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lundi, 07 octobre 2013

Sur l'école, il y a aussi Bayrou qui dit des choses sensées

Je suis toujours embêté, sur la question de l'école, quand j'évoque les positions de Bayrou. Il ne me paraît pas dire des choses si fondamentalement différentes de ce qu'il évoquait en 2007 et, la plupart du temps, je suis sur la même longueur d'ondes que lui. Alors, évidemment, je me prends à presque regretter mon billet d'hier dans lequel je laissais entrevoir que même dans le domaine de l'éducation les autres forces politiques laissaient un boulevard au FN.

Le problème est le suivant : quand je vais lire le programme du FN sur l'éducation et que j'écoute ce que dit Marine Le pen ou même ce qu'écrivent ses militants, c'est grosso modo la même chose.

Mais quand j'écoute Bayrou et que je discute ensuite avec des militants du MoDem ou que je vais même consulter le programme de ce parti, il y a un énorme hiatus. Il est vrai que le projet humaniste semble avoir laissé la place à des propositions bien plus sensées sur le site du mouvement démocrate. Mais quand je discute avec des cadres ou des militants du parti, je ne vois presqu'aucune différence avec les positions exprimées par le PS ou l'UMP. D'où mon trouble. Et ce que je dis ne vaut pas seulement pour l'éducation.

J'ai eu un échange très intense hier, avec Fabrice, un de mes interlocuteurs préférés sur twitter. Un garçon intelligent et intéressant, et, accessoirement, un centriste plutôt favorable à Bayrou. Nous n'étions d'accord sur presque rien. Enfin, j'y vais un peu fort. Sur pas grand chose, disons.

Fabrice demeure attaché à la méritocratie républicaine, à une morale de l'effort, distillée plus ou moins incidemment par l'école.

Je suis d'avis pour ma part de changer de paradigme. Je récuse cette école qui discrimine avec un lexique d'autant plus violent qu'il est moral les "bons" et les "mauvais" élèves. Je refuse l'uniformisation d'une transmission scolaire à sens unique qui fait fi des individus et des fins secrètes que la nature leur réserve. Je rejette la distinction hallucinante entre travaux manuels et intellectuels. La plupart des travaux manuels font fonctionner l'intellect. En revanche, ils ne le font pas à la manière de l'école. Au moralisme républicain étriqué, hérité du positivisme du XXième siècle, je substitue l'aristotélisme bienfaisant de Maria Montessori se figurant que chaque enfant est un embryon spirituel dont le développement doit être accompagné et non suborné. Je n'accepte pas les prédicats moraux sous-tendus empreints de haine pour l'esprit d'entreprise et de mépris pour le travail manuel et leurs conséquences : le rejet radical de l'apprentissage à l'école. Plus encore, je dénie tout sens logique à une école qui organise des enseignements très différents par années d'apprentissage, refusant de considérer que les enfants progressent à des rythmes différents et de manière différente selon leurs centres d'intérêt et leurs prédispositions et ignorant totalement ce que Maria Montessori appelle à juste titre leurs périodes sensibles. J'abhorre enfin le marxisme sous-jacent qui imprègne notre enseignement et considère chaque enfant comme une créature scientifiquement éducable au nom de l'éducabilité universelle. Ceci ne signifie pas que j'adhère à la théorie des dons mais plutôt que je considère qu'il y a une multiplicité de points de vue sur la connaissance et que dans tous les cas, il n'existe pas un chemin unique pour y accéder. Et je refuse d'ailleurs la hiérarchie des connaissances telle que l'école l'établit.

Vous l'aurez compris, l'école française ne me satisfait pas telle qu'elle est. Mais quand nos politiques se piquent de jouer aux apprenti-sorciers, le refus se mue en énervement. Il va de soi que les ratiocinations vaines pour ne pas dire vaniteuses sur les changement des rythmes scolaires sont un nouveau leurre qui ne souligne que mieux la vacuité totale de la classe politique et de l'intelligentsia dans le domaine de la pédagogie, simplement par absence d'humanité ordinaire.

