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dimanche, 05 mars 2017

La réforme des retraites, programmes présidentiels

Nous savons tous que notre système de retraites est à bout de souffle en l'état. Je ne crois pas qu'il ait été si mauvais que cela, d'ailleurs, mais je pense plutôt qu'il paie cash 40 ans de chômage qui ont été autant de cotisations en moins.

François Fillon le compte au chapitre de la dette. Il veut reculer l'âge du départ à 65 ans, aligner tous les régimes, fusionner retraites de base et retraites complémentaires et, conséquence logique, engager un processus mixte de retraites par capitalisation. C'est une solution très brutale qui met fin à l'héritage du CNR et laissera sur le carreau tous les petits et les victimes du chômage. Comment feront-ils pour cotiser suffisamment ? Quid de la solidarité ?

Emmanuel Macron maintient l'âge de départ à la retraite à 62 ans mais compte aligner régimes spéciaux et régimes privés. François Bayrou avait très justement fait observer un jour à propos de ce genre de solutions qu'elle n'était pas très correcte pour ceux qui s'étaient engagés avec l'idée de bénéficier de cet avantage car cela revient à modifier les termes du contrat. Je comprends que cette solution est inéluctable, mais je crois qu'il faudrait trouver un glissement progressif, étalé sur plus que cinq années comme le propose Emmanuel Macron, pour que la mesure soit acceptée dans l'opinion.

Je souscris en revanche pleinement au deuxième aspect de son projet : la retraite par points. Macron va même plus loin que le système par points que le MoDem a proposé pendant longtemps en suggérant la mise en place des comptes notionnels, système en vigueur en Suède. Le principe en est simple : on calcule une espérance de vie théorique et un seuil de fin d'activité. Pour chaque année au-delà de ce seuil, la somme moyenne qui sert à déterminer la future retraite est recalculée de manière à augmenter. On aboutit alors au résultat suivant : plus on part tard à la retraite, plus le montant de la pension est élevé. Je trouve que c'est une bonne proposition.

Marine Le pen propose de rétablir le départ à la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisation. La candidate du FN compte financer cette mesure par des économies qu'elle compte tirer de la sortie de l'euro et le quasi-arrêt de l'immigration. J'attends toujours la preuve de ces futurs revenus. Le problème, c'est que Madame Le pen n'a pas tout écrit dans son programme puisqu'elle a  dit aussi la chose suivante

« Si après avoir fait (toutes ces économies), on s'aperçoit que nous sommes obligés de nous tourner vers vous, Français, pour vous demander de faire un certain nombre de sacrifices, alors nous le ferons, nous reviendrons vers vous, et vous comprendrez pourquoi. »

Ce que je comprends de ces propos c'est qu'il n'y a pas d'engagement sur les montants des retraites et surtout que la promesse du projet n'est pas du tout pérenne. Voilà donc une mesure en peau de lapin...

Benoît Hamon me semble vouloir laisser à peu près les choses en l'état. C'est un aspect qui est très peu développé dans son programme, pour une raison que j'ignore. Il y a quelques mesures de revalorisation et une prise en compte de la pénibilité plus importante. Laisser les choses en l'état nous conduit inéluctablement à la banqueroute, on le sait. Ce n'est donc pas une solution viable à mes yeux.

Jean-Luc Mélenchon, comme Marine Le pen, veut aussi rétablir la retraite à 60 ans et 40 annuités de cotisation, avec au passage une idée assez originale : payer les femmes le même salaire que les hommes à poste égal. C'est ce manque à gagner qui aurait plombé les régimes de retraites. Je souscris à cette idée, naturellement, mais je doute que cela soit suffisant pour équilibrer les comptes des retraites pour une simple raison, c'est que souvent, les femmes n'ont justement pas le même poste que les hommes. J'apprécierais néanmoins de la voir intégrée dans le programme du MoDem, de François Bayrou et d'Emmanuel Macron. L'inconvénient, c'est que cela ne se fera pas d'un coup de baguette magique. C'est une réforme de fond, mais elle ne répond pas à l'urgence.

