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dimanche, 20 septembre 2015

Intervenir en Syrie ? Et après ?

Je suis abasourdi par les déclarations tonitruantes tant du chef de l'État que de l'opposition de droite. C'est à qui rivalise d'accents guerriers pour inviter la France à entrer en guerre en Syrie. Un débat parlementaire a toutefois eu lieu et j'ai pu en consulter le compte-rendu. Seul François de Rugy me paraît avoir soulevé des questions de fond en interrogeant la stratégie politique de la France en Syrie. Toutefois, il ne suffit pas de donner des garanties aux minorités et d'associer toutes les parties à la négociation. Il faut donner des garanties à toutes les forces en présence. On peut intervenir et laminer Daech, mais on ne parviendra à rien de durable si on ne propose pas de solution de rechange aux Sunnites. Le problème est d'ailleurs le même en Irak.

Les Européens s'imaginent tout le temps que leur modèle, celui d'une union après des guerres meurtrières, est transposable au monde entier. En France comme dans le reste de l'Europe il n'y a aucune pensée réaliste sur les phénomènes ethniques. Le goût pour le multiculturalisme, le vivre-ensemble remplacent la réflexion stratégique.

Il viendra un jour peut-être où Sunnites et Chiites parviendront à vivre ensemble sans se massacrer, mais il faudra qu'ils l'aient choisi.

A l'heure actuelle, les Alaouites, les Chrétiens, les Kurdes, les Yézidis et quelques autres minorités doivent probablement pouvoir s'accorder ensemble, mais pas avec les Sunnites. Il y a trop de sang versé et de crimes atroces commis entre Chiites/Alaouites et Sunnites.

Il n'y a donc pas d'autre option qu'une partition raisonnée du pays sauf à parvenir à convaincre une majorité de Sunnites de participer à une grande coalition (je n'y crois absolument pas).

S'il existe d'autres issues, je n'ai vu personne* les esquisser dans la classe politique française, partagée entre béni-oui-oui, va-t-en-guerre et cinquième colonne de Moscou et/ou du tiers-mondisme (ou du moins de son avatar moderne).

*Je recommande en revanche l'excellent décryptage d'Atlantico sur le sujet.

00:43 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : syrie, daech |  Facebook | | |

vendredi, 18 septembre 2015

Budget participatif : je me méfie de la Mairie de Paris, même quand elle fait des dons.

Les amateurs de mythologie et de littérature ont de bonnes chances de connaître l'histoire fameuse du Cheval de Troie. C'est par le biais de cette immense statue sur roulette que les Grecs, cachés dans le vendre de la bête, purent entrer dans Troie à l'insu de ses défenseurs.

Énée, le héros de l'Énéïde rapporte toutefois les paroles d'un prêtre d'Apollon qui se serait opposé à l'introduction du piège dans la cité, elles sont rentrées dans la légende : Timeo Danaos et dona ferentes (je crains les Grecs, même quand ils font des dons).

J'invite donc les Parisiens à la plus grande prudence quand ils vont voter les propositions du fameux budget participatif d'Anne Hidalgo. L'opération peut se dérouler aussi bien sur internet qu'en mairie d'arrondissement. Contrairement à Sophie Coignard, je ne considère pas l'innovation de la maire de Paris comme le degré zéro de la politique. En revanche, il faut considérer le nombre de votants après coup pour pouvoir assurer que les Parisiens se sont exprimés. 

 Mais surtout, au moment de voter, il faut considérer avec attention les implications du projet. Je prends quelques exemples.

Un projet propose de rendre les Champs-Élysées végétalisé et praticable pour les piétons et les cyclistes. Cette avenue est déjà très large : que faut-il entendre alors ? Ne serait-ce pas l'air de rien une réduction des voies de circulation avec des travaux cauchemardesques pendant plusieurs années ?

Je vois qu'il est question de "réaménager la place Victor Hugo" : Horresco referens ! L'avenue du même nom qui y mène est constamment encombrée. C'est un cauchemar d'y circuler. Ajoutez-y un chantier et cela va être l'Enfer. Et pour longtemps ! 

Donner plus de place aux piétons place Vendôme ? Tout d'abord, il y en a déjà beaucoup, difficile de faire mieux sauf à y interdire toute circulation, mais surtout, il suffirait d'en dégager une bonne fois pour toutes les cabines de chantier qui en occupent régulièrement l'espace ! 

