jeudi, 20 février 2014

Les sources amères du djihadisme en France

Le Nouvel Obs fait sa une sur la jeunesse djihadiste ce jeudi. Je suis parfois surpris par la naïveté des journalistes, tout à leur étonnement d'un phénomène pourtant très prévisible.

A Qaeda et les organisations terroristes n'ont pas besoin de réseaux. C'est l'absence d'identification positive, d'une alternative, qui rend possible des initiatives personnelles. Oh, bien sûr, il y a quelques recruteurs, mais ils n'ont pas à forcer leur talent : les fruits sont mûrs, il n'y a qu'à se baisser pour les cueillir.

Le djihadisme renvoie un reflet conforme aux représentations d'idéal masculin telles que se les figure la jeunesse d'origine immigrée. La question de fond est donc bien celle de l'image. Et elle naît de deux défaillances : d'une part un référent qui puisse être idéalisé, d'autre part une vision sexuée très patriarcale de ce que doit être un homme.

Cette vision est à la source de tous les maux de cette jeunesse, ce qui explique d'ailleurs que les filles immigrées s'en sortent bien mieux que les garçons. Elle s'alimente du communautarisme, de la concentration ethnique, de la délinquance et du phénomène des bandes.

On est toujours tenté de trouver des coupables idéaux et on pointe du doigt des mosquées sauvages, illégales, qui fanatiseraient les banlieues. Dans la réalité, quand elles existent, elles ne sont qu'un symptôme, pas une cause.

Les parents de ces jeunes gens qui ont bien compris le risque ne sont pas fous : s'ils le peuvent, ils envoient leurs enfants chez les "Catholiques", comme ils le disent à mi-voix entre eux. C'est dire l'échec total de l'école publique avec tout son laïus laïc et son béni-oui-ouisme républicain.

Il faut évoquer aussi une politique de la ville déficiente, mais à la vérité, il aurait déjà fallu ne pas laisser de telles concentrations ethniques se créer dans les banlieues. Il était parfaitement évident qu'elles tourneraient au communautarisme. Cela supposait évidemment une immigration bien moins massive et sa dispersion sur tout le territoire français.

Refaire l'Histoire ne fera pas avancer notre problème. Il faut maintenant réfléchir à des solutions avec la situation actuelle.

Je sais que la France déteste les statistiques ethniques et religieuses, mais il va bien falloir s'y faire car il ne sera pas possible de travailler sans ces dernières.

Clairement, le problème touche les jeunes de confession musulmane, même s'il y a un fort effet d'aspiration sur les autres. Il ne suffira donc pas d'évoquer la diversité, comme le font nos responsables politiques en la brandissant à titre de joujou électoral.

La discrimination positive à l'aveuglette ne débouchera pas sur grand chose, à mon avis. Ces programmes-là ne marchent jamais. 

Il y a en revanche un véritable travail de repérage des talents. Comme beaucoup de libéraux, je tends à penser que le commerce apporte la paix et la démocratie. Il y a quelques idées apparues sous des gouvernements précédents que l'on pourrait reprendre : 

- la création de zones fiscalement franches dans les quartiers les plus déshérités

- le tutorat de chefs d'entreprise renommés auprès des jeunes de ces quartiers. Il ne faut d'ailleurs pas se limiter au commerce : la science, l'ingénierie, la littérature, la sphère médicale mais aussi les métiers de l'artisanat. A mon avis, ce système peut suppléer avantageusement à la perte de repères et au manque de référents. Il doit bien sûr être pensé sur la durée car il s'agira de valoriser les premières réussites.

Il ne faudra évidemment pas hésiter à s'associer à d'autres acteurs : les établissements scolaires privés (puisque les établissements publics semblent incapables de s'extraire de leur gangue idéologique) et les associations actives qui ont choisi d'agir au lieu de pleurnicher. Nos quartiers ont du talent ou encore l'Échelle humaine d'Alain Dolium montrent la voie qu'il est souhaitable d'emprunter.