Nicolas Dupont-Aignan propose de maintenir le système en l'état. Il fait d'ailleurs une observation qui me paraît pertinente sur le recul de l'âge de départ à la retraite : le taux de chômage des 63-67 ans serait tel que la mesure ne sera pas efficace et qu'elle risquerait même de coûter plus cher que la situation actuelle. Pour lui, la solution, c'est de relancer l'emploi car cela augmente le nombre de cotisants. Le raisonnement n'est certes pas faux, mais qui peut garantir que chômage baisse de deux millions en un temps record, car c'est son pari ? Bien trop incertain, aucun pays n'est parvenu, avec une population comparable à la nôtre, à réaliser une telle performance. Je note qu'il est favorable à un décompte par points et un régime universel.

Nathalie Arthaud , j'ai eu plus de mal à trouver le programme, mais je l'ai :  37.5 années de cotisation, alignement de tous les régimes sur le plus favorable, plus de cotisations et à la place un impôt sur le patronat. De toutes façons, on sait que Lutte Ouvrière rejette la démocratie libérale et l'économie de marché. Difficile d'analyser leurs propositions dans le contexte qui est le nôtre. Si elles étaient appliquées dans la société telle qu'elle fonctionne, elles aboutiraient en un temps record à un effondrement, et dans un autre système, à chacun de voir sir le Venezuela, la Corée du Nord ou même l'ancienne Union soviétique lui semble un modèle enviable...

10:58 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : retraites |  Facebook | | |

mercredi, 01 juin 2011

L'effet papillon appliqué aux retraites...

On sait ce qu'est l'effet papillon : un battement d'aile de papillon à Paris provoque quelques jours après une tornade à San Francisco. 

En politique, on trouve des phénomènes similaires. C'est ce que Xerbias appelle l'effet de cliquet.

Tenez, imaginez une discussion dans un café entre un communiste et un socialiste au lendemain des législatives de 1978. Ils l'ont mauvaise, nos deux gauchos ; songez donc : la gauche est majoritaire en voix, mais la droite giscardienne l'a emporté. Tout ça parce que cocos et socialos ne se sont pas entendus. 

Alors germe une lumineuse idée : un programme commun ! Et dans le dit programme, on baissera l'âge de la retraite de 65 à 60 ans. Voilà, ça, cela se déroule il y a 40 ans. Et maintenant, notre système de retraites, conçu à la Libération pour une retraite à 65 ans se casse la figure parce qu'il n'y a plus de financement suffisant pour en assurer la pérénité. Sauf que si l'âge légal de départ à la retraite était resté à 65 ans, à l'heure actuelle, il se porterait à merveille.

samedi, 23 octobre 2010

Vote MoDem au Sénat sur les retraites : interprétation

Je suis très agacé de voir des militants MoDem reprocher aux Sénateurs du MoDem leur vote sur la réforme des retraites. J'ai lu le fil des réactions sur le profil facebook de Marie-Anne.

Déjà, sur le principe, la volonté de faire de l'opposition radicale à Sarkozy m'énerve sur son principe même. Ensuite, il existe, je le pense, des positions plus nuancées que pour ou contre sur la réforme des retraites. Je recopie donc ce que j'ai répondu à Christian Romain dans le fil de discussion : 

la seule chose qui est ridicule c'est de qualifier de ridicule ou d'odieux le vote des Sénateurs centristes. Si vous voulez un parti aux ordres qui vote comme un seul homme, la gauche vous tend les bras. Il se trouve que le MoDem exprime plus de nuances, et ce n'est pas plus mal.
Finalement, je me retrouve pas mal dans ces abstentions, voyez-vous. Je ne suis pas pour cette réforme. Mais je suis encore bien davantage contre ce que prétendent vouloir faire les Socialistes, et en outre,  je pense qu'il faut de toutes façons une réforme, même mauvaise.
Si j'avais voté à l'assemblée, je me serais abstenu, comme les sénateurs.
On n'est pas là pour jouer les cire-pompes du PS, même si certains en ont rêvé de longue date aux débuts du MoDem...

Nous avons au total trois députés qui ont voté contre la réforme, et 7 sénateurs qui se sont abstenus. Cela me paraît refléter la modération du MoDem, conscient de la nécessité d'une réforme, mais s'attristant de voir Sarkozy rater une occasion de la faire dans de bonnes conditions, alors que le peuple français y était favorable, contrairement à une idée reçue.

