoir comment les services publics pourraient avoir été détruits par l'Europe alors qu'ils n'ont jamais absorbé une part aussi importante de nos richesses nationales qu'aujourd'hui !!! Mensonge supplémentaire. Le problème, au Front National, c'est que l'on n'en est pas à une approximation près et encore, je suis bien bon de parler d'approximation quand il s'agit d'une réécriture pure et simple de l'histoire (marque du totalitarisme, au demeurant...). La campagne sera longue, mais il faudra croiser le fer avec ce parti. J'espère que la sphère médiatique ne fera surtout pas la bêtise de prendre parti dans ces duels mais qu'elle fera en sorte, au contraire, de faciliter les espaces de confrontation afin que les Français puissent se faire un avis définitif en toute connaissance de cause.

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mardi, 01 octobre 2013

Fini de se pavaner pour les néo-nazis grecs

La coalition au pouvoir en Grèce s'est enfin résolue à faire ce qu'il fallait contre les néo-nazis d'Aube Dorée, et, je le vois, a découvert avec stupéfaction leur forte infiltration au sein de l'État.

Cela fait plaisir de voir leur chef menottes aux mains. Pour le reste, tout le monde ici connaît mon goût prononcé pour la matraque : au gnouf à coups de matraque, c'est un langage que comprennent bien les néo-nazis en raison de leur culte de la violence et de la force.

En fait, tant qu'ils ne tapaient que des immigrés,  tout le monde s'en foutait. Seulement, voilà, ils se sont enhardis : allons donc, pourquoi ne pas égorger du gauchiste, puisqu'on ne leur disait rien ? Ils se sont crus tout-puissants et ils ont liquidé un rappeur de gauche.

Ce qui me fait plaisir, ce n'est pas seulement leur arrestation (on aurait dû en Grèce interdire leur parti depuis longtemps, au demeurant) mais leur chute dans les sondages. Intentions de vote divisées par deux. Les Grecs commencent à comprendre qui ils sont vraiment.

Il y a tout de même une mesure que je préconise et que les juges grecs devraient appliquer : faire lire et apprendre par coeur aux imbéciles d'aube dorée les considérations d'Hitler sur la "race" grecque dans Mein Kampf. Cela leur ferait passer le goût (même pas sûr, d'ailleurs)  de jouer au Furherprinzip, à ces crétins congénitaux.

vendredi, 27 septembre 2013

Proche de l'ADLE mais pas du MoDem

Je me suis rendu sur un site assez sympa qui teste votre compatibilité avec divers partis européens en comparant ce que vous auriez voté sur 15 projets et ce que les euro-députés ont choisi.

Après avoir fait le test, il est sans appel que je me retrouve clairement dans les votes exprimés par l'ADLE. Parmi les dix euro-députés les plus proches de mes positions je trouve 8 ADLE et 2 PPE. Ce qui est étonnant, au demeurant, c'est que les 2PPE en question sont des UMP français. Les ADLE concernés viennent de tous les pays d'Europe mais...pas la France !

Le MoDem se trouve bien mal représenté pour moi sur les 15 votes exprimés. 60% de comptabilité avec Nathalie Griesbeck et un peu plus de 50% seulement avec Marielle de Sarnez.

Il est toujours difficile de donner une validité à ce genre de test car on peut hésiter et changer d'avis dans un second temps. En le refaisant, je me retrouve nettement plus proche du PPE, et, en partis nationaux, en France, c'est apparemment le parti radical dont je suis le plus proche, c'est à dire l'UDI, en somme...

En revanche, dans ce second test, je suis encore plus éloigné du MoDem...

La consolation, c'est que dans les deux cas, cela demeure l'ADLE qui reste ma référence principale.

Un troisième test me donne une majorité encore plus forte pour le parti radical avec 73% de compatibilité et toujours l'ADLE en tête mais ex aequo avec l'Alliance Libre Européenne (les verts) cette fois ! 

