samedi, 11 février 2012
Une politique sociale made in Bayrou
François Bayrou tenait aujourd'hui le troisième forum de son agenda 2012-2020. Il s'agissait cette fois de définir de quelle manière l'économique et le social pouvaient se marier harmonieusement (ou non...).
Travail et droit du travail
François Bayrou a fait sensation en proposant de liquider toutes les formes de contrats autres que le CDI. Quid de la flexibilité pour les entreprises dont les commandes ne sont pas assurées, alors ? Bayrou suggère que des indemnités importantes et fixées à l'avance, d'un montant équivalent à ce qu'accordent les prudhommes en règle générale, figurent dans le contrat, rendant possible son interruption.
Puisque le droit à la formation existe, Bayrou suggère qu'il soit activé pendant les périodes de chômage principalement. Compte-tenu du désordre général du financement de la formation continue, Bayrou propose qu'une agence nationale de la formation soit créée dont la mission soit de mettre en ordre ce secteur.
Santé et retraites
En ce qui concerne les retraites, Bayrou n'a pas changé d'avis et maintient le principe d'une retraite par répartition, mais avec un système à points. La pénibilité, l'action dans la sphère associative, l'éducation des enfants seront intégrées dans le calcul sous forme de bonus. A terme, chacun décidera de l'heure de son départ à la retraite.
Pour la santé, il s'agit, tout comme pour les retraites, de parvenir à un équilibre. Pas seulement financier. Un équilibre géographique aussi. Sur ce dernier point, Bayrou propose d'élargir le numerus clausus en fléchant pour quelques années vers les déserts médicaux le parcours des entrants surnuméraires dans les professions médicales. Bayrou estime également que la rationnalisation des moyens ne doit pas mener à fermer des services médicaux de proximité majeurs tels que les maternités, les urgences cardio-vasculaires et les soins ambulatoires. Bayrou propose l'ouverture de maisons médicales avec du personnel compétent plutôt que d'unités hospitalières pour mailler le territoire.
L'équilibrage de la sécurité sociale est un vrai problème : sur ce point, Bayrou n'a pas proposé de solutions toutes faites, mais il observe que des complémentaires santé gérée par des syndicats et des organisations professionnelles de santé semblent donner de bons résultats en Alsace et en Moselle : il reste à voir comment cela fonctionne pour réfléchir à une généralisation à l'échelle nationale.
Bayrou compte consacrer au handicap une réflexion particulière : il l'a donc abordé en spécifiant qu'il privilégierait l'accompagnement humain dans ce domaine, mais il a remis à un forum spécifique ce qu'il compte proposer dans ce domaine.
Le reste de sa politique sociale fera l'objet d'un billet séparé.
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| Tags : bayrou, travail, santé, retraite |
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samedi, 14 janvier 2012
Marine Le pen prête à provoquer une catastrophe sanitaire
S'il y a bien une chose qui m'énerve particulièrement quand j'entends Marine Le pen, ou encore que je lis son programme, c'est le mensonge incessant qu'elle délivre sans vergogne à la population. Marine Le pen, c'est super-menteuse puissance 10. Sarko et Chirac, à côté, ce sont des amateurs.
Par exemple, elle balance tranquillement qu'en divisant par quatre la fraude à la sécu, dans son programme santé, on va économiser 15 milliards d'euros. Elle l'estime donc (je suis bon en calcul) à 20 milliards d'euros. Or, en 2009, cette fraude a été évaluée à 389 millions d'euros.
Maintenant, suivez-moi bien : comment Marine Le pen peut-elle bien faire pour justifier ses chiffres ? Eh bien, par exemple, en qualifiant de fraude 75% des arrêts de travail, ou mieux encore, des Affections longue durée qui touchent un quart de la population française.
La preuve ? dans ses mesures immédiates elle indique
- Lutte contre les arrêts maladie de complaisance et les fraudes dans le système ambulancier
- Supprimer toutes les aides sociales pour les fraudeurs récidivistes
Facile : en considérant comme fraudeurs tous ceux qui tombent malades, oui, on va faire les 15 milliarss d'économies qu'elle escompte.