Je crois, en fait, que je suis devenu allergique à la République et tout son decorum, ses faux-semblants, son mérite, ses bons et ses mauvais, ses aspirations étriquées, ses satisfactions misérables et, au final, toutes les petites hypocrisies qui sont autant de fissures dans le fallacieux pacte républicain.

Régis Debray a pour habitude d'opposer République et démocratie, magnifiant la première, étrillant la seconde. Je crois que j'ai choisi mon camp : je suis un Démocrate, pas un républicain. Il écrit notamment : « En république, l’État surplombe la société. En démocratie, la société domine l’État. La première tempère l’antagonisme des intérêts et l’inégalité des conditions par la primauté de la loi ; la seconde les aménage par la voie pragmatique du contrat, de point à point, de gré à gré.»

Juste analyse. Je l'agrée et assure préférer une nation où la société domine l'État que l'inverse. Je suis certain que notre école procède de la volonté toute républicaine de surplomber la société du haut de l'État.

17:32 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (26) | Tags : école, bayrou, modem | |  Facebook | | | |

Commentaires

Je trouve toutes ces idées excellentes. Et qui font honneur au surnom d'hérétique... de la république.
(ce n'est pas le principal sujet alors je mets entre parenthèses: je suis tout à fait pour la pédagogie Montessori, mais sans oublier qu'on éduque aussi l'enfant avec une autorité qui dit non, une autorité d'en-haut, celle de l'adulte. Alors l'accompagnant est utile. Sinon, il risque grandement de fabriquer un tyran centré sur ses ressentis.)

Écrit par : Guillaume Desrosiers | lundi, 07 octobre 2013

Bonjour Guillaume
Tout à fait : de toutes façons, placer une limite n'est pas synonyme de se substituer à l'enfant. C'est un accompagnement. Il n'y a donc pas de contradictions.

Écrit par : l'hérétique | lundi, 07 octobre 2013

Mince alors, on ne s'est pas compris !
Le "mérite", c'est au long de la vie que je souhaite qu'il soit discriminant. Justement pas à l'école, car dès qu'on cherche à classer les personnes à l'école cela introduit (pour des raisons de rationalisation) une compétition sur une ou deux matières types, qui vont nécessairement exclure des personnes et créer des situations de rente. Chose qui m'est insupportable.

Comme je le rappelle régulièrement à des confrères, savoir composer un morceau de musique avec application et en sachant appliquer les règles du contrepoint démontre au moins autant de capacités logico-déductives que d'écrire d'insipides dissertations bien formatées sur le schéma thèse-antithèse-foutaise...

A bientôt de débattre sur ces sujets autour d'une mousse ou d'un déjeuner !

Écrit par : FBLR | lundi, 07 octobre 2013

Salut Fabrice,
Bon, alors on est plus proches que je ne le pensais.
Oui, il faudrait vraiment qu'on déjeune ensemble. Fais-moi signe dès que tu remets les pieds à Paris.

Écrit par : l'hérétique | lundi, 07 octobre 2013

La pédagogie Montessori est couramment utilisée en Italie. Cependant, je n'ai pas le sentiment que les résultats soient au rendez-vous. Pur ressenti peu étayé par des données.

Écrit par : Claudio Pirrone | lundi, 07 octobre 2013

Finalement F Bayrou dit certes de bonnes choses sur l'école , mais il laisse de cotés des points essentiels que tout le monde passe sous silence tous partis politiques confondus .
Il faut voir ce qui se passe dans certains collèges , dans certains établissements où certains élèves sont davantage soucieux de casser du prof plutôt que d'apprendre.
Cela fait plus de vingt ans que l'école va mal , de plus en plus mal , depuis que la clique Meirieu et les sciences de l'éducation (qui n'ont de scientifique que le nom) ont pris le pouvoir à l'Education Nationale.
Dit -on que dans notre pays ils y a encore beaucoup d'élèves sérieux qui veulent apprendre mais qui sont frustrés dans certaines classes ce sont des (permettez moi l'expression) petits cons qui font la loi! Il faut sortir de cette situation où l'élève est placé au centre du système éducatif.
L'école n'est pas un centre vacances avec des activités ludiques .L'école française ne retrouvera sa place dans le monde qu'à quelques conditions :
-rétablissement de l'autorité des enseignants
-mettre l'accent sur la transmission des savoirs
-mettre en quarantaine tous ces gens de la rue de Grenelle trop souvent formatés aux sciences de l'éducation.
Je me permets de conseiller cette très saine lecture qui permet de faire une mise au point objective : "la débâcle de l'école : une tragédie incomprise "

