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vendredi, 03 octobre 2014

Budget de l'Éducation, un conseil au gouvernement

Le gouvernement veut continuer à recruter des enseignants parce qu'il considère l'éducation comme une priorité. Je pense qu'il fait fausse route.

Je suis convaincu que ce qui fait la qualité d'un établissement, c'est la qualité de son encadrement. Un chef d'établissement qui tient la route (pas un paranoïaque ou un carriériste), un Conseiller d'Éducation de qualité, et des assistants d'éducation en nombre et compétents, voilà à mon avis une des clefs. Difficile, parce que des chefs d'établissement vraiment habiles, il n'y en a pas beaucoup. Il faut donc faire un effort pour recruter des directeurs, des principaux et des proviseurs qui s'y entendent à faire tourner des équipes, qui savent gérer avec la bonne mesure les relations avec les parents et les élèves et connaissent bien les rouages de l'administration centrale.

Si on ajoute à ces ingrédients un suivi de qualité auprès des élèves les plus en difficulté et de la souplesse dans l'organisation interne de l'établissement, on peut considérablement améliorer les choses.

Pour peu qu'il y ait en prime une équipe d'enseignants motivés, compétents et bienveillants, on peut faire des miracles.

Pas d'idéologie, beaucoup de pragmatisme, de la compétence et de la bienveillance (ce qui n'exclut pas la fermeté, précisons-le bien, la bienveillance est aux antipodes du laxisme) et le tour est joué.

En somme, il faut investir dans la qualité de l'encadrement en priorité ; investissement intelligent car bien moins coûteux que des recrutements massifs d'enseignants et bien plus rentable au final.

20:15 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : école, éducation | |  Facebook | | | |

lundi, 07 octobre 2013

Sur l'école, il y a aussi Bayrou qui dit des choses sensées

Je suis toujours embêté, sur la question de l'école, quand j'évoque les positions de Bayrou. Il ne me paraît pas dire des choses si fondamentalement différentes de ce qu'il évoquait en 2007 et, la plupart du temps, je suis sur la même longueur d'ondes que lui. Alors, évidemment, je me prends à presque regretter mon billet d'hier dans lequel je laissais entrevoir que même dans le domaine de l'éducation les autres forces politiques laissaient un boulevard au FN.

Le problème est le suivant : quand je vais lire le programme du FN sur l'éducation et que j'écoute ce que dit Marine Le pen ou même ce qu'écrivent ses militants, c'est grosso modo la même chose.

Mais quand j'écoute Bayrou et que je discute ensuite avec des militants du MoDem ou que je vais même consulter le programme de ce parti, il y a un énorme hiatus. Il est vrai que le projet humaniste semble avoir laissé la place à des propositions bien plus sensées sur le site du mouvement démocrate. Mais quand je discute avec des cadres ou des militants du parti, je ne vois presqu'aucune différence avec les positions exprimées par le PS ou l'UMP. D'où mon trouble. Et ce que je dis ne vaut pas seulement pour l'éducation.

J'ai eu un échange très intense hier, avec Fabrice, un de mes interlocuteurs préférés sur twitter. Un garçon intelligent et intéressant, et, accessoirement, un centriste plutôt favorable à Bayrou. Nous n'étions d'accord sur presque rien. Enfin, j'y vais un peu fort. Sur pas grand chose, disons.

Fabrice demeure attaché à la méritocratie républicaine, à une morale de l'effort, distillée plus ou moins incidemment par l'école.

Je suis d'avis pour ma part de changer de paradigme. Je récuse cette école qui discrimine avec un lexique d'autant plus violent qu'il est moral les "bons" et les "mauvais" élèves. Je refuse l'uniformisation d'une transmission scolaire à sens unique qui fait fi des individus et des fins secrètes que la nature leur réserve. Je rejette la distinction hallucinante entre travaux manuels et intellectuels. La plupart des travaux manuels font fonctionner l'intellect. En revanche, ils ne le font pas à la manière de l'école. Au moralisme républicain étriqué, hérité du positivisme du XXième siècle, je substitue l'aristotélisme bienfaisant de Maria Montessori se figurant que chaque enfant est un embryon spirituel dont le développement doit être accompagné et non suborné. Je n'accepte pas les prédicats moraux sous-tendus empreints de haine pour l'esprit d'entreprise et de mépris pour le travail manuel et leurs conséquences : le rejet radical de l'apprentissage à l'école. Plus encore, je dénie tout sens logique à une école qui organise des enseignements très différents par années d'apprentissage, refusant de considérer que les enfants progressent à des rythmes différents et de manière différente selon leurs centres d'intérêt et leurs prédispositions et ignorant totalement ce que Maria Montessori appelle à juste titre leurs périodes sensibles. J'abhorre enfin le marxisme sous-jacent qui imprègne notre enseignement et considère chaque enfant comme une créature scientifiquement éducable au nom de l'éducabilité universelle. Ceci ne signifie pas que j'adhère à la théorie des dons mais plutôt que je considère qu'il y a une multiplicité de points de vue sur la connaissance et que dans tous les cas, il n'existe pas un chemin unique pour y accéder. Et je refuse d'ailleurs la hiérarchie des connaissances telle que l'école l'établit.

