mercredi, 28 juillet 2010

Petits hôpitaux et idées noires...

Dans le programme politique du MoDem, la santé figure comme l'un des trois principaux biens supérieurs qui doivent être à tout prix préservés.  Or, je vois que Roselyne Bachelot, suivant évidemment le plan du gouvernement, prévoit la fermeture de plus de 50 blocs opératoires dans les petits hôpitaux.

Cela me fait penser à une planche humoristique et morbide du dessinateur Franquin. On y voit un ministre guilleret s'extasiant de ses derniers achats d'armes. Tout à sa joie, il traverse la rue sans regarder et se fait renverser par une automobile. Hélas pour lui, les budgets des hôpitaux ont été sacrifiés et faute de bloc de réanimation, il décède.

Je ne partage pas l'antimilitarisme souvent facile de Franquin, en revanche, le jour où un ministre se fera renverser dans une petite ville et qu'il n'y aura plus de bloc opératoire pour l'opérer d'urgence, il sera trop tard pour le regretter.

Alors il y a certes un répit, puisque Roselyne Bachelot a pour l'instant reporté ces fermetures, mais l'objectif demeure, avec une démarche perverse : Nicolas Sarkozy a subtilement expliqué qu'on ne fermait pas les hôpitaux mais des services. Urgences pédiatriques de Saint-Vincent de Paul, à Paris, par exemple (c'est fait depuis avant-hier soir...). Oh, pour rendre compte des fermetures annoncées, c'est assez simple : tapez donc "fermeture hôpitaux" sur google blogs, c'est édifiant ! Les blogues de province, petits ou grands s'en font un écho saisissant. Mais, à votre avis, que se produit-il quand on a fermé le dernier service d'un hôpital ? Eh bien il ferme. A part cela, bien sûr, on ne ferme pas les hôpitaux...

Les fanatiques de l'IFRAP s'en réjouissent ; avec des arguments pour le moins fallacieux, mais repris par le gouvernement, évidemment : il paraîtrait que le geste des chirurgiens serait moins sûr quand ils opèrent peu. Ah. Vive les rythmes stakhanovistes pour les chirurgiens, alors. C'est sûr qu'en multipliant les actes opératoires à des rythmes infernaux la sécurité des services de chirurgie va s'améliorer, c'est évident. Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre... L'autre argument, c'est de dire que les petits blocs ne peuvent suivre le progrès et deviennent dangereux. Ah. a) mieux vaut quelque chose que rien b) pour des actes "ordinaires" de chirurgie, le bloc laser ou l'IRM n'est peut-être pas non plus nécessaire...

L'IFRAP analyse l'efficacité des politiques publiques depuis 1985, mais qui a songé à analyser l'efficacité de l'IFRAP, qui vit, au demeurant, pour une large part, du crédit d'impôts accordé par l'État, comme c'est le cas de toute association reconnue d'utilité publique ?...

Un débat qui ne devrait pas manquer d'intéresser le blogueur Voguehaleine, que je sais très impliqué dans la préservation des services de santé.

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samedi, 20 septembre 2008

L'absurde idée d'un classement hospitalier

Dans les idées tordues, en voilà une de taille : Nicolas Sarkozy veut établir un classement des hôpitaux en fonction de leur mortalité. Cela n'a pas de sens ! Tout dépend de l'état de santé des patients que ces hôpitaux reçoivent ! A moins d'intégrer des données extrêmement pointues (et dans ce cas, bonjour la complexité et le temps nécessaire à un tel classement), il est clair que ce classement n'aura aucune signification et aucun autre effet que de stigmatiser certains établissements hospitaliers.

Bon, j'attends de voir les paramètres exacts selon lesquels les hôpitaux seront classés, mais je suis très sceptique. La seule option qui me paraît retenable, c'est de relever les infections nosocomiales, en tenant compte de leur type, car c'est certainement un indice de l'hygiène des hôpitaux.

Par ailleurs, en poussant les hôpitaux à obtenir de bons chiffres, on pourrait avoir certains effets très pervers : maintenir coûte que coûte un mourant en vie, quand bien même ses souffrances seraient infinies.

Bref, pour moi, c'est archétype de la fausse bonne idée, et je m'en défie tout à fait. En revanche, faire inspecter régulièrement les hôpitaux par des services sanitaires, ça, cela ne serait pas du luxe.

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