mardi, 20 mars 2012

La mauvaise polémique

J'ai entendu certains médiacrates reprocher à François Bayrou d'avoir maintenu son meeting à Grenoble après s'être rendu à Toulouse. Ce qui me paraît hypocrite et malhonnête, puisque ce sont les mots que l'agence de presse Reuters emploie sans vergogne, c'est surtout d'utiliser ce terrible évènement pour s'en prendre à l'image d'un candidat.

C'est même petit et misérable, au regard des petites vies brisées dans de telles circonstances.

On dit que la parole exorcise la souffrance. Je pense que c'est le choix qu'a effectué Bayrou : il a essayé de placer des mots sur la situation. Il a relevé les violences de plus en plus fortes qui traversent la société française et a appelé toute la classe politique à se garder de favoriser les divisions.

Je sais que Bayrou a notamment pensé à certains discours de Sarkozy. Sur ce point, je ne le suis pas : s'il s'agit d'un fou qui a agi, c'est dans les méandres de son esprit délirant que se trouvent les causes de cette tuerie. Si c'est l'antisémitisme à la sauce européenne qui l'a motivé et plus largement le racisme (les militaires abattus étaient tous de couleur) , nous sommes dans les problématiques propres aux théories de l'extrême-droite européenne. Enfin, si c'est la situation au Proche-Orient qui a excité ses poussées délirantes (attaquer des Juifs pour frapper Israël, des militaires pour punir la France de son engagement en Afghanistan) nous sommes dans des problématiques internationales et diplomatiques.

Rien à voir, donc, à mon sens, avec les discours de Sarkozy.

Cela dit, je suis entièrement Bayrou sur la teneur profonde de son message : notre responsabilité à tous est de cultiver la compréhension réciproque.

Si jamais l'antisémitisme s'avérait le principal moteur du second crime, je rappelle juste les réguliers appels au Boycott contre Israël qui fleurissent régulièrement à l'extrême-gauche, notamment chez les Verts et au Front de Gauche. Il faut le dire. Sans parler des sympathies coupables sinon des silences extraordinairement discrets face à l'islamisme radical et violent qui peut s'exercer contre les Juifs en général et Israël en particulier (je ne parle pas de l'Islam traditionnaliste, qui n'est certes pas ma tasse de thé, mais que je crois globalement respectueux des religions du Livre).

De la même manière, la manie de pointer aussi les Musulmans chez certains de nos responsables politiques n'est pas neutre quand on voit qu'un imam est frappé jusque dans une mosquée.

C'est en ce sens, et celui-là uniquement, que je rejoins François Bayrou : prenons garde aux ferments de la division, le poison le plus mortel qui soit pour notre pays.

Je voudrais seulement que l'on n'en fasse pas Nicolas Sarkozy le seul comptable. Certes, il a ses chômeurs, ses Roms, ses immigrés (comme le FN, au demeurant) mais Hollande a ses "riches",  comme il le fait valoir, et l'extrême-gauche vomit régulièrement les Juifs, je le redis. Au moins autant que l'extrême-droite. 

Il suffit de voir comment un individu qui se réclamait de la gauche de la gauche et soutenait Ségolène Royal, sévit désormais sur twitter et véhicule sa haine des Juifs sur son blogue en soutenant Marine Le pen désormais. Il y a d'ailleurs toute une sphère rouge-brune dont on ne sait, désormais si elle regarde sur sa gauche ou sur sa droite, tout cela se mélangeant, comme dans les années 30 du XXème siècle, dans une même détestation d'Israël et du Juif.

mercredi, 28 décembre 2011

Israël acceptera-t-il de se laisser talibaniser ?

Je suis assez sidéré par le culot des religieux  ultra-orthodoxes en Israël. Voilà un tas de bons à rien qui ne participent même pas à la défense de leur patrie, qui bénéficient en revanche d'innombrables avantages et qui au final prétendent dicter leur loi à tous les Israéliens. 

Séparation des hommes et des femmes, femmes voilées, discriminations contre les femmes, ça ne vous rappelle pas quelque chose, vous ? Moi si. Ça sent le taliban à plein nez depuis quelque temps dans les colonies et à Jérusalem.

