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dimanche, 19 avril 2015

Régionales : reconduire l'Alternative en île de France ?

Je ne connais pas suffisamment les situations spécifiques à chaque région pour exprimer un avis, tout du moins, pour l'instant. En revanche, j'ai une assez bonne vision de l'île de France. Je ne pense pas que les divergences soient très grandes entre Chantal Jouanno et Yann Wehrling, têtes de file respectifs et potentiels de l'UDI et du MoDem. Les deux ont la fibre verte, les deux sont modérés et pondérés. Un sondage confidentiel (enfin, il était censé l'être...) donne 10% à l'UDI et 5% au MoDem lors des prochaines régionales en île de France. Compte-tenu du profil des têtes de liste et des électorats, cette fois, je crois que les scores doivent pouvoir à peu près s'additionner, au moins au premier tour, en tout cas.

Il me semble qu'on doit aussi pouvoir discuter avec Valérie Pécresse. Il reste à savoir si cela doit se faire au premier ou au second tour.

J'avoue que j'ignore, à l'heure actuelle, ce que les deux candidats centristes concoctent du côté de leur programme. Quoi qu'ils produisent au final, je ne saurais trop leur rappeler que l'île de France, ce n'est pas que Paris et sa petite couronne, pas davantage ses cités mal en point, mais qu'il y a aussi une foultitude de petits territoires ruraux ou semi-ruraux oubliés de la sphère médiatique et de l'action politique.

Les compétences de la région se sont accrues cette dernière décennie avec notamment plus d'influence en économie et en développement durable.

Ce qui est regrettable c'est qu'on ne trouve pas trace de débats et de propositions à l'heure actuelle sur les politiques régionales. Il existe quelques documents d'experts, qu'il faudrait prendre le temps de lire et d'analyser, mais aucun parti politique ne semble avoir mis en route de groupes de réflexion.

Il y a, me semble-t-il, d'ores et déjà, deux visions qui vont s'opposer à propos de l'île de France. D'un côté, on trouvera les «big i beautiful» qui rêvent d'une gigantesque mégalopole aux projets architecturaux d'autant plus titanesques qu'ils écraseront de leur masse les individus et la démocratie locale avec. Et de l'autre, il y a une autre vision de l'île de France et plus généralement des communautés urbaines. C'est ce que Yann Wehrling appelle les «smart cities». Il vient juste de rendre compte d'une intervention à ce sujet sur son blog. On y trouve des idées très intéressantes qui pourraient être adaptées à un programme régional. J'apprécie dans son projet quelques points forts pertinents. En voici quelques uns :

- les petites et moyennes communes ont des besoins souvent similaires. Elles pourraient mutualiser leurs commandes et faire des achats groupés afin de constituer une force de frappe plus conséquente pour négocier prix et conditions auprès des fournisseurs.

- les petits acteurs privés sont des relais efficaces de la ville intelligente, notamment pour communiquer. Par exemple, chaque conducteur particulier est potentiellement un mini-transport en commun par le développement de services de co-voiturage. On pense toujours les transports sous l'angle de la route ou sous celui d'investissements massifs et lourds de gros transports. Il existe pourtant des voies médianes. 

- une commune, mais pourquoi pas la région, peut devenir un médiateur intelligent entre entreprise et salarié pour faire gagner du temps et de l'argent à l'une et à l'autre. Dans les emplois de bureau du type assurances ou banques, est-ce qu'une connexion à très haut-débit ne serait pas aussi efficace que plusieurs aller et retour dans des bureaux d'entreprise au centre de Paris ? Une commune pourrait recenser les CSP de ses habitants et développer un stratégie d'investissements publics ciblés et finalement peu coûteux adaptée, d'autant qu'un projet de ce type offre également l'avantage de réduire la pollution.

Il serait long de reprendre tout l'article de Yann, mais il regorge d'idées très intéressantes et mon intuition me dit qu'on pourrait assez facilement en faire l'ossature d'un beau projet régional, astucieux, peu coûteux et fort différent des lettres aux Père Noël que ne manqueront pas de proposer nos concurrents.

01:01 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : régionales, modem, wehrling, île de france | |  Facebook | | | |

vendredi, 17 avril 2015

Des critiques contre les Républicains ? Stupides.

