mardi, 07 octobre 2008

Où l'on reparle du RASED

Tiens donc, voilà ce que je lis dans le Figaro d'hier :

On ignore si le suicide de cette femme, dépressive, a été motivé par des raisons privées ou professionnelles. L'enseignante, mère de deux grands enfants selon le Parisien et le Monde, avait souvent été en arrêt maladie lors de l'année scolaire 2007-2008 et avait repris son poste début septembre. Enseignante spécialisée, elle intervenait auprès de petits groupes d'élèves en difficultés scolaires dans le cadre du Rased (réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté).

Ma question est très simple : est-ce que le poste de cette femme faisait partie de ceux dont le Ministre Xavier Darcos a annoncé la suppression hier ?

lundi, 06 octobre 2008

RASED : Darcos en rajoute une couche !

Dans la France de Nicolas Sarkozy et de son ministre de l'Education Nationale, j'ai remarqué que plus l'on est petit et faible, plus on trinque, au moins à l'école, en tout cas. Le non-regretté ex-ministre de l'Education Nationale, sarkozyste de choc aujourd'hui l'avait annoncé le 02 septembre, sans que l'on n'y prenne garde, si ce n'est quelques syndicats enseignants : le RASED, un réseau de soutien aux enfants en difficulté allait disparaître. Ben oui, avec les deux heures de soutien des enseignants, pourquoi les conserver.

Parce que bien sûr, l'équation, c'est qu'un instituteur avec deux heures de soutien en petits groupes peut faire le même travail que deux éducateurs et un psychologue avec un jeune enfant en souffrance.

Darcos vient d'annoncer qu'un quart des RASED seraient supprimés en France cette année.

Ce qui m'exaspère dans la France de Sarkozy, c'est qu'on s'en prend toujours, et encore aux plus faibles. Qui se soucient de petits qui peinent ? Bah, tant qu'on économise des postes pour payer leurs coûteuses et inefficaces réformes économiques et fiscales...

J'avais déjà écrit que Darcos en tenait une couche, mais il remet ça. Cette suppression est aussi sans doute le fruit de l'opinion qu'il se fait de la vie intérieure et sociale des jeunes enfants. Pauvre Olivier qui scolarise sa petite Cassandre (un signe du destin ?) : comme il le note à juste titre, les petites sections sont de moins en moins considérées...

samedi, 04 octobre 2008

Darcos en tient une couche !

J'ai laissé passer la remarque de Darcos sur l'école maternelle faute de temps pour réagir, mais, même avec du retard, je fais tout de même un court billet sur le sujet.

Estimer qu'il ne faut pas bac+5 pour s'occuper des enfants de maternelle, parce que l'essentiel du travail de l'enseignant serait de changer des couches dénote deux choses :

1. Un mépris et une ignorance à peu près totale du métier d'enseignant en maternelle.

2. Plus grave : une ignorance non moins crasse des possibilités de développement du très jeune enfant et de la richesse de sa vie sociale.

J'ajoute que le second point me paraît très inquiétant : la remarque de Darcos révèle ce qu'il pense sur le fond des tout-petits : en gros des sacs chiasse qu'il suffit de faire dormir de temps à autre, et pour le reste, la nature y pourvoie toute seule...

Ce ne sont pas seulement les enseignants qui devraient bondir devant les propos outranciers de Darcos, mais tous les professionnels de la petite enfance, en raison de la représentation des enfants sous-jacente ainsi véhiculée.

Je réagis avec retard, mais je voulais tout de même dire ma profonde indignation.

jeudi, 18 septembre 2008

le petit François Bayrou refuse d'aller à la garderie du vilain Darcos

François Bayrou a estimé jeudi à Bordeaux que l' "idée que l'école maternelle est une garderie" est une "idée d'un autre temps" en soulignant son opposition radicale à ce sujet avec le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos. "Je suis d'un avis radicalement contraire à celui de Xavier Darcos", a-t-il affirmé à la presse, en référence aux propos, diffusés sur internet, de l'actuel ministre de l'Education national dans lesquels il pose la question du recrutement des enseignants de maternelle...