Vous l'aurez compris, l'école française ne me satisfait pas telle qu'elle est. Mais quand nos politiques se piquent de jouer aux apprenti-sorciers, le refus se mue en énervement. Il va de soi que les ratiocinations vaines pour ne pas dire vaniteuses sur les changement des rythmes scolaires sont un nouveau leurre qui ne souligne que mieux la vacuité totale de la classe politique et de l'intelligentsia dans le domaine de la pédagogie, simplement par absence d'humanité ordinaire.

Je crois, en fait, que je suis devenu allergique à la République et tout son decorum, ses faux-semblants, son mérite, ses bons et ses mauvais, ses aspirations étriquées, ses satisfactions misérables et, au final, toutes les petites hypocrisies qui sont autant de fissures dans le fallacieux pacte républicain.

Régis Debray a pour habitude d'opposer République et démocratie, magnifiant la première, étrillant la seconde. Je crois que j'ai choisi mon camp : je suis un Démocrate, pas un républicain. Il écrit notamment : « En république, l’État surplombe la société. En démocratie, la société domine l’État. La première tempère l’antagonisme des intérêts et l’inégalité des conditions par la primauté de la loi ; la seconde les aménage par la voie pragmatique du contrat, de point à point, de gré à gré.»

Juste analyse. Je l'agrée et assure préférer une nation où la société domine l'État que l'inverse. Je suis certain que notre école procède de la volonté toute républicaine de surplomber la société du haut de l'État.

17:32 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : école, bayrou, modem | |  Facebook | | | |

dimanche, 06 octobre 2013

Même sur l'école, la classe politique offre un boulevard au FN

Je finis de lire l'un des derniers billets du Merle Moqueur analysant les causes du succès de Marine Le pen à gauche. Jegoun le citait dans son dernier billet, s'inquiétant de la stratégie de la gauche pour endiguer la montée du FN.

Ben il n'y a pas qu'à gauche qu'on s'inquiète. Je suis atterré de constater que la seule à réagir de manière sensée sur la question des rythmes scolaires, c'est Marine Le pen. Et quand je dis atterré, c'est vraiment atterré. Évidemment, je n'avalise pas tout le discours de Marine Le pen sur la verticalité de la transmission. Je tends à penser qu'au contraire la connaissance se transmet d'autant mieux qu'elle se communique par empathie. Or, la verticalité ne permet en aucune manière une quelconque forme d'empathie et, sans empathie, on ne peut montrer à son interlocuteur que ce que l'on veut lui apprendre lui appartient en réalité autant à lui qu'à soi. Mais de renvoyer cette question à sa réalité, c'est à dire un leurre inutile, je ne peux lui donner tort.

Mais qu'ils se réveillent, les hommes et les femmes de gauche, du centre et de droite, bon sang ! Suzanne est une Républicaine, Jegoun un Social-démocrate et moi, un libéral à sensibilité démocrate-chrétienne. Trois sensibilités politiques très différentes. Et pourtant, nous disons à peu près les mêmes choses sur le Front National, dressant les mêmes constats. Et je ne parle même pas des blogues de droite : j'ai connu un temps où Corto était juste un mec de droite, parfois même modéré. Mais ça, c'était avant. Corto, aujourd'hui, il fait partie de cet ancien électorat UMP qui a basculé du côté obscur, et depuis un moment déjà. EDIT : manifestement, j'ai pris au pied de la lettre ce qu'écrit Corto depuis plusieurs années. Il assure qu'il ne se reconnaît pas dans les valeurs du FN mais, en revanche, se désespère du vide abyssal qui caractérise les propositions des autres formations politiques.

C'est affligeant de voir les différents partis politiques se copier les uns les autres, sur l'école, faisant semblant de polémiquer sur des mesures qu'ils partagent pourtant. Les rythmes scolaires en sont un exemple mais ce n'est pas le seul. Les principaux partis partagent sur le fond les mêmes vues dans le domaine de la pédagogie, divergeant à la marge sur l'apprentissage. Il n'y a pas non plus de différence sur le supérieur, tous visent les mêmes objectifs au nom de leur sacro-sainte démocratisation de l'école, dont le principe et le concept n'ont jamais été remis en question. Même rejet de l'excellence, et même hypocrisie de ces élites qui s'empressent d'en emprunter les chemins d'initiés.