Tiens, récemment, ils s'en sont pris à une petite fille de 8 ans qui ne leur paraissait pas habillée comme il faut. Ultra-orthodoxes, Talibans, Islamistes, sont copains comme cochons tous ceux-là.

Ils ont même beuglé comme des gorets tout récemment parce que des Israéliens choisissaient comme conjoints des Américains. Ça n'a pas du tout fait rigoler la communauté juive américaine qui a franchement mal pris la plaisanterie.

Ils ne sont pas nombreux, mais ils font chier tout le monde en Israël. De surcroît, ces cons-là appartiennent précisément à une branche religieuse hostile au sionisme et donc à l'existence de l'État d'Israël. Ils ont donc vraiment tout pour s'entendre avec Al Qaeda, les Talibans et consorts. D'ailleurs, allez savoir si...

En Israël, il n'existe qu'une seule opposition, et...elle est centriste ! Tzipi Livni, la leader du parti Kadima a pris la tête de l'oppositon laïque et se montre déterminée à ne plus céder un pouce de terrain aux Talibans locaux.

Qui aura le courage de réformer la loi israélienne pour priver ces groupes de traîtres et de bons à rien de tous leurs avantages ? Il faut reconquérir le terrain et les envoyer chier, c'est tout ce qu'ils méritent les ayatollah locaux. M...alors, c'est pas Téhéran, Jérusalem, enfin, on peut encore l'espérer.

dimanche, 18 décembre 2011

La guerre des drones a-t-elle commencé ?

Je viens de finir la très bonne chronique de décembre d'EGEA. Il me semble qu'il pose également  avec pertinence la question du devenir des avions et de leur remplacement progressif par des drones.

En somme, en dehors du bombardement, l'avion ne semble plus avoir d'utilité comme unité de "corps à corps". Les duels aériens appartiennent pour l'instant à un passé révolu. La question que je me pose, à considérer l'évolution des drones, pour lesquels, d'après EGEA, on forme désormais plus d'opérateurs que de pilotes d'avions de chasse, c'est ce qu'il va advenir de la guerre aérienne. Fini les avions U2 du temps de la guerre froide. En Iran, c'est un drone qui s'est crashé.

Seules deux armées semblent avoir véritablement opéré le tournant stratégique des guerres futures : bombes à guidage laser, missiles "intelligents", "drones", sur toutes ces nouvelles armes, Israël et les USA sont en avance. 

Bien sûr, Dassault tente bien de produire des drones à son tour, mais on comprend que cette société est clairement aidée industriellement par des entreprises israéliennes, bien plus avancées, et de plus, le dernier vote du Sénat laisse apparaître clairement une distorsion importante entre le coût et de la qualité de la chose.

Nous sommes pourtant face à des choix difficiles : se doter du Reaper, le drone américain, c'est donner à nos forces armées du matériel d'une qualité supérieure, mais c'est de l'autre côté renoncer progressivement à continuer à entretenir une industrie militaire indépendante. N'est-ce pas d'ailleurs inéluctable, à terme ? Je me pose parfois la question.

Et puis il y a la question budgétaire : chaque modèle français coûte de 50 à 75% de plus que chaque modèle américain, et on parle là d'appareils dont le coût se chiffre en centaines de millions d'euros.

L'inconvénient, c'est qu'il n'y a pas de mises en concurrence entre industriels français, et qu'au final, on est dans la configuration la pire : un monopole privé sur un marché d'État. Dassault comptant sur ses relais dans les gouvernements et à l'Assemblée Nationale n'éprouve nullement le besoin d'être compétitif. C'est ainsi que l'on arrive à ne vendre aucun rafale, en dépit des qualités intrinsèques de l'appareil, et à produire des drones dépassés, onéreux et peu efficaces, du moins pour nos besoins (de conception israélienne, ils sont prévus pour des observations sur petite distance).