De cette manière, on peut s'attendre à des déremboursement très massifs dont les Français, à commencer par les classes populaires qui croient tous les mensonges que débite Marine Le pen, ne manqueront pas d'en supporter les terribles conséquences.
Il n'y a pas que cela. Dans les mesures sanitaires qui pourraient réintroduire en France des maladies contagieuses autrefois disparues, on trouve la suppression de l'AME, l'aide médicale d'urgence aux étrangers.
Marine Le pen est tellement contaminée par son obsession pour l'immigration, qu'elle perd tout bon sens : la santé et le contrôle de l'immigration sont deux domaines différents. On peut très bien se montrer très ferme et régulateur dans le domaine de l'immigration sans pour autant faire courir de risques sanitaires aux Français ou faire preuve d'une authentique inhumanité envers de pauvres gens malades.
Que se passera-t-il si on supprime l'AME ? Ce qu'il se produit déjà avec les Français les plus pauvres : faute d'être soignés, ils développent des pathologies, maladies infectieuses, contagieuses et cetera. C'est ainsi que dans les zones de grande pauvreté la tuberculose est réapparue ! Une maladie dont on n'entendait plus parler depuis un demi-siècle !
Imaginez que cela ne soit pas la tuberculose qui refasse un jour surface, mais la peste, par exemple : nous serions alors confrontés à un drame épouvantable. Pour mémoire, au Moyen-âge, la peste a rayé de la surface de la terre les deux tiers de la population dans certains pays.
De manière générale, tout le programme du FN est de ce tonneau ou presque : des assertions sans fondements et des objectifs cachés dont les conséquences seront dramatiques. J'aurais pu aussi évoquer pour les hôpitaux l'obligation de délivrer des informations médicales sur les individus et la volonté de Marine Le pen de les croiser avec les fichiers sociaux et fiscaux. Adieu, secret médical. Quel Médecin ayant prêté le Serment d'Hippocrate acceptera de donner sa voix au FN (Ouf, il paraît qu'ils préfèrent en priorité Bayrou) ?
Maintenant, je ne suis pas fermé et je suis tout prêt à entendre les explications d'un cadre du FN sur ce programme voire à lui donner un droit de réponse ici-même...(droit de réponse que je ne manquerai pas de commenter, cela va de soi...). Mais, allez savoir pourquoi, je pressens que personne dans l'entourage de Marine Le pen ni au FN ne va prendre le risque. Se faire attraper en flagrant délit de mensonge, c'est vraiment trop fâcheux...
09:09 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (58) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : marine le pen, santé |
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vendredi, 21 octobre 2011
Di-antalvic, Primperan, on va finir par ne plus pouvoir se soigner !
Encore un médicament qui passe à la trappe. Bon, pour les moins de 18 ans, seulement, mais enfin...L'AFSSAPS nous balance tous les mois des médicaments à jeter à la poubelle.
Je ne dis évidemment pas que le Primpéran est neutre, mais au bout d'un moment, le principe de précaution, il devient un peu pénible sur les bords.
On s'est privé d'un puissant antalgique de second degré avec le Di-Antalvic parce que les jeunes Suédois et Britanniques se suicidaient avec.
Pour le Primpéran, l'AFSSAPS a mis en place sur les conséquences...des surdosages de Primpéran ! Ben oui les gars, on s'en doute que surdoser un neuroleptique, ça a des conséquences. Mais si on faisait une enquête sur les usages ordinaires, ce qui est en principe le bon sens et la norme ?
Les effets secondaires potentiels du Primpéran sont connus de longue date. Alors à quoi rime cette volte-face ?
Ça sent l'effet Mediator. Sauf que le Mediator, lui, ne sert vraiment à rien en plus d'être dangereux. On va faire quoi, maintenant ? Interdire l'ibuprofène parce qu'il peut provoquer des saignements d'estomac ? Ou encore l'aspirine pour à peu près les mêmes raisons ?
Ce qui est exaspérant, c'est que 9 fois sur 10, c'est la presse qui informe les professionnels de la santé de ces interdictions subites.
