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mercredi, 23 décembre 2015

Grand Paris : Valérie Pécresse a bien raison

J'apprécie le bon sens de la première grande prise de position de Valérie Pécresse. Le Grand Paris m'inspire le plus grand scepticisme depuis un moment. J'y vois un nouvel avatar de la centralisation, une énième déclinaison du Big is beautiful qui fait tant de mal à nos modèles sociétaux et économiques.

La question que je me pose ? Combien de temps Valérie Pécresse va maintenir cette position ? Je n'ai pas le sentiment que la droite la partage, et à vrai dire, dans mon propre camp, le centre, le MoDem, je sais qu'on est favorable (à tort à mon avis) au Grand Paris. J'y vois depuis un moment le moyen de marcher sur la tête des maires de la petite couronne et plus, et ces derniers, pas fous, l'ont dans l'ensemble bien compris.

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mardi, 15 décembre 2015

Philippine, génération montante du MoDem

Philippine LaniessePhilippine, je la connais. Nous nous sommes rencontrés à l'occasion d'une réunion chez Béatrice, une élue MoDem, il y a quelques années. Philippine illustre de façon positive l'esprit du militantisme tel que je le conçois pas tel que je l'ai dénoncé dans mon précédent billet.

Philippine n'est pas quelqu'un qui hurle, tempête, exige, réclame son dû. Ce n'est pas non plus quelqu'un qui veut faire table rase du passé, véhicule des idéaux grandioses et parle sans discontinuer des valeurs  du centre ou même des siennes.

Philippine a la tête sur les épaules. C'est une jeune femme modeste, qui accepte de participer à une édification commune, même si ce ne sont pas ses idées que l'on met en avant d'abord, même si ce n'est pas elle que l'on promeut. 

Philippine n'a pas de problème d'ego. Elle ne soumet pas à un chantage incessant ses co-listiers ni les principaux responsables politiques de son parti à l'aune de ses analyses personnelles et accepte les compromis. Elle ne juge pas non plus ceux qu'elle affronte ou au contraire avec lesquels elle s'allie sur des étiquettes mais simplement sur ce qu'ils disent et font ou ont fait. Droitier, gauchiste, sarkozyste, autant d'épithètes véhéments qui lui indiffèrent.

Philippine est sûre de son éthique personnelle : elle n'a pas besoin de se réclamer de ses valeurs à tout bout de champ ni d'en parler sans cesse parce qu'elles fondent son engagement et que son action politique est simplement leur expression.

En plus d'être intelligente, Philippine est une jolie jeune femme, ce qui ne gâche rien. Mais ce n'est pas pour cela qu'elle m'a convaincu de ré-adhérer au MoDem cette année. En fait, on n'a même pas parlé ensemble, ou, tout du moins, pas de ré-adhésion. 

Philippine m'a convaincu simplement par son action et ses préoccupations. Pas de posture politicienne quand elle s'exprime, de l'intérêt et du pragmatisme notamment sur le thème de l'emploi et de l'alternance, pour lesquels elle a des idées à proposer et à mettre en application. Elle a, à cet effet, bien en tête la possible déclinaison francilienne du Made in France en lequel je fonde tant d'espoirs, à l'instar de Bayrou.

J'ai de la chance, Philippine Laniesse est une nouvelle élue au conseil régional d'île de France, puisqu'elle figurait en bonne position sur la liste de Valérie Pécresse (je rappelle que le MoDem a fait alliance avec la candidate de la droite). Je vais donc pouvoir l'interpeller, lui proposer le fruit de mes propres réflexions, et j'ai bon espoir de pouvoir l'inviter à répondre à quelques questions ici, sur ce blog, sur le devenir de l'île de France au fil des mois qui vont passer.

lundi, 14 décembre 2015

Face au complotisme, le projet salvateur et si particulier de Bayrou

Notre société souffre de plusieurs maux, mais à mon sens, le plus dévastateur d'entre eux, c'est le complotisme et sa soeur jumelle, l'irresponsabilité. Quand j'analyse le développement du djihadisme, je vois bien qu'il ne serait pas possible pour lui de prospérer sans ce terreau fertile en maux les plus funestes. Le complotisme s'alimente de deux fécondes nourrices que sont la paranoïa et l'irresponsabilité. Plutôt que de saisir son sort à bras le corps, on préfère voir le mal chez l'autre, ailleurs, quitte à l'inventer de toutes pièces. L'antisémitisme se développe sur la même base et avec lui son avatar, l'anti-sionisme et les discours anti-israéliens qui l'accompagnent. Le Juif devient la cause universelle du mal. De sinistres individus tels que Soral ou Dieudonné en font leur beurre. Le Front National  retire de larges bénéfices de ce principe actif, mais pas seulement : la propagande d'États importants en fait le fond de son commerce, Russie en tête pour citer un exemple édifiant.

