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vendredi, 14 avril 2017

L'affolante multiplication des cancers

Je me dis souvent que j'aimerais entendre parler de choses plus concrètes dans cette campagne présidentielle. On parle parfois de la santé, mais c'est par généralités. Je pense au cancer, mais aussi aux maladies orphelines et auto-imunes, à la sclérose en plaques, à la polyarthrite rhumatoïde et à quelques autres encore. 

Nous sommes tous touchés à des degrés divers par ces maux. Un jour un examen, et c'est le coup de massue sur la tête. On entend le mot cancer. Et si ce n'est pas pour soi, c'est pour un très proche. Des jours d'angoisse, puis des semaines, des mois, des années. Je crois bien que je connais pas de personnes qui ne soient pas concernées ou directement ou indirectement dans mon entourage. Et il n'y pas que le troisième âge. Les adultes de tout âge mais aussi les enfants, maintenant. 

Ce que j'aimerais entendre d'un candidat, c'est une déclaration précise : la volonté de venir à bout de ces maladies par deux biais :

- en finançant autant qu'il est possible la recherche, et ce, par tous les moyens possibles. Et je sais qu'elle avance, cette recherche, à pas de géants.

- en agissant sur la prévention. Mais la prévention, ce sont nos habitudes, mais c'est aussi notre environnement.

Je suis convaincu qu'il est le premier facteur de cause de cette accélération, à commencer par l'alimentation. La multiplication de substances tout sauf naturelles, pesticides, vernis, métaux dangereux, antibiotiques de toutes sortes dérègle notre fonctionnement biologique. En ce sens, le programme des candidats pour l'agriculture et l'environnement est aussi important que leurs propositions sur la santé.

Que va voter cette femme, qui a dû faire appel à du crowfunding et donc la générosité des particuliers pour financer son traitement contre le cancer du sein ? Il est vrai que son médicament faisait l'objet de suspicions quant à son efficacité, mais s'il avait fait ses preuves pour cette patiente, fallait-il le lui supprimer ?

Sur la santé, je n'entends rien de convaincant à l'heure actuelle. Toutefois, dans ses propositions, Emmanuel Macron écrit :

«Nous travaillerons sur la pertinence des soins, et nous engageons à ce qu’aucun soin utile ne soit déremboursé pendant les 5 ans qui viennent.»

Ma question est donc la suivante : est-ce que le cas la femme dont je parle rentre dans le champ d'application de cette mesure ?

On lit aussi toujours dans le domaine de la santé dans son programme :

«Nous soutiendrons la recherche en santé environnementale et limiterons les risques d’exposition aux substances à risque».

Très bien. Moi aussi je peux le dire. Mais concrètement ? Quelles mesures ? Quel espoir pouvez-vous donner à tous ceux qui sont atteints d'un cancer par exemple ? Quelles perspectives ? Quel horizon ?

Et puis j'aurai une autre observation : se soigner dans la France rurale ou semi-rurale tient désormais de la gageure. Les grandes villes sont touchées également. Quand donc se décidera-t-on à doubler le numerus clausus en université de médecine ? Pour satisfaire la vanité d'un quarteron de vieux universitaires en pré-retraite, les gouvernements précédents ont mis en danger deux générations de Français, et pour longtemps. Aujourd'hui, on fait venir des médecins, quand on le peut, de n'importe où, alors qu'il eût été si facile de retenir 15% voire 20% de candidats au concours de médecin chaque année à la place de 5 à 10%. Je ne crois pas que les candidats auraient été moins qualifiés et compétents que ceux qui exercent aujourd'hui. A la place, l'impéritie de tous les gouvernements qui se sont succédés sans exception, a créé une situation sanitaire explosive.

J'attends d'un candidat une déclaration forte et un seuil chiffré et exprimé dans ce domaine, et, pour l'instant, je n'ai entendu personne sur la question.

09:50 Publié dans écologie, Société | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : cancer, santé |  Facebook | | |

mercredi, 28 décembre 2016

Le coût de la santé devient insupportable pour les foyers

La réforme des contrats dits responsables est une belle bêtise du gouvernement. Le coût des soins explose parce que les dépassements atteignent des sommets. Les complémentaires de santé sont certes une cautère sur une jambe de bois, mais elles ont le mérite de mutualiser les dépenses de santé même si leur coût va grandissant lui aussi. En limitant leur possibilité de remboursement des soins par la loi, le gouvernement empêche les citoyens qui veulent investir dans leur santé de disposer d'un garde-fou en cas de coup dur.

