Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 02 janvier 2013

Médecine soviétique, la médecine oubliée

Jeune, enfant, je me souviens avoir fait un séjour scolaire en union soviétique. En Ukraine, pour être très précis. Par malchance, au cours de mon voyage, je suis tombé malade. Comme il s'agissait d'un échange scolaire, les autorités locales ont très vite pris les choses en mains, et l'on ma dépêché un médecin. Je devais avoir une angine ou une grippe, quelque chose de ce genre. Un truc à virus, en tout cas, car j'avais de la fièvre. Quand ce médecin est arrivé il a sorti une seringue dotée d'une aiguille de taille respectable (en fait, avec le recul, elle n'était respectable qu'à mes yeux d'enfants, en réalité, ce n'était là qu'une aiguille bien ordinaire). Jamais on ne m'avait soigné ainsi en France. En règle générale, c'était le lit et des antibiotiques si nécessaires. La seringue était impressionnante, mais j'ai été guéri en deux jours. Complètement. Pendant longtemps j'ai cherché à comprendre comment les Soviétiques étaient parvenus à obtenir de tels résultats sans trouver d'explications.

Et puis il y a quelques mois, j'ai lu un article dans Le Monde sur la médecine géorgienne : la phagothérapie. Au lieu de tenter de liquider bactéries et virus à l'aide de la chimie, des antibiotiques en somme, les Géorgiens utilisent des super-virus prédateurs capables de dévorer nombre de ceux qui nous affectent.

Après la chute de l'URSS, cette voie a été méprisée par la médecine occidentale car elle jugeait datées de telles méthodes. Mais aujourd'hui, de plus en plus de bactéries deviennent résistantes aux antibiotiques avec des conséquences parfois dramatiques. 

L'article que j'ai lu soulignait le sort particulier d'une jeune femme qui aurait dû perdre sa jambe par amputation à la suite d'une infection par staphylocoque dorée et qui a dû son salut aux phages géorgiens.

Évidemment, il serait fort imprudent de jouer aux apprenti-sorciers avec l'inoculation de virus mais on ne peut ignorer une piste si précieuse. Les USA l'ont bien compris, particulièrement le département de la Défense qui imagine très clairement l'usage précieux que l'on pourrait faire de tels procédés face à des armes bactériologiques...

Ce sont donc les Américains qui ont investi massivement dans le centre de recherches d'Eliava à Tbilissi. Sans leur intervention, il ne serait rien resté de ce vénérable établissement, mais les fonds américains ont redonné une seconde jeunesse à l'institut de recherche.

jeudi, 22 septembre 2011

J'étais kapo, euh non pardon, juge en Géorgie américaine...

C'est terrible, dans un pays, quand le justice est rendue par des petits kapos à la petite semaine en mal de pouvoir. Petits kapos mais gros cons. Pourquoi Troy Davis a-t-il été exécuté cette nuit ? Parce que les petits kapos géorgiens qui se prennent pour Judge Dredd voulaient prouver au monde entier que la justice de l'état de Géorgie est indépendante et qu'ils n'en ont rien à foutre des pressions internationales.

Au fond, ils s'en foutaient bien que Troy Davis soit coupable (ce qui me paraît au passage peu probable au vu du dossier) ou innocent. Ils voulaient faire un exemple. Comme les Iraniens, les Chinois ou encore les Saoudiens, pays réputés pour la "douceur" de leurs moeurs judiciaires s'il en est...

Cela dit les abolitionnistes s'y prennent très mal, particulièrement les abolitionnistes européens. Ils ne comprennent pas deux choses :

a) les USA sont un pays fédéral avec une histoire fédérale et des États fédérés très jaloux de leurs prérogatives.

b) la justice américaine est totalement indépendante du pouvoir politique.

Le petit b ne cesse de nous étonner, surtout nous autres Français, habitués à une perturbation continuelle du politique sur le judiciaire.

Donc, en Amérique, ce n'est pas sur le terrain politique mais sur le terrain judiciaire qu'il faut mener en priorité le combat contre la peine de mort.

L'Amérique est un pays de droit (au sens latin du mot) : c'est la loi et le droit qui comptent, pas les droits universels tels que la Révolution française les a définis.