Fades au possible les réactions contre le nouveau nom que Nicolas Sarkozy compte donner à l'UMP. Franchement, dire que Sarko fait un déni de démocratie parce qu'il s'empare d'un "bien commun", comme s'il fallait hypostasier la notion même de République, je trouve l'argument vraiment idiot.

Personnellement, je trouve le nom plutôt bien pensé et certainement plus rassembleur qu'UMP. Après, ça ne me fera évidemment pas changer d'avis sur Nicolas Sarkozy ni sur son projet politique actuelle.

Mais si la seule opposition à laquelle peuvent s'attendre Nicolas Sarkozy et ses Républicains d'ici 2017 c'est qu'ils font une captation d'héritage, on peut raisonnablement dire qu'ils auront un boulevard vers le pouvoir.

Si on voulait souligner une contradiction du camarade Sarkozy, comme l'observaient finement quelques collègues libéraux, c'est plutôt de faire des clins d'oeil appuyés à Hilary Clinton, candidate démocrate américaine au moment où l'on reprend une terminologie qui renvoie à ses rivaux. C'est peut-être tiré par les cheveux. Les conservateurs américains sont souvent plus proches du Front National que de la droite française, et encore, vu l'évolution du FN (devenu étatiste, en paroles tout du moins), je crois qu'il n'y a plus vraiment de correspondance sur l'échiquier politique français.

Bref, as usual, on ferait mieux de débattre sur le fond plutôt que de se perdre dans des querelles sémantiques absconses...

14:56 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : les républicains, sarkozy | |  Facebook | | | |

Un contrat de travail unique ?

Je voulais réagir depuis un moment déjà au contrat de travail unique proposé par Gattaz. Je suis partagé. A vrai dire, d'un côté, comme Laocoon, le prêtre d'Apollon troyen devant le cheval de Troie, timeo Danaos et dona ferentes, je me méfie de ce genre de cadeaux. J'ai trouvé Gattaz convaincant quand il a exposé son projet, mais je j'oublie pas non plus qu'il représente le MEDEF dont les objectifs ne sont pas précisément ceux des salariés, c'est un euphémisme de le dire.

Il y avait un point qui me plaisait dans son exposé : il suggérait qu'un salarié et un employeur pourraient conclure un contrat de travail en définissant à l'avance les conditions dans lesquelles un licenciement devient possible et il glissait comme exemple un ralentissement de l'activité amenant l'entreprise à perdre de l'argent. 

Dans le principe, je ne suis pas contre l'idée mais je me méfie des conditions dans lesquelles un tel contrat pourrait être signé. Il faudrait que les clauses soient équilibrées.

Et en tout cas, je ne pense pas que cela relance l'emploi comme l'affirme Gattaz, car, sur ce point, je crois que c'est l'activité économique et la croissance qui le permettent.

Je n'aime pas trop l'idée de pouvoir licencier sans motifs parce que c'est la porte ouverte à tous les abus. Puisque le gouvernement s'empare du harcèlement sexuel, typiquement, tu couches ou tu dégages. Voilà, pas de motif de licenciement explicite, ça permet ce genre de choses. On peut trouver d'autres abus comme des heures de travail à rallonge sans aucune rémunération et cetera...

Il ne faut pas se voiler la face, dans toute négociation il y a toujours des arrière-pensées. Quoi que dise Gattaz je me doute qu'il ne travaille ni ne propose des solutions pour l'emploi mais pour les entreprises et les patrons. Son idée n'en mérite pas moins d'être examinée et scrutée. Il y a dans le programme du MoDem une idée qui ressemble à cela (mais assortie de limites strictes) et François Bayrou l'avait d'ailleurs portée en 2012.

Je l'ai parfois proposé, je trouvais intéressante une ancienne idée d'Alain Juppé, reprise plus tard par Raffarin et Christian Blanc : il faudrait tester dans des zones franches, de préférence défavorisées, certaines mesures pour voir si elles fonctionnent. Cela suppose de se doter d'un outil législatif qui permettent les dérogations à la loi commune, une idée qu'il ne nous est pas facile d'admettre dans notre État centralisé.

14:15 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : contrat unique | |  Facebook | | | |

dimanche, 12 avril 2015

Accord pour la vente de 36 rafales : bien joué.

Mauvaise analyse de Pierre Parillo et de son blogue politiquement incorrect à propos de la vente de rafales conclue par la France. Et la question n'est pas de vendre ou de ne pas vendre comme l'indique le Comptoir de la Comète mais bien plutôt de considérer à quelles conditions se fait la vente.