Comme l'observe finement Suzanne, ce n'est pas un hasard si Bayrou a réalisé un vrai carton auprès des enseignants en 2007. Le programme de l'UDF et les idées défendues par Bayrou détonaient alors dans le paysage éducatif. Quand 2012 est venu, il n'en est plus rien resté tant les commissions du MoDem et leurs "spécialistes ès éducation" avaient fait du MoDem une annexe de la pensée unique au même titre que l'UMP et le PS. Et les quelques saillies de Bayrou n'y ont rien changé.

Mais, trêve d'école (j'en parle trop souvent sur ce blogue) le prochain sujet, c'est l'Europe et là encore, je suis très inquiet. Je ne vois pas comment des gens qui ont eu l'hypocrisie de voter la nuit ce qu'ils dénonçaient le jour pourraient avoir une quelconque crédibilité auprès du peuple français. La campagne européenne va être très dure parce que le FN va mener la danse et aura beau jeu de renvoyer les autres partis dans leurs cordes s'ils en viennent à critiquer l'Europe. Or, cette critique de l'Europe, je suis persuadé qu'elle sera un passage obligé, même pour les fédéralistes, s'ils veulent défendre cette très grande idée. Ce n'est pas l'Europe qui cause tant de maux, mais l'absence de transparence et, il faudra le faire admettre, ce sera difficile, son absence de pouvoir face aux nations et à leurs représentants. Il faudra avouer sur la place publique ce que de nombreux pro-européens se sont gardés de dire depuis fort longtemps : les pays européens n'ont pas tous le même projet économique et social, et cela, il faut en parler. Mais il faudra aussi défendre l'esprit de négociation qui a toujours permis de surmonter les blocages. Seulement, ces négociations, elles ne peuvent plus se dérouler dans un couloir, mais elles doivent apparaître sur la place publique et faire l'objet d'un débat démocratique. 

Je vais égratigner mes amis du MoDem, mais franchement, ils m'énervent tellement que c'est bien fait : je suis exaspéré de les lire disserter sur le centre, l'UDI, le MoDem, les valeurs du centre, la compatibilité UDI/MoDem, les états d'âme des uns et des autres qui ont tout de suite de grands mots pour parler de trahison de l'esprit de 2007 (ah oui ? Lequel ?) au moment où notre pays est divisé et a grand besoin que l'on se penche sur ses souffrances. Franchement, on a peut-être autre chose à faire qu'à se regarder le nombril ou à débattre de théories fumeuses, non ? 

00:05 Publié dans Education, Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : école, fn, modem | |  Facebook | | | |

jeudi, 23 mai 2013

L'école est foutue

Et hop, un énième rapport sur l'école. Rien de bien neuf, la Cour des comptes s'avérant à peu près aussi nullissime que les partis politiques de toute obédience et que la sphère médiatique dans son ensemble.

La création de postes n'est pas le remède aux difficultés de l'école : c'est évident. Mais passé ce constat que d'autres ont fait avant la Cour des Comptes, tout le reste n'est que du papier mâché pour tête vide.

Au lieu de chercher à comprendre pourquoi des enfants finissent l'école primaire sans savoir lire et écrire ni compter, la Cour des Comptes proposent des réformes purement administratives qui n'abordent en aucune manière les problématiques de fond.

J'ai toujours pensé, au fond de moi-même qu'il n'y avait pas une voie unique que tous devraient emprunter de gré ou de force. 

Toutes les propositions actuelles convergent pourtant en ce sens. Par idéologie on a décrété que le collège unique, la classe hétérogène, le même parcours pour tous constituaient la voie obligatoire dans laquelle il fallait s'engager. Pourtant, l'école n'est pas la seule dispensatrice de connaissances et elle ne valorise pas nombre de talents.

Je m'interroge sur notre système assimilationniste, sorte de gros rouleau-compresseur impitoyable. Quand j'observe les autres systèmes scolaires, notamment ceux qui sont réputés les meilleurs, je constate une très grande diversité : le Japon, Singapour, la Corée ou la Chine avancent à la schlague avec une rigidité et une sélection impitoyables. 

Les Hollandais confient, quant à eux, 70% de leurs élèves à des écoles libres (bien que subventionnées et finalement gratuites).

Le système finlandais quant à lui est au contraire l'accomplissement d'une école social-démocrate sous l'égide d'un hyper État-providence.

Ces pays n'ont rien de commun entre eux dans leur manière de procéder à l'exception, toutefois, de l'existence d'une distinction claire et nette entre voie professionnelle et voie générale, souvent entre 13 et 16 ans. Et pourtant, ils sont tous très performants.