Paris est un chantier incessant et ce caractère-là ajoute à la fatigue et à l'essoufflement que la ville génère. Ce sont sans cesse des obstacles et des contraintes de toutes sortes sur les voies de circulation et sur les trottoirs. 

Passez-moi l'expression mais ce que je vois poindre dans beaucoup de ces projets, c'est surtout beaucoup d'emmerdements (il y en a, évidemment et heureusement, quelques uns qui sont pertinents).

jeudi, 10 septembre 2015

Migrants et images, merci les Décodeurs !

Je ne vais pas être long dans mon billet. Je souhaite juste adresser un message de remerciements et de soutien au formidable boulot qu'abattent les Décodeurs. Merci les gars et les filles.

Il y a une guerre d'images entretenue par des mouvements sectaires, conspirationnistes et extrémistes de tout poil. Il est souvent difficile de s'y retrouver et toutes ces chapelles ont en commun de surfer sur l'émotion, la haine et la peur du prochain. Pour quelques unes de ces images, petite fille décapitée, enfants enfermés dans une cage, petit garçon noyé, largage de barils explosifs, merci aux Décodeurs d'avoir pris le soin d'enquêter et de rétablir la vérité.

Un travail de vrais journalistes, et ça fait du bien, par les temps qui courent...

lundi, 07 septembre 2015

Accueil des réfugiés : ordre des priorités.

Je me reconnais plutôt bien dans les dernières propositions de NKM pour l'accueil des réfugiés syriens. Je pense qu'il faut donner la priorité aux enfants, aux femmes et aux familles. Ensuite, il faut accueillir d'abord les Yézidis et les Chrétiens, et d'autres minorités dont le sort n'est pas connu des médias, parce qu'ils sont persécutés et en danger (ça, c'est moi qui le dis, pas particulièrement NKM). 

Étant contraints par les événements, renvoyons tous ceux qui se livrent à des actes de délinquance, d'où qu'ils viennent, et sur le champ. Nous ne pouvons nous offrir le luxe de nous occuper d'eux.

Je reçois bien le raisonnement de NKM qui voit très juste dans cette histoire, bravo à elle. Nous n'aurons pas de problèmes d'intégration avec la plupart des actuels réfugiés. Les Syriens et Irakiens qui arrivent sur notre sol sont souvent éduqués et se sont battus pour sauver leurs proches. Nous avons souvent une grande proximité avec eux. Je suis étonné de lire sur le blog de Jean-François Copé des propos similaires, il ne m'avait pas habitué à une telle lucidité. Corto se demandait d'où ils viennent et ce qu'ils étaient prêts à accepter de nos traditions dans l'un de ses derniers billets : ce paragraphe le rassure-t-il ?

Toutefois, comme nous ne pouvons accueillir tout le monde, NKM a raison de proposer de limiter le regroupement familial même si je pense que c'est un chemin tortueux. Il me semble que ce devrait être fait en fonction des accords bilatéraux qui existent avec d'autres nations. L'immigration économique ne nous apporte pas grand chose, limitons-là.

Enfin, je trouve excellente l'idée de NKM de créer des centres d'accueils européens à l'étranger pour étudier les demandes d'asile. 

J'aime bien ceux qui proposent des choses concrètes au lieu de verser dans l'émotion. Je regrette, à cet effet, la présence d'élus MoDem, tout récemment, à Paris, aux côtés de l'extrême-gauche et des vert-rouges hystériques, place de la République.

Les slogans moralisateurs qui appellent à ouvrir nos frontières et à rejeter la "peur" m'insupportent. Je regrette de voir des centristes s'y associer au lieu de développer une réflexion propre sur un thème aussi sensible. Je ne reçois pas du tout l'argumentaire de Juan, dans un récent billet, souhaitant que l'émotion submerge la France. Oh que non, malheureux ! Les émotions sont très mauvaises conseillères et se retournent bien plus aisément que les raisonnements. Et par ailleurs, il n'y a pas que des Syriens et des Irakiens qui viennent en France...