En revanche, moi, j'aimerais bien qu'on s'intéresse d'un peu plus près aux génériques, un de ces jours : une variation de dose de +/- 20%, cela ne me paraît pas neutre, primo, et secondo, j'aimerais bien qu'on se penche également sur les excipients utilisés, excipients dont la composition ne figure jamais ou presque sur les boîtes.
Bref, entre les déremboursements (qui peuvent toutefois être justifiés) et les interdictions de médicaments ça commence à devenir difficile de se soigner dans ce pays.
19:15 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (26) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : santé, primperan, di-antalvic, afssaps |
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lundi, 14 février 2011
Crever à la tâche...
Florent vient, dans son dernier billet, de pointer l'un des aspects majeurs de l'allongement possible (probable, en fait) de la durée de travail : sa concomittance ou non, non pas avec l'espérance de vie, mais avec l'espérance de vie en bonne santé.
Les tableaux disponibles sur le site d'eurostat, émanation de la Commission européenne qui produit des statistisques pour toute l'Union européenne, viennent éclairer d'un jour sombre notre futur.
On entend dire partout que l'espérance de vie croît. On s'en fout. Elle croît, mais dans quel état achevons-nous notre existence ? Par exemple, observons de près l'espérance de vie en bonne santé de 1995 à 2008 en Europe pour les hommes. Ah, ils sont beaux les centenaires dont on nous rebat les oreilles : il n'y a dans aucun pays d'Europe de progression linéaire. Il y a même souvent, d'une année sur l'autre, des régressions, et parfois importantes. En France, nous stagnons depuis 15 ans entre 60 et 63 ans, certaines années, plus proche de 60 ans, d'autres, davantage de 63 ans. En Autriche, les chiffres de dégradent depuis 6 ans. Les Autrichiens pouvaient, jusqu'à l'année 2003 espérer une bonne santé jusqu'à 64-66 ans, mais depuis, ils stagnent à 58 ans ! 6-8 années en moins ! Le Portugal oscille entre 59 et 60 ans depuis 15 ans.
Que l'on ne s'y trompe pas : les exemples que je choisis ne sont pas des occurences particulières qui serviraient à illustrer spécifiquement mon propos. Non, au contraire, ce ne sont que des exemples parmi tant d'autres dans les données que j'utilise.
J'observe tout de même dans beaucoup de pays une dégradation, parfois très nette, depuis 2003. L'Alllemagne autrefois entre 63 et 65 ans, n'est même plus à 56 ans pour l'année 2008.
Ces chiffres lèvent les derniers doutes sur l'enjeu prioritaire qui attend notre société : il est de plus en plus difficile de travailler en raison de la pression continuelle qui s'exerce sur les salariés de toute obédience et de tout niveau. Pour pouvoir travailler plus, il faut être en bonne santé. Améliorer la santé à partir du troisième âge est désormais un enjeu social et économique prioritaire.
Je ne crois pas aux fariboles gauchistes qui consistent à expliquer que le capital paiera. Oh, certes, on pourra le faire payer un peu, mais il n'y aura pas de taxation efficace qui permettrait de financer l'intégralité de nos recettes. Ce ne peut être que le travail en premier lieu qui peut financer les futures retraites. Mais pour que cela soit possible, il faut que le corps social soit en état de travailler, faute de quoi, nous irons vers une dégradation considérable de nos conditions d'existence.
Je m'étais intéressé à la DHEA, il y a quelques années, cette hormone capable de redonner tonus et énergie aux hommes et aux femmes dès 45 ans. L'inconvénient, c'est qu'elle est aussi fortement soupçonnée de favoriser le cancer...D'où, par ricochet, la nécessité d'agir contre ce fléau. Nous avons fortement progressé en médecine curative, dans de domaine, mais encore bien peu en médecine préventive, parce que nous peinons toujours à en comprendre les mécanismes et surtout la source. Qu'est-ce qui fait qu'une cellule dégénère ? On ne le sait toujours pas clairement.
D'une certaine manière, je me dis qu'il y a deux voies pour aborder notre vieillissement : soit tenter de faire face par la science en tentant de dominer notre propre amenuisement, soit se détacher des choses terrestres et du corps, chemin, finalement de la philosophie et de plusieurs religions.
