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samedi, 29 décembre 2018

Paris : respirer ou pas.

S'il y a bien un pari qui est perdu pour Anne Hidalgo, c'est bien celui de fluidifier la circulation automobile et de diminuer la pollution de l'air. Le Parisien l'observait le 24 octobre dernier. Les voies sur berges sont emblématiques de cet échec et, je dirais, de la difficulté qu'il y a à obtenir des résultats dans une ville comme Paris. 
Au fond, si on veut vraiment baisser la pollution, cela va surprendre les lecteurs qui me connaissent, c'est carrément tout un quartier qu'il faut rendre piétonnier. C'est ce qu'a fait Strasbourg avec son hyper-centre. Ce qu'il y a, c'est qu'à Strasbourg, pas si compliqué, on passe d'un bout à l'autre de l'hypercentre en 15 minutes de marche à pied. A Paris, c'est le temps qu'il vous faut pour remonter une grande avenue, et encore, pas entièrement, sur un seul arrondissement.
En soi, on pourrait le faire, mais c'est condamner tous les quartiers concernés à ne plus devenir que des zones touristiques exclusivement. On y trouvera des restaurants, beaucoup d'airbnb, des hôtels, quelques supérettes, les musées qui continueront à tourner, et pour le reste, l'endroit se videra progressivement d'habitants véritables. 
Il faut bien comprendre que la congestion est elle-même un facteur de pollution. Compter sur la congestion pour décourager les conducteurs est donc une bêtise sans nom. 
Et quand j'entends le projet des Verts, par exemple, qui veulent faire du Périphérique un boulevard urbain, je suis effaré. Je pense que beaucoup ne conduisent pas, ou, plus vraisemblablement, ne paient pas leur essence. J'emprunte des itinéraires différents quand je vais travailler : le paradoxe est là. En passant par Paris intra-muros, je fais nettement moins de kilomètres mais je consomme 1.5 fois plus. Si je prends le périphérique, plus de kilomètres et nettement moins de consommation. Donc, c'est simple, du côté du carburant, moins vite avec des feux partout = plus de pollution. Avec un périphérique congestionné, je pense que cela se rejoint à peu près (j'évite de le prendre quand il est dans cet état car les indicateurs de temps qui sont sur les panneaux lumineux cessent d'être fiables). 
S'ajoutent à cela les poussières de disques et plaquettes de freinage que l'on découvre bien plus nocives que l'on imaginait.
La seule solution serait de trouver un biais qui permettrait aux véhicules d'éviter Paris quand il n'y a pas de raison de s'y rendre. Sauf qu'il n'existe peut-être pas. Je crois que si on bouclait la Francilienne, ce serait toujours ça de gagné (mais les Verts s'y opposent, une fois de plus).
 
Je pense qu'Anne Hidalgo s'est trompée de stratégie. A sa place, j'aurais admis que les voies sur berge étaient incontournables et je les aurais aménagée pour y laisser passer les automobiles.
En revanche, ce que j'aurais fait, c'est que j'aurais rendu quasi-piétonnier les petits arrondissements centrés en n'y admettant plus sur les véhicules électriques et handicapés. Et sans réserve aucune, c'est à dire véhicules de livraison compris. 
Sur ce point, on aurait pu imaginer que la ville achète une flotte de véhicules de livraison et les loue aux commerçants qui en ont besoin  dans les arrondissements qui seraient devenus piétonniers pour un coût raisonnable. 
A mon avis, il faut reprendre les choses à zéro, ne pas bloquer les grandes artères de circulation et, en revanche, là où c'est possible, tout fermer sur une zone complète. 
Il faut bien y réfléchir en amont, je ne dis pas que c'est simple. 
Anne Hidalgo se concentre sur l'automobile, mais il faut en finir avec les autres sources de pollution qui sont à sa portée : le chauffage au bois qui est ce qu'il y a de plus néfaste quand il ne repose pas sur des appareils modernes et la pollution dans le métro. Sur ce dernier point, absolument rien n'a été fait. Marielle de Sarnez, dans son programme de 2014 avait pourtant proposé des directions intéressantes. J'ai vu d'ailleurs qu'Anne Hidalgo commence à appliquer une des mesures proposées à l'époque : végétaliser la ville. Sur ce point, je donne quitus à la Maire de Paris de la méthode utilisée : très bon procédé que d'associer les citoyens et de leur faire trouver et proposer les endroits susceptibles de recevoir de la verdure.
Marielle de Sarnez proposait de faire un effort important pour le métro : végétaliser les stations, climatiser et renouveler l'air frais. Je pense que ce moyen de transport gagnerait bien des voyageurs s'il était bien plus confortable. Quand je pense qu'on n'y trouve même pas le wi-fi alors que c'est par exemple commun à New-York. De même, on devrait pouvoir utiliser avec un même ticket bus et métro. On pourrait faire du métro un endroit agréable, propre et sûr : si c'était le cas, nombreux sont les Parisiens et Franciliens qui auraient envie de l'utiliser. A l'heure actuelle, ce n'est pas le cas même s'il y a quelques progrès (je pense aux lignes automatisées). 
 
Je ne conclurai pas. La question de la pollution est compliquée à Paris. Travailler dessus nécessite des analyses complexes ; des slogans ou de la politique politicienne ne peuvent en rendre compte.
 
Je reconnais à Anne Hidalgo d'en avoir compris l'urgence. Mais je lui reproche sa précipitation et une approche souvent dogmatique quand elle n'est pas idéologique (la propriété individuelle pour les automobiles, par exemple) de ce problème grave.

19:18 Publié dans Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pollution, automobile |  Facebook | | |

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