Le temps de service, les fameux rythmes scolaires ne semblent guère avoir d'impact sur la qualité de l'enseignement. En Finlande, par exemple,  le temps de service des enseignants est très inférieur à celui de la France et les vacances d'été y durent près de trois mois ; et pourtant ce pays est jugé le plus performant du monde.

Une chose me paraît claire : les débats sur l'école en France sont affligeants de nullité et passent à l'évidence à côté de leur sujet.

Je tends pour ma part à penser qu'il y a un problème d'une part dans la pédagogie, d'autre part dans la rigidité avec laquelle est organisée l'école et enfin dans le double discours associant en un meurtrier oxymore l'idéologie libertaire et égalitariste, et une concurrence d'autant plus sauvage que les propos les plus lénifiants en masquent la réalité.

Bien peu d'officines explorent et questionnent nos méthodes d'enseignement. L'association SOS-Éducation a le mérite de le faire (elle organise des ateliers comme celui qui a été consacré à la méthode Montessori récemment) et, à l'autre bout de l'échiquier politique et idéologique, des revues comme les Cahiers pédagogiques ou les Dossiers de l'ingénierie éducative rendent compte d'expériences originales.

Quelques linguistes comme Alain Bentolila s'intéressent à l'acquisition du langage chez le jeune enfant. Quelques écrivains inventent des détours imprévus, à preuve, les remarquables épopées grammaticales d'un Érik Orsenna.

Quelques rares hommes politiques, enfin, osent prôner un empirisme radical en proposant d'observer tout simplement les méthodes des enseignants performants afin de tenter de les répliquer. C'est le pari de François Bayrou.

Mais au-delà de ces petites lueurs, un néant intellectuel abyssal recouvre d'un voile opaque tout notre système éducatif et, très franchement, je ne vois aucune raison d'espérer des jours meilleurs par les temps qui courent...

00:32 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : école | |  Facebook | | | |

mardi, 09 avril 2013

L'école face aux suicides d'enfants

Il n'y a peu de choses plus insupportables que d'entendre aux actualités la nouvelle d'un nouveau suicide d'enfant.

Comment peut-on à 9, 10, 13 ans, se donner la mort ? Je n'aime pas tellement Cyrulnik généralement, mais, sur le sort que s'infligent des enfants si jeunes, il a des paroles très justes : 

«le cumul des événements qui déclenche l'acte suicidaire résulte d'une cascade de déchirures invisibles, d'une convergence d'événements de nature différente»

«L'enfant "insécurisé", "seul, sans partage de la souffrance, sans aide ni possibilité de déchiffrer ce qui lui arrive, le jour où il comprend ce qu'est la mort, il se laisse prendre [...] une pichenette peut suffire pour passer à l'acte. Une phrase blessante, une petite frustration, une mauvaise note à l'école ou le déménagement d'un copain peuvent provoquer une déflagration exceptionnelle. Il peut écrire une lettre d'adieu [...] mais le plus souvent, il se penche trop par la fenêtre ou descend d'un autobus en marche. Alors les adultes parlent d'accident»

J'observe à quel point l'école se trouve impliquée dans les suicides d'enfants : et on y trouve dans bien des cas, comme élément déclencheur final les notes.

Ce n'est pas qu'il faudrait les supprimer, mais c'est qu'il faudrait cesser d'en faire un échelon de valeur. Je ne supporte plus d'entendre dans des discussions, de la part d'enfants eux-mêmes le plus souvent, parler de "bons" et de "mauvais" élèves. J'en ai assez de cette école, et particulièrement des collèges qui écrasent comme des rouleaux compresseurs les individus et s'érigent en seules mesures de la valeur de jeunes êtres humains, de leurs savoir-faire et de leurs savoir-être.

Mais il faudrait dire aussi un mot des enseignants et de l'absence d'humanité ordinaire d'une large part d'entre eux. Prompts à défiler pour le "service public", comme on dit, aveugles et sourds aux mal-être d'enfants qu'ils côtoient tous les jours, quand ils ne sont pas carrément vachards.

Le collège unique, les projets de scolarisation obligatoire jusqu'à 18 ans, les socles communs et j'en passe, tout ce qui se présente comme le "Bien suprême" du monde éducatif, la pression derrière les résultats au lieu de chercher le plaisir dans l'étude, tout concourt à faire du cursus scolaire un enfer ordinaire.