Nos Sénateurs n'ont simplement pas voulu s'aligner sur la position des Socialistes et de la gauche qui promettent le miroir aux alouettes, et ont marqué que la retraite à 62 ans leur convenait. Mais comme tout le reste les gênait, ils n'ont finalement pas approuvé ce projet. A gauche, on rejetait tout en bloc, alors on a voté radicalement contre tout.

07:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (51) | Tags : modem, sénat, retraites |  Facebook | | |

samedi, 09 octobre 2010

Retraites : pourquoi le PS ne répond pas à Bayrou ?

François Bayrou a déclaré à trois reprises ces derniers 15 jours, que le PS mentait aux Français sur la question des retraites. En effet, il affirme que le projet du PS aboutira à infliger une décote très dure  et alourdie à ceux qui prendraient leur retraite à 60 ans.

Il se trouve que j'ai eu un petit échange par courriel avec lui à ce sujet, et qu'il s'avère qu'il s'appuie sur un document tout à fait officiel du PS pour accuser ce dernier de duplicité.

Il s'agit d'un comparatif entre la réforme du gouvernement et celle du PS.

Il faut se rapporter en fait au point IV, c'est à dire les mesures démographiques. Démographiques, amusant comme ce mot est éloquent.

J'avais déjà évoqué l'allongement de la durée de cotisation, habilement dissimulée sous la dénomination "règle des 50/50". L'idée est que la moitié du temps d'allongement de la durée de l'espérance de vie doit être consacrée à cotiser. Il deviendra donc quasiment impossible d'avoir cotisé suffisamment à 60 ans, ce qui fera de la retraite à 60 ans une arlésienne.

Mais ce qui a attiré l'attention de François en particulier, c'est le très important montant des mesures incitatives via surcotes améliorées. Il faut bien comprendre ce qu'est une surcote pour parvenir à saisir ce que soupçonne François.

La surcote est une majoration de la pension de retraite de base dont bénéficient les assurés qui continuent de travailler après 60 ans et au-delà de la durée d’assurance nécessaire pour une retraite à taux plein (soit 160 trimestres d’assurance pour les assurés nés avant 1949. A partir du 01/01/2009, cette durée augmente d’un trimestre par an pour les assurés nés à partir de 1949 ; elle est ainsi actuellement fixée à 161 trimestres pour les assurés nés en 1949, 162 pour les assurés nés en 1950, 163 pour ceux nés en 1951 et 164 pour ceux nés en 1952 et au-delà). Les règles applicables au calcul de la surcote diffèrent selon la date de liquidation de la pension.

Dans le projet socialiste, si les mesures incitatives sont très fortes via des surcotes améliorées, cela signifie que l'écart entre la pension de base, calculée à 60 ans et celle qui correspondra à une authentique retraite à taux plein sera forcément important. Donc, que le calcul de la pension à 60 ans subira une très importante décote par rapport à celui nécessaire à la totalisation des annuités, si on fait le calcul à l'envers. 

On peut toujours nous dire, évidemment, que nous autres, au MoDem, nous sommes très soupçonneux voire parano. Oui, on le peut, mais dans ce cas, on attend un démenti clair du PS avec les explications ad hoc. Bien évidemment, si les blogueurs de gauche ont des choses à dire sur le sujet, et des précisions qu'ils pourraient porter à notre connaissance, nous autres centristes, nous les attendons avec intérêt...

vendredi, 24 septembre 2010

Retraites, le discours de la méthode

La méthode Bayrou pour réformer le régime des retraites. Puissent Nicolas Sarkozy et son gouvernement en prendre de la graine...

J’aurais mis autour de la table pendant le temps nécessaire, plusieurs semaines, un mois ou davantage, les partenaires sociaux, tous les syndicats, les entreprises, les grands courants politiques du pays, et le gouvernement, et cela sous l’œil des caméras de télévision pour que tous les Français puissent suivre. Et j’aurais dit : « Quelles sont vos solutions ? » Est-ce qu’il suffit de faire payer les riches, ce qui est évidemment absurde parce qu’il n’y en a pas assez. Est-ce qu’on peut éviter de faire bouger l’âge de la retraite dans un pays où il y a désormais presque autant de retraités que d’actifs ? On aurait fait les calculs au tableau, devant tous les Français, et ça aurait décanté le dossier. Les Français y étaient prêts comme ils ne l’avaient jamais été.