Quand il a été question de vendre, initialement, 144 rafales à l'Inde, j'ai été très inquiet à la lecture du contrat. Les trois quarts des rafales allaient être fabriqués en Inde et leur acquisition s'accompagnait d'une transfert de technologie massif. 

S'il se confirme bien que l'Inde achètera les 36 rafales, j'ai, cette fois, bien vu que cette vente ne s'accompagne d'aucun transfert, et d'ailleurs, ça râle jusqu'en Inde où il se dit que l'affaire n'est pas bonne.

J'ai déjà écrit sur le rafale pour dire tout le bien que je pense de cet avion : il est polyvalent, et il est le seul à l'être à ce point au monde. Il peut tout faire, ce qui est rare dans l'aéronautique de chasse mondiale. 

Je pense que les Indiens font un bon achat et les Français une belle vente.

Hollande et Le Drian ont bien travaillé, les industries Dassault aussi, cela va de soi, et, il faut le dire, nos forces armées et nos pilotes également dont les missions ont montré l'efficacité de notre aéronef.

08:52 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : industrie, avion, rafale | |  Facebook | | | |

samedi, 11 avril 2015

Vacuité insondable au MoDem et à l'UDI

Je n'écris plus très souvent sur mon blogue. J'avoue que j'ai souvent la flemme de faire l'effort de rédaction et de recherche que des notes approfondies exigeraient. Mais la démotivation vient aussi de l'insondable écho de citerne vide que renvoie le centre depuis un bon moment.

Côté MoDem, j'écoute bien sûr Bayrou ou Marielle quand ils interviennent, mais dans l'ensemble, je ne retiens depuis quelque temps de leurs interventions que des appels au consensus ou l'idée que la France ne doit pas être dirigée camp contre camp. D'accord très bien. Cette idée n'est pas fausse. Mais je l'entends en boucle depuis 2007. Nous sommes en 2015. Il y a un côté disque rayé qui devient lassant. A l'heure actuelle, j'aimerais entendre autre chose, c'est à dire des propositions et des contre-propositions pour notre pays, notamment dans le domaine économique. Il me semble qu'il y a des choses à dire, pourtant.

Côté UDI, c'est encore moins excusable. Le MoDem fonctionne avec trois francs six sous, et on peut à la rigueur comprendre qu'il n'ait pas les moyens d'organiser l'alimentation de sa matière grise pour produire des idées. Mais l'UDI, elle dispose de moyens conséquents. Elle était censée avoir monté un contre-gouvernement. Il a fait long feu. C'est le néant intégral.

Au passage, les deux partis ne disposent même pas d'un service de communiqués de presse digne de ce nom, ou alors, ils n'alimentent pas leurs sites respectifs avec. Pas de réaction à l'actualité, pas de prise de position forte, ils sont aux abonnés absents.

Mais le plus saoûlant, ce sont les comptes twitters et les groupes facebook. Je vais me désinscrire, d'ailleurs. Je n'en peux plus. Je vais me faire emporter par une vague d'ennui fatale.

On ne parle que de "nos valeurs", du "centre éternel", du Bien et du Mal, quoi, de notre tête haute et d'autres choses de ce genre toutes aussi passionnantes les unes que les autres. Super, et instructif. De temps en temps, il y a quelques remarques sur notre supériorité éternelle sur Sarkozy, ou encore quelques regrets sur l'occasion manquée de la gauche social-démocrate. Le pied, quoi.

Je ne sais pas, on pourrait discuter de la politique de l'énergie en France, réfléchir à ce que nous ferions, évoquer la situation de la santé, parler de l'école et des réformes à la c.. des Socialistes, avoir quelques mots sur les PME, éviter de verser dans la diatribe populiste contre pèle-mêle les PDG, les banques, l'agro-alimentaire, les laboratoires pharmaceutiques, les très grosses entreprises, Total, et cetera et avoir à la place une pensée, une réflexion. Ben non. C'est bien plus passionnant de parler de "nos valeurs".

Tiens, du coup, j'en ai tellement ma claque que je vais me désinscrire illico presto de tous ces groupes à la c... que je perds mon temps à voir passer sur ma timeline.

