Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 10 janvier 2015

Gravissime faute de BFM qui a bien failli faire tuer des otages

La faute de BFM est si grave que cette chaîne mériterait une sanction exemplaire. Au cours de la prise d'otages au supermarché de la Porte de Vincennes, la chaîne a révélé en direct que cinq adultes et un enfant se cachaient dans une chambre froide. Coulibaly avait les moyens de savoir ce que disait la chaîne à tous moments et c'est une véritable chance qu'il n'ait pas pris garde au bandeau qui défilait sur l'écran.

La femme de l'un des otages a réagi avec horreur et indignation.

C'est sans doute la pire faute déontologique qui ait jamais été commise, d'autant que la chaîne était en relation directe avec l'un des otages et a donc utilisé une information vitale à de viles fins commerciales.

Je souhaite que BFM TV qui cherchait avant tout l'audience ne s'en sorte pas indemne. 

Au passage, ce n'est pas la seule faute d'une chaîne TV. France 2 qui communiquait avec la soeur de l'homme caché sous un évier dans l'imprimerie où s'étaient réfugiés les Kouachi a passé en direct son témoignage alors qu'elle disait qu'elle était très inquiète de l'absence de son frère et qu'il avait peut-être éteint son portable pour ne pas se faire repérer. Elle aurait pu mettre la puce à l'oreille des deux frères. Une faute très grave.

Dernier détail, les médias ont diffusé en direct l'assaut de l'hypermarché, or, il a eu lieu deux minutes avant celui de Dammartin. Si les frères Kouachi avaient eu un otage ils auraient pu avoir l'idée de l'exécuter sur le champ en constatant que le RAID s'apprêtait à investir l'hypermarché.

A plusieurs reprises, pendant ces jours dramatiques, les médias ont constitué une source de dangers supplémentaires. Je souhaite que le CSA réagisse, et pas seulement par un avertissement solennel, cette fois.

22:47 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : bfm, information | |  Facebook | | | |

Peine de mort, totale irréflexion des Le pen, père et fille !

Je me demande parfois si cette femme réfléchit avant d'ouvrir la bouche. Elle propose de rétablir la peine de mort. Pour qui ? Pour les djihadistes ?

Il semble lui avoir largement échappé que les djihadistes se contrefoutent de mourir. Elle compte faire quoi avec sa peine de mort ? Les terroriser ?

Bref. Passons. Avec la hashtag minable de son père #JeSuisCharlieMartel on a là un florilège des réactions les plus malsaines et stupides qui ont accompagné les événements dramatiques que nous venons de vivre.

11:13 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : le pen | |  Facebook | | | |

vendredi, 09 janvier 2015

France-Islam, une longue histoire d'amitié...

Oui ! Pas d'amalgame. C'est très tendance de moquer le hashtag du même nom sur twitter, et pourtant, s'il est un moment où nous devons tous nous serrer les coudes, c'est bien aux heures sombres que nous vivons. Pointer nos concitoyens en raison de leur confession ou de leurs origines serait d'une bêtise sans nom. L'Islam vit une crise très grave depuis une trentaine d'années. Une crise comme il n'en a jamais connu dans son histoire. Son épicentre n'est pas ici, en France, mais au Proche-Orient et au Maghreb. C'est là où il y tombe le plus de pauvres gens. Ce que nous subissons, nous, ce sont les répliques des déchirures. Plutôt que d'ajouter de l'huile sur le feu, nous avons tout intérêt à nous demander plutôt comment nous pouvons aider l'Islam.

Il y a des imbéciles qui ont cru bon de profaner des mosquées, ou, pire encore, projeter des engins enflammés dans leur direction. Ceux-là ne valent pas mieux que ceux qui s'en prennent aux synagogues.

L'amitié entre la France et les Musulmans est pourtant ancienne. Elle commence dès les premiers temps de l'Islam.

A la fin du VIIIème siècle après Jésus Christ, Charlemagne prend contact avec le Calife abbaside Haroun al Rachid. Il lui demande de protéger les monastères d'Orient et les pélerins qui se rendent ent terre sainte. L'amitié est si forte entre les deux princes que le chroniqueur Eginhard souligne que rien n'importait plus à Charlemagne que l'amitié de ce prince. 