 

23:37 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : école, suicide | |  Facebook | | | |

mercredi, 13 mars 2013

L'indigente loi de refondation de l'école socialiste

Difficile d'étouffer un éclat de rire généralisé quand je pense à tout le baroufle dont nous ont gratifié les Socialistes avec leur loi de refondation sur l'école. Je n'adhère pas toujours aux points de vue de SOS Éducation mais l'association me semble avoir vu juste  en observant que l'actuelle loi n'aborde aucun des points qui sont défaillants dans notre école. 20% des enfants de 10-11 ans ne savent pas lire et comptent mal. Que propose la loi pour résoudre ce fléau ? Rien.

Les bien-pensants qui s'indignent de notre méconnaissance des langues étrangères en conseillent depuis toujours l'étude précoce . Ce sont les mêmes qui se satisfont des lacunes phénoménales de toute une classe d'âge dans sa propre langue. Il y a une espèce de collusion entre les rapports de l'OCDE et les libertaires qui proclamaient l'orthographe science des imbéciles il y a 20-30 ans. Sans doute parce qu'entre temps, ils ont accédé aux postes à responsabilité dans toutes les institutions internationales.

Notre débat n'est pas franco-français, bien loin de là. Le pédagogisme qui touche notre éducation atteint tous les systèmes scolaires d'Europe et souvent, d'outre-Atlantique.

Pour revenir à la loi de Peillon, on y invoque le numérique, l'expression artistique, les langues vivantes, mais la grammaire, l'orthographe, le calcul, la maîtrise de la langue sont personna non grata.

Le problème de notre classe politique, dans le domaine éducatif, c'est sa totale absence d'idées depuis 30 ans. Comme nos parlementaires font preuve d'une pauvreté affligeante dans ce domaine, ils se reposent sur la technostructure de l'Éducation Nationale, et parfois des syndicats ou des officines de toutes sortes pour émettre des propositions.

Je suis amusé de voir la droite crier haro sur Peillon. La droite est gênée aux entournures parce qu'au fond, elle a exactement les mêmes idées que la gauche. Il y a eu avec Xavier Darcos une voix discordante (mais pas assez déterminée et parfois malheureuse pour évoquer les maternelles) mais en dehors de cette dernière, ce sont des clones qui se succèdent les uns aux autres depuis des années, ne brillant que par leurs saillies et leurs vains moulinets de bras.

Rudy Salles est drôle avec ses critiques : en quoi a-t-il un avis différent de Vincent Peillon ? En réalité, ils ont les mêmes idées sur l'école, seule la forme varie. Il le reconnaît, d'ailleurs, en admettant que les rythmes scolaires sont une réforme de premier ordre. 

J'ai lu toutes les contributions à l'heure où j'écris ce billet chez newsring : aucune ne conteste sérieusement Peillon. Tous sont d'accord pour des recettes de forme, personne ne vient interroger directement ce qui fait que des enfants sortent de l'école primaire sans être parvenu à apprendre à lire. 

Que l'on traite cette question fondamentale avant de songer à modifier les rythmes scolaires, le statut des enseignants ou encore à introduire toujours plus d'expression artistique et de langues étrangères dans les enseignements.

11:08 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : école, peillon | |  Facebook | | | |

lundi, 25 février 2013

Sacré Peillon...Et si on posait les vraies questions à l'école ?

Le Peillon est un créature politique improbable : c'est déjà la m.... dans la réforme qu'il propose et il en ajoute une seconde couche.

Je suis fasciné de voir à quel point la question des rythmes scolaires brouille le paysage pédagogique au point d'effacer toute pensée construite.

L'unaninisme imbécile qui s'est emparée de tous nos corps intermédiaires n'est pas rassurant. Droite, gauche, centre, académie de médecine, syndicats enseignants, associations de parents, sur le fond, tous sont d'accord. Ils ne font que diverger sur la mise en oeuvre.

On  nous assure que les vacances d'été sont trop longues et que cela pèse sur les résultats scolaires de nos enfants : ah bon ? Pourquoi la Finlande prévoit deux mois et demi de vacances l'été dans ces conditions ?  Pourquoi à la fin des années 70, à une époque où une partie conséquente des enfants savaient encore lire et écrire, on comptait le même nombre de jours qu'en Finlande ? 

Cette réforme imbécile va bousculer non seulement l'organisation de l'école elle-même, et sans doute pas de la manière la plus heureuse, mais aussi celle de la vie des familles, des enfants et jeunes gens. 

Avec le zonage, comment feront les parents séparés, les cousins qui veulent se revoir, les lycéens qui veulent travailler l'été, l'économie du tourisme dont la baisse de revenus se traduira en réductions d'emplois, les entreprises qui devront réorganiser tous les congés sachant que le mois d'août n'est pas réputé une grande période d'activité ? Et les enfants qui devront se rendre dans des classes surchauffées, dans le sud de la France par des températures de 30 ° ? Que diront les enseignants : accepteront-ils de travailler deux semaines de plus pour aucune compensation alors que leur pouvoir d'achat régresse depuis 10 ans et que leur grille indiciaire est bloquée ?