Le coup de gueule de Périco Légasse me gêne par exemple à plus d'un titre. C'est devenu un lieu commun que d'accuser la classe politique d'avoir conduit la France là où elle en est. Oh, je ne l'excuse pas bien sûr, mais j'aimerais rappeler que la France, c'est nous ! Oui, Nous, les citoyens français. Notre pays est aussi ce que nous en faisons. C'est la facilité de trouver les causes de tous nos maux chez autre que soi-même.

Que fait chacun d'entre nous pour s'améliorer, favoriser ses proches et aider son pays ? Qu'elle est loin la pietas  chère aux anciens Romains qui ne félicitaient de héros que ceux qui s'étaient voués au Bien commun ! Où sont-elles les sagesses pratiques antiques, stoïcisme, épicurisme dont l'individu était l'objet principal et l'idéal moral par l'action le vecteur principal ?

J'ai aimé le Bayrou de 2012 parce qu'il a amorcé un projet fondé sur l'action personnelle. Il eût fallu qu'il poursuivît dans cette voie. Deux choses me plaisaient dans son discours : a) la volonté de ne pas accuser le mondialisme, l'Europe, une communauté ou qui que ce soit de nos maux b) l'idée que chacun d'entre nous pouvait agir concrètement. Ainsi, le développement de la consommation made in France est l'expression de cette manière bien plus intelligence de penser l'action politique. Il ne s'agissait plus de théories mais de choses concrètes : nous voulions que nos emplois restent en France ? Il fallait acheter des produits fabriqués en France, dans ces conditions.

 Il faut aller plus loin et ne pas avoir peur de mettre les Français face à leurs contradictions : nous aspirons à l'emploi, à l'aisance sans effort personnel. Je ne parle pas de l'antienne sur le travail tout sauf convaincante que l'on  chantonne sur tous les tons à droite mais du pouvoir économique personnel dont nous disposons. 

Notre porte-monnaie nous permet d'acheter éthique, fair trade, biologique, bien-être animal, local et français. Oui, nous le pouvons, alors pourquoi ne le faisons-nous pas ? Pourquoi ne pensons-nous jamais à nous améliorer nous-mêmes avant de vouloir "changer la société" ? Changer la société, c'est un projet complètement dépassé. Aujourd'hui, le salut de la société passe par chacun d'entre nous. Changeons-nous nous-mêmes !

J'ai bien aimé Bayrou pour cela. Je crois que François Fillon tient un discours de responsabilité également, mais il existe une différence majeure avec Bayrou : il ne promet que des larmes et du sang. C'est une sorte de Père Fouettard quand Bayrou est le porteur d'un projet d'espoir (d'où le titre de son livre, d'ailleurs).

J'analyse l'échec du MoDem 2007-2014 par l'arrivée massive de nouveaux militants fonctionnant à l'ancienne. Le plus effarant, c'est qu'ils ne s'en soient pas rendus compte ! Tous, ils ont aspiré à la reconnaissance personnelle, aux postes, aux honneurs, aux titres, à changer la société. C'était la valse des egos. Très peu ont vu le caractère philosophique et très particulier de la démarche de Bayrou. Le pompon, cela a été les auto-moteurs, devenus une force de contestation au lieu de constituer cette élite militante autonome à laquelle aspiraient François Bayrou et Marielle de Sarnez. Au fond, c'est cela qu'ils aiment, je crois : des militants adultes. «Responsable», «adulte», «libre», ce sont des mots que j'ai souvent entendu Marielle de Sarnez prononcer, elle qui partage avec François Bayrou la conviction que nous sommes fondamentalement libres de nos choix.

J'ai été scié et déçu que les Libéraux ne comprennent pas cette démarche dont ils auraient pu s'emparer le moment venu. Au contraire, en 2012, ils ont meuglé avec les veaux de gauche "au nationalisme" quand Bayrou a promu le Made in France. Depuis, tout en conservant une parenté de pensée avec les libéraux français, j'ai un peu pris mes distances. Je trouve qu'ils pèchent à peu près autant que les communistes et l'Étatisme dont ils dénoncent avec constance les méfaits, en tenant un discours 100% idéologique et dogmatique. Dommage pour eux.