Après cette phase, il y aurait eu une proposition du gouvernement, une discussion et un vote au Parlement. Et au final j’aurais dit aux Français : vous allez trancher ça par référendum.

Évidemment, pour prendre le risque de trancher une telle réforme par référendum, il faut de l'audace et ne pas craindre de se prendre une claque retentissante dans la tronche en cas d'échec. Mais Bayrou, au contraire de Sarkozy (comme on a pu le voir avec le traité de Lisbonne), l'a cette trempe là...

lundi, 20 septembre 2010

Retraites, le bal des faux-culs

C'est marrant, mais je suis sceptique depuis un moment face à la fameuse retraite à 60 ans du PS. Sur le fond, d'ailleurs, je ne la pense pas vraiment plus néfaste que le projet de Sarkozy, au sens où ce qui compte, c'est la durée de cotisation. J'avais bien noté que Martine Aubry n'était pas très à l'aise à ce sujet.

Bon, mes lecteurs me connaissent : ils savent que je n'hésite pas à aller farfouiller dans les programmes quand je veux m'informer. Or, j'ai trouvé ceci dans le programme du PS sur les retraites

Les socialistes proposent des points d’étape réguliers tous les cinq ans avec les partenaires sociaux et une clause de rendez-vous globale sur le système des retraites en 2025. En cas de nouveaux besoins, il faudrait chercher toutes les sources possibles de financement. Si un allongement de la durée de cotisation devait être envisagé, celui-ci ne devrait pas excéder la moitié des gains d’espérance de vie, alors qu’aujourd’hui il représente deux-tiers d’allongement d’activité, pour un tiers de temps de retraite.

Amusant, non ? Parce qu'avoir droit à la retraite à 60 ans, c'est bien joli, mais ça te fait une belle jambe, si tu n'as pas tes annuités...

Bon, Bayrou n'était pas si loin de la vérité en déclarant que le PS envisageait l'allongement sans limites de la durée de cotisation. Il y en a une, et je vais vous la calculer :

par exemple, en 2002, l'espérance de vie pour les hommes était de 75.8 ans. En 2010 elle est de 77.8 ans. Donc, le PS envisagerait que de 2002 à 2010, il faille une annuité de plus pour toucher sa retraite à taux plein. Il suffit de transposer leur calcul sur les projections à 30-40 ans pour déterminer ce qu'il prépare.

En 2050, l'espérance de vie serait de 89 ans pour les femmes, 84 pour les hommes. Tac, un peu plus de trois annuités supplémentaires pour avoir sa retraite, soit au minimum 45 annuités. La retraite à 60 ans, à ce moment-là, ce ne sera plus que pour ceux qui ont commencé à travailler illégalement à 14 ans...Avec la généralisation des études longues, la retraite à 60 ans ne sera plus qu'un joli air de pipeau, sauf à s'habituer à vivre avec trois fois rien...

Et pour les retraites du public, peut-être que ceux qui comptent s'engager dans la fonction publique devraient lire la fin du document : 

Cependant, la réforme doit tenir compte du sentiment d’injustice très répandu parmi les salariés du privé. Nous proposons donc un principe simple. Les agents des fonctions publiques déjà engagés dans leur carrière se verront maintenir les règles actuelles, car on ne change pas un contrat en cours de route. Pour l’avenir de la fonction publique, nous proposerons des négociations approfondies avec les syndicats pour de nouveaux rapprochements entre les retraites du public et du privé correspondant à une revalorisation des rémunérations dans la fonction publique.

Oh, je ne vais pas me plaindre de cette position : elle n'est pas loin de ce que proposais il y a quelque temps sur mon blogue. Simplement, il vaut mieux le dire clairement...et...un peu plus fort...!

15:34 Publié dans Economie, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : ps, retraites |  Facebook | | |

lundi, 06 septembre 2010

Taxer le capital pour financer les retraites ? ça va pas la tête !

Bon, Nicolas s'est vexé comme un pou en commentaires à la suite de la réponse que j'ai apporté à son billet dans lequel il m'interpelait : il estime en effet que demander le financement des retraites sur la base des seuls fruits du travail est un postulat et pas un argument.