Encore une atteinte à la liberté de chacun de se protéger comme il l'entend.

On ne peut arbitrairement faire baisser le montant des consultations. Les numerus clausus imbéciles mis en place dans les universités de médecine pendant des décennies, les charges grandissantes pour les personnels de santé indépendants (logements, assurances) font qu'il n'y a pas de marge de manoeuvre. Les études de médecine sont très longues, donc coûteuses : il faut bien que ceux qui choisissent cette voie rentrent dans leurs frais d'une manière ou d'une autre.

Pour autant, on ne peut laisser des Français de plus en plus nombreux privés de soins de base. Il faut essayer de progresser sur des solutions alternatives :

- favoriser l'automédication assistée via des plate-formes de conseils en ligne, comme cette plate-forme d'urgence pédiatrique de Strasbourg qui offre une alternative intéressante et contribue à désengorger les urgences : http://www.pediatre-online.fr/ On peut y disposer d'une consultation à raison de trois euros par minute ou ouvrir un chat pour un montant de 15 euros. 

- autoriser les pharmaciens à donner des conseils et aiguiller vers une consultation quand ils le pensent nécessaire, même si chaque Français doit rester libre d'aller consulter un médecine

- faire un effort, dans les villes les plus coûteuses, pour offrir des locaux aux professions médicales et leur permettre de se regrouper dans des maisons médicales.

- favoriser le maintien du grand âge à domicile et faire de la recherche dans les maladies gériatriques afin d'améliorer les solutions médicales. Pour cela, il faut assouplir le principe de précaution de manière à permettre des expérimentations plus rapides. Récemment, une brève d'actualité a indiqué que l'immunothérapie permet de restaurer les fonctions cognitives défaillantes d'une souris atteinte de la maladie d'Alzheimer. Mais dans le même temps, il est indiqué qu'il faudra dix ans pour espérer une solution médicale sur le marché. C'est beaucoup trop long. Il faut raccourcir considérablement les délais et donner ainsi de l'espoir à ceux qui n'en ont plus.

- Instaurer des services médicaux de proximité (Urgences, maternité, soins ambulatoires), en amont des plateaux techniques des hôpitaux, pour lutter contre les « déserts médicaux » et garantir les soins à tous les malades et à tous les territoires. (proposition du MoDem et de François Bayrou en 2012, mais l'idée reste d'actualité)

Cette liste n'est pas exhaustive. J'espère que François Bayrou se penchera sur cette question et je lui fais confiance pour ouvrir des pistes intéressantes.

J'espère aussi que la sphère journalistique fera un jour le travail que l'on attend d'elle, c'est à dire parler des idées des candidats et de leurs propositions, mais là, je sais que c'est un voeu pieux...

samedi, 02 novembre 2013

Ce que proposent Marielle de Sarnez et le MoDem contre la pollution

Une fois encore, je déplore l'invraisemblable disproportion de traitement des actualités dans la presse : seule Libération avait relayé les plan Climat  de Marielle de Sarnez à Paris. Quelque chose d'important qui concerne la vie des Parisiens, surtout si l'on considère les dernières conclusions de l'OMS sur les effets de la pollution dans la capitale. Le ralliement d'un élu a e revanche eu les honneurs dans toute une série d'organes de presse.

En somme, chaque fois que quelqu'un essaie de lancer le débat sur les idées, la presse est aux abonnés absente. C'est vraiment rageant pour tous ceux qui essaient de le faire vivre et cela donne une image de la politique réduite aux tractations d'appareil. C'est très injuste pour tous les militants qui ont oeuvré avec Marielle de Sarnez pour faire des propositions très concrètes aux Parisiens afin d'améliorer leur environnement et leur santé.

Je signale avant toutes choses que le plan-climat de Marielle de Sarnez est téléchargeable sur le site du Mouvement Démocrate. Pour ma part, voici ce que j'en pense : 

Le pan climat de Marielle est exclusivement concentré sur la pollution de l'air. C'est à mon avis sa force et sa faiblesse. Marielle aborde en fait l'écologie avant toutes choses sous l'angle de la santé : dans ces conditions, à sa place, j'aurais fait rentrer ses propositions dans un grand plan santé pour la capitale. Quand son programme sera définitif, je lui conseille d'ailleurs de choisir cette présentation.

Pour lutter contre la pollution de l'air, Marielle veut agir sur trois leviers : 1. Réduire les émissions issues des déplacements 2. Réduire les émissions issues de nos consommations énergétiques 3. Absorber la pollution en végétalisant la ville.