Écrit par : Daniel54 | lundi, 07 octobre 2013

L'école ira mieux lorsque les profs auront compris qu'ils ne détiennent pas TOUS les savoirs et que les jeunes qu'ils ont en face d'eux ont énormément de savoirs (souvent différent des leurs) et énormément de talents dans des domaines très variés. Peut être faut il remettre réellement le jeune au centre et non pas les projections que l'on se fait de jeunes que l'on voudrait formater à notre image. Le jeune est une personne à part entière en non une éponge à savoirs. Et puis arrêtons de les casser car ils ne savent pas, car avant de savoir, il faut découvrir, apprendre et leur donner le goût d'apprendre. Je n'ai pas le talent d'écriture de certains, mais c'est juste mon avis.

Écrit par : Lizzy | mardi, 08 octobre 2013

Bravo pour ce billet courageux ! Et tout à fait d'accord avec Guillaume Desrosiers.

Daniel54, effectivement, nous manquons cruellement *en France* (contrairement à d'autres pays) de sciences de l'éducation. Je n'incriminerais pas pour cela les pédagogues de la génération Meirieu etc., mais plutôt la glaciation de cette discipline depuis 30 ans. En fermant les IUFM, le précédent gouvernement a mis fin au "pouvoir" que vous leur attribuez ; mais il ne l'a remplacé par rien d'autre qu'un grand point d'interrogation.

Foin des pédagogies estampillées 68 et foin de celles que regrettent nos grand'mères : refondons l'école sur les pédagogies *qui marchent*, tout simplement.

Écrit par : FrédéricLN | mardi, 08 octobre 2013

Quand je lis des commentaires comme ceux de Lizzy, je me dis qu'on n'est pas sorti de l'auberge. Tous les poncifs boboïsant qui ont fait sombrer l'EN depuis trente ans au cri de "Le niveau monte". Comme si des gamins que l'on met "au coeur du système" allaient réinventer tout seuls le calcul d'une dérivée ou la conjugaison d'un verbe irrégulier anglais. Comme si la capacité de jouer à GTA ou d'utiliser un smartphone (sans avoir d'ailleurs la moindre idée des principes physiques et mathématiques à l'oeuvre) donnait des compétences pour un métier. Et comme si, enfin, l'apprentissage de l'excellence dans quelque domaine que ce soit se faisait autrement que dans l'effort et la douleur - inséparables en réalité du bonheur de se dépasser.

Écrit par : Ch. Romain | mardi, 08 octobre 2013

J'apprécie, pour ma part, de lire des commentaires tels que celui de Lizzy.

Ch Romain a déformé, distordu, interprété ses mots avec sa comprenette limitée par sa vision perso, pleine de haine face à ces jeunes si différents de ce qu'il voudrait qu'ils soient.

Oui Lizzy, il y a énormément de jeunes qui entrent pour bosser et qui sont cassés dès le début par un système basé sur la sanction, par des profs qui ne les respectent pas, par un air ambiant comme celui qu'envoie ch romain dans son message.

A l'école, au collège, au lycée, oui, l'enfant doit être au cœur du système. Oui les profs, les surveillants, les jeunes et les parents doivent travailler ensemble dans le seul objectif de la réussite de l'élève. Et pas en brandissant la sanction, la méfiance, pas en leur manquant de respect.

Même si la sanction juste est nécessaire parfois et inévitable avec certains jeunes pour qui il est malheureusement trop tard...

Et oui, contrairement à ce que clament les ch romain and co, il y a plein de jeunes qui veulent apprendre...

@ Lizzy.. Juste un truc.. Vous avez du talent pour écrire puisque vous avez quelque chose à dire et vous le dites.. .. Très bien

@ L'hérétique

Coucou ! Il y avait quelques années que je n'étais pas venue te voir.. Contente de te retrouver en forme..