Il y eut l'épisode malheureux des croisades, bien que des mouvements de sympathie réciproques se produisirent aussi parfois entre Croisés et Musulmans. Alors que la deuxième croisade vient de prendre fin 10 années auparavant, de brillants et enflammés échanges opposent Thomas d'Aquin et Averroès autour de l'interprétation qu'il convient de donner au Traité de l'âme d'Aristote.

Mais, à la Renaissance, c'est vers la Sublime Porte que François 1er se tourne pour briser l'étau de Charles Quint et les deux souverains, celui de l'Empire Ottoman et de la France échangent des cadeaux somptueux.

Les lettres connaissent alors un essor extraordinaire de l'orientalisme : Othello est le héros de la pièce du même nom de Shakespeare. On admire la sagesse perse et arabe : Zadig est un héros arabo-musulman, Montesquieu écrit les Lettres persanes et la mode s'empare des tenues venues d'Asie mineure.

Victor Hugo écrit au beau milieu du XIXème siècle l'un des plus beaux hommages qui aient jamais été rendus au prophète Muhamad (Mahomet), l'An neuf de l'Hégire.

En dépit des dégâts du colonialisme au XIXème siècle, la presse entière salue l'édification de la première mosquée en France à Paris au début du XXème siècle.

Pendant longtemps, on loue la fierté arabe et Anglais et Français rivalisent d'études sur l'Islam tant sunnite que chiite au point que nombre de penseurs de l'Islam aujourd'hui considèrent encore ces savants occidentaux comme des références.

L'Islam est en difficultés et des esprits pervertis le ternissent. Est-ce que cela signifie que nous devons l'abandonner en rase-campagne et le conspuer après plus de dix siècles d'amitié ininterrompue ?

Je me suis glissé (enfin j'ai essayé), hier, dans la peau de la haine et j'ai évoqué les blessures associées à l'identité. Dans cette histoire, ceux qui vont avoir le plus mal à leur identité, ce sont nos concitoyens musulmans, eux qui n'osent plus nous regarder alors qu'ils ne sont en aucun cas comptables des actes de déséquilibrés. Je pense sincèrement que ce n'est pas le moment de les regarder de travers ni d'exiger des actes spécifiques de contrition de leur part alors qu'ils n'avaient rien demandé à personne. 

15:56 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : islam, france, amitié | |  Facebook | | | |

Charlie Hebdo : dans la peau de l'Ennemi

J'ai entendu et lu la condamnation de nombreux collectifs musulmans ainsi que des principales autorités de l'Islam en France et dans plusieurs pays étrangers. Mais j'ai lu aussi, sur les réseaux sociaux, des soutiens s'exprimer assez nettement envers les assassins de la rédaction de Charlie Hebdo. Du coup, je me suis mis à suivre plusieurs profils et j'ai même parfois engagé la conversation pour essayer de comprendre leur fonctionnement. J'ai parfois essayé de me glisser dans leur peau en me fabriquant de toutes pièces un miroir utile pour comprendre une haine que je pourrais partager dans d'autres circonstances.

Ce qui me frappe, tout d'abord, c'est que les Musulmans éduqués condamnent globalement sans ambages les faits atroces qui se sont produits. Là où j'ai vu chez des soutiens, c'est chez des individus faiblement cultivés (souvent pas du tout, en fait) et particulièrement chez les jeunes des quartiers dits sensibles, lycéens ou non.

Leur rapport au fondamentalisme est assez étrange : on trouve des gamines, jeunes filles souvent jolies, habillées à l'occidental, tenant des propos dans un langage fort peu châtié de nature à faire rougir une tomate, se référant constamment à des séries et à des modes américaines. Du côté des garçons, ce peut être des hommes d'un certain âge, souvent obsessionnels et maniaques, adeptes de théories complotistes de toutes sortes, mais surtout des jeunes baignant dans la culture "rap" (et assimilée), le mépris de l'État, de la France, de ses représentants de l'ordre et très communautaristes. Les Babtous, ce sont les blancs, les Européens, les occidentaux  (ça vient de toubab). Mais en réalité, ces jeunes-là se chamaillent aussi selon leurs origines, Tunisiens, Algériens et Marocains se moquant les uns des autres. D'un côté ils adoptent des tenues et des discours sexuellement explicites très provocants, de quoi donner une crise cardiaque à l'intégrisme traditionnel, et de l'autre, par un étrange retournement scizophrénique, ils défendent dur comme fer toute mention de l'Islam ou du Coran, considérant l'un et l'autre comme un marqueur d'identité absolu.