Il y a dans son projet un certain nombre de mesures que l'on retrouve chez ses concurrents et je ne m'y attarderai donc pas, sauf pour les critiquer quand je suis opposé à ces mesures. Mais il y a aussi des idées atypiques qui méritent un arrêt sur image.

Végétaliser l'air des stations de la RATP en est une : outre l'attrait esthétique, les plantes présentes en nombre dans des stations contribueraient à recycler l'air vicié et à le rafraîchir. Il faut en revanche bien considérer le coût de l'armée de jardiniers qu'il faudrait recruter pour financer un tel déploiement et déterminer en échange de quels coûts une telle initiative pourrait être budgétisée.

Marielle de Sarnez est également la seule à promouvoir une lutte renforcée contre les agents infectieux présents dans les rames de métro (quand je dis que son projet a toute sa place dans l'entrée plus grande de la santé !). C'est judicieux : la propreté n'est pas seulement une préoccupation esthétique. Il y va aussi de la salubrité publique. Si on multipliait dans les stations les points d'eau avec savon et/ou désinfectant, on contribuerait à mon avis à l'hygiène publique.

Je suis plus sceptique en ce qui concerne ses propositions pour le vélo : Paris n'est pas Amsterdam et, dans la capitale, la bicyclette représente davantage un déplacement de loisir qu'un véritable mode alternatif de déplacement pour vaquer à ses occupations. Cela dit, j'agrée pleinement la proposition de créer deux grands axes cyclables traversant Paris de part en part, d'ouest en est et du nord au sud.

Comme en 2008, Marielle envisage de proposer un service de scooters électriques. J'étais pour il y a 6 ans mais j'ai évolué depuis : cela fera beaucoup de places de stationnement qui vont disparaître, des coûtes très importants et un abonnement sans doute coûteux pour un bénéfice assez limité, au final. L'autolib s'avérant assez peu convaincante, je n'ai que très moyennement envie d'étendre le concept.

Comme tous les autres candidats, Marielle propose de renouveler la flotte de véhicules de la ville et de la RATP en exigeant l'acquisition de véhicules nettement plus propres.

Elle prévoit également un service de bus à haute qualité de service et la mise en place de petites navettes électriques.

La gratuité de stationnement des véhicules électriques me semble une bonne idée, mais, je rappelle que le principal obstacle au développement de ces derniers est leur coût et leur faible autonomie. Ces automobiles ne polluent pas l'air, mais pour le reste, à la fabrication, je suis bien plus sceptique. Je pense qu'il ne faudrait pas se limiter aux véhicules électriques mais se montrer incitatif pour tous les véhicules propres, quitte à donner des autorisations de circulation pour les prototypes à hydrogène ou à bio-carburants non nocifs pour la santé. De manière générale, il y a chez tous les candidats un manque d'ambition et  de développement d'idées susceptible de favoriser l'initiative privée dans le domaine de la propreté des moteurs et de l'air.

En parlant de stationnement, amener progressivement les automobiles à disparaître de la surface de la ville me paraît intéressante à plusieurs titres mais amène tout de même quelques questionnements. Qui va payer pour ces parkings ? Quels seront les coûts de stationnement ? Qui va en assurer la sécurisation ? Quid du niveau de pollution dans ces parkings (comment l'absorber ?) ?

Je ne crois pas trop à l'autopartage parce que ce principe limite la mobilité, toutefois, je retiens une idée intéressante de Marielle de Sarnez sur ce sujet : expérimenter un dispositif de partage de véhicules dans les co-propriétés. Ça, c'est pas mal du tout.

Restent les économies d'énergie, principalement dans le bâtiment. Marielle de Sarnez prévoit principalement d'accompagner les rénovations et les constructions nouvelles en mettant à disposition des co-propriétés et des professionnels un interlocuteur unique susceptible de les orienter vers de nouvelles formes d'isolation, de construction ou de production d'énergie. Je suis assez peu convaincu pour une raison simple : le bâtiment fait rarement spontanément des démarches vers le mieux écologique.

La végétalisation de la ville est en revanche une bonne piste, particulièrement les toits de co-propriétés, les places ou encore les bords de Seine. Il faut voir ensuite dans la pratique comment cela va réellement se dérouler.