"L'école maternelle, ce n'est pas une garderie, c'est un endroit stratégique pour l'éducation" et "l'idée que l'école maternelle est une garderie est une idée d'un autre temps", a indiqué François Bayrou, en visite à Bordeaux pour soutenir Alain Cazabonne, le candidat du Mouvement Démocrate aux sénatoriales en Gironde.

Il a souligné qu'au contraire, c'est  au moment de l'école maternelle "qu'on devrait détecter les difficultés des enfants et leur apporter une réponse précoce". "C'est sur cette école maternelle qu'il faudrait faire reposer l'investissement de la nation pour essayer de corriger l'inégalité la pire qui est l'inégalité culturelle", a-t-il conclu.

Une vidéo, publiée depuis deux semaines sur le site de partage de vidéo Dailymotion et mise en exergue mercredi par le site Rue89, montre une audition, le 3 juillet, du ministre de l'Education devant la commission des Finances du Sénat, sur la scolarisation des 2-3 ans, où il pose la question du recrutement des enseignants de maternelle.

Moi, ce raisonnement de Darcos à propos de la maternelle, cela m'en rappelle un autre qui concernait la Princesse de Clèves...

samedi, 13 septembre 2008

Trop fort : pour payer Tapie, l'Etat va emprunter...au Crédit Lyonnais !

Incroyable : là, je me demande où on vit. Lisez donc, lecteurs, cet extrait du compte-rendu de la réunion de la commission des finances de l'Assemblée datant du 03 septembre 2008.

J'avais déjà cité cette note où Charles de Courson dresse un historique de l'affaire Tapie. Mais là, ce qui est fort du collier, c'est qu'il révèle que l'Etat qui n'a plus d'argent, s'apprête à emprunter au Crédit Lyonnais pour payer Tapie. Je n'y crois pas. Si ce n'était pas tragique, ce serait comique. Il s'y est évidemment opposé, mais en vain. Quant à Bayrou, qui écoutait attentivement l'exposé de Charles de Courson, il était scié sur place...

M. Charles de Courson : S’agissant des créances privées, l’ensemble des procédures n’est pas achevé. Il n’est donc pas exclu que, au-delà des 10 millions existants, d’autres créanciers privés se manifestent. Je n’en dirai pas plus, pour ne pas nuire aux intérêts de l’État.

L’État a créé par la loi un établissement public, l’EPFR. Il est propriétaire de 100 % des actions du CDR qui est une société privée. L’État a tous les pouvoirs, mais « les décisions du conseil d’administration de l’EPFR soumises à l’approbation préalable du ministre chargé de l’économie en vertu de l’article 6 de la loi du 28 novembre 1995 susvisée sont : […] celles relatives aux transactions… ». En tout état de cause, la décision du conseil ne pouvait être mise en œuvre par le CDR qu’avec l’accord du ministre. Quelle forme cette autorisation a-t-elle prise ? Chaque fois – lors de la médiation, de l’arbitrage et de la discussion sur le recours en annulation de la sentence arbitrale – j’ai demandé aux trois représentants de l’État s’ils avaient des instructions ministérielles et, si oui, si elles étaient écrites. Ils m’ont répondu : « oui », y compris sur le recours en annulation. Au moment de prendre des décisions très importantes, certains, d’après ce qu’ils m’ont expliqué, ont fait jouer la clause de conscience. Ils ont fait une note au ministre pour lui faire part de ce qu’ils pensaient être conforme à l’intérêt public, mais en lui indiquant qu’ils attendaient ses instructions. Et ils ont appliqué les instructions ministérielles en bons et fidèles serviteurs de l’État. C’est ce qu’ils m’ont dit, il faut leur demander directement, mais ces échanges figurent dans les procès-verbaux que j’ai et qui sont classifiés pour des raisons évidentes. Cela étant, j’ai toujours dit au conseil d’administration que je n’étais pas engagé par la clause de confidentialité puisque je représente le peuple français et que je suis donc responsable devant la seule Assemblée nationale.