17:21 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : modem, centre, udi | |  Facebook | | | |

Occasion historique pour Marine Le pen et son FN

Marine Le pen a une occasion historique de mettre son père dehors. Les derniers sondages sont sans appel, l'électorat du FN lui-même rejette les dérapages de Jean-Marie Le pen. Non pas qu'il soit forcément si indigné que cela (j'ai quelques doutes sur ce point) mais plus simplement que ce dernier est complètement à côté de la plaque. Il n'a pas compris que la Seconde Guerre Mondiale, Pétain, son électorat s'en tamponne, aujourd'hui. Cette dialectique, ces provocations sont historiquement dépassées, tout du moins, dans la sphère électorale frontiste (que je distingue de la sphère militante). Je ne crois pas Marine Le pen antisémite ni négationniste ni même raciste sur le fond. J'en suis moins convaincu pour une partie non-négligeable de son appareil militant et de ses cadres dirigeants, mais, disons que ce ne sont pas eux qui ont le vent en poupe dans l'immédiat.

Que l'on ne s'y trompe pas, débarrassé de JMLP, le FN demeurera un parti que je combattrai avec énergie parce que les idées qu'il amène dans la sphère politique sont mortifères, mortelles, même, pour notre pays. Mais, tout comme Malek Boutih, dont je partage entièrement l'analyse, voir le FN devenir un parti de droite dure, nationaliste sans doute, mais  s'éloignant des partis fascistes et extrémistes européens, est  préférable pour notre pays.

Cela dit, une telle évolution aura des conséquences. Si le FN continue à grimper, tout en ayant gagné en respectabilité, et que le rapport de force s'inverse avec l'UMP, qui ne tient, pour l'instant, que par son alliance avec les centristes, il pourrait y avoir une sérieuse recomposition à droite. C'est d'ailleurs à la faveur d'un éventuel chamboulement avec ses conséquences chaotiques pendant quelques années que le FN pourrait alors prendre le pouvoir.

La stratégie de dédiabolisation de Marine Le pen commence à produire ses effets, son dernier obstacle, c'est son père...

 

16:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mlp, fn, le pen | |  Facebook | | | |

vendredi, 10 avril 2015

Instabilité législative et fiscale, l'exemple de la médecine

Il est invraisemblable que le gouvernement Valls perpétue les errements du gouvernement Ayrault sous au moins un aspect. Il ne passe pas une semaine sans que ce gouvernement, par la voix d'un de ses ministres ou par celle de son chef, annonce une nouvelle niche, ou une nouvelle obligation fiscale, au contraire, une nouvelle suppression, une nouvelle incitation et cetera.

De ce fait, les familles et les entreprises ne savent plus à quoi s'en tenir. Toutes les conditions sont réunies, à l'heure actuelle pour qu'il y ait une reprise en France : bonne santé de nos partenaires, euro faible, énergie très peu chère et même crédit à des taux historiquement bas. 

Mais avec ses atermoiements incessants, ce gouvernement retarde une possible reprise économique, pourtant absolument nécessaire pour retrouver le chemin de l'emploi. Une fois encore, François Bayrou dans ses programmes de 2007 et 2012 avait vu parfaitement juste en constatant que c'était là le principal mal dont souffrait et souffre encore la France. Et c'est exactement ce que m'on dit deux directeurs financiers de deux très grosses PME avec lesquels j'ai discuté très récemment.

Et quand elle n'est pas occupée à donner le tournis aux entreprises, la gauche sabote l'éducation nationale avec en arrière-plan la même ligne idéologique depuis trente ans, ou alors se montre absolument nulle dans le domaine social.

Partout où il serait possible de faire une réforme de bon sens, elle ne le fait pas.

Prenons l'exemple des médecins : il y a deux options. Soit on a un système de santé de type travailliste, à l'anglaise en version années 70, avec des médecins référents nommés pour tous et des mois d'attente, bien sûr pour consulter le moindre spécialiste, soit, au contraire, on a un système de concurrence libre entre médecins, mais dans ces conditions, on fait sauter une bonne fois pour toutes le numerus clausus qui existe en université de médecine en mettant en place un examen et non un concours.

Avec le système actuel, on combine le pire des deux systèmes. Les prix sont très élevés et en plus il faut attendre longtemps avant d'obtenir le moindre rendez-vous. 

Qu'est-ce que ça coûterait de faire un choix clair, sachant que l'option marxiste conduirait à mon avis à une catastrophe. Pourquoi faire dix années d'études, régler les montants monumentaux des loyers parisiens pour un cabinet et en même temps se limiter à une consultation à 23 euros ?