Je lui ai donc répondu en deux temps :

1. C'est toujours marrant de voir comment les mecs de gauche fantasment complètement sur les revenus du capital et la grande finance.

Ils y voient une source inépuisable, alors que leur valeur est infiniment plus théorique et hasardeuse que celle du travail et de la production.

Je vais te l'expliquer en termes simples, cher collègue blogueur de gauche, ainsi qu'à tes potes gauchistes :-)

Quand on évoque la production industrielle, il y a une relative adéquation entre offre et demande, si bien que les prix s'équilibrent à peu près et ne fluctuent pas trop. Bien sûr, les entreprises ont des stocks, parfois importants, mais qui ne représentent pas des centaines de fois ce qu'elles écoulent.
En ce qui concerne les produits financiers, ce qui s'échange n'est rien à côté de ce qui se stocke. Si un gros Kapitalist (ach so, gröss Kapital, ja) décide de vendre ses actions d'un coup, paf, elles chutent. Mais si tous les produits financiers étaient écoulés d'un coup, ils vaudraient nique nidouille.
Ils n'ont de valeur que pour autant que les échanges ne soient pas trop importants. 
Et c'est là-dessus que tu veux asseoir le financement des retraites, inconscient ?
Finalement, pas mieux que les libéraux qui font le même calcul...pas sous forme de taxes mais de dividendes...

j'te jure, les gauchistes, faut tout leur expliquer, en économie :-)

2. Je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas engager une réflexion sur le travail, mais c'est un autre problème.

Le fait est que nos sociétés démocratiques ne survivront que difficilement à la concurrence effrénée que se livrent les pays de la planète sur le marché du travail.
Il n'y a que deux issues :
- soit se positionner sur un créneau où il n'y a pas de concurrence, mais cela ne tient qu'un temps
- soit faire admettre au minimum au niveau régional que le dumping social fausse la concurrence.

L'excellent TCE a été rejeté par une quantité faramineuse d'ânes sous prétexte que Das Kapital pas assez taxé, ja, vilains Kapitalists vouloir défigurer notre schön doulce France Zozialisten....

Mais en réalité, avec son préambule exigeant le respect d'une concurrence libre et non faussée, il y avait une excellente brèche pour avaliser que le dumping social constituait un critère de falsification. C'est l'angle sur lequel il faut se battre.

Tu persistes, dans ta réponse à Dorham, à imaginer que les flux qui se dirigent vers les produits financiers et ceux qui se dirigent vers le travail sont interchangeables. C'est une illusion dangereuse qui ne correspond à aucune réalité que la gauche agite très régulièrement dans ses raisonnements.

Je ne savais pas quoi publier aujourd'hui, eh bien hop, voilà, c'est plié.

14:55 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : retraites, capital, travail |  Facebook | | |

mercredi, 16 juin 2010

Retraites, un premier pas...

Le gouvernement de François Fillon a enfin accompli une réforme d'envergure. Il vient de rendre sa copie sur les retraites. Oh, bien sûr, le compte n'y est pas, il faut encore trouver 19 milliards d'euros, mais enfin, ne faisons pas la fine bouche, c'est un début.

On trouve toujours à gauche des individus pour fantasmer sur les milliards des riches ou encore des flux financiers. Cette réforme des retraites a un mérite : elle montre la réalité crue. Les hauts salaires, les stock-options, en dépit du déluge de délires que l'on a entendu dans toute la classe politique, même taxés, sont bien loin de fournir le financement de nos retraites. Ils n'y contribuent que marginalement. Un report jusqu'à 62 ans était inévitable, et, à mon avis, ce n'est pas fini. Aligner les cotisations des fonctionnaires sur celles du privé également. Bon choix que d'avoir choisi de l'étaler sur dix années.

En dépit du volontarisme du gouvernement, la question de l'emploi des seniors demeure en suspens. Je crains hélas qu'il n'y ait un vrai problème de société derrière, qui tient à notre représentation des âges de la vie et à la pénibilité du travail en général.