Quand on a discuté de la convention d’arbitrage, sachez que je ne l’ai jamais vue. On nous a dit ce qu’il y avait dedans. Je n’en ai pris connaissance qu’hier, par l’intermédiaire d’une photocopie dont les annexes sont difficilement lisibles. La sentence arbitrale ne nous a pas été communiquée, toujours au nom de la confidentialité. J’ai appelé M. Rocchi, le président du CDR, pour lui en demander copie et – c’est tout de même extraordinaire –il m’a répondu que, pour cette raison précisément, il ne pouvait pas me la donner et que l’État se mettrait en mauvaise position s’il me la transmettait. Il a ajouté dans un sourire qu’elle était depuis deux heures sur le site de L’Express. C’est là que je l’ai lue.

On m’a aussi questionné sur la façon dont l’EPFR allait payer les quelque 300 millions d’euros puisque la décision est exécutoire. Lors du dernier conseil d’administration de l’EPFR, on nous a demandé si nous étions d’accord pour tirer sur une vieille ligne auprès du Crédit Lyonnais – qui date de 1995 et qui n’a jamais été utilisée –, à un taux très bas, avec un plafond de 300 millions puisque le détail de la somme n’est pas encore connu. J’ai répondu : « Ah, non, ça, jamais ! ». J’ai toujours dit à la commission des Finances – et nous sommes nombreux dans ce cas – qu’il fallait mettre le holà à l’endettement des faux nez de l’État. J’ai donc demandé au président de l’EPFR d’écrire au ministre pour demander une dotation exceptionnelle sur une ligne « frais de justice ». On ne va pas s’endetter pour payer Tapie !

M. François Bayrou : Finalement, quelle a été la décision prise ?

M. Charles de Courson : Eh bien, on a décidé de s’endetter ! J’ai été mis en minorité, comme l’explique une note de bas de page du rapport.

Mais dans quel pays on vit...

Ah un détail : Bayrou a finement observé que la somme donnée à Tapie correspond à l'ensemble des économies réalisées en supprimant 13 000 postes à l'Education Nationale. Cela laisse rêveur, non ?...

vendredi, 29 août 2008

Chagrin d'école

J'ai achevé tout récemment le livre de Daniel Pennac, Chagrin d'école. Un ouvrage qui se veut une anthropologie du cancre, en prenant comme homo erectus cancer l'élève que Pennac a été à l'école. Si l'ouvrage se révèle de prime abord plutôt distrayant, avec des observations souvent de bon sens, il énerve également par sa prétention à édifier un modèle universel de cancre.

Pennac est convaincu que la cancritude prend sa source dans un même creuset dont il se voit un très (sinon le plus) éminent représentant. En réalité, son modèle de cancre est tout à fait atypique et ne correspond nullement au cas général (un cancre qui dévore de la littérature en 3ème, c'est relativement rare, même si cela existe).

Souvent, Pennac se fait donneur de leçons, ignorant que les temps ont changé, même s'il affirme l'admettre, et que les élèves cancres idéaux qui s'extasient devant la littérature sont une espèce complètement inconnue de nos bancs d'école de nos jours.

Ainsi, pour affirmer cela :

Oui, c'est le propre des cancres: ils se racontent en boucle l'histoire de leur cancrerie: je suis nul, je n'y arriverai jamais, même pas la peine d'essayer, c'est foutu d'avance, je vous l'avais bien dit, l'école n'est pas faite pour moi... L'école leur paraît un club très fermé dont ils s'interdisent l'entrée. Avec l'aide de quelques professeurs, parfois.

Pennac n'a plus eu depuis bien longtemps des élèves de collège. Ces lieux communs idéologiques, longtemps véhiculés au sein de l'Education Nationale, tant par les pédagogistes que les syndicats, les associations de parents d'élève courroies de transmission du PS, les enseignants encartés ou les inspecteurs en mal de promotion, méritent tout de même d'être un tantinet nuancés.