Je crois profondément que Bayrou doit reprendre son programme de 2012 et achever ce qui a été initié : construire un projet de société organisé tout entier autour de l'individu et de son pouvoir. Je pense qu'un nouvel humanisme, ce serait cela. Si nous devions parfois partager quelques points communs avec les Verts (détestables par tous les autres aspects) c'est ce goût pour la responsabilité. Malheureusement, les Verts limitent cette vision à certains aspects de l'écologie, et encore. Ils aiment beaucoup interdire, ces amis du "il est interdit d'interdire"...

Oui, je crois que proposer l'alternative que je discerne dans le projet de Bayrou est souhaitable dans notre société. Je crois enfin qu'il ne s'agit pas de verser dans l'individualisme, mais, bien au contraire, de favoriser l'intelligence collective, spontanée. Les individus, quand on les laisse libres, qu'on les informe et qu'on leur donne les moyens d'interpréter le monde, sont capables de s'organiser. Bayrou cite souvent le projet Wikidedia qui l'impressionne beaucoup. Eh bien ce que je proposer, c'est de wikipédier notre société et d'accepter les décisions des Français pourvu qu'ils en assument les conséquences. A nous, les politiques responsables, de les leur montrer, de les leur expliquer, de proposer, et, aux Français d'interpréter et de faire leurs choix.

samedi, 12 décembre 2015

Ça retombe toujours sur les femmes.

J'ai suivi les enfilades qui ont suivi la sortie dégueulasse et infecte du Docteur Lecoquierre sur les femmes qui votent Front National. Pour mémoire, je rappelle qu'il appelait à les faire violer, et, dans l'ignominie, ce salopard n'hésitait pas à en rajouter une couche en suggérant que le viol soit le fait d'hommes noirs ou arabes. Ce type est un chien, parce que derrière l'ironie de façade, il y a en réalité bien une conception racialiste de la société qui s'exprime. Cela dit, ce n'est pas mon sujet.

En parallèle, j'observe que du côté de l'islamisme, ce sont toujours des femmes voilées qui sont agressées et pointées du doigt, jamais les barbus eux-mêmes.

In fine, dans tous les cas de figure, ce sont toujours les femmes qui en prennent plein la face. Coupables faciles et souvent moins portées à se défendre contre la violence...

La misogynie n'a pas vraiment de couleur politique, même si, il est vrai, certaines factions politiques et/ou religieuses lui ouvrent la voie plus que d'autres.

Un type comme Lecoquierre trahit bien ce qu'il est au fond. Et ceux qui s'en prennent aux femmes voilées montrent bien qu'ils détestent au moins autant la femme derrière le voile que le voile lui-même.

19:49 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : femmes, misogynie |  Facebook | | |

jeudi, 10 décembre 2015

De race blanche et pas honteux...

Minable Bartolone. J'avais trouvé déjà lamentable d'asservir les victimes des attentats à son élection sur twitter lorsqu'il avait ajouté sur son compte un tag appelant à voter pour lui afin de rendre hommage aux victimes. Mais là, face à Valérie Pécresse, il a franchi un pas dans l'indignité.

Je vais faire une révélation : je ne suis pas un renoi, un rebeu, je suis céfran. Et le céfran, il emmerde Bartolone et sa race blanche.

Je trouvais déjà le programme de Bartolone moins bon que celui de Valérie Pécresse, sans compter que comme député il a soutenu toutes les réformes socialistes pourraves. Mais je vois en plus que c'est un sacré connard. Ce pauvre type essaie d'instrumentaliser le rejet du FN pour mettre en difficulté Valérie Pécresse, une femme politique honorable et intelligente.

C'est d'autant plus débile qu'on sait, avec les scores monumentaux du Front National, que ce genre d'arguments est juste contre-productif. Je soupçonne fortement Bartolone de tenter de coincer Valérie Pécresse afin de l'amener à devoir se justifier et perdre ainsi des voix sur sa droite. 

Mais Valérie Pécresse n'a pas à se justifier, elle n'a jamais mangé de ce pain-là. C'est Bartolone qui amène le débat dans la boue qu'il affectionne. Imbécile. Moi, j'aime bien les serre-tête, abruti.

Quant à la Seine Saint-Denis, je ne me vanterais pas à la place de Bartolone. C'est vraiment le contre-exemple, en termes de développement, de structuration du territoire, de délinquance, et de politique de l'immigration. 