Pour essayer de comprendre cela, j'ai essayé de me glisser dans deux peaux différentes. J'ai d'abord lu le dernier billet de Koz, être ou pas être. Le Catholique et homme de foi qu'il est évoquait l'une des dernières Unes de Charlie Hebdo, partagé entre deux émotions : d'un côté, défendre le droit à s'exprimer, de l'autre l'absence de sympathie pour une revue qui a si souvent bafoué l'Église. L'issue de son billet ne comporte aucune ambiguïté, l'horreur l'a submergé plus que tout.

Pourquoi aussi peu d'empathie chez les jeunes des cités, dans ces conditions ? Pour essayer de comprendre leur cheminement, je me suis demandé comment j'aurais réagi si j'avais appris ce jour-là que deux furieux s'étaient rendus dans un spectacle de Dieudonné auquel assistait Alain Soral, les avaient cartonnés l'un et l'autre et tiré dans le public provoquant vingt morts.

Mes lecteurs vont certainement être épouvantés de ce que je vais écrire. J'aurais été partagé. D'un côté, j'aurais été furieux que deux abrutis donnent une légitimé à Dieudonné et Soral en faisant des martyrs de ces derniers, mais de l'autre, je n'aurais eu aucune empathie pour eux ni pour leur public que je considère comme complice. Une part de moi-même aurait certainement pensé " bien fait pour leur gueule" et je ne me serais associé à aucune action de commémoration ni de condoléances (de même d'ailleurs que Dieudonné et Soral n'ont pas réagi au drame de Charlie Hebdo et pour cause, ils sont des partisans de la grande alliance entre l'extrême-droite et l'islamisme !).

Je me suis dit que s'il y avait en France des Musulmans pour considérer les dessinateurs de Charlie Hebdo de la même manière que moi je puis considérer Dieudonné ou Soral, alors, je pouvais les comprendre.

Je me heurte évidemment à une objection de taille : sans partager leurs idées, en étant souvent choqué par leurs attaques (souvent imbéciles) contre les religions, je n'en ai pas moins trouvé toujours sympathiques et humains tous les dessinateurs de Charlie Hebdo qui me faisaient souvent rire malgré tout (même quand la caricature me semblait idiote et inutilement provocatrice). Oui, je les aimais bien et je pense que c'étaient des êtres de valeur, en dépit de leurs travers.

Seulement, voilà, ça, c'est mon sentiment à moi. Je considère qu'il n'y a pas plus nocif que le relativisme des valeurs. Charb, Cabu, c'est autre chose que Dieudonné. Mais dans ce domaine, l'argumentation est souvent difficile. Nous sommes dans l'affect à plein d'égards. En termes de droit et même de morale, je sais très bien qu'on m'aurait objecté que l'assassinat était ignoble quelles que soient les cibles. Et sans doute que la part de rationalité aurait en son for intérieur approuvé le raisonnement, mais l'émotion l'aurait emporté en surface et rien n'aurait pu m'amener à condamner très explicitement un tel crime.

Si les attaques contre le Coran et l'Islam ont heurté aussi profondément certains Musulmans que le font ces pourritures de Dieudonné et Soral, je peux concevoir aisément leur haine. Bien sûr, je ne la trouve pas juste, je pense qu'il y a du fanatisme derrière cela, et en valeur absolue, Cabu, Charb et les autres portaient au fond un idéal d'une très grande humanité même s'ils se plaisaient à moquer sans pitié leurs adversaires.

Au sein de cet islam de banlieue, avec toutes les contradictions que ceux qui le vivent portent, on a du mal à ne pas penser que les dessinateurs ont eu ce qu'ils méritaient. Plusieurs de ceux avec lesquels j'ai discuté l'ont dit ou explicitement, ou à demi-mot. J'ai noté aussi que chaque fois qu'on les renvoyait à l'horreur du geste, ils parlaient de la Palestine. Ils ne parlent, d'ailleurs QUE de la Palestine et Israël. Jamais du reste. Pas un mot pour les populations civiles syriennes ou irakiennes, yézidis, chrétiennes, chiites, kurdes ou sunnite rebelles à l'hégémonie de Daech. Ils s'en foutent, hurlent au complot ou ignorent simplement tout par inculture. C'est pour cela que je dis que ce sont des maniaques. Je ne parle même pas, évidemment, de la minute de silence dans les quartiers difficiles...

