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mardi, 12 avril 2016

Boycotter les marques qui proposent des vêtements "islamiques" ? Absurde.

J'avoue avoir connu Élizabeth Badinter nettement mieux inspirée. Voyons : elle suggère de boycotter les marques de vêtements qui proposent des tenues islamiques, c'est à dire conformes aux canons des régimes intégristes et autoritaires. Je pense qu'Élizabeth Badinter fait une très grande erreur d'analyse.

Si la mode s'en mêle, particulièrement les créateurs, je peux lui garantir que ce ne sera pas le rigorisme qui va gagner...

Le principe moteur de la mode et des marques, c'est de toujours pousser à la singularité (en apparence, tout du moins) et pour cela, elles doivent tôt ou tard se démarquer. En réalité, si les religieux acceptent la venue des modes chez eux, en Iran, en Arabie Saoudite, ailleurs, ils creuseront leur tombe, et on ne peut que s'en réjouir.

François Bayrou, et je salue sa grande sagacité, s'est fait manifestement la même réflexion que moi, bien qu'en termes moins directs.

«Il y a des moments où j’ai l’impression qu'en Occident, nous ne regardons que nous-mêmes. Il y a des centaines de millions de femmes dans le monde qui vivent selon les coutumes qu’on appelle l'islam, ou islamique - je ne sais pas si les deux mots on le même sens. Elles vivent comme ça dans leurs sociétés à elles. Eh bien, que la mode s’y intéresse, comment voulez-vous que ça ne soit pas le cas ? Du fait que la mode s’y intéresse, peut-être y a-t-il une ouverture, une autre manière de voir les choses ? Quelque chose qui n’est plus seulement dans l’enfermement ? Moi, c’est une polémique que je ne comprends pas bien

Franchement, on ne saurait mieux dire.

Les marques ne sont pas irresponsables, elles sont futées et s'engouffrent dans le moindre espace de liberté pour faire leur commerce. Le mauvais signe, ce n'est pas quand la mode s'en mêle, c'est au contraire quand elle disparaît.

13:59 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : islam, mode, bayrou |  Facebook | | |

vendredi, 11 mars 2016

Si peu de bio, en France ?

Je suis assez estomaqué de constater, quand je me rends dans des grandes surfaces, que la plupart des produits frais bio ne sont pas cultivés en France. Et que l'on ne me dise pas que c'est un problème de climat, une très large part d'entre eux venant de Belgique, d'Italie ou d'Espagne.

Quand on trouve des légumes biologiques, s'il s'agit d'aliments de consommation courante, ils sont insipides au possible. 

On peut toujours se rabattre sur des centrales de productions locales, type ruches ou AMAP, mais il n'y a là aucune garantie de qualité gustative ni d'absence de pesticides. On sait seulement que le circuit de distribution est court, ce qui est une maigre consolation pour les papilles gustatives.

Je ne comprends pas ce qui coince : les grosses exploitations coûtent des fortunes en investissements, machines, engrais de toutes sortes pour un prix de vente misérable. Pourquoi les agriculteurs ne se reconvertissent pas dans l'agriculture biologique alors que la demande ne cesse de croître sur ce terrain et que les scandales sanitaires qui se succèdent lui assure une publicité renouvelée et gratuite ?

Il me semble que c'était dans le programme de l'ADLE (donc forcément du MoDem qui en est membre) que de proposer un recentrage des financements de la PAC sur l'agriculture biologique, et je pense avoir entendu Marielle de Sarnez soutenir cette position. L'idéal serait en fait de concentrer les aides en question vers la reconversion en s'assurant que les agriculteurs puissent tous se reconvertir avec un revenu décent à la clef.

J'appartiens, en tout cas, à un segment de clientèle pas satisfait par l'offre actuelle. Je souhaite de la qualité, du bio, du made in France si possible en circuits courts, et je ne trouve pas cette combinaison quelle que soit la chaîne testée (biocoop, naturalia, marchés, primeurs, petites, moyennes et grandes surfaces, épiceries électroniques avec livraison...).

L'agriculture, voilà un sujet de choix sur lequel réfléchir. J'engage les centristes, et particulièrement le MoDem, mon parti, à y réfléchir et à développer un programme sophistiqué mais efficace, d'autant qu'il est contingent de la sécurité sanitaire et par là, de la santé.

dimanche, 06 mars 2016

Rassembler les centristes ? Pas sans programme commun.