SOS éducation que je n'ai guère vu inspirée sur la question des rythmes scolaires depuis le début de ce sujet se décide enfin à tirer la sonnette d'alarme et à dénoncer le leurre : plus que tout, c'est l'organisation et les méthodes pédagogiques qui peuvent renverser la vapeur dans notre école déclinante. L'association rend compte d'une expérience intéressante en Angleterre qui a consisté à appliquer strictement la méthode syllabique avec des groupes de niveau dans la langue maternelle au sein de chaque classe dans des quartiers défavorisés afin d'assurer à tous l'acquisition de la lecture et de l'écriture. Les résultats étonnants auxquels sont parvenus les Anglais battent en brèche nos idées reçues sur l'hétérogénéïté.

A ses débuts, j'ai entendu le MoDem et surtout Bayrou prendre en considération que c'étaient la lecture et l'écriture au début de la primaire qui étaient la clef de tout. Bayrou voulait axer son action dans ce domaine sur les premières classes, envisageant clairement de laisser toute lattitude pédagogique aux enseignants afin de sélectionner les méthodes qui marchaient.

Quelle déception de voir par la suite le MoDem emboîter le pas au pédagogisme unanimiste ambiant et s'imaginer que les rythmes scolaires étaient la nouvelle baguette magique qui allait résoudre nos difficultés et mettre fin à notre déclin.

Il existe en Europe autant de rythmes que de pays européens, et, ce qui apparaît très clairement, c'est qu'ils ne sont pas corrélés à la réussite scolaire. Peillon fait donc de l'esbrouffe pour rien.

Moi, ce qui m'effraie, c'est d'entendre des enseignants dire d'un enfant au collège qu'il n'existe plus d'issues positives pour son orientation dès la sixième : le redoublement n'étant pas souhaité sera un échec assuré et le passage sans restriction en classe supérieure l'enverra immanquablement dans les cordes. Le plus terrible, c'est de constater que les enseignants de primaire savent déjà quelles seront les victimes d'un système qui broie et oublie impitoyablement ceux qui ne s'y ajustent pas parfaitement.

Face à ce constat angoissant, partis, associations de parents et syndicats font assaut de pédagogolâtries aussi diverses que variées pour mieux noyer le poisson. Mention particulière à la FCPE qui remporte la palme de la nullité.

Une remarque à ce sujet : PEEP et FCPE verrouillent la représentation des parents dans les écoles et les collèges de manière odieuse. Si on vote, on ne peut faire autrement que de voter pour eux, et on ne peut se présenter comme délégué qu'au sein de ces deux organismes verrouillés. Leurs représentants ne tiennent aucun compte des préoccupations du parent ordinaire, ne songeant qu'à asseoir le futur de la progéniture de leurs délégués, et, pour le reste, servent de courroie de transmission aux partis dont ils sont membres. Plus encore que la PEEP, la FCPE est experte dans ce domaine.

J'aimerais que Jean-Jacques Hazan se taise. Cet individu prétend parler au nom de tous les parents d'élèves, mais je puis assurer qu'il ne parle en mon nom et encore moins d'une série de parents de toutes sortes que je connais.

En somme, ce que je vois, c'est que l'enjeu scolaire est verrouillé de partout et entre les mains d'une minorité incompétente, largement relayée par des médias à sa botte.

J'avoue que j'ai le coeur serré : notre école a longtemps été un modèle pour le monde entier. Aujourd'hui, j'en ai honte. J'ai honte de mon ministre et de la lâcheté de son administration, j'ai honte de notre recherche pédagogique, honte des associations de parents qui devraient en principe me représenter, honte de nos médias qui s'appliquent à rallumer constamment la guerre scolaire, et honte des syndicats enseignants dont la ligne ambigüe et l'adhésion au système augurent des lendemains inquiétants mâtinés de trahisons envers le corps enseignant.

J'ai honte pour mon pays, honte pour les enfants que nous abandonnons à leur sort le main dégoûlinante de bonne conscience sur le coeur.

Oui, j'ai vraiment honte et ne vois aucune raison d'espérer. J'ai juste l'ambition que mes propres enfants échappent au désastre, et c'est tout.

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dimanche, 10 février 2013

Rythmes scolaires, bis, ter, et cetera

Cela me fatigue de réaborder la question des rythmes scolaires encore une fois sur ce blogue, mais, en temps que Parisien, je vais y aller tout de même de mon ultime commentaire.

Peillon est nul, sa réforme est nulle et Hidalgo et Delanoë sont nuls et démagos. 