S'il y a pourtant des peuples qui peuvent nous comprendre, c'est bien les Syriens, les Irakiens ou, plus proches de nous, les Algériens. Une connaissance qui a connu les années de plomb de la période 1990-2000 et son cortège de 200 000 morts (elle est Algérienne) m'a confié qu'elle ne parvenait plus à dormir de nouveau. Cela avait éveillé en elle le souvenir de ces commandos du GIA qui pouvaient surgir à tout moment dans une salle de rédaction ou dans une simple maison de particuliers et liquider tout le monde à coups de kalachnikov.

Nous ne sommes pas sur des problématiques simples. Sarkozy a certainement très mal amené son débat sur l'identité nationale, mais c'est pourtant une question centrale. Disons, plus justement, que l'identité tout court est une question centrale. De plusieurs points de vue, ces jeunes se comportent comme bien des Français, mais ils ne se sentent pas Français. Et pourtant, ailleurs, ils seraient à la ramasse. Leurs identités de substitution ne se nourrissent que de rancoeur et de dépit, qu'ils alimentent aussi en restant entre eux. Comme quoi, le communautarisme, ce n'est vraiment pas une bonne idée, surtout s'il s'associe à la pauvreté.

Je n'ai pas de conclusion à apporter à ce billet. J'en reste là dans l'immédiat. Je ne retire rien à ce que j'ai écrit le jour même du crime mais d'autres questionnements me taraudent depuis un long moment déjà. L'un des djihadistes était magasinier dans une grande surface. J'en ai croisé souvent, des immigrés ou fils d'immigrés arabes dans des grandes surfaces. Souvent des gens sympas, conviviaux, accueillants. Pas qu'on imaginerait lâcher une rafale de kalachnikov ou devenir de la vraie racaille de retour à domicile. Alors quoi ? Docteur Jekyl de jour et Mister Hyde la nuit ? Allez savoir... Comme moi, peut-être quand l'émotion prend le dessus...

00:26 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : islam, djihadisme, banlieue | |  Facebook | | | |

jeudi, 08 janvier 2015

Convier ou non le FN à la marche républicaine ?

J'y ai bien réfléchi, et je vais faire court. Je pense qu'il ne peut y avoir d'exclusion à l'unité nationale. Le FN s'inscrit dans la structuration démocratique de notre pays depuis longtemps et ne menace pas nos institutions. S'il y a une marche, il faut appeler tous les Français à s'y joindre quelles que soient les opinions politiques de chacun. Mais je crois qu'il ne faut pas inviter des partis, ce serait une erreur, mais des individus. On peut consulter des instances techniques des partis de manière à organiser le défilé pour éviter des heurts entre gens qui ne peuvent pas se sentir.

En somme, il n'y a pas matière à inviter officiellement des partis, mais chacun peut s'y joindre s'il s'en sent le coeur.

16:05 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : marche républicaine, fn | |  Facebook | | | |

mercredi, 07 janvier 2015

Attentat à Charlie-Hebdo : le problème n'est pas l'Islam mais les cités

Je pense qu'on va encore se tromper de cible après l'affreux massacre qui a visé Charlie Hebdo. L'Islam va être pointé du doigt et on va demander des comptes aux Musulmans dans leur ensemble. On sait, maintenant, que le crime a été accompli par deux racailles des cités revenus de Syrie pour commettre leur forfait.

Le crime est épouvantable, mais le pire n'est pas là. Le pire, ce sont les réactions sur twitter ou sur facebook des jeunes des cités, originaires d'Afrique sub-saharienne ou du Maghreb. En fait, un nombre conséquent d'entre eux approuvent ou trouvent des circonstances atténuantes au crime. 

Le djihadisme se nourrit de la rencontre des facteurs suivants :

a) concentrations ethniques et sociales dans des zones d'habitation de type cités

b) impunité à peu près totale pour la racaille, et ce, jusque dans les prisons (il n'y a qu'à voir aux Baumettes). Merci le laxisme inouï de de la justice et des médias depuis plus de trente ans.

c) talibanisation des banlieues depuis 15 ans qui vise particulièrement les filles. La racaille se convertit à l'Islam pour redorer son blason, et entraîne dans son sillage tout son environnement, y compris des Catholiques ou laïcs, Africains ou Européens, qui finissent par adopter le discours et les opinions de la racaille. L'Islam sert de véhicule à cette talibanisation parce que de nombreux pays musulmans ont adopté une interprétation du Coran hystérique et intégriste. Mais cela aurait tout aussi bien pu être une autre religion si les circonstances avaient été différentes.

