Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Ce que proposent Marielle de Sarnez et le MoDem contre la pollution

Une fois encore, je déplore l'invraisemblable disproportion de traitement des actualités dans la presse : seule Libération avait relayé les plan Climat  de Marielle de Sarnez à Paris. Quelque chose d'important qui concerne la vie des Parisiens, surtout si l'on considère les dernières conclusions de l'OMS sur les effets de la pollution dans la capitale. Le ralliement d'un élu a e revanche eu les honneurs dans toute une série d'organes de presse.

En somme, chaque fois que quelqu'un essaie de lancer le débat sur les idées, la presse est aux abonnés absente. C'est vraiment rageant pour tous ceux qui essaient de le faire vivre et cela donne une image de la politique réduite aux tractations d'appareil. C'est très injuste pour tous les militants qui ont oeuvré avec Marielle de Sarnez pour faire des propositions très concrètes aux Parisiens afin d'améliorer leur environnement et leur santé.

Je signale avant toutes choses que le plan-climat de Marielle de Sarnez est téléchargeable sur le site du Mouvement Démocrate. Pour ma part, voici ce que j'en pense : 

Le pan climat de Marielle est exclusivement concentré sur la pollution de l'air. C'est à mon avis sa force et sa faiblesse. Marielle aborde en fait l'écologie avant toutes choses sous l'angle de la santé : dans ces conditions, à sa place, j'aurais fait rentrer ses propositions dans un grand plan santé pour la capitale. Quand son programme sera définitif, je lui conseille d'ailleurs de choisir cette présentation.

Pour lutter contre la pollution de l'air, Marielle veut agir sur trois leviers : 1. Réduire les émissions issues des déplacements 2. Réduire les émissions issues de nos consommations énergétiques 3. Absorber la pollution en végétalisant la ville.

Il y a dans son projet un certain nombre de mesures que l'on retrouve chez ses concurrents et je ne m'y attarderai donc pas, sauf pour les critiquer quand je suis opposé à ces mesures. Mais il y a aussi des idées atypiques qui méritent un arrêt sur image.

Végétaliser l'air des stations de la RATP en est une : outre l'attrait esthétique, les plantes présentes en nombre dans des stations contribueraient à recycler l'air vicié et à le rafraîchir. Il faut en revanche bien considérer le coût de l'armée de jardiniers qu'il faudrait recruter pour financer un tel déploiement et déterminer en échange de quels coûts une telle initiative pourrait être budgétisée.

Marielle de Sarnez est également la seule à promouvoir une lutte renforcée contre les agents infectieux présents dans les rames de métro (quand je dis que son projet a toute sa place dans l'entrée plus grande de la santé !). C'est judicieux : la propreté n'est pas seulement une préoccupation esthétique. Il y va aussi de la salubrité publique. Si on multipliait dans les stations les points d'eau avec savon et/ou désinfectant, on contribuerait à mon avis à l'hygiène publique.

Je suis plus sceptique en ce qui concerne ses propositions pour le vélo : Paris n'est pas Amsterdam et, dans la capitale, la bicyclette représente davantage un déplacement de loisir qu'un véritable mode alternatif de déplacement pour vaquer à ses occupations. Cela dit, j'agrée pleinement la proposition de créer deux grands axes cyclables traversant Paris de part en part, d'ouest en est et du nord au sud.

Comme en 2008, Marielle envisage de proposer un service de scooters électriques. J'étais pour il y a 6 ans mais j'ai évolué depuis : cela fera beaucoup de places de stationnement qui vont disparaître, des coûtes très importants et un abonnement sans doute coûteux pour un bénéfice assez limité, au final. L'autolib s'avérant assez peu convaincante, je n'ai que très moyennement envie d'étendre le concept.

Comme tous les autres candidats, Marielle propose de renouveler la flotte de véhicules de la ville et de la RATP en exigeant l'acquisition de véhicules nettement plus propres.