J'en viens aux migrants de Calais. Un entretien récent sur le Huffington en éclaire les contours. Il n'y a là-bas de Syriens qu'un cinquième des individus présents. Que faire des autres ? Bonne question. Comme le dit le journaliste de la BBC qui répond aux questions, en l'absence de papiers, on ne peut déterminer clairement les causes de leur venue. En fait, le paradoxe, c'est que les migrants de Calais ne veulent pas se rendre en France mais en Angleterre ! Ce ne peut être l'aide sociale qui les attire puisque le Royaume-Uni ne met pas en place de tels dispositifs. Enfin, un grand nombre d'entre eux vient d'Afrique de l'Est. Rien à voir avec les Syriens et les Irakiens. Ce sont les crises qui rythment le poids des nationalités puisqu'il y a un à deux ans, c'étaient des Ukrainiens surtout qui se bousculaient aux portes d'Albion.

Ainsi, la proposition de consulter les Français par référendum pour décider si nous accueillons ou non les "migrants", comme le propose Pierre Parillo, est une ineptie. Elle ignore la diversité des cas et met tout le monde dans le même sac sans subtilité. D'ailleurs, Pierre Parillo, qui n'a pas étudié sérieusement son sujet, n'appelle pas autrement ces réfugiés que "les migrants". Mais c'est quoi, un migrant ? Il n'y en a pas deux semblables ! On ne peut traiter un sujet aussi sensible à grands coups d'injonctions et d'anathèmes. Ce n'est pas parce que la gauche est hypocrite et stupide qu'il faut l'imiter en versant dans les travers inverses.

J'ai lu également la réaction du blogueur "je suis stupide, j'ai voté Hollande" (cette dénomination me fait rigoler à chaque fois que je la lis). Elle est assez proche de celle de Bruno Lemaire. Bien sûr qu'il faut agir à la source, mais entre-temps, le problème n'est pas réglé. Le blogueur oublie que la Syrie est un vrai sac de noeuds. Il n'y a pas que Daech, et je ne suis pas convaincu que son éradication militaire mettra fin au chaos qui règne en Irak et en Syrie. Accessoirement, c'est loin d'être fait : Daech dispose de troupes entraînées et fanatisées et combat sur son propre terrain. Enfin, l'auteur semble ignorer qu'il y a d'autres nationalités que les Syriens et les Irakiens qui viennent sur le sol français. Que fait-on pour celles-là ?

Le cas de Calais donne un relief particulier à la proposition de NKM. Migrant ou réfugié, chacun a ses raisons pour tenter de gagner l'Europe. Aucun destin individuel ne se ressemble vraiment et la diversité des pays et régions d'origine rend d'autant plus pertinente la création non pas d'un mais de plusieurs centres européens, dans les pays concernés ou à leurs portes pour effectuer un tri et une étude de chaque cas. Cela permettrait de traduire dans les faits l'une des sept idées énoncées par Marielle de Sarnez, en mai dernier, alors qu'elle écrivait une tribune pour appeler à des solutions européennes. Après s'être entendues à Paris, je suis certain que NKM et Marielle de Sarnez pourraient trouver de fortes convergences sur la politique européenne dans ce domaine.

 

samedi, 05 septembre 2015

En 2017, seul Bayrou pourrait sauver la France d'un grand danger

Nul n'est prophète en son pays, je me le dis souvent. Malgré tout, je me risque à à la parole oraculaire.

 Tout comme Bayrou, je pense que Sarkozy éliminera Juppé à la primaire des Républicains, et je fais la même analyse que le Béarnais. Il s'appuiera sur l'aile dure, qui sera la plus motivée, pour assurer son succès. Par ailleurs, Juppé est certes apprécié à gauche et au centre mais pour gagner, il faut d'abord rassembler son camp. Sarkozy et Chirac ont toujours appliqué cette tactique, tout comme Mitterrand. Jospin n'y est pas parvenu en 2002 et cela lui a coûté cher.

Je crois que la classe politique et la sphère médiatique ne mesurent pas suffisamment le degré d'exaspération d'une large partie des Français. Les cotes de popularité n'en rendent pas compte. Ce que je pense, c'est que Marine Le pen sera au second tour, et ça, cela ne surprendra personne, mais également qu'elle gagnera contre Hollande ou Sarkozy s'ils représentent la gauche et la droite. Sarkozy mesure mal la déception qu'il a engendrée dans les classes populaires qui votent à droite, et à gauche, les plus modestes sont de plus en plus près à passer avec armes et bagages du côté de Marine Le pen, qui tient à cet effet un discours très habile.