On ne pouvait faire une réforme radical compte-tenu de l'ampleur de la tache, mais j'escompte bien, du coup, que cette réforme ne soit qu'une étape. Une fois les comptes équilibrés, ce qui est le premier objectif, il faudra envisager des modes de calcul plus cohérents, et je pense évidemment au système à points et aux comptes notionnels. C'est ce qui manque à cette réforme : c'est une cautère, mais ce n'est pas une réforme systémique. Gageons que nous finirons bien par y venir, mais peut-être pas avec ce gouvernement-là.

Je ne vais pas taper sur le gouvernement sur une réforme de cette ampleur, parce que ce n'est pas facile, parce qu'il en prend déjà plein la poire, et parce qu'il est le premier gouvernement à attaquer de front le problème depuis un moment. Reconnaissons à Fillon le mérite de ne pas faiblir sur des choses de ce genre. Il y a un concert de glapissements côté socialiste, mais je donne ma main à couper aux lecteurs que s'ils arrivent au pouvoir, ils ne reviendront pas dessus, bien contents que quelqu'un ait fait le sale boulot à leur place.

Je suis en revanche hostile au report de l'âge sans décote, tout comme Robert Rochefort et plus généralement le MoDem, de 65 à 67 ans. 67 ans, cela commence à faire beaucoup, même si l'espérance de vie s'allonge.

Après, il faut habiller cette réforme de justice sociale, parce que cette dernière est une condition sine qua non d'une réforme acceptée par le peuple. Cela suppose de légiférer sur les retraites des parlementaires. Tiens, au fait, dénonçons la démagogie qui consiste à attaquer les retraites-chapeau. Les retraites-chapeau sont provisionnées entièrement sur fonds privés par les entreprises privées. Si les entreprises privées veulent mettre de côté des sous pour payer des retraites à leurs cadres dirigeants c'est leur droit. Dès lors que l'État n'y est pas de sa poche. Sur ce dernier point, j'ai cru comprendre que les primes versées étaient déductibles de l'impôt sur les sociétés. Il serait donc légitime de revenir sur cette niche fiscale. Nos impôts n'ont pas à financer ces retraites qui devraient être laissées à la libre capitalisation des entreprises mais en aucun cas impliquer les pouvoirs publics. En effet, financer les retraites des cadres dirigeants ne relève pas d'une particulière opération de salubrité publique. Cela ne nous concerne donc pas.

Pour finir, c'est amusant de voir des responsables politiques faire les marxistes de service. Marine Le pen, par exemple, mais aussi Corine Lepage, qui ne parle plus que de taxer les revenus du capital, par exemple...

Je sais que les divers mouvements politiques vont réagir en expliquant que le gouvernement n'attaque pas la principale cause du déficit des retraites : l'emploi. Comme on l'aura constaté, c'est tout de même le domaine où il est le plus difficile d'être efficace, tant on touche là à des problématiques pas uniquement nationales. Juste, mais...un peu facile. S'ils ont des solutions miracles, qu'ils les proposent...

P.S, tiens, au fait, je viens de recevoir en exclusivité la réaction du MoDem. Je la publie sur le Post.

17:00 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : retraites, fillon |  Facebook | | |

mercredi, 19 mai 2010

Espérance de vie : la boîte de Pandore...

La pénibilité du travail fait l'objet d'une passe d'armes à fleurets mouchetés entre PMA et A perdre la raison. Le premier ne voit pas pourquoi le travail d'une standardiste serait moins pénible que celui d'un ouvrier de chantier, le second relève que non seulement l'espérance de vie des ouvriers est moindre mais que de surcroît, une part plus importante de leur existence professionnelle se déroule avec une incapacité physique ou psychique. Je vais les mettre tous les deux d'accord, puisque je ne suis d'accord ni avec l'un, ni avec l'autre. Il y a dans les statistiques publiées par Melclalex (A perdre la raison) un élément manquant à mes yeux : j'aimerais connaître l'espérance de vie non selon la catégorie socio-professionnelle, mais selon le niveau d'éducation (en termes scolaires, pour être précis). Notamment, l'espérance de vie dépend d'autres facteurs que la catégorie socio-professionnelle : hygiène de vie, génétique, sédentarité, et cetera...Faudra-t-il pondérer le calcul des retraites selon ces critères ? Si l'on évoque l'équité, est-il équitable de pénaliser selon la génétique, un critère que l'on en choisit vraiment pas, pour le compte, ceux qui naissent avec une constitution plus fragile ? Car voilà où nous en arriverions si nous ne tenions pas compte de ce critère. A l'inverse, est-il juste de faire peser sur toute une génération le choix de consommer alcool et tabac qui obèrent lourdement l'espérance de vie indépendamment de toute considération socio-professionnelle ?