(°_^...

Écrit par : Passage | jeudi, 10 octobre 2013

@Lizzy
L'école ira surtout mieux qu'on il n'y aura plus personne pour tomber dans ce genre de réductions. Il est évident que les enfants ont des talents très divers qui outrepassent très largement ceux auxquels l'école fait appel. Mais vous, vous appelez à la guerre scolaire comme si les relations entre enseignants et écoliers se résumaient à une longue guerre sans merci. J'espère que vous vous rendez compte de l'inanité d'un tel propos.
Pour ma part, ce que je condamne, c'est uns système qui prend trop de place. Le fonctionnement de l'école ne serait pas problématique si l'école n'avait pas une telle importance dans notre société et si elle n'était pas aussi uniformisée.
Les profs sont comme tous les Français ordinaires, au fond, très divers. Je n'ai pas le sentiment que votre intervention haineuse ait amené quoi que ce soit.
@Christian
Ce n'est pas tout à fait ce que Lizzy a dit. Elle observe simplement que les écoliers ont des talents que l'on méconnaît, ce en quoi, me semble-t-il, elle n'a pas tort. Ce n'est d'ailleurs pas cela que je lui reproche, mais son apostrophe envers toute une profession et son appel à la stigmatisation.
Le problème, ce n'est pas tant de devenir capable de calculer une dérivée ou une intégrale, ou même une intégration par parties mais bien d'en faire le référentiel universel de la valeur et de la compétence.
@Passage
Un petit peu plus que trois années. Je crois que vous vous trompez tout à fait à propos de Christian. Ce n'est certainement pas quelqu'un qui a de la haine pour les jeunes.
Fondamentalement, réduire l'école à une question de sanction ou non, c'est passer à côté de l'essentiel.
@Daniel
Il faut mettre fin à la guerre scolaire. Des commentaires comme ceux de Lizzy mettent évidemment de l'huile sur le feu. Mais rien n'est simple. Il y a d'un côté un système qui broie les individus, je le maintiens, et de l'autre une insécurité grandissante générée par les individu-rois.
En fait, nous ne respectons de l'individu que son égoïsme dans notre société. Et le reste est écrasé. C'est bien là où le bât blesse.
@Fred
Bien dit. Pas de parti pris idéologique mais du pragmatisme.

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 10 octobre 2013

Très heureuse que mon commentaire ait suscité autant de réactions.
Mon propos n'était pas chargé de haine et se voulait simplement interpellant. L'école est pour moi trop basé sur les savoirs logico-mathématique et ne tient pas assez compte des autres savoirs et diverses intelligences des jeunes. L'école doit évolué aussi sur les rythmes scolaires et je ne parle pas du nombre d'heures de cours par semaine, je pense plutôt aux niveaux scolaires qui ne correspondent pas toujours aux jeunes. Sur le terrain, ceux qui travaillent dans l'éducation le savent, les jeunes n'avancent pas tous aux mêmes rythmes. Dans une classe de 30 élèves, certains ne travailleront pas car ils n'arriveront pas à suivre et d'autres suivront mais en travaillant dans la souffrance. Il me semble que l'on apprend mieux en prenant un peu de "plaisir" à découvrir des choses nouvelles.
Je ne souhaitait aucunement stigmatiser les enseignants qui, dans leur grande majorité, font se métier très bien et avec passion et dévouement. Mais hélas j'en connais, et il sont trop nombreux, manquent un peu d'empathie avec leurs élèves.

Écrit par : Lizzy | vendredi, 11 octobre 2013

-Parler du manque d'empathie des professeurs pour les élèves ma semble être déplacé : j'ai suffisamment d'expérience pour pouvoir le dire !
-@l'Hérétique : quelle guerre scolaire ?Vous devriez vous présenter devant certaines classes de 35 élèves avec une dizaine d'enfants rois qui veulent la peau du professeur!Vous comprendriez mieux ce que les pédagogistes ont fait de notre école. Du réalisme SVP . Je vous renvoie aux livres de Daniel Arnaud .