Il me paraît tomber sous le sens que les entrepreneurs-tuteurs qui auront vu leurs pupilles gravir les échelons ou les engageront directement ou sauront les recommander. Un avantage appréciable quand il faut trouver un premier emploi.

J'ai enfin une autre proposition en tête pour faire face aux dérives qui menacent la jeunesse de nos cités.

- la prise de contact avec des partenaires religieux acceptables : j'ai en tête la lecture des Mémoires de guerre du Général de Gaule, période 1944-1946. Il y évoque la collaboration qu'il perçoit comme un immense gâchis. De son point de vue les jeunes gens qui se sont engagés sur le front russe auraient tout aussi bien pu rejoindre la Résistance. C'est parce que leur ardeur a été pervertie qu'ils ont fait ce choix. D'une certaine manière, on peut se dire que les jeunes djihadistes qui se rendent en Syrie font aussi partie des jeunes les plus entreprenants, en dépit de leur inconscience. Il y a donc là des talents qui ont été pervertis mais que l'on pourrait réorienter vers quelque chose de plus positif. Si, par exemple, la foi est leur moteur, un partenariat avec le Croissant Rouge, un organisme confessionnel humanitaire, neutre et pacifique. On pourrait penser à des actions de ce genre, même si j'imagine mal la forme qu'elles pourraient prendre exactement.

A côté de cela, la volonté déterminée de ne plus alimenter la concentration ethnique doit être un moteur de la politique de la ville. La dissémination des logements sociaux et la maîtrise totale de l'immigration en sont deux moteurs majeurs. 

 Je n'ai pas trop évoqué l'éducation des garçons, mais elle est en filigrane dans mes propositions. Je renvoie sur ce point à une excellente tribune de Brighelli dans Le Point en citant un passage de son entretien qui pourra nourrir notre réflexion.

L'absence de "rites de passage" pèse plus sur les garçons que sur les filles et ce, à divers moments. L'élève, notamment le garçon, était le "patron" de la cour et des divers espaces de l'école primaire qu'il maîtrisait bien. Il se retrouve au collège dans un espace dont il ne possède pas toutes les clés, et apparaît comme le "petit" de l'établissement, ce qui peut générer une certaine angoisse. Dans la construction de sa personnalité, le garçon vit moins dans son corps la sortie de l'enfance que les filles qui lorsqu'elles sont réglées savent qu'elles peuvent potentiellement être mères. Il a donc toujours eu besoin de rites d'initiation, de transmission et d'intégration.

13:22 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : djihadisme, intégration, islam | |  Facebook | | | |

mercredi, 19 février 2014

Et un ennui mortel gagna les municipales...

Je ne sais pas ce que vous en pensez, vous, mais moi, je m'ennuie à mourir à la veille de la prochaine élection municipale.

Est-ce que les militants des réseaux sociaux se rendent compte que leurs échanges sont factices et inintéressants au possible ?

Ça me fatigue les slogans. Les promesses à tire-larigot aussi.

J'ai juste envie qu'on me propose des choses simples. 

Par exemple :

- ouvrir davantage les équipement sportifs et plus tard.

- cesser d'entraver la circulation automobile en resserrant partout les voies, créant des limitations de vitesse et des sens interdits. Les transports en commun ne sont généralement pas capables de rivaliser avec les automobiles, en confort et en temps. Il faut en prendre acte. En revanche, je suis preneur de toutes les solutions qui favorisent l'usage de véhicules propres à condition de laisser aux automobilistes parisiens le temps de s'adapter.

- améliorer la sécurité dans les transports et les rues de Paris

- gérer différemment le logement social en virant les délinquants et les indélicats de manière à ce que sa seule mention n'inquiète désormais plus ceux qui devront vivre à côté.

- Stabiliser ou même diminuer les impôts locaux

- en finir avec les grands travaux incessants : Paris est un chantier permanent. On ne peut jamais s'y déplacer normalement.

- instaurer que les directeurs d'école recrutent leurs surveillants au lieu de se les voir imposer, et qu'ils aient également autorité sur les cantines. 

