Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Eh oui, le SNES a raison d'appeler à la grève... | Page d'accueil | L'Or des fous »

lundi, 06 septembre 2010

Taxer le capital pour financer les retraites ? ça va pas la tête !

Bon, Nicolas s'est vexé comme un pou en commentaires à la suite de la réponse que j'ai apporté à son billet dans lequel il m'interpelait : il estime en effet que demander le financement des retraites sur la base des seuls fruits du travail est un postulat et pas un argument.

Je lui ai donc répondu en deux temps :

1. C'est toujours marrant de voir comment les mecs de gauche fantasment complètement sur les revenus du capital et la grande finance.

Ils y voient une source inépuisable, alors que leur valeur est infiniment plus théorique et hasardeuse que celle du travail et de la production.

Je vais te l'expliquer en termes simples, cher collègue blogueur de gauche, ainsi qu'à tes potes gauchistes :-)

Quand on évoque la production industrielle, il y a une relative adéquation entre offre et demande, si bien que les prix s'équilibrent à peu près et ne fluctuent pas trop. Bien sûr, les entreprises ont des stocks, parfois importants, mais qui ne représentent pas des centaines de fois ce qu'elles écoulent.
En ce qui concerne les produits financiers, ce qui s'échange n'est rien à côté de ce qui se stocke. Si un gros Kapitalist (ach so, gröss Kapital, ja) décide de vendre ses actions d'un coup, paf, elles chutent. Mais si tous les produits financiers étaient écoulés d'un coup, ils vaudraient nique nidouille.
Ils n'ont de valeur que pour autant que les échanges ne soient pas trop importants. 
Et c'est là-dessus que tu veux asseoir le financement des retraites, inconscient ?
Finalement, pas mieux que les libéraux qui font le même calcul...pas sous forme de taxes mais de dividendes...

j'te jure, les gauchistes, faut tout leur expliquer, en économie :-)

2. Je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas engager une réflexion sur le travail, mais c'est un autre problème.

Le fait est que nos sociétés démocratiques ne survivront que difficilement à la concurrence effrénée que se livrent les pays de la planète sur le marché du travail.
Il n'y a que deux issues :
- soit se positionner sur un créneau où il n'y a pas de concurrence, mais cela ne tient qu'un temps
- soit faire admettre au minimum au niveau régional que le dumping social fausse la concurrence.

L'excellent TCE a été rejeté par une quantité faramineuse d'ânes sous prétexte que Das Kapital pas assez taxé, ja, vilains Kapitalists vouloir défigurer notre schön doulce France Zozialisten....

Mais en réalité, avec son préambule exigeant le respect d'une concurrence libre et non faussée, il y avait une excellente brèche pour avaliser que le dumping social constituait un critère de falsification. C'est l'angle sur lequel il faut se battre.

Tu persistes, dans ta réponse à Dorham, à imaginer que les flux qui se dirigent vers les produits financiers et ceux qui se dirigent vers le travail sont interchangeables. C'est une illusion dangereuse qui ne correspond à aucune réalité que la gauche agite très régulièrement dans ses raisonnements.

Je ne savais pas quoi publier aujourd'hui, eh bien hop, voilà, c'est plié.

14:55 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : retraites, capital, travail |  Facebook | | |

Commentaires

"Je ne savais pas quoi publier aujourd'hui, eh bien hop, voilà, c'est plié."

J'aurais bien vu (et lu) un billet sur le cabotinage guignolesque de Borloo ce we à Lyon...

Écrit par : jbr | lundi, 06 septembre 2010

Je ne t'interpelais, j'interpelais Martine...

Écrit par : Nicolas | lundi, 06 septembre 2010

J'avais noté Nicolas, mais en tant que femme libre, j'aime choisir moi-meme mes lieux de promenade.
Pour le reste, convaincue que les retraites seront débattues à nouveau lors des présidentielles^^^ J'hésite à vous fournir une réponse "aubriesque"...

Écrit par : Martine | lundi, 06 septembre 2010

Le côté "je te tutoie" et je prend l'accent allemand, c'est un fantasme personnel ou bien ?
:-)

Écrit par : Monsieur Poireau | mardi, 07 septembre 2010

Dumping social : néologisme gauchiste pour exprimer le fait que le peuple souverain d'à côté est trop con pour avoir un coût du travail plus élevé que le notre.

Écrit par : Bob | mardi, 07 septembre 2010

c'est tout de même un postulat à mon avis. D'autres sources de financement pourraient être envisagées. Pourquoi pas une TVA ?

Écrit par : vincent15 | mardi, 07 septembre 2010

Beurk une taxe de plus, faudrait arréter avec l'escalade de taxes en tous genres.
La France détient un score en la matière déjà, des championnats du monde visé?

Écrit par : Martine | mardi, 07 septembre 2010

pourquoi ne pas remettre en place la vignette automobile en place (qui été prévue pour remplir les caisses de retraites, si je ne m'abuse ) et des l'étendre à tous les véhicules à moteur ?

Écrit par : AG59 | mardi, 07 septembre 2010

Super Idée, comme cela on s'appuiera de plus en plus sur un financement externe, et le jour ou quelque chose ira un peu mal crack badaboum le grand plongeon.