On le voit, avec la pénibilité, on va ouvrir la boîte de Pandore. On pourrait gloser aussi sur les chiffres donnés pour les inactifs, dans le tableau de Melclalex, qui en font les individus les plus exposés à la maladie et à la mort précoce.

Au fait, dans la mythologie grecque, Pandore, l'épouse d'Épiméthée (le frère de Prométhée), ouvre le cadeau empoisonné que les dieux ont préparé pour les hommes. On y trouve tous les maux, et je crois bien qu'un certain d'entre eux nous affectent sur nos vieux jours. Il ne reste plus qu'une petite créature ailée quand Pandore s'avise de son erreur : l'espérance...

Sur le fond, je suis plus proche de l'interrogation de PMA que des conclusions Melclalex, mais, pas de ses conclusions : la pénibilité est un critère, dès lors qu'on admet qu'il faille le prendre en compte, il ne devra pas être le seul, au risque, dans le cas contraire, de dénaturer le désir originel de justice qui y prélude. Tiens, Nicolas va peut-être devoir attendre avant d'ouvrir sa prochaine canette ; s'il a écrit sa précédente note sur le sujet d'un trait, il a du avoir très soif après. Sa note péchait à mon avis par un travers : c'est de l'agrément ou non d'une tache que Nicolas traitait alors, et non de la pénibilité au sens de ses implications sur la vie physiologique d'un individu, ce qui n'empêchait pas un certain nombre de réflexions de bon sens de sa part sur le sujet.

Pour conclure et sur ce point, bien que l'entreprise soit risquée, tant les critères seront difficiles à établir, cela me semblait fort sage, dans un premier temps, dans la 9ème proposition du gouvernement, de ne tenir compte de la pénibilité du travail selon un «suivi personnalisé de la carrière des travailleurs et non sur la définition a priori de catégories professionnelles.»

mardi, 18 mai 2010

Désirs d'Avenirs-PS, DSK, et tout ça...

Je visite de temps à autre le site de Désirs d'Avenir, le mouvement de Ségolène Royal, et, particulièrement ses forums participatifs. Je suis aussi quelques uns de ses soutiens sur le Post ainsi que quelques blogues royalistes. Cela me frappe, tout de même, de voir le changement de ton de militants que j'avais repérés, par le passé, vis à vis du PS. J'ai le sentiment que la pilule du Congrès de Reims n'est jamais passée. Les partisans de Ségolène Royal demeurent convaincus qu'il y a eu tricherie, et rien ne pourra le leur ôter de la tête. Le ton se fait dur vis-à vis du Parti Socialiste. Désirs d'avenir n'est pas encore un parti politique, mais c'est déjà clairement plus qu'une association ou un think tanks.

Ce qui est à peu près clair, dans la ligne politique choisie par Ségolène Royal vis-à-vis du PS, c'est qu'elle est déterminée à ne respecter aucune discipline de parti et, le cas échéant, à couper l'herbe sous les pieds des caciques du PS chaque fois que cela sera possible.

Par exemple, sur les retraites, elle a pris de court, à l'évidence, les Socialistes, en adoptant une position plus ouverte, tout en récusant tout retour sur la retraite à soixante ans. En termes de méthode, tout comme le MoDem, elle a choisi de consulter ses militants en ouvrant un forum participatif sur les retraites. J'y ai lu une idée intéressante, d'ailleurs, d'un de ses militants (Jérémie), qui me rappelle pas mal l'aménagement du temps de travail proposé par le MoDem pour les Seniors : il suggère de mettre en place un départ progressif en retraite. A 60 ans, un 3/4 temps, à 61 ans, un 1/2 temps, à 62 ans, 1/4 temps, et, à 63 ans, une retraite définitive, par exemple. Il suggère également de garantir le droit de départ à la retraite à 60 ans tout en supprimant toute limite légale, afin de permettre à ceux qui le veulent de pouvoir continuer à travailler.