Les déchets et leur traitement sont le dernier chapitre du programme de la candidate du MoDem. Marielle de Sarnez suggère entre autres de  créer en partenariat avec les réseaux de l’économie sociale et solidaire des recycleries /ateliers de réparation par arrondissement. C'est une bonne chose mais j'ajouterais la récupération à la réparation et au recyclage. Pour qui fréquente des sites comme http://recupe.net/ ou encore http://donnons.org/, en somme des plate-formes d'échange et de récupération en peer-to-peer, c'est impressionnant de voir à quel point nombreux sont les objets dont nous voulons nous débarrasser qui peuvent finalement trouver preneurs. Ces initiatives font oeuvre utile, nous devrions les associer à tout projet de recyclage.

Je n'ai pas été exhaustif et j'ai passé sous silence de nombreuses autres mesures parce qu'on ne peut pas tout dire en un seul billet. Il aurait été intéressant de comparer les propositions de Marielle de Sarnez à celles de ses concurrent(e)s mais ce sera sans doute l'objet d'un autre billet.

13:05 Publié dans écologie, Paris | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : santé, pollution, sarnez, modem |  Facebook | | |

mardi, 24 septembre 2013

Ils nous cassent les burnes avec leurs Roms...

Voilà, c'est le sujet à la mode depuis quelques mois : les Roms. Comme si les Roms étaient l'alpha et l'oméga de nos problèmes en France. Le pompon, c'est la sortie de NKM à Paris, suivie, à vrai dire, par Hidalgo, qui, sous couvert de protester, a largement embrayé sur le sujet.

Je ne sais pas, moi, on pourrait plutôt parler de la circulation, du coût de la vie, des pseudo-logements sociaux qu'Hidalgo assure pouvoir créer, des milliards dépensées en voirie, des millions en fêtes de toute sorte, ou encore des impôts.

Parlons-en de la fiscalité à Paris : je rigole bien. Hidalgo a assuré ne pas vouloir augmenter les impôts. On parie ce que vous voulez que toutes les autres prestations vont voir leur prix exploser : les places de stationnement vont continuer à se réduire et nous allons payer plus cher ce dernier et plus cher les amendes, le prix des crèches va augmenter, ceux des centres d'animation et tout de cet acabit. Pour faire social, Hidalgo garantira des prix bas aux défavorisés, mais comme il n'y en a plus à Paris, cela ne coûtera pas grand chose. Il y aura une grosse redistribution forcée consistant à ponctionner les classes déjà pressurées pour continuer à assister une clientèle minoritaire mais fidélisée.

On devrait en parler de tout ça, non ? 

Et la santé, au fait ? Je le redis, les coûts explosent tandis que des spécialités se font la malle. Ce n'est plus aussi aisé, désormais, d'obtenir un rendez-vous avec un spécialiste et je ne parle pas des hôpitaux engorgés et mal administrés qui absorbent d'énormes crédits pas forcément à bon escient. Loin de moi de vouloir réduire leurs moyens, mais plutôt que de leur réclamer du chiffre, et si, comme le suggère avec beaucoup de bon sens Marielle de Sarnez, on leur adossait des maisons de santé ?

Tout ça pour vous dire que j'en ai un peu rien à f..., moi des Roms, et que j'aimerais qu'on cesse de me casser les couilles avec les Roms. La dernière trouvaille, c'est la carte des Roms en France, riche idée de l'Opinion, média qui se voulait crédible. Ben ça commence mal. S'il y a bien une polémique artificielle, c'est bien celle de la présence des Roms ou non en France. 

J'aime bien le sujet de la santé, à titre perso, parce que je ne sais pas où nous allons et je m'inquiète de l'avenir. Je ne sais pas, moi, mais je me serais attendu à ce qu'un journal sérieux et proche des gens publie la carte des pharmacies ouvertes tard le soir, par exemple, ou propose des analyses de fond sur le fonctionnement de nos hôpitaux et compare ce que disent à ce sujet les futurs candidats à la mairie de Paris.

Ben non. On a le droit à la carte des Roms à la place. Passionnant.

Bernard Debré assure que les Roms sont un problème à Paris même s'il se défend de vouloir stigmatiser cette communauté. Il pointe les mineurs, les mendiants, les escrocs et cetera.

C'est un faux problème. Les Roms ne sont ni plus ni moins une menace à Paris que d'autres communautés. Il y a un problème avec l'insécurité et ce problème est global, touchant le traitement de la délinquance quelle que soit l'origine des délinquants. Il y a un problème avec les mineurs délinquants, oui. Avec la mendicité agressive, oui.