Les djihadistes viennent donc de notre pays et pas d'ailleurs. On peut souligner si l'on veut le rôle déstabilisateur du Qatar ou de l'Arabie Saoudite au sein de l'Islam, mais l'honnêteté commanderait de reconnaître que nous payons surtout nos errements depuis 40 ans : immigration incontrôlée, regroupements ethniques et sociaux, laxisme, absence de fermeté.

Les attentats en France ne sont pas une fatalité. En rétablissant la loi, la justice, en protégeant très fermement les filles dans les banlieues (et je ne parle pas de déclarations d'indignation sur les réseaux), en réformant les prisons (il faut les doter de moyens considérables), en réformant la justice tant du point de vue des lois (refondation du code pénal en associant les plus fortes peines aux crimes) que des magistrats (il faut peut-être affecter à la "circulation" les juges gauchistes qui se permettent des murs des cons où ils épinglent les pères de jeunes filles violées et tuées), on peut renverser la vapeur. Et, pour que toutes ces réformes aient un sens auprès de ceux qui les vivent, il faut aussi leur donner des perspectives.

C'est une politique de longue haleine, très éloignée de ce qu'ont fait droite et gauche, la première surfant sur les événements, la seconde bêlant à perdre haleine, depuis de nombreuses années.

On va me dire que j'instrumentalise ce qu'il vient de se produire. Eh bien non ! Ce que je dis, je le dis depuis longtemps. Je suis convaincu que le sort affreux de nos journalistes n'est pas un accident. C'est un enchaînement dont on aurait pu stopper la logique avec une véritable volonté. Aujourd'hui, tout le monde va s'indigner, mais qui va s'attaquer aux racines du mal ?

16:58 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : criminalité, banlieue, djihadisme, islam, islamisme | |  Facebook | | | |

mardi, 06 janvier 2015

Un élu PS lyonnais a raison de refuser la gratuité des transports

Une fois n'est pas coutume, je vais prendre la défense d'un Socialiste. Il s'agit de Bernard Rivalta, président du Sytral, le syndicat de transport de l'agglomération lyonnaise. On lui reproche de ne pas verser de larmes de crocodiles sur la fraude et de suggérer aux plus démunis de limiter leurs déplacements plutôt que de frauder

Eh bien il a parfaitement raison. Et il fait l'objet d'une campagne de presse minable, comme d'habitude, avec les mêmes poncifs hypocrites et bêlants.

Accessoirement, ce n'est pas nécessairement les plus démunis qui fraudent, encore une vue de l'esprit et un a priori bêlant de la boboitude libertaire dégoulinante de bonne conscience qui squatte médias et réseaux sociaux.

Voilà ce que dit Monsieur Rivalta et je l'approuve : 

« Le fraudeur manque de culture collective, il oublie que ne pas payer va impacter ceux qui payent (…) Il faudrait apprendre aux gens à maîtriser leurs déplacements : quand ils n’ont pas beaucoup de moyens il faut qu’ils ne se déplacent que dans la mesure où ils en ont besoin et non pas uniquement parce qu’ils en ont envie. »

et encore « Tout ce qui est gratuit n’a plus de valeur, c’est d’ailleurs comme ça que l’URSS a coulé (…). Non je ne suis pas favorable à la gratuité. Pourquoi ferait-on des transports en commun gratuits, pourquoi ne ferait-on pas le litre d’essence gratuit ? Le vélo gratuit ? Pourquoi ne ferait-on pas tout le reste gratuit ? »

Franchement, pas mieux, pas un mot à ajouter.

23:46 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : fraude, gratuité, transports, rivalta | |  Facebook | | | |

samedi, 03 janvier 2015

Faut-il refuser de serrer la main à un militant/une militante du FN ?

Je dirai que toute la question que je me pose est dans mon titre. Je sais que le réveillon commun de jeunes de l'UMP et du FN a fait polémique, comme le titre le Parisien.

C'est toujours difficile de bien calibrer la relation que l'on doit entretenir avec le Front National. Pour les Socialistes, c'est la diabolisation à outrance, et, on doit leur en donner quitus, ils sont sincères. Ils considèrent vraiment que le Front National est le mal absolu.