Bon remarque il s'agit déjà d'un système de Ponzi mis en place par Pétain cette retraite donc sa change pas grand chose entre le splash et le badaboum.


Ah et pendant ce temps les éternels fonctionnaires et politiciens s'en foutent plein les poches: http://www.prefon-retraite.fr/repartition-portefeuille

Écrit par : Démocrate | mardi, 07 septembre 2010

@Démocrate,
Je sais bien que certains régimes spéciaux attirent quelques convoitises...:D
Mais, ils conviendrait de ne pas oublier que certaines catégories socio professionnelles alimentant ces fonds ont aussi une espérance de vie limitée.
Il conviendrait d'etre juste dans les réformes quitte à devoir en faire.

Écrit par : Martine | mardi, 07 septembre 2010

@Monsieur Poireau
Nicolas et moi, nous nous sommes déjà rencontrés IRL à la Comète. On se tutoie depuis un moment.
Pour le reste, da, tovaritch Monsieur Poireautski, c'est un fantasme libéral.

Écrit par : l'hérétique | mardi, 07 septembre 2010

Bon sang, cet accent allemand… Il va falloir que je me fende d'un article sur la vie sexuelle des capitaliste, y'a du boulot !
:-)

Écrit par : Monsieur Poireau | mardi, 07 septembre 2010

@Monsieur Poireau
eh oui, toute l'histoire du vice, quoi...

Écrit par : l'hérétique | mardi, 07 septembre 2010

Ach Gotterferdöm, l'accent allemand, moi, ça me rappelle plutôt Marx, tiens ! ;)

Écrit par : h16 | mardi, 07 septembre 2010

@h16
exactement, mais personne n'avait saisi la subtilité avant toi : en fait, c'est un réminiscence de Das (ou Der ?) Kapital :-)
J'en suis réduit à servir du da, tovaritch pour qu'ils comprennent...

Écrit par : l'hérétique | mardi, 07 septembre 2010

Finalement, pas mieux que les libéraux qui font le même calcul...pas sous forme de taxes mais de dividendes... ?

heu, non ... la repartition et la capitalisation, c'est la meme chose mais avec des modalités différentes.

http://leparisienliberal.blogspot.com/2010/04/retraites-mais-ou-est-legoisme.html

14 Avril dernier

Oublions les chiffres, le débat est très simple : les etres humains ont tous des besoins primaires, du type habiter quelque part, se nourrir, se vetir, qu'ils travaillent ou pas. La seule question liée aux retraites consiste à répondre au point suivant : combien les actifs laissent aux inactifs, jeunes ou vieux. Et de manière corréllaire, combien les vieux arrivent à "soutirer" aux jeunes.
[...]
Le débat capitalisation / répartition n'en est pas un. Certes, la capitalisation est interessante car elle permet de doter les entreprises en fonds propres et elle favorise les gens qui ont su se doter d'une discipline personnelle (qui n'a rien à voir avec la richesse). Mais la faillite non pas de Wall Street mais de General Motors et des compagnies US de la old economy montre que les retraités floridiens qui touchent des dividendes sont in fine dans la meme angoisse que les retraités poitevins qui touchent des pensions : combien les actifs productifs vont génerer ?

Écrit par : Le Parisien Liberal | mercredi, 08 septembre 2010

L'entraide générationnelle est naturelle mais faussée dans le cas de la retraite par répartition.

Dans la plupart des sociétés pré-agricoles qui en général contiennent les prémisses des différents comportements politiques et sociaux(ou chez des animaux sociaux comme certain canins), les jeunes actifs fournissent la pitance au enfants ET au vieux. En contrepartie (oui, il y a toujours une contrepartie) les vieux s'occupent des enfants, conseillent et les enfants nourriront les prochains vieux que sont les actifs présents.

Donc l'argument ponziesque contre le principe même des retraites est mauvais. L'entraide générationnelle est naturelle.

Les retraites par répartition ne sont donc que l'appropriation étatique d'un comportement usuel.
Seulement il y a un problème: dans ce système, si moi je ne fais pas d'enfant, ceux faits par les autres me fourniront ma pitance - sans contrepartie. Mon intérêt bien compris est donc de faire pas ou peu d'enfant ( ca coute moins cher et je cotise déjà pour les vieux). Dans ce cas je fais un bénéfice par rapport à ceux qui payent pour les vieux ET font des enfants.
Tout le monde arrive peu ou prou à la même conclusion, on passe sous le seuil de renouvellement. Alors pensant résoudre cette équation quelques débiles font importer du peuple tout neuf qui lui n'a pas encore compris, fait des gamins et travaille pour moins cher.

@ l'hérétique en particulier:
Pour un libéral, le principe de dumping social n'a aucun sens. Il y a seulement des avantages comparatifs.

Écrit par : Marc | mercredi, 08 septembre 2010

l'argument ponziesque porte non pas sur le principe, mais sur le schema réel actuel dans le cadre francais de securité sociale fondée sur une pyramide des ages desequilibrées du fait de la construction du systeme en 1945.

Cordialement.

Écrit par : Le Parisien Liberal | mercredi, 08 septembre 2010

Les commentaires sont fermés.