Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Chagrin d'école | Page d'accueil | La blogosphère sur mobile »

lundi, 01 septembre 2008

La Russie, la Géorgie et le Diable

Je lis en ce moment un dictionnaire qui me fait bien rire : il s'agit du Dictionnaire du Diable d'Ambrose Pierce. On trouve, notamment, ces deux définitions tournant autour de la notion de frontière, que je trouve assez éclairantes :

- Frontières : n. en géographie politique, ligne imaginaire entre deux nations, séparant les droits imaginaires de l'une des droits imaginaires de l'autre.

- Canon : n. instrument de rectification des frontières.

Il ne s'agit pas de faire preuve de naïveté avec la Russie, mais il ne faudrait pas non plus ignorer les véritables enjeux de ce conflit. Il faut se mettre à la place des Russes : depuis 1991, le glacis qui les protégeait ne cesse de se resserrer. Les USA concluent toujours plus d'accords militaires avec les ex-républiques soviétiques, armant les unes, incitant les autres à rejoindre l'OTAN, et, dans le même temps, met en place un réseau de pipe-line dont l'évident objet est de ne pas passer par des territoires contrôlés par les Russes ou leurs alliés.

Comme par hasard, l'un de ces pipe-line passe notamment  en Ossétie, côté géorgien. Peu après les premiers affrontements, le ministre des affaires étrangères géorgien déclarait ceci :

La Russie a complètement dévasté le port de Poti sur la mer Noire, site clef pour le transport de ressources énergétiques de la mer Caspienne et qui se trouve près de l’oléoduc Bakou-Soupsa et du terminal pétrolier de Soups

Les Russes ont besoin de vendre leur pétrole aux Européens, et ne veulent absolument pas se retrouver "encerclés". Si l'on n'intègre pas cette dimension à toute négociation avec eux, on ne peut pas avancer.

Il faut donc, pour négocier, avancer cartes sur table. Il eût été bien plus astucieux de la part du pouvoir géorgien de privilégier la voix diplomatique et européenne pour faire valoir son bon droit. Il sera difficile pour les Européens d'agir alors que la Géorgie a d'abord fait appel à l'Amérique.

Si ce conflit a une petite chance d'aboutir sur un compromis, cette chance ne peut exister que dans un cadre européen, et strictement européen. Une mise à l'ordre du jour de la prochaine réunion du CSCE pourrait être un bon début.

Commentaires

Juste 2 questions : n'est-il pas légitime que la Russie ne souhaite pas être encerclée ?
Avec cette mode et ce principe qu'on a sacralisé permettant aux peuples à disposer d'eux-mêmes, l'Ossétie n'a-t-elle pas une légitimité pour réclamer son indépendance ?

En tout cas l'Europe me paraît mal barrée !

Écrit par : Rosa | lundi, 01 septembre 2008

Pose entre séances "arts plastiques", tous les ans en septembre, je maudis les éditeurs! rires, j'aime les arts visuels ne vous méprenez pas, j'interviens très souvent dans ce domaine dans les établissements de mes enfants, attavisme depuis l'adolescence peut-etre( d'autres domaines aussi, mais là n'est pas le sujet).
@Rosa, prenez le temps d'aller visiter Laurent de Boissieu.
@Luc, suite morsure soudaine de mon chat...pense à vous, mais Hatier, Nathan and co m'attendent, et puis à quoi vont finir par ressembler mes jambes ?

Écrit par : lmw | mardi, 02 septembre 2008

Les commentaires sont fermés.