Il n'y a qu'une seule chose qui me paraîtrait pas idiote si on voulait vraiment faire cette réforme correctement : revenir à la situation antérieure à 2008, c'est à dire classe un samedi sur deux le samedi suivant étant réservé aux animations pédagogiques des enseignants ou aux rencontres avec les parents.

Hidalgo et Delanoë veulent imposer la classe le mercredi pour ne pas indisposer leur clientèle bobo.

La solution envisagée actuellement est la pire de toutes : faire rester les enfants à la pause méridienne 2h45 cela montre à quel point les promoteurs de cette réforme sont guidés exclusivement par l'idéologie.

La plus drôle de toutes les réactions, ça a tout de même été celle de Bruno Julliard : l'entendre dénoncer le corporatisme enseignant, lui, le syndicaliste de l'UNEF, l'apparatchick par excellence au point de devoir sa place à son  parcours syndical exclusivement, lui dont le syndicat bloque de longue date toute évolution à l'université, franchement, c'est l'hôpital qui se fout de la charité...

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mardi, 22 janvier 2013

Rythmes scolaires : Bayrou devrait se poser quelques questions...

Il est rare que je m'oppose radicalement à Bayrou sur les idées, mais aujourd'hui, clairement, je ne saurais en aucun cas le suivre quant à ses assertions.

Contrairement à ce qu'il dit la réforme voulue par Peillon n'est pas un retour à la situation antérieure. Moi, je suis Parisien et je sais tout de même de quoi je parle. Auparavant, les écoliers venaient en classe en alternance 4 ou 5 jours par semaines. Un samedi sur deux était consacré à l'animation pédagogique pour les enseignants ou pour la réception des parents, l'autre à la classe.

Là, il s'agit d'envoyer les enfants à l'école tous les mercredis et pour les enseignants, leurs animations pédagogiques se dérouleront les mercredis après-midi. Ils sont perdants sur tous les fronts.

Peillon et Delanoë qui n'a de préoccupation que sa clientèle boboïsée et/ou fonctionnarisée ont déplacé le curseur au mercredi. Plus de coupure dans la semaine pour les enfants alors qu'ils fatiguent, particulièrement en hiver. Je ne sais pas d'où les chronobiologiconnards tirent leurs abracabantesques études mais moi, je ne crois que ce que je vois, comme l'aristotélicien Thomas d'Aquin, et je constate que mes enfants sont fatigués en milieu de semaine. Et je ne suis pas seul à faire ce constat. Sondées il y a un an, 55% des familles étaient d'ailleurs opposées à cette modification. Après, il y a aussi celles qui escomptent user de l'école pour remplacer garderies et centres périscolaires car l'école, elle, est gratuite. Si ces familles ont des problèmes de garde, elles doivent faire pression sur leurs municipalités pour obtenir davantage de moyens dans ce domaine, pas faire peser sur l'école et sur toutes les autres familles leurs tracas.

Moins d'heures de cours dans la journée, c'est du pipeau. L'argument de Bayrou ne tient pas. Dans la réalité, les enfants repartiront aux mêmes heures des écoles. L'argument ne tient pas.

Au passage, à Paris, Delanoë escompte bien réaliser de jolies économies sur le dos des enseignants car il va économiser le mercredi matin en animation périscolaire et il n'est pas question d'en ajouter à partir de 16h00.

Bayrou accuse ni plus ni moins les 90% d'enseignants qui sont furieux de conservatisme. Je n'ai pas été habitué à un telle légèreté de cet homme. 90% c'est une somme. Ce n'est pas un quart, un demi, c'est une majorité écrasante. Je l'invite à prendre connaissance des véritables causes de cette grève. Contrairement à nombre d'individus qui se croient malins, j'ai pris le temps de discuter avec les instituteurs et institutrices de mes enfants...

J'ai bien noté que le programme du MoDem comportait les mêmes billevisées que celui des Socialistes et de la droite, tous d'accord pour marcher dans les pas des dernières pédagogolâtries en cours. Il est drôlatique au possible de voir SOS Éducation emboîter le pas avec entrain aux pédagogols sur le sujet. Je les observe à jouer les parangons de vertu depuis plusieurs années. Dans la réalité, ils sont comme les autres s'ils ne sont pires.

Je ne comprends pas que Bayrou, comme tant d'autre, s'obstine à vouloir agir sur la forme. On a procédé depuis 40 ans à toutes sortes de moutures et de boutures plus folles et contradictoires les unes que les autres dans l'Éducation Nationale sans jamais infléchir le cours de son déclin.