Enfin, il n'y a rien d'infamant à demeurer à Neuilly ou Versailles. Pas plus qu'en Seine Saint-Denis, au demeurant.

lundi, 07 décembre 2015

La droite est dans l'impasse

Je me demande ce qu'il va advenir de la droite. Elle n'a plus de réserves de voix, le FN ayant capté tout ce qu'il y avait à capter, et les centristes ayant fait liste commune dès le premier tour. A l'inverse, le PS disposant d'un réservoir de voix avec les verts et le front de gauche peut espérer limiter la casse. Le PS et la droite feraient mieux de s'entendre pour réaliser des désistements là où c'est nécessaire. Le PS l'a proposé, mais Les Républicains adoptent une stratégie suicidaire. Ils se maintiennent même quand ils n'ont aucune chance de l'emporter. Six régions dans l'escarcelle du Front National, cela fait beaucoup sur un total de 13 régions seulement (bravo la réforme mal menée du gouvernement !).

Je suis contre les fusions, je ne suis pas contre les retraits. Je pense que gauche et droite devraient laisser la possibilité aux modérés des deux camps (la majorité, en fait) de ne pas laisser le FN prendre le pouvoir. 

En tout cas, il ne faut pas s'affoler et tenter de récupérer par tous les moyens les électeurs front national en s'aventurant sur les terres du FN. Il faut rester ferme sur ses idées, les développer et démontrer leur bien-fondé aux électeurs.

Pour ma part, je reviendrai sur les propositions de Valérie Pécresse pour l'île de France tout au long de la semaine et je démontrerai que ce sont les meilleures pour tous ses habitants.

09:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : régionales, droite, fn, pécresse |  Facebook | | |

vendredi, 04 décembre 2015

île de France : je sais bien quoi ne pas voter mais pas encore quoi voter...

J'ai du mal à me déterminer pour mon vote de dimanche.

Ce dont je suis certain, c'est de ne voter ni PS, ni FN, ni Verts, ni Front de gauche. Mon camarade centriste, Olivier, a fait un travail fort salutaire : il a décortiqué le programme d'à peu près toutes les listes. Il a écrit plusieurs billets et il faut "feuilleter" son blog, bien sûr, cela ne représente que son avis, mais c'est suffisamment rare et utile pour mériter d'être souligné.

Voyons donc les candidats :

 

  • Valérie Pécresse (Les Républicains-UDI-MoDem) - pourquoi pas.
  • Claude Bartolone (PS) - hors de question. Z'avaient qu'à pas propulser des réformes de merde.
  • Wallerand de Saint-Just (FN)- je peux aussi foutre le feu à ma maison
  • Emmanuelle Cosse (EELV) - non, ni khmers rouges, ni khmers verts
  • Pierre Laurent (Front de Gauche) - la spoliation organisée, très peu pour moi
  • Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) - voir ci-dessus, le côté secte en plus.
  • Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) - des propositions intéressantes, mais le souverainisme, c'est niet.
  • François Asselineau (Union populaire républicaine) - crypto-facho : ferait passer le FN pour un parti gauchiste.
  • Aurélien Véron ("Aux urnes citoyens") - des bonnes idées, mais le côté libéral furieux (ubériser le transport, par exemple)  indispose la douceur centriste du libéral modéré que je suis
  • Dawari Horsfall ("Liste d'union citoyenne") - sorte de gauche-like en version associative. Rien d'original.
  • Valérie Sachs ("Nous citoyens pour l'île-de-France") - Je connais Valérie. J'aime bien lee
  • Sylvain de Smet (Fédération libertaire unitaire ouverte) - Déjà, il y a libertaire, c'est à dire probablement anarchiste. Non catégorique.
  • Nizarr Bourchada ("Union des démocrates musulmans français") - quelques idées intéressantes mais un versant communautariste et lobbyiste très clair (abrogation de la circulaire interdisant le port du voile en sortie scolaire, enseignement de l'arabe, promotion de la finance islamique et cetera...). Donc, non.

Il reste donc :

Valérie Pécresse (Les Républicains-UDI-MoDem)

Valérie Sachs (Nous citoyens)

J'ai lu le programme de Nous citoyens. Le problème, c'est qu'il est franchement très light. J'aime bien leur charte d'engagement, je sais que Valérie Sachs a des idées intéressantes, mais franchement, la plate-forme d'action de ce mouvement n'est pas assez élaborée. Recalés.

Conclusion

Il ne reste que Valérie Pécresse. 

 

Pour affronter le FN, les autres partis doivent changer.