Je ne parviens pas à m'accorder avec mon ami Des mots crates : je le vois s'affliger sur son blog de ce que le centre arrive à l'échéance de la prochaine présidentielle en ordre dispersé. Mais qu'importe l'ordre du centre. Je ne crois pas à une majorité centriste. Je ne crois qu'à une majorité d'idées. Je regrette de devoir le dire, mais ce que j'ai vu des différentes chapelles centristes ne m'incite pas vraiment à l'optimisme. Plus grave : je pense avoir plus en commun avec Mélenchon sur l'éducation, par exemple, qu'avec l'UDI. Beaucoup plus. Comment imaginer former une majorité avec des gens dont je ne partage à presqu'aucun point de vue les idées dans ce domaine ?

Ce n'est pas tout : j'ai lu, sur le site de l'UDI, dans un communiqué du 24 février 2016, que Philippe Vigier estimait que la loi el Khomri allait dans le bon sens. Ce n'est pas mon opinion, je l'ai déjà écrit ici. Jamais je ne signerai la pétition de Caroline de Haas (je me méfie tout à fait de cette socialiste professionnelle et de son parcours idéologique) mais je ne m'associe pas pour autant à la loi. Les Républicains ont été bien imprudents de juger cette réforme courageuse : près de 70% de leur électorat la récuse. Cela devrait les faire réfléchir. J'approuve, à l'inverse, le bon sens et la sagesse de François Bayrou et Marielle de Sarnez (on peut lire son entretien avec Yves Thréard sur le site du MoDem). Plutôt que de lancer à l'improviste une loi qui fragilise tout le monde, il aurait été plus intelligent d'étudier la piste d'un contrat unique à droits progressifs, une idée que François Bayrou et Marielle de Sarnez proposent depuis plusieurs années. Malheureusement, je n'ai pas souvenir d'avoir vu une proposition de ce genre figurer à l'UDI ou dans toute autre chapelle centriste.

Des différentes mesures qu'a pu suggérer l'UDI, il n'y a que sur les retraites (à lire ici) que j'ai pu à peu près me retrouver.

Je ne vais pas épiloguer. J'aimerais que les différents militants centristes travaillent sur les idées plutôt que les sur les alliances ou les rassemblements. Quand nous aurons des idées communes, les rassemblements se feront naturellement.

00:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : udi, modem, centre |  Facebook | | |

jeudi, 03 mars 2016

Si Bayrou n'y va pas, je soutiendrai probablement Lassalle au premier tour

J'ai entendu Jean Lassalle évoquer une possible candidature pour la présidentielle de 2017. Je sais que François Bayrou a une grande amitié pour Alain Juppé et compte le soutenir. Toutefois, Jean Lassalle est un ami de longue date de François Bayrou.

Si François Bayrou n'est pas présent au premier tour, si je peux éviter de signer un chèque en blanc à Alain Juppé, je le ferai. Donc, s'il y a une candidature centriste sérieuse, avec un individu en lequel j'ai confiance et portant un programme politique en lequel je crois, je le soutiendrai.

J'aime beaucoup François Bayrou, aucune autre personnalité politique ne met en avant plus que lui les idées en lesquelles je crois, mais je n'accorde pas une confiance aveugle à Juppé, et, comme je l'observais récemment, j'estime que ce dernier a déjà fait plusieurs erreurs. J'ai déjà évoqué son programme sur l'Éducation, ses promesses sur les dépenses de l'État, mais je rejoins Lassalle en pensant qu'il aurait pu avoir une place de choix aux toutes dernières régionales.

Je ne compte pas non plus signer de chèque en blanc à Jean Lassalle. S'il y va, à lui de me convaincre, faute de quoi mon vote ira ailleurs.

22:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : jean lassalle |  Facebook | | |

lundi, 29 février 2016

Peu importent les chances de Bayrou pour 2017, Jean Lassalle

J'ai pris connaissance de la prise de position de Jean Lassalle à propos de François Bayrou et de l'élection présidentielle de 2017. Je ne suis pas d'accord avec lui, ou du moins, que très partiellement.

Comme Jean Lassalle, j'aurais souhaité que François Bayrou se présente, même si Alain Juppé est candidat.