Le MoDem faisait de la santé l'un de ses biens premiers, dans son programme européen. A ce stade, ce n'est même plus un bien premier, mais une nécessité économique prioritaire...
11:52 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : retraite, santé |
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lundi, 10 janvier 2011
La bombe démographique sera mondiale
La population mondiale continue de croître, mais en dehors de certaines zones de l'Afrique, de l'Afghanistan et du Pakistan, et de quelques pays très pauvres, cette croissance n'est que l'effet de l'allongement de la durée de vie. Partout, le taux de fécondité s'est stabilisé, approchant 2 enfants par femme. En Chine, on en est même à songer à inverser la politique de fécondité du régime. En Inde, le taux est de 2.7, mais avec de fortes disparités : 3 et plus au nord, moins de 2 au sud. La Tunisie dont la jeunesse fait connaître bruyamment son mécontentement est à 1.85. Ce n'est pas mieux dans les autres pays du Maghreb.
Les problèmes démographiques et les thématiques qui leur sont associées (montant des retraites, temps de travail) ne seront donc bientôt plus l'apanage des seuls pays développés.
A horizon 2050 ou 2060, avec l'élévation générale du niveau de vie de la planète (même si par ailleurs les inégalités de creusent) et l'amélioration de l'éducation des femmes (puisque dans les pays économiquement peu avancés, le fort taux de fécondité est avant tout l'expression d'une société patriarcale), la population mondiale devrait commencer à stagner, voire décroître.
Il s'agira alors de bien considérer ce que doivent être les rapports entre les générations, et de reconsidérer le concept-même de génération.
Il y a un défi absolument urgent pour la médecine : la médecine ne peut pas se contenter de gérer la vieillesse. Elle doit désormais reculer non pas l'âge de la mort, mais l'âge de la vieillesse. Pour qu'une société dont la durée de vie s'allonge soit viable, il convient qu'à 60 ans, on soit encore un jeune homme si l'on doit devenir centenaire.
Aucune mesure d'allongement du temps de travail n'est tenable sans des recherches (et des résultats !!!) très poussés dans ce champ de la médecine. La gériatrie, la gérontologie, doivent changer de nom : l'athanatologie, néologisme que je forme en écrivant, d'ἄθανατος en grec, qui signifie "immortel" doit prendre leur relais. Comme l'écrit Christian Doré dans le Figaro, il faudra reprogrammer la vie.
Les enjeux, en plus d'être sociaux et sociétaux, sont économiques : et ils sont mastodontesques. La santé et la jeunesse devenant un enjeu social majeur pour les équilibres des sociétés développées, ce sont des milliers de milliards d'euros qui pourront s'écouler dans le marché de la vie : des opportunités économiques qu'on peine à se représenter.
Alors ? La vieillesse, une maladie comme les autres, finalement ? Question aux implications éthiques, voire métaphysiques, lourdes et profondes, mais question qui mérite d'être posée désormais.
14:55 Publié dans Economie, Insolite, Science | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : longévité, croissance, démographie, santé, jeunesse |
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mardi, 02 novembre 2010
Pas de vague à l'AME !
Les associations cherchent à nous faire pleurer avec la limitation de l'AME, mais pour ma part, je n'ai aucun remords de quelque sorte que ce soit. Les Français voient leur couverture médicale s'affaisser progressivement ; je ne vois pas pourquoi la France devrait consacrer une part non négligeable de son budget de santé à dispenser des soins à des étrangers issus de pays avec lesquels nous n'avons aucune convention.
Dès lors que l'état de santé d'étrangers en situation irrégulière pose un problème de santé publique (maladies contagieuses, par exemple) évidemment, la gratuité des soins va de soi.
Dans les autres cas, hors de question. 30 euros par an pour bénéficier de cette aide, c'est une somme ridicule, ou presque. Nous ne sommes pas allés assez loin. Je suis d'ailleurs sidéré d'apprendre que jusqu'alors, les ascendants et les collatéraux étaient considérés comme des ayant-droit.
Il y a des abus, c'est très clair, et certains viennent se faire soigner en France sur le dos des impôts des Français.