- multiplier les modes de garde de manière à ce que les familles disposent de plus de solutions pour faire garder leurs enfants en bas âge.

- ne pas torpiller le secteur associatif (spécialité de l'actuelle majorité) en municipalisant à tour de bras les services qu'il peut rendre. Lui faciliter l'existence sans pour autant verser dans le clientélisme (éviter les subventions à tout va, notamment...) 

J'aimerais que toutes ces mesures soient chiffrées de manière à ce que l'on en évalue le coût. En fait, j'aimerais même que cela soit la méthodologie utilisée par les candidats : qu'ils repartent de l'actuel budget de Paris, précisent ce qu'ils gardent et ce qu'ils enlèvent et comment ils entendent financer leurs mesures. Et quand ils affirment vouloir aider le secteur de la culture ou celui des entreprises, j'aimerais aussi qu'ils précisent très exactement ce qu'ils ont en tête. Que l'on puisse juger sur pièces. Faute de quoi ce sont des affirmations générales et sans crédibilité. De ce fait, quand quelqu'un promet n'importe quoi, je tends à penser qu'il cache des choses. C'est souvent le cas, et je ne doute pas qu'un certain nombre de citoyens fasse le même raisonnement que moi.

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mardi, 18 février 2014

Intermittents : le problème n'est pas le régime mais le nombre

Le MEDEF réclame la fin du régime d'exception pour les intermittents quand ils sont au chômage. Le statut des intermittents du spectacle me rappelle une autre mesure fameuse : le RMI.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Le RMI avait été voté au début des années 90 pour permettre à ceux qui vivaient dans la rue de survivre. Pour aider ceux qu'on appelaient alors les clochards, en somme.

Ce qui a fini par rendre la mesure très onéreuse, c'est le gonflement continu de ses bénéficiaires.

Il y avait à la création du régime des intermittents environ 9000 bénéficiaires. Je crois que la statut a été mis en place sous Mitterrand au début des années 80. Il y en a plus de 160 000 aujourd'hui.

S'en prendre aux intermittents et laisser supposer que ce sont des fainéants est odieux. Des statistiques simples montreraient aisément qu'ils sont bien plus du côté de la précarité que de l'aisance. Là n'est pas le problème, et la méthode utilisée par toute la classe politique à l'exception de Bayrou qui consiste à toujours stigmatiser une fraction de la population n'aboutit qu'à dresser les Français les uns contre les autres.

Il vaut mieux analyser à froid les mécanismes qui aboutissent au gonflement des effectifs de mesures pensées pour des minorités.

La situation est grave, car le régime est déficitaire de près d'un milliard d'euros. Il faut certainement considérer le périmètre d'éligibilité probablement trop laxiste mais pas seulement : l'attitude des associations et des entreprises culturelles qui jouent de ce régime pour engager des intermittents et ne pas les payer ce qu'elles devraient les payer.

Je ne suis pas expert du sujet, mais on pourrait par exemple limiter en quantité le nombre d'intermittents pour les associations et les entreprises culturelles. A condition évidemment de ne pas tomber de Charybde en Scylla : si l'intérim devait remplacer l'intermittence, les caisses de retraite ne seraient pas gagnantes. Elles coûtent encore plus cher que l'intermittence. Il me semble aussi que le Ministère de la Culture pourrait  distinguer le tissu associatif des grosses boites de production et des groupes médiatiques. Dépenser pour soutenir une association de quartier et arroser des Delarue et des Arthur qui s'en mettent déjà plein les proches en payant leurs ouvriers au lance-pierre, je pense que ce n'est pas exactement le même cheminement.

Ce qui est certain, c'est qu'il est impossible de faire l'économie non seulement d'un débat mais aussi d'une réforme.

17:22 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : intermittent, spectacle | |  Facebook | | | |

lundi, 17 février 2014

Consolation : une femme sera maire de Paris

Je me suis un peu lassé du suivi des municipales. Bien sûr, je continue à relever les choses qui me paraissent énormes. 