En 2017, seul un candidat centriste ou proche du centre peut battre Marine Le pen, et encore, il faudra qu'il ait une vraie notoriété. Le seul homme qui pourrait être en position d'y parvenir, c'est Bayrou.

Ce n'est pas un hasard si des députés frondeurs socialistes commencent à exprimer à voix haute ce qu'ils se disaient à voix basse. Il ne s'agit pas de proximité idéologique, mais d'honnêteté, d'idées et de compétence.

On sait Bayrou honnête, juste, proche des classes populaires et des petits. C'est un homme droit qui dit par avance ce qu'il va faire. On le sait attaché aux choses fortes, à l'école, à la solidarité nationale sans assistanat, et à l'union plus que tout. Il rejette avec force ce qui divise et s'est toujours gardé de toutes formes de stigmatisation envers qui que ce soit, pauvres, migrants, enseignants, riches ou banquiers. 

Il s'en est toujours gardé car plus que tout, il juge qu'il n'est pire poison que la division. Et franchement, quand on constate les effets des guerres civiles dans les régions ou le chaos s'est installé, on ne peut que lui donner raison. Quand on commence à monter les gens les uns contre les autres, à jeter l'opprobre contre quelques uns en raison de leurs croyances, appartenance ethnique ou profession, on injecte le plus mortel des poisons.

Bayrou est le seul à penser et agir ainsi en France. Pas de mépris ni de double discours chez lui. Il est attentif aux craintes de chacun qu'il ne réduit pas à du populisme ou du corporatisme.

C'est à mon avis le seul candidat qui pourra réaliser l'union. Ceci ne signifiera pas que tout le monde sera d'accord avec lui, mais on aura confiance en lui.

 Bayrou est, je le pense sincèrement, la dernière chance de la démocratie dans notre pays.

13:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : bayrou, 2017 |  Facebook | | |

mardi, 01 septembre 2015

L'école avec Bruno Lemaire encore plus nulle que celle de la gauche !

Si Juppé a réussi à faire presqu'aussi misérable et minable que la gauche avec ses propositions sur l'Éducation, Lemaire fait encore mieux puisqu'il fait carrément plus nul. J'ai lu l'entretien qu'il a donné à Libération, datant du mois de mai dernier.

Pourquoi ce type-là a-t-il fait circuler une pétition contre la réforme de Najat Vallaud Belkacem ? Jamais je ne la signerai. Ses propositions font le tour de force d'offrir une infra-école, sorte de niveau de survie pour monde post-apocalyptique.

C'est ça qui fait peur : l'école de la gauche, c'est de la merde, mais celle de la droite, c'est carrément de la chiasse. Entre Chatel, Lemaire et Juppé, notre Éducation Nationale n'a pas plus d'avenir sur le côté droit de l'échiquier que sur son côté gauche.

Le collège de Lemaire, c'est un collège à quatre disciplines, voire cinq, tout le reste étant en option. Plus de langue vivante 2, plus de technologie, de musique, d'arts, et j'imagine plus de latin ni de grec, nécessairement en concurrence avec le reste.

Au fait, plus de langue vivante 2 donc plus de bilangue, forcément. Ce n'était pas la peine de hurler au loup à la disparition programmée de l'allemand.

Dans le paysage politique français, je n'ai repéré que Bayrou et Mélenchon (et le Front de Gauche avec lui) à faire preuve encore d'ambition pour l'école. Du côté du Front National, c'est simple, il semble que le collège et le lycée n'existent pas. Il n'y a rien, absolument rien dans le programme de ce parti sur le secondaire. A vrai dire, il n'y a pas grand chose en général sur l'Éducation Nationale. Je pense que c'est un sujet qui n'intéresse pas le Front National. Il n'y a pas grand chose non plus chez Dupont-Aignan, mais, à la lecture de ses interventions, on peut quand même supputer qu'il ne verserait pas dans le pédagogisme idolâtre et garantirait une école publique de qualité.

Je n'évoque pas l'UDI car je n'ai jamais entendu ce parti énoncer autre chose que des platitudes sur l'Éducation Nationale et je le soupçonne fort d'épouser les idées les plus idiotes en vogue : celles que véhiculent des organismes comme l'OCDE ou quelques commissaires bruxellois convertis plus ou moins fraîchement à la pédagogolâtrie idéologique.