Si je récapitule, en somme, je suis ADLE et UDI. Toujours pas trace du MoDem dans le 3ème test.

Cela dit, j'ai regardé vote par vote ce qu'ont voté les élus MoDem, et, je constate que dans l'ensemble, rien ne me choque dans les votes de Marielle de Sarnez. Il y a quelques petites divergences mais aucune contradiction.

Je me demande comment le site calcule exactement la compatibilité.

23:49 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : modem, adle |  Facebook | | |

dimanche, 01 septembre 2013

UDI/MoDem ? A voir.

Je ne vais pas bouder ma satisfaction, je suis depuis longtemps plutôt favorable à des accords entre MoDem et UDI. Je me doute bien que c'est aux élections européennes que cela pose le moins de problèmes puisqu'il n'y a pas de second tour et donc de délicate question des alliances à résoudre.

Pour autant, il ne suffit pas de dire que nous avons le même code génétique sur l'Europe pour décider de nous allier. 

Ce que nous avons en commun avec l'UDI c'est estimer que l'Europe est le destin commun des peuples européens. Je pense aussi que nous sommes favorables de part et d'autre au fédéralisme. Mais quel fédéralisme ? Voilà où des clarifications s'imposent. A titre personnel, je suis convaincu que l'Europe ne peut pas continuer dans le mauvais sillon où elle a embourbé sa charrue.

Il est impossible de continuer à construire l'Europe contre les peuples, ou, dans le moins pire des cas, sans leur avis.

Pour cette raison, le fer de lance de l'action politique pour les Européens que nous sommes doit être de réclamer une transparence sans condition. Il n'y a pas d'autre alternative pour notre démocratie européenne. Or, nous savons très bien que cette transparence entre frontalement en opposition avec les mauvaises habitudes des chefs d'État et de leurs gouvernements de même qu'avec celles des bureaucrates et commissaires.

Il ne peut pas y avoir de compromis sur un sujet aussi grave. L'UDI est-elle prête à renverser la table ? J'espère, en tout cas, que le MoDem fera campagne avec le reste de l'ADLE sur cette ligne-là. Il restera ensuite à être clair sur la dose de protectionnisme que nous tolérons, sur ce que permet ou non la concurrence libre et non faussée en Europe et comment la définir et, enfin, sur les relations que nous avons avec tous les autres grands ensembles économiques (USA, Chine, pays émergents en particulier). 

Donc, un accord MoDem/UDI, pourquoi pas, mais trêve de déclarations, travaillons d'abord sur un programme commun et allions-nous seulement ensuite.

15:55 Publié dans Europe, Politique | Lien permanent | Commentaires (31) | Tags : modem, udi |  Facebook | | |

mercredi, 10 juillet 2013

Et si on prenait acte du nomadisme des Roms ?

Les Roms défraient souvent la chronique dans l'actualité et font l'objet assez souvent de raccourcis faciles.

Il existe depuis un bon moment déjà des fonds européens pour améliorer l'accès aux droits élémentaires (l'éducation, la santé, l'hygiène notamment) des Roms.

Mais quand ils sont utilisés, c'est toujours sur la base d'une sédentarisation. L'inconvénient, c'est que les Roms ne sont pas sédentaires mais nomades.

Pourquoi ne pas investir dans des unités de santé mobiles et des postes enseignants nomades ? On pourrait imaginer ce type de postes ou un médecin et un enseignant vivraient au contact d'une caravane de Roms, se déplaçant de campement en  campement et assurant enseignement et santé ? 

Ce ne serait pas forcément plus coûteux que les lourdes campagnes menées par les différents services de la Commission ou par les États et , qui sait, peut-être plus efficace en raison de la proximité qui s'établirait entre professionnels et Roms.