Il y a tout de même un acquis qui restera de l'élection, que NKM ou Hidalgo passe, une femme sera élue. Pour une fois, d'ailleurs, ce sont des femmes qui auront été au coeur d'une élection majeure. NKM, Anne Hidalgo, Marielle de Sarnez, Danielle Simonnet auront été les actrices principales du scénario.

Il y a certes Najowski, le candidat des verts, mais il fait exception. Je ne compte pas ce vieux grigou de Saint-Just pour le FN qui se trouve pauvre avec 100 000 euros de revenus par an.

Si on compte que Marseille, Paris, Lyon et Lille sont les quatre plus grosses villes de France, la parité sera atteinte. Aubry pour Lille, NKM ou Anne Hidalgo pour Paris.

Ça me va.

 

16:46 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : femmes | |  Facebook | | | |

Autoriser des pesticices dans le bio ? Touche pas à mon bio, l'INRA !

J'ai failli m'étouffer en lisant un article de Marie Astier dans le webzine Reporterre. La dernière trouvaille d'un expert de l'INRA ? Autoriser l'utilisation de pesticides pour l'agriculture bio. Connard ! J'achète le plus souvent possible de l'alimentation certifiée AB ou Ecocert justement pour être certain que ma petite famille n'ingère pas ces saloperies de produits chimiques.

On se rappelle que Hollande avait mis en place un Commissariat à la Prospective et à la Stratégie. L'idée étant de construire la France industrielle et agricole de demain. Si c'est pour commander ce genre de conneries imbéciles et dangereuses, autant le dissoudre sur le champ. Ça sera toujours ça d'économies utiles.

Le voilà le dossier d'analyse des performances de l'agriculture biologique. Mais moi, je m'en tape des performances de l'agriculture bio : je veux juste ne pas retrouver les trois quarts du tableau de Mendeleiev dans le sang de mes enfants à cause des produits de merde que la plupart des agriculteurs collent dans leur production. Mauvaise grille de lecture qui trahit clairement les intentions du comité.

Déjà je râle de constater chaque fois que je me rends dans une grande surface qu'on ne trouve pas de fruits et légumes bio en France. A chaque fois, ça vient d'Italie, de Hollande ou de Belgique. Parfois d'Espagne. Bref, on a quatre pays autour de nous, ils font tous du bio, et apparemment, nous pas.

Je crois surtout qu'on sous-estime dans des proportions inquiétantes l'effet du productivisme agricole et son impact sur la santé. Le nombre de cancers louches est très élevé chez les agriculteurs. 

Je ne veux pas de pesticides dans mon alimentation bio, moi, et je me battrai pour conserver le droit de ne pas en manger, quitte à ester en justice.

10:43 Publié dans écologie | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : inra, pesticides, bio, agriculture | |  Facebook | | | |

samedi, 15 février 2014

Objectif zéro SDF, un mensonge de plus.

Plus un candidat fait de promesses et assure à ses futures ouailles un monde merveilleux, moins elles ont de crédibilité.

Je vois mal comment Paris pourrait trouver 15 000 places pour les SDF qui résident dans la ville alors même que les gens modestes et les classes moyennes doivent quitter la ville.

Les candidats, dans la mesure de leur possibilité, feraient mieux de se concentrer sur le retour à l'emploi de ces SDF et sur le logement d'urgence, le temps de la réinsertion.

Anne Hidalgo a rappelé qu'elle voulait construire 30 000 logements sociaux. Cela signifie-t-il qu'elle compte y loger des SDF puisqu'elle associe cette mesure avec sa nouvelle promesse ?

Je jugerais cela parfaitement injuste pour tous ceux qui attendent depuis très longtemps d'y trouver une place, à commencer par les parents isolés qui élèvent seuls un ou plusieurs enfants.

