mercredi, 16 mars 2011
Révélations du fils Kadhafi : ça sent l'intox à plein nez...
Un des fils Kadhafi a des révélations à faire sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy, paraît-il. Ah. Tiens, c'est marrant, dans ce genre de cas, je me demande toujours à qui le crime profite. Objectivement, qui peut avoir intérêt à créer le maximum d'ennuis à Nicolas Sarkozy au moment où la France cherche à constituer une coalition, avec l'aval de l'ONU, pour empêcher un tyran de tirer sur son peuple ? Il ne faut pas être grand clerc pour le deviner.
Seif Al-islam bluffe. S'il avait le début d'une preuve, elle serait envoyée à la presse depuis un moment.
Pendant ce temps, des vautours opportunistes sont prêts à tous les compromis misérables pour se rabibocher avec Kadhafi : voyez le pétrolier italien ENI qui demande à la fin des sanctions contre Kadhafi.
Du côté américain, Hilary Clinton a nettement pris parti pour la résolution de la France.
Les Chinois et les Russes paralysent constamment l'ONU dès qu'il est question de s'opposer aux tyrans. Ras-le-bol d'une ONU qui introduit surtout le loup dans la bergerie (voir l'Iran présider le conseil des droits de l'homme, il y a de quoi rire). Est-il acceptable que ces deux pays dictent au reste du monde sa diplomatie, quand eux-mêmes ne se privent pas de réprimer dans le sang des mouvements qu'ils jugent séparatistes ?
C'est évidemment très fâcheux d'intervenir sans mandat de l'ONU car qui pourra empêcher ensuite d'autres coalitions pas forcément bien intentionnées d'agir pour soutenir des tyrans, cette fois ?
Nous, démocrates du monde entier, sommes confrontés à un choix cornélien : laisser écraser l'insurrection ou ouvrir une brèche dans la légalité internationale, une de plus.
L'option la plus rapide serait évidemment d'armer l'opposition. Il est rageant de songer que nous avons les moyens de neutraliser les forces de Kadhafi en quelques heures et que nous ne le faisons pas.
Hélas, par un retournement paradoxal, c'est parfois par sa propre négation, la violence, que le droit doit se rétablir. C'est en tout cas mon sentiment, et je suis très loin d'être belliciste, en tout cas, pas plus que ces intellectuels, députés européens et chercheurs qui viennent de signer une tribune dans le même sens que moi aujourd'hui dans le Monde.
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| Tags : libye, kadhafi, sarkozy, russie, chine, intervention, france |
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jeudi, 08 janvier 2009
La Russie entre en guerre contre l'Europe !
Avec l'interruption des livraisons de gaz vers l'Ouest, c'est un coup de tonnerre qui a retenti en Europe. Avec l'arme énergétique et économique, la Russie, par l'intermédiaire de Gazprom, tient toute l'Europe Orientale entre ses mains et pose de sérieux problèmes à l'Europe occidentale. Qui l'eût cru ? En Bulgarie, on grelotte littéralement par des températures qui atteignent plus de 10 degrés en dessous de zéro. A la source de l'arrêt brutal des livraisons, un conflit politique et diplomatique entre l'Ukraine et la Russie. La seconde accuse la première de détourner du gaz. Les deux pays veulent prendre à témoin l'Europe, et n'ont rien trouvé de mieux comme solution, pour ce faire, que de bloquer l'arrivée du gaz pourtant déjà payé en temps et en heure dans le cadre de contrats décennaux. Ce sérieux avertissement relance la nécessité absolue pour l'Europe d'une part de diversifier ses approvisionnement, mais surtout de développer des énergies qui lui garantissent une véritable indépendance énergétique. Seules les énergies renouvelables semblent à même d'offrir une telle garantie.
Il se trouve précisément que c'est ce que disait Lena Ek, coordinatrice du groupe ADLE, fin 2006, peu après la première crise entre l'Ukraine et la Russie. Et surtout, je rappelle ce que disait Anne Lapérouze, euro-députée MoDem (le MoDem est membre de l'ADLE) le 03 avril 2006, sur le même sujet :
«Monsieur le Commissaire, permettez-moi toutefois d'exprimer deux regrets. D'une part, la faiblesse du financement disponible au titre des réseaux transeuropéens de l'énergie, probablement tout juste suffisant pour financer quelques études de faisabilité. Et d'autre part, vous savez, Monsieur le Commissaire, que le Parlement n'a pas souhaité remettre en cause la légitimité des projets figurant dans les annexes du rapport. Et pourtant, il me semble que la priorité devrait être donnée aux projets qui contribuent à la sécurité d'approvisionnement du plus grand nombre d'États, favorisant ainsi cette dimension européenne. Je pense notamment aux États baltes, dont les réseaux de gaz sont largement insuffisants pour les approvisionner de manière sûre et durable, sachant que la priorité a été donnée au gazoduc Russie-Allemagne en raison des accords passés entre M. Schroeder et M. Poutine. Je vous demande d'encourager la mise en place des infrastructures nécessaires aux approvisionnements de tous les États. »
Je ne peux pas encore diffuser les résultats des travaux de la commission énergie du MoDem pour l'Europe, en raison d'une nécessaire confidentialité pour l'instant, mais je peux tout de même dire que cela va à peu près dans le sens des observations générales de l'ADLE, et tout à fait dans celui des propos d'Anne Lapérouze. Bref, pas question de cailler de froid une fois de plus faute de livraisons de gaz ad hoc.