A l'heure actuelle, l'Europe ne dispose d'aucun drone en propre. Il existe en revanche deux projets concurrents : celui de Dassault et celui d'EADS. Mais voilà, EADS a opéré un rapprochement avec des industriels turcs. Je n'ai pour ma part aucune confiance en la Turquie d'Erdogan. Ce pays ne fait pas partie de l'Union européenne, et, compte tenu de l'irresponsabilité de son dirigeant, je n'imagine pas qu'un tel pays puisse disposer d'un matériel aussi sensible.

Le chemin vers l'autonomie est donc fort long : chaque marché national est trop petit pour développer une filière. Sans une Europe de la Défense avec des armes communes, il semble bien que nous soyons condamnés à dépendre du savoir-faire américain, d'autant que nous ne pouvons envisager de jouer avec la vie de nos soldats.

Voilà des questions qui mériteraient d'inspirer nos candidats à l'élection présidentielle. Je sais que le MoDem et François Bayrou sont favorables à une Défense européenne, au contraire d'un parti comme le FN qui prône une défense purement nationale. Côté UMP, on chante l'Europe tout en accordant généreusement contrat sur contrat à Dassault. Il n'y a donc pas de stratégie clairement définie à l'heure actuelle, au sein des partis politiques, sur la défense que nous voulons. Avant d'élire un nouveau président, la question mériterait pourtant de s'inviter dans la campagne. La doctrine de chaque parti est d'autant plus indigente qu'elle se limite aux déclarations d'intention : réintégrer ou non l'OTAN, construire ou non une défense européenne, et cetera...Quid des moyens d'y parvenir ? Voilà qui mériterait un exposé et des pistes exhaustives, pourtant !...

00:40 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : israel, drone, défense, usa, europe, dassault | | |  Facebook

vendredi, 11 novembre 2011

L'UNESCO a la mémoire courte

A lire la presse, on a le sentiment que USA et Israël se vengent de la résolution votée par l'UNESCO en lui sucrant ses crédits.

Mais l'UNESCO a la mémoire courte : quel est l'organisme, au fait, qui déclarait il y a 20 ans de cela Israël hors-région pour le punir de son attitude envers les Palestiniens ? On ne sait pourquoi, mais il n'y a jamais eu de résolution similaire contre tout autre pays s'autorisant des manquements bien plus graves, et pourtant ils sont nombreux.

L'adhésion à l'UNESCO est un joli coup de la diplomatie palestinienne, et franchement, je préfère voir les Palestiniens se battre sur ce terrain-là qu'à coups de bombes dans les transports en commun de civils.

Et puis Bibi et ses sbires l'ont bien cherché : en n'offrant aucune opportunité à Abbas, ils l'ont contraint à se les créer lui-même.

Il n'en reste pas moins que sous des dehors gentiment humanitaires, l'UNESCO en profite souvent pour servir des idéologies. Par exemple, je soupçonne fort qu'il va tenter de déclarer certains sites controversés au patrimoine mondial après déclaration non des Israéliens, mais des Palestiniens.

Des décisions à l'emporte-pièce pour des monuments figurant à Jérusalem pourraient par exemple mettre le feu aux poudres.

L'UNESCO va larmoyer, désormais, parce qu'elle se retrouve amputée d'une large part de ses fonds. Mais c'est ce qu'il se produit quand on mord la main de celui qui vous nourrit et qu'on lui crache à la gueule...

00:41 Publié dans Culture, International | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : israel, unesco, palestine | | |  Facebook

dimanche, 25 septembre 2011

Abbas a raison.

Mahmoud Abbas a choisi la voie diplomatique pour faire valoir les revendications des Palestiniens. C'est la bonne démarche. L'actuel gouvernement israélien est largement responsable de ce cheminement. Abbas est acquis à l'idée de négocier de longue date, et, bon an mal an, les forces de sécurité palestiniennes ont rempli leur contrat en Cisjordanie.

Mais voilà, Israël, sous l'égide du Likoud et des ultra-conservateurs, ne veut rien céder à Abbas. Les libertés économiques ne progressent guère, même si le niveau de vie global s'améliore, et les tracasseries en tout genre persistent.