Plus je lis Atlantico, plus j'apprécie ce magazine. C'est pour cela que j'ai renouvelé mon abonnement une année supplémentaire. Avec Slate, ce sont mes deux références.

Le webzine pose avec acuité et intelligence des questions pertinentes sur l'échec des partis traditionnels face au FN avec quelques constats bien sentis que l'on doit entre autres à Serge Federbusch, le taulier fameux de Delanopolis.

Première observation : les partis politiques ne doivent plus affronter le FN comme un parti de contestation mais comme un parti d'alternance car c'est ainsi qu'il apparaît aux yeux de son électorat désormais. Le vote qui le propulse est devenu un vote d'adhésion.

Deuxième observation : les partis politiques doivent changer et admettre devoir donner une réponse à des préoccupations récurrentes dans une part non négligeable de l'électorat :

- la souveraineté et le statut de l'Europe

- l'insécurité

- le chômage et le protectionnisme

- l'identité et avec elle, l'immigration ainsi que le développement du radicalisme islamiste dans les banlieues.

Sur le premier point, je connais le discours de ma famille politique : plus d'Europe. C'est une idée à laquelle j'adhère, mais, comme le disait un certain général, il ne suffit pas de sauter comme un cabri en clamant «l'Europe !, l'Europe !».

Je reproche à ma famille politique, les centristes et les libéraux modérés, d'accepter des concessions et des accords avec une institution dont l'arrogance et la technocratie sont devenues insupportables. Nous, Démocrates et Libéraux, ne devons plus admettre d'Europe autre que démocratique. Autrement dit, il faut récuser toutes les décisions venues des commissions, voter non à tout tant qu'un Parlement élu au suffrage universel et un président nommé de la même manière ne prendront pas la direction de l'Union Européenne. Cela suppose un radicalisme démocratique que seul Bayrou semblait avoir commencé à incarner en 2007 mais dans lequel il faut s'engager. Il faut ériger le principe de subsidiarité en principe directeur de l'Union et récuser les décisions et leçons de morale supra-nationales particulièrement insupportables. Cette Europe n'a pas à dicter aux peuples leur conduite car ils ne l'ont pas portée au pouvoir. Il faut donc des référendums partout et prendre acte des votes nationaux quitte à défaire ce qui doit être défait. 

L'insécurité, je l'ai largement évoquée ce sur blog. Incroyable qu'il faille l'État d'urgence pour avoir une police qui marche. Les juges laxistes doivent être récusés. Hollande a raison de vouloir constitutionnaliser l'État d'urgence, à condition d'y mettre des garde-fous. Il faut revoir nos lois et nos procédures de manière à ce que la justice cesse d'être laxiste et que la police puisse faire son travail. Ce n'est plus le cas depuis de nombreuses années.

Le développement des productions nationales est ce qu'il y a de plus pertinent tant d'un point de vue social qu'environnemental. C'est le principe du Made in France ou ailleurs, au demeurant. Il y a une vraie réflexion à mener à propos de ce que l'on appelle la concurrence libre et non-faussée. Les critères environnementaux doivent à mon avis être inclus dedans. Il faut réfléchir aux aspects sociaux. Le développement des labels éthiques est une alternative et une piste intéressante.

Pensons qu'il est de notre intérêt de travailler main dans la main avec nos amis européens et plus largement avec les démocraties dès lors qu'elles admettent les mêmes paramètres. De ce point de vue, l'attitude de la France et de l'Europe avec la seule démocratie du Proche-Orient, Israël est aussi odieuse qu'incroyable. 

Je maintiens que pointer du doigt l'Islam est une erreur. C'est le radicalisme qui s'est emparé de l'Islam et non l'inverse. Il y a des causes multiples mais il y en a au moins une qui ouvre grand le chemin au djihadisme c'est l'impunité incroyable offerte à la délinquance depuis de nombreuses années. Et ce n'est pas tout : c'est l'atmosphère dans les cités, la misogynie impunie, le mépris des forces de l'ordre, de tous les services de l'État qui permettent les déviances. Pas de droitdelhommisme larmoyant dans les cités, c'est là où la reprise en main la plus ferme et la poigne sont absolument requises.

Il n'y a pas tant un problème d'immigration que d'intégration. L'immigration vient grossir la plupart du temps les zones où la délinquance et la misère sont déjà fortes. Cela dit, nous devrions être intraitables, pour ceux qui viennent, avec l'égalité hommes-femmes. Elle est au coeur et à l'origine de toutes les dérives dès qu'elle est remise en cause. Dehors tous ceux qui veulent s'installer en France et ne la reconnaissent pas dans son intégrité.