Elle prévoit également un service de bus à haute qualité de service et la mise en place de petites navettes électriques.

La gratuité de stationnement des véhicules électriques me semble une bonne idée, mais, je rappelle que le principal obstacle au développement de ces derniers est leur coût et leur faible autonomie. Ces automobiles ne polluent pas l'air, mais pour le reste, à la fabrication, je suis bien plus sceptique. Je pense qu'il ne faudrait pas se limiter aux véhicules électriques mais se montrer incitatif pour tous les véhicules propres, quitte à donner des autorisations de circulation pour les prototypes à hydrogène ou à bio-carburants non nocifs pour la santé. De manière générale, il y a chez tous les candidats un manque d'ambition et  de développement d'idées susceptible de favoriser l'initiative privée dans le domaine de la propreté des moteurs et de l'air.

En parlant de stationnement, amener progressivement les automobiles à disparaître de la surface de la ville me paraît intéressante à plusieurs titres mais amène tout de même quelques questionnements. Qui va payer pour ces parkings ? Quels seront les coûts de stationnement ? Qui va en assurer la sécurisation ? Quid du niveau de pollution dans ces parkings (comment l'absorber ?) ?

Je ne crois pas trop à l'autopartage parce que ce principe limite la mobilité, toutefois, je retiens une idée intéressante de Marielle de Sarnez sur ce sujet : expérimenter un dispositif de partage de véhicules dans les co-propriétés. Ça, c'est pas mal du tout.

Restent les économies d'énergie, principalement dans le bâtiment. Marielle de Sarnez prévoit principalement d'accompagner les rénovations et les constructions nouvelles en mettant à disposition des co-propriétés et des professionnels un interlocuteur unique susceptible de les orienter vers de nouvelles formes d'isolation, de construction ou de production d'énergie. Je suis assez peu convaincu pour une raison simple : le bâtiment fait rarement spontanément des démarches vers le mieux écologique.

La végétalisation de la ville est en revanche une bonne piste, particulièrement les toits de co-propriétés, les places ou encore les bords de Seine. Il faut voir ensuite dans la pratique comment cela va réellement se dérouler.

Les déchets et leur traitement sont le dernier chapitre du programme de la candidate du MoDem. Marielle de Sarnez suggère entre autres de  créer en partenariat avec les réseaux de l’économie sociale et solidaire des recycleries /ateliers de réparation par arrondissement. C'est une bonne chose mais j'ajouterais la récupération à la réparation et au recyclage. Pour qui fréquente des sites comme http://recupe.net/ ou encore http://donnons.org/, en somme des plate-formes d'échange et de récupération en peer-to-peer, c'est impressionnant de voir à quel point nombreux sont les objets dont nous voulons nous débarrasser qui peuvent finalement trouver preneurs. Ces initiatives font oeuvre utile, nous devrions les associer à tout projet de recyclage.

Je n'ai pas été exhaustif et j'ai passé sous silence de nombreuses autres mesures parce qu'on ne peut pas tout dire en un seul billet. Il aurait été intéressant de comparer les propositions de Marielle de Sarnez à celles de ses concurrent(e)s mais ce sera sans doute l'objet d'un autre billet.

Commentaires

  • Déjà cher Hérétique merci de t'intéresser au programme. A l'heure où tous les commentaires se concentrent sur le ralliement de JF Martins à Hidalgo, tu es bien seul à parler du fond!

    Au delà des mesures que tu as commentées, je voudrais insister sur l'orientation que Marielle de Sarnez veut faire prendre aux politiques de transport par ce plan. L'idée force est bien, au nom de la nécessaire protection de la santé des parisiens, de diminuer la pollution...et donc de progressivement encore réduire la part de l'automobile dans Paris. Mais la grosse différence avec l'approche suivie par Delanoé pendant 10 ans, et que nous souhaitons au Modem que ce report se fasse par choix et non par contrainte ! d'où la volonté exprimée par Marielle de lancer un grand plan pour l'attractivité des transports en commun (incluant les mesures sur la salubrité, la végétalisation, mais aussi l'extension des horaires, le renforcement des fréquences, la généralisation de la ventilation etc...).