J'ajoute que le bulletin qui figure au dos de la couverture est un faux : Assouline avait démonté la supercherie en son temps, et je partage d'ailleurs un certain nombre de ses observations sur la cancritude de Daniel Penacchoni. Quand d'ailleurs, je songe à ce que Pennac dit du Cercle des poètes disparus, dont il pense le plus grand mal, et que je lis qu'Assouline compare Chagrin d'école à une version bien française du dit film, je rigole doucement...

jeudi, 10 juillet 2008

Ras le bol de la mixité sociale

S'il y a bien un concept dont on nous bassine les oreilles tant à droite qu'à gauche, c'est la fameuse mixité sociale, concept fumeux par excellence.

Alors, hop, un bon coup de pied dans la fourmilière pour déterrer les arrière-pensées.

Parce que le credo, c'est de se dire que l'on va mélanger les classes sociales, et que par l'opération du Saint-Esprit, les classes sociales défavorisées vont s'élever.

Du flan.

La vraie question, c'est de savoir si l'on veut que l'ascension sociale soit possible. Or, absolument rien ne garantit que la dite mixité sociale garantisse cette possibilité d'ascension. Quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi sous les 3ème et 4ème républiques l'ascension sociale a ététrès forte, alors que la France vivait dans une société encore rurale avec plus de 80% de citoyens à la campagne, et des barrières nettes entre classes sociales ? Il est vrai que nous vivons dans une société urbaine et de loisirs. Autrefois, il fallait choisir entre les durs travaux de la ferme et les études. Aujourd'hui, on doit faire le choix entre le savoir et la play-station.

Donc, je refuse l'équation mixité sociale = ascension sociale. La gauche, et particulièrement les bourdieusistes ont contaminé à l'envie la sphère politique avec cette idée reçue. 

Une vraie politique sociale, c'est donner la possibilité à toutes les classes sociales d'intégrer les élites de la nation dans tous les domaines, sachant, que bien évidemment, cela ne pourra concerner qu'un nombre restreint d'individus. Il y a aura donc une sélection, et elle se fera au mérite et à la compétence.L'illusion égalirariste, c'est de dire qu'il y en aura pour tous.

Un véritable objectif de mixité sociale, c'est de favoriser la perméabilité entre classes sociales, et, pour cela, il faut permettre aux individus les plus ambitieux et les plus compétents de pouvoir s'extraire de leur milieu ambiant. Le mélange des milieux ambiants, je suis loin d'être convaincu que cela soit productif. On asseoit au contraire le règne de la médiocrité.

Pas de classes d'excellence pour produire des élites, par exemple, dans les écoles, irresponsabilité généralisée au sein des entreprises (les grosses, du moins) et des administrations.

mardi, 15 avril 2008

Collège : et pourtant il existe une solution

Dans les problèmes de l'Education Nationale, on évoque souvent le collège comme maillon faible du système scolaire. Je considère, en réalité, que cela tient à la nature de l'adolescence, surtout une adolescence laissée sans limites, à l'indifférence ou au désespoir des adultes, et surtout, des pouvoirs publics.

Le collège est devenu une véritable jungle où le plus faible est immanquablement écrasé. Pendant qu'on disserte sur les horreurs de la seconde guerre mondiale, sur la citoyenneté, on y laisse se reproduire les phénomènes de bande les pires, avec une absence totale de considération pour les plus faibles. 

En 3ème, puisqu'on étudie les faits de la seconde guerre mondiale, pourquoi ne s'intéresserait-on pas plutôt avec précision à ce que vivaient les jeunes gens de cette époque sombre : par exemple, comparer le fonctionnement des hitlerjungend (Jeunesses hitlériennes) et la dynamique de groupe dans une classe d'adolescents, je suis certain que cela mènerait à des remises en question intéressantes.

On sait qu'il existe de 20 à 40 élèves par collège qui sèment le désordre et désorganisent le fonctionnement des cours. C'est valable dans 80% des collèges de France. Il suffirait de retirer ces élèves et de les placer dans des centres d'éducation spécialisés pour que les collèges retrouvent, pour la plupart, leur sérénité. 

Seulement, voilà : l'UMP, Fillon, Sarkozy et Darcos s'en foutent complètement.  Leur priorité, c'est de faire des économies pour financer leur paquet fiscal, et l'Education Nationale est une bonne vache à lait. Ces centres d'éducation ont un certain coût, et il ne faudrait pas ne pas pouvoir faire les crédits d'impôts promis aux individus les plus riches de la nation, n'est-ce pas ?