Je dis ça en lançant une idée en l'air qui m'est venue, sans doute parce que j'ai jugé "urticantes" et          "(mal)odorantes" certaines réflexions récentes entendues sur le territoire français...Sans parler du "matodidacte" qui a décidé de jouer les matamores du côté de Nice...

samedi, 29 juin 2013

Il va bien falloir renvoyer dans leurs cordes les guignolos du FN

On parle souvent de dédiabolisation quand on évoque le Front National. C'est bien possible, mais moi, ce qui m'intéresse, c'est ce que ce parti propose.

C'est dans le domaine économique, surtout, où je ne comprends pas le silence des économistes et la pauvreté du discours politique face au FN.

On le sait, Marine Le Pen propose de quitter la zone euro, sortir de l'Europe et établir des barrières protectionnistes.

Il y a bien sûr des nations qui vivent sans faire partie de l'Europe et qui ne s'en portent pas plus mal. C'est souvent ce que fait valoir MLP. Elle oublie un petit détail : ces nations mènent généralement une politique économique plutôt libérale et se gardent bien de fermer leurs frontières comment entend le faire MLP. 

En sortant de l'euro, nous nous retrouverions immédiatement face à nous-mêmes, c'est à un dire un État endetté jusqu'à la moëlle sans la moindre ressource ni le plus petit soutien amical pour nous assurer les bas taux d'intérêt nécessaires à nos emprunts. 

A vrai dire, il suffirait de ne pas emprunter, et, pour cela, réduire le déficit budgétaire. Il y a un petit problème : ce n'est pas le programme de Marine Le pen et ses promesses mirobolantes deviendraient intenables sans déficit majeur. 

Pour rendre sa compétitivité à la France, elle serait contrainte à une sévère dévaluation du franc, de retour sur la scène nationale. Je rigole bien en mon for intérieur en songeant à ses électeurs contraints d'acheter écrans plats, téléphones, robots, et plus généralement objets technologiques importés à des tarifs d'autant plus prohibitifs qu'ils se prendraient dans les dents et la dévaluation de MLP et les taxes aux frontières imposées sur les importations.

Les ânes qui lui auraient donné leur voix et qui travailleraient dans une industrie ou une entreprise exportatrice n'auraient plus que leurs yeux pour pleurer puisqu'ils se retrouveraient sans travail en raison des barrières douanières que ne manqueraient pas de nous retourner un certain nombre de nos partenaires commerciaux.

Je ne dis pas que l'Europe  fonctionne bien, loin de là. Je ne dis pas non plus qu'il est impossible de sortir de l'euro. En revanche, je suis sûr d'une chose, c'est que ce que prévoit MLP pour le faire, c'est du pipi de chat.

MLP espère se faire du fric en mettant fin à l'immigration. Sur l'immigration, il n'y a qu'une seule position qui vaille en France et elle est vraiment de loin la meilleure, c'est celle de Bayrou. C'est le Parlement après débat initié par le gouvernement qui doit voter le seuil d'immigration autorisé et nécessaire en France. A l'heure actuelle, les gouvernements décident, en catimini ou sur des bases idéologiques qui nous devons accueillir ou non. Sur un sujet aussi important, tout devrait être transparent ce qui suppose un passage par la case parlementaire. Il n'y a pas besoin de tout le blabla grandiloquent du FN sur le sujet pour parvenir à contrôler l'immigration. Plutôt que de dire qu'on ramène à tel ou tel chiffre le nombre d'immigrés sur le territoire français, mieux vait laisser le Parlement décider après avoir écouté les experts économiques. Si le Parlement dit que c'est 50 000, eh bien c'est 50 000, s'il dit que c'est zéro, c'est zéro et voilà tout.