Le 19 mai dernier, en commission Industrie, Anne Laperouze avait emporté un vote décisif en obtenant que GDF ne soit pas démantelée et son patrimoine de gazoducs dispersé. Elle observait alors : « Le marché du gaz est un marché particulier : les producteurs de gaz sont en effet pour la plupart situés dans des pays tiers. Il nous appartient donc de ne pas se précipiter dans des solutions et mécanismes qui fragiliseraient l’UE. La propriété des réseaux est une question cruciale qui mérite qu’on y réfléchisse pas de manière idéologique »
Les faits récents semblent bien lui donner raison.
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| Tags : russie, europe, ukraine, énergie, laperouze, modem, adle |
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lundi, 01 septembre 2008
La Russie, la Géorgie et le Diable
Je lis en ce moment un dictionnaire qui me fait bien rire : il s'agit du Dictionnaire du Diable d'Ambrose Pierce. On trouve, notamment, ces deux définitions tournant autour de la notion de frontière, que je trouve assez éclairantes :
- Frontières : n. en géographie politique, ligne imaginaire entre deux nations, séparant les droits imaginaires de l'une des droits imaginaires de l'autre.
- Canon : n. instrument de rectification des frontières.
Il ne s'agit pas de faire preuve de naïveté avec la Russie, mais il ne faudrait pas non plus ignorer les véritables enjeux de ce conflit. Il faut se mettre à la place des Russes : depuis 1991, le glacis qui les protégeait ne cesse de se resserrer. Les USA concluent toujours plus d'accords militaires avec les ex-républiques soviétiques, armant les unes, incitant les autres à rejoindre l'OTAN, et, dans le même temps, met en place un réseau de pipe-line dont l'évident objet est de ne pas passer par des territoires contrôlés par les Russes ou leurs alliés.
Comme par hasard, l'un de ces pipe-line passe notamment en Ossétie, côté géorgien. Peu après les premiers affrontements, le ministre des affaires étrangères géorgien déclarait ceci :
La Russie a complètement dévasté le port de Poti sur la mer Noire, site clef pour le transport de ressources énergétiques de la mer Caspienne et qui se trouve près de l’oléoduc Bakou-Soupsa et du terminal pétrolier de Soups
Les Russes ont besoin de vendre leur pétrole aux Européens, et ne veulent absolument pas se retrouver "encerclés". Si l'on n'intègre pas cette dimension à toute négociation avec eux, on ne peut pas avancer.
Il faut donc, pour négocier, avancer cartes sur table. Il eût été bien plus astucieux de la part du pouvoir géorgien de privilégier la voix diplomatique et européenne pour faire valoir son bon droit. Il sera difficile pour les Européens d'agir alors que la Géorgie a d'abord fait appel à l'Amérique.
Si ce conflit a une petite chance d'aboutir sur un compromis, cette chance ne peut exister que dans un cadre européen, et strictement européen. Une mise à l'ordre du jour de la prochaine réunion du CSCE pourrait être un bon début.
14:55 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : géorgie, russie, ambrose, bierce, csce, europe |
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samedi, 16 août 2008
Du Kosovo à l'Ossétie...
Pas beaucoup de temps pour écrire quelques réflexions sur l'Ossétie, mais simplement cette remarque : comment, nous autres Européens, allons-nous pouvoir ne serait-ce qu'argumenter auprès des Russes pour demander le respect de l'intégrité territoriale de la Géorgie après avoir alllègrement laissé être décepée la Yougoslavie puis la Serbie ?
A témoin la désastreuse position de la France et de la majorité des Européens sur le Kosovo dont nous avons reconnu bien trop vite l'indépendance, alors même que l'UCK est manifestement en grande partie une tête de pot pour l'islamisme radical et pour les maffias de toutes sortes ?
De ce fait, il sera difficile de faire entendre raison aux Russes, aux Abkhazes et aux Ossètes : ces derniers pourront toujours faire valoir la libre détermination des peuples à disposer de leur sort...
12:35 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : ossétie, kosovo, europe, géorgie, serbie, russie |
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