Bref, quant il y a 90% d'enseignants qui se mettent en grève, surtout dans une académie comme celle de Paris qui est de moeurs plutôt tranquilles dans ce domaine, il y a tout de même anguille sous roche, non ? 90% de cons, ça fait beaucoup pour une seule profession et autant de gens...Bayrou devrait méditer là-dessus. A bon entendeur, salut...

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Le recrutement des enseignants tourne à la catastrophe...

J'ai à de nombreuses reprises ici expliqué que les mesures successives prises par Châtel puis par Peillon allaient provoquer un effondrement du recrutement des enseignants. Bingo. Cette année, c'est encore pire que l'an dernier. Les crétins imbéciles qui ont imposé la masterisation pour devenir enseignant dans le primaire et le secondaire puis qui ont durci considérablement les conditions d'exercice en début de carrière tout en bloquant l'évolution des salaires en milieu de carrière sont comptables à 100% de cette catastrophe.

Et le pire est à venir : il faut bien comprendre qu'il y a pénurie d'enseignants en pleine crise. Que la situation économique s'améliore et cela tournera au drame. Les connards qui continuent à cracher sur les avantages des profs n'auront plus qu'à venir prendre leur place.

Le bilan de la dernière session laisse rêveur :

Les lettres classiques et les mathématiques, ce qui fut autrefois le sel des humanités, vont disparaître faute de combattants à ce rythme.

108 admissibles pour 200 postes pour les premières et 1326 admissibles pour 1210 postes pour les secondes. En langue espagnole 446 admissibles pour 340 postes, en sciences économique et sociale 200 admissibles pour 130 postes, en lettres modernes, 1139 admissibles pour 1000 postes, j'arrête là le jeu de massacre.

Et Peillon trouve le temps de pourrir la situation avec des débats aussi périphériques que vains tels que les rythmes scolaires. L'armée de pédagogols de toutes sortes qui pollue l'Éducation Nationale depuis 30 ans a parachevé son oeuvre de destruction à commencer par la FCPE censée représenter l'intérêt des parents d'élèves mais qui n'a cessé de conspirer contre le savoir et la pensée.

J'avoue ma très grande inquiétude pour ma dernière : qui seront ses enseignants quand elle mettra à son tour les pieds dans le collège de secteur ? Des récidivistes de l'échec aux concours recrutés au rabais ? Des vacataires ignorants et incompétents ? Des immigrés d'Afrique ou d'Asie sans doute mathématiciens confirmés mais n'alignant pas trois mots de français dans une langue correcte ?

Bref, un interlope prolétariat de l'éducation bien incapable d'assurer sa mission mais déjà présent à de nombreux étages dans un certain nombre d'établissements scolaires ?

A Paris, demain, les professeurs des écoles sont à près de 85% en grève. J'ai expliqué pourquoi il y a quelques jours. Les syndicats enseignants sont évidemment largement responsables de cette situation : par antisarkozysme, habitués à être la plus vulgaire des courroies de transmission du PS, eux-mêmes englués jusqu'au cou dans la pédagogolâtrie, souvent juges et parties (nombre de profs syndicalistes sont membres du PS et tiennent les postes à responsabilité de la FCPE) ils n'ont jamais eu le cran ni l'honnêteté de convenir que Peillon égalait Châtel en nullité.

Et autour de cela, il y a tous les connards de journalistes qui servent la même soupe sur l'enseignement depuis de longues années. On les retrouve à peu près partout, de l'express au parisien, toujours avec des intentions pernicieuses dont l'objet est de monter l'opinion contre les enseignants. Il suffit de considérer la question posée au Parisien, par exemple : Rythmes scolaires, comprenez-vous la grève des enseignants ? Ben moi oui, mais pas les 85% de crétins qui ont répondu le contraire, manifestement.

 Quant à l'Express, bel étalage de malhonnêteté crasse : faire semblant de croire que la réforme de Peillon correspond à ce que demandaient les enseignants c'est vraiment les prendre pour des cons. Comme je l'ai dit, les syndicats enseignants représentent en réalité l'idéologie en vogue au PS et rien d'autre.

Le tableau ne serait toutefois pas complet si je ne finissais pas par charger les enseignants eux-mêmes : ce sont qui les imbéciles qui votent aveuglément pour la gauche et tiennent constamment des discours sirupeux sur toutes les propositions socialistes ?

Au fond, les enseignants méritent ce qu'il leur arrive de la même manière que les Américains se sont pris un jour un 11 septembre 2001 à force de soutenir aveuglément les islamistes sans voir toute la haine que ces derniers leur vouaient.

Mais au final, ceux qui vont payer les pots cassés, ce seront nos enfants dont les pédagogols invoquent à tout va l'intérêt supérieur dès que l'on met le doigt sur leurs dogmatismes et leurs contradictions.

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