Je me suis demandé moi-même comment je réagirais si dans mon métier, je devais serrer la main à un militant, un élu FN ou même un cadre majeur comme Philippot pour ne pas évoquer Marine Le pen elle-même.

Serrer la main, c'est évidemment accepter de voir rentrer son adversaire dans la normalité. C'est donc un risque, de fait, parce que pour ma part, je ne considère pas le Front National comme un parti normal. 

En même temps, le combat se mène sur les valeurs et les idées. Je ne partage rien des convictions du Front National, et, comme François Bayrou, je pense que ce parti cherche à diviser notre pays et tirer parti du désarroi qu'il induit. J'ajoute que son discours violemment anti-libéral et populiste me déplaît profondément d'autant que je pense que son programme économique nous conduirait droit dans le mur. 

Je m'imagine difficilement passer un réveillon avec des jeunes (ou pas, d'ailleurs) du FN : quoi leur dire ? Nous pourrions évoquer sans doute la pluie et le beau temps sur lesquels nous pourrions tomber d'accord, encore que...je les crois capables d'envisager un complot de France Météo...

Au fond, ce n'est pas tant que la seule étiquette m'empêcherait de discuter ou de trinquer ; c'est plutôt que cela risque de coincer assez vite quand on va évoquer nos idées respectives ou même quand les valeurs que nous portons respectivement vont nous échapper malgré nous, aussi bien dans le feu d'une discussion qu'à l'occasion d'une remarque anodine.

Je ne cherche pas à stigmatiser un jeune FNJ pour son étiquette, mais son choix, évidemment, m'interpelle. 

Une bise, une poignée de mains, ont une portée symbolique évidente. Elles supposent une certaine forme de reconnaissance sinon de complicité. 

Il me semble que l'on peut rester poli et courtois avec les adhérents et militants du Front National. On peut même prendre un verre avec eux, pourquoi pas. Mais on doit rester roide sur ce que l'on veut pour soi et pour la France, roide sur ce que l'on ressent, roide, enfin, sur son éthique personnelle.

Une chose est sûre : je peux être amené à serrer la main d'un militant FN si les circonstances ne prêtent pas à confusion, mais je ne pourrai m'empêcher, en mon for intérieur, de continuer à éprouver une gêne. Et même si cette gêne n'est pas formulée, elle vient de l'intérieur de moi-même, je peux même la nommer en l'analysant : je sais que c'est de la culpabilité. Je ne dis pas que l'on a forcément raison de se sentir coupable, car la culpabilité nous ronge dans bien des circonstances de bien fâcheuse manière, mais si elle est là, c'est bien qu'elle correspond à une situation moralement insatisfaisante.

 

19:39 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : fn | |  Facebook | | | |

Guerres impossibles ?

Quelle est l'efficacité des armes et engins de guerre aujourd'hui dans les conflits ? On peut légitimement se poser la question en constatant les effets des frappes aériennes des forces qui luttent contre Daech en Syrie et en Irak.

Un avion de chasse coûte des dizaines de millions de dollars et chaque obus ou bombe des centaines de milliers de dollars. Or, quand l'on considère le bilan des frappes contre les terroristes on obtient quelques dizaines de cibles atteintes. Il faudrait ajouter aux coûts évoqués la logistique et le carburant nécessaire pour opérer les sorties. 

Ce n'est plus un gouffre, c'est un trou noir financier. Et j'ai l'impression que le bilan serait inférieur encore sans l'efficience très forte des technologies les plus avancées.

Est-ce que, à ce stade-là, ce ne serait pas bien plus rentable d'engager des tueurs à gage et de promettre un million de dollars par têtes de djihadistes identifiées ? Bien que cette proposition soit moralement affreuse, elle a le mérite de ne pas faire plus de victimes civiles que nos frappes chirurgicales et d'être financièrement abordable. Il reste à savoir s'il existe qui que ce soit dans le monde capable d'accomplir une mission aussi dangereuse...

Si la progression contre Daech semble très lente, il y a malgré tout un point dont il faut se féliciter absolument : les frappes alliées sont si calibrées et précises qu'elles ne semblent avoir guère fait de victimes civiles (il n'y en a pas eu d'échos, en tout cas). Ce bilan-là est impressionnant.

A l'exception de la France au Mali qui semble à peu près contenir son ennemi, toutes les autres interventions occidentales se sont soldées sinon par des échecs du moins par des retraits sans que les buts annoncés soient atteints.