Écrit par : Daniel54 | vendredi, 11 octobre 2013

J'invite l'Hérétique ( si ce n'est déjà fait) à regarder cette vidéo :
http://www.youtube.com/watch?v=kP9dSo_pyf8
Il faut savoir que les agressions d'élèves verbales (parfois aussi physiques) envers les professeurs , cela devient de plus en plus courant (ce n'est que trop souvent étouffé par l'administration). Comment travailler , apprendre sereinement dans ces conditions ?

Écrit par : Daniel54 | vendredi, 11 octobre 2013

Ah Purée ! Je viens de lire le commentaire de "Passage". Mort de rire !

"Passage" vers quoi, je ne sais pas, mais sûrement pas, ni vers l'emploi, ni encore moins vers la culture ! Je ne sais pas dans quoi travaille "Passage", mais je prie le ciel qu'il n'ait pas d'activité pédagogique. J'ose à peine imaginer ce que pourrait donner sa vision infra-rousseauiste. D'ailleurs, il a une formule qui résume tout : "Vous avez du talent pour écrire, puisque vous avez quelque chose à dire".

Enfin, tant qu'on lit des trucs pareils, c'est qu'on n'est pas aveugle.

Écrit par : Ch. Romain | vendredi, 11 octobre 2013

Correction à propos de "Passage" : pas "il", "elle". Je comprends mieux : c'est probablement une mère dont un ou plusieurs enfants ont des difficultés scolaires. ;-)


Plus sérieusement : il est certain que le seul savoir logico-déductif n'est pas suffisant, et que notre système scolaire est un peu trop fondé là-dessus. Mais il faut comprendre que ce qui est à l'oeuvre là, c'est moins le savoir logico-déductif qu'un outil de sélection. Il y a soixante ou quatre-vingts ans, la sélection se faisait par le latin et le grec ; aujourd'hui elle se fait par les maths.

Le vrai drame, avec ce système (système dont Lizzy ou à plus forte raison Passage, avec leurs bonnes intentions et leurs rêveries à la Bernardin de Saint-Pierre, sont des alliées objectives), c'est qu'on abrutit et qu'on désalphabétise de plus en plus les gamins des classes sociales "basses" tandis que ceux des classes "hautes", eux, continuent de bénéficier d'un enseignement de haute qualité où on leur apprend le sens de l'effort et de l'exigence personnelle, tandis que ceux des classes "basses" sont flattés et encouragés à suivre leur pente dans le sens descendant. Résultat : le fossé se creuse. Dans la classe de mon fils, au collège Stanislas, tous ont eu le bac avec a minima la mention Assez bien (et la majorité avec la mention Bien ou Très bien, Assez bien étant considéré comme un accident déshonorant. Après, devinez qui on retrouve à Polytechnique, à HEC, à Supelec ou à Sciences Po ?

Écrit par : Ch. Romain | vendredi, 11 octobre 2013

Ahahahah...

Il y avait donc près de trois ans que je n'étais pas passée m'amuser... J'avais oublié ce plaisir

Mes enfants poursuivent brillamment leurs études dans les sciences et dans l'art...

Les voies qu'ils ont choisies ch romain..

Encore une affirmation toute faite ne reposant sur rien sinon sur le ton que vous adoptez.

Trois années à travailler avec des élèves d'un collège dans les quartiers nord de Marseille où j'ai pu observer ce dont je parle ici me permettent de m’interroger sur l'origine de vos grandes théories qui n'apportent rien (si seulement elles vous défoulent au moins...)

J'y ai aussi observé quelques rares professeurs qui plaçaient les enfants "au centre", avec le respect et aussi les exigences nécessaires à leur réussite. Je ne prône pas une idée mièvre comme vous tentez de la présenter...

Mon fils était en prépa, un des meilleurs de sa classe, il bossait et réussissait..

Il a quitté ce que vous devez appeler "un enseignement de haute qualité" en cour d'année tellement écœuré par ces visions qu'on leur inculquait:"Vous serez l'élite de la France" "Vous vous ferez un paquet de fric" Finalement il a choisi de travailler à ce qui lui plaisait et s'est tapé deux années de fac de Bio en une. et il continue. Et je ne parle pas des activités et du prix scientifique qu'il a obtenu pour le fun.