De toutes façons, tous les candidats peuvent toujours prêter tous les serments du monde, jurer sur le Styx ou leurs grands dieux que cette fois ils vont trouver des solutions : ils ne risquent pas d'en subir le contrecoup. Les SDF ne votent pas et, puis, il faudrait le rappeler, plus de la moitié d'entre eux sont des étrangers en situation irrégulière (52% selon les chiffres de l'APUR). Une part significative comporte également des toxicomanes. Si je reçois que les toxicomanes et les étrangers en situation irrégulière puissent bénéficier de structures particulières ou de logement d'urgence, ce serait en revanche inacceptable qu'ils prennent la place de simples Parisiens sur liste d'attente, et, pour les premiers, apportent des nuisances dans le logement social. 

Cela me frappe que 16% des SDF ont un emploi : autrement dit, ce sont des travailleurs pauvres qui ne trouvent pas à se loger en raison de l'envolée des prix franciliens et de l'augmentation du coût de la vie. 

Avant de faire des promesses, mieux vaudrait déjà améliorer l'existant : la sécurité dans les centres d'accueil, par exemple. La moitié des SDF sont morts de trouille à l'idée de s'y rendre parce qu'on leur vole là-bas tous leurs maigres biens et parfois, ils sont mêmes battus (par d'autres SDF). 

Une première mesure, pas très coûteuse, serait déjà d'installer la plus grande quantité possible de casiers sécurisés disposant d'un mécanisme à code ; au moins autant qu'il y a de places. Ensuite, investir dans la présence de vigiles et jeter dehors les fauteurs de trouble. Tant pis pour eux. Les autres ont le droit de pouvoir passer une nuit tranquille.

Une deuxième mesure non moins utile serait qu'il y ait un vrai standard au 115. Ça me fait grincer des dents d'entendre un "yaka appeler le 115". Vous avez essayé déjà de joindre le 115, vous ? Bon courage...En recrutant quelques agents de plus, on fluidifierait nettement les communications. Avec un système informatisé de gestion des places relié à tous les hébergements d'urgence et les foyers d'accueil, on aurait enfin une bonne visibilité de leur disponibilité.

Évidemment, ça en jette moins que de promettre monts et merveilles. 

09:29 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : sdf, logement | |  Facebook | | | |

jeudi, 13 février 2014

C'est quoi un bon maire ?

Ce qui frappe souvent les observateurs de la vie politique c'est la facilité avec laquelle des maires condamnés pour des abus de toutes sortes sont réélus avec une facilité déconcertante.

On trouve toujours des listes citoyennes pour tomber dans le panneau et présenter une liste "propre" après avoir signé une charte anti-corruption. Quelque chose de totalement inefficace électoralement.

A vrai dire, pour être honnête, je n'aurais pas envie de voter pour quelqu'un dont le seul programme consiste dans la volonté d'être pur.

Quand on se présente à une élection municipale, on doit d'abord réfléchir à ce que l'on peut faire pour améliorer la vie de ses futurs administrés. Et dans ce domaine, il faut bien se dire que le ressenti compte au moins autant que les faits.

Pourquoi Balkany passe à chaque élection à Levallois avec une majorité écrasante ? Parce que les rues sont propres et sûres, la ville tranquille et disposant de suffisamment de services pour la demande locale.

Si on veut lutter contre la corruption, il faut agir au niveau national en faisant voter des lois qui interdisent à un individu condamné pour détournement de fonds publics de se représenter à une élection pour le restant de son existence.

Au niveau local, faire des promesses de morale et de pureté, cela ne sert à rien. Vraiment à rien du tout. Les Français sont l'un des peuples d'Europe qui hésite le moins à reconduire un élu condamné dès lors qu'il s'agit d'une élection locale. Les élus nationaux sont perçus comme malhonnêtes et retors parce qu'ils paraissent éloignés du peuple. Mais les élus locaux bénéficient eux de toute la mansuétude des électeurs.

23:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : maire, corruption | |  Facebook | | | |

mercredi, 12 février 2014

Je me défie du Grand Paris

Plus ça avance, les histoires de Paris-Métropole, plus je me méfie. Au début, c'était une idée à laquelle j'étais favorable, mais quand je vois simplement comment fonctionnent mairie centrale et mairies d'arrondissement, ou encore les intercommunalités dans leur ensemble, je crains le pire.