En en donnant rien en échange de sa bonne volonté à Abbas, Israël a précipité le dépôt d'éligibilité palestinien. La diplomatie israélienne devrait méditer ces derniers développements et se réorienter au plus vite. On ne peut aller contre le vent de l'Histoire, et le fait est que les Lieberman et compagnie se sont avérés bien incapables de donner le coup de barre qui convient pour prendre le bon cap.

Autant je n'ai aucune considération pour le terrorisme aveugle du Hamas, ni pour les pseudo-flotilles qui essaient de forcer l'espace maritime d'un état souverain, autant j'ai bien plus de sympathie pour un homme de dialogue qui s'appuie sur le droit re reconnaît à la partie adverse la légalité des accord conclus ces dernières années.

Mahmoud Abbas est une chance pour Israël. Une chance de paix et de dialogue. L'État hébreu a intérêt à saisir cette chance tant qu'elle est encore là...

15:10 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : abbas, israël, palestine | | |  Facebook

jeudi, 15 septembre 2011

Israël doit-il s'excuser auprès de l'Égypte ?

Autant je n'ai aucun état d'âme par rapport à la fameuse flotille de la (pseudo) liberté envoyée vers Gaza par Erdogan, autant, en revanche, je suis beaucoup plus réservé quant à  l'attitude d'Israël après la mort de 5 policiers Égyptiens occasionnée par un raid d'un commando dans le Sinaï.

Certes, le Hamas mais aussi d'autres groupes terroristes essaient d'utiliser le Sinaï comme passe-murailles pour de la contrebande d'armes ou plus simplement pour des incursions,maist il me semble que jusqu'ici, l'Égypte a été très loyale avec Israël sur ce trafic en tentant de le juguler.

Vous imaginez, en Europe, si l'un de nos voisins, en poursuivant des terroristes abattaient 5 policiers français ? Je peux vous assurer que cela provoquerait une sacrée crise diplomatique.

Mais le pire serait encore que notre voisin refuse ensuite de s'excuser...

Lieberman est un imbécile de longue date, et Netanyahu est une sorte de Daboliou locale, sauf que pour un petit pays comme Israël, les conséquences risquent d'être très lourdes. Pourquoi Barak s'obstine-t-il à demeurer dans ce gouvernement d'imbéciles alors qu'il perçoit très bien le mur dans lequel il amène progressivement la diplomatie de l'État hébreu.

Israël a toutefois diligenté une enquête

Si j'en ai bien compris les premiers éléments, il semblerait qu'un commando israélien aurait intercepté un groupuscule terroriste dans le Sinaï. Dans le même temps, des forces de sécurité égyptiennes seraient également intervenues après avoir localisé ce même groupe. C'est à ce moment-là qu'il y aurait eu un embrouillamini, d'autant que certains des terroristes portaient des uniformes de l'armée égyptienne.

Il y a à vrai dire une certaine confusion en Égypte depuis le renversement de Moubarak.

Les enquêtes diligentées par Tsahal sont généralement sérieuses. Même s'il s'avère que peut-être l'un des policiers tués d'un tir était compromis avec les terroristes, ce n'était pas le cas des autres.

Et d'un point de vue diplomatique, cela ne mange pas de pain de s'excuser puis, après coup, une fois les premières conclusions de l'enquête tombées sur le table, de s'expliquer en précisant les circonstances de l'accident. Israël doit faire valoir que les tirs n'étaient pas intentionnellement dirigés contre les policiers égyptiens, mais que c'est dans un échange de tir à trois et dans une confusion un peu générale que le drame s'est produit.

A mon avis, Israël a tout intérêt à présenter des excuses officielles à l'Égypte et et à proposer des compensations financières  (même si l'argent ne ramène pas les morts, je le sais) aux familles des policiers décédés.

Une nouvelle fois, ce serait un geste simple mais il redorait le blason de l'État hébreu  désormais bien terni, avec ces gestes humains et élégants.

10:41 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : international, égypte, israel, policier | | |  Facebook

mercredi, 14 septembre 2011

Un Turc, protéger des Arabes ?...

Je ne trouve rien de plus comique qu'Erdogan prenant la posture de lider maximo des peuples arabes. Depuis quand les intérêts de la Turquie et ceux des pays arabes coïncident ?