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Face au FN, l'art d'être contre-productif...

Insensé le déchaînement qui vise le FN à gauche, à droite et dans les hautes sphères dirigeantes. On ne saurait mieux faire pour légitimer ce parti.

Quand on fait campagne, on essaie de le faire sur ses valeurs, ses idées et ses réussites, pas sur la peur de l'ogre. Le problème du gouvernement Valls, ce n'est pas le Front National mais son incompétence et son absence de résultats. Le FN ne prospère que sur ce seul travers ou presque (je devrais tout de même ajouter l'habitude au PS du «faites ce que je dis, pas ce que je fais»).

Le PS a fait exploser les impôts, imposé super-laxiste comme ministre de la justice, promu deux réformes minables au sein de l'Éducation nationale (rythmes scolaires, réforme du collège aboutissant à la disparition de l'allemand, du latin et du grec, plus généralement à un affaiblissement de l'école) : rien que ça, cela suffit à le discréditer complètement.

Les Républicains sont plombés par le bilan de cinq années de gouvernement Sarkozy et par l'action de l'UMP. Comme de surcroît ils n'ont guère d'idées, et que, tout le comme le PS ils ont passé un temps considérable à faire l'inverse de ce qu'ils disaient, on peut dire qu'ils sont passablement disqualifiés.

Cela dit, le FN est lui-même d'une malhonnêteté insigne : voilà un parti qui se targue de rétablir l'ordre mais qui vote systématiquement contre toutes les mesures qui permettent de le rétablir. Le FN a voté contre la loi-renseignement, contre l'installation de portiques aux entrées des gares, contre un fichier européen de suivi des voyageurs aériens (Marine Le pen a voté contre au Parlement européen) et il y a encore quelques perles du même acabit. Quand on prétend protéger la nation, on ne commence pas par désarmer la République...

 

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mardi, 01 décembre 2015

Agriculture biologique contre agriculture polluante

Le modèle économique de la très grosse ferme me laisse perplexe depuis plusieurs années. Je ne vois pas quel est l'intérêt de devoir s'endetter pour des centaines de milliers d'euros, ne jamais avoir de vacances et trimer du matin au soir et du soir au matin, tout ça pour finir le mois avec à peine un SMIC. C'est pourtant le lot commun de la plupart des agriculteurs.

En agriculture comme en urbanisme ou encore en administration du territoire, j'ai une défiance envers le "big is beautiful de longue date.

Si la grosse ferme engendre des coûts tels qu'elle ne permet pas à un agriculteur de vivre, pourquoi ne pas revenir à des exploitations familiales ? Évidemment, dans cette optique, pas question de se positionner sur le créneau des gros producteurs. Il faut chercher d'abord un label biologique et écologique : pas de saloperies de pesticides qui empoisonnent les eaux et provoquent des cancers, pas de saleté d'antibiotiques parmi les animaux qui créent des bactéries résistantes.

Ensuite, il ne faut pas s'engager seulement sur des critères environnementaux et sanitaires ; il faut viser l'éthique. Je pense à la souffrance animale. Il n'existe aucun label à l'heure actuel qui assure que les animaux soient bien traités. Le label rouge est ce qui offre le plus d'espace aux animaux d'élevage mais il ne faut pas se leurrer, cela reste dérisoire. Ne croyons pas non plus pouvoir nous fier aux déclarations des artisans-bouchers. Ils peuvent bien raconter tout ce qu'ils veulent à propos des veaux élevés sous les mamelles de leur mère, c'est du marketing. Un discours tout fait qui ne correspond absolument pas à la dureté des élevages.

Les crises sanitaires majeures vont se multiplier : l'alimentation biologique deviendra alors un refuge. Les Français finiront par accepter de payer davantage pour une nourriture de qualité. Ils y gagneront en termes de santé, surtout si ce changement s'accompagne d'une évolution des habitudes alimentaires : moins de viandes, plus de végétaux.

Je suppose qu'il faudrait calibrer un grand plan de conversion de l'agriculture. La France doit au minimum rester auto-suffisante. La demande venue des pays émergents est croissante mais pas forcément pour de l'alimentation biologique. Pour nos exportations, il faudra réfléchir à la possibilité d'une filière bio. Il pourrait être intéressant de la coupler avec des modes de transports à peu près propres et créer un label qui aurait vocation à être facilement identifiable et connu par les consommateurs.

Espérons que les conversions biologiques se multiplient !

 

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