Voilà, c'est tout : pas la peine de blablater sur les Roms, que le gouvernement fasse son boulot et la mairie le sien (par exemple, réaffecter les donneurs de PVs à la sécurité sur la voirie, par exemple...).

Lâchez-nous avec les Roms, les amis. S'il n'y avait que les Roms comme seul problème en France, ce serait la fiesta tous les jours. Pas de pot, là, c'est plutôt la berezina...

00:10 Publié dans Paris, Société | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : roms, santé |  Facebook | | |

mardi, 01 janvier 2013

Urgences, une solution simple mais efficace...

D'après l'agence Reuters François Hollande a passé une partie de son réveillon aux urgences d'un hôpital parisien. Précisément, je discutais des conditions d'accueil des hôpitaux avec le mari de ma belle-soeur ce même soir et il me racontait ses méandres à Necker un jour où il avait dû conduire sa fille aux urgences : 7 heures d'attente pour 1mn30 de consultation.

On pourrait croire qu'il y a une question de moyens derrière ? Il n'en est rien. Il y avait à l'accueil ce jour-là pas moins de 7 à 11 personnes qui traitaient essentiellement de la paperasse et c'étaient eux qui finissaient par diriger les patients en attente vers les (le ?) médcecin.

Une solution simple aurait pourtant fluidifié l'accueil considérablement et c'est celle-là même qui est appliquée en Italie et en Allemagne, de l'aveu même du médecin qui se trouvait là : il aurait suffi que le médecin passe dans la salle d'attente et consacre quelques minutes à chaque patient pour vérifier lesquels pouvaient repartir chez eux avec un remède mineur et lesquels devaient rester. C'était le cas en particulier de ma belle-nièce qui est rentrée de suite chez elle.

7 heures pour 1 minutes 30 : est-ce pertinent ? 

Il y a donc là une mesure très simple qu'il suffirait de décréter pour améliorer considérablement le service hospitalier.

A cela, j'ajoute que j'ai du mal à comprendre pourquoi, à l'ère de l'électronique, on continue à passer autant de temps en formalités, paperasserie incluse.

La Santé publique devrait prendre s'inspirer des Impôts dont l'efficacité est exemplaire dans ce domaine. Ce n'est tout de même pas compliqué d'imposer l'usage systématique d'une carte et de la relier à un lecteur qui fait le travail.

Il y a des secteurs à l'évidence où les déserts médicaux sont des réalités et menacent certainement nos concitoyens. Mais il y en a d'autres où l'amélioration du service relève du simple bon sens et de la bonne organisation sans qu'il soit nécessaire de faire la révolution ou de modifier les statuts des personnels hospitaliers.

11:23 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : santé, urgences, hôpitaux, hollande |  Facebook | | |

samedi, 11 février 2012

Une politique sociale made in Bayrou

François Bayrou tenait aujourd'hui le troisième forum de son agenda 2012-2020. Il s'agissait cette fois de définir de quelle manière l'économique et le social pouvaient se marier harmonieusement (ou non...).

Travail et droit du travail

François Bayrou a fait sensation en proposant de liquider toutes les formes de contrats autres que le CDI. Quid de la flexibilité pour les entreprises dont les commandes ne sont pas assurées, alors ? Bayrou suggère que des indemnités importantes et fixées à l'avance, d'un montant équivalent à ce qu'accordent les prudhommes en règle générale, figurent dans le contrat, rendant possible son interruption.

Puisque le droit à la formation existe, Bayrou suggère qu'il soit activé pendant les périodes de chômage principalement. Compte-tenu du désordre général du financement de la formation continue, Bayrou propose qu'une agence nationale de la formation soit créée dont la mission soit de mettre en ordre ce secteur.

Santé et retraites

En ce qui concerne les retraites, Bayrou n'a pas changé d'avis et maintient le principe d'une retraite par répartition, mais avec un système à points. La pénibilité, l'action dans la sphère associative, l'éducation des enfants seront intégrées dans le calcul sous forme de bonus. A terme, chacun décidera de l'heure de son départ à la retraite.

Pour la santé, il s'agit, tout comme pour les retraites, de parvenir à un équilibre. Pas seulement financier. Un équilibre géographique aussi. Sur ce dernier point, Bayrou propose d'élargir le numerus clausus en fléchant pour quelques années vers les déserts médicaux le parcours des entrants surnuméraires dans les professions médicales. Bayrou estime également que la rationnalisation des moyens ne doit pas mener à fermer des services médicaux de proximité majeurs tels que les maternités,  les urgences cardio-vasculaires et les soins ambulatoires. Bayrou propose l'ouverture de maisons médicales avec du personnel compétent plutôt que d'unités hospitalières pour mailler le territoire.