Je sens venir le gros jouet de technocrates qui vont avoir avec le Grand Paris un encore meilleur moyen d'imposer le fait du Prince par-dessus la tête des citoyens.

Ça sent déjà la magouille d'élus qui se connaissent entre eux : Bartolone a déjà posé une option sur la tête du futur conglomérat public. Je l'imagine bien la bave aux commissures rêvant de toutes les dépenses qu'il va pouvoir faire en plus avec un tel monstre.

C'est à peu près certain, plus ce sera gros, plus on pourra dépenser et emprunter.

Bien que Tibéri ait été un enfumeur, il n'en avait pas moins fait baisser l'endettement de la ville de Paris. Delanoë l'a fait littéralement exploser ! Et Hidalgo suit le même chemin. Il suffit de jeter un oeil sur le graphe du Journal du Net. Quand on regarde de plus près les courbes on voit bien que nos édiles socialistes se sont dit qu'avec des taux bas, on pouvait emprunter toujours plus. C'est vraiment un piège classique de dossier de surendettement. Et les promesses et projets continuent : Paris toujours plus beau, toujours plus festif, mais toujours plus cher et imposé.

En fait, plus l'intelligentsia est pour (cadres, intellectuels, bobos, journalistes, responsables politiques) plus on peut estimer que c'est de mauvais augure pour le peuple.

Je retiens toutefois de tous ceux-là la seule qui ait le courage de soumettre le projet à l'approbation du peuple : Marielle de Sarnez pose comme préalable à toute édification de la chose la démocratie ; la vraie. 

a) un référendum à l'échelle du périmètre de la métropole pour décider si les Franciliens veulent ou non du Grand Paris

b) une élection directe du futur maire du Grand Paris, au suffrage universel.

En théorie, Marielle devrait avoir raison : agrandir, ce devrait être mutualiser les dépenses et donc payer moins. Mais toute l'histoire de la dépense française montre le contraire : plus on est gros, plus on a les yeux plus gros que le ventre. Les élus n'ont de cesse de se prendre pour Chéops ou Louis XIV pour laisser une trace dans l'Histoire.

19:08 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : grand paris | |  Facebook | | | |

lundi, 10 février 2014

Municipales à Paris, la forte envie de jeter l'éponge...

Plus on approche du premier tour des municipales à Paris, et plus ça me lasse. Comme d'habitude, c'est le bordel au MoDem. Pire qu'en 2008. Ce qui est drôle, avec ce parti, c'est que ses propres militants l'accusent souvent de manquer de démocratie interne, mais que par ailleurs, ils font absolument ce qu'ils veulent, semant une belle pagaille avec une indiscipline à peu près totale. Et quand je pense qu'on rigolait des Verts , à nos débuts...

Après Jean-François, voilà Mathieu, deuxième dircom du MoDem en trois mois à basculer sur la liste adverse de celle de son parti. Comme si c'était le moment. Motivations assez obscures. Certains disent qu'il n'a pas obtenu une place éligible sur la liste de la candidate de NKM dans le 17ème, d'autres, tout simplement qu'il ne reçoit pas le choix d'alliance fait à Paris depuis quelques mois.

A vrai dire, j'en ai avalé des couleuvres, mais ça en fait beaucoup ces derniers temps : je ne milite pas au MoDem pour me retrouver à applaudir NKM aux côtés de Sarkozy au Gymnase Japy. 

Je me plaisais à envisager l'élection de Maud, de Yann ou d'Elisabeth dans le 15ème, que j'aime beaucoup, en dépit de ma réticence à voter pour Goujon. J'avais fait l'effort intellectuel de surmonter mon aversion pour les barons UMP parisiens et voilà que j'apprends que le sieur Goujon soutient la LMPT dont la chef de file copine avec les amis de Soral (plus facho que lui, tu meurs), sinistre individu s'il en est.