Je sais que François Bayrou se dit qu'Alain Juppé est un homme qui peut rassembler et que c'est un modéré. Sans doute. Mais en termes d'idées, cet homme-là ne me convainc pas, bien loin de là. Je ne lui pardonne toujours pas son quasi-satisfecit donné à la gauche pour les réformes menées à l'Éducation Nationale et son absence d'engagement à défaire tout ce que la gauche a fait. Et il n'y a pas que ça. Sa promesse de réaliser 100 milliards d'euros d'économie est ridicule. Il n'y parviendra évidemment pas. Ce qu'avait proposé Bayrou en 2007 et 2012, de stabiliser en dépense publique en euro courant, est clairement la seule solution viable. Les entreprises privées, elles-mêmes, ne parviennent jamais à réduire leurs dépenses. Elles les limitent, et, quand vraiment elles réduisent la voilure, c'est qu'elles vont mal parce qu'elles commencent à vendre leur patrimoine...

Dans le cas où François Hollande et Nicolas Sarkozy représenteraient la droite et à la gauche, il faut absolument que Bayrou soit là. Je ne sais pas s'il a une chance d'être élu, mais il faudra tout faire pour que cela soit le cas, parce que la France, dans cette hypothèse, courra un danger mortel si Hollande ou Sarkozy sont au second tour. Ils sont tellement détestés que Marine Le pen aurait alors une véritable fenêtre de tir pour l'emporter. Et même si ce n'est pas le cas, qu'Hollande ou Sarkozy parviennent à la battre de justesse, comment pourront-ils gouverner, avec près des 3/4 des Français qui ne leur reconnaîtront aucune légitimité ? Le seul espoir, ce sera Bayrou. 

Dans tous les cas de figure, les modérés doivent trouver une expression politique, il n'y a pas que la seule question de la modération ; il y aussi les idées qui sont véhiculées. 

Personne d'autre que Bayrou ne porte les idées qu'il propose pour la France. Je peux en reprendre les lignes directrices ici :

1. Le développement de la fabrication française et plus largement la relance de l'industrie en France. Pour ce faire, quelques axes : a) la consommation citoyenne b) l'accroissement des marges par réduction des charges c) le développement de services associés aux produits. Sur ce troisième axe, Bayrou a d'autant plus raison qu'un jour la robotisation pourrait mettre d'accord toutes les mains d'oeuvre ouvrières par obsolescence (de la main d'oeuvre, pas des robots !).

2.Corollairement, le développement de circuits courts et propres, les uns allant souvent avec les autres. L'agriculture biologique est évidemment au premier rang pour intégrer cette nouvelle organisation économique, d'autant qu'elle favorise et respecte l'exploitation familiale et l'agriculture raisonnée.

3. Un État facilitateur. A l'origine, c'est une idée de Marielle de Sarnez, son bras droit. Il s'agit de ne plus penser l'État comme un obstacle mais au contraire comme une institution qui aplanit les angles et facilite tant la vie quotidienne des citoyens que celle des entreprises. Cela suppose une simplification des strates administratives mais aussi juridiques.

4.Une Éducation qui assure l'accès à l'excellence sur tout le territoire et ne verse dans aucune forme d'idéologie. Les idées intéressantes doivent remonter du terrain, pas descendre du ministère. Tout l'inverse de ce qu'ont fait Luc Châtel, Vincent Peillon et Najat Vallaud-Belkacem, les trois derniers ministres de cette institution. Cela suppose entre autres de rétablir la situation de l'allemand, du latin et du grec ancien.

5.Le principe de subsidiarité : il consiste à réserver à l’échelon supérieur uniquement ce que l’échelon inférieur ne pourrait effectuer que de manière moins efficace. La déclinaison nationale, c'est une décentralisation digne de ce nom (elle n'a jamais été faite) et sa version européenne, c'est un vrai fédéralisme. Le traité de Lisbonne, comme celui de Maastricht avaient consacré ce principe, mais avec une limitation trop importante puisqu'il ne valait que pour les compétences partagées. Je pense qu'il faudrait élargir le concept et revoir les compétences de l'Union européenne et des échelons inférieurs, la première donnant la fâcheuse impression de chercher à donner des ordres aux seconds...

6.En parlant d'Europe, sa démocratisation est une revendication de Bayrou et Marielle de Sarnez. Pas d'Europe qui tienne sans l'assentiment des peuples, pas d'assentiment des peuples sans expression démocratique. Le Parlement européen doit devenir l'organe souverain de l'Europe et être élu au suffrage universel direct à la proportionnelle. Et l'Europe doit également élire au suffrage universel direct un Président.