Il y a dans le projet du FN les mêmes travers que dans la méthode Sarkozy : le caractère systématique des mesures. Bayrou a toujours opposé aux roulements de tambour et aux moulinets de bras le cas par cas. Quand on évoque l'immigration, je pense souvent à ce petit tchétchène de 12 ans qui avait sauté d'une fenêtre tout en étant titulaire d'un prix d'orthographe : pourquoi on voulait l'expulser celui-là ? Parce qu'il fallait faire du chiffre. Je ne suis pas contre les expulsions, mais elles doivent être justifiées et, tant qu'à faire, réalisées sur des bases valables. Virer un champion d'orthographe française, par les temps qui courent, c'est particulièrement con. A peu près autant que l'idée imbécile de Guéant, en fin mandat sarkozyste, consistant à emmerder les étudiants étrangers pour les faire partir.

Tiens, dans la catégorie débile, au FN, j'ai trouvé ça : la fameuse préférence nationale en matière d'emplois :

Les entreprises se verront inciter à prioriser l’emploi, à compétences égales, des personnes ayant la nationalité française. Afin d’inciter les entreprises à respecter cette pratique de priorité nationale, une loi contraindra Pôle Emploi à proposer, toujours à compétences égales, les emplois disponibles aux demandeurs d’emploi français. Les administrations respecteront également ce principe, et la liste des emplois dits « de souveraineté » sera élargie, notamment dans les secteurs régaliens où les professions seront réservées aux personnes ayant la nationalité française

Quand je vous dis que ce sont des guignolos, au FN...A deux titres : a) en règle générale, les entreprises privilégient de facto les nationaux b) quand elles engagent des étrangers, c'est qu'elles ne trouvent pas de Français pour faire le job. Feraient mieux de s'occuper de la formation, MLP et le FN...Qu'ils aillent en toucher un mot à la CGME et ses 200 000 emplois non pourvus sur les bras pour comprendre le fond du problème. Mais bon, à des guignolos, faut pas trop leur en demander, au risque de leur faire péter quelques neurones surnuméraires...

Le programme du FN, c'est toujours de ce tonneau-là : du flan et du creux. Rien ne tient debout, presque tout est idéologique. Au fond, des postures assez communes que l'on retrouve notamment à gauche (pas la nature des postures mais le fait d'en avoir).

La bataille des européennes approche : j'en bave d'impatience parce que j'ai bien l'intention d'être l'un des tous premiers à mettre en charpie le non-programme du FN. Si jamais j'étais invité à un débat de blogueurs face à un représentant bleu-marine, je m'y colle : il y a des illusions qui voleraient en pièces et on peut compter sur moi pour lui rentrer dans le lard en bonne et dûe forme...

mardi, 11 juin 2013

Europe/USA : Marielle de Sarnez invite la commission à ne pas lâcher n'importe quoi

Il y a actuellement de monumentales discussions entre Europe et USA pour aboutir à un accord de libre-échange entre les deux zones économiques.

Comme d'hab, la bien-pensance européenne, particulièrement chez nos voisins, est prête à saborder une partie de notre modèle pour ce qu'ils appellent "la croissance".

Un jour, on devrait cesser de donner des indicateurs de croissance. La croissance, cela ne signifie pas grand chose au fond. On devrait cesser de la mesurer. Certains libéraux considèrent tous ces indicateurs comme des données falsificatrices qui occultent la seule vraie mesure du marché : l'offre et la demande.

Bref, les valets de l'OMC et de la mondialisation*, installés à Bruxelles, formés au globish, francs admirateurs du libre-échange en version amerloque (il y a bien échange mais en réalité il n'a rien de libre) sont prêts une fois de plus à tout lâcher et notamment l'exception culturelle avec ces savants arguments :

- si on ne lâche pas sur la culture, les Américains ne feront pas d'efforts sur la finance et tous nos efforts n'auront servi à rien

et, encore plus fort

- si l'accord n'aboutit pas, on sacrifiera les un ou deux points de croissance qu'ils nous rapporteraient.

C'est marrant, ça me rappelle quelque chose : Bayrou fait souvent valoir que c'est chez nous que résident les problèmes qui entravent notre croissance économique, au contraire d'un Hollande qui espère toujours en un Deus ex machina pour lui porter secours.