J'ai trouvé l'argumentation de Marisol Touraine d'une démagogie aussi pitoyable qu'affligeante. 634X12, cela donne un peu plus de 7500 euros par an. 30 euros, ce n'est même pas 1% du revenu consacré à la santé. Cela représente en fait 0.5% pour des traitements qui coûtent parfois des dizaines de milliers d'euros. Il me paraît bien naturel d'exiger des étrangers en situation irrégulière de contribuer aux frais de santé, et, plus généralement, à tout étranger, sauf lorsque des conventions existent avec leurs pays d'origine.
A tous ceux qui font leur fond de commerce de hurler au loup et parlent de stigmatisation des étrangers (n'est-ce pas, messieurs et mesdames les socialistes ?), je rappelle que la France est le pays le plus généreux du monde avec les étrangers, y compris irréguliers, pour ce qui concerne la santé, comme l'observait très justement la députée marseillaise UMP Valérie Boyer.
Tiens, comme le dit la vieille sagesse populaire française que j'aime à invoquer de temps à autre, «bon, mais pas c..»...
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| Tags : médecine, ame, santé, immigration, étranger |
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mercredi, 28 juillet 2010
Petits hôpitaux et idées noires...
Dans le programme politique du MoDem, la santé figure comme l'un des trois principaux biens supérieurs qui doivent être à tout prix préservés. Or, je vois que Roselyne Bachelot, suivant évidemment le plan du gouvernement, prévoit la fermeture de plus de 50 blocs opératoires dans les petits hôpitaux.
Cela me fait penser à une planche humoristique et morbide du dessinateur Franquin. On y voit un ministre guilleret s'extasiant de ses derniers achats d'armes. Tout à sa joie, il traverse la rue sans regarder et se fait renverser par une automobile. Hélas pour lui, les budgets des hôpitaux ont été sacrifiés et faute de bloc de réanimation, il décède.
Je ne partage pas l'antimilitarisme souvent facile de Franquin, en revanche, le jour où un ministre se fera renverser dans une petite ville et qu'il n'y aura plus de bloc opératoire pour l'opérer d'urgence, il sera trop tard pour le regretter.
Alors il y a certes un répit, puisque Roselyne Bachelot a pour l'instant reporté ces fermetures, mais l'objectif demeure, avec une démarche perverse : Nicolas Sarkozy a subtilement expliqué qu'on ne fermait pas les hôpitaux mais des services. Urgences pédiatriques de Saint-Vincent de Paul, à Paris, par exemple (c'est fait depuis avant-hier soir...). Oh, pour rendre compte des fermetures annoncées, c'est assez simple : tapez donc "fermeture hôpitaux" sur google blogs, c'est édifiant ! Les blogues de province, petits ou grands s'en font un écho saisissant. Mais, à votre avis, que se produit-il quand on a fermé le dernier service d'un hôpital ? Eh bien il ferme. A part cela, bien sûr, on ne ferme pas les hôpitaux...
Les fanatiques de l'IFRAP s'en réjouissent ; avec des arguments pour le moins fallacieux, mais repris par le gouvernement, évidemment : il paraîtrait que le geste des chirurgiens serait moins sûr quand ils opèrent peu. Ah. Vive les rythmes stakhanovistes pour les chirurgiens, alors. C'est sûr qu'en multipliant les actes opératoires à des rythmes infernaux la sécurité des services de chirurgie va s'améliorer, c'est évident. Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre... L'autre argument, c'est de dire que les petits blocs ne peuvent suivre le progrès et deviennent dangereux. Ah. a) mieux vaut quelque chose que rien b) pour des actes "ordinaires" de chirurgie, le bloc laser ou l'IRM n'est peut-être pas non plus nécessaire...
L'IFRAP analyse l'efficacité des politiques publiques depuis 1985, mais qui a songé à analyser l'efficacité de l'IFRAP, qui vit, au demeurant, pour une large part, du crédit d'impôts accordé par l'État, comme c'est le cas de toute association reconnue d'utilité publique ?...
Un débat qui ne devrait pas manquer d'intéresser le blogueur Voguehaleine, que je sais très impliqué dans la préservation des services de santé.