Les peuples arabes seraient très bien inspirés de se souvenir qu'ils ont vécu en servitude pendant près de 500 ans sous domination ottomane avant d'accepter un tel leadership.

Plus généralement, chaque fois qu'un dirigeant d'une nation se prend pour le grand commandeur éclairé des Musulmans, il faut prendre garde : sous couvert de l'Islam, il cherche à défendre ses propres intérêts. Et rien d'autre.

Erdogan est un grand malade : il cherche une confrontation violente avec Israël, mais ce-faisant, il risque surtout de se crasher au sol violemment. La croissance économique turque est une illusion. Elle ne repose en aucun cas sur une croissance industrielle ni sur une vraie création de richesses.

Les Turcs finiront bien par s'en rendre compte, espérons-le pour eux. Pendant qu'Erdogan roule des mécaniques, il en profite pour remplacer les vieux généraux laïques de l'armée turque par des cadres islamistes et réactionnaires, parfois fanatisés.

Si Erdogan cherche des incidents militaires avec Israël pour couvrir son incompétence et son incurie en Turquie, il faudra sortir la Turquie de l'OTAN et lui barrer les portes de l'Europe jusqu'à ce qu'une autre majorité voie le jour là-bas.

Erdogan se croit tout puissant partout : il se permet de pouser des extrémistes à empiéter sur les frontières maritimes internationalement reconnus d'un pays souverain puis réclame des excuses ensuite au même état.

Mais le pire, c'est encore vis à vis des Européens : ce guignol prétend interdire à Chypre un accord off-shore avec Israël sous prétexte que la partie turque de l'île n'y a pas été associée.

En fait, le Turquie occupe militairement un territoire de l'Union européenne. En théorie, l'Union Européenne serait habilitée à lui déclarer la guerre pour libérer la parcelle occupée de son territoire. 

L'Europe n'est pas belliqueuse, et elle n'en viendra pas à de telles extrémités sur cette situation particulière, mais sil serait temps que le grand guignolo Erdogan baisse d'un ton et se mêle de ce qui le regarde...

13:07 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (30) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : turquie, erdogan, israël, chypre, europe, arabe | | |  Facebook

dimanche, 13 mars 2011

Israël et les enragés

Je crois que Laurent Pinsolle va très mal prendre ma note. C'est pourtant en lisant sa note sur Israël puis les réactions qu'elle a engendrées sur Marianne2 que m'est venue l'idée du titre de mon article.

Boycotter commercialement Israël, rompre les liens diplomatiques, et cetera...on aura tout vu. Ah non, il ne manque plus qu'une intervention militaire en Cisjordanie, pourquoi pas tant qu'on y est ? Il est vrai que Laurent Pinsolle appartient à un courant politique qui a lâché Israël à un moment critique après avoir été son allié (Guerre des Six-Jours, la France du Général de Gaulle interrompit les livraisons de munitions et de pièces de rechange au beau milieu de la guerre alors qu'Israël était attaqué par trois pays supérieurs en force...).

Je le dis et je le redis, dans une frange de l'opinion française, Israël génère des réactions hystériques. Et pourquoi ne pas rompre les relations diplomatiques avec la Chine pour le Tibet, la Russie pour l'Abkhazie et tant qu'on y est la Tchétchénie, le Maroc pour le Sahara, l'Algérie pour la Kabylie, le Soudan pour le Darfour (faits autrement plus graves) l'Inde pour le Bengale, l'Égypte et le Pakistan avec leurs minorités chrétiennes, et cetera...

Je suis soufflé par l'argumentation qui figure dans l'article : 

Par rapport à la Corée du Nord ou à Cuba, nous sommes dans un cas différent. Ces pays sont des dictatures et je ne suis pas un partisan du refus de dialoguer avec les dictatures, car, comme vous l’avez noté, je ne crois pas que l’ostracisme fasse progresser les choses alors que le contact avec l’extérieur me semble créer un appel d’air pour la liberté et la démocratie. Dans le cas d’Israël, il s’agit non seulement de l’occupation d’un territoire qui ne lui appartient pas, mais en plus d’une colonisation d’une partie de ce territoire. Il me semble normal de sanctionner un pays qui en envahit un autre, l’occupe et le démembre. De simples réprimandes verbales me semblent beaucoup trop faibles surtout après de nombreuses protestations.