7.Il y a sous toutes ces lignes une pensée sous-jacente forte :  l'existence d'une intelligence collective (celle des citoyens) spontanément capable de s'organiser, en corps intermédiaires façon Montesquieu, ou en réseaux libres, et, ce, sans l'État ou autorité coordinatrice. Les associations de consommateurs, wikipedia, les SCOP, certains labels (Max Haavelar en sont les témoins. De ce point de vue, il y a une certaine forme de convergence entre les Bayrou et les libéraux (pas tous). On trouve bien la pensée qu'il y a une primauté de l'individu sur l'État, mais cette primauté n'aboutit pas nécessairement à l'individualisme ou à l'égoïsme. Et l'intelligence collective est possible parce que  chaque individu répond de ses actes. Elle est également possible parce que dans l'optique de Bayrou, le spirituel commande au politique et pas l'inverse. Ce n'est pas un hasard s'il considère la culture comme l'arc-boutant de son édifice politique. Tous ceux qui ont quelques notions de ce qu'est le personnalisme ne manqueront pas de constater une parenté  entre la pensée de Bayrou et les fondamentaux de cette doctrine politico-philosophique. 

 

22:47 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : bayrou |  Facebook | | |

mardi, 23 février 2016

Le pire du socialisme combiné avec le pire du libéralisme ? le social-libéralisme.

J'ai beau être libéral (le suis-je tant que ça, d'ailleurs ?), j'ai toujours eu du mal avec le social-libéralisme moderne. Je ne parle pas du libéralisme social (c'est autre chose) mais de l'évolution du socialisme dans beaucoup de pays d'Europe. Schröder en Allemagne, Blair en Angleterre, Valls en France.

Pendant longtemps, les sociaux-démocrates s'accommodèrent du capitalisme et d'une forme limitée de libéralisme parce qu'ils pensaient en "corriger" les effet par des redistributions massives, mais la mondialisation rendit caduques toutes leurs mesures. Comme ils ne pouvaient plus apparaître comme les protecteurs du prolétariat, ils trouvèrent une nouvelle marotte : les minorités.

L'État social-démocrate devenu incapable de gérer une économie nationale laissa les marchés mondiaux (mais pas nationaux !!!) décider de son sort et soulagea sa conscience en distribuant des droits inapplicables ou financièrement indolores aux minorités, jetant ainsi l'os à ronger indispensable que réclamait son nouvel électorat. Il suffit alors d'enrober de quelques mythes les dites mesures en appelant les mânes des Grands anciens de la gauche et le tour fut joué. La parole remplaça ainsi l'action.

Comme l'État social-démocrate ne pouvait plus contrôler l'économie, pour se consoler de son impuissance, il développa une véritable pouvoir de nuisance : il créa des normes et des lois obstructives de toutes sortes. Ce fut là sa nouvelle régulation. 

L'État social-démocrate n'était plus socialiste mais il était incapable d'être libéral. Il devint social-libéral et combina le pire des deux idéologies.

Par exemple, en France, faute de pouvoir créer l'homme nouveau, vieux rêve marxiste, il massacra l'éducation et fit en sorte que les réseaux et la connivence remplacent l'égalité des chances. Pour cela, il éradiqua toute forme d'excellence au nom de l'équité dans chaque école.

Fort avec les faibles, mais faible avec les forts, il détricota le droit du travail afin de rendre vulnérables les salariés et laissa aux petites entreprises les lourdes charges qui entravaient leur croissance. 

Il s'employa à régenter les individus, encadrant par des mesures administratives et des décrets variés leur droit à élever leurs enfants comme ils l'entendaient, à s'installer où ils le voulaient, à fréquenter qui bon leur semblait ou encore à circuler comme ils le souhaitaient. Il prit toutefois grand soin de ne pas indisposer les puissants, avec lesquels il copinait. Le "Vivre-ensemble" devint un hymne universel bien que l'État social-démocrate omît de préciser qu'il ne s'adressait qu'à ceux auxquels il ne laissait pas le bonheur tout socialiste d'en faire le choix.

L'État social-libéral naquit alors sur les cendres de l'État social-démocrate.

 

samedi, 20 février 2016

Loi El Khomri : je ne vois pas l'intérêt du salarié.

Je regarde les compte-rendus de la presse sur la loi El Khomri et j'avoue ne pas y voir d'intérêt pour les salariés, bien au contraire. Si on modifie le droit du travail, il faut que ce soit gagnant-gagnant comme aimait à le dire Ségolène Royal en 2007. Ce n'est pas du tout ce que je constate.