Vous voulez mettre fin à la peine de mort ? Trouvez une faille juridique, les gars, et attaquez-vous à la législation de chaque état fédéré.

Le reste c'est de l'agit-prop : ça marche bien sur les campus des facs françaises, dans les émissions à succès du show-bizz, mais ça laisse de marbre les Judge Dredd américains.

Si vous voulez flinguer la peine de mort en Amérique, il faut engager un gars comme Brafman, l'avocat qui a sauvé la peau de DSK, pour étudier la législation de chaque état et trouver la faille. Bon, évidemment, cela coûte très cher...

L'autre élément qui peut commencer à convaincre les Américains, c'est que leur peine de mort, avec les divers recours et procédures, elle commence à leur coûter vraiment cher. Faudrait pas non plus qu'ils décident de simplifier les procédures pour faire des économies, me direz-vous, mais cette dernière option m'étonnerait de leur part : les Américains sont bien trop sourcilleux quant au droit pour s'amuser à lésiner avec. 

Bref, les grandes campagnes internationales, les kapos, ça ne les fait pas reculer, ça les excite...

lundi, 01 septembre 2008

La Russie, la Géorgie et le Diable

Je lis en ce moment un dictionnaire qui me fait bien rire : il s'agit du Dictionnaire du Diable d'Ambrose Pierce. On trouve, notamment, ces deux définitions tournant autour de la notion de frontière, que je trouve assez éclairantes :

- Frontières : n. en géographie politique, ligne imaginaire entre deux nations, séparant les droits imaginaires de l'une des droits imaginaires de l'autre.

- Canon : n. instrument de rectification des frontières.

Il ne s'agit pas de faire preuve de naïveté avec la Russie, mais il ne faudrait pas non plus ignorer les véritables enjeux de ce conflit. Il faut se mettre à la place des Russes : depuis 1991, le glacis qui les protégeait ne cesse de se resserrer. Les USA concluent toujours plus d'accords militaires avec les ex-républiques soviétiques, armant les unes, incitant les autres à rejoindre l'OTAN, et, dans le même temps, met en place un réseau de pipe-line dont l'évident objet est de ne pas passer par des territoires contrôlés par les Russes ou leurs alliés.

Comme par hasard, l'un de ces pipe-line passe notamment  en Ossétie, côté géorgien. Peu après les premiers affrontements, le ministre des affaires étrangères géorgien déclarait ceci :

La Russie a complètement dévasté le port de Poti sur la mer Noire, site clef pour le transport de ressources énergétiques de la mer Caspienne et qui se trouve près de l’oléoduc Bakou-Soupsa et du terminal pétrolier de Soups

Les Russes ont besoin de vendre leur pétrole aux Européens, et ne veulent absolument pas se retrouver "encerclés". Si l'on n'intègre pas cette dimension à toute négociation avec eux, on ne peut pas avancer.

Il faut donc, pour négocier, avancer cartes sur table. Il eût été bien plus astucieux de la part du pouvoir géorgien de privilégier la voix diplomatique et européenne pour faire valoir son bon droit. Il sera difficile pour les Européens d'agir alors que la Géorgie a d'abord fait appel à l'Amérique.

Si ce conflit a une petite chance d'aboutir sur un compromis, cette chance ne peut exister que dans un cadre européen, et strictement européen. Une mise à l'ordre du jour de la prochaine réunion du CSCE pourrait être un bon début.

samedi, 16 août 2008

Du Kosovo à l'Ossétie...

Pas beaucoup de temps pour écrire quelques réflexions sur l'Ossétie, mais simplement cette remarque : comment, nous autres Européens, allons-nous pouvoir ne serait-ce qu'argumenter auprès des Russes pour demander le respect de l'intégrité territoriale de la Géorgie après avoir alllègrement laissé être décepée la Yougoslavie puis la Serbie ?

A témoin la désastreuse position de la France et de la majorité des Européens sur le Kosovo dont nous avons reconnu bien trop vite l'indépendance, alors même que l'UCK est manifestement en grande partie une tête de pot pour l'islamisme radical et pour les maffias de toutes sortes ?

De ce fait, il sera difficile de faire entendre raison aux Russes, aux Abkhazes et aux Ossètes : ces derniers pourront toujours faire valoir la libre détermination des peuples à disposer de leur sort...