11:54 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : santé, hôpitaux |
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vendredi, 18 juin 2010
Médecins, nos biens les plus précieux
Quand j'ai participé comme de nombreux militants du Modem à l'élaboration du programme politique de mon parti pour l'Europe, l'idée novatrice en politique de Biens supérieurs a été mis en avant par les commissions. Le Bien supérieur, c'est l'idée qu'il existe pour nos sociétés européennes des biens, qui ne se réduisent pas à la consommation et qu'il nous faut sauvegarder tant ils sont précieux. Le Mouvement Démocrate avait alors mis en avant l'éducation, la culture et la santé. Difficile, dans ces conditions, de ne pas s'émouvoir du sort fait à la médecine de ville. Il faut bien comprendre que les études de médecine, c'est minimum 8 années d'études. Il faut pouvoir les financer, et après, se payer de tant de temps consacré à l'apprentissage de cet art.
Partout des médecins généralistes partent à la retraite sans trouver repreneurs de leur cabinet. Un rapport de Commission des comptes de la sécurité sociale datant de 2007 est édifiant. De 1980 à 2004, les honoraires des médecins n'évoluent que de 1.4% par an en euros constants. En termes de pouvoir d'achat, si l'on tient compte des évolutions de salaire, un montant misérable.
Ne nous y trompons pas ; en ville, les frais d'installation d'un médecin et ses charges sont considérables. Il peut sembler gagner beaucoup, mais, une fois tous les frais payés, le compte n'y est pas franchement au regard de la somme d'efforts exigés.
On croit que les médecins ne disparaissent qu'en milieu rural. On se trompe ! les villes aussi sont touchées, à commencer par Paris, qui ne compte certaines années, aucune installation en dépit de ses deux millions d'habitants !
Il y a à vrai dire une quadrature du cercle hermétique : la moindre revalorisation accroît les déficits de l'assurance-maladie. Par exemple, passer simplement de 22 à 23 euros, c'est 250 millions de trou supplémentaire par an. Une solution serait que l'euro d'augmentation soit franc. C'est à dire non-remboursé par la sécurité sociale.
Il n'y a à mon avis pas 36 solutions : il faut autoriser aux généralistes ce que l'on permet aux spécialistes. Ou alors interdire aux spécialistes ce que l'on interdit aux généralistes.
D'après l'Express, un économiste aurait calculé que, transposé aux années 2000, un généraliste du début des années 70 gagnerait 50 euros par consultation aujourd'hui. Si ce calcul est juste, alors il en dit long sur la désaffection croissante qui touche ce métier. Avec un pouvoir d'achat divisé par deux, elle s'éclaire d'un jour nouveau.
Une fois encore, notre société devra s'adapter et comprendre que la consultation médicale est plus importante que l'écran plat, le téléphone portable ou le dernier i-pad...
18:29 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : médecine, généraliste, santé |
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samedi, 22 mai 2010
Zadig super star des régimes et de la diette
Eh, oh, je parle de Zadig le héros de Voltaire. Pas de Zadig et Voltaire la marque de prêt à porter. Aujourd'hui, c'est la journée européenne de l'obésité, j'en ai parlé hier. Les motivations des êtres humains seront toujours des énigmes à plus d'un égard. Dans le conte fameux de Voltaire, Zadig, le héros du même nom, au cours de ses pérégrinations, croise un jour des femmes à la recherche d'un animal mythique, le basilic. Il s'enquiert alors des motivations de leur recherche et apprend qu'il s'agit là d'un remède pour leur maître Ogul, le seigneur de la contrée. Pour obtenir la libération de la femme qu'il aime, Astarté, il se présente alors comme médecin à la cour d'Ogul, et lui propose un rite particulier pour s'assurer de l'efficacité du basilic.
Seigneur, on ne mange point mon basilic, toute sa vertu doit entrer chez vous par les pores. Je l’ai mis dans une petite outre bien enflée et couverte d’une peau fine: il faut que vous poussiez cette outre de toute votre force, et que je vous la renvoie à plusieurs reprises; et en peu de jours de régime vous verrez ce que peut mon art. Ogul dès le premier jour fut tout essoufflé, et crut qu’il mourrait de fatigue. Le second il fut moins fatigué, et dormit mieux. En huit jours il recouvra toute la force, la santé, la légèreté, et la gaieté de ses plus brillantes années.