- La possibilité pour les entreprises de réduire la majoration des heures supplémentaires revient ni plus ni moins à baisser les revenus de ceux qui vivent grâce à leur salaire et des heures supplémentaires. Bref, travailler plus pour gagner moins. Bravo les Socialistes.

- Cela fait un bon moment que je pense que les 35 heures ne sont pas un problème et que les cadres débordés qui leur doivent de pouvoir se reposer de temps à autre les méritent bien. J'ai l'impression que ce projet précarise davantage encore les employés des petites entreprises.

- J'admets qu'une entreprise puisse se trouver contrainte de licencier pour des motifs économiques mais beaucoup moins qu'on déroule un tapis rouge aux licenciements abusifs.

Je retiens en revanche un aspect plutôt positif : le contrat de professionnalisation. Pour des personnes qui sont sans diplômes ni qualifications, en chômage de longue durée, cela peut être intéressant de se voir reconnu des qualifications "pratiques", pas forcément identifiées au répertoire national des certifications professionnelles mais utilisables sur le marché de l'emploi.

J'ai du mal à bien circonscrire le reste et ne le commenterai donc pas. Manifestement, à gauche, elle passe vraiment de travers...

jeudi, 18 février 2016

La réforme de l'école selon les jeunes forces démocrates

Je sors de plusieurs jours d'échanges avec Maxime Cluzel, personnalité éminente des Jeunes Forces Démocrates. En deux à trois mots, les Jeunes Forces Démocrates, ce sont les jeunes de l'UDI. Ne les confondez pas avec les Jeunes Démocrates qui sont ceux du MoDem.

A vrai dire, cela a commencé par un commentaire assez vif et peu courtois de ma part à la suite d'un compte-rendu d'une convention des jeunes de l'UDI sur l'Éducation. Mais Maxime Cluzel a réagi avec beaucoup de courtoisie et de calme (ça n'avait pas été mon cas, j'en conviens) et finalement nous avons discuté.

C'est un peu particulier, l'Éducation en France, comme sujet : c'est un des rares thèmes sur lequel à peu près tout le monde peut discuter sans devoir maîtriser des connaissances pointues, comme dans la fiscalité, le droit, l'entreprise ou l'économie, par exemple. On a tous ou presque, un avis, à commencer par ceux qui ont ou ont eu des enfants.

Au sein des partis politiques, c'est un peu une facilité que je reproche, la discussion sur l'Éducation, parce que c'est la plus facile (et c'est bien là le danger car l'apparence est trompeuse...). Pour ma part, je suis bien plus attiré par l'économie, l'industrie et de possibles liens avec la fiscalité, l'environnement et les circuits courts. Mais sur ces sujets, je ne connais pas de dossiers politiques complets bien qu'on puisse consulter des rapports du Sénat ou de l'Assemblée.

Cela dit, les Jeunes Forces Démocrates ont abattu un travail considérable, la preuve en est qu'ils ont mis en ligne un document élaboré de projet de réforme, allant de l'école primaire (mais pas la maternelle, et c'est dommage) jusqu'au supérieur.

Il y a du fond, certes, mais c'est un peu le film d'horreur(s)...En fait, je ne suis d'accord avec presque rien...

Le document se concentre sur le collège, très peu sur l'école primaire et ignore purement et simplement la maternelle. Je me dis d'ailleurs parfois qu'on devrait aussi penser aux crèches, aux halte-garderie, aux assistantes maternelles, aux gardes partagées via des auxiliaires parentales quand on parle d'éducation. A mon avis, la chaîne commence à la naissance. Peut-être même avant avec l'haptonomie. 

Le collège, malheureux collégiens, se voit amputé d'une partie de ses heures en français, en histoire et en mathématiques, la musique et les arts plastiques disparaissent, au profit d'activités interdisciplinaires laissées à la libre inspiration de chaque établissement. En fait, même si mon jeune interlocuteur s'en défend avec véhémence, le projet des jeunes forces démocrates converge fortement avec l'actuelle réforme socialiste du collège.

Au lycée, c'est un jeu de massacre : imaginez un instant, des classes de seconde spécialisées mais dans lesquelles il n'y a que deux heures de français par semaine. Des classes scientifiques avec 2 à 3 heures de physique-chimie. C'est le projet des jeunes forces démocrates.

Dans leur document, ce qui se taille la part du lion, ce sont les langues vivantes. Tout le reste est amputé, et salement. Jusqu'à la gangrène.