Du côté de la gauche, où la démagogie est notoire, et l'idéologie prodigue en conneries et pédagogolâtries de tout type, il faut insérer les pauvres victimes de l'odieux système capitaliste et la société en général dans le système scolaire à tout prix. Peu importe que les autres en pâtissent, ce sont de toutes façons des privilégiés, des héritiers, comme dirait Bourdieu, et ils s'en sortiront. Et si on est un hiérarque socialiste, il y a toujours le "faites ce que je dis, pas ce que je fais" pour sauver son rejeton en le plaçant dans une institution privée où il sera à l'abri des gentils délinquants. 

En fait, il n'y a qu'un seul homme qui s'est soucié de l'élève français moyen, celui auquel on ne demande jamais son avis, à qui l'on n'offre aucune chance et que l'on sacrifie à des politiques décidées dans les hautes sphères des cabinets, là d'où on ne connaît surtout pas les réalités du terrain, ou, mieux encore, à la manière socialiste, on feint de les ignorer ou l'on déclare qu'ells relèvent du fantasme, et cet homme, disais-je donc, c'est François Bayrou. 

 Parce qu'il a enseigné dans des petits établissements, parce qu'il n'a pas été un carriériste de l'Education qui devait ses titres et ses postes à des copinages sans vergogne, il a pu dire la vérité. Je le cite dans son discours du 20 février 2007 à Dijon:

Il faut donc prendre les décisions qui s'imposent et les décisions qui s'imposent, c'est celles-ci : il faut rétablir la discipline scolaire dans les établissements du premier cycle, du second degré. Il faut rétablir la discipline scolaire dans les collèges de notre pays. Si nous ne le faisons pas, c'est de la non-assistance à personne en danger. C'est de la non-assistance à famille en danger, c'est de la non-assistance à quartier en danger.
Alors il faut avoir le courage de regarder les choses. Tous les enseignants vous disent, quand on parle de ce sujet, qu'il y a huit, dix, douze, quinze élèves seulement par établissement qui, en raison des lourdes difficultés personnelles qui sont les leurs, en réalité, mettent le bazar, font régner la loi. Un petit caïd de cour de récréation terrorise ou déstabilise les professeurs, notamment les jeunes professeurs. Notamment les jeunes femmes professeurs au début de leur carrière ou leurs camarades.
Eh bien, ceci n'est plus acceptable. Je dis que, quand on est avec où devant des élèves comme cela, alors il faut leur offrir un autre type de scolarité que le collège normal, il faut leur offrir une scolarité qui garantisse que, avec le nombre nécessaire de psychologues et d'éducateurs, on les reconstruise, mais qu'ils ne déstabilisent plus le collège dans lequel ils sont scolarisés.
Je propose donc qu'il y ait la création d'établissements qui soient des établissements d'éducation qui puisse recevoir les élèves qui présentent des difficultés particulières et que l'on ne se contente pas de faire ce que l'on fait depuis des années, ils sont au collège A, Conseil de discipline on les inscrit au collège B, conseil de discipline, on les inscrit au collège C, conseil de discipline on les remet au collège A jusqu'au jour où ils atteignent l'âge légal de manière qu'on les mette à la porte. 

Parallèlement, c'est aussi le seul à vouloir des classes d'excellence partout. 

[...] nous, Éducation nationale, nous État, République française, nous avons une mission qui est celle-ci : nous avons la mission d'offrir les mêmes chances à tous les élèves, quel que soit le quartier où il habite, l'établissement ou ils sont scolarisé. Ceci est la loi de la République.
Par exemple, nous avons connu un temps pendant de longues décennies dans lesquelles on pouvait, dans un petit lycée pyrénéen, au coeur des vallées pyrénéennes, par exemple, le lycée de Naye, Pyrénées-Atlantiques, 4500 habitants, on faisait dans ce lycée, je le sais puisque cela était mon parcours, les mêmes études classiques avec du latin, du grec, les langues, que l'on avait dans les lycées de centre-ville de Pau, de Bordeaux ou même au lycée Henri IV ou au lycée Louis-le-Grand à Paris. Ceci était la fierté de la France.
Moi, je demande que l'on reconstruise cette fierté et que l'on ait un pays qui s'oblige à offrir les mêmes options et la même exigence et la même excellence pour les élèves qui en ont la volonté ou la capacité que l'on habite le sixième arrondissement, la banlieue de Lyon, le Val Fourré où nous étions l'autre jour, certains quartiers de Nanterre ou bien Clichy-sous-Bois, on a droit aux mêmes chances, quel que soit le lieu d'où l'on est originaire et quel que soit le lieu où l'on a habite. 