Par les temps qui courent, les laboratoires font assaut de pilules "miracle", quasiment de la magie, censées assurer le bien-être, la santé, la jeunesse et un amaigrissement accéléré moyennant achat en monnaie sonnante et trébuchante du dit miracle. C'est le médecin d'Ogul qui lui prescrit une décoction de basilic cuit à l'eau de rose. Une sorte de laboratoire miracle de l'époque, en somme. Mais la conclusion de Zadig est édifiante :
Vous avez joué au ballon, et vous avez été sobre, lui dit Zadig: apprenez qu’il n’y a point de basilic dans la nature, qu’on se porte toujours bien avec de la sobriété et de l’exercice, et que l’art de faire subsister ensemble l’intempérance et la santé est un art aussi chimérique que la pierre philosophale, l’astrologie judiciaire, et la théologie des mages.
Il nous faut de nouveaux Zagig de nos jours. Non pour leurs sages paroles, car notre société déborde de ces conseils raisonnables, mais pour leur art à circonvenir ceux qui les écoutent. Plutôt que de vendre le remède, il suffirait, sur le mode d'emploi, de préciser que leur absorption dans le sang doit être facilitée par une marche quotidienne après le repas d'une demie-heure, de la pratique d'exercices répétées (brasses dans une piscine afin d'assurer la circulation des énergies internes et autres flux astraux dans tout le corps) et le succès en serait assuré. Les publicitaires n'ont pas besoin de relire Zadig, mais les professionnels de la santé devraient s'y replonger pour leurs campagnes de prévention...
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dimanche, 14 mars 2010
Les antibiotiques toujours moins performants !
Réveil à pas d'heure, cette nuit, et un peu en catastrophe. Ma petite dernière pleurait et semblait très rouge. Prise de température : 41°
Gros coup de flip comme vous ne l'imaginez pas. Bain avec un degré de moins, doliprane, déshabillage et trois quatre heures plus tard, advil.
Le problème, c'est qu'elle était sous Orelox depuis le début de la semaine contre une otite. J'ai déjà observé avec mon aîné que certains antibiotiques ne fonctionnaient plus. Mon médecin m'en parlait déjà quand j'avais 20 ans en me disant que c'était ce qui nous menaçait au 21ème siècle.
Mon actuelle généraliste m'a dit que la seule solution connue, quand vraiment plus rien ne fonctionne, c'est l'injection massive avec hospitalisation. Mais les germes deviennent toujours plus résistants, et, à ma connaissance, la recherche médicale a déserté complètement ce champ...
Un rapport récent de l'OMS indiquait que nous sommes en train de perdre la bataille contre les bactéries :
1 - En Estonie, en Lettonie et dans certains parties de la Fédération de Russie et de la Chine par exemple, plus de 10 % des malades de la tuberculose présentent des souches résistantes aux antibiotiques les plus puissants,
2 - En Thaïlande, les trois antipaludéens les plus courants ne sont plus efficaces. Chez 30 % environ des malades prenant de la lamivudine contre l'hépatite B, la résistance s’installe après un an de traitement,
3 - En Inde, 60 % des cas de leishmaniose viscérale (infection parasitaire grave liée aux chiens et aux rongeurs et transmise à l’homme par la piqûre de certaines mouches) ne réagissent plus aux médicaments de première intention. Dans les cas d'infection à VIH, on observe déjà une résistance primaire à l'AZT,
4 - Aux Etats-Unis, quelque 14 000 des malades hospitalisés sont infectés et meurent chaque année à cause de germes pharmacorésistants d'origine nosocomiale.
Dans le monde, jusqu'à 60 % des infections nosocomiales sont provoquées par des bactéries chimiorésistantes (résistantes au antibiotiques).
La France, quant à elle, avec sa consommation massive de médicaments comporte le plus de souches résistantes. Si nous ne parvenons pas à éradiquer et détruire ces souches, nous allons au devant d'un grand danger.
10:32 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : germe, antibiotique, médecine, santé |
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