L'équilibrage de la sécurité sociale est un vrai problème : sur ce point, Bayrou n'a pas proposé de solutions toutes faites, mais il observe que des complémentaires santé gérée par des syndicats et des organisations professionnelles de santé semblent donner de bons résultats en Alsace et en Moselle : il reste à voir comment cela fonctionne pour réfléchir à une généralisation à l'échelle nationale.

Bayrou compte consacrer au handicap une réflexion particulière : il l'a donc abordé en spécifiant qu'il privilégierait l'accompagnement humain dans ce domaine, mais il a remis à un forum spécifique ce qu'il compte proposer dans ce domaine.

Le reste de sa politique sociale fera l'objet d'un billet séparé.

samedi, 14 janvier 2012

Marine Le pen prête à provoquer une catastrophe sanitaire

S'il y a bien une chose qui m'énerve particulièrement quand j'entends Marine Le pen, ou encore que je lis son programme, c'est le mensonge incessant qu'elle délivre sans vergogne à la population. Marine Le pen, c'est super-menteuse puissance 10. Sarko et Chirac, à côté, ce sont des amateurs.

Par exemple, elle balance tranquillement qu'en divisant par quatre la fraude à la sécu, dans son programme santé, on va économiser 15 milliards d'euros. Elle l'estime donc (je suis bon en calcul) à 20 milliards d'euros. Or, en 2009, cette fraude a été évaluée à 389 millions d'euros.

Maintenant, suivez-moi bien : comment Marine Le pen peut-elle bien faire pour justifier ses chiffres ? Eh bien, par exemple, en qualifiant de fraude 75% des arrêts de travail, ou mieux encore, des Affections longue durée qui touchent un quart de la population française. 

La preuve ? dans ses mesures immédiates elle indique 

- Lutte contre les arrêts maladie de complaisance et les fraudes dans le système ambulancier

- Supprimer toutes les aides sociales pour les fraudeurs récidivistes

Facile : en considérant comme fraudeurs tous ceux qui tombent malades, oui, on va faire les 15 milliarss d'économies qu'elle escompte.

De cette manière, on peut s'attendre à des déremboursement très massifs dont les Français, à commencer par les classes populaires qui croient tous les mensonges que débite Marine Le pen, ne manqueront pas d'en supporter les terribles conséquences.

Il n'y a pas que cela. Dans les mesures sanitaires qui pourraient réintroduire en France des maladies contagieuses autrefois disparues, on trouve la suppression de l'AME, l'aide médicale d'urgence aux étrangers. 

Marine Le pen est tellement contaminée par son obsession pour l'immigration, qu'elle perd tout bon sens : la santé et le contrôle de l'immigration sont deux domaines différents. On peut très bien se montrer très ferme et régulateur dans le domaine de l'immigration sans pour autant faire courir de risques sanitaires aux Français ou faire preuve d'une authentique inhumanité envers de pauvres gens malades.

Que se passera-t-il si on supprime l'AME ? Ce qu'il se produit déjà avec les Français les plus pauvres : faute d'être soignés, ils développent des pathologies, maladies infectieuses, contagieuses et cetera. C'est ainsi que dans les zones de grande pauvreté la tuberculose est réapparue ! Une maladie dont on n'entendait plus parler depuis un demi-siècle !

Imaginez que cela ne soit pas la tuberculose qui refasse un jour surface, mais la peste, par exemple : nous serions alors confrontés à un drame épouvantable. Pour mémoire, au Moyen-âge, la peste a rayé de la surface de la terre les deux tiers de la population dans certains pays.

De manière générale, tout le programme du FN est de ce tonneau ou presque : des assertions sans fondements et des objectifs cachés dont les conséquences seront dramatiques. J'aurais pu aussi évoquer pour les hôpitaux l'obligation de délivrer des informations médicales sur les individus et la volonté de Marine Le pen de les croiser avec les fichiers sociaux et fiscaux. Adieu, secret médical. Quel Médecin  ayant prêté le Serment d'Hippocrate acceptera de donner sa voix au FN (Ouf, il paraît qu'ils préfèrent en priorité Bayrou) ?