Les prix baisseraient bien plus sûrement sous l'effet d'une concurrence libre et non faussée, et je répète, dans ces conditions, qu'il faut remplacer le concours par un examen. Nous faisons venir des diplômés étrangers aux compétences incertaines et dans le même temps, nous laissons sur le carreau des candidats certainement de qualité simplement pare que le nombre de candidats décrétés par le gouvernement a été atteint.

Stupide.

17:14 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : médecine, lois, instabilité | |  Facebook | | | |

mercredi, 25 mars 2015

Ni-ni, Front républicain, tout ça ne sert à rien

Je ne vais pas être très long. Les consignes de vote, cela ne sert à rien du tout et ce, pour une raison très simple : les électeurs font bien ce qu'ils veulent. C'est bien pour cela que les additions arithmétiques d'électorat ne marchent jamais non plus, d'ailleurs. Évidemment, des leaders politiques peuvent prendre à titre personnel des positions ou des postures morales qui indiquent leur propre éthique, ou encore leurs calculs électoraux mais il faut bien comprendre que cela n'a aucune incidence ou presque sur les votes. Je pense qu'il est bon de renvoyer chaque électeur à sa liberté de conscience, voire à sa conscience tout court. Les électeurs sont bien assez grands pour juger tout seul, après tout.

J'ai vu que Philippe Vigier, le chef de file des députés UDI, adoptait ce point de vue au second tour des cantonales, et cela me semble pertinent. On sait que l'UDI est opposé au FN, Jean-Christophe Lagarde l'a clairement fait savoir, et tôt, et ce député suit tout à fait la ligne générale de son parti pour ce qui concerne son expression personnelle, mais pour le reste, c'est aux électeurs de voir ce qu'ils feront.

19:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : udi, cantonales, consigne | |  Facebook | | | |

jeudi, 19 mars 2015

L'excellence socialiste : virer le grec et le latin...

S'ils n'existaient pas, faudrait les inventer, les Socialos. Cela fait des années et des années qu'ils inondent l'Éducation Nationale de leurs réformes, avec l'aide de leurs courroies de transmission, FCPE, SGEN, techno-structure, recherche pédagogique, et cetera, et peu importe, au demeurant que la droite ait gouverné entre temps, puisqu'elle applique généralement la politique de la gauche dans ce domaine.

Les bourses au mérite avaient déjà été supprimées, en gage d'école pour tous. Maintenant, c'est le tour du latin et du grec : faire d'une pierre deux coups. Satisfaire à l'obsessions égalitariste et s'assurer quelques économies à bon compte.

Pour une fois, la presse et les médias ont réagi en prenant fait et cause pour ces deux disciplines. Ce n'est pas si fréquent. La Najat s'est plantée en beauté. 

J'ai à peu près compris son projet de réforme, pompeusement baptisé Enseignements Pratiques Interdisciplinaires. Il s'agit ni plus ni moins que de mettre en place le zapping pour tous. Trois mois de ceci, trois mois de cela, c'est pas beau la vie ? Le zapping institutionnalisé.

Évidemment, comme elle commence à sentir le vent du boulet, vu la levée du boucliers, la voilà à évoquer un statut dérogatoire pour le latin et le grec afin de pouvoir en poursuivre l'étude pendant trois ans.

C'est bien le foutage de gueule. Je croyais que zapper, c'était mieux ? Trop forte, au passage, l'hypocrisie, qui consiste à déclarer offrir ainsi plus d'autonomie aux établissements scolaires. On sait comment les Socialistes et sa technostructure à l'école font : coups de pression, menaces, récompenses pour contraindre les établissements réticents à appliquer les réformes tordues que leurs esprits malades inventent à tour de bras.

J'ai tant de fois exposé mon point de vue ici que je me lasse. Je fatigue. Cela me rend malade de voir qu'au sein de la sphère politique, il n'y a que le Front National qui réagit. Cela n'enlève rien évidemment au mérite d'individus isolés issus des diverses forces politiques qui ont réagi mais pour ce qui est des autres partis, comme le dit le vieil adage,  qui ne dit mot consent...

Je dédouane par avance Bayrou de toute critique, bien évidemment : je connais son projet éducatif, et j'y adhère dans la plupart des grandes lignes (le latin et le grec y ont une place confortable, au passage). Pour mémoire, le voilà. Je suppose que, comme moi, il finit par se lasser de redire les choses...