Voilà, c'est simple, mais jamais Sarkozy ni la gauche ne le feront. Unseul parti pourrait avoir la volonté d'appliquer une telle mesure : le MoDem.

L'école selon Bayrou

Phénomène assez rare, aujourd'hui, de nombreux enseignants des écoles primaires et maternelles ont choisi à leur tour la grève pour protester.

Un des sujets de grogne des enseignants est entre autres la réforme prévue des programmes. Pour ma part, j'ai fait une analyse du rapport de Bentolila, l'un des spécialistes concernés. Ce dernier relevait que l'enjeu principal de l'école maternelle était l'acquisition d'un langage riche et complet. En effet, c'est la pierre angulaire de tout le reste, puisque c'est le vocabulaire qui permet aux enfants de comprendre les explications. Or, bien souvent, on constate que l'école maternelle met l'accent sur toute une série de techniques et sur la compréhension de consignes sociales dont le seul but est de ne pas "troubler l'ordre scolaire".

Lors du colloque de l'UDF du 11 mars 2006 sur l'école, l'université et la recherche, François Bayrou écrivait :

Il y a une éducation à la langue dont l’enseignement des siècles classiques avait bien compris l’utilité, joutes verbales, exercices rhétoriques, compositions latines ! J’ai été frappé dans les violences des banlieues du mutisme des garçons qui mettaient le feu, de leur difficulté à parler. Et pour moi, ce n’est pas un hasard, c’est une cause.

La formation à la langue orale et écrite, à son vocabulaire, à son histoire, à ses racines, je pense au latin pour la langue courante et au grec pour la langue scientifique et intellectuelle, tout cela est une clé. On doit la vérité aux jeunes Français : tous les codes de reconnaissance, tous les éléments du leadership, passent pas la langue. Et si l’on veut la raison principale des différences de réussite entre classes sociales, enseignants, cadres, etc., c’est dans la langue qu’on la trouvera.

 Donc, il faudrait peut-être commencer par cela. L'idée qu'avait exposé Xavier Darcos, de faire de la Grande Section un pré-CP est tout simplement désastreuse. Catastrophique. Elle va exactement dans le sens inverse de ce qu'il faudrait faire. Avant d'acquérir des savoirs savants, encore faudrait-il avoir une vraie maîtrise du vocabulaire.

Ensuite, quand je vois partout des classes de moyennes sections, donc, des enfants de 3 ans et demi à 4 ans et demi de 30 élèves, moi, je ne vois pas comment on peut dispenser un enseignement individualisé dans ces conditions.  

Nicolas Sarkozy a fait des choix budgétaires. Xavier Darcos les a cautionnés. Il a choisi d'offrir des milliards d'euros à une petite minorité plutôt que des enseignants aux tout-petits. Que l'un et l'autre les assument, ces choix désormais. 

Je suis d'accord sur le fait que les caisses de l'Etat étaient vides. Mais l'un et l'autre ont aggravé le phénomène, et ils ont touché à ce q'une nation possède de plus précieux, ses enfants. 

Sur le site de François Bayrou, pendant les présidentielles, l'article école à la page de ses propositions commençait ainsi : « L’éducation est la priorité absolue de mon projet.» 

On voit aux premières mesures d'un gouvernement ce qui lui importe en priorité. Quelle a été la première mesure du gouvernement Fillon ? Offrir des crédits d'impôt aux acheteurs de très grandes surfaces. 