Si une telle calamité venait à s'abattre sur l'école, il y a fort à parier qu'il y aurait des émeutes   dans les collèges et les lycées.

Je regrette d'être aussi lapidaire car, objectivement, il y a eu un gros travail d'élaboration dans le document que j'ai lu, mais je m'y retrouve si peu que je ne lui trouve que très peu d'attraits. Oh, bien sûr, il y a quelques principes qui ne me déplaisent pas (une relative autonomie dans les établissements, le rétablissement partiel des humanités, une réflexion très pertinente sur le numérique à l'école) mais le reste...horresco referens...

Je retiens la volonté de créer des filières professionnelles d'excellence. Malheureusement, cette vue de l'esprit se heurte, dans la réalité, aux stratégies des familles, et, disons-le, à un conservatisme évident du corps professoral dans son ensemble. Ce n'est à mon avis par pour demain et si cela devait être le cas, que deviendrait les élèves qui ne pourraient pas intégrer ces filières d'excellence ?

Dernier point, les jeunes forces démocrates proposent d'accroître la part du PIB dans l'éducation : c'est un avis qui les honore, mais en ces temps de disette budgétaire, cela ne me paraît pas une bonne idée. Commençons déjà par récupérer l'argent gaspillé en âneries au sein de l'Éducation Nationale : il pourra être réinvesti avec bonheur dans les choses utiles.

dimanche, 14 février 2016

La Turquie ne peut pas rester membre de l'OTAN.

Je sais que ce n'est pas la moment d'ajouter une crise à une autre et qu'on a certainement besoin de la Turquie pour accueillir les réfugiés de Syrie, mais Erdogan passe les bornes.

Cela fait un moment qu'il laisse l'État islamique et le Front Al Nosra organiser à leur guise le passage de volontaires qui après avoir fait le "jihad" reviendront poser des bombes en Occident, mais voilà, désormais, qu'il bombarde nos meilleurs alliés en Syrie, les YPG.

Comme Français, je suis lié par l'accord passé entre toutes les nations qui adhèrent à l'OTAN. En fait, dès le départ, il y a un vice : on n'aurait jamais dû accepter un pays qui n'était pas une démocratie.

Mais là, c'est grave : cet imbécile d'Erdogan pourrait nous entraîner dans une guerre avec les Russes simplement parce qu'il soutient ce que l'humanité comporte de plus malfaisant.

Oh, ne soyons pas naïfs : ni Bachar ni les Russes ne sont des démocrates et le premier a commis une somme effroyable d'atrocités. Mais, eux, au moins, n'exportent pas des Bataclan et des 11 septembre partout dans le monde.

On ne pourra à nouveau discuter avec la Turquie qu'une fois l'opposition laïque revenue au pouvoir et, malheureusement, ça n'en prend pas le chemin.

22:50 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : turquie |  Facebook | | |

vendredi, 12 février 2016

Réforme de l'orthographe, Bayrou, le mot juste, comme d'habitude

J'ai suivi d'un oeil amusé l'application de la réforme orthographique. On a vraiment des imbéciles heureux à la tête de la technocratie de l'Éducation Nationale, et, le plus grave, c'est que notre fort charmante ministre écoute régulièrement leurs avis...

Bayrou a fait une excellente analyse de cette réforme, et, à vrai dire, je m'apprêtais à tenir un discours de même teneur avant de le lire.

Lisez les journaux, désormais truffés de fautes, les courriels de vos collaborateurs ou même les messages et écrits de vos enfants et observez : ce n'est pas l'orthographe lexicale qui souffre, en France, mais bien l'orthographe grammaticale. L'erreur la plus fréquente, c'est la confusion participe passé/infinitif pour les verbes du premier groupe. Il y a ensuite toute une série d'homophones grammaticaux qui induisent les Français en erreur parce que ces derniers ne les identifient pas clairement.

C'est en substance ce qu'a observé avec beaucoup de finesse Bayrou. A vrai dire, sa différence d'appréciation avec les technocrates de la gauche provient peut-être de ce que lui, au moins, a été vraiment sur le terrain, avec des vrais élèves, contrairement aux idéologues de la rue de Grenelle. Il sait de quoi il parle, ça fait une différence...

Bref, une réforme à la c.. supplémentaire, propre à semer la confusion et à ne rien résoudre...

13:45 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : orthographe |  Facebook | | |