    Tout ceci se focalisant, par souci d'économies des finances publiques, sur l'amélioration de l'existant - et non pas sur la promesse de nouvelles infrastructures dispendieuses (hormis celles déjà en cours).

  • @Mesina
    C'est bien la différence notable qu'il me semblait avoir perçue dans le projet de Marielle.
    J'ai vu toutes les mesures. C'est sûr que je les préfère à celles de Delanoë, mais je pense malgré tout qu'on pourrait considérer les choses autrement (ce que fait Christian Saint-Étienne dont j'ai lu les propositions) : l'automobile est indispensable instrument de mobilité et une liberté de déplacement. Pousser à l'utilisation de véhicules propres pourrait être le point culminant d'un projet d'amélioration de l'air pour les déplacements.

  • On est d'accord il faut utiliser tous les leviers y compris les voitures "non polluantes". Mais attention au bout d'un temps, au delà du problème qualité de l'air, le sujet de la congestion demeure.

    Il faut donc transports en commun très performants ET véhicules non polluants.

  • @Mesina
    Oui, l'un ne va pas sans l'autre, mais cela suppose aussi de concentrer les budgets non sur le cosmétique (tramway, autolib) mais sur les transports lourds qui charrient le plus de population (la ligne 13 par exemple)

  • @ L'hérétique
    100% d'accord !!!

  • @Mesina
    Ça tombe bien, c'est mot pour mot ce que m'a dit Marielle lors d'une conversation récente. :-)

  • La classification du Groupe d'experts a été faite après que des scientifiques ont analysé Le risque pour l'individu est faible, maisles principales sources de pollution sont très répandues, y compris dans le transport, les centrales électriques et les émissions industrielles et agricoles.

    Plus de 1 000 études à travers le monde et a conclue qu'il y avait suffisamment de preuves que l'exposition à la pollution de l'air extérieur provoque le cancer du poumon.

  • Orienté majoritairement le plan climat sur la qualité de l'air n'est à mon sens pas absurde car tout le monde peut se sentir concerné et que ce pourrait devenir un problème santé publique si l'air de nos villes et trop polluée.
    Cela me fait penser à une vidéo diffusée par la FNE : http://rendezmoimonair.org/ que je vous laisse apprécier.

  • @Developpement Durable
    Oui, je suis d'accord avec vous, d'autant qu'en fait, c'est un lourd problème de santé publique.
    Mais je pense qu'on ne privilégie pas assez l'option de mobilités individuelles propres dans la plupart des plans climat des candidats à Paris.
    Il reste à imaginer mais on pourrait avec la région proposer une implantation à Tesla, par exemple, qui a l'air de parvenir à construire des automobiles électriques performantes.
    A mon avis, il y a quelque chose à penser associant la santé, l'écologique et l'économique.

  • Concernant la mobilité individuelle, Paris se dotera de 700 bornes de recharge supplémentaires à la fin 2014 (annonce du Monde le 22/11/2013), on avance, certes lentement, mais je ne sais pas si c'est une conséquence du plan climat...

  • @Développement,
    Les bornes, c'est une chose, mais à quoi bon si les automobiles ne suivent pas et si la circulation est embouteillée à cause des restrictions de places ?
    A mon avis, il faudrait donner un statut particulier aux véhicules électriques mais en même temps s'assurer qu'il y ait des véhicules performants.
    L'usage d'un véhicule individuel demeure une liberté.
    Avec les premières google cars, on pourrait résoudre le problème de la circulation et certainement réduire aussi les consommations donc la pollution.
    Mais comme il s'agit de solutions individuelles, les Socialistes n'y pensent jamais.

Les commentaires sont fermés.