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samedi, 08 juillet 2017

Premiers pas du gouvernement Philippe

Je n'avais plus commenté depuis quelque temps l'actualité politique. Pour être franc, j'ai de plus en plus de mal à me motiver pour écrire au fil des années. J'avoue que je me désintéresse progressivement de la politique. Et puis l'heure des blogs est passée, il faut le dire. Nous étions forts quand nous étions nombreux, aujourd'hui, nous ne sommes plus que quelques survivants comme des naufragés sur leur planche...

Le trou de 8 milliards, il fallait s'y attendre. Hollande a choisi la facilité pour finir et savonné la planche des suivants. Du coup, la suppression de la taxe d'habitation est reportée. De toutes façons, ce serait un beau bazar parce que les bases de cette taxe n'ont pas été revues depuis des dizaines d'années et pour calculer les compensations de l'État il faudrait tout reprendre. Dès le début, j'avais pensé que c'était une mauvaise idée que ce soit l'État qui prenne de telles décisions. C'est aux maires et à leurs électeurs de déterminer de telles choses.

J'aime beaucoup les annonces du côté des transports : enfin un gouvernement qui veut rénover et entretenir l'existant au lieu de se lancer dans des projets pharaoniques. Très bien et pas trop tôt. Nos voies ferrées sont dans un état déplorable. Je m'inquiète en revanche d'une volonté de rationalisation qui conduit à la suppression progressive des TER. Cela va accentuer la désertification car les petites communes et les départements en déshérence vont être encore plus isolés.

Du côté de l'éducation, pour l'instant, Blanquer est prudent et je lui conseille fortement de le rester : l'effondrement du recrutement devient tangible dans la totalité des disciplines dans le secondaire. Ce qui a été idiot depuis fort longtemps c'est d'avoir voulu recruter tous les enseignants à Bac+5 pour copier bêtement le modèle européen LMD. Il fallait continuer à recruter les instituteurs et institutrices à bac+3. Bien évidemment, les Bac+5 vont faire autre chose que de l'enseignement compte-tenu des salaires et des conditions d'exercice du métier, ce que l'on peut comprendre. 

Du côté de la santé, difficile de dire grand chose. Ce n'est pas plus mal d'avoir rétabli le tiers-payant, mais ça, c'est une mesure économique, pas une mesure de santé. J'attends un grand plan de recherche sur les maladies graves et des annonces claires et nettes pour lutter contre la désertification médicale. J'attends et au plus vite la remise en question du numerus clausus en médecine alors que l'on manque de toutes les spécialités. Ça aussi cela contribue au renchérissement des consultations et à la désertification médicale.

Sur l'international, c'est un sans faute. Macron est excellent dans ce domaine. Il a bien compris que s'engager à tout va menait à la catastrophe une fois sur deux et averti que la France y regarderait désormais à deux fois avant de décréter qu'un régime doit tomber parce qu'il n'est pas démocratique. Sage considération. Très bien aussi d'avoir dit aux Anglais que la porte était ouverte s'ils souhaitaient revenir. Ça tranche avec le tombereau de déclarations idiotes souvent frisant l'anglophobie entendues avant et après le Brexit. Bien sûr que les Anglais sont les bienvenus s'ils veulent revenir.

Du côté de l'Économie, Bruno Lemaire va serrer les vis. Le gel du point d'indice était malheureusement inévitable. Je trouve aussi justifié d'avoir rétablir le jour de carence pour la fonction publique. Il y avait une disparité entre public et privé que rien ne justifiait.

Un dernier mot pour Jacqueline Gourault, la ministre déléguée à l'Intérieur venue du MoDem : c'est une très fine négociatrice et quelqu'un qui connaît très bien les collectivités locales. Elle sera précieuse pour ce second gouvernement de l'ère Macron.

Tout reste à faire, désormais.