Alors vos classes hautes et basses, comme la vision que vous avez des jeunes ne sont pas la réalité. Ce sont des idées toutes faites.

Les jeunes des quartiers nord, quand ils étaient considérés et aidés par les enseignants obtenaient de sacrés bons résultats malgré vos affirmations, je sais de quoi je parle. Mon fils en a retrouvé quelques uns en prépa en plus.

Même avec sa mention au bac et ses prix de chimie mon fils ne souhaite pas polytechnique, ce qui vous semble pourtant le summum de la réussite...

Vous m'amusez

(°_^...

Écrit par : Passage | samedi, 12 octobre 2013

@Lizzy
Dit comme ça, c'est très différent et nous sommes donc d'accord :-)

Écrit par : l'hérétique | samedi, 12 octobre 2013

@Christian
C'est à dire que le problème, souvent, sous couvert de pédagogie, c'est de servir en guise de culture ce que le mac donald est à la gastronomie.
Néanmoins le système de sélection tel qu'il fonctionne ne devrait pas être exclusif et je maintiens que de vouloir couler dans un seul moule toute une génération est destructeur au fond.
@Daniel
Il y a un vrai problème de sécurité et puis surtout, les enseignants vivent une multiplicité de micro-humiliations tant de leurs hiérarchies que de leur environnement qui sape à l'évidence leur métier.
Je ne les tiens pour comptable de ce qu'il leur arrive que quand je les retrouve dans les lobbies pédagogistes infiltrés dans les ministères à tenter d'imposer aux autres ce qu'ils se gardent bien de vouloir pour leurs enfants.
Après, pour les autres, pas de mythologie ni dans un sens ni dans l'autre : comme dans tous les métiers, il y a de tout.

Écrit par : l'hérétique | samedi, 12 octobre 2013

@ Passage

Tant mieux si je vous amuse. Le sujet n'a pourtant rien d'amusant. Je suis content pour vos enfants s'ils réussissent bien et sont épanouis, mais nettement moins pour les mômes marseillais dont vous parlez. Vous vous gargarisez de quelques exceptions ("mon fils en a retrouvés etc."), mais malheureusement, si vous aviez un minimum cette démarche scientifique - ou tout simplement factuelle - que vous semblez tant détester, vous regarderiez des statistiques macroéconomiques et vous verriez que mes "idées toutes faites" sont tout simplement une description de la réalité. De même, je ne fais pas spécialement de Polytechnique le summum de la réussite, mais prenez les actuels dirigeants des plus grosses sociétés françaises, ceux dont les décisions ont un impact direct sur votre vie et la mienne, et regardez quel est leur CV.

Mais je crois que tout ça vous échappe. Vous ne comprenez pas que pour avoir une chance de modifier les choses il faut commencer par les regarder en face, et vous préférez rêver dans la Lune à des histoires dignes du "Manège enchanté".

Écrit par : Ch. Romain | samedi, 12 octobre 2013

@ "Passage"

Sinon, j'observe tout de même que vous nous parlez beaucoup de votre fils qui n'a pas souhaité continuer sa prépa (ce qui n'a rien de honteux à mes yeux, je vous rassure), mais qui vous êtes moins disserte au sujet de celui qui "réussit brillamment ses études dans l'art". Serait-ce là que le bât vous blesse ? ;-)

Écrit par : Ch. Romain | samedi, 12 octobre 2013

@ ch.romain

Je préfère ce nouveau ton que vous employez, c'est plus facile de discuter même si vous pratiquez encore la critique facile et ça c'est votre problème.

1) le parcours de mon autre enfant est comme un fleuve tranquille et j'en suis très heureuse. Il n'y avait pas de rapport avec la conversation. Vous allez encore chercher des trucs qui ne servent en rien l'échange (s'il en est) et je n'étais pas ici pour parler de mes enfants. C'était suite à votre argument basé sur leur échec scolaire imaginaire qui semblait servir votre croyance que j'étais simplette.

2)Vous m'accusez d'utiliser des cas d'exception et aussitôt vous prenez comme exemple les dirigeants des plus grosses sociétés françaises..