Donc, massacre ton peuple, enferme-le dans des prisons, fais-le crever de faim, menace le monde avec tes bombes nucléaires, tu es un interlocuteur acceptable.

Mais si tu es la seule démocratie de ta région, que tu respectes à peu près le droit, que plusieurs états sont toujours en état de guerre avec toi (pas de paix signée) et que l'un d'entre eux au moins menace de t'éradiquer, alors tu es un paria. 

J'ai bon ?

Mon camarade blogueur devrait un jour se faire traduire ce qui figure dans les manuels scolaires palestiniens à propos non seulement d'Israël, mais des Juifs en général, pour son édification, puisqu'il a toujours dénoncé clairement toute forme d'antisémitisme sur son blogue...

La France s'est discréditée de longue date par ses prises de position à l'emporte-pièce et souvent injustes envers Israël : le boycott d'un État qui lui est déjà hostile, je crois franchement qu'Israël s'en tape un peu. Il pourrait à la rigueur craindre un boycott coordonné de toute l'Europe, mais je crois que Laurent Pinsolle est anti-européen, pour le souvenir que j'en ai.

J'ai de la sympathie, généralement, pour les Gaullistes, mais j'avoue que depuis quelque temps, je ne parviens plus à les différencier des alter-mondialistes et des souverainistes de tout acabit : comme eux, ils veulent sortir la France de l'Europe et de l'euro, comme eux, ils veulent nationaliser à tour de bras, même haine d'Israël et de l'Amérique, même détestation de toute forme de libéralisme...

Je ne considère pas tous les états à égalité, contrairement à mon camarade blogueur : je préfère avoir comme amis des démocraties que des dictatures qualifiées. 

Mon amitié pour Israël ne m'empêche pas de dire aux citoyens de ce pays qu'ils se trompent quand ils se trompent, mais en aucun cas, je n'essaie de mettre à genoux leur État pour les amener à récipiscence, ce que propose ni plus ni moins Laurent Pinsolle. Il se proclame "ami" d'Israël, mais je crois que des deux "amis" d'Israël que nous sommes, s'il fallait demander auquel de nous deux Israël accorderait la réciprocité, nul doute que j'en aurais la primeur...

La seule chose qui puisse changer la donne dans le conflit israélo-palestinien, c'est une évolution des régimes arabes vers la démocratie. Ce serait même une chose qui la modifierait radicalement. Plutôt que de boycotter Israël, mieux vaut soutenir les Tunisiens, qui me paraissent bien engagés, et les forces égyptiennes qui se rangent clairement du côté de la démocratie. 

Marielle de Sarnez a fort bien exprimé cette considération, tout récemment, au Parlement européen.

Je crois [...] que l’irruption démocratique aux frontières d’Israël et des territoires palestiniens, peut être une opportunité à saisir pour les deux parties. Aujourd’hui, Israéliens et Palestiniens se trouvent face à une réalité : le monde autour d’eux bouge. C’est le moment pour eux de bouger aussi.

Dans tous les cas de figure, des pressions (sans aller jusqu'à la rupture diplomatique : heureusement, mon camarade blogueur n'est pas le Quai d'Orsay...) européennes, essentiellement commerciales, auraient alors bien plus de sens. Et si pressions il y a, encore faudrait-il s'assurer de ce qu'il y a en face. Parce que comme le fait observer judicieusement Causeur dans la réponse qu'il apporte à Laurent Pinsolle, chaque retrait d'Israël ces dernières années s'est traduite par une insécurité croissante...

 

 

15:51 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : israël, marielle de sarnez | | |  Facebook

vendredi, 18 février 2011

Le Liban, ami d'Israël ?