Goujon n'est pas un facho, certes, n'empêche qu'il copine avec leurs copains. Qu'est-ce que vous croyez que je dois faire, moi ? Je défends l'égalité hommes-femmes depuis toujours et je vois bien que la LMPT ne se contente pas de lutter contre le mariage pour tous. Elle remet en cause la promotion de l'égalité entre hommes et femme. Alors certes, Najat, cet abruti de Peillon et ces imbéciles de pédagogos s'y prennent comme des manches pour y parvenir, avec leurs théories fumeuses, mais au fond, j'ai quand même plus à voir avec tous ceux-là, que je viens de gratifier des épithètes les plus aimables, qu'avec les réac de tout acabit. Et je ne parle même pas du PCD qui ose se qualifier de démocrate-chrétien. Des PCD, il y en a sur les listes de Goujon et Goasguen ! Le PCD, c'est le parti de la détestable Boutin qui va dérouler le tapis rouge chez les Mollahs, un voile sur la tête.

Je ne vais quand même pas me rallier à Hidalgo...

On n'en serait pas là si on avait fait les listes autonomes auxquelles aspiraient presque tous les militants MoDem et une bonne moitié de ceux de l'UDI. Évidemment, il ne faut pas être naïf : les problèmes que nous connaissons actuellement, nous les aurions retrouvés sur notre chemin entre les deux tours. Mais dans une dynamique, c'est plus facile à gérer que lorsque cela prend l'allure d'un mauvais feuilleton.

Ce qui me retient de tout lâcher c'est que je ne voudrais absolument pas qu'Anne Hidalgo et les Socialistes imaginent avoir les mains complètement libres pour dérouler tranquillement leur saleté de programme. Il leur faut une opposition résolue, combative et imaginative. Toutes qualités dont sont totalement dépourvus ces barons de l'UMP, accrochés à leur arrondissement comme des chapeaux chinois à leur rocher (essayez de décoller un chapeau chinois de sa rocaille la prochaine fois que vous irez à la plage, vous comprendrez ce que je veux dire...).

 Je ne sais plus si j'ai envie de commenter ces municipales parce que je suis furieux. On s'est fait enfumer dans cette alliance : pas de tête de liste, peu de conseillers éligibles et des alliés infréquentables. Ça va un temps, mais bon, ça suffit maintenant.

Allez, je passe à l'Europe, moi : là aussi il y a des enjeux très importants qui s'annoncent, et puis au moins, le MoDem sera un peu moins pollué par la question des alliances, ses positions étant vraiment très proches de celles de l'UDI.

17:46 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : municipales, hidalgo, modem | |  Facebook | | | |

dimanche, 09 février 2014

Qu'a foutu l'opposition pendant 12 ans à Paris ? Rien.

Je suis en colère, je l'avoue : j'ai l'oeil sur les sondages parisiens et je vois bien que la gauche et Anne Hidalgo ont désormais un grand boulevard vide devant eux. Pire : le PS va même améliorer ses positions, le 5ème tombant certainement dans l'escarcelle socialiste et le 15ème s'avérant en danger. Dans les 12ème et 14ème la partie est d'ores et déjà perdue.

Le problème, c'est la droite qu'on a à Paris depuis trop longtemps. Repliée sur elle-même, nullasse, incapable de proposer la moindre alternative. 

Je ne jette pas la pierre à NKM : elle est arrivée et elle a dû faire avec une cour de baronnets arrogants, fainéants et incompétents. Vous croyez qu'ils auraient réfléchi à une alternative pendant 12 ans ? Pensez-vous ! un tel effort intellectuel semble avoir été hors de portée de cette petite cour de féodaux. NKM a dû composer dans l'urgence  un programme municipal alors qu'une telle chose se construit sur la durée.