Bayrou avait fait sienne aussi cette remarque, lors du même colloque sur l'école :

Et vous voulez juger de la responsabilité des dirigeants du pays : regardez quelle place ils accordent à l’école, à l’université, à la recherche dans leurs préoccupations, dans leur temps, dans leur vision.Pour nous, en tout cas, cette place sera la première ! 

L'école, c'est du long terme. Ainsi, François Bayrou écrivait : «Et les étudiants candidats au Capes ou à l’agrégation ont raison de le dire : nous ne pouvons pas jouer les recrutements à l’accordéon. Je suis partisan d’une loi de programmation sur dix ans des recrutements

C'est aussi l'un des rares hommes politiques à ne pas avoir passé son temps à cracher sur l'Education Nationale :

Je ne suis pas de ceux qui dépeignent l’éducation nationale comme un mammouth ! Pour moi, elle est un corps vivant. J’ajoute que si l’on excepte la singularité de l’école maternelle, dont nous devons être fiers, nous avons à peu près (un peu plus dans le secondaire, un peu moins dans le supérieur) le même nombre d’enseignants que tous les pays du monde développé, parce qu’il n’est guère de secret et que la dimension des classes et des amphis est à peu près partout la même. On étonnerait d’ailleurs beaucoup les grandes entreprises privées en leur demandant de comparer leurs services centraux avec ceux de l’éducation nationale.

Moi, c'est ce que j'ai aimé chez cet homme-là et que j'aime encore. Il ne ment pas, et il a une conscience claire des priorités. Il ne promet pas tout et n'importe quoi, comme le faisait le programme socialiste pendant les présidentielles, parce qu'il savait que nous n'avions plus de sous, mais, comme une famille modeste qui sacrifierait ses économies pour assurer l'avenir de ses enfants, il jugeait que l'école et l'éducation c'était sacré, et que c'était le seul secteur où il fallait garantir des engagements financiers.

 J'entre en contradiction frontale avec une partie de notre société qui vit avec l’idée que c’est dans le budget de l’éducation qu’il faudra tailler, le jour où l’on voudra revenir à l’équilibre des finances publiques.

Je pense exactement le contraire. Je pense qu'il faut faire des économies, j'en parlerai dans une seconde, qu'il faut retrouver un budget en équilibre, mais qu'il faut garantir l’investissement dans l’éducation.

 

Que l'on mesure simplement la distance avec ce qu'il se produit aujourd'hui. Et ce que je je regrette, c'est que Le Nouveau Centre, dont une très grande majorité de représentants a approuvé ce programme, soit totalement silencieux et laisse faire ce qu'il se passe, sans la moindre protestation, sans même la moindre suggestion. Est-ce cela, peser sur la majorité ? Mieux valait se ranger derrière le MoDem dans ses conditions. A quoi bon être député si l'on n'exerce pas sa parole ? 

jeudi, 28 février 2008

Service minimum à l'école, l'arnaque...

3e073d043dd2c2c226dc58e035a34eb4.jpgLe sénateur Détraigne a récemment écrit à Xavier Darcos, ministre de l'Education Nationale, au sujet de l'instauration du service minimum dans l'enseignement. Il a notamment observé qu'il était facile de se vanter de la mise en place d'un tel système auprès des familles alors qu'en réalité le gouvernement "refile" simplement la gestion du problème aux collectivités locales. En effet, dans les communes volontaires, les agents des communes (surveillants de cantines, animateurs de centres de loisirs… ) devront assurer l’accueil des enfants en lieu et place des enseignants. Cette situation ne manquera pas d'entraîner des tensions entre les différents intervenants en milieu scolaire.
En outre, en déchargeant les enseignants du problème de l'accueil des enfants pendant qu'ils font grève, le système proposé risque de faciliter la multiplication des grèves et aller dans le sens inverse de ce qui serait souhaitable pour la continuité du service public. Il a donc demandé au ministre de l'Education qu'il revienne sur cette étrange idée de sous-traiter à une commune sa responsabilité légale en matière de service minimum.

Ben oui, faut pas prendre non plus les maires et les municipalités pour des andouilles...