Récapitulons : sur l'école, il n'y a que trois thèses : a) celle de Bayrou, b) celle de Mélenchon (et du Front de Gauche) et c) celle de l'UMP(enfin, des Républicains, pardon), des écolos (j'ai oublié d'en parler mais c'est du PS-like), des Socialistes et de l'UDI qui disent peu ou prou la même chose.

Verbaliser et réprimer la saleté à Paris ? Chiche ?

J'ai bien pris acte de l'entretien que Mao Peninou, adjoint d'Anne Hidalogo, la maire de Paris, a accordé au Point. A la question de savoir comment on change le comportement de ceux qui salissent les sols de Paris, il a répondu texto «On informe et on sensibilise, on réprime». Hallelujah. Il a prononcé le mot "réprimer". Je me suis échiné à le dire ici : il y a un filon d'or pour les finances de Paris. Les amendes aux gorets qui laissent traîner canettes et papiers gras et de ceux qui étalent sur les trottoirs les merdasses de leurs cabots. Et je ne parle pas de ceux qui viennent te fumer au nez juste devant le panneau interdiction de fumer. Alors ceux-là, qu'ils soient à l'amende, ça ne me fait pas pleurer. Il ne reste plus qu'à passer des déclarations aux actes, maintenant.

17:48 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : saleté |  Facebook | | |

samedi, 29 août 2015

Bayrou face aux cervelles viciées de la sphère médiatique

J'ai observé avec satisfaction que Bayrou a critiqué l'absence de projet éducatif d'Alain Juppé, ou, plus exactement, son imitation servile de celui de la gauche.


François Bayrou : la tentation d'une... par Lopinionfr

Ce qui est triste, c'est que la sphère médiatique et ses journalistes sont incapables de s'imaginer qu'un individu puisse avoir des convictions. Je connais bien Bayrou et je sais très bien qu'il est sincèrement horripilé par les épouvantables réformes de la gauche depuis qu'elle est au pouvoir, particulièrement la dernière. Chez les journalistes, on y voit immédiatement une quasi-déclaration de candidature pour 2017. Ces gens-là sont incapables de penser la politique autrement qu'à l'aune de la soif de pouvoir et ils projettent leur vision du monde constamment sur Bayrou.

C'est insupportable parce que cela rend le débat d'idées impossible et entache chaque déclaration de soupçons et de procès d'intention. La sphère médiatique tue le débat chaque fois qu'il est possible à de très rares exceptions près.

Bravo François Bayrou, vous, au moins, de garder vos convictions et d'élever le débat.

12:26 Publié dans Education, Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : bayrou, médias |  Facebook | | |

vendredi, 28 août 2015

L'avocate du djihadiste El Khazzani le défend : encore heureux !

Il est légitime de souhaiter la peine la plus sévère pour le terroriste qui a tenté de faire un carnage dans le Thalys il y a quelques jours. Je suis le premier à être offusqué de sa présence sur notre sol comme je l'ai écrit avant hier. Mais je suis aussi très attaché au droit de tout individu mis en accusation, quels que soient ses crimes, à pouvoir être défendu. C'est une ligne rouge imprescriptible et l'un des principaux marqueurs de la démocratie.

On voit des gens s'émouvoir sur les murs Facebook ou sur twitter du discours de l'avocate d'El Khazzani. Bien évidemment, je ne le trouve pas non plus convainquant, mais en revanche, je juge qu'elle fait tout à fait son job en cherchant des circonstances atténuantes à son client. Ce serait l'inverse qui serait choquant.

Je suis toujours très gêné de voir des gens insulter les avocats. Autant conchier El Khezzani ne me heurte pas, autant s'en prendre à son avocate qui fait ce pour quoi elle a été mandatée me choque.

Elle trouve inhumaine l'arrivée de son client au Palais de Justice, pas moi. Les procédures ont été respectées, et pour son client, puisqu'il ne veut pas porter de chaussures, tant pis pour lui. L'argument me ferait doucement rigoler si les circonstances n'étaient pas aussi tragiques, mais je n'en veux pas pour autant à cette dame dont la présence garantit que notre pays demeure un État de droit.

Si on pouvait lui reprocher quelque chose, à la limite, c'est de l'avoir beaucoup ouvert en public sur le compte de son client. Ce n'est pas très futé de sa part, et, quelque part, même si on vit dans une espèce de frénésie médiatique, pas très professionnel non plus. Ceci explique peut-être qu'elle ait été dessaisie du dossier par la suite.