En face, Anne Hidalgo se tient prête depuis un moment. Avec tous les leviers de la ville de Paris, c'est un rouleau compresseur. Elle dispose de moyens phénoménaux. Je vais voir avec rage et amertume se poursuivre la gentrification de Paris. Une ville pour les bobos, les minorités et les touristes, voilà le programme socialiste. Ce qui m'insupporte d'autant plus ce sont les mensonges éhontés de la municipalité affirmant dérouler le tapis rouge aux classes moyennes. Il n'en est rien. Elle investit des centaines de millions d'euros dans des projets pharaoniques, fournit une assistance sans conditions aux Parisiens d'origine immigrée des quartiers nord mais augmente les impôts, les tarifs des services qu'elle propose et se garde bien d'investir dans ceux qui seraient le plus nécessaire aux Parisiens les plus simples.

Et nous cadres moyens, nous voilà coincés au milieu de cadres supérieurs qui applaudissent d'autant plus qu'ils ont les ressources qui leur permettent de s'exonérer des désagréments générés par la gauche. 

Il aurait fallu constituer un shadow cabinet en 2008 : c'est ce que voulait faire Marielle de Sarnez. Je le sais parce que je l'ai entendue le dire et l'appeler de ses voeux devant moi. Pauvre MoDem. Entre ses militants occupés à pérorer sur la démocratie, un appareil squelettique aux abonnés absents et des moyens dérisoires, il n'était pas capable d'opposer au rouleau compresseur socialiste une task force susceptible de lui donner du répondant.

Partout, les réactions aux excès socialistes sont venus de la société civile, simples citoyens se mobilisant dans des collectifs ou associations, publications libres tentant de protéger la patrimoine, comme la Tribune de l'Art, élus isolés comme David Alphand, Laurence Dreyfuss ou encore Serge Federbusch. Mieux encore : ce sont parfois les Verts qui ont incarné l'opposition au bétonnage socialiste, un comble.

Le pire, c'est qu'il n'y a eu personne pour imaginer autre chose : à chaque fois, c'est le même scénario. Un réveil en sursaut à quelques mois des échéances et du Delanoëlike jusqu'à l'issue finale.

Les baronnies de droite laissent crever leurs terres par leur inertie. Pas d'idées, pas d'imagination, sans compter des pratiques contestables en matière de démocratie locale. Incapacité totale à s'appuyer sur le tissu citoyen de leurs arrondissements. L'Ancien Régime est tombé, mais pas les féodaux parisiens.

 Je trouve que le 16ème est un cas d'école : regardez Goasguen. Il est à l'abri avec Debré dans son arrondissement pépère. Qu'est-ce qu'il propose au 16ème ce gars-là ? Rien. Taittinger ne remuait déjà plus guère, mais avec Goasguen, on est passé dans l'ère de la gangue absolue, sauf pour faire valoir sa pomme dans ses journaux municipaux. Il faut le dégager, ce gars-là. Il est vraiment nul.

Franchement, si je votais dans le 16ème, ma voix irait à David Alphand ou à Valérie Sachs. David Alphand (et Laurence Dreyfuss avec lui) a été de tous les combats contre les mauvais coups portés à cet arrondissement. Valérie est un cas particulièrement emblématique et intéressant pour le 16ème : c'est la seule personne que j'ai vue porter un vrai projet pour l'arrondissement. Je le sais parce que j'ai travaillé dans son groupe, et c'était vraiment passionnant. J'ai eu quelques désaccords avec elle par la suite sur les projets d'aménagement de Delanoë dans le 16ème, mais je lui reconnais une vraie vision et j'ai toujours regretté que le MoDem ne lui ait pas donné sa chance.

A Paris, il faut évidemment faire tomber les fiefs mais pas leur substituer des moulins à vent. Que vaut le Paris Libéré de Beigdeber ? Pas mieux. On ne peut rien penser de bon d'une liste qui se constitue à toute vitesse à l'orée d'une élection importante sans avoir construit un projet de longue date et tissé des liens avec les Parisiens. C'est d'ailleurs le problème principal des listes dissidentes à droite. Elles n'ont pas plus de projet que le leurs homologues régulières.

Conclusion des courses, on est mal barré.

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