J'ai mis la main sur un sondage très intéressant (réalisé par l'Université du Maryland) : il analysait en août 2010 les sentiments des opinions publiques de six pays arabes (Égypte,Liban, Jordanie, Maroc, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis) envers les USA, et le conflit israélo-palestinien. C'est assez curieux, à la lecture du sondage qui comporte de nombreuses questions, de constater que les Libanais (en dépit de la guerre récente !!!) sont les moins défavorables à Israël : par exemple, sur leurs impressions à propos de l'holocauste, ils sont 21%, à ressentir une véritable empathie avec les Juifs, 59% à éprouver des sentiments mêlés, et 20% seulement (le Hezbollah et ses affidés ?) à juger que la mention de l'holocauste dessert la cause arabo-palestinienne.

Les Jordaniens, voisins immédiats des Israéliens, demeurent assez modérés envers Israël et les Juifs. Ce n'est qu'au Liban que les sentiments plutôt positifs l'emportent sur les sentiments négatifs. 

Je me demande si la diplomatie israélienne a connaissance de sondages de cette nature. Ils devraient en tout cas amener Israël à réviser profondément sa stratégie vis à vis du Liban. Par ricochet, il montre aussi que la position du Hezbollah au Liban est très minoritaire et que ce mouvement armé essaie de tenir en otage tout un pays qui ne partage pas ses vues bellicistes et terroristes...

16:05 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : israel, liban, hezbollah | | |  Facebook

mardi, 04 janvier 2011

Indigné ? l'imposture de Hessel

Il m'agace Stéphane Hessel. J'avais autrefois pour lui une certaine estime. Mais quand il a commencé à se compromettre avec les mouvances islamistes radicales, il a perdu tout crédit à mes yeux. Le terrorisme ? De l'exaspération, juste de l'exaspération. Enfin, le terrorisme islamique, seulement. S'il agit d'un radicalisme qui le dérange, le voilà à évoquer des crimes contre l'humanité. J'ai lu ce qu'en dit le blog Anyhow, dont j'ai trouvé l'analyse très juste.

Hessel se prévaut de sa qualité de résistant et de juif pour pouvoir dire tout le mal qu'il pense d'Israël. Mais Hessel n'est pas juif. Il est protestant, et son père était également protestant. Son discours pro-palestinien frise l'obsession. Des peuples victimes de déni, il y en a beaucoup dans notre bas-monde. Pourquoi s'arrêter sur celui-là, surtout quand l'on sait qu'il n'existait aucune Palestine en tant que nation avant l'Etat d'Israël ? Le terme ne recoupait jusqu'alors qu'une réalité géographique. La Palestine, je le rappelle a été créée pour pouvoir asseoir les revendications arabes sur le territoire d'Israël. Bien sûr, cette création recoupe aussi des aspirations légitimes, celles d'Arabes qui vivaient tranquillement en Palestine et n'avaient rien demandé à la création d'Israël. Mais il n'y avait pas de peuple palestinien en tant que tel.

Comme résistant, ma foi, il a eu un parcours certes tout à son honneur, mais il faudrait un jour dire clairement que la participation à la Résistance n'est pas nécessairement un label de clairvoyance, même si elle dénote un courage et/ou un engagement indéniable.

Je rejoins Anyhow pour dénoncer les approximations d'Hessel, quand elles ne renvoient pas purement et simplement à un discours idéologique et tiers-mondiste : la mondialisation en cours ne nous profite guère, du moins, à l'heure actuelle, mais les pays émergents en font largement leur beurre, et là-bas, une classe moyenne se constitue. Hessel se complaît donc dans un gloubi-glouba très à la mode, par les temps qui courent.

Il est tendance, Hessel, ça ne m'étonne pas de le retrouver à Europe-écologie. Europe-écologie, c'est tendance aussi...C'est un peu leur Dalaï-Lama à eux, en somme...Mais bon, comme le dit Anyhow, c'est un produit saisonnier : comme tant d'autres avant lui, la mode ne va pas durer.

Comme Anyhow, je me défie des indignations excessives, et je lui emprunte donc son mot final, relevé chez Niezstche, "Nul ne ment autant qu'un homme indigné"...

13:14 Publié dans Culture, Lectures | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : hessel, israel, palestine, tiers-monde | | |  Facebook