J'ai vu aussi que quelques militants de DA sont favorables à la mise en place d'un système de retraites par points, ce que préconisait François Bayrou en 2007 et dont le MoDem et le Nouveau Centre soutiennent, désormais, une version améliorée : le compte notionnel.

Cela pourrait assez bien cadrer avec ce que Ségolène Royal serait prête à accepter du gouvernement, c'est à dire une augmentation de la durée de cotisation.

Dans le même temps, le pS a confié sa réflexion sur les retraites à des comités d'experts, mais n'a pas cherché à consulter sa base, comme le MoDem ou Désirs d'avenir. Sur une réforme d'une telle importance, je crois pourtant profondément que c'est nécessaire. Il y a en tout cas une chose à peu près certaine : impossible de mettre en place une réforme des retraites sans revoir la fiscalité. Ça gronde de partout dans les bases militantes, jusqu'au sein même de l'UMP. Aucune réforme ne pourra faire l'impasse sur une nécessaire équité fiscale et sociale.

Pour revenir à Ségolène Royal, je crois que sur le fond, les Socialistes ont la trouille de ce qu'elle peut faire ou non. Plusieurs responsables socialistes s'imaginent qu'elle serait balayée lors de primaires au PS, persuadés que DSK est désormais sous les feux de la rampe. C'est oublier à quel point Ségolène Royal demeure populaire dans les classes populaires, contrairement à DSK qui plaît beaucoup à l'électorat de droite et celui du centre, à une bonne partie de la gauche aussi, mais certainement pas à la gauche de la gauche.

En fait, ce que craint le PS, c'est que Ségolène Royal passe outre les primaires et se lance toute seule à l'assaut de la prochaine élection présidentielle. A vrai dire, si jamais elle a le sentiment qu'il s'est tramé dans son dos des coups fourrés pour tenter de l'éliminer, il est très probable qu'elle le fera, d'autant que sa base militante l'y encouragera et qu'elle dispose d'un réseau d'élus suffisant pour tenter l'aventure.

DSK, s'il est le candidat du PS, aura du mal à faire campagne contre Sarkozy alors qu'il lui doit sa place en partie. Par ailleurs, s'il y a un poste qui est vraiment intéressant, à l'heure actuelle, c'est bien celui de directeur du FMI. Notre planète vit des heures troubles, et de grandes mutations dans le fonctionnement de l'économie mondialisée pourraient surgir de ces troubles. DSK a le mérite d'être un pragmatique : il n'applique pas des recettes toute faites qui marchent ou ne marchent pas, comme cela avait pu se produire par le passé, mais adopte une démarche empirique. Il n'en marche pas moins sur des oeufs : le rôle du FMI, quoi qu'on en dise, est tout de même  de morigéner les États et de serrer les cordons de la bourse. Les Allemands ne s'y sont pas trompés :  s'ils souhaitent la présence du FMI dans tout plan de relance européen, c'est qu'ils jugent cette institution bien plus fiable que l'euro-groupe dont les atermoiements n'augurent rien de bon pour l'avenir. Pas commode : pour redonner confiance aux prêteurs, le FMI donc DSK doit incarner la rigueur, et, pour conserver une stature de présidentiable, DSK doit passer pour le "gentil" aux yeux des Français...

Par ailleurs, le FMI dépend encore largement du financement américain, et, de côté-là, la solidarité commence à se fissurer aussi : les 94 sénateurs américains ont fait passer un amendement pour pouvoir bloquer les fonds à destination du FMI quand il s'agit de prêts à un pays qui n'offre pas des garanties sérieuses de remboursement à leurs yeux...

Je ne sais pas si DSK sera finalement candidat, mais, finalement, on pourra assez aisément identifier ses différences programmatiques avec Ségolène Royal si elle vient le concurrencer. Si c'est entre Martine Aubry et Ségolène Royal que se joue la candidature socialiste, il en ira tout autrement : comme beaucoup de commentateurs, j'ai quelques difficultés à bien distinguer les différences entre le "care" de Martine Aubry et le projet "fraternel et solidaire" de Ségolène Royal. Les deux, en tout cas, me semblent des émanations de la vieille tradition social-démocrate du welfare state, qui vécut son âge d'or dans l'immédiat après-guerre à la suite du second conflit mondial.