3) Regarder les choses en face pour les changer oui... Et surtout apprendre à les regarder autrement qu'avec ses formatages de la comprenette.

Ces changements que certains attendaient d'un Bayrou sans imagination ne viendront pas de ces politicards carriéristes et formatés, non non, ils viendront de la jeunesse actuelle qui commence à rêver le changement.. Globalement, ils ont plus de talent que vous et moi et c'est tant mieux

Allez, sur ce.. à dans trois ans.. Peut-être..

@ l'hérétique

Ce fut un plaisir..

(°_^...

Écrit par : Passage | samedi, 12 octobre 2013

@ "Passage"

J'ai évoqué les patronsdu CAC 40 pour essayer de vous faire comprendre que, contrairement à ce que vous sembliez croire, ce n'est pas moi qui considère Polytechnique comme "le summum de la réussite" mais notre système social qui en fait l'un des outils majeurs de la sélection de ses élites ("élites" étant à prendre ici, justement, dans le sens social, c'est-à-dire ceux triés et formés pour diriger). Je me disais qu'un exemple concret vous aiderait, mais il faut croire que c'était encore un peu trop conceptuel pour vous être accessible.

Vous n'arrivez pas à concevoir que nous sommes dans un système d'Alphas et d'Epsilons (ceci est une référence au "Meilleur des mondes" d'Aldous Huxley, dont je vous conseille très vivement la lecture ou la relecture) et que toutes les fadaises du genre "apprendre en s'amusant", "prendre en compte les talents multiples des élèves" ou "les rendre acteurs de leur propre enseignement", fadaises dont on voit désormais chaque jour les ravages (28% d'adultes illetrés en France), ont pour effet réel d'abrutir et d'acculturer les enfants d'Epsilons pour en faire eux aussi des Epsilons heureux et dociles, tandis que dans des établissements haut-de-gamme on inculque aux enfants d'Alphas le sens de l'effort, l'exigence personnelle et la vraie culture, pour les rendre capables de prendre la place de leurs parents. Tandis que les enfants d'Alphas étudient et apprennent à aimer Racine, Hugo ou d'autres, on fait anônner les enfants d'Epsilons sur "Avec Carrefour, je positive". Tandis que les enfants d'Alphas ont droit à Bach, Mozart, Rembrandt ou Van Gogh, les enfants d'Epsilon ont droit aux percussions maliennes, au rap et à la fabrication "artistique" de colliers de nouilles qu'on leur laisse croire être une expression de leur créativité digne de rivaliser avec du Rodin ou du Calder. C'est tout simplement criminel ; et les songe-creux dans votre genre sont les complices actifs et béats de ce révoltant massacre.

Je vous conseilleraisbien la lecture de quelques ouvragges de Bourdieu, mais je crains que vous ne vous sentiezun peu fatiguée au bout de quelques pages. Donc, je préfère arrêter là.

Bonne journée !

Écrit par : Ch. Romain | samedi, 12 octobre 2013

Il y a une faute de frappe dans mon dernier paragraphe : "ouvrages" ne prend qu'un "g". Je préfère le signaler avant que vous ne me fassiez quinze lignes là-dessus. :-)

Écrit par : Ch. Romain | samedi, 12 octobre 2013

Il y en a même plusieurs : il faut deux "t" à 'illettrés"... Mea maxima culpa. ;-)


Et la pire : pas 28% ; 8%. Ouf !

Écrit par : Ch. Romain | samedi, 12 octobre 2013

Je partage pas mal de réflexions de ce billet. Je suis pour l'individualisation de l'enseignement.
L'école de la réussite, je l'ai vue de mon vivant, mon fils y est.
Il faudrait dupliquer cet exemple...

Se servir comme levier de l'aide apportée aux enfants handicapés et mutualisée à tous ceux qui en ont besoin pour que la classe entière réussisse était tout de même une idée de génie ; c'est sans doute pour cela que ce n'est pas demain la
veille qu'elle sera appliquée en France.

Je remercie les syndicats et la gauche de la gauche pour leur barrage à cette noble idée afin de pouvoir conserver leur pré carré.

Écrit par : luciolebrune | dimanche, 13 octobre 2013

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