Eh bien, cette fois, c'est Marielle (de Sarnez) qui met en garde les Européns avec le même raisonnement : nos problèmes économiques européens proviennent de l'Europe elle-même. Par conséquent, sacrifier notre modèle européen en espérant un secours américain extérieur est à la fois suicidaire et débile.

Parce qu'en somme, cela revient à accepter :

a) de bouffer de la viande aux hormones

b) de laisser Amazon décider de la ligne éditoriale de nos publications

c) de renoncer à nos normes (environnementales, sociales, sanitaires)

d) de couler tranquillement nos PME pendant que les Américains (et je ne parle même pas des Chinois) réservent des parts de marché aux leurs.

On en revient toujours au même problème : ce n'est pas le Parlement européen, mais une commission non élue qui a le dernier mot, et, accessoirement, les chefs d'État. Tant qu'il n'y aura pas une véritable transparence et que les décisions européennes ne seront pas soumises au verdict démocratique, on continuera, comme le soulignait le rapporteur du dernier congrès du PDE (Parti Démocrate Européen), à voir dans l'Europe le principal vecteur d'une mondialisation imposée aux peuples.

Comme le disait Bayrou ce matin, on aimerait que Hollande parle le même langage à Paris et à Bruxelles.

Il paraît que la France est prête à mettre son veto sur l'accord pour préserver l'exception culturelle : que va-t-on nous demander de lâcher en échange ?

Moi, je le dis, mieux vaut pas d'accord qu'un mauvais accord, primo, et parfois, je me demande si nos voisins européens et nous voulons vraiment la même Europe.

*NDLR : n'est-ce pas Christian ? :-)

17:35 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : sarnez, europe |  Facebook | | |

mercredi, 22 mai 2013

Le gouvernement économique européen de Hollande ? Mouarffff

Bayrou a été vite en besogne en donnant quitus à Hollande de sa volonté de vouloir établir un vrai gouvernement économique en Europe.

Je ne puis que renvoyer à l'excellente analyse de mon ruminant favori et j'en vulgarise la substantifique moëlle en quelques mots.

En somme, Hollande propose ni plus ni moins que toute l'Europe écrase d'impôts les Européens sur le modèle de la France avec un service public et un État débordant.

Comme le note très finement et justement Nicolas quand on veut mettre en place quelque chose de fort avec des partenaires on doit envisager des compromis.

Je vois mal comment la France surendettée et mal gérée, dont la croissance est en berne et dont le déficit continue de se creuser peut se permettre de donner la moindre leçon aux pays du nord, Allemagne en tête, sur la solidarité et la protection sociale.

Je les trouve ridicules tous ces socialistes (et pas qu'eux !) qui accusent l'Allemagne pour ne pas endosser la responsabilité de leurs vices et de leur démagogie.

En réalité, le discours de Hollande est un gros flop. Il n'y a pas le moindre prémice de la plus misérable avancée. Rien pour l'Europe, zéro pragmatisme d'autant que la France n'est vraiment pas le modèle à suivre...

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vendredi, 10 mai 2013

Les manipulations monétaires

Le Japon vient de dévaluer sa monnaie de 20% : voilà qui lui assure de retrouver la compétitivité nécessaire pour redresser sa balance commerciale. Le problème c'est que ces manipulations faussent tout et restaurent artificiellement nombre d'entreprises tout en piégeant celles qui sont vertueuses. Au fond cela revient ni plus ni moins à instaurer une barrière douanière déguisée ! Il existe en théorie des accords mais personne ne les respecte sauf les Européens qui se ligotent de surcroît avec leur euro incompressible. Nous devrions déclarer hors-la-loi de telles pratiques et envisager des mesures de rétorsion fiscale chaque fois qu'elles sont appliquées unilatéralement, en accord avec tous nos partenaires européens.

20:10 Publié dans Europe, International | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : monnaie |  Facebook | | |