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jeudi, 27 août 2015

Migrants ? Ben non, réfugiés, bien plus tristement.

C'est curieux le vocabulaire utilisé par les médias pour désigner les pauvres gens qui fuient l'horreur. On parle de migrants. Vraiment ? Il y a encore cinq ans, les Syriens qui se réfugiaient en France ou dans le reste de l'Europe étaient marginaux. Pendant des décennies et des décennies, les Afghans n'ont pas bougé de chez eux. Le Soudanais et l'Érythréen étaient des denrées fort rares sur notre territoire pendant de non moins longues années.

Alors à votre avis, tas d'ânes, qu'est-ce qui les pousse subitement à venir se réfugier en Europe ? L'abondance ? Nos fameux droits sociaux ? Mais pourquoi ne venaient-ils pas avant, alors ?

S'ils viennent, c'est qu'ils fuient l'horreur, bien plus tristement et prosaïquement. On en est à près de 250 000 morts en Syrie et on ne compte plus les atrocités, que ce soient celles des troupes d'Assad ou celles de l'État islamique, qui se valent bien dans ce domaine. Au Darfour, une agence de l'ONU a estimé les victimes à 300 000, mais, si l'on parle du Soudan tout entier, ce pays est en proie à une violente guerre civile entre le nord et le sud depuis fort longtemps, sans parler des guerres civiles dans les guerres civiles...

Mettez-vous à leur place, bon sang ! Une vie misérable ne suffit pas à donner l'envie de partir, tant qu'elle permet la survie. La perspective d'être tué, mutilé, torturé longuement, violé, de voir souffrir sa famille, je pense que c'est puissant, comme motivation pour partir.

J'ai lu une lettre, sans doute inventée par quelques fachos patentés, affichée sur de nombreux murs facebook. Je crois qu'elle est ancienne, d'ailleurs, car il me semble l'avoir lue il y a plusieurs années. En substance, elle invite les migrants à retourner se battre contre leur ennemi dans leur pays, établissant un parallèle avec notre Résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale.

C'est là où on voit que leurs auteurs et leurs relais n'ont rien compris. Se battre contre quoi ? Le voisin ? Le propre de ces guerres civiles, c'est qu'il n'y a pas d'ennemis identifiés. Des gens qui vivaient en bonne intelligence avec leurs voisins se retrouvent en butte à leur hostilité du jour au lendemain, sans savoir pourquoi. Et parmi les voisins, fuient aussi ceux qui n'ont pas vraiment le goût de torturer, violer ou simplement dénoncer leurs anciens amis.

Il n'y a aucun espoir de voir ces réfugiés retourner chez eux sans avoir pacifié la situation dans les pays d'où ils viennent. Ça, c'est difficile, d'autant que les diplomaties européennes sont aussi nulles que leurs gouvernements à l'intérieur. On ne fait pas de diplomatie à base de yakafokon, mais apparemment, cela ne frappe personne, ou alors, et cela s'ajoute à l'incompétence, les gouvernements européens sont aussi hypocrites, et je le soupçonne fort. 

Évidemment, on peut toujours les jeter à la mer, comme le proposait une certaine Marine Le pen il n'y a pas si longtemps, mais j'avoue que je juge le principe juste totalement dégueulasse. J'ai l'image d'un père, sur un bateau, qui tenait sa petite pille à bout de bras en pleurant. Il essayait de la sauver. Vous avez envie de le renvoyer chez lui, ce père-là ?

Si on accueille les réfugiés chez nous, il faut être cohérent jusqu'au bout. Perso, je suis assez hostile aux assistanats de toute sorte. Au début, il me semble bon de les aider, mais évidemment, après, il faut qu'ils soient autonomes. Et là, il faut que les États européens fassent preuve de bon sens : on ne peut pas reprocher aux gens de profiter des aides si on les empêche de travailler. Il faut évidemment leur ouvrir le marché de l'emploi.

J'imagine que ce que je dis ne sera dans doute pas très populaire, mais cela me semble pourtant réaliste, sans pour autant virer au dégoulinant façon gauche caviar hypocrite.

11:51 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : réfugiés, migrants, guerre |  Facebook | | |