Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 06 janvier 2013

Espérance de vie ? Vraiment ?

Je m'interroge sur la pertinence des calculs en termes d'espérance de vie : le constat amer de nos décrépitudes dans le vieil âge a conduit l'Union Européenne a prudemment mettre en place un observatoire non plus de l'espérance de vie mais de l'espérance de vie en bonne santé, il y a quelques années.

Avec ce nouvel indicateur, les choses sont désormais loin d'être roses. Nous disposons de suffisamment de données pour constater que notre espérance de vie en bonne santé stagne et même régresse depuis quelques années.

S'il fallait croire nos magazines de vulgarisation scientifique ou encore les annonces fracassantes dans les médias, nous serions aux portes de l'immortalité. Dans la réalité, aucun être humain en dépit des 7 milliards que nous sommes ne dépasse 110 ans aujourd'hui. Le nombre de centenaires n'a pas explosé contrairement à ce que l'on nous annonçait il y a quelques années et il n'est pas prêt de s'accroître sauf à maintenir de très nombreux individus dans un état végétatif.

Si ces cent dernières années sont des années de progrès continus dans le domaine de la médecine, sans conteste, il est imprudent d'imaginer que jamais les conditions n'ont été aussi optimales pour nous assurer une vie longue. Le sophiste Gorgias a vécu 109 ans sans que cela semble étonner outre mesure ses contemporains, et ce, en pleine grèce classique, c'est à dire il y a 2500 ans environ.

La France était au troisième rang mondial au début des années 2000 en espérance de vie corrigée de l'incapacité

La recherche fondamentale progresse sans doute, mais les applications pratiques tardent. Or, l'espérance de vie en bonne santé va devenir un enjeu économique majeur en Europe en raison des déséquilibres des caisses de retraite. On ne peut qu'allonger la durée de travail (de cotisation, en tout cas) mais ce n'est possible qu'à la condition d'être en état de travailler...

mercredi, 19 mai 2010

Espérance de vie : la boîte de Pandore...

La pénibilité du travail fait l'objet d'une passe d'armes à fleurets mouchetés entre PMA et A perdre la raison. Le premier ne voit pas pourquoi le travail d'une standardiste serait moins pénible que celui d'un ouvrier de chantier, le second relève que non seulement l'espérance de vie des ouvriers est moindre mais que de surcroît, une part plus importante de leur existence professionnelle se déroule avec une incapacité physique ou psychique. Je vais les mettre tous les deux d'accord, puisque je ne suis d'accord ni avec l'un, ni avec l'autre. Il y a dans les statistiques publiées par Melclalex (A perdre la raison) un élément manquant à mes yeux : j'aimerais connaître l'espérance de vie non selon la catégorie socio-professionnelle, mais selon le niveau d'éducation (en termes scolaires, pour être précis). Notamment, l'espérance de vie dépend d'autres facteurs que la catégorie socio-professionnelle : hygiène de vie, génétique, sédentarité, et cetera...Faudra-t-il pondérer le calcul des retraites selon ces critères ? Si l'on évoque l'équité, est-il équitable de pénaliser selon la génétique, un critère que l'on en choisit vraiment pas, pour le compte, ceux qui naissent avec une constitution plus fragile ? Car voilà où nous en arriverions si nous ne tenions pas compte de ce critère. A l'inverse, est-il juste de faire peser sur toute une génération le choix de consommer alcool et tabac qui obèrent lourdement l'espérance de vie indépendamment de toute considération socio-professionnelle ?

On le voit, avec la pénibilité, on va ouvrir la boîte de Pandore. On pourrait gloser aussi sur les chiffres donnés pour les inactifs, dans le tableau de Melclalex, qui en font les individus les plus exposés à la maladie et à la mort précoce.

Au fait, dans la mythologie grecque, Pandore, l'épouse d'Épiméthée (le frère de Prométhée), ouvre le cadeau empoisonné que les dieux ont préparé pour les hommes. On y trouve tous les maux, et je crois bien qu'un certain d'entre eux nous affectent sur nos vieux jours. Il ne reste plus qu'une petite créature ailée quand Pandore s'avise de son erreur : l'espérance...

Sur le fond, je suis plus proche de l'interrogation de PMA que des conclusions Melclalex, mais, pas de ses conclusions : la pénibilité est un critère, dès lors qu'on admet qu'il faille le prendre en compte, il ne devra pas être le seul, au risque, dans le cas contraire, de dénaturer le désir originel de justice qui y prélude. Tiens, Nicolas va peut-être devoir attendre avant d'ouvrir sa prochaine canette ; s'il a écrit sa précédente note sur le sujet d'un trait, il a du avoir très soif après. Sa note péchait à mon avis par un travers : c'est de l'agrément ou non d'une tache que Nicolas traitait alors, et non de la pénibilité au sens de ses implications sur la vie physiologique d'un individu, ce qui n'empêchait pas un certain nombre de réflexions de bon sens de sa part sur le sujet.

Pour conclure et sur ce point, bien que l'entreprise soit risquée, tant les critères seront difficiles à établir, cela me semblait fort sage, dans un premier temps, dans la 9ème proposition du gouvernement, de ne tenir compte de la pénibilité du travail selon un «suivi personnalisé de la carrière des travailleurs et non sur la définition a priori de catégories professionnelles.»