On peut mettre en exergue l'absence de finalité politique commune dans ces interventions, comme le fait Jean-Marc Lafon sur le blog Theatrum Belli, bien sûr, mais cela n'explique pas les difficultés militaires. 

Les guérillas, je le sais, ont toujours été difficiles à réduire. La volonté occidentale de ne pas faire de victimes dans ses propres rangs ajoute une contrainte, et, celle de ne pas blesser de civils dans les opérations militaires rend très délicates toutes les opérations. Cela suffit-il à expliquer pour autant la disproportion entre les moyens engagés et les résultats obtenus ? Je ne le sais pas.

 Je note que des progrès sont enregistrés quand les forces occidentales disposent d'un appui terrestre assuré par des alliés très engagés et impliqués.

Les YPG kurdes à Kobané, les forces tchadiennes au Mali en sont des bons exemples. En Afghanistan, tant que les Américains ont pu compter sur des tribus sunnites alliées et sur l'Alliance du Nord, la grande force militaire de feu le commandant Massoud, ils ont progressé. Mais après, les choses se sont délitées, les Talibans regagnant petit à petit du terrain.

Peut-être est-ce aussi une question de temps. Daech s'est préparé de longue date à la guerre. Il faudra du temps pour que les alliés kurdes soient opérationnels avec du matériel moderne, et, sans doute est-ce à l'usure, paradoxalement, que les djihadistes tomberont. En Afghanistan, l'issue semble bien plus compromise faute d'alliés fiables et motivés.

17:10 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : guerre, syrie, daech, irak, taliban, afghanistan | |  Facebook | | | |

samedi, 27 décembre 2014

Pauvreté et hypocrisie à la française

Je rejoins complètement Altantico (je ne crois pas que ce soit les contributeurs mais bien la rédaction du journal qui énonce le point de vue avec lequel je m'accorde dans l'article que je cite) dénonçant l'indignation de façade à propos de la pauvreté.

J'en vois passer des messages, sur facebook ou sur twitter, empreints de yaka et de faukon. Et franchement, ils ont le don de m'énerver. Bon sang, taisez-vous tous et faites quelque chose au lieu de pleurnicher.

Faire quelque chose pour lutter contre la pauvreté, c'est assez simple :

1.Apporter un sandwiche et de l'eau au SDF qui se trouve au bas de chez soi, pour autant qu'il s'agisse d'un individu aimable et pas agressif.

2. S'engager dans une association humanitaire en la finançant ou en étant présent sur le terrain

3. Je l'ai toujours dit, notre porte-feuille est notre force : j'en entends couiner avec force mais quels vêtements portent-ils ? Quels jouets achètent-ils ? Achetez des objets fabriqués en France, cela vous évitera d'exploiter des enfants quelque part en Asie ou alors, ne consommez que les labels équitables du type Max Havelaar. On peut faire pression sur les plus grandes entreprises en refusant de leur acheter quoi que ce soit jusqu'à ce qu'elles aient relocalisé leur production en France ou qu'elles aient obtenu le label de l'association ad hoc.

Je récuse par avance l'argument du "on n'a pas tous les moyens". On a toujours les moyens de faire un peu. Acheter des mouchoirs Lotus plutôt que Kleenex puisque les premiers sont made in France, par exemple, s'il s'agit juste de verser des larmes de crocodile.

Quant aux SDF, je pense que la question est complexe. Il n'y a pas un type de SDF mais plusieurs sortes, et dans ces catégories-là, je pense que les immigrés en situation illégale ont vocation à être reconduits chez eux. Je pense également que ceux qui sont multi-assistés (il y en a) ou qui veulent pas faire d'efforts quand on leur propose un emploi, n'ont pas vocation à être aidés davantage.

Prévoir simplement un endroit où des SDF pourraient recevoir des courriers et en écrire, consulter des offres d'emploi et, pourquoi pas, se voir délivrer l'équivalent d'une quittance de loyer (souvent le sésame pour toutes sortes de documents administratifs ou contractuels) ce serait déjà un grand pas.

Je préfère un État qui facilite et qui aide les gens à se reprendre en main à un État qui les assiste continuellement tandis qu'il ponctionne jusqu'à la moëlle ceux qui triment et met en place une fiscalité totalitaire (j'y reviendrai dans un prochain article).

12:20 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : pauvreté | |  Facebook | | | |