Maintenant, je ne suis pas fermé et je suis tout prêt à entendre les explications d'un cadre du FN sur ce programme voire à lui donner un droit de réponse ici-même...(droit de réponse que je ne manquerai pas de commenter, cela va de soi...). Mais, allez savoir pourquoi, je pressens que personne dans l'entourage de Marine Le pen ni au FN ne va prendre le risque. Se faire attraper en flagrant délit de mensonge, c'est vraiment trop fâcheux...

vendredi, 21 octobre 2011

Di-antalvic, Primperan, on va finir par ne plus pouvoir se soigner !

Encore un médicament qui passe à la trappe. Bon, pour les moins de 18 ans, seulement, mais enfin...L'AFSSAPS nous balance tous les mois des médicaments à jeter à la poubelle.

Je ne dis évidemment pas que le Primpéran est neutre, mais au bout d'un moment, le principe de précaution, il devient un peu pénible sur les bords. 

On s'est privé d'un puissant antalgique de second degré avec le Di-Antalvic parce que les jeunes Suédois et Britanniques se suicidaient avec.

Pour le Primpéran, l'AFSSAPS a mis en place sur les conséquences...des surdosages de Primpéran ! Ben oui les gars, on s'en doute que surdoser un neuroleptique, ça a des conséquences. Mais si on faisait une enquête sur les usages ordinaires, ce qui est en principe le bon sens et la norme ?

Les effets secondaires potentiels du Primpéran sont connus de longue date. Alors à quoi rime cette volte-face ?

Ça sent l'effet Mediator. Sauf que le Mediator, lui, ne sert vraiment à rien en plus d'être dangereux. On va faire quoi, maintenant ? Interdire l'ibuprofène parce qu'il peut provoquer des saignements d'estomac ? Ou encore l'aspirine pour à peu près les mêmes raisons ?

Ce qui est exaspérant, c'est que 9 fois sur 10, c'est la presse qui informe les professionnels de la santé de ces interdictions subites.

En revanche, moi, j'aimerais bien qu'on s'intéresse d'un peu plus près aux génériques, un de ces jours : une variation de dose de +/- 20%, cela ne me paraît pas neutre, primo, et secondo, j'aimerais bien qu'on se penche également sur les excipients utilisés, excipients dont la composition ne figure jamais ou presque sur les boîtes.

Bref, entre les déremboursements (qui peuvent toutefois être justifiés)  et les interdictions de médicaments ça commence à devenir difficile de se soigner dans ce pays.

lundi, 14 février 2011

Crever à la tâche...

Florent vient, dans son dernier billet, de pointer l'un des aspects majeurs de l'allongement possible (probable, en fait) de la durée de travail : sa concomittance ou non, non pas avec l'espérance de vie, mais avec l'espérance de vie en bonne santé.

Les tableaux disponibles sur le site d'eurostat, émanation de la Commission européenne qui produit des statistisques pour toute l'Union européenne, viennent éclairer d'un jour sombre notre futur.

On entend dire partout que l'espérance de vie croît. On s'en fout. Elle croît, mais dans quel état achevons-nous notre existence ? Par exemple, observons de près l'espérance de vie en bonne santé de 1995 à 2008 en Europe pour les hommes. Ah, ils sont beaux les centenaires dont on nous rebat les oreilles : il n'y a dans aucun pays d'Europe de progression linéaire. Il y a même souvent, d'une année sur l'autre, des régressions, et parfois importantes. En France, nous stagnons depuis 15 ans entre 60 et 63 ans, certaines années, plus proche de 60 ans, d'autres, davantage de 63 ans. En Autriche, les chiffres de dégradent depuis 6 ans. Les Autrichiens pouvaient, jusqu'à l'année 2003 espérer une bonne santé jusqu'à 64-66 ans, mais depuis, ils stagnent à 58 ans ! 6-8 années en moins ! Le Portugal oscille entre 59 et 60 ans depuis 15 ans.

Que l'on ne s'y trompe pas : les exemples que je choisis ne sont pas des occurences particulières qui serviraient à illustrer spécifiquement mon propos. Non, au contraire, ce ne sont que des exemples parmi tant d'autres dans les données que j'utilise.

J'observe tout de même dans beaucoup de pays une dégradation, parfois très nette, depuis 2003. L'Alllemagne autrefois entre 63 et 65 ans, n'est même plus à 56 ans pour l'année 2008.

Ces chiffres lèvent les derniers doutes sur l'enjeu prioritaire qui attend notre société : il est de plus en plus difficile de travailler en raison de la pression continuelle qui s'exerce sur les salariés de toute obédience et de tout niveau. Pour pouvoir travailler plus, il faut être en bonne santé. Améliorer la santé à partir du troisième âge est désormais un enjeu social et économique prioritaire.