15:37 Publié dans Education, Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : latin, grec | |  Facebook | | | |

mardi, 17 mars 2015

Encéphalogramme plat au centre...

François Bayrou a fait observer à plusieurs reprises qu'à brandir sans cesse le FN on le plaçait au centre du jeu politique aux prochaines échéances électorales. Il dit également souvent que l'on ne gagne pas contre le programme d'une force politique mais sur le sien. Je le suis sur ces deux analyses, mais, là où le bât blesse, c'est que je n'entends absolument plus rien en provenance du centre, en tout cas, du MoDem, ma formation politique. Le problème n'est pas qu'il est inaudible, j'ai de grandes oreilles, mais bien qu'il ne dit plus rien. J'écoutais Marine Le pen défendre avec vigueur la persistance des départements ce matin sur France info. Je suis contre ce maintien et je le dirai après pourquoi, mais cela me frappait de constater qu'elle avait été la seule, jusqu'ici, à présenter un programme spécifique aux cantonales alors que les autres forces politiques se perdent en banalités ou en spéculations sur les échecs probables ou non de leurs adversaires.

J'aurais aimé que le MoDem développât une réponse électorale sur la question du département. Marine Le pen faisait observer ce matin qu'elle était hostile à la disparition du département parce que ce serait des intercommunalités et des très grosses collectivités municipales ou territoriales qui en feraient leur beurre, laissant une fois de plus pour compte les "petits".

Je me méfie du "Big is beautiful" contre lequel Bayrou mettait déjà en garde aux prémisses de la réforme actuelle. Je conchie l'intercommunalité, monstre bureaucratique sans aucune légitimé démocratique et machine à dépenser des sous alors qu'elle avait vocation à mutualiser pour faire des économies. Je me défie des métropoles, vraies chausses-trappe à démocratie.

Parce que le vrai problème, dans cette histoire, c'est bien celui-là : l'expression démocratique.

Si, une fois de plus, la technocratie, bien abritée derrière la sphère politique, parvient à imposer au petit peuple ce dont il ne veut pas, ce déni de démocratie finira par mal tourner et engendrer des crises qui provoqueront l'effondrement du paysage politique tel que nous le connaissons. Le FN prospère sur ce déni-là.

J'avais bien aimé le projet initial de Bayrou qui était de fusionner les Conseils Généraux dans les Assemblées régionales. De cette manière, les compétences existantes n'étaient pas perdues et les doublons prenaient fin progressivement. Évidemment, les départements auraient ainsi disparu, mais pas de manière brutale. Et Bayrou proposait d'élire le Président de Région au suffrage direct, et, dans le même temps, de désigner les représentants de l'Assemblée régionale à la proportionnelle intégrale.

La dalle d'Épidaure chère à François Bayrou autrefois n'émet plus le moindre écho. Qui parle des départementales au MoDem ? Personne. Et encore, ce que j'évoque ci-dessus relève d'un programme général. Les Départements ont encore un certain nombre de compétences à ma connaissance. Pourquoi n'y a-t-il presqu'aucun débat sur ce qu'ils doivent financer ou non au sein de la classe politique ? Ils interviennent dans les collèges, gèrent les ressources en eau, ont la charge des CAF, allouent des aides aux personnes âgées pour les aider à rester à domicile, aménagent les routes, s'occupent des bibliothèques, bref, la liste est longue.

Bien sûr toutes ces compétences ont un coût et se répercutent en impôts. Cela pourrait faire l'objet d'un débat. Faut-il les garder toutes ? 

Je trouve que Thomas Guénolé résume assez bien ce que valent les actuelles professions de foi en les assimilant à des Lettres au Père Noël. Je ne vois pas les choses autrement, et j'avoue que de tels programmes ne m'inspirent aucune confiance.

En tout cas, sur le site du Mouvement Démocrate, à l'heure actuelle, sur les départements, il n'y a rien. Il y avait dans le programme de Bayrou de 2012 une réflexion sur la gestion des territoires avec quelques mesures que le MoDem a fait siennes. Je me serais imaginé que la réflexion aurait pu continuer sur cette base, mais apparemment, elle s'est arrêtée là et les compteurs sont bloqués depuis.

 

00:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : départements, modem | |  Facebook | | | |