Je ne crois pas aux fariboles gauchistes qui consistent à expliquer que le capital paiera. Oh, certes, on pourra le faire payer un peu, mais il n'y aura pas de taxation efficace qui permettrait de financer l'intégralité de nos recettes. Ce ne peut être que le travail en premier lieu qui peut financer les futures retraites. Mais pour que cela soit possible, il faut que le corps social soit en état de travailler, faute de quoi, nous irons vers une dégradation considérable de nos conditions d'existence.

Je m'étais intéressé à la DHEA, il y a quelques années, cette hormone capable de redonner tonus et énergie aux hommes et aux femmes dès 45 ans. L'inconvénient, c'est qu'elle est aussi fortement soupçonnée de favoriser le cancer...D'où, par ricochet, la nécessité d'agir contre ce fléau. Nous avons fortement progressé en médecine curative, dans de domaine, mais encore bien peu en médecine préventive, parce que nous peinons toujours à en comprendre les mécanismes et surtout la source. Qu'est-ce qui fait qu'une cellule dégénère ? On ne le sait toujours pas clairement.

D'une certaine manière, je me dis qu'il y a deux voies pour aborder notre vieillissement : soit tenter de faire face par la science en tentant de dominer notre propre amenuisement, soit se détacher des choses terrestres et du corps, chemin, finalement de la philosophie et de plusieurs religions.

Le MoDem faisait de la santé l'un de ses biens premiers, dans son programme européen. A ce stade, ce n'est même plus un bien premier, mais une nécessité économique prioritaire...

11:52 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : retraite, santé |  Facebook | | |

lundi, 10 janvier 2011

La bombe démographique sera mondiale

La population mondiale continue de croître, mais en dehors de certaines zones de l'Afrique, de l'Afghanistan et du Pakistan, et de quelques pays très pauvres, cette croissance n'est que l'effet de l'allongement de la durée de vie. Partout, le taux de fécondité s'est stabilisé, approchant 2 enfants par femme. En Chine, on en est même à songer à inverser la politique de fécondité du régime. En Inde, le taux est de 2.7, mais avec de fortes disparités : 3 et plus au nord, moins de 2 au sud. La Tunisie dont la jeunesse fait connaître bruyamment son mécontentement est à 1.85. Ce n'est pas mieux dans les autres pays du Maghreb.

Les problèmes démographiques et les thématiques qui leur sont associées (montant des retraites, temps de travail) ne seront donc bientôt plus l'apanage des seuls pays développés. 

A horizon 2050 ou 2060, avec l'élévation générale du niveau de vie de la planète (même si par ailleurs les inégalités de creusent) et l'amélioration de l'éducation des femmes (puisque dans les pays économiquement peu avancés, le fort taux de fécondité est avant tout l'expression d'une société patriarcale), la population mondiale devrait commencer à stagner, voire décroître.

Il s'agira alors de bien considérer ce que doivent être les rapports entre les générations, et de reconsidérer le concept-même de génération.

Il y a un défi absolument urgent pour la médecine : la médecine ne peut pas se contenter de gérer la vieillesse. Elle doit désormais reculer non pas l'âge de la mort, mais l'âge de la vieillesse. Pour qu'une société dont la durée de vie s'allonge soit viable, il convient qu'à 60 ans, on soit encore un jeune homme si l'on doit devenir centenaire.

Aucune mesure d'allongement du temps de travail n'est tenable sans des recherches (et des résultats !!!) très poussés dans ce champ de la médecine. La gériatrie, la gérontologie, doivent changer de nom : l'athanatologie, néologisme que je forme en écrivant, d'ἄθανατος en grec, qui signifie "immortel" doit prendre leur relais. Comme l'écrit Christian Doré dans le Figaro, il faudra reprogrammer la vie.

Les enjeux, en plus d'être sociaux et sociétaux, sont économiques : et ils sont mastodontesques. La santé et la jeunesse devenant un enjeu social majeur pour les équilibres des sociétés développées, ce sont des milliers de milliards d'euros qui pourront s'écouler dans le marché de la vie : des opportunités économiques qu'on peine à se représenter.

Alors ? La vieillesse, une maladie comme les autres, finalement ? Question aux implications éthiques, voire métaphysiques,  lourdes et profondes, mais question qui mérite d'être posée désormais.